Guide du Ghana : Arts et culture

Architecture

L'architecture témoigne du patrimoine culturel ghanéen. Elle est particulièrement originale chez les Fanti, à travers les posuban. Il s'agit de temples érigés par les compagnies guerrières fanti en l'honneur des dieux qui pouvaient leur apporter la victoire. La statuaire qui entoure ces temples de haut en bas (vérandas, balcons, rez-de-chaussée, étage) est particulièrement originale. L'inspiration des décors et des motifs provient des traditions africaines, de la Bible, de l'histoire contemporaine et occidentale. Ce mélange des genres donne un résultat tout à fait baroque. La richesse des couleurs et de l'inspiration fait un peu penser aux temples tamouls de l'île de la Réunion.

Les nombreux châteaux et forts qui jalonnent la côte sont également des témoignages de la richesse de l'architecture au Ghana. Bien qu'elle soit d'origine européenne, cette architecture fait partie de l'histoire du pays. Il reste quelques témoignages de l'architecture ashanti à travers quelques maisons de fétiches. Dans le Nord, les kraals sont constitués d'un ensemble de cases habitées par une famille élargie.

Artisanat
Marché aux poteries, Accra.
Marché aux poteries, Accra.

Le Ghana est riche en produits artisanaux, qui sont souvent destinés au marché intérieur. A Accra, on trouve beaucoup de tissus imprimés. La région Ashanti est connue pour ses tissus kente et adinkra. On peut les acheter dans les villages autour de Kumasi ou au centre culturel national. La région de Kumasi est aussi un centre artisanal bien connu pour ses sculptures, spécialement celles qui sont fabriquées à Ahwiaa. Les spécialités du nord sont les articles en cuir, les tissus et la vannerie que l'on trouve au marché de Bolgatanga. Mais le meilleur endroit pour les acheter est le marché artisanal d'Accra, où sont présentés des articles venant de tout le pays - et même de l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest.

Ici chaque objet a une signification sociale précise. Bien que le Ghana possède de bons artistes qui excellent dans l'art contemporain, la plupart des visiteurs recherchent les masques et les sculptures indissociables de l'image internationale de l'art africain.

Adinkra. Ce vêtement est associé aux funérailles contrairement au kente réservé aux fêtes. Il se compose d'un tissu en coton uni, blanc ou de couleur vive, et recouvert de motifs symboliques extrêmement variés, noirs ou bruns foncés. Les symboles peuvent être repris sur des murs, des chandeliers ou sur des tro-tro (véhicules servant aux transports publics). Ils ont tous un nom et une signification et sont d'une grande richesse esthétique.

Antiquités. Elles sont soumises à une taxe à l'exportation élevée. Si vous achetez quelque chose qui semble ancien, demandez un reçu au vendeur et un certificat auprès du National Museum attestant que l'objet n'est pas une antiquité. C'est une simple formalité.

Bijoux et or. Le Ghana, ancienne Côte-de-l'Or, a une longue tradition de fabrication de bijoux en or. Cependant, les bijoux en argent sont également très répandus. La plupart des bijoux en or sont de 18 carats, mais ceux de 14 et de 22 carats sont également disponibles. Les bijoux en or ghanéens, associés à des symboles culturels propres, donnent une tonalité originale à ces objets. Les bijoutiers ghanéens tentent d'associer des motifs prisés en Europe à des motifs traditionnels. Le mélange de modèles contemporains avec des motifs traditionnels adinkra donne un résultat original. Ils peuvent se trouver dans la plupart des bijouteries, mais il est aussi possible de se les faire faire sur mesure auprès d'un artisan. Les bijoutiers savent également créer des objets à partir de photos ou de magazines.

Cuivre. L'artisanat ghanéen est également riche en objets faits à partir du cuivre. Ces objets (comme les poids à peser l'or chez les Akan dans les siècles passés) sont faits selon la technique de la cire perdue. Cet artisanat a commencé avec la pesée de l'or chez les Ashanti. Souvent, leurs dessins représentent un proverbe ou un symbole adinkra. Plus tard, le cuivre, plus répandu, a remplacé l'or, avant de devenir un objet décoratif.

Kente. Ce tissu au dessin particulier est indissociable du Ghana. C'est un vêtement très coloré aux motifs géométriques. Son tissage ne peut être pratiqué qu'après de nombreuses années d'expérience et de travail. La réalisation d'une pièce est également longue ce qui explique son prix élevé. Il constitue un magnifique souvenir à rapporter d'un voyage au Ghana. La grande pièce se porte traditionnellement comme une toge, les couleurs et les formes de chaque pièce ont leur propre signification.

Les personnalités étrangères se voient traditionnellement offrir un kente avant de quitter le pays. Les Ghanéens sont également fiers qu'une large pièce de ce tissu figure dans le hall d'entrée des Nations unies à New York. Les principaux bâtiments publics exposent également des modèles de ce tissu. Cette pièce de coton est considérée comme un des joyaux du patrimoine artistique ghanéen. Chaque kente a une signification bien précise, mais ses couleurs chatoyantes expriment traditionnellement la gaieté.

Perles. Elles jouent un rôle important dans la vie africaine. Elles sont portées dans des occasions bien précises et indiquent un statut social, se transmettent de génération en génération, précisent les différentes étapes de la vie, comme la maternité ou la vieillesse. Elles servent à marquer le rang de la personne : chef, sorcier ou autres personnalités de la communauté. Les perles ont été échangées contre des esclaves, de l'ivoire, de l'huile de palme ou de l'or au cours des siècles passés et elles prirent une valeur de plus en plus grande. On attribue à certaines perles des pouvoirs extraordinaires. Au Ghana, les perles sont faites à partir de verre recyclé, ou de cuivre, de bauxite, de coquillages et de graines. On y trouve également des perles en provenance d'autres pays d'Afrique, et même d'Europe.

Poterie et céramique. La poterie traditionnelle se pratique dans toutes les régions du pays. Les poteries ont toujours servi au transport de l'eau, à la conservation de la nourriture et pour la cuisson.

La poterie est un art qui est pratiqué généralement par les femmes au Ghana depuis 3 000 ans comme en attestent les fouilles archéologiques. Les objets étaient fabriqués principalement en argile. On a ainsi retrouvé des coupes, des lampes à huile, des vases et des récipients divers dont le musée d'Accra présente d'intéressants spécimens. Souvent les pièces sont décorées avec des motifs et des symboles qui ont une signification précise pour la communauté, et, bien que les styles varient selon les régions, ces différentes pièces partagent la même simplicité des formes et le même système de fabrication. A la différence de ce qui se fait dans les autres régions, les femmes de Kpandu, dans la région de la Volta, ont une façon unique en Afrique de l'Ouest de représenter les animaux.
Le pays Akan est connu pour ses céramiques : coupes, carafes à col fin, pots destinés aux rites funéraires... Parmi les artistes reconnus, citons Kwame Amoah qui a enseigné à l'UST de Kumasi avant de se perfectionner pendant deux ans en Allemagne puis de retrouver son poste à la tête du département des arts industriels de l'UST. En plus de nombreuses expositions, il a participé à des conférences sur la poterie traditionnelle africaine aux Etats-Unis et au Japon.
Autre céramiste de renom, Kofi Asante, qui s'est formé à la North Staffordshire Polytechnic en Grande-Bretagne puis en résidence d'artiste à la Wesleyan University of Middletown (Connecticut, Etats-Unis).

Sculpture sur bois. Les statuettes sont nombreuses et les plus connues sont les poupées dont la fonction principale était de rendre fécondes leurs propriétaires. Le sculpteur représente toujours la femme avec un certain embonpoint et un visage ovale et l'homme avec une tête rectangulaire. Les scarifications précisent l'origine ethnique des personnages. Des ouvertures pratiquées dans le nez, la bouche ou les oreilles des personnages féminins traduisent leur place inférieure dans la société : elles ne doivent pas entendre ce que disent les hommes, ni leur répondre. Les durbars sont des cérémonies au cours desquelles les paramount chiefs reçoivent l'hommage de leur peuple. Ils sont alors portés sur des palanquins en bois sculpté, avec un siège de vannerie ou un décor de plaques de cuivre ciselé.

Sculpture sur métal. Les plus connues et les plus présentées dans les musées sont les poids à peser l'or des Akan. Ils sont ornés de motifs géométriques qui se retrouvent aussi sur les balances, les cuillères et les boîtes utilisées pour la poudre d'or. Les kuduo sont des récipients en cuivre dans lesquels les Akan déposent les offrandes destinées aux divinités et aux ancêtres. Le forowa est un récipient akan à usage domestique ou religieux. Il se distingue du précédent par l'absence de figurines comme le porc-épic, symbole ashanti. Les insignes royales akan se composent du bâton de chef, de pendentifs, d'attaches permettant de retenir les sandales sur le coup de pied, de rectangles reliés les uns aux autres pour former une couronne, des poignées d'épées royales. Les insignes sont en or ciselé ou en bois sculpté recouvert d'or et décoré de motifs gravés ou en relief.

Dans le Nord du pays sont exposés, dans les musées et en vente sur les marchés, les poignards et les dagues aux lames ciselées, aux poignées et fourreaux en métal ou en bois. Quelquefois, le fourreau est en cuir, matière qui est plus utilisée dans cette région.
Parmi les sculpteurs reconnus, que ce soit sur bois ou sur métal, il faut souligner Claude Felder dit Ebow qui s'est formé à l'école d'architecture de Lausanne Athenaeum. Né de père suisse et de mère ghanéenne, il a développé une intéressante culture métisse qui plonge ses racines à la fois dans l'art occidental et dans la culture africaine dont témoigne sa sculpture Ashanti Doll. Il a poursuivi sa formation à l'école d'art de Bigerville en Côte-d'Ivoire. Notons également le travail de Saka-Acquaye et celui de son élève Kofi Setordji, dont on peut admirer deux bas-reliefs de dimension imposante à l'aéroport international Kotoka d'Accra et au mausolée de Kwame Nkrumah. Saka-Acquaye a notamment exposé aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Belgique.

Les tabourets en bois sculpté occupent une place prépondérante au Ghana. C'est le symbole même du pouvoir du chef. Il est offert en certaines occasions. C'est entre la base et le siège du tabouret que l'artiste peut exprimer son talent. Un grand nombre de symboles est sculpté dans cette partie, chacun ayant sa propre signification. Ils occupent une place importante au centre et au sud du pays, en particulier chez l'ethnie des Akan. C'est un cadeau traditionnel au sein de la famille. Toujours en bois, il est recouvert d'argent pour la reine mère et d'or pour le roi. Une légende du pays ashanti raconte que ce tabouret est descendu du ciel sous le règne d'Osei Tutu, fondateur du royaume ashanti. Personne n'est autorisé à s'asseoir dessus. Preuve de son importance, les Anglais ont exigé de le récupérer après la défaite des Ashanti, mais ceux-ci en ont fabriqué un faux, et les Britanniques sont repartis avec une copie.

Les cercueils

En 1987, la deuxième semaine d'août, la communauté de pêcheurs de Botianaw construisit un cercueil en oignon géant pour Tse Obaneh, le membre le plus vieux du village propriétaire d'un champ d'oignons. L'idée vint de Kane Kwei, qui souhaitait " glorifier les morts en mettant en évidence comment ils ont fait fortune ". Depuis ce jour, c'est devenu une mode et à Techi où Kane Kwei a installé son workshop, il n'est pas rare de voir défiler, lors des processions funéraires, des Mercedes, des avions, des cannettes de bière, des pirogues et autres objets représentant le défunt. Un site à visiter lors d'un voyage au Ghana.

Que ramener de son voyage ?

Du tissus de Kente, le plus célèbre des productions artisanales du Ghana.

Des perles à collier, l'autre fierté de l'artisanat local.

Des objets de décoration aux motifs folkloriques africains et des sculptures sur bois.

Si vous l'appréciez, un tee-shirt de l'équipe de football du Ghana, qui fait la fierté de tout le continent...

Expressions modernes

L'université de Legon est un centre actif de recherches concernant la musique, la danse, le chant et les traditions orales. Le théâtre national, le Drama Studio, l'Arts Centre d'Accra ou le Centre culturel national de Kumasi permettent aux créateurs de s'exprimer. La radio et la télévision servent de relais à ces créations. Parmi les créateurs ghanéens les plus connus, il faut citer Koo Nimo qui raconte des histoires ayant pour thème la vie d'aujourd'hui, le professeur Manwere Opoku de l'école de danse, le professeur Kwabena Nketia, compositeur de musique qui a publié de nombreux ouvrages sur la musique traditionnelle et qui a enregistré des chants dans tout le pays.

Cinéma

Le Ghana, grâce à des réalisateurs comme King Ampaw (They Call it Love, 1972 ; Kukurantumi, 1983 et Juju, 1986), Ato Yarney, Joe Daniels, Kofi Yirenkyi, Kwah Ansah (dont le premier métrage, produit en 1979 à Accra, a été primé à Ouagadougou en 1989), peut entrer en compétition avec la plupart des pays africains et commence à se faire connaître dans les festivals internationaux. Ansah primé avec Heritage Africa, a sorti un second film, Harvest at Seventeen sur le problème de la grossesse et de l'avortement. Il a également réalisé Love Brewed in the African Pot, sorti en 1981. D'autres réalisateurs se sont également distingués par leur talent à la fin du siècle dernier : Sam Aryeetey (No tears for Ananse, 1968) et Nii Kwatey Owu (You Hide me, 1971 - Struggle for Zimbabwe, 1974 et Angela Davis, 1976). Plus récemment, les films de Tom Robeiro (A Debut for Dédé), Koffi Abbeyquaye (Escape to Love), Abdulai Awudu (Outsiders), Socrate Safo (Playboy), ont fait parler d'eux.

L'état actuel de l'industrie cinématographique au Ghana est problématique. Il ne reste plus qu'une dizaine de salles de cinéma ou de projection vidéo comme le Globe Cinema, Gama et le Sid Theatre. Les autres salles ont été transformées en salles de projection vidéo uniquement. Il y aurait ainsi près de 300 salles vidéo disséminées dans la seule ville d'Accra. Pour des raisons économiques, les réalisateurs préfèrent tourner en vidéo plutôt qu'en 35 mm. Pour plus de renseignements sur le cinéma africain, il faut se reporter à Ecrans d'Afrique, revue internationale de cinéma, de télévision et de vidéo ou visiter le site www.ecransnoirs.org

Ghallywood - Kumawood

Nous sommes tous familiers avec l'existence de Bollywood (cinéma indien) et nombre d'entre nous avons entendu parler de Nollywood (cinéma nigérian). De vraies machines à film dont le nom évoque le célèbre cinéma hollywoodien. Le Ghana n'est pas en reste et de plus en plus de films sortent chaque année en salle ou à la télévision. Il s'agit de Ghallywood (industrie du film du Ghana et sa capitale Accra) et Kumawood (industrie du film de Kumasi), deux univers que tout oppose. Dans le premier cas, il s'agit de films avec un budget relativement conséquent, interprétés par des acteurs de la capitale. Ils se caractérisent par des scénarios qui mettent en avant la vie de jeunes et beaux personnages menant grand train. Des citadins branchés, une jeunesse cosmopolite qui se retrouve dans les plus beaux restaurants de la ville. Du glamour, de la réussite. Kumawood au contraire, propose des films à petit budget joués sans scénario dans des lieux plus modestes. Cette absence de synopsis est souvent l'un des arguments majeurs évoqué par les détracteurs de ce courant. Ici, ce sont les gens ordinaires et leurs tracas quotidiens qui sont représentés, le plus souvent sous forme de comédies. Plus ancrés dans la tradition, les films de Kumawood sont en langue locale (twi) et sont directement vendu en DVD, alors que les films de Ghallywood, résolument tournés vers l'occident sont en anglais et bénéficient de sorties au cinéma avec avant-première.

Quelques acteurs célèbres au Ghana :

Ghallywood : John Dumelo, Madjid Michel, Jackie Appiah, Van Bicker, Adjetey Anang.

Kumawood : Nana Ama McBrown, Kwadwo Nkansah, Agya Koo, Mercy Asiedu.

Danse

Pour peu que l'on aime le hip-hop, le ragga, le highlife (musique pop africaine), le hiplife (qui fait l'apologie des footballeurs), l'azonto style, l'alkayida et d'autres musiques afro de la sous région, on trouvera son compte au Ghana. Surtout à Accra et sur la côte, les amateurs passent le vendredi, le samedi et le dimanche soir à danser dans des discothèques agitées et bruyantes, en ville ou sur les plages. Qu'on le veuille ou non, on en profitera de toute façon... Pris dans les sound systems qui crachent les décibels. Et pour peu que l'on aime l'animation des soirées dansantes, on trouvera le Ghana bien conforme au rythm and dance !

Littérature

Le Ghana a une longue tradition de littérature écrite remontant à l'éducation dispensée par les missionnaires au XVIIIe siècle. Mais ce n'est qu'après l'indépendance que quelques écrivains réussirent à percer. Une cinquantaine d'écrivains ghanéens s'illustrent dans la poésie, le roman ou le théâtre. Parmi eux, il faut citer Atukwei Okai, secrétaire général de Pawa House (l'Association des écrivains panafricains). Ce poète qui écrit dans plusieurs langues a également composé des nursery rhymes (berceuses) en anglais.

Ayi Kwei Armah. Il a signé en 1968 un roman intitulé The Beautiful Ones are not yet born, titre qui reprend une inscription peinte au dos d'un autobus et qui annonce, dans un style dépouillé, que la beauté n'est pas encore de ce monde, mais qu'elle est en marche.

En 1970, le même romancier s'illustre en publiant Fragments, dans un style proche de celui du nouvelliste nigérian Achebe, connu sur la scène internationale pour ses textes ciblant le colonialisme. Son travail évoque alors le retour au pays de deux enfants prodigues...

En 1973 avec Two Thousand Seasons, Ayi Kwei Armah offre au public un des rares romans historiques ouest-africains, vaste chronique s'étalant sur deux mille saisons d'esclavage qu'une prophétesse avait annoncées au peuple noir. La même violence que chez Ouologuem est employée, mais aussi le désir de réunir des peuples divisés. Cette idée de " synthèse salvatrice " se retrouve en 1979 dans un autre de ses romans historiques intitulé The Healers, dans lequel il propose la connaissance de soi et d'autrui comme solution pour accéder à la cohésion des peuples et à leur entente.

Kofi Awoonor. Ce poète est l'auteur de textes courts, incisifs, dénonçant les méfaits de la colonisation, comme ceux que publiés dans West African Verse. En 1971, il a signé un premier et célèbre roman This Earth, my Brother qui présente une version sophistiquée du désespoir africain. Il est décédé en 2013 à Nairobi, dans l'attaque menée par un commando islamiste dans le centre commercial de Westgate.

Amu Djoleto. Dans son roman Money Galore (1975), il dénonce les abus du système social. Son propos satirique reste plaisant et se borne à réduire à néant les prétentions des protagonistes sur le ton de la comédie. Son ton devient polémique en 1987 avec la sortie de Hurricane of Dust, l'histoire d'un révolutionnaire qui finira à la merci du régime.

Kojo Laing. Le poète s'est illustré en 1987 dans un recueil intitulé Search Sweet Country publié par Picador à Londres et qui évoque dans un vers exubérant la volonté de voir évoluer le pays.

Les autres grands romanciers ghanéens sont Maya Angelou, Ama Ata Aidoo, Joseph Casely-Hayford, Amma Darko et Efua Sutherland.

Parmi les documents publiés sur le Ghana à ce sujet, il faut relever African Traditional Theatre in Ghana écrit par Kwabena Bame à propos des " concert-parties ", Sharing the Same Bowl, étude sociologique des restaurants " par terre " d'Accra par Claire Robertson et The Shadows of Laugher, poèmes sur le thème de l'amour, recueillis par Kwesi Brew au nord du Ghana.

Médias locaux
Musique
Musicien ghanéen.
Musicien ghanéen.

Le Ghana est réputé pour son style musical, proche de la rumba, appelé highlife. La musique urbaine ghanéenne est toujours influencée par la musique traditionnelle. Pour connaître les différents spectacles qui ont lieu, le plus simple est de regarder les affiches en ville. Dans les années 1970, les orchestres de highlife ont décliné du fait de l'instabilité politique, mais les guitaristes ont continué à se produire un peu partout. Beaucoup de vedettes locales ont émigré vers l'Europe, mais la majorité est partie vers le Nigéria pour maintenir ce style musical en vie.

Parmi les plus connus, les Kwame Ampadu and The African Brothers restent l'un des meilleurs groupes du pays après trente années d'activité. Les autres grands noms de la musique ghanéenne sont Alex Konadu, K.-K. Kabobo, Kwadjo Antwi et Lumba Brothers.

La musique folklorique peut être écoutée pendant les festivals et les fêtes données par les chefs traditionnels. A noter la présence de trompes au pays ashanti en plus de l'ensemble des tambours.

Palm-wine music. Au pays ashanti, s'est développé un courant musical appelé " palm-wine music " en référence au joueur de guitare solo qui se produit dans les bars qui servent du vin de palme. Le principe veut qu'il continue de jouer tant que les clients continuent de lui offrir à boire. Ce genre a tendance à disparaître, car les guitaristes préfèrent intégrer un groupe.

Highlife ghanéen. Le highlife est un mélange de percussions et de mélodies. On peut le situer entre la sophistication des big bands de jazz américains, la romance paresseuse des musiques de la côte du golfe de Guinée, les cuivres hâbleurs à la mode caraïbe et les balancements rythmiques osibi. C'est le premier style moderne de musique africaine à s'être singularisé au plan international. Il est apparu dans les années 1920 avec le développement des ports, le long de la côte ouest-africaine. Le terme vient de l'habitude des Européens de s'habiller et de sortir danser le soir, qui impliquait la " tenue correcte obligée " à l'entrée des clubs britanniques. Seules les classes aisées pouvaient avoir accès à cette musique, d'où son nom. Elle exerça une suprématie sur les dancings africains du début des années 1950 jusqu'au milieu des années 1960, où elle fut supplantée par la rumba.

Il y a plusieurs styles dans le highlife, mais les deux principaux sont l'orchestre avec guitares et l'orchestre de danse. Le premier est une évolution de la palm-wine music vers le concert-party, c'est-à-dire avec en plus un côté théâtral basé sur le comique, la bouffonnerie et le pathétique. Le second met l'accent sur les cuivres et il est destiné à la danse.

La musique religieuse. Elle a une grande importance et, au cours d'un voyage, il est impossible de manquer les rassemblements communautaires pour chanter à l'occasion de la fin de l'année scolaire, à l'église le dimanche, ou au sein des nombreuses chorales qui sont au dire des spécialistes, d'un excellent niveau. Ces chants ont l'air monotone, mais cela tient au respect du protocole qui exige un déroulement immuable des rites, des chants et de la musique.

Les instruments. Ils varient selon les circonstances (guerre, hommage au roi, fête...) et sont regroupés en quatre catégories :

Les idiophones sont composés de matériaux vibrant sous la percussion, comme les xylophones, les gongs, les cloches, les crécelles, les sonnailles, les claquoirs ou encore le prempensua, sorte de piano à cinq touches en bois accordé pour produire des sons différents.
Les membraphones qui englobent toutes les variétés de tam-tams, fabriqués avec du bois ou des fruits comme les calebasses. Leurs extrémités sont recouvertes de peaux (éléphant, mouton, chèvre, singe) et ils sont frappés avec les doigts, des bâtons recourbés ou des baguettes. Le tam-tam accompagne souvent seul, les chants et danses, la marche, les représentations théâtrales ou certains travaux. Il sert aussi à donner l'alarme ou à envoyer un message. A cette fin, un langage complexe a été élaboré, nécessitant l'emploi de deux tam-tams de tonalité différente. En jouant sur cette tonalité, le rythme, l'ampleur des coups et les pauses, le messager parvient à constituer un véritable alphabet qui lui permet de tout raconter.
Les instruments à vent sont composés des cornes, des trompettes et des flûtes. Ils sont moins utilisés, bien que présents dans toutes les régions. On trouve essentiellement dans le Nord des flûtes en bois sculpté ou faites à partir de tiges de bambou ou de mil. Dans la même région, les trompettes en bois sculpté ne sont pas rares.
Les instruments à cordes tels que les luths, cithares, harpes et lyres sont également utilisés dans le Nord du pays.

Les grands noms de la musique ghanéenne

E.-T. Mensah. Il était le roi du highlife. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il entra en contact avec des styles anglais et américains comme le calypso, le swing et le cha-cha-cha. Il forma en 1948 le Tempos Band, le seul orchestre professionnel de danse à l'époque. Sa carrière internationale dura jusqu'à la fin des années 1970.

L'African Brothers International Band. Ce groupe a été formé en 1963 par Nana Kwame Ampadu. Il est toujours l'un des meilleurs orchestres du pays et a produit plus de cent disques depuis leur succès de 1967, Ebi Tie Ye. Durant les années 1970, ils ont expérimenté d'autres styles musicaux comme le reggae, la rumba et ce qu'ils ont appelé l'afro-hili, un tempo inspiré de James Brown tentant de concurrencer l'afrobeat de Fela Kuti. Que les amateurs se procurent le double CD constitué à partir du catalogue Original Music par le musicologue anglais John Storm Roberts (Night & Day, NDCD 025) et qui présente le meilleur de la musique de la Gold Coast des années 1960.

Daniel Amponsah. Ce guitariste tente de préserver la musique traditionnelle ghanéenne avec son orchestre Adadam Band ainsi que Koo Nimo. C'est l'un des maîtres de la palm-wine music.

Osibisa. Groupe formé à Londres en 1969 par le saxophoniste Teddy Ossei avec ses compatriotes le trompettiste Mac Tontoh et le percussionniste Sol Amarfio. Il connut son heure de gloire dans les années 1970 en entrant dans le top ten britannique. Dès 1970, Afro-rock est classé dans le hit-parade anglais. Trois autres titres grimperont parmi les dix premières places, comme Coffee Song et Sunshine Day. Le nom du groupe est tiré de " osibisaba ", rythme du pays fanti au sud-ouest du Ghana, qui exprime une explosion de joie, des rythmes qui se croisent. Sur une base puissante de basse, de batterie et de percussions, des guitares rock et des cuivres soul-jazz sont rajoutés. Les fondateurs du groupe avaient quitté le Ghana à la suite du coup d'Etat qui mit fin aux huit années de présidence de Nkrumah. Les tensions politiques qui s'ensuivirent sonnèrent le glas du florissant highlife, dont s'inspira le groupe. A écouter dans Black Magic Night (BBC Records, BBC CD 777) enregistré lors de leur concert londonien du 19 juillet 1977 au Royal Festival Hall.

Alex Konadu. Le roi de la " guitare band high-life ". Il disait s'être produit dans tout le Ghana. Il a sorti au Royaume-Uni un album intitulé One Man Thousand Live in London.

Joseph Kwabena Nketia. Compositeur dont la carrière commença en 1942 avec des chants pour choeur et des chants en solo avec accompagnement de piano qui furent diffusés par la radio. Il composa des études qui apparaissent comme un lien entre ses connaissances linguistiques et ses connaissances musicales. Il a écrit plusieurs articles et ouvrages sur les danses et les chants traditionnels de son pays, des instruments de musique, le langage tambourinaire et l'organisation de la musique. Il a terminé sa carrière comme directeur de l'Institut des études africaines.

Peinture et arts graphiques

La peinture est importante au Ghana. On la trouve sur les barques colorées qu'on voit dans les villages de pêcheurs, sur les tro-tro ou les mammys trucks (toujours très colorés, ornés de dessins et d'une devise le plus souvent d'origine religieuse), les enseignes des coiffeurs ou autres symboles accolés sur les habitations en terre dans le Nord du pays. Si les constructions ashanti ne sont que de couleur ocre, les villages du Nord se distinguent par des fresques à dessins géométriques, réalisées en utilisant le brun, jaune et marron noir qui recouvrent les murs intérieurs.

Des peintures contemporaines sont exposées dans les halls des grands hôtels, dans les habitations bourgeoises et de plus en plus dans les galeries qui s'ouvrent dans la région d'Accra. Quelques peintres ghanéens ont atteint une stature internationale.

Nous citerons Ablade Glover, le père de la peinture contemporaine ghanéenne, s'exprimant dans un style figuratif reconnaissable assez facilement, ou Wiz (il a exposé au Japon, en Suisse, au Canada, en Afrique du Sud et aux Etats-Unis). Une partie de ses peintures est également exposée au musée afro-américain de Dallas. Il est maintenant connu à l'étranger, mais continue à travailler au Ghana. Glen Turner est un autre peintre dont la notoriété a franchi les frontières. Parmi les valeurs sûres, se place également Larry Otoo qui a présenté de nombreuses expositions à l'étranger et dont les peintures ont été reprises par l'Unicef pour leurs cartes de Noël. Se détache aussi, Daniel Mensah, dit Tarrot, un jeune artiste bourré de talent et au sens de l'humour plutôt macabre. D'autres noms : Ben Offrei Nyarlco, Gibson Annov Antwi, Amon Kotei, Krotei Tetteh, Ben Agbee qui a notamment exposé aux Etats-Unis, Kofi Agorsor et Kofi Nduro. Victor Butler et Ato Delquis sont également appréciés par les collectionneurs. La peinture contemporaine a depuis quelques années toute sa place dans les galeries d'Accra et ses environs comme à l'étranger où des rétrospectives sont consacrées aux artistes ghanéens, comme ce fut le cas en Italie.

L'émergence d'une peinture contemporaine de qualité au Ghana, à la différence des pays voisins qui se signalent par leur absence de politique culturelle en ce domaine, tient pour beaucoup à l'existence de l'University of Science & Technology (UST) de Kumasi qui a formé bon nombre de peintres, sculpteurs ou potiers présentés dans cet ouvrage. Cette rubrique ne serait pas complète sans citer les fabricants de cercueils peints et les peintres d'enseignes dont les productions sont de plus en plus recherchées par les galeries européennes et américaines.

Enfin, à l'étranger réside Kwesi Owusu Ankomah qui vit depuis des années en Allemagne. Il a constamment besoin de se ressourcer et de visiter son pays natal au moins une fois par an. Il affirme que cela lui est nécessaire pour conserver ses racines africaines. Dans son art, il s'efforce de concilier les influences européennes et africaines.

Artistes-peintres

Par Jean-Alexandre Gauthier.

El Anatsui est un artiste qui a fait école. Ses assemblages abstraits, polychromes, sont tous de remarquables lectures de la matière, portés par la puissance des blessures du bois. Cette liberté qu'ont ses oeuvres à s'approprier les lieux qu'elles occupent en font aussi de véritables nomades que l'on peut démonter à souhait. Bardée de quelques liens, doublée d'un paradoxe, l'oeuvre refermée sur elle-même transporte celui qui cherche à l'interpréter...

Owusu Ankomah... Au Ghana, sa renommée n'est plus à faire. Cet artiste, expatrié en Allemagne, a fait déjà couler beaucoup d'encre. Magistral dans l'intensité du sujet, du trait qu'il cultive, il pourrait peut-être faire plaisir à ces admirateurs nationaux en exposant dans son pays d'origine où il est difficile de voir ses anciens travaux.

Ablade Glover. Encore le plus connu des peintres ghanéens. Il s'est efforcé durant toutes ses années de travail d'explorer la matière avec d'agréables rencontres. Ses ambiances colorées, simples jusqu'au sujet saisi, se font écho les unes aux autres. Les couleurs, magnifiquement appliquées au couteau dialoguent entre elles. Mais son art est violemment desservi par une quantité de toiles reproduites à l'identique. Heureusement que jaillissent encore de beaux morceaux de matière, inimitables eux.

George Hughes. Certaines toiles de ce peintre expatrié aux Etats-Unis et professeur sont encore visibles à l'Alliance Gallery. De nombreux témoignages de revues telles que African Art, New American Paintings, West Africa, la Revue Noire et bien d'autre, laissent entendre que ce peintre et poète, d'une rare énergie, sera sans nul doute l'un des plus importants représentants de l'art moderne africain. Encore assez confidentielle, la collection de ses toiles s'étend maintenant aux intellectuels ghanéens. Une réussite dans un pays où trop peu de peintres résistent aux clichés touristiques, et où les représentants d'une expression plastique aussi puissante que celle-ci ont du mal à percer.

N'oublions pas non plus les prestations d'Almighty Arts, Kofi Setordji, Wiz, Glen Turner, Olou et Eklou, qui animent les galeries et transportent chacun dans des univers bien différents.

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