Guide du Myanmar - Birmanie : Le Myanmar en 40 mots-clés

Astrologie

L'astrologie imprègne le quotidien birman. A chaque jour de la semaine sont associés une planète, un chiffre et un animal mythologique. Pour faire correspondre le nombre de jours au nombre de planètes, la semaine birmane comprend huit jours : le mercredi compte pour deux.

Dimanche, le soleil, 1, garuda (aigle).

Lundi, la lune, 2, le tigre.

Mardi, Mars, 3, le lion.

Mercredi matin, Mercure, 4, l'éléphant avec défenses.

Mercredi après-midi, Yahu, 8, l'éléphant sans défenses.

Jeudi, Jupiter, 5, la souris.

Vendredi, Vénus, 6, le cochon.

Samedi, Saturne, 7, le dragon et Ya Hu.

La date de naissance (jour de la semaine et heure) joue un rôle crucial dans la vie des Birmans, influençant leur personnalité et orientant leur destinée. Une personne née un jeudi matin subit ainsi l'influence de Jupiter, pour le meilleur et pour le pire. Si elle est née un mercredi après-midi, c'est alors Ya Hu, la huitième planète, qui la gouverne. Jadis, les parents consultaient systématiquement un astrologue avant de nommer leur rejeton. Le sage étudiait la position des astres au moment de la naissance du bébé, puis écrivait son horoscope sur une feuille de palmier. La recherche des associations favorables entre plusieurs dates d'anniversaire intervient dans le choix d'un conjoint comme dans celui d'un ami ou d'un partenaire commercial. Le mariage de deux personnes nées, l'une un lundi, l'autre un vendredi, risque de tourner au désastre, tandis qu'une union mercredi et samedi est de bon augure. Les astres interviennent même dans la réussite d'une coupe de cheveux : bonjour le désastre si la coupe est effectuée un lundi, un vendredi ou le jour de votre anniversaire ! Le dictateur Ne Win découvrit que son chiffre porte-bonheur était le 9 et décida du jour au lendemain de révolutionner tout le système monétaire en remplaçant sans indemnité pour ceux n'ayant aucun compte en banque tous les billets de 25, 35 et 75 kyats par des coupures de 45 et 90 kyats. Une prophétie avait annoncé la date du 8/8/88 comme la date où la Birmanie deviendrait un pays libre. Les étudiants en appelèrent à la grève le 8/8/88 à 8h08.

Bétel

Noix d'arec, aux propriétés astringentes. Pour les novices, il est surprenant de voir ci et là des taches rouges sur le sol, et des femmes et des hommes arborer des sourires authentiques mais repoussants tant les dents sont rongées par cette petite drogue douce. Ils en mâchouillent toute la journée. A en croire les boîtes à bétel les plus anciennes, la pratique de la chique remonte à l'ère glorieuse de Bagan, au IXe siècle. Les moines en recevaient alors en donation, pour leur consommation personnelle. L'art réside avant tout dans le choix des ingrédients entrant dans la composition de la chique. La classique comprend quelques feuilles de bétel superposées, quelques petites noix de bétel et des feuilles de tabac séché, le tout plié en une boule compacte prête à être dégustée. Selon les modes, on a pu rajouter du clou de girofle, de l'anis, de la cannelle, du cumin, de la cardamome, des herbes aromatiques, et, pourquoi pas, de la poudre de coco ou du camphre, pour une chique " de luxe ". Pour apprécier une bonne chique, deux écoles s'affrontent : soit avaler le bétel, soit recracher un jus rouge sang. La plupart des chiqueurs en prennent 20 à 30 par jour. Le résultat sur la dentition est, quoi qu'il en soit, le même : les dents du chiqueur de bétel finissent toujours maculées de rouge, telles les canines d'un vampire rassasié. Une chique peut en c (r) acher une autre : signe de convivialité, la chique s'offre entre amis ; objet de corruption, la chique lève à moindre coût bien des barrières de péage routier. Un seul impair doit être évité : cracher son bétel à la figure de quelqu'un (l'insulte suprême). La chique est somme toute un véritable art de vivre !

Bijoux et pierres précieuses

La Birmanie est l'empire de la pierre précieuse, comme le décrit Kessel dans son ouvrage La Vallée des rubis. Les tentations pour les touristes sont nombreuses. Rubis, pierres de lune et lapis-lazuli birmans ont été convoités de tous temps par les monarques les plus puissants du monde. Mais, si vous souhaitez, vous aussi, vous offrir une part du trésor, prenez vos précautions : les arnaques sont nombreuses et quelques règles de survie dans ce monde infernal du commerce des pierres et autres cailloux ne sont certainement pas de trop. Sachez avant tout qu'à moins d'être un spécialiste de renom, il est extrêmement difficile de ne pas se tromper sur la valeur de certaines pierres précieuses. Même votre oeil de lynx pourra se laisser séduire par le charme d'une pierre artificielle. Peu importe, tant que vous payez le prix adéquat. Selon l'endroit où vous achetez les pierres, les risques concernant leur authenticité sont plus ou moins élevés. A Mogok (région officiellement fermée aux touristes), par exemple, la région regorge de tant de pierres authentiques qu'aucun vendeur n'a intérêt à proposer des fausses. En revanche, le rapport qualité/prix doit être méticuleusement étudié pour éviter la fausse " bonne affaire ". Règle numéro un, les affaires du siècle étant rares, méfiance ! Mieux vaut s'adresser à des boutiques officielles qui délivrent un certificat d'authenticité apportant une garantie à votre achat. Le certificat peut, en outre, vous être demandé lors du passage des frontières et vous seriez bien en peine de le fournir si vous avez acheté votre bijou à un petit vendeur à la sauvette.

Or. Dans les rues des grandes villes de Birmanie, les boutiques de bijoux en or attirent un monde fou, à faire pâlir d'envie plus d'un joaillier de la place Vendôme ! L'or est ici considéré avant tout comme un placement financier. Les familles investissent dans des bijoux de valeur et de l'or plutôt que de laisser leur argent à la banque qui n'est pas fiable. Ils les revendent pour arrondir les fins de mois. L'or asiatique semble toujours plus pur et plus brillant que celui auquel on est habitué en Occident. Cette différence tient tout simplement au nombre de carats que compte le bijou. En Europe, un bijou de femme est la plupart du temps de 18 carats, un bijou masculin de 14 carats, alors que l'or asiatique est de 22 à 24 carats.

Argent. De même, le pourcentage d'argent diffère selon les pays. L'argent britannique comprend 95,84 % d'or pur, l'argent mexicain 95 % (le reste étant du cuivre rajouté à l'or pur), le sterling 92,5 %. Ces pourcentages correspondent à différents niveaux de pureté dans un bijou en argent. En Birmanie, l'argent est extrêmement travaillé, et finement ciselé. On peut observer le travail de chirurgien des orfèvres sur le lac Inle, entre autres.

Enfin, il est à noter que dans de très nombreuses bijouteries, les prix sont indiqués en yuans chinois, ce qui donne une idée de la provenance de la clientèle.

Burma Road

La " Burma Road ", ou route de Birmanie, est le seul axe à traverser le pays de part en part. Entre Lashio et Kunming, le trafic est dense. C'est, pour les Chinois, une voie stratégique d'accès à l'océan Indien, et, pour les Birmans, une échappatoire aux restrictions commerciales imposées par le gouvernement. La région traversée par la route de Birmanie a historiquement été une zone délicate. La route (1 200 km entre Kunming et Lashio) fut construite entre 1937 et 1939 pour permettre le ravitaillement des nationalistes chinois du Kuomintang. Stratégique, elle a été depuis toujours l'objet de convoitises et fut le lieu d'affrontements avec les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui, c'est l'axe de tous les trafics avec la Birmanie et la voie d'acheminement de l'opium brut vers les raffineries de la frontière sino-birmane.

Cheroot

Fumer le cigare (appelé cheroot) est certainement le vice birman le plus répandu, le bétel mis à part. Les hommes s'offrent ce petit plaisir pour une poignée de kyats, les femmes raffolent des cheroot gros formats, roulés dans une enveloppe d'épi de maïs. Contrairement à son cousin d'Occident prisé par les businessmen au long cours, le cigare birman est un signe de ralliement des plus populaires. Ce sont exclusivement des femmes qui les fabriquent artisanalement, avec une minutie et une dextérité imbattables, ce pour quoi elles sont payées à la pièce. La recette est simple : un filtre en papier maïs, des senteurs exotiques et, selon l'humeur du jour, sucre, arômes de banane, herbes ou épices diverses, le tout roulé dans une feuille de Cardia dichotoma. Emballez, c'est pesé !

Chinlon

Ce jeu est le jeu favori des Birmans. A tous les coins de rue vers 4 ou 5h de l'après-midi, vous trouverez des jeunes et des moins jeunes, hommes généralement, s'entraînant. Originellement le jeu a été conçu pour l'assouplissement du corps, restaurer l'élasticité du dos. La balle est faite de bandes de rotin entrelacées les unes aux autres de sorte à laisser un certain nombre de trous pentagonaux. La balle est très légère. Le but du jeu est de garder la balle aussi longtemps que possible dans l'air sans la toucher avec les mains. Deux sortes de jeux collectifs sont populaires : l'un consiste à former un cercle et se renvoyer la balle tout en faisant des figures qui ressemblent à des pas de danses. L'autre jeu consiste en deux équipes de 3 personnes face à face, séparées par un filet haut de type badminton. Il s'agit de faire toucher la balle dans le camp adverse. Les Birmans pratiquent ce jeu généralement pieds nus et remontent leur longyi, qui a alors l'allure d'un short très court, semblable à celui que porte le sumotori japonais.

Cinéma

Les Birmans raffolent du 7e art. Les programmations sont très restreintes : on a droit soit à de terrifiants scénarios à l'eau de rose, au pouvoir soporifique incontestable, soit à des films de kung-fu à la chinoise. On voit depuis que le pays s'ouvre petit à petit de plus en plus de films hollywoodiens à Yangon, parfois très récents. Le cinéma indien de Bollywood est à la page également. C'est un loisir populaire dont le prix reste assez abordable (compter entre 1 000 K et 2 000 K la place). Si le spectacle n'est pas toujours enthousiasmant sur les écrans, regarder le public en extase est déjà un grand moment.

Cloches

Les cloches birmanes ont connu nombre de vicissitudes au cours de leur carrière. Elles furent en effet tour à tour la proie des tremblements de terre, des inondations ou des pillages. Certaines d'entre elles peuvent se vanter d'un destin hors du commun : la cloche de Thathyinnu et celle du temple Shwe Gyi de Bagan auraient purement et simplement disparu... La cloche Dhammazedi eut, elle aussi, un parcours atypique. Enlevée par le Portugais Felipe de Brito, elle fit sombrer le bateau qui devait l'acheminer vers l'empire de cet aventurier ambitieux. Celui-ci ne se souciait guère du trophée en tant que tel, mais était bien décidé à couler le bronze pour en faire des canons. La cloche de Singu Min, dérobée par les Britanniques, finit au fond de l'eau. Mais le peuple birman parvint à la faire émerger, en y accrochant suffisamment de bambou pour qu'elle parvienne à refaire surface. Sauvée des eaux, la cloche fut finalement rendue à la population. La cloche de Mingun pourrait, quant à elle, figurer dans le Guinness Book : c'est la plus grosse cloche du monde en activité.

Date

La Birmanie utilise, Dieu soit loué, le calendrier grégorien. Cependant, elle a aussi recours au calendrier lunaire, selon lequel chaque mois compte entre 29 et 30 jours. Tout cela crée un doux imbroglio, si l'on n'a pas de point de repère. Concrètement, il suffit de rajouter un mois tous les trois ans (facile, non ?). Il faut aussi savoir que le calendrier birman commence en 638. L'année 1999 correspond par exemple, après un savant calcul, à l'année birmane... 1361. A bon entendeur !

Dialecte

L'anglais est correctement parlé par la population birmane citadine et âgée. La génération des 40-50 ans a pu bénéficier d'une bonne éducation dispensée par des missionnaires britanniques. La génération suivante tente d'apprendre l'anglais tant bien que mal, le gouvernement n'y mettant pas du sien en maintenant fermées beaucoup d'universités et en dispensant un enseignement de faible qualité. Les jeunes, avides de savoir, souhaiteront souvent pratiquer l'anglais avec vous. A vous d'être à la hauteur de leurs espérances ! Plus de 200 dialectes sont encore parlés en Birmanie. La langue birmane est la langue officielle et aussi celle imposée par le gouvernement, au détriment des autres dialectes parfois interdits. Dans l'Arakan, par exemple, la population très opposée au pouvoir en place préférera converser en rakhine plutôt qu'en birman. Reste à savoir lequel vous choisirez d'apprendre !

Donation

Ne vous offusquez pas, ni ne soyez surpris si l'on vous invite à faire des donations dans les monastères, pour des écoles, pour la construction d'une route dans un village éloigné. Avec un Etat absent socialement, le peuple s'est organisé à sa façon et le système des donations est ancré dans la culture birmane. C'est d'abord au monastère et dans les pagodes que les Birmans donnent pour se racheter des mérites certes mais aussi pour faire vivre le monastère, pour permettre aux moines de continuer d'être là afin de conseiller la population locale et aussi souvent pour dispenser des cours aux enfants ou s'occuper d'orphelins. Au bord des routes, des hommes et des femmes agitent leur bol métallique. Les voitures filent et lancent quelques kyats pour contribuer à l'amélioration de la route ou d'un monastère alentour. Il y a longtemps que les locaux savent qu'il ne faut pas compter sur l'aide de l'Etat pour améliorer leurs conditions de vie. Les Birmans donnent sans compter car dans une autre vie, ils récolteront les mérites de leur générosité et ils souhaitent aux visiteurs la même chose.

Eau

Se balader dans les rues de Yangon ou de n'importe quel village de Birmanie ne manquera pas d'attirer votre attention sur de gros pots de céramique généralement disposés sous un arbre, à hauteur d'homme. Les pots de céramique permettent à l'eau de se refroidir par une sorte de procédé d'osmose. L'hospitalité des Birmans est là la plus frappante puisqu'ils se chargent quotidiennement de remplir ces pots d'eau fraîche à la sortie de leur maison pour les passants qui auraient soif. N'importe qui est donc invité à boire gracieusement. L'eau est censée être bouillie et donc buvable. A noter que tous les passants utilisent la même coupelle sans que cela ne gêne personne. Signe de modernité mêlée de tradition, ces pots sont de plus en plus remplacés par des fontaines en plastique telles qu'on peut les voir dans les bureaux en occident.

Espions

Il est une chose qui peut nous dépasser, c'est la présence d'espions. Ils sont partout et le touriste ne les voit pas. Ces espions arrivent même à infiltrer les endroits où on ne les attend pas : parti d'opposition, cliniques, écoles. Ils sont la grande peur de la population locale et il est important d'en avoir conscience surtout lorsque l'on voyage en indépendant. Ils ont l'oreille qui traîne partout dans les maisons de thé et ils savent très bien aussi se faire passer pour partisans de la démocratie. Le touriste ne risque pas grand-chose, mais il peut mettre en danger de prison, de torture ou de mort tout Birman avec qui il s'entretiendra de conversations politiques et engagées. Sachez que beaucoup de touristes sont souvent suivis par ces espions pour s'assurer que ceux-ci ne sont pas journalistes, écrivains ou membres d'associations humanitaires. Tenez votre langue dans votre sac et ne posez pas de questions politiques aux habitants, cela pourrait les mettre dans de très mauvais draps. Une rumeur persistante prétend que ces espions tendent à disparaître à mesure que le pays s'ouvre. Optimiste naïf ou réel progrès, difficile de savoir.

Face

An-ah-deh, encore une histoire de face asiatique. Vous ne le savez pas encore et pourtant ça vous jouera bien des tours en Birmanie. C'est le savoir-vivre à la birmane, empreint de politesse ou de timidité, et qui veut que l'on ne dise jamais non, de peur de perdre la face... Exemple pratique de l'an-ah-deh à Yangon : vous hélez un taxi (si ce n'est pas lui qui vous hèle) et lui indiquez une adresse. Invariablement, le chauffeur répondra d'un yes-yes-yes empressé alors qu'il n'a pas compris le nom demandé, ou ne connaît pas l'adresse. Comme les chauffeurs de taxi semblent avoir pour principe de ne jamais avoir de plan de la ville dans leur véhicule, face ou pas face, vous perdrez à tous les coups. Alors munissez-vous de votre propre plan de la ville et improvisez-vous copilote... La meilleure réponse à l'an-ah-deh est certainement la patience. Ne confrontez jamais un Birman à ses erreurs, ce serait l'humilier.

Gentillesse

Un trait de caractère semble commun à tous les Birmans : la gentillesse, une gentillesse parfois désarmante. La question récurrente : " Where do you go ? ", qu'ils lancent systématiquement au passage de tout étranger, n'a aucun sens inquisiteur. C'est une marque d'intérêt, sans arrière-pensée aucune. Vous vous en convaincrez au cours des multiples rencontres que vous ne manquerez pas de faire lors de vos pérégrinations dans le pays : guides de montagne, jeunes étudiants désoeuvrés ou chauffeurs de trishaw... Une jovialité très contagieuse.

Habitations

Connaissez-vous l'histoire des trois petits cochons ? Alors il sera facile de comprendre les différentes formes de maison que possèdent les Birmans. La plupart d'entre eux logent dans de petites cabanes sur pilotis, avec un toit en feuilles de palmier, des murs en paille tressée et un sol de bambou. Ces habitations tiennent rarement après la mousson, mais sont faites pour être déplacées, donc reconstruites ailleurs. Les plus chanceux, dont les affaires marchent mieux, optent pour le bois. En dur, ces magnifiques demeures, toujours sur pilotis, sont accessibles par un bel escalier et de jolies sculptures ornent le toit et les fenêtres. Enfin, pour les plus aisés, le choix s'oriente vers le béton. Moins esthétiques mais plus solides, ces demeures rares se rencontrent plus souvent en ville, pour les sédentaires.

Hospitalité

L'hospitalité est un véritable art de vivre en Birmanie. La gentillesse et la spontanéité des habitants en deviennent parfois presque déroutantes. " Are you happy ? " Telle est la question qui vous sera continuellement posée. Il est ainsi très facile d'entrer en contact avec la population locale avide de rencontres internationales. Mettez-vous en tête que contrairement à beaucoup d'autre pays, les Birmans approchent les touristes non pas pour leur porte-monnaie mais bien pour en faire un ami. Vous aurez sans aucun doute la chance d'être invité à dîner dans un foyer birman, d'être présenté à la famille du guide qui vous aura fait découvrir le pays pendant quelques jours de trekking, ou bien encore de participer à une cérémonie de novices bouddhistes. Vous trouverez accueil et gentillesse à tous les coins de rues.

Immigration

On pourrait penser a priori que la Birmanie, plus pauvre, et de beaucoup, que ses voisins, n'attire pas un grand nombre d'étranger. Ce serait sans compter sur les Bengalis, dont la situation économique n'est pas plus enviable, que l'on trouve en grand nombre au nord-ouest du pays, ou les Chinois peu aisés qui viennent profiter de nombreuses opportunités, en s'associant par exemple à des Birmans pour acheter des hôtels.

Longyi

La Birmanie est l'un des rares pays au monde dont la grande majorité des habitants portent encore l'habit traditionnel, le longyi. Pièce de tissue cousue en forme de tube, apparenté au sarong, il est porté par les hommes comme par les femmes. Seule la façon de le nouer diffère d'un sexe à l'autre. Les femmes le nouent sur le côté, alors que les hommes rabattent les deux côtés vers le devant pour le nouer au niveau du nombril. Il est porté en ville comme à la campagne, par les riches hommes d'affaires comme par les paysans. En haut, il se porte traditionnellement avec une chemise à col haut, mais l'homme de la rue le porte en général avec une chemise à manches courtes occidentale, voire un T-shirt. Les Birmans apprécieront que vous fassiez l'effort d'en porter un, que vous pourrez acheter dans n'importe quel marché pour environ 3 500 K.

Maisons de thé

Partout en Birmanie, vous trouverez les tea houses. C'est l'équivalent du pub pour les Irlandais et du café pour les Français. Fréquentées le matin par toute la famille, les maisons de thé deviennent plus tard, et ce jusqu'au soir, le lieu de rassemblement de la communauté masculine. Les maisons de thé sont un commerce qui marche. Il s'en monte partout, de la simple dînette installée sur des bancs minuscules disposés avec amour sur un trottoir, aux constructions en dur, où les tables sont un rien plus hautes. Ouvertes aux aurores, les maisons de thé birmanes ferment aussi plus tard que les restaurants, à 23h dernier délai. On n'y sert que des en-cas, essentiellement des beignets et des pâtisseries. A Mandalay, ville réputée pour son thé birman, on reconnaît les meilleures maisons aux nombreux trishaws et bicyclettes garés devant... sans leurs chauffeurs. Dans ces commerces tenus de père en fils, les garçons n'ont souvent pas l'âge de travailler, mais apportent avec dextérité les cafés et thés birmans accompagnés d'une assiette garnie de pâtisseries. Chacun y pioche et l'assiette se remplit de nouveau, comme par magie. Les garçons ne se trompent jamais non plus dans l'addition. Vivre la tea house comme le Birman n'est pas donné à tout le monde. Le plus dur, une fois accroupi sur le banc, les jambes calées de chaque côté de la table, est d'appeler le serveur. A cet effet, l'usage local demande qu'on produise un bruit, entre le claquement de langue et la bise, la bouche en coeur. Exercez-vous !

Marché noir

A la tombée de la nuit, des marchés plus ou moins licites s'installent sur les trottoirs des villes les plus importantes. En fouinant dans la pénombre (manque d'éclairage public oblige) on y trouve des marchandises venues des voisins chinois ou thaïlandais, entrées en Birmanie en fraude. En fait de marché noir, c'est toute l'économie birmane qui est doublée par une économie parallèle, la contrebande étant la seule voie de recours de la population pour éviter l'asphyxie à laquelle la condamnent les prix et les rationnements imposés par le gouvernement. En effet, deux tarifs et deux voies d'approvisionnement s'appliquent selon que l'on fait partie de l'administration ou non. Le carburant est l'illustration parfaite de la pratique généralisée de la contrebande : excepté les bus des compagnies nationales, tous les véhicules s'approvisionnent au noir, allant parfois faire le plein dans un jardin où sont dissimulés tant bien que mal des réservoirs d'essence. Les Birmans ne sont pas roublards mais débrouillards quand il s'agit de survivre.

Méditation

La méditation est dans le coeur des Birmans et à une grande place dans le bouddhisme Theravada. Dans les grands moments de leurs vies (un mariage, la mort d'un parent, le festival de l'eau...), les Birmans vont s'adonner à la méditation. C'est la méditation Vipassana qui fait le plus d'adeptes, forme la plus ancienne prêchant la vérité intérieure, le calme, la progression morale et spirituelle. Elle s'oppose à la méditation Samatha, qui elle fait la quête des pouvoirs du mental. La plupart des Birmans se rendent dans leurs monastères pour y pratiquer la méditation mais il existe également des centres ouverts aux étrangers.

Monastère

La religion étant omniprésente dans la culture, le quotidien et la mentalité birmane, les monastères sont parmi les lieux les plus fréquentés. C'est là qu'on vient y chercher conseil, c'est là aussi que tout Birman bouddhiste vient y faire la fierté de sa famille durant la cérémonie de noviciation. Le monastère est aussi un lieu de recueil où hommes et femmes aiment passer plusieurs jours voire semaines, notamment durant le festival de l'eau, pour s'adonner au grand sport national : la méditation.

Mythologie

Avec l'adoption du bouddhisme, le folklore birman s'est enrichi de nouvelles figures mythiques, devenues des personnages de fables animalières.

La licorne Toe Naya, que l'on nomme naya-volant quand elle vole, est un sujet de prédilection pour les déguisements lors des fêtes folkloriques.

Yésin, l'éléphant, est aussi petit qu'une souris, mais est craint de tous ses pairs pour sa voracité : il raffole de la cervelle d'éléphant. Bien qu'absent de la littérature, des contes ou des fêtes folkloriques, les Birmans y croient dur comme fer.

Le Keinara est un beau spécimen, mi-oiseau, mi-homme ou mi-femme, inspiré de la mythologie hindoue et que l'on appelle Kinnari en Thaïlande.

Le Galon est le Garuda hindou. Il a l'aspect d'un aigle, et on le trouve aussi en Indonésie et en Thaïlande.

Le Naga est le serpent dragon bouddhiste. Les Birmans ont pris l'habitude de lui attribuer l'origine des catastrophes naturelles. C'est un des motifs favoris des artistes, où il est souvent représenté protégeant Bouddha, quand celui-ci connaît l'Illumination.

Nats

Malgré le bouddhisme largement établi, les Birmans continuent de croire aux Nats, des esprits anciens de grands rois, de héros légendaires et de divinités de la nature. Il en existait des centaines jadis qui se cachaient dans les pierres, les forêts, les ruisseaux, ils sont aujourd'hui au nombre officiel de 37. Certains sont bons et d'autres sont malveillants. Le culte des Nats se mêle étroitement au bouddhisme et souvent les temples et pagodes accueillent les cérémonies de Nats. Le mont Popa, non loin du lac Inle, est le meilleur endroit pour observer le culte de ces divinités parallèles.

Ngapi

Vous ne passerez pas à côté ! Il est dans tous les restaurants et il se sent à plusieurs mètres. Le Ngapi est cette pâte aux crevettes sèches qui se cuisine à plusieurs sauces mais diffuse toujours cette odeur persistante et tenace qui ne fait pas toujours l'humanité auprès des touristes. Sachez-le cependant un bon Ngapi peut ravir les palais les plus sceptiques.

Nonchalance

Les Birmans ont la réputation de prendre leur temps et de vivre selon leur temps. Jeu des planètes et jour de naissance interfèrent, les Birmans ont leurs jours avec... et leurs jours sans. La fréquence des " jours sans " exaspérera l'Occidental pressé. En effet, les " jours sans ", ou Pyatthada-ne, sont déterminés par les planètes et il est impératif de suivre scrupuleusement les recommandations célestes : les mauvais jours toute nouvelle entreprise sera vouée à l'échec. Le vendredi et le jeudi sont de bons jours pour l'initiative. En revanche, ne rien décider le mardi ou le samedi car cela accélérerait votre trépas. Samedi est LE mauvais jour, pour tout. La nature des autres jours de la semaine varie en fonction du mois de l'année et du jour de naissance. Raison supplémentaire pour consulter un astrologue...

Pagode

On dit de la Birmanie qu'elle est le pays des 1 000 pagodes d'or. Rien qu'à Bagan on compte plus de 4 000 pagodes. " Pagode " est le terme générique pour désigner stūpa, zedi et temples. Paya signifie " le saint ". Des centaines de nouvelles pagodes sont construites chaque année, petites et grandes, par des familles aisées et riches pour s'accorder du mérite. Les militaires eux-mêmes ont initié la construction de beaucoup des plus belles pagodes en or, sans aucun doute ont-ils beaucoup à racheter de leurs crimes avec l'argent du peuple.

Patience

L'une des grandes vertus des Birmans. C'est en empruntant les transports en commun que cette qualité est frappante. Lorsque les trains ou bus sont bondés, que les températures frôlent les 50 °C et que le trajet dure 24 heures, le sourire reste sur tous les visages. Imaginez-vous, pauvres Européens entassés de la sorte le sourire aux lèvres ! Pas un enfant ne pleure, des discussions s'entament dans tous les coins, et l'ambiance est des plus détendues. Il faut avouer que dans ce pays, rien n'est fixe, il faut donc s'habituer aux retards, changements d'horaires... Les touristes ont des leçons à prendre, même si l'ouverture du pays se traduit par une rapide adaptation à l'exigence des visiteurs !

Pavot

Joyau du triangle d'Or, nerf des guérillas incessantes. Le trafic du pavot échappe à tout contrôle. La Birmanie est le principal producteur de cette plante utilisée pour la fabrication de l'héroïne. Plus de 3 000 tonnes d'opium sont produites ainsi chaque année. Jadis les guérisseurs utilisaient cette plante comme calmant et anesthésique malgré les châtiments cruels imposés par les rois birmans qui en interdisaient la consommation.

Propagande

Le gouvernement s'est appuyé sur la propagande pour leurrer le pays et ses habitants, affirmant notamment que le souci principal du pays était de protéger le pays contre l'extérieur. Quatre principes que le gouvernement ont affiché à tous coins du pays, en anglais s'il vous plaît, et qu'on retrouve encore souvent. Touristes, nous voilà prévenus !

Oppose those relying on external elements, acting as stooges, holding negative views (opposez-vous à ceux qui dépendent de forces extérieures, se comportent comme des laquais et tiennent des propos négatifs).

Oppose those trying to jeopardise stability of the State and progress of the nation (opposez-vous à ceux qui essaient de compromettre la stabilité du pays et le progrès de la nation).

Oppose foreign nations interfering in internal affairs of the State (opposez-vous aux nations étrangères qui interfèrent dans les affaires internes de l'Etat).

Crush all internal and external destructive elements as the common enemy (déjouez tous les éléments extérieurs et intérieurs destructeurs comme un ennemi commun).

Depuis 2011, l'ouverture du pays s'est traduite par l'apparition d'un nouveau slogan, plus sympathique : Welcome the foreigners. Au Myanmar, la propagande aussi s'adapte !

Prostitution

La prostitution en Birmanie est un thème tabou, impopulaire et mal connu. On estime à 10 000 le nombre de prostitués en Birmanie, mais ce chiffre pourrait être bien en deçà de la réalité selon certains. Toutes les classes socio-économiques trouvent une offre adaptée et de véritables réseaux sont camouflés dans des salons de beauté ouverts tard la nuit, des défilés de mode nocturnes. Ces lieux sont fréquentés par des connaisseurs. De nombreuses femmes, filles et fillettes sont aussi souvent vendues comme esclaves sexuelles par leurs parents ou par des amis qui promettent à la famille un bon travail à l'étranger ou à Yangon. Dans le nord du pays, sur la route qui mène à la Chine, les maisons de thé en bord de route servent de maisons de passe à l'arrière du magasin pour les routiers chinois de passage. Si on n'y prête pas attention, alors le pays paraîtrait vierge de maisons closes. Il est une réalité cachée malheureusement bien noire. Fuyant leur pays à l'étranger pour tenter de renvoyer de l'argent à leur famille, de nombreuses filles se trouvent piégées dans des réseaux de prostitution beaucoup plus cruels, en Thaïlande, en Malaisie, en Inde ou au Bangladesh. Sans papiers pour la plupart, elles sont confrontées aux pires violences et fragiles face aux maladies. Entre 20 000 et 30 000 femmes et filles birmanes alimenteraient le marché de la prostitution en Thaïlande, ce qui représente une moyenne de 1 000 femmes nouvelles chaque année. Ces femmes et filles originaires de Birmanie ont en général six à huit clients par jour, 25 jours par mois, et rapportent entre 400 et 2 200 US$ par mois aux propriétaires de maisons closes, qui ne donnent à leurs " protégées " que moins d'un dollar par jour, soit 25 US$ par mois avec la liberté en moins.

Shin Pyu

Devenir un homme est l'événement le plus important dans la vie d'un jeune Birman. La cérémonie d'ordination ou le Shin Pyu est l'étape fondamentale qui marque la vie des jeunes hommes. Toute la famille et les amis sont invités à se rendre à la cérémonie. De nombreuses offrandes sont faites au temple. Un grand buffet est organisé pour un événement qui fait la fierté de la famille. Tous les petits Birmans attendent avec impatience cet événement.

Superstitions

Le peuple birman est très superstitieux, voici donc quelques exemples :

N'allez pas sous un escalier. Vous perdrez votre pouvoir de décision.

N'allez pas sous le poteau ou le fil où les femmes ont l'habitude de suspendre et faire sécher leurs longyis. Vous perdrez votre pouvoir de décision.

Ne quittez pas vos chaussures ou chaussons sens dessus dessous. Cela porte malheur.

N'enfilez pas le longyi par la tête, car celle-ci est sacrée, et le longyi ne peut s'enfiler que par les pieds.

Ne gardez pas un miroir ou une vitre cassés chez vous. Remplacez-les immédiatement.

Ne lavez pas vos cheveux pendant une semaine après des funérailles dans votre entourage.

Ne tapez pas la marmite avec la louche après avoir remué le curry. C'est comme frapper la tête de vos parents.

Ne tapez pas deux couvercles de marmite et de casserole l'un contre l'autre. Un tigre va vous mordre.

Ne nourrissez pas quelqu'un avec la paume vers le haut. La nourriture le rendra malade.

N'emmenez pas les enfants dans des lieux sombres. Les fantômes risquent de les posséder.

Gardez des cheveux de la queue d'un éléphant pour éviter le malheur.

Etc., etc., etc.

Tanaka

Tous les matins, les femmes se poudrent de Tanaka, leur secret de beauté. Il s'agit du principal produit cosmétique de Birmanie. La tradition a ses origines il y a plus de 2 000 ans comme le témoigneraient poèmes et versets de cette époque. On trouve dans le musée de la ville de Bago, la pierre qu'utilisait la princesse Datulakayar, fille du roi Bayintnaug (XVe siècle), comme un témoignage de la très ancienne tradition de porter du Tanaka en Birmanie. Cette pâte de couleur jaune est obtenue grâce au bois de santal qui, une fois écrasé, est mélangé à de l'eau. Les femmes se maquillent le visage et les bras avec cette mixture qui permet de lutter contre les effets du temps et du soleil. Une véritable aubaine sous le soleil torride des tropiques ! Ses propriétés sont connues depuis bien longtemps puisque les Romains, les Grecs et les Phéniciens rapportaient par bateau de nombreuses marchandises orientales, dont du bois de Tanaka. A cette époque, il était très précieux et utilisé seulement par les femmes bourgeoises et les beautés aristocratiques comme Cléopâtre par exemple. Le bois de Tanaka est un présent idéal pour honorer ou remercier quelqu'un. De nos jours, il est beaucoup moins utilisé en ville qu'à la campagne. Les maquillages modernes ont pris le dessus, sauf en milieu rural où il reste plus abordable et moins cher.

Teck

Dernier grosse productrice de teck, la Birmanie voit ses réserves forestières en constante régression. Pendant de longues décennies, le teck constituait le principal matériau de construction. Aujourd'hui, l'industrie appartient au gouvernement. Les réserves des pays alentour (Thaïlande, Cambodge, Laos, Chine) étant critiques, les entreprises chinoises en particulier se sont liées avec le régime pour l'exploitation. La production de teck constitue la seconde source officielle de revenu du régime dictatorial. On réfléchit alors à deux fois avant d'investir dans de superbes meubles qui n'ont pas qu'un prix monétaire mais aussi humain.

Toddy

Le " Toddy tree ", sorte de palmier propre à la Birmanie, illustre parfaitement l'ingéniosité développée par les Birmans pour tirer profit de ce que leur donne la nature, sans pour autant trop se fatiguer. Le Toddy pousse rapidement et en abondance au centre et au nord de la Birmanie. Difficile à distinguer du cocotier, le palmier Toddy est cependant plus résistant et ses palmes sont plus larges. Dans les campagnes, il est utilisé, quasiment sans transformation, pour l'habitat et la vannerie. On en tire même du sucre et de la bière ! Les palmes sont tressées à la main par les femmes, puis séchées et disposées comme des tuiles pour faire office de toiture. Leur résistance aux vents et pluies de mousson est bien connue. Les branches de Toddy sont également tressées en transats. Le Toddy est aussi la betterave birmane. On récolte le jus du palmier dans des pots à résine disposés au sommet de l'arbre, pour en faire du sucre, le jaggery. Le jus ainsi extrait est mis à bouillir dans de grandes marmites. Transvasé successivement de l'une à l'autre, il prendra la consistance d'une mélasse, puis se solidifiera en boulettes de sucre brun. Le raffinement n'y est pas, mais le goût est exquis. Dans les familles les plus pauvres, ces gros bonbons accompagneront le thé qui vous sera offert. Pendant la saison chaude, à la campagne comme à la ville, on vend le jaggery dans la rue, sous forme de boisson rafraîchissante. Le jaggery est d'abord fondu en caramel léger, puis refroidi, et enrichi de gros vermicelles en pâte de riz. Quant à la bière traditionnelle birmane, celle que l'on boit encore dans les campagnes, elle est aussi un don du Toddy. Fraîchement extrait des fruits ou des tiges laiteuses, le jus du Toddy est considéré comme une boisson non alcoolisée jusqu'à midi et peut alors être bu par tout le monde, y compris femmes et enfants. Quand le soleil tape trop fort pour travailler et que la fermentation (loin d'être maîtrisée) s'enclenche, alors le jus devient bière, puis vin, boisson réservée aux hommes... On attribue à la bière de Toddy des vertus pour soigner le diabète ou les troubles urinaires. Mais l'effet premier de la boisson sur les Birmans est la gaieté. Si vous êtes invité à trinquer, sachez que, si la bière locale monte très vite à la tête des Birmans, elle frappe aussi très vite sur les intestins non initiés.

Tongs

L'unique chaussure de Birmanie. Qu'il pleuve ou non, les tongs sont de sortie. Pratique à enlever pour se rendre au temple, cette chaussure fait l'unanimité même pour ceux qui travaillent sur les chantiers routiers. Au marché, des centaines de modèles sont exposés : de la simple en plastique pour les travaux de tous les jours à la paire en velours, décorée de petites perles qui pendent tout autour pour les soirées. Libre à chacun de trouver un modèle à son pied mais les grandes pointures préféreront prévoir leur propre tong !

Triangle d'or

Si le Triangle d'Or n'a rien de triangulaire, il vaut bien en revanche son pesant d'or. Ce terme décrit une région montagneuse, située entre la Chine, la Thaïlande, le Laos, le Vietnam et la Birmanie, où les producteurs d'opium ont élu résidence, pour cultiver le pavot à l'abri du regard du commun des mortels. On ne saurait s'aventurer dans ces régions dangereuses. Ce sont essentiellement des minorités ethniques qui peuplent ces hautes montagnes et favorisent la libre circulation de l'opium de part et d'autre des frontières établies par des Etats dont elles n'ont que faire. Derrière le commerce de l'opium se cachent des acteurs de tous bords. Chacun, à sa façon, entretient le trafic à l'échelle planétaire : les Occidentaux, à l'origine de l'essor du commerce d'opium à l'époque coloniale, et premiers consommateurs du produit fini ; les agriculteurs, pour qui cette culture est une manne financière difficilement remplaçable ; les trafiquants, qui s'en mettent plein les poches ; les seigneurs de la guerre, qui financent ainsi leurs armées de rebelles ; et même l'Etat birman, qui puise généreusement, dit-on, dans les ressources de l'or blanc pour soutenir la dictature en place. Si la Thaïlande lutte hypocritement contre le trafic d'opium, la Birmanie ne semble pas encore prête à se retirer de ce commerce lucratif. Le tristement célèbre seigneur de la drogue, Khun Sa, après s'être fait chasser de Thaïlande et pris sa retraite en Birmanie, est mort le 26 octobre 2007. Mais le commerce continue.

Faire – Ne pas faire

Faire

Rendre le sourire et le salut qu'on ne manquera pas de vous offrir. Comme les Birmans sont très souriants, vous serez vite habitué.

Accepter une invitation à boire un thé. Un moment unique, et puis une petite halte ne se refuse pas.

Faire une donation, même modeste, dans un temple dont l'entrée est gratuite.

Faire vos achats chez de petits commerçants plutôt que dans de grands centres risquant d'appartenir à l'armée.

Ne pas faire

Parler politique sans y avoir été invité. Les temps changent en Birmanie, mais les réflexes hérités d'un demi-siècle de régime autoritaire ne s'effacent pas en claquant des doigts.

Toucher la tête des enfants, c'est une insulte selon la tradition bouddhiste.

Perdre patience, cela serait très mal vécu par votre interlocuteur. De même, évitez de demander au chauffeur d'un bus combien de temps il reste avant l'arrivée. Il sera incapable de vous répondre, tout dépend du Bouddha, et des éléments...

Garder vos chaussures en visitant un temple. Vous serez très vite repéré...

Acheter une pierre précieuse : conseils pratiques

Pour tester l'authenticité de la pierre, vérifiez l'éclairage sous lequel elle est exposée. Les lumières fluorescentes ont tendance à accentuer le bleu et le violet, les lumières incandescentes à intensifier le rouge, l'orange et le jaune. Souvenez-vous aussi que la lumière du jour donne des reflets différents à la pierre : une pierre achetée par grand beau temps, sous le soleil des tropiques, risque d'avoir bien moins fière allure sous un crachin breton... Certaines pierres subissent un traitement particulier, visant à accentuer leur clarté et en réduire les impuretés. Un tel traitement fait perdre de la valeur à la pierre. Pour vous aider à ne pas vous faire arnaquer, voici quatre clés (les quatre C) à garder en mémoire lors de l'achat de pierres précieuses :

Couleur. Une pierre ne doit pas être pâle, mais avoir une couleur intense, sans pourtant présenter des teintes sombres.

Clarté. La clarté d'une pierre est une qualité intrinsèque. Une pierre claire est en effet dépourvue d'impuretés. Ceci ne s'applique pas au saphir, cependant. Quelques impuretés lui confèrent un certain charme.

Coupe. Les pierres précieuses peuvent être taillées selon six coupes distinctes : ovale, poire, rond, coeur, marquise et émeraude. La coupe joue avec les reflets de la lumière. Un diamant, par exemple, en est l'expression ultime : c'est la coupe qui le fait ou non briller de mille feux.

Carat. Le carat représente 200 mg. Il intervient dans la valeur financière de la pierre.

Ces diverses précautions permettent d'éviter les pièges les plus classiques. Cependant, une autre difficulté existe : les montures ne sont pas toujours adaptées à nos goûts européens. Peut-être vaut-il mieux faire monter les pierres au retour. Vos bonnes affaires risquent alors d'être démesurément majorées. A vous de voir...

Méditer en Birmanie

Si vous souhaitez faire un séjour en centre de méditation, voici quelques points importants.

Bien que découlant du bouddhisme, l'enseignement de la méditation n'impose pas d'être bouddhiste.

Engagez-vous sur 4 ou 5 jours voire 10 jours, la durée minimum recommandée.

Il faudra s'abstenir pendant la durée de l'enseignement de tous les petits plaisirs (cigarettes, alcool, sexe, pas de repas après midi, diète végétarienne).

Le silence est une règle d'or et les discussions sont presque inexistantes entre les séances de méditation.

Un don aux monastères sera très apprécié à la fin de votre séjour. A vous de voir le montant qui devrait couvrir au minimum nourriture et logement.

Tanaka pour la beauté et le bien-être birman

Les arbres Tanaka poussaient originellement en Thaïlande à Chiangmai, au Myanmar, dans les chaînes de montagnes himalayennes, à Punjab, Assam, dans les Etats Bihar d'Inde. Au Myanmar, les Tanaka les plus populaires viennent du district de Schwebo mais aussi le Tanaka Shinataung de Pakokku et celui de l'Etat Shan. Il y a une très vieille et célèbre chanson qui loue les mérites du Tanaka de Shwebo. On raconte que le Tanaka de Katoot (Kabwet) dans la contrée de Khin Oo, aux alentours de Shwebo était regardé comme le Tanaka royal durant le règne du roi Alaungpaya au XVIIIe siècle. Une autre légende raconte... Alors que le roi Alungsithu de Bagan faisait sa tournée dans la région de Shinmataung, le conteneur de Tanaka précieux de la reine se renversa, les morceaux de Tanaka embaumèrent tous les arbres Tanaka de la région de Shinmataung. C'est pourquoi il est devenu réputé comme le Tanaka le plus parfumé de tous.

Les arbres Tanaka poussent facilement dans des endroits où la pluie tombe de 50 à 100 cm. Les autres variétés qui poussent sur des sols rocailleux et secs, sableux, produisent des écorces dures et minces. Les petites bûches sont alors durables et si parfumées qu'elles atteignent de bons prix sur le marché. Un arbre Tanaka prend 3 à 10 ans pour atteindre une taille minimale. Habituellement les produits de qualité viennent d'arbres âgés d'environ 35 ans.

On obtient le Tanaka en frottant l'écorce de la bûche sur une pierre plate et douce en y ajoutant quelques gouttes d'eau. La pâte pâle et jaunâtre peut être appliquée non seulement sur le visage mais aussi sur le corps, les bras et les jambes.

Le Tanaka est idéal pour faire face au climat birman : il permet de réduire les pores, de contrôler l'huile et de prévenir la formation des rides causée par le soleil. C'est la raison pour laquelle les femmes paysannes en appliquent de généreuses couches sur leur visage avant de se rendre aux champs.

On trouve aujourd'hui des formes de Tanaka toutes prêtes, prêtes à l'emploi, vendues dans les petites échoppes de produits de beauté.

Au Myanmar, le Tanaka est un produit de beauté autant qu'un médicament. De nombreux médecins affirment que le Tanaka enlève le mauvais sang et le vent du corps humain. Il joue un rôle important notamment dans la médecine indigène du Myanmar : ses feuilles, ses fruits et ses racines possèdent un grand nombre de propriétés médicales. Selon les traités et les dictionnaires du Myanmar, le Tanaka guérirait la varicelle, l'empoisonnement, l'épilepsie et les fièvres saisonnières.

On utilise les feuilles de Tanaka également pour guérir de la malaria et de l'épilepsie. Un lépreux peut nettoyer son corps en se baignant dans un bain de feuilles de Tanaka. Les fruits du Tanaka ont un goût amer. Ils peuvent être mangés pour guérir de maladies sérieuses. Ils diminuent l'acidité dans l'intestin humain. Il devient un antidote contre le poison et un tonique. Les racines sont bonnes pour les maladies du coeur et les maux d'estomac.

Jadis, le Tanaka grandissait naturellement. Aujourd'hui, les plantations ont atteint des niveaux de productions commerciales.

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