Guide de Lettonie : Politique et économie

Politique
Structure étatique

Le régime actuel de la Lettonie est directement issu de la constitution de 1918, remise en fonction depuis 1991. Il s'agit donc d'un régime parlementaire unicaméral ressemblant fortement à notre IIIe République. L'Assemblée unique (la Saeima) compte 100 députés qui élisent le président de la République. Il n'existe pas de représentation régionale ou locale au niveau central et la démocratie de proximité se réduit aux élections municipales. Un gouvernement de 12 ministres est nommé et conduit par le Premier ministre. La Saeima et le président ont la possibilité de dissoudre le gouvernement par la procédure de la " question de confiance " en particulier en matière budgétaire. Le président peut dissoudre la Saeima mais ses pouvoirs sont relativement limités à la diplomatie extérieure et à un droit de veto.

Construction d'un état : les années Vīķe-Freiberga

Le premier président de la Lettonie indépendante de la période post-soviétique (élu en 1994) devient l'ascendant du premier président historique, Guntis Ulmanis. Le 17 juin 1999, Mme V. Vīķe-Freiberga est élue présidente de la république de Lettonie devenant ainsi la première femme de l'histoire de l'Europe à avoir été élue à la tête d'un Etat. Sa première élection a surpris et certains se sont montrés sceptiques devant l'arrivée au pouvoir d'une femme dans le pays, en revanche sa réélection le 20 juin 2003, pour un mandat additionnel de quatre ans, n'a pas été une grande surprise.

Le candidat de la coalition du centre droit au pouvoir, Valdis Zatlers, a obtenu 58 voix (sur 98 suffrages exprimés). Il est élu président le 31 mai 2007 et prend ses fonctions le 8 juillet 2007. Chirurgien par son métier, il eut du mal à affirmer son leadership, notamment parce qu'il est difficile de passer la charismatique V.Vīķe-Freiberga (qui parlait plusieurs langues et a su se positionner sur la scène internationale) mais aussi du fait de l'arrivée de la crise économique.

Crise et reprise : les années Dombrovskis

Les années 2008 et 2009 sont des années tourmentées pendant lesquelles la crise politique s'ajoute à la crise économique. Les électeurs disent "non" aux deux référendums qui leurs sont proposés, le premier sur les retraites, le deuxième sur des amendements à la constitution. En janvier 2009, des manifestations dégénèrent en émeute, le bâtiment du parlement est pris pour cible par les manifestants.

L'heure des remaniements au sommet de l'éxécutif a sonné. Après un échec au vote de confiance en février 2009, le premier ministre Ivar Godmanis doit démissionner. Le président Zatlers nomme Valdis Dombrovskis pour lui succéder. Membre du parti de centre-droit Nouvelle Ere, cet ancien ministre des Finances (2002-2004), macroéconomiste et physicien, constitue un gouvernement de coalition avec cinq partis (Nouvelle Ere, Union Civique, Parti Populaire, Union des verts et des paysans, Parti pour la patrie et la liberté). Il met en place une politique d'austérité drastique (baisse de 20% des salaires dela fonction publique, baisse de 10% des pensions de retraites, etc.).

Le Parti Populaire se retire rapidement de la coalition mais cela ne l'empêche pas de remporter largement les élections législatives d'octobre 2010 (59% des voix). Le parti Unité (30,7%) est fondé à cette occasion par la fusion de Nouvelle Ere et Union Civique notamment, afin de faire face à la coalition de centre-gauche pro-russe Centre de l'harmonie. La victoire de Dombrovskis est assurée grâce à l'alliance avec le puissant Partis des verts et des paysans (près de 20% des suffrages).

En mai 2011, suite à l'obstruction du parlement pour obtenir l'autoristation de perquisition chez des hauts dirigeants soupçonnés de corruption, le président Zalters, à 5 jours de la fin de son mandat, ordonne un référendum sur la dissolution anticipée de l'assemblée auquel Dombrovskis appelle à voter "oui". Zlaters le paie quelques jours plus tard quand l'assemblée ne le réélit pas à la présidence, c'est le député indépendant Andris Bērziņš qui lui succède le 2 juin 2011. Le 23 juillet, le "oui" à la dissolution remporte une victoire écrasante (plus de 94%).

Les élections légisaltives anticipées se tiennent le 17 septembre. Unité s'allie au Parti réformateur de Zatlers, créé pour l'occasion, et à l'Alliance nationale. La coalition est affaiblie mais remporte tout de même la majorité (56 sièges sur 100). Le président Bērziņš rappelle donc Dombrovskis au poste de premier ministre afin de former un 3e gouvernement.

Partis

La Constitution calquée sur celle de 1930 est peu adaptée à la réalité politique actuelle. Etant marquée par le multi-partisme, elle est probablement l'une des causes de son instabilité gouvernementale.

Voici les 5 grandes formations qui siègent à l'Assemblée (Saeima) suite aux élections législatives du 17 septembre 2011.

Unité (Vienotība). 20 députés. Parti de centre-droit dont le chef de file est le premier ministre Valdis Dombrovskis. Affilié au Parti Populaire Européen à l'UE.

Parti réformateur de Zatlers (Zatlera reformu partija, ZRP). 22 députés. Parti du centre fondé en 2011 par l'ancien président Zatlers, qui se définit "contre les partis oligarques".

Centre de l'harmonie (Saskaņas Centrs, SC). 31 sièges au parlement. Parti de centre-gauche, considéré "pro-russe" ou d'"union nationale", c'est selon. Principal opposant à la coalition Unité/ZRP.

Alliance nationale (Nacionālā Apvienība, NA). 14 députés. Droite nationale et libérale, né de la fusion de "Tout pour la Lettonie ! " et "Pour la patrie et la liberté".

Union des verts et des paysans (Zaļo un Zemnieku savienība, ZZS). 13 députés. Parti agraire et écologiste de centre-droit auquel est rattaché la président de la république Andris Bērziņš.

Enjeux actuels

Depuis l'indépendance et malgré une grande instabilité (peu de gouvernements ont tenu plus de 200 jours), les principaux axes de la politique des gouvernements successifs ont visé à l'adhésion à l'Union européenne et à l'OTAN. Ces deux objectifs ayant été remplis en 2004, un flou certain existe maintenant quant à la volonté politique tant nationale qu'internationale. Inféodée aux alliés qui l'ont aidée dans ses démarches d'adhésion et sous l'influence de très puissants groupes d'intérêts économiques (essentiellement russes, scandinaves et nord-américains), la Lettonie mène une politique économique ultralibérale et souffre encore d'une importante corruption économico-politique. La population lettone semble généralement politiquement passive : il a fallu attendre 2004 et la nomination sans consultation de Mme Udre (porte-parole de la Saeima sous l'étiquette écologiste, dont le parti bénéficie de nombreux financements occultes) au poste de commissaire européen pour voir les premières manifestations ayant pour cible l'action du gouvernement, mais c'est avant tout d'une différence des modes de contestation ou de résistance qu'il s'agit : comme ils le disent eux-mêmes " la pire chose qu'un Letton puisse vous faire est de vous ignorer. " Avec la crise, le gouvernement se retrouve devant le problème non seulement économique mais également démographique. Ayant perdu la confiance dans le gouvernement, de nombreux Lettons envisagent sérieusement de quitter le pays.

Les relations avec la Russie. Les relations avec la Russie demeurent délicates, moins en raison de l'importante population russophone présente en Lettonie qu'en raison du traitement de l'histoire. Les relations diplomatiques sont presque inexistantes, alors que le commerce exige souvent la coopération poussée. La question du transit du pétrole russe via le port letton de Ventspils et le port lituanien reste d'actualité même si la Russie cherche de nouvelles voies (notamment la construction d'oléoducs passant au fond de la mer Baltique). Le port de Kaliningrad au sud ou celui de Primorsk au nord ne suffisent pas à assurer le trafic nécessaire. Les intérêts russes contrôlant une assez grande part de la finance locale (par le biais de certaines des 23 banques que la Lettonie possède) et ayant parfois un monopole d'approvisionnement (pétrole, gaz), l'humour letton résume la situation par la formule : " La finance russe tient la politique lettone par la bourse. " Par ailleurs, la question du traitement des non-citoyens est régulièrement amplifiée - souvent à outrance - par la diplomatie russe comme moyen de pression afin d'obtenir une ouverture linguistique (et donc politique) russe en Europe. Les manifestations de rues en Lettonie sont largement monopolisées par des actions " spontanées " dirigées et financées par Moscou (contre l'adhésion à l'OTAN, contre la réforme de l'éducation en langue lettone...).

La Lettonie et l'Union européenne. Faire partie de l'UE, c'est retourner à la source, couper avec le passé soviétique et trouver la sérénité face au " grand voisin " Russe. Tout en affichant la volonté non équivoque de faire partie de l'UE, le penchant atlantiste de la politique lettone est encore perceptible. Il est dû principalement à " l'abandon " de 1938, lorsque les Européens occidentaux, cédant à Munich, ont laissé Hitler s'emparer de l'Europe. Plus encore, ils estiment avoir été " vendus à Staline " par ces mêmes Européens occidentaux à Yalta en 1945. A la suite de cette conférence, une zone d'influence a été délimitée et les trois pays baltes, mais aussi, l'Ukraine ou la Géorgie, ont été laissées à l'URSS, jusqu'à sa chute en 1991. Les Européens de l'Ouest seraient donc (indirectement) responsables de la longue " occupation " subie par les Lettons. La Lettonie considère que l'on doit la chute du Mur de Berlin au Nouveau Monde, sous la pression de la forte diaspora balte en Amérique du Nord. Pour cette raison, l'adhésion à l'OTAN, en 2004, était perçue comme un gage de sécurité plus importante que l'adhésion à l'UE. L'engagement letton en Irak aux côtés des Américains démontre assez la fidélité du petit pays à son " sauveur ". Contrairement aux Etats-Unis, l'Union européenne n'a ainsi jamais reconnu la nocivité du communisme, et n'a pas mis cette doctrine sur le même plan que le nazisme, comme le souhaiteraient les Lettons.

L'intégration des Baltes à l'Union européenne était toutefois chargée d'une force symbolique sans précédent : pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, l'Europe était réunie, pacifiée. L'unification, au niveau des normes comme au niveau du droit du travail ou du revenu par tête, ne sera sans doute pas atteinte avant une longue période, émaillée de négociations. En effet, des désaccords demeurent. Par exemple, sur le plan de la circulation des travailleurs. Considérant que son " avantage comparatif " demeure sa main-d'oeuvre bon marché, la Lettonie était favorable à une directive de type " Bolkenstein ". Mais surtout, la construction d'une diplomatie commune se heurte à des différends très marqués, notamment vis-à-vis de la Russie. Alliée historique de la plupart des pays européens occidentaux (et, en particulier, de la France et l'Allemagne pour des question énergétiques), elle est au contraire ressentie comme une menace permanente par la Lettonie. Les questions des minorités russophones résidant en Lettonie, du transit du pétrole, ou de la célébration de la victoire alliée sur le nazisme (signifiant le début de " l'occupation " pour les Lettons) sont autant d'occasions de s'affronter au " grand voisin ", sans être, le plus souvent, soutenu par l'Union européenne. La Lettonie aspire donc à l'élaboration d'une diplomatie commune qui prenne en compte les intérêts de tous les Etats membres, et pas seulement ceux des grands Etats fondateurs. L'accroissement du nombre d'anciens pays " victimes " du communisme au sein de l'Union européenne devrait contribuer à équilibrer la politique européenne. La participation de l'ancienne présidente lettone, Vaira VīĶe-Freiberga, aux cérémonies commémorant la victoire des Alliés sur le nazisme, le 9 mai 2005, à Moscou, illustre cette tendance. Elle a été cependant la seule représentante balte à accepter l'invitation de Vladimir Poutine.

Économie

Durant la période soviétique, la Lettonie et les Républiques baltes dans leur ensemble sont considérées par le reste de l'URSS comme prospères et privilégiées (installation d'usines de pointe, technologie avancée, meilleur niveau de vie). Les premières bicyclettes, mais aussi les wagons de toute l'Union soviétique, sont produites à Rīga. Vitrines soviétiques face au monde occidental, elles bénéficient d'une position stratégique et intermédiaire. Cependant, comme dans la totalité de l'Union soviétique, la vie y est difficile et sans éclat. En dépit des nettes améliorations apportées par l'effondrement de l'URSS (arrivée des produits occidentaux, fin des queues interminables devant les magasins d'Etat, liberté d'expression et de mouvement...), les premières années d'indépendance sont difficiles.

Dès 2000, la Lettonie commence à enregistrer une croissance importante. Avec l'intégration à l'Union européenne, l'afflux d'investissements étrangers et de fonds européens s'accélère et la région connaît une euphorie économique : 11,9 % de croissance en 2006 pour la Lettonie, soit le taux le plus élevé de l'Europe des 27 ! Les salaires augmentent vite, bien qu'ils restent encore très inférieurs à la moyenne européenne. Les loyers s'envolent, les centres commerciaux poussent comme des champignons, la consommation bat son plein... On répare, on rénove, on agrandit partout mais on s'endette également, tout cela étant favorisé par le recours à de nombreux crédits.

En 2008, la Lettonie est gravement touchée par la crise financière, gouvernementale et économique. Plus que les autres pays européens, au point de souscrire des prêts auprès du FMI et de l'UE. S'ensuivirent 3 années de brutale récession (-18% de croissance en 2009 !) accompagnées d'une exploision du chômage (jusqu'à 18 %), d'un effondrement de l'immobilier (jusqu'à -50%), d'une baisse spectaculaire des salaires (privés et publics), suivis par l'émigration. Après une sévère cure d'austérité, et malgré l'envol de la dette publique durant la période, la croissance est revenue en 2011 (5%). Le cap de la reprise semble être maintenu avec des prévisions de croissance à 4% en 2012. Seuls bémols, le chômage (14,7% en 2011) et la dette demeurent élevés.

Principales ressources

Le secteur primaire. En 2011, le secteur primaire (agriculture, sylviculture et pêche) ne représente plus que 3,7 % du PIB letton, contre 20 % au début des années 1990. Cependant, il reste important car il emploie encore aujourd'hui 10 % de la population active. Le secteur primaire joue un rôle essentiel dans la création des emplois ruraux et régionaux alors que le taux de chômage dans les campagnes lettones atteint parfois 30 %. Depuis l'indépendance, le secteur de la pêche voit sa production décliner tout comme la production de viande. Le principal marché d'exportation reste la zone CEI. Souvent les standards européens imposées ne permettent pas d'exporter vers l'UE. Le secteur fait face peu à peu à une restructuration pour se mettre en conformité avec les normes européennes.

Le secteur agricole, après l'indépendance, s'est trouvé confronté à une importante restructuration : les terres jusqu'à là collectives ont été privatisées et restituées aux anciens propriétaires ou à leurs héritiers. Les anciens kolkhozes soviétiques ont été démantelés, les machines et les terrains, qui étaient jusque-là en commun, partagés. Aujourd'hui, le secteur agricole souffre de la faible taille des exploitations, de la baisse de la demande intérieure et du manque de compétitivité de la production locale face aux importations ; même si 60 % de produits alimentaires qu'on retrouve dans les supermarchés proviennent de Lettonie et maintenant de la Lituanie voisine.

Les forêts couvrent 45 % du territoire letton. Les ressources forestières demeurent l'une des principales richesses du pays et les exportations de bois et d'articles boisés représentent, en 2011, 21 % des exportations. Les principales espèces présentes en Lettonie sont le pin, le bouleau, l'aulne et le sapin. L'importance de cette unique ressource naturelle a permis le développement d'un savoir-faire dans le travail du bois. Avec le temps, les activités se sont diversifiées et la filière du bois compte aujourd'hui un large spectre d'industries qui va des matières premières (exploitations forestières) aux produits finis (meubles par exemple) en passant par les productions intermédiaires (bois scié, contreplaqué, etc.).

L'industrie. Les industries les plus performantes sont l'industrie agroalimentaire, la transformation du bois, les technologies d'information et de communication et l'électronique, l'industrie mécanique et métallurgique, l'industrie textile et du prêt-à-porter et la chimie/pharmacie. Aujourd'hui, sur les friches industrielles des anciens conglomérats soviétiques, se développent des parcs industriels où fleurissent principalement des activités de sous-traitance, notamment dans le secteur du textile. La Lettonie est devenue une place de choix pour la délocalisation d'entreprises danoises, suédoises et allemandes. Elle a toujours été un pays abondamment doté de ressources naturelles alimentaires (poisson et viande, produits laitiers, céréaliers et baies). A l'époque des Empires, réputée " garde-manger " de la Russie et de la Suède, la Lettonie produisait et conditionnait des produits alimentaires, non seulement pour les pays voisins, mais aussi pour le reste du monde.

Aujourd'hui, l'industrie agroalimentaire est la branche la plus importante de l'industrie de transformation, qui emploie à l'heure actuelle la population active la plus nombreuse. En 2011, elle représente environ 26 % du volume de la production industrielle totale et regroupe près de 800 entreprises et emploie 33 000 personnes. Les exportations, qui représentent approximativement 20 % de la production, sont essentiellement dirigées vers la CEI. Les secteurs les plus importants sont l'industrie laitière, la transformation de la viande, l'industrie du poisson, l'industrie de transformation céréalière et la production de boissons. La production locale occupe 60 % du marché, mais le développement rapide des grandes surfaces et l'évolution des modes de consommation liée à l'augmentation du niveau de vie poussent le consommateur à rechercher de nouveaux produits et à diversifier sa demande dans le secteur alimentaire.

Les services. En Lettonie, le secteur tertiaire est devenu, en l'espace de quelques années, prédominant, loin devant l'industrie manufacturière ou le secteur primaire. Le secteur des services représente, en 2011, 63 % du PIB national, signe s'il en est besoin, que la Lettonie s'est rapidement réorientée vers une organisation de l'économie sur le modèle des pays occidentaux. Les sous-secteurs qui apportent le plus sont le commerce (25 %), les transports, l'entreposage et les communications (13 %), l'immobilier (11 %) et l'administration publique (7 %). Le développement des services dépend surtout du secteur des communications et du transport, notamment du transit portuaire. Mais le poids de ces secteurs dans l'ensemble des services est appelé à décliner. La part des autres services, financiers et commerciaux notamment, dynamisés par la concurrence des entreprises étrangères, est en forte expansion.

Place du tourisme

Le tourisme se développe à grande vitesse en Lettonie et le pays voit désormais sa capitale assaillie en été par les touristes scandinaves, anglais ou italiens. Près de 5 millions de touristes, dont près de 20 000 Français, ont visité la Lettonie en 2011, soit plus que ce que le pays compte d'habitants. Le secteur a généré quelque 200 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2011. Malgré une croissance régulière du nombre de visiteurs, le tourisme représente moins de 3 % du PIB, car la majorité des touristes ne passe que deux journées en Lettonie. Les touristes baltes (Lituaniens et Estoniens) représentent la grande majorité de ce tourisme (58 %), essentiellement pour le transit et des raisons familiales, suivis par les Russes, les Allemands et les Finlandais.

In dénombre plus 600 établissements touristiques en Lettonie presque la moitié d'hôtels. Les infrastructures touristiques se sont développées dans tout le pays : hôtels, restauration, activités sportives, musées. Depuis 2000, le nombre de lits disponibles est passé de 17 100 à 30 000. Le secteur de l'hôtellerie et de la restauration en particulier emploie plus de 40 000 personnes. Restaurants et bars sont nombreux et variés. Tous les styles de cuisine sont présents, surtout dans la capitale. La restauration rapide représentée par les pizzerias et la chaîne américaine MacDonald's a été rapidement détrônée en nombre d'établissements par la plus importante chaîne locale de restauration : Lido (cuisine traditionnelle lettone).

Enjeux actuels
Transition, croissance et endettement

Dès l'indépendance, notamment 1999 le pays connaît une croissance très soutenue du PIB avec une progression moyenne de plus de 8 %. En 2006 la croissance de son PIB a été la plus importante de toute l'Union Européenne atteignant 11,9 %. Le niveau de vie letton, toujours le plus faible de l'Europe des 25, a rattrapé celui de ses pairs européens. Cependant la crise a plongé le pays dans trois anées de récession (2009 à 2010). La croissance est repartie en 2011 (5%) et s'est stabilisée en 2012, permettant à la Lettonie d'envisager son entrée dans la zone euro en 2014.

Les difficultés de l'indépendance. Tout d'abord, un fossé s'est creusé entre ceux qui ont su saisir les opportunités économiques qu'offrait l'indépendance (hommes d'affaires aux dents longues, intellectuels ou apparatchiks reconvertis à l'économie de marché...) et les nouveaux pauvres (comme les retraités) qui survivent grâce à de petits boulots (là, le système D appris pendant la période soviétique continue à faire ses preuves !). Le spectacle des enfants qui mendient dans les rues est nouveau dans la région. Les difficultés d'ordre pratique également, comme le manque d'approvisionnement en énergie (dépendant en grande partie de la Russie voisine), privent les villes principales d'eau chaude ou de chauffage en hiver. La création du lats, mettant en avant la lutte contre l'hyperinflation, et la flambée des prix qui s'ensuit, sont impitoyables principalement pour les retraités.

Une transition difficile. Dès 1991, les Lettons doivent aborder dans des conditions bien difficiles leur marche vers l'économie de marché. Il faut réformer, redéfinir un cadre de lois et de réglementations pour l'économie et le commerce, afin de lutter contre la corruption sauvage et la mauvaise perception des impôts, s'adapter à la concurrence des prix internationaux, réorienter les échanges vers de nouveaux partenaires (autres que l'ex-URSS même si cette zone va rester l'importateur principal des produits lettons), recréer un environnement plus propice aux affaires, restructurer le système bancaire. Les privatisations visant à réduire l'ancien monopole d'Etat ont fait passer une partie du pouvoir entre les mains de nouveaux privilégiés du système. Nouvellement indépendante, la Lettonie doit faire face aux problèmes des frontières, notamment avec la Russie, et réinstaurer des postes de douanes. Il faut également recréer des armées nationales avec les moyens et les effectifs existants (des conseillers américains rejoignent l'armée lituanienne), réinstaller des ambassades à l'étranger, leur trouver des locaux, accueillir celles des autres pays.

Les années 2000 ou stabilité et croissance. De 2000 à 2008, la Lettonie connaît la stabilité et une croissance impressionnante. Cependant, en dehors du bois qui représente 33 % de ses exportations, la Lettonie ne dispose pas de ressources naturelles ni d'équipements industriels. Son économie est peu diversifiée et les échanges avec l'Union européenne encore limités. Le pays est un passage incontournable pour le pétrole russe jusqu'en 2003, ce qui procure une source de revenus non négligeable. Il existe encore quelques activités de transit de produits pétroliers en provenance de la Russie, assurées par deux sociétés : Ventspils Nafta Terminals et Ventbunkers. En 2006, elles représentent 22,5 millions de tonnes. Pour couvrir la demande en électricité, toujours croissante, la Lettonie importe entre 30 et 40 % de son électricité.

Perspectives économiques et avenir. Après 50 années de communisme, l'indépendance favorise l'économie de marché. Toujours considérée comme une tête de pont qui facilite le commerce entre l'Ouest et les pays de l'ex-URSS, la Lettonie bénéficie d'une situation stratégique de pays intermédiaire : les Lettons sont rompus à la mentalité russophone et maîtrisent la langue russe, ce qui facilite les échanges commerciaux. En outre, pendant la période hivernale, les ports lettons ne sont pas pris par les glaces, une aubaine pour le pays. Le grand projet d'autoroute, la Via Baltica, joignant la Finlande à la Pologne en passant par les pays baltes, est en cours et sera une source de développement pour la région. En ce qui concerne l'export, les meilleures prévisions concernent le bois (22,5 % des exportations), pour la pâte à papier de bouleau ou la construction, et les produits textiles.

Depuis l'adhésion à l'Union européenne. Depuis le 1er mai 2004, la Lettonie est membre de l'UE. La Lettonie bénéficie d'une période d'adaptation à la PAC (Politique agricole commune), et l'intégration à la zone euro reste conditionnée à l'accomplissement de critères de Maastricht. Après les aides de pré-adhésion, le pays, depuis son entrée dans l'UE, bénéficie des fonds structurels et de cohésion. Face à de fortes disparités régionales, à une croissance insuffisante des milieux d'affaires et une dépendance des investissements directs étrangers, le gouvernement letton attend beaucoup des aides européennes : il s'agit notamment d'augmenter la valeur ajoutée des secteurs de production et de résoudre les disparités de développement entre la capitale Rīga et le reste du pays. Les domaines d'application sont multiples : réseau de transports, développement du secteur de l'énergie, modernisation des télécommunications, etc. Sur la base des négociations tenues en décembre 2002 à la suite du sommet de Copenhague, le plan de financement prévoyait le versement à la Lettonie entre 2004 et 2006 de plus d'un milliard d'euros. L'adhésion à l'Union européenne et à l'espace Schengen a favorisé le tourisme sur lequel la Lettonie compte aujourd'hui pour assurer les recettes de l'Etat. Les hôtels font le plein tous les étés depuis 2004. Les Allemands, les Britanniques, les Français et les voisins (Lituaniens, Estoniens, Russes) viennent en nombre. Les Lettons sont contents qu'enfin on " découvre " l'existence de leur pays !

Ressources nationales et enjeux énergétiques

La Lettonie demeure pauvre en ressources énergétiques, les seules ressources locales étant le bois (26 %), la tourbe et l'hydroélectricité (5,2 %). Ces dernières ne suffisent cependant pas à couvrir la totalité de la demande énergétique locale. Le pétrole n'est pour le moment ni exploité ni raffiné sur le sol letton. En matière de pétrole brut, la Lettonie est dépendante des sources d'approvisionnement étrangères, surtout de la Russie. Les seules importations de produits pétroliers représentent entre 30 et 40 % du total des produits énergétiques importés. La raffinerie lituanienne Mazeikiai est le principal fournisseur du carburant (80-90 %) de la Lettonie. Le pays est donc dépendant sur le plan énergétique de ses voisins : l'approvisionnement en gaz est actuellement assuré à 70 % par la Russie. Si au début des années 1990, la Russie couvrait 90 % des besoins lettons (dans le domaine), désormais, en matière d'électricité, le puissant voisin de l'Est ne fournit plus que 5 % de l'offre totale. La Lettonie importe actuellement 40 % de son électricité.

Pétrole et transit pétrolier. Le pétrole n'est pour le moment ni exploité ni raffiné sur le sol letton, malgré l'existence de gisements pétrolifères en mer Baltique. L'entreprise d'Etat Latvijas Nafta se cantonne donc, aux côtés de plusieurs sociétés locales et étrangères, à l'approvisionnement et la distribution du pétrole et de ses dérivés en Lettonie. Les seules importations de produits pétroliers représentent plus de la moitié du total des produits énergétiques importés. La Lettonie est un pays de transit pour le pétrole russe à destination de l'Europe occidentale. Cette activité de transit des produits pétroliers représente à elle seule 6 à 7 % du PIB. Le réseau d'acheminement existant, un héritage soviétique, est composé d'un oléoduc principal et d'un autre reliant Polotsk en Biélorussie au port de Ventspils en Lettonie. A l'heure actuelle cependant, seul le pipeline pour les produits pétroliers fonctionne encore, suite à l'arrêt des livraisons brutes de pétrole par le principal fournisseur russe Transneft en 2003.

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