Guide du Ghana : Politique et économie

Politique

Le Ghana est l'une des démocraties les plus performantes d'Afrique. Celle-ci fut véritablement instaurée en 1992 par Jerry Rawlings, après des années de régimes militaires.

Structure étatique

Le système politique ghanéen est simple. L'organisation du pouvoir exécutif est copiée sur le modèle américain et le pouvoir législatif reprend le système anglais. A l'assemblée, siègent 275 députés, tous élus après un seul tour de scrutin. Généralement, le chef de la république est le chef du gouvernement.

Partis

Le National Democratic Congress (NDC), de centre gauche fut créé par Jerry Rawlings lors du changement de régime en 1992. Longtemps parti d'opposition, il a été le parti au pouvoir, jusqu'à décembre 2016 avec à sa tête John Atta Mills suivi de John Dramani Mahama.

Le National Patriotic Party (NPP), à présent au pouvoir, est celui de l'homme fort du début de XXIe siècle, John Kufuor. Animé par des hommes d'affaires ashanti, c'est le regroupement politique du tout libéral, même si, depuis leur arrivée au pouvoir en 2000, ils ont tendu à s'occuper de plus en plus des laissés-pour-compte de la croissance économique. Mais atteint d'une certaine paralysie à la fin du deuxième mandat de Kufuor, face à la crise économique mondiale, le parti est battu aux élections de 2008 par l'opposition. C'est également le ralentissement de l'économie ghanéenne qui a ensuite permis à l'actuel président du Ghana, Nana Akufo-Ado, d'émerger comme l'homme de la situation en mesure de redresser la tendance.

Quant au Conventional People Party (CPP), créé par Kwame Nkrumah, il n'est plus que l'ombre de lui-même. Son ancien leader, George Aggudey a longtemps peiné à redonner à la population, et surtout aux jeunes, l'envie de croire en un système communiste ou socialiste. Aujourd'hui, Edmund N. Delle est à sa tête. Ivor Kobina Greenstreet, avocat, a été leur candidat aux élections de 2016.

Enfin, le People National Convention (PNC), créé par une faction du CPP, est un parti populaire dans le Nord du pays, mais n'a pas vraiment de représentation à l'échelle nationale.

Enjeux actuels

Devenu Président suite au brusque décès de son prédécesseur John Atta Mills et élu en 2012, John Dramani Mahama n'a pas su convaincre les électeurs lors des élections de 2016, qui ont voté pour son rival, Nana Akufo-Addo. Ce dernier est très attendu par les Ghanéens, notamment en matière de projets sociaux.

Sur le plan local, les chefs traditionnels jouent encore un rôle politique important et gèrent les terrains publics. C'est par exemple avec le chef traditionnel des Ga d'Accra qu'il faut discuter pour obtenir une propriété vierge dans sa région.

Politique extérieure. Peuple pacifique, le Ghana ne connaît aucun trouble majeur avec ses voisins. Le pays participe en 1963 à la création de l'Organisation de l'Unité africaine (OUA) qui devient l'Union africaine (UA) en 2000. Aucune de ses frontières, que ce soit avec le Burkina Faso, la Côte-d'Ivoire ou le Togo, n'est fermée. Mais c'est paradoxalement avec un voisin plus éloigné, le Nigeria, que le Ghana entretient ses plus étroites relations intra-africaines.

Sur l'échelle continentale, le Ghana profite de l'héritage de Kwame Nkrumah, l'un des principaux initiateurs du panafricanisme dans les années 1950, pour peser sur la scène continentale au sein de l'Union africaine. Dans les années 1990, Jerry Rawlings n'avait pas hésité à soutenir les efforts de paix en envoyant des soldats pour alimenter les troupes de casques bleus de l'ONU, afin d'intervenir en Sierra Leone ou au Liberia notamment. La voix du pays est souvent écoutée, mais pas toujours suivie comme ligne directrice. Loin de là.

Le Ghana a fait partie des tous premiers pays du continent à intégrer le NEPAD en 2001 (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique). Le Ghana a également assuré la présidence de l'UA en 2007.

Depuis quelques années, le Ghana semble s'être tourné vers les Etats-Unis et la Chine pour poursuivre le développement de son commerce international. La mise en place du gazoduc ouest-africain qui passe sur son sol ainsi qu'au Nigeria, au Bénin et au Togo, a permis d'attirer les regards des bureaucrates de Washington. C'est dans ce cadre, et dans le but d'obtenir de nouveaux marchés pétroliers, que le président George Bush, s'est rendu à Accra en février 2008. Les récentes découvertes de gisements offshores au large des côtes ghanéennes attisent aujourd'hui la convoitise de nombreux capitaux étrangers. Ce pays stable et en croissance n'a pas échappé au Président français Emmanuel Macron. Dans une visite inédite pour un Président français, en novembre 2017, il a fait valoir l'intérêt de dépasser les anciens schémas, Afrique anglophone-Afrique francophone, démontrant l'intérêt de la France pour ce pays riche et d'un dynamisme inspirant.

Économie
Vendeur.
Vendeur.

La Gold Coast, devenue le Ghana, acquiert son indépendance en 1957. Le 1er juillet 1960, elle devient une république, avec à sa tête le Dr. Kwame Nkrumah. Le pays possède alors une des économies les plus puissantes d'Afrique. Le pays ne cessera pourtant pas de s'affaiblir pendant les 25 ans qui vont suivre. Ces années se caractérisent par un programme d'investissement public ambitieux et des relations commerciales privilégiées avec l'Europe de l'Est. Si Nkrumah était un brillant politique, il s'avéra être piètre financier. Il est renversé en 1966 par des militaires. Ce coup de théâtre sur la scène politique n'est pas sans avoir une influence négative sur l'économie du pays.

Le régime militaire est alors renversé en 1981 par Jerry Rawlings qui met en place un régime démocratique, puis dix ans plus tard, instaure le multipartisme. Dès 1983, les efforts menés par le gouvernement pour réduire la corruption et restaurer l'économie aboutissent à la mise en place du premier programme de relance économique (ERP 1). Mené en étroite collaboration avec le FMI et d'autres bailleurs de fonds, il permet au Ghana de stabiliser son économie et de libéraliser la politique des changes et du crédit. Le taux de croissance atteint 8 % en 1983. De 1983 à 1987, un second programme est mené (ERP 2) mettant en place le programme d'ajustement structurel. Il consiste en la mise en place d'un nouveau code des investissements qui privilégie l'agriculture, l'industrie de substitution par rapport aux importations, la construction et le tourisme. Il réduit également les investissements publics et permet l'augmentation de la part des revenus et des dépenses dans le PIB, et la réduction du déficit fiscal. Des gains de productivité sont également constatés dans le cacao, la bauxite et le diamant.

1992, année électorale, engage le Ghana dans une période d'incertitude économique. Le nouveau gouvernement mis en place par Rawlings doit adopter des mesures impopulaires comme la hausse des prix des produits pétroliers. L'inflation se situe toujours à un niveau élevé, de l'ordre de 30 %. En 1993, le ministre des Finances tente de rétablir l'équilibre financier en se désengageant des entreprises publiques. Il met en place un plan de développement du secteur privé et libéralise l'économie. Cette politique séduit les investisseurs. Dans le même temps, le gouvernement Rawlings envisage une croissance calquée sur le modèle asiatique tout en maintenant un niveau de dépenses acceptable dans l'éducation et la santé. La communauté internationale continue de soutenir ses efforts. Le cédi, toujours surévalué, perd 48 % de sa valeur. La banque centrale du Ghana essaie de stabiliser le cours de la monnaie nationale.

Le Ghana est membre du Commonwealth tout en faisant partie des pays ACP soutenus par l'Union européenne. Il participe également aux différentes organisations africaines : l'Union Africaine, la Communauté économique de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et à sa force d'intervention, l'ECOMOG.

Situation macro-économique. Le Ghana a adopté des mesures permettant une croissance du PIB qui pour la première fois en 1993 a atteint la barre symbolique des 5 %. La population bénéficie de cette croissance due essentiellement à l'augmentation des prix du cacao à la production et à la libéralisation du commerce des cultures de rente. L'agriculture réalisait, en 2017, 18,3 % du PIB. 44,7 % de la population est employée dans ce secteur. Ce secteur reste vulnérable, car soumis aux fluctuations des cours du marché des matières premières. Le secteur des services constitue 57,2 % des ressources et emploie 40,9 % de la population active. Cela concerne principalement le commerce de gros et de détail, l'administration publique et la défense.

L'industrie représente 24,5 % du PIB et absorbe 14,4 % des emplois. Comparativement aux autres pays d'Afrique de l'Ouest, ce secteur a connu un développement important. Mais les mesures de libéralisation des échanges ont eu pour conséquence d'affaiblir l'industrie locale face à la concurrence étrangère. De nombreux économistes pensent que le Ghana se fera manger tout cru par les Américains et surtout par les Asiatiques.

Principales ressources

Agriculture. C'est le secteur le plus important de l'économie ghanéenne. Il repose sur les cultures vivrières (céréales) et commerciales. La principale culture de rente est le cacao qui occupe plus de 50 % des terres cultivées. Il a représenté jusqu'à 65 % des recettes à l'exportation. Mais comme il est tributaire des cours mondiaux, sa rentabilité est fluctuante. Son importance dans l'économie ghanéenne tend à décroître.

La production de céréales (maïs, riz) s'est dégradée dans les années 1970, conduisant à un déficit alimentaire qui a conduit le gouvernement à mettre en place un programme de développement à moyen terme. La forêt couvre 11 % du territoire. Elle rapporte l'équivalent de 6 % du PNB et représente 8 % des exportations. Les revenus rapportés par la pêche en mer et en eau douce sur le lac Volta ne s'élèvent quant à elles qu'à 1 % du PNB. L'élevage représente 12 millions de volailles, 3 300 000 chèvres, 3 200 000 moutons, 1 680 000 bovins et 500 000 porcs.

Industrie. Le Ghana possède un grand nombre d'entreprises de taille moyenne dans les domaines suivants : raffinage de pétrole, textile, chaussure, automobile, ciment, papier et industrie chimique. Là encore, la libéralisation des échanges semble avoir marqué ces secteurs.

Minerais. Le secteur minier ghanéen offre de bonnes potentialités. Les ressources principales sont l'or (douzième producteur mondial), le diamant, la bauxite et le manganèse brut.

Énergie. La consommation énergétique du pays repose essentiellement sur le bois, l'hydroélectricité et les hydrocarbures. La principale source de production d'électricité provient de la centrale d'Akosombo. Une partie est exportée vers le Togo, le Bénin et la Côte-d'Ivoire. La consommation croissante de la population et des entreprises entraîne depuis peu des coupures qui risquent de s'intensifier si de nouvelles centrales ne sont pas mises en circulation rapidement.

La sécheresse entraîne la baisse de la production hydroélectrique, ce qui a des répercussions tout autant au Bénin qu'au Togo, dans la ville de Lomé comme à Accra. Les coupures de courant sont régulières. L'ouverture de la centrale de Takoradi, attendue pendant de longues années, a finalement eu lieu en mars 1998, mais cette centrale thermale à gaz a malheureusement explosé lors de sa mise en service, accroissant les besoins en rationnement d'électricité qui touchent le Ghana, le Bénin et le Togo. Si l'on constate une amélioration dans la distribution d'électricité depuis plusieurs années, il convient de rester prudent. En 2007, la découverte d'un gisement de pétrole offshore dans une zone se trouvant à cheval sur les champs pétrolifères du Cap des Trois Points et de Deep Water Tano, a permis de dynamiser l'économie ghanéenne.

Place du tourisme

Le tourisme, secteur qui commence à être dynamisé, représente la troisième source de devises du pays, après les mines et le cacao. Les efforts ont porté sur le tourisme de vacances et les voyages d'affaires. Le parc hôtelier est convenable comparé à ses voisins togolais et béninois. Surtout, le Ghana a eu pour originalité, appuyé en cela par les institutions internationales, d'avoir investi dans la réhabilitation de son patrimoine historique (les châteaux et les forts, essentiellement à Elmina et à Cape Coast), mais aussi dans l'implantation de musées et l'aménagement de parcs naturels.

A la faveur du redressement économique du pays, l'industrie touristique connaît aujourd'hui un essor important, avec un taux de croissance de 20 % par an. Avec près de 250 millions de dollars, le tourisme a accédé au début du IIIe millénaire au premier rang des échanges extérieurs avec plus de 500 millions de dollars de recettes annuelles. Ce qui signifie que l'hôtellerie, le transport, les services sur les routes, les tour-opérateurs et l'artisanat constituent des créneaux prometteurs pour les investisseurs. Le pays est bien desservi sur le plan aérien avec une cinquantaine de vols hebdomadaires. C'est une destination rentable pour les investisseurs, car elle est haut de gamme.

Enjeux actuels

Si avant 2015 le taux de croissance était de plus de 6 %, les autres indicateurs économiques viraient à l'orange, l'inflation dépassant les 10 %. Le déficit budgétaire continuait, lui aussi, de s'établir au-dessus de 10 %, tandis que l'endettement atteignait un niveau inquiétant, équivalant à près de 100 % du PIB. Depuis 2017, les indicateurs deviennent plus favorables. Les estimations du FMI pour 2018 sont bien plus encourageantes avec un taux de croissance de 8,9%, un taux d'inflation à 9% et un taux d'endettement de 66%.

La pauvreté est un des défis qui attend le Ghana dans les années à venir. Elle concerne près de 30 % de la population. Avec le soutien des organismes internationaux, le pays va essayer de mettre en place une politique plus adaptée orientée vers le soutien à la croissance, des dépenses publiques en direction des plus démunis, et la mise en place de programmes en matière d'éducation, de santé et de développement des infrastructures.

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