Guide de Suisse : Arts et culture

Architecture
Village d'Epesses.
Village d'Epesses.

Pays natal de l'un des plus célèbres architectes de l'histoire, Charles-Edouard Jeanneret (1887-1965), dit Le Corbusier, la Suisse excelle en matière d'architecture. Décédé en 1965, Le Corbusier figure toujours sur les billets de 10 CH.

Quelques noms connus

Le Corbusier. C'est le Suisse pionnier de l'architecture contemporaine peut-être même à l'échelle mondiale. Créant des cités dans les villes à travers des bâtiments fonctionnels destinés aux milieux urbains, ses oeuvres les plus connues sont le siège des Nations unies à New York ou encore la Cité Radieuse à Marseille. Parmi les rares oeuvres en Suisse, on trouve la villa Le Lac à Corseaux, la Maison Blanche à la Chaux des Fonds et le Centre le Corbusier à Zurich.

Mario Botta, né le 1er avril 1943 à Mendrisio dans le Tessin, réinvente les figures les plus élémentaires : rond, carré, rectangle. Ses mesures concèdent une sensation de bien-être aux habitants du logis qu'il conçoit. Une oeuvre maîtresse de Botta est la maison ronde de Stabio, 1982, mais on peut citer la cathédrale d'Évry en France, le Museum of Modern Art à San Francisco ou la synagogue Cymbalista à Tel Aviv. En Suisse, les ouvrages les plus remarquables sont ses églises dans le Tessin, comme la Chiesa San Giovanni Battista à Mogno et le Musée Tinguely de Bâle.

Herzog & De Meuron. Prestigieuse agence créée en 1978 par Jacques Herzog et Pierre de Meuron, dont le siège est à Bâle. Tous deux ont fait leurs études à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich. L'agence acquiert une renommée internationale avec la création de la Tate Modern, Bankside à Londres et l'attribution du prix Pritzker en 2001 pour l'ensemble de leurs réalisations. Audacieuse, l'agence a installé des annexes à Londres, Munich, Barcelone, San Francisco et Tokyo. On peut citer le " Nid d'oiseau " à Pékin et la Philarmonie de l'Elbe à Hambourg. Ils ont récemment construit à Bâle : Le Parc Saint-Jacques le Schaulager à Münchenstein, et l'Institut - siège social Roche, une tour inaugurée en 2016.

Bernard Tschumi. Né à Lausanne en 1944 d'un père également architecte (auteur du bâtiment de Nestlé, à Vevey), Bernard Tschumi est l'un des architectes les plus en vue du XXIe siècle. De 1988 à 2003, il est doyen de l'Ecole d'architecture de la prestigieuse université de Columbia, à New York, où il est aujourd'hui professeur. Parmi les projets qu'il a réalisés au sein de son agence, Bernard Tschumi Architects, basée à Paris et à New York, on peut citer le parc de la Villette à Paris, le siège de la manufacture horlogère Vacheron Constantin à Genève.

Les architectes internationaux en Suisse

On peut citer des oeuvres architecturales majeures en Suisse édifiées par des architectes internationaux

comme Jean Nouvel, qui a créé le Centre de la Culture et de Congrès (KKL) à Lucerne ; Renzo Piano et son musée en trois vagues Paul Klee à Berne et la Fondation Beyeler à Bâle, pour n'en citer que quelques-uns.

Artisanat

Dans de nombreux villages de Suisse, vous pourrez admirer le travail du bois, mais également des dentelles, de la poterie et du découpage, reflétant une tradition artisanale séculaire. A partir de bois de frêne, saule, sapin ou épicéa, mélèze et noyer, séchés pendant deux ans avant d'être travaillés, le boisselier fabrique des objets utiles et de décoration. On peut également assister à la fabrication du Cor des Alpes, à partir de bois d'épicéa, souvent plus que centenaire. Autre particularité locale, les découpages traditionnels en papier représentant des scènes de la vie quotidienne à la montagne ou des fêtes folkloriques, nés vers la fin du XVIIIe siècle, sont spectaculaires. L'artisanat de la dentelle reste aussi vivant en Suisse. On peut notamment citer les dentelles de Gruyère, de facture 100 % manuelle.

Que ramener de son voyage ?

Tous les souvenirs typiques, comme le chocolat (chocolatiers de renom comme Blondel à Lausanne ou Sprüngli à Zürich, ou moins cher, une série de tablettes de chocolat " Cailler " que vous trouverez dans les grands magasins), les couteaux suisses (que vous pouvez faire graver gratuitement à votre nom ou à vos initiales), les montres et, bien sûr, les fameux coucous. Profitez aussi de votre séjour dans les différents cantons pour rapporter des spécialités locales telles qu'un sachet de bricelets (biscuits traditionnels vaudois), de la meringue et crème de gruyère, des läckerlis (de délicieux petits biscuits parfumés aux épices)... Autres bonnes idées de cadeau : les sacs et portefeuilles Freitag en bâche de camion (www.freitag.ch) et les gourdes Sigg (en vente dans les grands magasins).

Cinéma

Comparée à celle de ses voisins, la production cinématographique suisse reste mineure, toutefois, la jeune génération est particulièrement active. Comme dans beaucoup d'autres petits pays, le cinéma helvétique dépend beaucoup du soutien des institutions publiques et de ce fait les films suisses ne connaissent pas vraiment de réputation internationale.

Le cinéma humaniste et la Nouvelle Vague

Les premières projections de cinéma muets ont lieu lors de l'Exposition nationale de Genève en 1896, par les frères Lumière. Après des balbutiements dans des studios à Genève et Lausanne dans les années 1920, la Suisse sert de décors à de nombreux films. L'exil de cinéastes et techniciens allemands en Suisse sous le IIIe Reich sera bénéfique à la production nationale. Mais les films à parti pris durant la Seconde Guerre mondiale sont censurés. Le cinéma national né réellement dans les années 1950 avec un premier long métrage humaniste, La Dernière Chance de Léopold Lindtberg (1945).
S'inscrivant dans un cinéma humaniste, l'oscar du meilleur scénario pour Marie-Louise, l'oscar de la meilleure histoire originale en 1948 avec The Search. Paradoxalement, c'est pendant la Guerre Froide que les productions seront les plus stériles, parlant des glaciers, des villages et du monde paysan, à l'image de l'icône Heidi.

C'est dans les années 1960 que se développe la Nouvelle Vague en Suisse, par l'un de ses protagonistes phare basé à Paris mais originaire de Suisse, Jean-Luc Godard.

Leopold Lindtberg (1902-1984), émigrant de Vienne en Autriche-Hongrie (maintenant Autriche), réfugié à Zurich à partir de 1931. Important réalisateur de films suisses durant la Seconde Guerre mondiale. Il a obtenu le Grand prix du festival de Cannes en 1946 pour La Dernière Chance.

Arthur Cohn (né en 1927), réalisateur-producteur, a obtenu de nombreuses récompenses pour ses films documentaires, notamment trois oscars du meilleur film documentaire en 1962 pour Le Ciel et la Boue, American Dream en 1991 et Un jour en septembre en 2000 (en tant que producteur).

Jean-Luc Godard (né en 1930). Né de parents suisses à Paris, a grandi à Nyon (Vaud) et a réalisé ses premiers courts-métrages en Suisse, avant de repartir en France où il est devenu chef de file de la Nouvelle Vague. On peut citer À bout de souffle (1960), Pierrot le fou (1965), Sauve qui peut (la vie) (1979) et Hélas pour moi (1993) et bien d'autres films.

Les réalisateurs suisses à l'international

Au niveau international, le cinéma suisse détient une belle vitrine avec Alain Tanner, Claude Goretta et Michel Soutter. Ensemble, en 1968, ils ont créé le Groupe des 5, avec Jean-Louis Roy et Jean-Jacques Lagrange, outil de coalition pour encourager le jeune cinéma suisse.

On peut citer un autre réalisateur qui cartonne à Hollywood, d'origine allemande mais qui a passé son enfance en Suisse et se considère comme Suisse : Marc Forster. On lui doit le 22e James Bond : Quantum of Solace (2008), le film de zombies World War Z en 2013. Depuis quelques années, le cinéma suisse se ranime grâce à une nouvelle génération.

Notons Jean-Stéphane Bron, l'un des cinéastes suisses les plus prometteurs du moment, connu pour ses documentaires politiques, comme Cleveland contre Wall Street (2010), et enfin Stefan Haupt, un Zurichois qui s'est fait connaître du grand public avec son film Le Cercle sorti en 2015, primé meilleur documentaire à la Berlinale 2014. Récemment le film d'animation franco-suisse
Ma vie de courgette, réalisé par Claude Barra et sorti en 2016 a remporté deux Césars.

Le festival de Locarno

La Suisse fait preuve d'un dynamisme en matière de festivals de cinéma qui mettent sur le devant de la scène de jeunes cinéastes ainsi que des réalisateurs confirmés. Le festival le plus connu est bien évidemment le Festival international du film de Locarno. Fondé en 1946, il a pour vocation de présenter les nouvelles tendances, courants et cinéastes en promouvant le cinéma d'auteur et de qualité artistique. La Piazza Grande est le lieu emblématique du festival. Certains films y sont projetés en plein air sur un très grand écran (26 m de long et 14 m de haut) pour 8 000 spectateurs assis. La récompense principale décernée par le jury est le Léopard d'or.

Danse

Bien que de taille modeste, la Suisse propose une grande offre en termes de spectacles et de ballets. Toutes les villes importantes possèdent leur propre théâtre municipal institutionnel, leurs troupes et théâtres indépendants, ainsi que leur compagnie de danse. La Fondation suisse pour la culture Pro Helvetia, ainsi que plusieurs fondations privées, contribuent largement à leur existence. La Suisse est également une destination très appréciée des artistes de tous pays, d'où un grand nombre de représentations de qualité et souvent plus accessibles qu'ailleurs, en termes de dates de réservation et de tarifs. Le fleuron de la danse suisse reste le Béjart Ballet de Lausanne.

Le regretté Maurice Béjart

Maurice Béjart, de son vrai nom Maurice-Jean Berger, était une véritable personnalité de Lausanne. Danseur et chorégraphe, il quitte la France où il est né (à Marseille en 1927), faute de soutien financier, pour y monter sa troupe et s'installe en Belgique en 1959. Il y crée sa chorégraphie la plus célèbre, Le Sacre du printemps, et y fonde le Ballet du XXe siècle. A travers les spectacles qu'il donne dans le monde entier, il initie le public à la danse moderne. Il sera même invité à monter un spectacle dans la Cour d'honneur du palais des Papes au festival de théâtre d'Avignon. A la fin des années 1960, il se passionne pour la culture iranienne et donne plusieurs spectacles à l'Opéra de Téhéran. En 1987, ne s'entendant plus avec le directeur du Théâtre de la Monnaie à Bruxelles, Béjart, alors en tournée en Russie, décide de ne plus retourner en Belgique. C'est alors que la Fondation Philip Morris l'invite à s'installer à Lausanne. Le Ballet du XXe siècle est dissous pour laisser place au Béjart Ballet Lausanne. Cinq ans plus tard, il crée l'Ecole-atelier Rudra, devenue l'une des écoles de danse les plus prestigieuses. Malade depuis plusieurs années, il est décédé en novembre 2007. Il avait reçu le titre de " bourgeois d'honneur de la Ville de Lausanne " en 2006 et obtenu la nationalité suisse en janvier 2007. Le Béjart Ballet Lausanne, actuellement placé sous la direction de Gil Roman, ainsi que son école continuent d'exister et de donner de nombreuses représentations en Suisse et dans le monde.

Littérature

Difficile de déterminer une littérature propre à la Suisse, vu la complexité culturelle et linguistique de ce pays. Les principaux écrivains sont toutefois essentiellement alémaniques et romands.

Nicolas Bouvier (1929-1998). Ecrivain voyageur et photographe né près de Genève, Nicolas Bouvier a inspiré et continue d'inspirer des milliers de jeunes aventuriers. Il réalise ses premiers séjours à l'étranger en 1948 et 1950, en tant que journaliste. Puis il se lance dans des voyages au long cours, d'abord en compagnie du peintre genevois Thierry Vernet, puis seul et enfin en compagnie de son épouse Eliane Petitpierre. Son livre le plus connu est L'Usage du monde, un ouvrage de référence pour tous les voyageurs. L'extrait le plus connu : " Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait ".

Lord Byron (1788-1824). Poète britannique né en 1788 et grand voyageur, George Gordon Byron se rend en Suisse avant de continuer son voyage vers l'Italie. À Genève, il séjourna à l'Auberge de Sécheron puis, en 1818, dans la villa Diodati à Cologny. On raconte que Byron, fidèle à sa réputation d'excentrique, se promène armé de deux pistolets. Il aime à sortir en bateau les jours de tempête et manque plus d'une fois de se noyer. Sous l'un de ces ciels sombres, son batelier lui raconte la légende du prisonnier Bonivard, enfermé dans le château de Chillon. Byron visite alors la geôle de ce dernier et y trouve l'inspiration pour écrire Le Prisonnier de Chillon.

Blaise Cendrars (1887-1961). Bourlingueur passionné, on lui doit de nombreuses oeuvres d'action. Ce Jack London suisse est, plus que tout autre, l'écrivain du voyage. Né à La Chaux-de-Fonds, il commence l'école à Naples à 6 ans, avant de suivre à nouveau ses parents en Egypte et en Angleterre. Il les quitte à l'âge de 15 ans pour commencer à user seul ses semelles en Europe, puis en Asie, et plus particulièrement en Chine où il occupe divers emplois manuels. A l'âge de 20 ans, il passe deux ans en France avant de suivre à nouveau sa boussole : cap au nord, la Russie, puis le Canada et les Etats-Unis. Il commence alors à écrire de petits morceaux et des poèmes. A 28 ans, la guerre est un nouveau terrain de découverte : engagé dans la Légion, il est blessé et perd un bras. Il revient à Paris, mène une vie de bâton de chaise et publie ses premières oeuvres. Moravagine, qui le fait connaître au monde entier, paraît en 1926. Vers la fin des années 1920, il visite l'Amérique du Sud, pour enrichir encore la matière à littérature, et se fixe un peu à partir de 1930 pour exercer vraiment sa plume. Ses oeuvres les plus connues paraissent entre 1945 et 1948 : L'Homme foudroyé (" je ne trempe pas ma plume dans un encrier, mais dans la vie "), La Main coupée et Bourlinguer. Poète voyageur, ami des routards et des apaches de tout bord, Cendrars n'était ni Tintin reporter ni Céline. Le voyage était son occupation, le véhicule de sa poésie, son moyen de locomotion physique et intellectuel.

Jacques Chessex (1934-2009). De tous les écrivains vaudois contemporains, dont beaucoup écrivent aussi pour la presse, le plus connu est certainement Jacques Chessex. Prix Goncourt pour L'Ogre, en 1973, chevalier de la Légion d'honneur en France et Prix Jean Giono en 2007 pour l'ensemble de son oeuvre, cet écrivain né à Payerne en 1934, est certainement l'écrivain vaudois que Suisses et Français lisent le plus. Son avant-dernier ouvrage, Le Vampire de Ropraz, a été traduit en six langues. Le romancier, poète et essayiste, a signé, entre autres, La Confession du pasteur Burg (1967), Carabas (1971), Les Yeux jaunes (1979), Jonas (1987), Incarnata (1999) et Pardon mère (2008). Son dernier livre, Le Dernier crâne de M. de Sade, paru en 2010, a été interdit aux mineurs par les autorités fédérales, ce qui a valu un bon coup de pub à l'ouvrage.

Albert Cohen (1895-1981). Ce célèbre écrivain, poète et dramaturge né en Grèce en 1895, est arrivé à Genève en 1914, pour y étudier le droit. Peu après, il obtient la nationalité suisse, avant de publier en 1968 le roman Belle du Seigneur, dont l'intrigue se déroule en grande partie dans le Genève des années 1930. Pour ce livre, il reçut le grand prix du roman de l'Académie française. Il décéda en 1981 à Genève.

Benjamin Constant (1769-1830). Né à Lausanne, dans une famille de descendants huguenots, il est l'auteur du premier roman psychologique de la littérature française, Adolphe. Il s'investit également beaucoup dans la vie publique française. Après le coup d'Etat du 18 brumaire, il s'oppose à Bonaparte et prononce un discours dans lequel il dénonce " le régime de servitude et de silence " qui se prépare. Il eut une liaison particulièrement longue et tourmentée avec Madame de Staël. Après une demande en mariage qu'elle refusera, il s'éprendra de Madame Récamier, mais sans plus de bonheur. Son ancienne amante le décrira comme " un homme qui n'aime que l'impossible ".

Friedrich Dürrenmatt (1921-1990). Un des principaux auteurs suisses d'expression allemande, dont l'oeuvre est nettement influencée par les Allemands réfugiés en Suisse afin d'échapper au nazisme (notamment Brecht). Son humour, qualifié de baroque par " ceux qui savent ", introduit une respiration salutaire dans une vision assez pessimiste de l'homme. A lire : Le Juge et son bourreau (1952), Le Soupçon (1953) et La Promesse (1958). Ses oeuvres théâtrales ont connu un très grand succès (La Visite de la vieille dame, 1956) et il a participé à l'écriture de scénarios cinématographiques pour la Nouvelle Vague suisse des années 1970.

Max Frisch (1911-1991). Avec Dürrenmatt, Max Frisch est l'autre grand auteur suisse allemand du XXe siècle. Il assume les mêmes influences, mais y ajoute celle de l'existentialisme. Ce n'est donc pas précisément de la comédie, mais ses oeuvres ne sont en aucun cas du " sous-Brecht ". Son théâtre connaît le même succès que celui de Dürrenmatt, avec notamment La Grande Muraille (1947) et Don Juan ou l'amour de la géométrie. A lire : Le Désert des miroirs (1964) et L'Homme apparaît au quaternaire (1979).

Ella Maillard (1903-1997). Ella Maillard est un peu la version féminine de Nicolas Bouvier. Genevoise également, cette aventurière n'a cessé de parcourir le monde et d'en rapporter articles, photographies et autres récits passionnants. En 1935, elle voyage durant sept mois depuis Pékin jusqu'à Srinagar (Cachemire), en compagnie de Peter Fleming. Et, en 1939, elle s'embarque à bord d'une Ford avec Annemarie Schwarzenbach, qu'elle espère libérer de la drogue à travers un long voyage depuis la Suisse jusqu'à l'Afghanistan. Elle habitera ensuite cinq ans en Inde avant de revenir dans son chalet valaisan et de voyager de manière plus ponctuelle.

Charles-Ferdinand Ramuz (1878-1947). Né à Lausanne et décédé à Pully, Charles-Ferdinand Ramuz est un pur produit vaudois, ce qu'il revendique dans ses poèmes et romans. Depuis Paris, où il séjourne pendant dix ans, il écrit la nostalgie de son pays. Et finit par y revenir au début de la Première Guerre mondiale. Il dira d'ailleurs que " les voyages sont amers et vains ; je fixerai ma vie comme on attache une bête à son pieu ". Il devient alors un écrivain régionaliste et restitue à merveille l'atmosphère bucolique des travaux des champs et des fêtes villageoises. Son oeuvre, qui prêche la vie saine au plus près de la nature, a des aspects mystiques et rousseauistes qui révèlent un tempérament moins simpliste qu'il n'y paraît. Il publiera 22 romans, parmi lesquels La Grande Peur dans la montagne, La Beauté sur la terre et Derborence ; plusieurs recueils de nouvelles, des essais, des poèmes, un journal ainsi qu'une pièce de théâtre, Histoire du soldat, dont Igor Stravinski composera la musique.

Jean-Jacques Rousseau (1712-1778). Suisse ou Français, écrivain ou sociologue, philosophe ou homme politique ; peu importe, un homme d'exception au siècle des Lumières. Rousseau est né le 28 juin 1712 à Genève, d'un horloger protestant. Sa mère morte en couches puis son père ayant été contraint à l'exil, Rousseau fut élevé par son oncle à partir de l'âge de 10 ans. A 16 ans, il rencontre Madame de Warens, une convertie de fraîche date dont les avantages troublent le petit Genevois, en particulier ses " beaux yeux pleins de douceur " et sa " gorge enchanteresse ". Il ne cessera de la retrouver, de la quitter, passant du rôle d'enfant accueilli à celui de mari. Entre ces retrouvailles variées, il voyage au gré des circonstances entre l'Italie et la France, faisant mille petits travaux. Rousseau quitte Chambéry pour Paris à 29 ans. Il met au point, sans grand succès, une nouvelle écriture musicale, entre au service de l'ambassadeur de France à Venise puis revient à Paris pour vivre avec une blanchisseuse, Thérèse Levasseur, dont il aura cinq enfants, les abandonnant chaque fois aux " Enfants assistés ". Il rencontre Diderot et connaît son premier succès littéraire en 1750 en participant à un concours. Il écrit pour s'attaquer à l'ordre établi tout en proposant des solutions et des alternatives. Avec La Nouvelle Héloïse et la Lettre à d'Alembert, il acquiert une certaine considération et se lie avec Malesherbes. 1762 marque un tournant dans sa vie et dans la littérature française puisque paraissent coup sur coup le Contrat social et l'Emile, deux odes à la liberté, l'égalité et à la fraternité, vite saisies, mais au succès foudroyant. Il doit fuir en Suisse, tandis qu'on brûle ses livres en place publique. Pourchassé même dans son propre pays, il s'exile en Angleterre où il écrit une grande partie des Confessions avant de revenir clandestinement en France. Devenu un brin paranoïaque, il s'imagine que la Terre entière le recherche et se réfugie dans ses Alpes chéries, près de Bourgoin. Il va se recueillir sur la tombe de Madame de Warens, épouse Thérèse Levasseur et revient vivre à Paris. Alors que ses forces déclinent, il s'installe à Ermenonville sur l'invitation de Monsieur de Girardin et il y restera jusqu'à sa mort, en 1778, après avoir achevé ses Rêveries d'un promeneur solitaire. Il laisse un héritage culturel qui puise dans ses échecs, ses imperfections et les tentations auxquelles il succombe, la matière même d'une certaine beauté d'âme, passant de la pusillanimité à la grandeur par le chemin tortueux de la complexité humaine.

Ferdinand de Saussure (1857-1913). Les lettrés font souvent appel à lui pour faire comprendre à leurs interlocuteurs qu'ils ont la référence majuscule. Lorsqu'on a prononcé le nom de ce linguiste né à côté de Genève, puriste et grammairien hors pair, on a forcément raison. Ses premières armes se fourbissent à la Société de linguistique de Genève où il entre dès l'âge de 19 ans. Son sujet de thèse à 24 ans ? Tout bêtement " De l'emploi du génitif absolu en sanskrit ". Il part ensuite à Paris enseigner la grammaire à l'Ecole des hautes études, mais revient à Genève s'adonner aux plaisirs de la chaire de sanskrit avant de se lancer à corps perdu dans l'étude de la langue lituanienne, à laquelle il consacrera ses dernières années. Ce modèle de rigueur et de méthodologie est considéré comme le père de la linguistique moderne.

Johanna Spyri (1827-1901). De sa Suisse alémanique natale, cette femme de lettres a écrit en 1880 et 1881 les deux romans, traduits dans plus de cinquante langues, qui ont donné naissance au célèbre film Heidi. Heidi est le diminutif d'Adelheid. L'histoire raconte la vie de cette petite fillette des Alpes suisses confrontée à la rude vie citadine de l'ère industrielle suisse.

Voltaire (1694-1778). Chassé du royaume de Prusse, ce célèbre poète, historien, philosophe et écrivain s'installa en 1755 à Genève, où il acquit le domaine de Saint-Jean, qu'il nomma " les Délices ". Dans ce lieu, devenu aujourd'hui un institut et un musée entièrement dédiés à son oeuvre et son temps, il reçut les personnalités les plus éminentes de la société mondaine genevoise, malgré une certaine défiance du peuple à son égard, due au mépris que Voltaire affichait à l'égard des calvinistes. En 1760, il quitta son domaine de Saint-Jean pour s'établir à Ferney (France).

Médias locaux

Presse. Les Suisses, dans le domaine des magazines, ne se distinguent pas fondamentalement de leurs voisins européens. Les hebdomadaires à sensation relatant les amours compliquées des princesses et des top models se vendent aussi bien que chez nous. Aimant également sa ville et son canton, on lit la presse locale, et chaque grande ville a son quotidien phare. A Delémont, vous lirez Le Quotidien Jurassien ; à Genève, La Tribune et Le Temps ; à Fribourg, La Liberté ; à La Chaux-de-Fonds, L'Impartial ; à Lausanne, Le Matin et 24 heures ; à Neuchâtel, L'Express. A Bâle, le Basler Zeitung ; à Berne, le Berner Zeitung ; à Zurich, le Tages Anzeiger ou le Neue Zürcher Zeitung ; à Coire (Chur), le Bündner Zeitung ; à Lucerne, le Luzerner Zeitung ; à Saint-Gall, Die Ostschweiz ou le St Galler Blatt ; à Schaffhausen, le Schaffhausen Nachrichten ; à Lugano, le Corriere del Ticino. Les news magazines sont, dans la partie alémanique, très influencés par l'Allemagne, et la transposition de Bild marche bien. Pour paraître sérieux, lisez Beobachter (L'Observateur), qui s'intéresse de très près à votre santé, à l'environnement, à la pollution. Beaucoup plus people, Schweizer Illustrierte aborde tous les thèmes à la mode en y glissant deux doigts de politique, une louche d'écologie et beaucoup de photos, parlant sans complexe d'argent et de sexe. A Zürich, on lit Blick, qui raconte abondamment les aventures de la jet-set et du show-business. Les femmes ont à leur disposition tous les grands magazines de mode français qui ont une édition en allemand et également un supplément suisse pour certains (Marie-Claire). Pour rester suisso-suisse, lisez Edelweiss côté francophone, ou Annabelle côté alémanique. En Suisse romande, on lit Bilan, entièrement consacré à l'économie, sujet n°1 du pays ; L'Illustré, plus franchement news et même un brin people ; consensus pour L'Hebdo, généraliste ; et pour rire et s'indigner : le petit hebdomadaire satirique romand Vigousse !

Télévision et radio. Le multilinguisme et les nombreux particularismes régionaux impliquent un nombre important de chaînes de télé ou de stations de radio locales. La SRG SSR (Société suisse de radio et télévision) est au coeur du système, avec ses six studios de radio principaux (Zurich, Berne, Bâle, Genève, Lausanne, Lugano), ses quatre studios régionaux (Aarau, Coire, Lucerne et Saint-Gall), ses trois studios de télévision (Zurich, Genève, Lugano). Les quatre langues officielles sont bien sûr représentées : vous regarderez donc la Schweizer Fernsehen, la Télé Suisse romande ou la Radio Televisione Svizzera à Lugano. Vous pourrez également, dans les Grisons, capter des émissions en romanche.

CFF
GHI
RSR
WSL
Musique

Les scènes et les festivals suisses figurent sans doute parmi les plus reconnus au monde avec, en premier lieu, le festival de jazz de Montreux. Côté musique actuelle, le Paléo Festival, à Nyon, qui a lieu chaque année au mois de juillet, propose toujours une excellente programmation. L'été est propice aux festivals en plein air, tous styles confondus, on n'en citera que quelque-uns : Le Caribana Festival à Nyon, Chocolate Festival : Festival Electro à Lausanne, Sion sous les étoiles, Rock Oz'Arènes à Avenches... La musique classique est également très active avec de nombreux orchestres ; se renseigner sur les sites Internet ou auprès de l'office de tourisme de chaque ville pour en connaître la programmation. Toujours fidèles aux traditions de leur pays, les Suisses continuent également de célébrer les fêtes folkloriques, avec yodel (équivalent de la tyrolienne), lyoba et cor des Alpes. Le lyoba, ou ranz des Vaches, étant le chant traditionnel a cappella des vachers dans le canton de Fribourg, lors de la montée des troupeaux à l'alpage et le retour dans les étables à la fin de l'été.

Le yodel, folklore ou tradition ?

Le yodel ou youtse est une véritable tradition encore bien vivante en Suisse. Cette technique de chant nécessite un savoir-faire très pointu lorsqu'il s'agit de passer la voix de corps à la voix de tête. L'origine du yodel vient d'une forme de communication entre bergers. Grâce à l'écho des montagnes, ils faisaient résonner ce son puissant pour communiquer. Les mélodies (sans textes) sont uniques et chaque année des milliers de personnes assistent au Festival fédéral des yodleurs (organisée tous les 3 ans).

Peinture et arts graphiques

Plusieurs artistes renommés du XXe siècle ou de la fin du siècle précédent sont d'origine suisse.

Albert Anker (1831-1910). Illustrateur et peintre suisse surnommé le " peintre national " de la Suisse pour ses représentations de la vie rurale de son pays au XIXe siècle.

Alberto Giacometti (1901-1966). Il était peintre et eut une période surréaliste remarquable, mais on connaît surtout le sculpteur expressionniste, celui des formes hyper allongées et douloureusement décharnées. Angoissant mais magnifique. Contrairement à beaucoup de grands artistes, il connut la gloire de son vivant, mais ça ne l'empêcha pas de conserver un style de vie bohème et ravageur, à base de tabac, café et nuits sans sommeil. Sans doute le prix à payer pour ses créations. Bien qu'il ait essentiellement travaillé à Paris, il est mort dans ses Grisons natals, à Coire. Son père, Giovanni, fut un peintre impressionniste du tournant du siècle.

Jean Tinguely (1925-1991). D'abord peintre abstrait, cet artiste originaire de Fribourg s'est révélé dans la sculpture de machines bizarroïdes. Au-delà de l'amusement (ses machines étaient qualifiées de " libres et joyeuses "), il perce une critique d'inspiration Dada sur l'absurdité du monde. Les oeuvres de Tinguely font le bonheur des promeneurs dans de nombreuses grandes villes suisses, notamment ses célèbres fontaines, à Fribourg ou à Bâle, mais aussi en France, à Château-Chinon.

Ferdinand Hodler (1853-1918). Vous verrez forcément certaines toiles de ce peintre, par exemple ses paysages des Alpes, dans les musées helvétiques, en particulier au musée d'Art de Berne, sa ville natale. Comme Böcklin, il a surtout représenté la nature ou l'histoire de la Suisse, mais son modernisme l'a fait reconnaître comme l'un des meilleurs paysagistes européens du tournant du siècle.

Peter Fischli (1952) et David Weiss (1946-2012). Ces deux artistes sont nés à Zurich et y travaillent. Dans leurs créations - photographies, sculptures, installations vidéo -, ils parviennent à trouver une grande variété de concepts iconographiques, qui viennent susciter et capter l'attention du spectateur de manière perpétuellement transformée. Le 16 novembre 2006, David Weiss et Peter Fischli ont reçu le prix de la Fondation Roswitha Haftmann, récompense artistique la plus richement dotée en Europe au nom de leur travail en commun.

Fabrice Gygi (1965). Cet artiste suisse vit et travaille à Genève. Son travail se déploie autour du duo existentiel protection/agression. Il crée des abris (tentes, abris de bus) mais aussi des compositions qui symbolisent des endroits d'autorité (estrade, tribunal), des sujets gonflables qui soit défendent, soit attaquent. L'interférence entre les manifestations de défense et d'attaque est au coeur du questionnement de l'artiste.

Gianni Motti (1958). Artiste suisse d'origine italienne, Gianni Motti vit et travaille à Genève. Ses oeuvres sont une suite d'intrusions ponctuelles, le plus souvent hors du monde de l'art, parcourant la réalité ou parasitant les événements quotidiens journalistiques. Ces interventions deviennent aberrantes et ironiques pour mettre en valeur une contestation sociale et politique.

Pipilotti Rist (1962). De son vrai nom Elisabeth Charlotte Rist, cette vidéaste née dans le canton de St-Gall incorpore des effets cinématographiques dans ses vidéos, dont le sujet est le plus souvent le corps féminin. En utilisant le brouillage, le flou, les renversements, la musique, elle crée des images surprenantes et troublantes.

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