Guide de Guinée : Mode de vie

Vie sociale

Education. Du temps de Sékou Touré, l'enseignement était donné en langue nationale à l'école primaire. Cette pratique a été néfaste à l'apprentissage de la langue française (langue officielle). Ainsi, rares sont les adultes parlant couramment français dans les endroits reculés de Guinée. Le plus simple est souvent de s'adresser aux plus jeunes générations. L'école se fait, depuis 1985, en langue française dès le primaire pour les enfants âgés de 7 à 10 ans : les maths, l'histoire et la géographie sont au programme. Les cours se déroulent de 8h à midi puis de 15h à 18h.

Il y a un minimum de 40 élèves par classe et pas de maximum... Dans certains villages, le taux de scolarisation est quasi nul du fait de l'éloignement des écoles. Enfin, il y a 12 classes avant le baccalauréat, examen final identique au nôtre. Ceux qui poursuivent leurs études jusqu'au plus haut niveau sont des privilégiés : rappelons que le taux d'analphabétisme dans ce pays est de l'ordre de 60 % ; il est bien plus élevé dans les zones rurales.

Les jeux guinéens

L'awalé : on joue à l'awalé dans toute l'Afrique. Il existe plusieurs formes d'awalé, dont les plus simples sont des planches percées de deux rangées de six trous. Les plus compliqués ont des formes humaines ou animales, avec des têtes et des pieds, et parfois quatre rangées de huit trous. Mais le principe reste le même : au début de la partie, il y a quatre graines dans chaque trou. Deux joueurs face à face doivent alternativement ramasser les graines qui se trouvent dans un trou et les distribuer dans les trous suivants. Si la dernière graine est posée dans un trou où il n'y avait qu'une ou deux graines, le joueur les prend. Le gagnant est celui qui a capturé le plus de graines.

Les dames : vous verrez souvent des joueurs assis à la terrasse d'un café, un jeu de dames géant posé sur les genoux. Les protagonistes déplacent leurs pièces de bois en les tapant avec force sur le plateau. Les règles sont sensiblement les mêmes que les nôtres.

Les jeux de carte : les " fonctionnaires " se réunissent après leur journée de travail pour jouer aux cartes. Les jeux les plus courants sont la belote guinéenne, qui est un mélange de bridge et de belote contrée, et le jeu de trente-deux qui se joue à deux.

Mœurs et faits de société

Mariages et enterrements. Traditionnellement, mariages et enterrements se déroulent en extérieur. En ville, tout le quartier y participe et la rue peut vite se retrouver bloquée. Ce sont surtout les femmes et les enfants qui mettent l'ambiance, dansent et chantent. Les familles font souvent appel à un groupe de musique traditionnelle (percussion, balafon, doum-doum, etc.) ou un petit orchestre qui s'accompagne la plupart du temps d'une sonorisation stridente et sursaturée. Le groupe est surtout rétribué par les convives qui donnent un billet quand ils veulent danser. Les griottes, elles, ne sont généralement pas appelées par la famille, mais elles participent " d'office " à la fête. Munies d'un haut-parleur, elles " chantent " les mérites des participant(e) s en espérant un " geste " de remerciement.

Polygamie. La religion musulmane permet à un homme d'épouser jusqu'à quatre femmes, mais la polygamie a ses obligations. Ainsi, lorsque le mari offre un cadeau à l'une de ses femmes, il doit donner l'équivalent en termes de valeur aux autres. Il doit aussi consacrer à chaque femme la même attention afin d'éviter la jalousie. Le mari doit par ailleurs s'assurer de subvenir aux besoins de toute sa famille, souvent nombreuse. Et chaque jour, après sa journée de travail, il doit s'occuper avec soin et amour de l'une de ses femmes. De plus, il se doit d'arbitrer les disputes qui ne manquent jamais de survenir entre les différentes épouses. Bref, aujourd'hui, et pour plus de commodités, la jeune génération préfère la monogamie et use de pratiques " moins officielles " avec discrétion...

Circoncision et excision. La circoncision est pratiquée par tous les peuples du pays, de même que l'excision. Ces deux opérations, considérées comme complémentaires, servent selon eux à affirmer l'identité sexuelle. En effet, selon la mythologie, les individus naissent hermaphrodites et doivent donc se voir couper une partie du sexe afin d'être homme ou femme. Chez l'être masculin, cette partie est le prépuce ; chez la femme, le clitoris. Ces pratiques ne sont en aucun cas, contrairement à l'affirmation de certains, prévues par les religions (la Bible, le Coran ou la Torah). Dans le cas de l'excision, elle constitue un véritable danger pour la femme. Suite à cette opération, certaines connaissent des problèmes de règles douloureuses et des complications lors de l'enfantement. Encore aujourd'hui certaines en meurent ! En plus d'être un danger, elle supprime à la femme tout plaisir lors de l'acte amoureux. Cette jouissance que l'on supprime est malheureusement la principale raison pour laquelle on continue cette pratique barbare. En effet, les hommes pensent qu'ainsi les femmes resteront fidèles à leur mari. On assiste actuellement, de plus en plus dans la capitale, à des campagnes pour l'abolition de ces pratiques d'un autre âge, promues par des ONG locales ou étrangères.

Mode de vie local. La Guinée vit en ce moment ce que les autres pays africains voisins ont vécu dix ou vingt ans auparavant. La tradition séculaire commence à se fissurer et les jeunes, avides d'une nouvelle réalité, se retrouvent confrontés à la volonté de leurs parents. L'accès récent et massif à Internet et aux réseaux sociaux accélère d'ailleurs le phénomène. Cette situation conduit souvent à la fuite du fils pour la ville et ses illusions. Vers la ville... ou l'étranger, considéré encore comme l'Eldorado. Mais quel autre choix pourraient-ils envisager face au chômage ? Mêmes ceux qui réussissent à achever des études supérieures n'ont pas beaucoup de perspectives.

La femme telle qu’elle est vue par les sages

Un chasseur très réputé, qui tuait tout sur son passage, séduisait toutes les femmes par son prestige. Un jour, il partit chasser dans la brousse et rencontra une très belle femme, à qui il demanda son nom. Celle-ci lui répondit : " Doumia " (la vie). Il lui dit alors : " Je veux t'avoir. " Elle lui rétorqua du tac au tac : " Attrape-moi ! ". L'homme, qui portait sa tenue complète de chasseur, se mit donc à la poursuivre. Dans sa course, il perdit d'abord son bonnet, décrocha son fusil et dut laisser sa ceinture à cartouche dans les buissons épineux... Il jeta ensuite sa chemise qui le gênait et continua sa course, jusqu'à ce que les bois déchirent entièrement son pantalon. Finalement, il parvint sur le Bowal (la plaine) complètement nu. La femme, qui remarqua alors sa nudité, stoppa net sa course et lui dit : " Quand on s'est vu, tu étais bien habillé pour tuer des animaux plus puissants que toi, mais maintenant, regarde-toi ! ". L'homme s'exclama : " Ah ! C'est comme ça la femme ! "... La morale de cette histoire, c'est que la femme reste un mystère, comme la calebasse dans l'eau qui, même remplie, remonte toujours à la surface...

Religion

En Guinée, la majeure partie de la population est musulmane (85 %). L'islam est pratiqué de façon modérée. Il n'y a pas ou peu d'extrémisme dans ce pays. Les obligations de cette religion ne sont pas respectées par tous ses disciples de la même façon. Ainsi, les jeunes, d'ordinaire plus occidentalisés que les anciens, sont musulmans tout en consommant de l'alcool... Le reste de la population est animiste ou chrétien (3 % à 5 % environ). En Guinée forestière, le christianisme est pratiqué par 25 % de la population. Cela s'explique par le fait que les catholiques ont lutté moins sauvagement contre les pratiques animistes ancestrales que les musulmans. Dans le Fouta-Djalon, le pays des Peuls, la religion musulmane est souvent pratiquée avec plus de rigueur que dans le reste du pays.

En effet, les Peuls, peuple migrateur venu vraisemblablement d'Ethiopie, ont été les premiers à islamiser la Guinée. Il reste donc aujourd'hui de fervents fidèles au message du Coran, délivré par leurs ancêtres de gré ou de force aux animistes de la Moyenne-Guinée. En Guinée forestière par contre, l'animisme est encore très présent. L'initiation, obligatoire, marque le passage à la vie d'homme. Les bois sacrés, les danses rituelles et les masques ont dans cette région un impact traditionnel pour le moment inaltérable.

Enfin, en Haute-Guinée, les fêtes traditionnelles musulmanes, notamment celle de la Tabaski, donnent lieu à des spectacles de danses phénoménaux, rythmés par la musique des griots.

Généalogie mythique de Neddo, d’après la cosmogonie du Mandé

Avant la création du monde, avant le commencement de toute chose, il n'y avait rien sinon un être. Cet être était un vide vivant, couvant potentiellement en lui la somme de toutes les existences possibles.

Le Temps infini, intemporel était la demeure de cet Etre-Un.

Il se dota de deux yeux. Il les ferma : la nuit fut engendrée. Il les rouvrit : il en naquit le jour.

La nuit s'incarna dans Lewrou, la Lune. Le jour s'incarna dans Nâ'ngué, le Soleil. Le Soleil épousa la Lune et eurent ensemble Doumounna. Le Temps temporel divin. Doumounna demanda au Temps infini par quel nom il devait l'invoquer. Celui-ci répondit : " Appelle-moi Guéno, l'Eternel ".

Guéno voulut être connu. Il voulut un interlocuteur. Alors il créa un oeuf merveilleux, comportant neuf divisions, et y introduisit les neufs états fondamentaux de l'existence. Quand cet oeuf cosmique vint à éclore, il donna naissance à vingt êtres fabuleux qui constituaient la totalité des forces de l'univers visible et invisible. Mais, hélas, aucune de ces vingt premières créatures fabuleuses ne se révéla apte à devenir l'interlocuteur que Guéno avait désiré pour lui-même.

Alors, il préleva une parcelle sur chacune des vingt créatures existantes. Il les mélangea puis, soufflant dans ce mélange une étincelle de son propre souffle igné, il créa un nouvel être : Neddo, l'Homme.

Synthèse de tous les éléments de l'univers, les supérieurs comme les inférieurs, réceptacle par excellence de la force suprême en même temps que confluent de toutes les forces existantes, bonnes ou mauvaises, Neddo, l'Homme primordial, reçut en héritage une parcelle de la puissance créatrice divine, le don de l'esprit et de la parole.

Initié par son créateur, Neddo transmit plus tard à sa descendance la somme totale de ses connaissances. Ce fut le début de la grande chaîne de transmission initiatique...

Contes initiatiques peuls d'Amadou Hampaté Bâ.

Préparez votre voyage !

transports
  • Vol pas cher
  • Louer une voiture
hebergement
  • Réservez un hôtel
  • Votre logement Airbnb
  • Location de vacances
  • Trouvez votre camping
Séjours
  • Voyagez sur mesure
  • Week-ends en France
Sur place
  • Réservez une table
  • Trouvez une activité
  • Expériences & Boxs

Adresses Futées de Guinée

Avis
Jeu concours

Les jeux concours du moment

Remportez un séjour d'une semaine en tente trappeur pour 5 personnes avec Huttopia !

Envie de prendre l'air ? Remportez un séjour d'une semaine en tente trappeur pour 5 personnes avec Huttopia .