La " Corée du Nord " de l'Asie centrale demeure l'un des pays les plus difficiles d'accès pour les voyageurs au long cours. Le principal conseil de ce guide pourrait être : " prenez un visa de transit de 5 jours et tâchez d'en voir le plus possible sans oublier de repasser la frontière à l'échéance ". Les visas de tourisme de 15 jours ou plus sont toujours aussi pénibles et longs à décrocher, et vous n'aurez jamais l'assurance de l'obtenir, même en patientant des semaines entières. Dommage, car le Turkménistan recèle de somptueuses richesses archéologiques, et les plus anciennes traces d'urbanisme de l'Asie centrale. Mais, pour être honnête, le Turkménistan est également un voyage dans le temps du point de vue social, et les visiteurs du pays remarqueront très vite que la population, soumise à une dictature sans merci, s'apparente plus à une masse de serfs corvéables à merci qu'à un peuple libre et indépendant. Ceci alors même que le Turkménistan pourrait, grâce à ses énormes réserves de gaz, être l'un des pays les plus riches et les plus développés de la région. Tous les revenus sont malheureusement directement transférés vers les comptes des apparatchiks du pouvoir, en Suisse ou au Luxembourg...

Les lieux incontournables du Turkménistan

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Jeux, loisirs et sports

Les sports traditionnels de l'Asie centrale sont tous issus des pratiques guerrières, et influencés pour certains par la culture nomade. Mis en veilleuse durant la période soviétique, ils sont de nouveau à l'honneur aujourd'hui, destinés à exalter l'identité nationale.

Les courses de chevaux

Elles sont indissociables des cultures nomades du Kazakhstan, du Kirghizistan et du Turkménistan. La tradition est particulièrement vivace dans ce dernier pays, lieu de naissance des chevaux Akhal-Teke qui font aujourd'hui encore la fierté des Turkmènes. Des courses sont organisées tous les ans à l'hippodrome d'Achgabat, au printemps et à l'automne. Elles sont très populaires, bien que leur résultat soit souvent sans surprise : ce sont toujours les chevaux issus des écuries présidentielles qui sont primés !

Plusieurs modalités de courses existent à travers la région. L'At-chabich est une course sur longue distance. C'est le plus ancien et le plus répandu des sports équestres. Autrefois, le parcours des courses pouvait atteindre jusqu'à 100 km, et les cavaliers étaient souvent des enfants âgés d'une dizaine d'années. Aujourd'hui, les courses ont été limitées à 40 km, et les cavaliers doivent avoir au moins 13 ans. Au Turkménistan, les courses de vitesse ont lieu sur des distances plus réduites, 3 ou 4 km pour des courses en ligne, 8 tours de piste pour les courses nommées Ilam, dans lesquelles les cavaliers s'affrontent deux par deux sur des chevaux choisis par les juges.

Le Jorgo-salich est une course de chevaux ambleurs. L'amble est une allure rapide, parfois plus que le galop.

C'est l'une des compétences les plus appréciées chez un cheval. Un proverbe kirghiz va même jusqu'à proclamer : " S'il ne te reste qu'un jour à vivre, passes-en la moitié à monter un cheval ambleur. "

Les courses féminines, moins répandues, sont appelées Kiiz-jarich.

Autour du cheval, se décline toute une gamme de sports ou activités restés traditionnels dans la région. La forme la plus célèbre, que l'on connaît surtout grâce à l'Afghanistan, est le Buzkashi. Ce sport très ancien est né dans les armées persanes, et servait d'entraînement à la cavalerie d'élite : près de 100 cavaliers pouvaient alors s'affronter dans ces batailles en miniature. Une chèvre est décapitée, et les cavaliers se disputent la dépouille. Le vainqueur de la mêlée doit ensuite effectuer un parcours déterminé par des poteaux avant de revenir au centre de la piste et de jeter la carcasse dans un cercle tracé au sol, représentant le " cercle de justice ". Durant sa chevauchée, ses adversaires vont bien entendu tenter de s'emparer à leur tour du butin, et tous les coups sont alors permis. Le jeu peut donc être très violent, tant pour les cavaliers que pour leurs montures. Une grande compétition de Buzkashi se tient tous les ans en décembre dans la vallée du Ferghana, où viennent s'affronter toutes les nations d'Asie centrale. Chaque équipe est vêtue de ses couleurs traditionnelles, mais il n'y a qu'un seul vainqueur, et les rivalités existent également à l'intérieur d'une même équipe. Les festivités de Navrouz vont souvent de pair avec l'organisation de compétitions de Buzkashi.

L'Oodarich est une version équestre de la lutte. Le but du jeu consiste à faire tomber le cavalier adverse.

Plusieurs épreuves d'agilité sont également prévues pour les cavaliers. Dans un Tiuiin-enmeï, le cavalier doit lancer son cheval au galop et ramasser des pièces d'argent posées sur le sol. Le Jambii-Atmaï est un exercice d'archers à cheval : il faut couper une corde au bout de laquelle pend un bijou tout en étant au grand galop.

Le folklore local intègre également les chevaux, comme le démontre le rituel du mariage baptisé Kiiz-koomaï. Le jeune homme doit attraper sa fiancée et l'embrasser tout en galopant. Au retour, la femme poursuit l'homme, et si elle arrive à l'attraper, elle retire sa coiffe en signe de victoire.

La lutte

La lutte est très populaire dans toute la région, et a particulièrement été remise à l'honneur depuis l'indépendance par l'Ouzbékistan. Le Kurash est né il y a 3 500 ans environ, conçu comme un spectacle destiné à animer les festivités populaires. Cette forme de lutte est ensuite devenue un sport de compétition qui a ses héros légendaires : c'est le cas par exemple de Pahlavan Mahmed, grand lutteur du XIIe siècle, dont le tombeau est devenu aujourd'hui un lieu de pèlerinage. Depuis l'indépendance, le Kurash s'est codifié pour répondre aux normes internationales de cette catégorie sportive. Le premier tournoi international s'est tenu à Tachkent en 1998 (remporté par un Turc), et une Association internationale de Kurash a été créée la même année. Le premier championnat du monde s'est tenu à Tachkent en 1999, et a vu la victoire des Ouzbeks dans les trois catégories de poids. On estime que près de 2 millions d'hommes pratiquent la lutte en amateur dans le pays. Mais la discipline fait des adeptes dans toute la région. Un festival international de lutte traditionnelle a d'ailleurs été organisé à Almaty en novembre 2006, sous tutelle de l'Unesco. Au Tadjikistan, la lutte est connue sous le nom de Gushtin Geri, mais ses règles se rapprochent de celles du Kurash.

La chasse à l’aigle

La fauconnerie est une spécialité des nomades du Kazakhstan et du Kirghizistan. Les Berkutchi perpétuent une tradition de chasse dont les premières traces écrites remontent à plus de 3 500 ans. Les Kazakhs favorisent les aigles (tellement précieux qu'ils s'échangeaient autrefois contre au moins 5 chameaux), alors que les Kirghiz semblent préférer les faucons (2 chameaux seulement !). La période de chasse s'étend de novembre à février, lorsque les aigles ont leurs plumes d'hiver. Les Berkutchis partent alors à cheval dans les steppes, et lancent leurs oiseaux à la chasse aux renards et parfois aux loups, pour les mieux dressés et les plus courageux d'entre eux. Des compétitions sont organisées dans les régions de fauconnerie. En été, les Berkutchi kirghiz peuvent se prêter à des démonstrations de dressage et de chasse, bien que les oiseaux ne soient pas alors au mieux de leur forme.

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