Guide de Guinée : Politique et économie

Politique

La République de Guinée est un pays laïc depuis le 2 octobre 1958. C'est après la Ire République adoptée sous Sekou Touré en 1958 puis l'avènement de la IIe République en 1984, avec à sa tête le colonel Lansana Conté, que le régime présidentiel est apparu en Guinée, en 1991. Après la mort de Lansana Conté en 2008 et l'avènement d'une junte conduite par Dadis Camara, lui-même évincé du pouvoir un an après son auto-proclamation, la situation s'est stabilisée avec l'élection libre du professeur Alpha Condé. Après l'installation d'une nouvelle assemblée nationale en 2013, Alpha Condé est réélu en 2015.

Structure étatique

Le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans. Il est le chef du gouvernement et ses pouvoirs lui permettent de nommer des membres du gouvernement ou de les révoquer, ainsi que le droit de dissolution de l'Assemblée nationale. Son domaine réservé est similaire au domaine du président de la République française : il possède un devoir de direction vis-à-vis de la diplomatie guinéenne, négocie les accords et engagements internationaux. Il dispose, également, d'un pouvoir de révision constitutionnelle et, dans des situations extrêmes, se trouve en possession de prérogatives exceptionnelles.

Le gouvernement est dirigé par un Premier ministre nommé par décret présidentiel. Il a un rôle d'élaboration et d'exécution de la politique générale de l'Etat. Le Premier ministre est seul responsable de son gouvernement vis-à-vis du président et coordonne les actions de ses ministères.

Le pouvoir législatif est détenu par l'Assemblée nationale. Les députés sont élus au suffrage universel, pour cinq ans. Depuis octobre 1988, le multipartisme fait son chemin au Parlement.

La Cour suprême est l'instance supérieure du pouvoir judiciaire. Le 23 décembre 1991, une loi organique portant attribution, organisation et fonctionnement de la Cour suprême est promulguée. Ainsi, la Cour suprême devient l'organe de juridiction et de consultation le plus élevé de l'ordre administratif et judiciaire. Si comparaison il doit y avoir, elle remplit les fonctions de la Cour de cassation et du Conseil d'Etat français réunis.

Les commissions parlementaires. Sur le plan technique et législatif, leur rôle se révèle indispensable, dans l'examen de fond et de forme des textes qui vont devenir des lois. Elles assurent également la préparation des débats en présentant un rapport introductif lors des sessions.

Partis

En 1992, Lansana Conté annonce l'instauration du multipartisme. Depuis, plus d'une quarantaine de partis politiques sont autorisés, dont :

RPG-ArcenCiel (Rassemblement du Peuple de Guinée). Parti du président Alpha Condé.

PUP (Parti de l'Unité et du Progrès). Parti de l'ancien président Lansana Conté.

UFDG (Union des Forces Démocratiques de Guinée). Parti de Cellou Dalein Diallo.

UFR (Union des Forces Républicaines). Parti de Sydia Touré.

UPR (Union pour le Progrès et le Renouveau).

PDG-RDA (Parti Démocratique de Guinée - Rassemblement Démocratique Africain)...

Économie

La Guinée dispose de nombreuses ressources naturelles : un sous-sol riche en minéraux et métaux précieux (diamant et or), un potentiel hydroélectrique égal à celui de la France, des surfaces agricoles encore peu utilisées. Elle reste pourtant toujours classée parmi les PMA (Pays les Moins Avancés du monde).

L'économie est fortement dépendante du secteur minier alors que la population se trouve être rurale à 80 %. Le secteur minier représente à lui seul près de 80 % des recettes d'exploitation du pays, et 25 % des recettes de l'Etat.

L'avènement de la IIe République en 1984 a apporté de profondes réformes, visant à favoriser l'émergence d'une économie libérale. C'est ainsi que des textes juridiques essentiels, tel que le code des douanes, le code minier, le code de la pêche, etc., ont été rédigés. Et même si certains ont été revus ou amendés depuis, ils ont servi et servent toujours de base pour les discussions, négociations avec les investisseurs étrangers, les bailleurs de fonds et les institutions internationales.

Principales ressources

L'élevage a toujours occupé une place prépondérante dans l'économie de la Guinée. Ce sous-secteur occupe environ 50 % des exploitations agricoles et entre à hauteur d'environ 3 % dans le PIB national. Les espèces prédominantes sont les bovins, ovins, caprins, porcins et la volaille. La répartition régionale est très hétérogène : la Moyenne-Guinée compte plus de 40 % des bovins et des petits ruminants du pays ; la Haute-Guinée, quant à elle, possède 35 % des bovins et plus de 20 % des petits ruminants ; on dénombre quasiment 20 % des bovins et des petits ruminants en Basse-Guinée. Enfin, la Guinée forestière recèle un fort effectif de porcins. Le sous-secteur de l'élevage bénéficie depuis 1987 d'importants investissements, à travers des projets financiers, lancés par quelques bailleurs de fonds (la Banque mondiale, l'Union européenne, l'Agence française de développement). Les résultats restent mitigés...

Pêche. La pêche industrielle est pratiquée avec une flotte presque exclusivement étrangère, opérant sous licence. Le secteur de la pêche possède un fort potentiel de développement et porte l'espoir de beaucoup de Guinéens. Le pays a une façade maritime de 300 km : le plateau continental guinéen est la plus grande surface submergée d'Afrique atlantique. La pêche constitue grâce à cela l'un des secteurs les plus importants pour l'économie du pays, avec 10 000 emplois directs et 100 000 indirects. Cette même pêche fournit une grande part des protéines animales consommées dans le pays (17 kg de poisson par habitant et par an). La pêche artisanale a une longue tradition en Guinée. C'est avec un chiffre d'affaires deux fois moins important que celui de la pêche industrielle qu'elle génère une valeur ajoutée trois fois plus importante. Le poisson apporte aux populations côtières la base de leurs consommations en protéines. L'excédent est par la suite fumé, puis revendu dans tous les marchés du pays. Le fumage et le commerce du poisson sont des activités féminines et très traditionnelles. C'est ainsi que, comme le veut la tradition, les femmes bénéficient des revenus de leurs activités. Le fumage se pratique selon une tradition ancestrale, qui utilise comme combustible du bois de rhizophora, à raison de 3 kg de bois pour 1 kg de poisson.

Ressources minérales. La Guinée constitue une synthèse des minéralisations les plus enviables d'Afrique de l'Ouest. Le pays recèle des gisements de bauxite, fer, or, diamant, calcaire, nickel, chrome, cuivre, uranium, cobalt, etc., ainsi que du pétrole off shore.

Le pays n'a pas su se servir de ses ressources pour plusieurs raisons. Tout d'abord, la mauvaise gestion des contrats d'exploitation. En offrant un droit d'exploitation à des entreprises étrangères qui extraient le minerai brut et le raffinent ailleurs, on prive les Guinéens de toute technique et de tout savoir. Ils ne sont qu'un puits sans gardien. Ainsi, le secteur minier représente à lui seul 80 % des exportations du pays et 20 % de son PIB. Les zones minières sont ainsi restées des enclaves à l'impact quasi nul sur la population. Le secteur est actuellement en pleine relance et le pays devrait bénéficier d'investissements directs étrangers. La bauxite aurait dû faire la fortune du pays depuis une cinquantaine d'années, avec 15 millions de tonnes par an ; la Guinée en est le deuxième producteur mondial. Ce seul minerai représente 25 % de ses recettes fiscales, 15 % de son PIB et assure plus de 85 % de ses recettes d'exportation. Les trois grands acteurs du secteur sont la Compagnie des Bauxites de Guinée, dont le capital est partagé par l'Etat et un consortium, vient ensuite la Compagnie des Bauxites de Kindia du Russe Ruski et, en dernière position, l'Aluminium Compagny of Guinea/Fria, détenue par Rusal.

L'exploitation du fer, dont on parle depuis une vingtaine d'années, devait devenir une réalité avec deux projets à l'étude. L'un au mont Nimba, en Guinée forestière, mis en oeuvre par la Société des mines de fer de Guinée, et l'autre au mont Simandou, piloté par Simfer, une filiale du géant australien Rio Tinto. Mais ce second projet, le plus important, a été abandonné en 2016 notamment en raison de la baisse du cours du fer et de la nécessaire, et coûteuse, construction d'un chemin de fer et d'un port en eaux profondes pour évacuer le minerai. Un investissement estimé à 6 milliards de dollars, qui s'est finalement révélé dissuasif.

L'or n'est pas absent du palmarès. Dans la préfecture de Siguiri est exploité le gisement d'or de Koro qui a produit 320 000 onces en 2007. La Société minière de Dinguiraye exploite pour sa part la mine de Léro en Haute-Guinée et a un projet d'extension de ses installations. L'exploitation artisanale dans la région de Siguiri, Banora, Sankarani, Nianda, Banié et Totaba mobilise quelque 50 000 orpailleurs avec une production estimée à 3,6 tonnes d'or par an. La production de diamants est, elle, totalement artisanale depuis l'arrêt par Aredor du gisement de Gbenko. Les gisements sont situés autour de Kindia et Forécariah en Basse-Guinée et en Guinée forestière ; entre 500 000 et 1 000 000 de carats sont annuellement produits.

Place du tourisme

Dotée par la nature d'un potentiel touristique très riche - tourisme balnéaire, tourisme de découverte et aventure, tourisme naturel et écologique, tourisme culturel, tourisme de chasse et pêche -, la Guinée tire encore trop peu avantage de la diversité de ses paysages aux contrastes saisissants et insoupçonnés. L'industrie touristique guinéenne reste relativement jeune et embryonnaire. L'intérêt étatique pour ce secteur existe bien depuis quelques années, mais la mise en oeuvre d'une politique cohérente et ambitieuse semble rencontrer de nombreux freins.

Pourtant, en complément de ses richesses naturelles, la Guinée a également été la plaque tournante des grandes civilisations d'Afrique de l'Ouest, dont on trouve encore les traces et les vestiges par endroits.

Mais le principal joker touristique du pays est certainement la réputation dont il jouit en matière musicale : être une terre de grands musiciens, tout particulièrement dans le domaine du jazz et plus encore des percussions, est un atout majeur. Ainsi les écoles sont nombreuses à Conakry. Il n'est pas rare de rencontrer des fotés ou des toubabous (Blancs) venus tout spécialement dans ce pays dont ils ignoraient jusqu'à l'existence pour s'initier ou se perfectionner au djembé. L'un des plus grands djembéfola (joueur de djembé) vivant, Mamady Keïta, est par ailleurs un enfant du pays.

Le tourisme apporte tout de même, avec ses 44 000 visiteurs par an (rapport septembre 2011 - ministère délégué des Transports), près de 2,16 % du PIB. Mais ces chiffres comprennent aussi l'affluence du personnel " technique " étranger travaillant dans les mines ou dans le domaine des affaires. Les " vrais touristes ", ceux venus pour découvrir le pays, sont encore peu nombreux, quelques milliers tout au plus.

Les hébergements pour satisfaire les visiteurs désireux d'un confort correct existent à Conakry et en Basse-Côte, ainsi qu'au Fouta-Djalon, mais il faut penser à bien vous renseigner sur leurs disponibilités avant de vous rendre dans les hôtels indiqués dans ce guide. En effet, dans les principaux centres miniers, de nombreux établissements (souvent les meilleurs) ont été entièrement privatisés par les compagnies étrangères et rendent assez difficile de se loger sur place.

La Guinée forestière, ravagée économiquement par les guerres des pays frontaliers (Liberia, Côte d'Ivoire, Sierra Leone), semble ne pas trop se soucier du tourisme. Mis à part quelques bons hôtels (hélas souvent privatisés), on aura du mal à trouver un hébergement satisfaisant. Pourtant, cette région a pour ce domaine un potentiel énorme (ponts de lianes, chaîne du mont Nimba, éléphants, chimpanzés en liberté, etc.).

Enfin, la Haute-Guinée, à l'exception de Kankan, centre d'échange commercial important, ne possède pas d'hôtels dignes de ce nom.

La Guinée est donc, dans sa partie la plus au sud-ouest et au Fouta, prête à recevoir un nombre de touristes bien plus important qu'ailleurs dans le pays. Les autres régions sont réservées aux voyageurs qui savent s'adapter.

Outre les problèmes d'hébergement, le développement du tourisme est confronté aux difficultés en matière de déplacements. Il existe bien des routes goudronnées très agréables dans tout le pays, mais il reste encore de trop nombreux tronçons en état moyen ou mauvais, parfois difficilement praticables. Certes des rénovations sont en cours, mais heureusement que les taxis-brousse sont équipés pour le " tout-terrain ", et qu'il y a de bons 4x4 évidemment. Cela ne rend pas pour autant les trajets plus agréables, moins fatigants et pénibles dans la durée. Au moins cette situation donne plus de temps pour apprécier les paysages qui, eux, valent le détour. Une heureuse contrepartie !

Enjeux actuels

Activités agricoles. Le secteur agricole présente un enjeu pour le pays, puisqu'il occupe environ 80 % de la population active. Pourtant il ne représente qu'un peu plus de 20 % du PIB et 10 % des exportations. L'une des raisons à cela est un niveau technologique très faible. Pourtant, la diversité du relief, les climats, les sols et l'abondance en eau offrent une grande variété de conditions, propices à la production agricole. Néanmoins, c'est dans ce milieu rural que l'on enregistre le taux le plus important de pauvreté (quasiment 50 % de la population agricole vit en dessous du seuil de pauvreté absolue). La politique de sécurité alimentaire reste une utopie comme en témoigne l'importation de riz dont les Guinéens sont - avec 90 kg par personne - les premiers consommateurs en Afrique de l'Ouest. Sa culture mobilise d'ailleurs environ 420 000 producteurs sur 700 000 ha de terre. A l'heure de la hausse mondiale du prix des denrées, l'autonomie alimentaire pourrait devenir un enjeu d'une dramatique importance pour le pays. Le pays produit également des tubercules (manioc, igname, patate douce, taro) et toutes sortes de céréales (maïs, mil, sorgho, fonio). Le niveau de production fruitier est encourageant : 100 000 tonnes de mangues, plus de 200 000 tonnes de bananes douces et de plantins, 15 000 tonnes d'ananas sont annuellement produits. Le café était importé par les Français durant la colonisation (robusta en Guinée forestière et arabica dans le Fouta-Djalon), mais sa culture a été délaissée sous Sékou Touré. Les efforts pour relancer la filière ont permis de porter la production à 30 000 tonnes par an, en majeure partie exportée. L'émergence du café Ziama et l'accroissement de sa production sont un des résultats de ces efforts.

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