Guide de Lettonie : Histoire

Chronologie

Comme leurs voisins lituaniens, les Lettons sont les descendants de peuples indo-européens de langue balte venus s'installer dans la région autour de 2500 av. J.-C.

Les Lives, peuple finno-ougrien (dont la langue est proche de l'estonien), se sont installés, eux, sur les côtes entourant le golfe de Rīga. Ils ne sont plus qu'une centaine de survivants à l'heure actuelle.

XIIe siècle > c'est l'arrivée dans la région des chevaliers germaniques, à la recherche d'une base pour leur commerce avec la Russie. Les tribus païennes lives et lettones seront évangélisées de force.

1201 > fondation de la ville de Rīga, autour de son château, par l'évêque Albert de Brême.

1202 > création de l'ordre des chevaliers Porte-Glaive, soutenu par le pape Innocent III. Les dernières résistances des tribus lettones sont écrasées en 1290. Les conquérants donnent le nom de Livonie à la région et se disputent son contrôle pendant deux siècles.

1522 > la Réforme protestante est introduite par les prêtres germaniques.

XVIIe siècle > la guerre entre la Suède et la Pologne a pour conséquence le partage de la région entre les deux puissances. Les provinces de Zemgale et de Courlande sont intégrées à l'Empire polono-lituanien (c'est l'époque florissante du duché de Courlande, de ses conquêtes maritimes et du duc Kettler), et le nord de la Lettonie tombe entre les mains des Suédois. Leur occupation laisse encore dans les mémoires le souvenir d'une période libérale et progressiste.

A partir de 1700 > les Russes investissent la région et reprennent la Livonie aux Suédois. En 1795, tout le pays est entre leurs mains, et ce jusqu'au XXe siècle. Rīga devient la troisième ville industrielle de la Russie tsariste, après Moscou et Saint-Pétersbourg.

XIXe siècle > après les révoltes paysannes du début du XIXe, les intellectuels, au cours de la seconde partie du siècle, mettent en avant l'identité nationale lettone dans la presse et à travers le folklore. Barons et Valdemaras en sont les figures emblématiques.

1905 > la révolution russe ébranle fortement la Lettonie où le prolétariat des villes est très important. Grèves et manifestations sont écrasées dans le sang par les troupes tsaristes.

1914 > Les soldats lettons combattent dans les rangs de la Russie tsariste contre les Allemands.

1915 > l'Allemagne occupe la Lettonie et prend Rīga après le retrait russe en septembre 1917 (révolution).

1918 > les nationalistes lettons profitent de la défaite allemande pour déclarer leur indépendance. Pendant deux ans, les troupes de la jeune république repoussent les assauts des derniers corps francs allemands et des bolcheviques.

1920 > reconnaissance de l'indépendance de la Lettonie par Moscou.

1921 > dès janvier, l'indépendance de la Lettonie est reconnue par la communauté internationale, grâce à l'entremise d'Aristide Briand.

Jusqu'en 1939 > la Lettonie connaît une période d'indépendance. Le pays se développe, les terres sont redistribuées aux paysans.

1934 > après un coup d'Etat, Ulmanis instaure une dictature.

1939 > la Lettonie est victime du pacte germano-soviétique et du partage de l'Europe de l'Est. Elle tombe entre les mains de l'URSS. S'ensuivent l'invasion par des troupes soviétiques et les déportations.

1941 > Hitler lance son offensive contre les Soviétiques et occupe la Lettonie. Certains voient en ces Allemands des " libérateurs ", mais l'illusion est éphémère. Les nazis exterminent les juifs de Lettonie à 90 %, persécutent la population et enrôlent de force les jeunes.

1944 > dans la foulée de la défaite allemande, l'URSS reprend possession de la Lettonie. Des milliers de Lettons s'enfuient, d'autres prennent le maquis et tentent de résister aux Soviétiques. Staline multiplie les déportations de Lettons en Sibérie ; le régime communiste est instauré et les Russes arrivent massivement pour coloniser le pays. La Lettonie restera soviétique jusqu'en 1991.

1988 > après les protestations des groupes écologistes contre des projets soviétiques et les dénonciations publiques d'écrivains contre le pacte Molotov-Ribbentrop de 1939, le mouvement indépendantiste prend de l'ampleur. En octobre, des manifestations ont lieu dans Rīga. Un Front populaire est créé. On ressort le drapeau letton de la période d'indépendance de l'entre-deux-guerres.

1989 > en août, les Lettons participent à une incroyable chaîne humaine reliant les trois Etats baltes de Vilnius à Tallinn.

1990 > en mai, le Conseil suprême restaure l'indépendance.

1991 > en janvier, les troupes soviétiques prennent d'assaut le bâtiment du ministère de l'Intérieur, à Rīga. Cinq personnes sont tuées et de nombreuses autres blessées. Après le coup d'Etat manqué à Moscou, l'URSS s'effondre. Le Parti communiste local est interdit. En septembre, l'indépendance de la Lettonie est reconnue par la communauté internationale.

1993 > le lats, monnaie nationale, est réintroduit en remplacement du rouble letton transitoire. En juin, une coalition du centre droit et du parti paysan remporte les élections. Guntis Ulmanis est élu président.

1994 > en août, départ des troupes soviétiques.

1995 > les législatives voient la montée de deux partis, l'un constitué d'anciens cadres du régime précédent (le Saimnieks), l'autre de tendance nationaliste (le Mouvement du peuple pour la Lettonie). Un gouvernement de très large coalition est nommé sous la direction d'Andris Škile.

1996 > Ulmanis est réélu président.

1997 > la gauche social-démocrate reprend l'avantage sur ses adversaires et gagne les élections locales.

1999 > le 17 juin, Vaira Vīķe-Freiberga, une Canado-Lettone est élue présidente de la République lettone, une première historique en Europe.

2001 > du 17 au 19 août, plus d'un million de personnes célèbrent le 800e anniversaire de la fondation de la ville de Rīga.

2002 > en octobre, avec plusieurs autres candidats, la Lettonie est invitée à rejoindre l'Union européenne à condition de mener à bien certaines réformes.

2004 > la Lettonie adhère à l'OTAN et devient membre de l'Union européenne. En juin, les Lettons élisent leurs premiers députés européens au nombre de 9.

2005 > le lats est aligné sur l'euro en vue de l'adoption de la monnaie unique prévue en janvier 2012. Entrée de la Lettonie dans le Mécanisme de change européen bis (MCE II) et ratification de la Constitution européenne par la Saiema (le Parlement letton).

2006 > rejet de l'entrée dans l'euro, repoussée à 2010, mais envisagée pour 2012.

2007 > élection du nouveau président de la République, Valdis Zatlers. Entrée dans l'espace Schengen.

2008-2009 > la Lettonie est gravement touchée par la crise économique (-18% de croissance en 2009) qui plonge le pays dans la dépendance auprès du FMI. L'entrée dans l'euro est reportée à échéance 2014. Le gouvernement est destitué en mars 2009, Zatlers appelle l'économiste Dombrovskis au poste de premier ministre.

2010 > Elections législatives remportées par la coalition de centre-droit menée par Dombrovskis en novembre. La politique drastique d'austérité se poursuit.

2011 > Dissolution anticipée du parlement (suite à la victoire du référendum initié par Zatlers la demandant). La coalition Dombrovskis remporte de peu la majorité et consitue un 3e gouvernement. L'assemblée élit Andris Bērziņš au poste de président de la république. Retour de la croissance : +5%.

2012 > Malgré une vie politique agitée, l'économie semble assainie et la croissance continue (4%). La Lettonie se prépare à rentrer dans l'euro et Rīga à devenir capitale européenne de la culture en 2014.

Les origines et l’ère chrétienne

Le territoire connu aujourd'hui sous le nom de Lettonie est habité depuis l'an 9000 av. J.-C. Durant la première moitié de l'an 2000 av. J.-C., les proto-Baltes ou les premiers peuples baltes s'y établissent. Ce sont les ancêtres du peuple letton.

Au début de cette ère, ce territoire est un carrefour d'échanges commerciaux. La fameuse " route allant des Vikings vers les Grecs ", mentionnée dans les chroniques anciennes s'étend de la Scandinavie au territoire de la Lettonie, en suivant la rivière Daugava vers les anciens Empires russe et byzantin. Les Baltes de cette époque ont pleinement pris part à ces réseaux d'échanges commerciaux. A travers le continent européen, la côte lettone est reconnue pour son d'ambre. Jusqu'au Moyen Age, l'ambre valait plus que l'or dans beaucoup d'endroits. L'ambre letton était reconnu dans des contrées aussi lointaines que la Grèce antique et l'Empire romain.

Au Xe siècle, les Baltes commencent à établir des communautés tribales spécifiques. Quatre cultures tribales baltes particulières ont peu à peu émergé : couronienne, latgallienne, selonienne, semigallienne (en letton : kurši, latgaļi, sēļi et zemgaļi). La plus grande d'entre elles, la tribu latgallienne, est aussi la plus évoluée au niveau socio-politique. Entre le XIe et le XIIIe siècle, les Couroniens adoptent un mode de vie d'invasions systématiques, qui consiste pour la plus grande partie à rafler et à piller. Etablis sur la côte ouest de la Baltique, ils sont surnommés les " Vikings baltes ". Leurs contemporains, les Seloniens et Semigalliens, qui vivent à l'intérieur des terres, sont eux, des pacifistes, dont la prospérité agricole est reconnue.

Aux alentours du Ve siècle, ces peuples paysans et marchands de la région baltique subirent la domination des Goths, puis celle des Huns et des Slaves qui viennent s'établir en grand nombre dans la région de la future Lettonie.

Au IXe siècle la région voit, à l'ouest, l'invasion des Vikings (les Varègues, aventuriers suédois et autres marins danois). Rejetés à la mer, vers l'an mille, par les Estes et les Koures, ces derniers entreprennent également des expéditions maritimes pour aller piller les chrétiens en Suède ou au Danemark.

Au milieu du XIe siècle, les armées russes, à l'est, tentent d'imposer la religion orthodoxe.

Le début du IIe millénaire est marqué par les appétits de conquête des puissances voisines et par leur volonté d'évangéliser ces peuples d'Europe, résolument païens et heureux de l'être...

La période médiévale et la colonisation des chevaliers germaniques

A cause de sa situation géographique stratégique, le territoire letton est fréquemment envahi par les nations voisines, déterminant ainsi largement le destin de la Lettonie et de son peuple.

Vers la seconde partie du XIIe siècle, la Lettonie est l'objet de visites de plus en plus fréquentes de la part de commerçants venant d'Europe occidentale, qui empruntent la Daugava, la plus longue rivière de Lettonie, comme couloir d'échanges commerciaux vers la Russie. A la fin du XIIe siècle, des commerçants allemands font leur apparition, entraînant dans leur sillage des missionnaires qui tentent de convertir à la foi chrétienne les tribus baltes et finno-ougriennes païennes.

Dès la fin du XIIe siècle, les Baltes sont victimes de la volonté de christianisation et de colonisation des ordres monastiques et militaires germaniques, dans le but aussi de créer des conditions favorables aux marchands de la ligue hanséatique.

La Livonie est la première région à subir la poussée des chevaliers conduits par l'évêque Albert, avec la bénédiction du pape Innocent III. Albert choisit Rīga comme centre de son évêché et les colons allemands affluent. L'année 1200 voit la fondation de Rīga. La ville se développe autour de la cathédrale. Formé en 1204 par le moine Théodoric et aidé par les Danois, l'ordre des chevaliers Porte-Glaive poursuit la conquête vers le nord sur le lac Peïpous, par Alexandre Nevski (bataille de la Glace). A partir de 1237, les chevaliers Porte-Glaive du nord se rassemblent sous le nom de l'ordre Livonien.

Occupés et dominés, les Lettons et les Lives perdent peu à peu de leur identité pour devenir des vassaux sur leur propre territoire. Cette période est marquée parallèlement par l'implantation de populations germaniques, une implantation à caractère surtout commercial et financier dans le cadre de la Hanse.

Le sud de la région baltique subit de son côté la pression des chevaliers Teutoniques qui, chassés de Terre sainte, s'établissent en Prusse dès 1226 pour évangéliser de façon violente les populations borusses. Ces populations, ancêtres des Prussiens, seront totalement exterminées. Les chevaliers Teutoniques s'unissent alors aux Porte-Glaive du nord pour former un Etat germanique et étendre leur domination à la Lituanie.

La sanglante défaite de Tannenberg (ou Grunwald) en 1410, qu'une coalition polono-lituanienne inflige aux chevaliers germaniques, sonne le déclin de l'ordre Teutonique. Le processus de colonisation de la région baltique sera dorénavant poursuivi, d'une manière plus pacifiste et à des fins commerciales, par une classe germanique nobiliaire qui dominera surtout le nord (Livonie, Lettonie et Estonie), dans le cadre de la ligue hanséatique et de son capitalisme marchand et international.

Au moment de la Réforme, cette présence allemande se traduira par l'influence du protestantisme luthérien dans la région.

Les chevaliers Porte-Glaive (Ordre Teutonique)

Les chevaliers Porte-Glaive sont un ordre militaire et religieux fondé en 1202 par Albert d'Apeldern, évêque de Livonie, dans le but de christianiser les populations baltes. Cet ordre est modelé sur celui des Templiers. Il s'appelle d'abord ordre des Frères de la milice du Christ. Le premier grand-maître est Winno de Rohrbach. L'ordre, déjà maître d'une partie de la Livonie, entreprit en 1216 la conquête de l'Estonie, qu'il soumit entièrement en 1223. A la suite de longues dissensions entre les Porte-Glaive et les évêques de Rīga, l'ordre dut fusionner avec celui des chevaliers Teutoniques, en 1237, après la mort de son deuxième grand-maître, Volquin, à condition que la partie de la Livonie et de l'Estonie appartenant aux Porte-Glaive forme une maîtrise de l'ordre Teutonique, et soit gouvernée par un maître provincial. Les chevaliers Porte-Glaive restèrent sous la dépendance des chevaliers Teutoniques jusqu'en 1525, époque à laquelle Walter (ou Gautier) de Plettenberg racheta à Albert de Brandebourg le duché de Livonie et reconstitua l'ordre.

Le cinquantième et dernier grand-maître de cet ordre Gotthard Kettler, après s'être converti au luthéranisme, céda la Livonie à Sigismond II, roi de Pologne, et devint duc de Courlande par le traité de Wilna, en 1562.

Les membres de cet ordre portaient une robe blanche avec la chape noire, deux glaives rouges croisés de noir étaient brodés sur la poitrine, et un autre sur l'épaule gauche.

Sous la domination polonaise et suédoise

Le XVIe siècle correspond à une époque de changements profonds pour les habitants de la Lettonie, notamment la réformation et l'effondrement de la nation livonienne. Après la guerre dite livonienne (1558-1583), le territoire qui constitue la Lettonie actuelle, passe sous domination commune polonaise et lituanienne. La foi luthérienne est acceptée en Kurzeme (Courlande), Zemgale (Semigallie) et Vidzeme (Livland), mais la foi catholique maintient sa domination en Latgale (Latgallie) - c'est toujours le cas aujourd'hui. Au XVIIe siècle, le duché de Kurzeme (Courlande), un temps inclus dans la Livonie, connaît une période de croissance économique notable. Il établit donc deux colonies - l'une située sur une île africaine, à l'estuaire de la rivière Gambie, et l'autre sur l'île de Tobago, dans la mer des Caraïbes. Les noms de lieux couroniens datant de cette période y sont toujours reconnaissables aujourd'hui. En 1621, pendant la guerre entre la Pologne et la Suède (1600-1629), Rīga passe sous la domination suédoise, éclipsant ainsi Stockholm par son importance et son développement au sein du royaume suédois. Durant cette période, la région de Vidzeme est surnommée la " corbeille à pain suédoise " parce qu'elle fournit alors la plus grande partie du blé destiné au royaume suédois. Le XVIIe siècle voit la consolidation de la nation lettone. Suite à l'unification des Couroniens, Latgalliens, Seloniens, Semigalliens et Livoniens (finno-ougriens), une nation culturellement unifiée, dotée d'une langue commune, se développe : les Lettons (Latvieši).

Sous la domination russe

La fin du XVIIe siècle est marquée par l'irrésistible progression de la Russie tsariste de Pierre le Grand qui chasse les Suédois de la Lettonie. En 1721, le traité de la Paix de Nystad consacre la victoire de la Russie et de ses visées expansionnistes à l'ouest. L'administration " à la suédoise " reste intacte grâce justement au respect sans limites de Pierre le Grand envers l'Occident.

Motivé par l'intérêt commercial de la région, sa position stratégique en fait une zone intermédiaire pour l'accès à l'Ouest européen, l'Empire Russe consolide sa présence dès le début du XVIIIe siècle, sous le règne de Catherine II, d'abord en Estonie et en Livonie. Puis, il étend son administration à toute la Lettonie et à la Courlande où les intérêts des barons germaniques coïncident avec les siens.

Au début du XIXe siècle, toute la région baltique est sous le contrôle de la Russie tsariste. Vers la fin du siècle, l'industrie se développe rapidement, s'accompagnant d'une croissance démographique majeure. La Lettonie devient la province russe la plus développée.

La guerre de Livonie

Au motif que l'ordre de Livonie avait refusé de prendre à son compte le tribus que payait autrefois la ville de Tartu, Ivan le Terrible décide de rentrer en guerre contre lui. L'ordre de Livonie en pleine décomposition est incapable de résister. Bien que le Landtag de Valmiera ait accepté finalement de payer, Ivan le Terrible, ayant constaté l'absence de résistance, refuse cette offre tardive. Les troupes russes ravagent la Lettonie mais ne peuvent s'emparer de Rīga, bien défendue par ses remparts. La guerre de Livonie marque la fin de l'ordre de Livonie dont le grand-maître, Gotthard Kettler, signe en 1561 l'accord de Wilno par lequel il cède la Livonie à la Pologne, dont il se déclare personnellement vassal en se faisant attribuer à titre héréditaire le duché de Courlande-Zemgale (Semigalie).

La période libérale et la montée des nationalismes

Les échos de la Révolution française parviennent jusqu'aux bords de la Baltique. Le début du XIXe siècle sera marqué par le mécontentement grandissant et les soulèvements de la classe paysanne balte. Déjà, sous le règne de Catherine II, avaient été amorcées des tentatives d'amélioration, aussitôt freinées par la classe dominante des barons germaniques qui jouissaient également de privilèges sous l'administration russe. Réprimées dans un premier temps, les revendications paysannes seront partiellement satisfaites lors de la période libérale impulsée par Alexandre Ier qui aboutira à l'abolition du servage en Courlande (1817) et en Livonie (1818).

C'est sous le règne d'Alexandre III (à partir de 1881) que le processus de russification et d'expansion de la religion orthodoxe s'amplifiera.

Sur le territoire de la Lettonie actuelle, le réveil national se fait surtout à l'encontre des barons germaniques. Il se traduit également par un important essor des langues nationales, de l'enseignement, de la presse, du folklore, des mouvements littéraires et intellectuels.

La révolution russe de 1905 ne restera pas sans répercussions sur les peuples baltes : les tentatives d'autonomie se traduiront par des mouvements d'indépendance. Les autorités russes y répondront avec violence par des massacres de populations et des déportations massives en Sibérie.

La Première Guerre mondiale

Le 1er août 1914, l'Allemagne déclare la guerre à la Russie. Au début de cette dernière, même si l'idée nationaliste est très présente chez les Baltes, celle d'indépendance face à la Russie est moins affirmée et ils participent courageusement aux combats contre les troupes du kaiser. Dès 1915, les provinces baltes sont envahies par les Allemands qui bénéficient par la suite du retrait russe causé par la révolution bolchevique. En 1918, le traité de Brest-Litovsk consacre la nouvelle domination germanique sur la région. Mais la défaite du Reich est proche : stimulé par les événements de Russie, le patriotisme balte se transforme en véritable projet sécessionniste. Soutenus par la communauté occidentale (soucieuse de créer un cordon sanitaire la protégeant des Soviétiques) et leurs diasporas installées à l'étranger, les Lettons en profitent pour déclarer leur indépendance en dépit de l'occupation allemande.

En octobre 1919, les corps francs allemands sont installés à Rīga. Une flotte franco-anglaise, commandée par le commandant Brisson est à l'ancre devant la capitale. Les Allemands, refusant de partir, il fait ouvrir le feu sur leurs positions, obligeant les corps francs à quitter la ville le 15 octobre, puis le pays.

La courte période d’indépendance (1920-1939)

Menacée d'invasion par les bolcheviques, attaquée par les Russes blancs et par les corps francs allemands de Baltikum restés sur leur territoire, la jeune armée nationale arrive à repousser l'ennemi et à affirmer sa liberté. A partir de 1920, l'indépendance de la Lettonie est effective et reconnue. Un traité de paix est signé avec Lénine.

L'indépendance de la Lettonie est proclamée le 18 novembre 1918. La Russie soviétique est le premier pays à reconnaître l'indépendance de la Lettonie. Elle le fait en retirant son autorité et renonçant à ses prétentions sur le territoire letton pour toujours. Cependant, les faits qui suivent démontrent que ce ne seront que de vaines promesses. La communauté internationale reconnaît l'indépendance de la Lettonie le 26 janvier 1921. Cette même année, la Lettonie devient également membre de la Société des nations et prend un rôle actif dans la communauté européenne des nations démocratiques. Pendant cette période, la Lettonie acquiert une réputation internationale de pays démontrant un respect des droits des minorités nationales. La Lettonie est souvent prise pour modèle par d'autres nations, dans le domaine du droit des minorités.

Exsangue au sortir de la guerre, la Lettonie entreprend sa reconstruction économique. Des réformes agraires sont engagées qui redistribuent les terres aux paysans. L'industrie est rénovée et opère sa reconversion.

La démocratie est restaurée. Mais encore fragile, elle est propice aux durcissements de l'exécutif et aux coups d'Etat.

Au milieu de la crise économique mondiale des années 1930, la Lettonie ressent également une profonde désaffection de la part de la population. Pour tenter de ramener une certaine stabilité dans le pays, le Premier ministre, M. Ulmanis, organise un coup d'Etat pacifique à Rīga le 15 mai 1934, en dissolvant la Saeima (le Parlement) et en suspendant les activités de tous les partis politiques. Une croissance économique rapide s'ensuit, durant laquelle la Lettonie accède à un niveau de vie parmi les plus élevés en Europe. En raison de l'amélioration générale de la qualité de vie, il y a peu d'opposition au pouvoir autoritaire du Premier ministre.

Face aux menaces des puissances voisines, un projet d'entente baltique entre les trois pays voit le jour et un traité est signé en 1934. Une union qui ne mettra pourtant pas la région à l'abri des visées hitlériennes.

La Seconde Guerre mondiale

La Lettonie cherche à tout prix la neutralité dans le conflit qui s'annonce. Mais le pacte de non-agression Molotov-Ribbentrop, signé entre l'URSS et l'Allemagne, va marquer la fin de sa souveraineté. Pour protéger son flanc oriental, le IIIe Reich abandonne, contre des concessions financières et territoriales, les Etats baltes à l'URSS. Malgré les pactes d'assistance mutuelle signés avec Moscou et censés préserver leur indépendance, les territoires des pays baltes sont envahis par les troupes soviétiques et, dès le printemps 1940, leur annexion pure et simple par l'URSS est engagée. S'ensuivent la dissolution des gouvernements nationaux, les déportations, les exécutions et une soviétisation systématique de la région. En 1941, l'entrée en guerre du IIIe Reich contre l'URSS provoque l'arrivée de l'armée allemande dans les pays baltes qui subissent une deuxième occupation, cette fois-ci par les nazis. Ayant chassé les Soviétiques, les Allemands sont considérés à certains égards comme des libérateurs, sans pour autant que les Lettons soient pro-nazis. La région baltique ajoutée à la Biélorussie devient alors l'Ostland, administrée par le Reich, et la répression s'abat sur les populations. En réponse, un mouvement de résistance balte s'organise en liaison avec les Alliés. Mais, les nazis réussissent à lever des formations militaires baltes (notamment en Lettonie et en Estonie) prêtes à la collaboration. Le tristement célèbre groupe Arajs, en Lettonie, ainsi que des volontaires de la police auraient même participé à l'extermination de la population juive organisée par les SS. Au total, 90 000 juifs lettons seront éliminés dans les camps de concentration nazis.

Le Rīga juif

De 1918 à 1940, Rīga est la capitale de la Lettonie indépendante. Avant la Seconde Guerre mondiale, environ 43 000 juifs, soit un peu plus de 10 % de la population de la ville, vivent à Rīga. La communauté, dotée d'un réseau bien organisé d'écoles hébraïques en yiddish, a développé une intense vie culturelle juive. Les juifs de Rīga, présents dans la plupart des domaines de la vie urbaine, siègent même au conseil municipal. En août 1940, l'Union soviétique annexe la Lettonie, et Rīga devient la capitale de la RSS (République socialiste soviétique) lettone. L'armée allemande occupe Rīga le 1er juillet 1941. Par la suite, Rīga devient la capitale du commissariat du Reich de l'Ostland, une administration civile allemande.

Peu après l'entrée de l'armée allemande dans la ville, les Einsatzgruppen (unités d'intervention mobiles) et leurs auxiliaires lettons exterminent plusieurs milliers de juifs. A la mi-août, les Allemands ordonnent la création d'un ghetto dans le quartier sud-est de la ville ; muré en octobre 1941, il emprisonne quelque 30 000 juifs. Fin novembre et début décembre 1941, les Allemands annoncent leur intention d'installer la majorité des habitants du ghetto " plus à l'est ". Le 30 novembre et les 8 et 9 décembre, au moins 26 000 juifs de Rīga sont abattus par les brigades allemandes d'extermination et leurs auxiliaires lettons dans la forêt de Rumbula, située à 8 km au sud-est de Rīga, le long de la voie ferrée Rīga-Dvinsk et de la route Rīga-Salaspils.

Les 4 à 5 000 juifs survivants sont incarcérés dans un quartier du ghetto appelé le " petit ghetto " ou le " ghetto letton ". Les Allemands déportent également à Rīga quelque 16 000 juifs d'Allemagne, d'Autriche et du protectorat de Bohême et de Moravie. Le secteur du ghetto où sont emprisonnés ces juifs étrangers, appelé le " grand ghetto " ou " ghetto allemand ", est distinct du " ghetto letton ". Un convoi d'un millier de juifs originaires du Reich allemand partage le sort des juifs de Rīga assassinés. Ultérieurement, la plupart des autres juifs allemands déportés à Rīga vont eux aussi être tués dans la forêt de Rumbula.

Plusieurs centaines de juifs du ghetto de Rīga organisent la résistance contre les Allemands. De petits groupes tentent de s'évader du ghetto pour rejoindre les partisans dans les forêts voisines. En octobre 1942, la police allemande arrête un petit groupe de résistance juive à l'extérieur du ghetto. En représailles, les Allemands s'emparent de plus de 100 personnes du ghetto et les tuent ; ils exécutent aussi presque tous les policiers juifs suspectés d'avoir participé à des activités de résistance.

Au cours de l'été 1943, les Allemands déportent des habitants du ghetto dans le camp de concentration de Kaiserwald, créé au mois de mars précédent au nord de la ville. D'autres sont déportés dans les camps annexes des environs. Les Allemands détruisent le ghetto en décembre 1943 et déportent les derniers juifs à Kaiserwald. Les survivants de Rīga, de Liepaja et de Dvinsk sont regroupés à Kaiserwald et ses annexes.

En 1944, désireux de détruire les preuves du génocide, les Allemands contraignent les prisonniers à rouvrir les fosses communes de Rumbula pour brûler les corps. Une fois le travail achevé, les prisonniers sont assassinés. Durant l'été 1944, les Allemands exterminent des milliers de juifs alors détenus à Kaiserwald et ses kommandos. Ceux qui restent en vie sont par la suite déportés au camp de concentration de Stutthof en Allemagne.

Le 13 octobre 1944, l'armée soviétique libère Rīga. Presque tous les juifs de la ville ont été assassinés par les nazis.

La soviétisation

Dès l'automne 1944, la défaite allemande est suivie du retour de l'armée Rouge sur les territoires baltes et leur reprise en mains par le pouvoir soviétique. La Lettonie devient une république de l'URSS à part entière. La ville de Rīga " libérée " a subi de graves dommages : plus de 2 700 maisons ont été détruites comme la plupart des ponts, des usines, des hôpitaux et des établissements scolaires. Cependant Rīga devient rapidement l'un des centres les plus importants de l'URSS par sa situation de port presque libre de glaces, par le réseau ferré reliant la ville à l'ensemble de l'Union et par le savoir-faire de ses ouvriers. La population augmente rapidement, moins par un exode de la campagne vers la ville que par une immigration massive de Soviétiques provoquant une terrible crise du logement : le nombre de citadins passe de 480 000 en 1950 à 900 000 en 1985.

Les premières années de l'après-guerre figurent parmi les plus sombres de l'histoire de la Lettonie. Le pouvoir soviétique procède à une répression et à un génocide systématique du peuple letton : 120 000 Lettons sont emprisonnés ou déportés vers des camps de concentration soviétiques (goulags). Plus de 140 000 échappent à l'armée soviétique, en fuyant vers l'Occident. Le 25 mars 1949, un mouvement de répression d'envergure voit déporter plus de 40 000 personnes des campagnes lettones vers la Sibérie. Une campagne de russification massive débute dans le pays et de nombreuses procédures administratives sont élaborées, afin d'entraver l'usage de la langue lettone.

La Lettonie se voit forcée d'adopter les pratiques agraires soviétiques, et l'infrastructure économique développée dans les années 1920 et 1930 est détruite de manière délibérée. Les zones rurales sont intégrées de force dans la collectivisation. La Lettonie disposant encore d'une infrastructure bien développée, ainsi que de spécialistes diplômés, Moscou décide de baser quelques-unes des usines de fabrication de haut niveau de l'Union soviétique en Lettonie. Afin de fournir la main-d'oeuvre nécessaire pour faire tourner ces usines, les travailleurs soviétiques de toute l'URSS sont amenés en masse, réduisant considérablement ainsi la proportion des nationaux lettons. Tandis qu'avant la Seconde Guerre mondiale, les Lettons constituaient 75 % de la population, dès la fin des années 1980, ce nombre se réduit à 50 %.

La marche vers l’indépendance

Avec l'arrivé de Gorbatchev à la tête du parti, l'URSS entame au milieu des années 1980 une période de libéralisation, appelée Glasnost. Les mouvements indépendantistes dans la population saisissent immédiatement cette occasion pour former des organisations sociopolitiques de masse à orientation nationale : Tautas Fronte (le Front populaire de la Lettonie), Latvijas Nacionālās Neatkarības Kustība (le Mouvement d'indépendance nationale de la Lettonie), Pilsoņu Kongress (le Congrès des citoyens de la Lettonie). Elles ont toutes pour but le rétablissement de l'indépendance nationale de la Lettonie.

Le 23 août 1989 marque le 50e anniversaire du fameux pacte Molotov-Ribbentrop qui a conduit à l'occupation de la Lettonie, la Lituanie et l'Estonie. Pour attirer l'attention du reste du monde sur le sort des nations baltes, environ 2 millions de Lettons, Lituaniens et Estoniens s'unissent main dans la main en une chaîne humaine longue de 570 km de Tallinn à Vilnius, en passant par Rīga (via Baltica). C'était la représentation symbolique du souhait commun aux Etats baltes d'accéder à l'indépendance. Une étape majeure vers le rétablissement de l'indépendance est franchie le 4 mai 1990, lorsque le corps parlementaire de la RSS de Lettonie, le Conseil suprême, adopte une déclaration restaurant l'indépendance après une période de transition. Le 21 août 1991, le Parlement vote la fin de la période transitoire. L'indépendance de la Lettonie est confirmée par Boris Eltsine (ainsi que celle des deux autres pays baltes), venu spécialement de Moscou à Jūrmala le 28 août 1991. Le 17 septembre, quelque temps après le rétablissement de son indépendance, la Lettonie devient membre des Nations unies et s'empresse de retourner vers la communauté mondiale des nations démocratiques. En 1992, la Lettonie est éligible au Fonds monétaire international et, en 1994, elle rejoint le programme " Partenariat pour la Paix " de l'OTAN, signant également un accord de libre-échange avec l'Union européenne. La Lettonie est aujourd'hui une nation membre du Conseil européen et fut également la première des nations baltes à joindre l'Organisation mondiale du commerce en 1999. Vers la fin de l'année 1999, à Helsinki, les chefs d'Etat et de gouvernement des pays appartenant à l'Union européenne, invitèrent la Lettonie à commencer les négociations sur son accession à l'Union européenne. En 2004, la Lettonie parvient à atteindre ses objectifs de politique étrangère les plus importants : admission à l'Union européenne et à l'OTAN. Le 2 avril, la Lettonie devient membre de l'OTAN et le 1er mai, la Lettonie, conjointement avec les deux autres Etats baltes (Estonie et Lituanie) devient membre à part entière de l'Union européenne.

L’entrée dans l’Europe et période contemporaine

En cours d'écriture depuis 1992, une nouvelle étape de l'histoire lettone a été franchie en mai 2004. L'entrée dans l'Union européenne est vécue comme un retour à la source, le challenge de ce début du XXIe siècle. C'est le plus grand élargissement de l'UE, car 10 pays de l'Europe centrale et orientale intègrent l'UE : Lituanie, Estonie, Pologne, République tchèque, Slovénie, Slovaquie, Hongrie, Malte et Chypre. Afin d'aboutir à une intégration totale dans l'UE, un objectif reste à atteindre : le passage à l'euro. La Lettonie souhaitait adopter l'euro en 2008. Mais avec une inflation de 7% annuel, la Lettonie a revu son objectif d'entrée dans la zone euro pour 2012 et avec la crise la question est suspendue. Depuis le 21 décembre 2007, la Lettonie fait partie intégrante de l'espace Schengen qui garantit la libre circulation des personnes dans 22 Etats membres de l'Union Européenne.

Concernant la politique intérieure, l'année 2007 marque le début du chaos politique. Le Premier ministre, Aigars Kalvitis, en poste depuis 2004, a démissionné le 5 décembre 2007, suite à de nombreux départs successifs au sein de son gouvernement et à des accusations de dérives autoritaires et d'abus de pouvoir, ayant donné lieu à des manifestations. Avant de partir, il désigne son successeur, Ivars Godmanis (appartenant au LPP/LC), ministre de l'Intérieur dans son gouvernement.

Le gouvernement du nouveau Premier ministre Ivars Godmanis, formé le 20 décembre 2007, est composé de la même coalition de 4 partis de centre droit : le Parti populaire (TP, 20 députés), la coalition du Premier Parti letton (LPP, 14 députés) et de la Voie lettone (LC), les Verts et les Paysans (ZZS, 12 députés), et l' Alliance pour la patrie et la liberté (LNNK).

Le parti Nouvelle Ere a refusé de rejoindre cette coalition. Le Parlement letton (la Saeima) a approuvé ce nouveau gouvernement avec 54 voix pour et 32 contre.

Mars 2009 est à nouveau marqué par le changement radical du gouvernement. Valdis Dombrovskis (parti Jaunais laiks) devient le Premier Ministre suite à une crise politique. La crise économique a plongé le pays dans les dettes, chômage, chute de production et corruption provoquent des manifestations populaires d'une ampleur que le pays n'a jamais connue depuis son indépendance.

Les dernières années sont marquées par l'instabilité politique malgré le maintien de Dombrovskis et sa politique d'austérité drastique au gouvernement. C'est en effet une suite de soubresauts qui rythment la vie politique locale : élections législatives d'octobre 2010 qui donnent naissance au 2e gouvernement Dombrovskis, demande de référendum de dissolution anticipée en mai 2011 par le président Zatlers suite à des scandales de corruption, élection d'un nouveau président (Andris Bērziņš) en juin 2011, "oui" écrasant au référendum de dissolution de l'assemblée (juillet 2011), victoire serrée de la nouvelle coaliton gouvernementale (56 sièges sur 100) et création du 3e gouvernement Dombrovskis en 2 ans et demi. En dépit de cette actualité agitée, la politique économique impulsée par Dombrovskis semble porter ses fruits puisque, après 3 années de décroissance (de 2008 à 2010, dont -18% en 2009 !), la croissance est repartie en 2011 (5%) et 2012 (4% attendus).

Ulmanis, Premier ministre de la Lettonie indépendante

Né en Courlande, il fait ses études en agriculture à Jelgava. Pendant la Première Guerre mondiale il participe au mouvement d'aide aux réfugiés. En 1917, à Valka, il fonde l'Union agraire dont il est élu président. Quand le 18 novembre 1918, le Conseil national proclame l'indépendance de la Lettonie, il est élu chef du gouvernement provisoire qui dure jusqu'en 1921. Il met en place le premier Parlement letton, la Saiema, en 1920. Premier ministre à plusieurs reprises, il souffre de l'instabilité politique. En mai 1934, Ulmanis déclare, avec l'aide du général Baldis, l'état de siège et réalise un coup d'Etat. Il fait arrêter les dirigeants de l'opposition, suspend la Constitution, renvoie le Parlement et interdit tous les partis. Une sorte de dictature se met en place qui dure jusqu'à la guerre. Après l'invasion soviétique en 1940, Ulmanis est arrêté et déporté en URSS où il meurt en 1942.

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