Arts et culture

Artisanat
Petits souvenirs sculptés dans la roche de la vallée du Rift.
Petits souvenirs sculptés dans la roche de la vallée du Rift.

D'origine nomade, l'artisanat local produit principalement les objets qui constituent traditionnellement les trousseaux des mariés : mortiers, pots, nattes, paniers, encensoirs, sandales nomades (samara - en peau de boeuf ou de chameau, elles comportent plusieurs semelles pour protéger les pieds du marcheur), etc.

Le palmier doum permet de fabriquer de nombreux objets. Ainsi, les nattes appelées fidima, et les articles de vannerie sont sans doute ceux auxquels on apporte le plus d'attention et où l'imagination créatrice se donne libre cours. Outre les nattes, on fabrique des récipients, dont on brûle l'intérieur pour les rendre étanches : gorof en somali, ayni en afar. Ces articles intéressent aujourd'hui les touristes et sont donc fabriqués en plus grand nombre qu'autrefois. D'un artisanat non marchand, on passe peu à peu à un artisanat marchand, d'un artisanat usuel à un artisanat décoratif. Les objets fabriqués jusque-là étaient utilitaires, destinés à la famille et offerts comme cadeaux. A présent, les artisans innovent pour susciter l'intérêt des touristes : encensoirs sculptés, maquettes de bateaux, animaux en lave... On voit, dans les rues des villes et de la capitale, des femmes assises, tressant des tiges végétales à l'aide d'un outil très fin, qui donneront plateaux, sacs, couvre-pots, petits coffres, portefeuilles. Les bijoux issas et afars - certains portés tous les jours ; d'autres, plus précieux, à l'occasion des cérémonies - se distinguent par leur aspect vivement coloré. Il peut s'agir de simples colliers plats faits de billes de plastique multicolores, comme de bijoux en métaux précieux. Les premiers, de prix très abordable, connaîtront sans doute un beau succès auprès des touristes occidentaux... Les femmes se transmettent ce savoir-faire de mère en fille. A Tadjourah, certaines se sont groupées pour former une Association des femmes. Cette dernière a initié cette activité dans un but marchand et a servi d'exemple dans tout le pays. Toutefois l'artisanat est également affaire d'hommes, et la fabrication de petites sculptures en bois, de dromadaires notamment, semble être une activité qui leur est réservée. Le bois sert aussi à la fabrication de nombreux ustensiles : cuillères sculptées (fandhal en somali, naguri en afar), grands bols et mortiers pour les préparations culinaires, peignes sculptés à trois dents destinés à la coiffure des hommes (fidhin en somali, fileya en afar), repose-tête (barki en somali, fixeyna en afar). Enfin, les fameux bâtons de nomades, parfois joliment sculptés, qui devraient eux aussi plaire aux touristes.

Les hommes, principalement ceux de l'ethnie des Midgan (ni Afars ni Issas, longtemps considérés comme impurs dans de nombreuses régions d'Afrique), forgent aussi de magnifiques poignards (golxad, billawé) à partir de pièces métalliques d'origines diverses et inattendues. Ils rappellent que les nomades étaient aussi des guerriers. Mais le poignard revêt aussi une utilité plus immédiatement pratique : couper la viande, les cheveux... Les hommes, mais aussi les femmes, dansent également avec des poignards lors de cérémonies (danse nacna par exemple). Les armes sont souvent protégées par de beaux fourreaux en peau décorés de fils métalliques.

Cinéma

Le cinéma ne semble pas rencontrer un grand succès auprès de la population. Ainsi, la seule salle de la capitale, l'Odéon, a fermé il y a quelques années, faute de spectateurs et fortement concurrencée par les téléviseurs omniprésents dans les foyers. Ceux qui apprécient le septième art fréquentent donc l'Institut français. L'industrie du cinéma est absente pour le moment de ce pays, dont les extraordinaires paysages inspirent et inspireront probablement toujours plus les réalisateurs étrangers.

Déjà, ont été tournés ici Eclipse totale, Les Chevaliers du ciel, La Chamelle, Beau Travail ainsi que des documentaires ou téléfilms sur Rimbaud Verlaine ou Monfreid. Celui qui est consacré à Monfreid a été partiellement tourné dans les environs du lac Abbé, où les paysages sont quasi extraterrestres. Le film sur Rimbaud, signé Agnieszka Holland et sorti en 1995, a été partiellement tourné à Djibouti. Ce téléfilm, dont les interprètes sont, entre autres, Leonardo di Caprio, Romane Bohringer et Dominique Blanc, raconte les amours de Rimbaud et Verlaine, ainsi que les dernières années du jeune poète en Abyssinie et à Aden.

Le film La Chamelle a été tourné par la réalisatrice belge Marion Hânsel, en 2006, avec uniquement des acteurs africains et de nombreux figurants locaux. Inspiré d'un livre de Marc Durin-Valois, il relate les mésaventures d'une famille nomade qui tente de survivre malgré la sécheresse. On pourra aussi voir le téléfilm Lettres de la mer Rouge, d'Eric Martin et Emmanuel Caussé, consacré à Henry de Monfreid. Beau Travail est un film de Claire Denis sorti en 2000, qui raconte la vie des légionnaires dans les conditions extrêmes du désert djboutien ; il a été en grande partie tourné à Arta.

Enfin, le film La Planète des singes de Franklin J. Schaffner, sorti en 1968, n'a jamais été tourné au lac Abbé, malgré les rumeurs véhiculées à Djibouti, mais dans des studios californiens et dans l'Arizona, paysage certes qui prête à confusion...

Le théâtre local trouve, lui aussi, son inspiration dans la vie nomade. Les professionnels sont rares. Citons tout de même le groupe Dinkara ou la Troupe artistique du 4 Mars, qui mêlent musique, danse et critique sociale. Les troupes d'acteurs amateurs sont assez nombreuses et se constituent sous forme d'associations : l'Association des comédiens amateurs de théâtre, par exemple, Voix de l'Est, Troupe de la Licorne.

La vie nomade n'est pas le seul thème abordé. La dramaturge Aïcha Mohamed Robleh a ainsi fait de la condition féminine son sujet de prédilection, avec succès. La Dévoilée et Si Madame devient ministre sont ses pièces les plus connues. La première, sur fond de comédie, est une réflexion sur la place de la femme au sein de sa famille, de sa belle-famille et dans la société djiboutienne.

Les plus grandes salles de théâtre du pays sont le Palais du Peuple, le théâtre des Salines (en plein air) et l'Institut français de Djibouti (IFD).

Littérature

Compte tenu de la forte tradition orale, l'art de l'écriture est récent à Djibouti. Mais les sources d'inspiration ne manquent pas, ce sont les innombrables récits et poèmes nomades. Les écrivains djiboutiens, de plus en plus nombreux, pâtissent d'une diffusion limitée et de l'intérêt modéré du public local. Rares sont ceux qui parviennent à éveiller l'intérêt des éditeurs parisiens, à l'exception des éditions L'Harmattan, du Serpent à Plumes ou de Sépia par exemple.

Le français (Djibouti a une place importante au sein de la francophonie) et l'arabe restent les principales langues d'écriture. Mais les auteurs qui s'expriment en somali ou en afar se multiplient.

L' Institut français de Djibouti (ex-IFAR), les opérations du " Temps des Livres ", des éditions comme L'Harmattan ont permis à bien des auteurs locaux de se faire connaître en France.

Ainsi, Abdourahman Ali Waberi s'est fait un nom en France où il réside et ailleurs, grâce à des oeuvres inspirées qui lui valent d'être régulièrement invité à de nombreux salons (Paris, Bruxelles, Etonnants Voyageurs...). Il apparaît comme l'un des chefs de file de la nouvelle littérature djiboutienne. Ses livres, Le Pays sans ombre, Balbala, Cahier nomade, dressent un tableau très réaliste du Djibouti, dans une langue qui colle à son sujet, parfois fièvreuse, voire hallucinée, souvent lapidaire. Ses ouvrages plus récents traitent des thèmes internationaux (Etats-Unis d'Afrique). Son dernier roman La Divine Chanson a été publié en 2015.

A travers ses textes, nouvelles et poèmes (Nation promise, La Galaxie de l'absurde), Idriss Youssouf Elmi dit la difficulté de la transition entre nomadisme et sédentarité, entre cultures orale et écrite.

Abdi Ismaël Abdi (Gris de traverses), Abdi Mohamed Farah (Errance éternelle), Daher Ahmed Farah (Splendeur éphémère, Abandonné par les dieux), Mohamed Abdi, ou Ali Moussa Iye (Le Verdict de l'arbre) sont d'autres figures de la littérature actuelle.

Les contes et poèmes demeurent une forme de littérature très prisée, car issue des traditions nomades. Le plus célèbre des poètes djiboutiens est William J-F Syad (mort en 1993), connu pour Cantiques, Naufragé du Destin, Khamsin. Ce dernier ouvrage, un recueil de poèmes, est considéré comme la première oeuvre francophone publiée par un Djiboutien. Parmi les poètes plus récents, citons encore Chehem Watta (Pèlerin de l'errance, Sur les soleils de Houroud, Blanc d'Assal ou L'Éloge des voyous), qui dépeint merveilleusement son pays. Ses poèmes lyriques et généreux sont, selon Waberi, des " vignettes de la vie quotidienne " : mastication du qat, vie nomade, paysages, amours malheureuses.

Les femmes sont encore peu nombreuses à s'aventurer sur le terrain de l'écriture. Il est donc bon de signaler l'une des rares Djiboutiennes publiées en France, Mouna Hodan Ahmed, auteur des Enfants du khat (éditions Sépia), une belle chronique de la vie quotidienne djiboutienne.

Pour en savoir plus : Didier Morin, La Littérature djiboutienne, une littérature entre hiatus et lapsus. Actes du XXXe Congrès de la Société française de littérature comparée, 2003, Limoges, Université de Limoges. Le texte légitime, pratiques littéraires orales traditionnelles en Afrique du Nord-Est. Paris-Louvain, 2003, Peeters, coll. " Selaf ".

Ces étrangers inspirés par Djibouti

Henry de Monfreid (1879-1974)

Aventurier, marin et commerçant, Henry de Monfreid, encouragé à écrire par Joseph Kessel, n'a pas été dans le pays un Européen de passage. Il a sillonné la région de 1901 à 1940 et y posséda divers bateaux et plusieurs maisons (Obock, monts Mablas, région du Harrar). Homme d'action, libre-penseur, Monfreid se trouve rapidement mal à l'aise dans le petit monde des colons. Il apprend les langues locales (arabe, oromo), se convertit à l'islam, s'adonne à des trafics en tout genre, fume de l'opium, exige obéissance de ceux qu'il emploie, qu'il côtoie. A son retour en France, ses conférences connaissent un grand succès. Ses écrits et ses photographies constituent de remarquables témoignages sur cette région du monde à l'époque coloniale : jeux politiques, corruption, trafics, traditions locales, paysages, vie des marins.

A lire : Les Secrets de la mer Rouge, La Croisière du haschisch. A regarder : un beau livre avec ses photos : En mer Rouge (éd. Gallimard). A voir : le téléfilm Lettres de la mer Rouge, d'Eric Martin et Emmanuel Caussé.

Joseph Kessel (1898-1979)

Cet infatigable écrivain-voyageur a découvert Djibouti en 1930, alors qu'il réalise un reportage sur les trafiquants d'esclaves. Il est guidé par Henry de Monfreid, qu'il encouragera à écrire. De son séjour dans la région, Kessel tire une oeuvre exceptionnelle, Fortune carrée. Il y évoque le nomadisme, les trafics, le colonialisme. On est surtout envoûté par ses descriptions des paysages de l'intérieur, déserts, steppes, champs de lave. La description des paysages, qui plus est " pétrifiés ", est un art difficile et Kessel y excelle dans cet ouvrage. Son nom a été donné au lycée français de Djibouti.

Arthur Rimbaud (1854 -1891)

Rimbaud a cessé d'écrire depuis des années quand il aborde les côtes de la région. Il vit principalement à Aden et ne se rend jamais à Djibouti-Ville, alors un très modeste comptoir. Il fait des séjours au Harrar et à Tadjourah, épisodiquement. A Tadjourah, il attendra un an avant de recevoir les autorisations nécessaires pour acheminer sa caravane chargée d'armes (il avait enterré 2 000 fusils et 75 000 cartouches). Ce sont des villes qu'il exècre mais qui le retiennent, le captivent. " Ailleurs sera mieux qu'ici " ou " je m'ennuie beaucoup " répète-t-il fréquemment dans ses missives. Il met au point divers trafics, d'armes notamment. Au cours de ces onze années (1880-1891), ses succès sont rares, ses échecs nombreux. Il rentre en France plus pauvre que jamais, malade à en mourir. De son séjour restent les lettres envoyées à sa famille, ses maisons à Aden, au Harrar, à Tadjourah. De nombreux lieux portent aujourd'hui son nom : une place à Djibouti, des centres culturels...

A lire notamment : A. Borer, Rimbaud en Abyssinie, éd. Seuil.

Albert Londres (1884-1932)

Le célèbre journaliste qui a sillonné la planète sans relâche est venu deux fois à Djibouti, entre 1924 et 1931. Dans son ouvrage Pêcheurs de perles, il raconte ses impressions sur cette ville née sur rien, et qu'il trouve merveilleuse quand tous la décrivent comme étouffante.

Paul Nizan (1905-1940)

En 1926, le philosophe, ami de jeunesse de Sartre et très engagé politiquement, est nommé précepteur à Aden. Il en profite pour sillonner la région. Dans Aden Arabie, sorte de testament littéraire avant l'heure (il mourra à la guerre, à 35 ans), il nous raconte, dans une très belle langue aux accents parfois rimbaldiens, les impressions que lui inspirent la situation coloniale, les colons, la vie de Djibouti, ses habitants et son architecture, et le contexte politique de l'époque.

Romain Gary (1914 -1980)

L'aviateur-diplomate-écrivain découvre Djibouti en 1971 et nous laisse un bel ouvrage, Les Trésors de la mer Rouge.

Jean-François Deniau (1928-2007)

L'écrivain-ministre-académicien, amoureux de la mer, est tombé sous le charme de Djibouti. Il possèdait une maison non loin de Tadjourah, ville qui a donné son nom à l'un de ses romans. Le sultan de Tadjourah en personne lui avait cédé le terrain après que Deniau se fut en sa présence extasié sur la beauté du site.

Hugo Pratt (1927-1995)

Le célèbre dessinateur a vécu dans cette région d'Afrique et cela se voit dans ses oeuvres. Il y emmène Corto Maltese, dans Ethiopiques. Et, dans les Scorpions du désert (Brise de mer), évoque Djibouti et ses voisins dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale. Un hôtel à Tadjourah porte son nom.

Et aussi Michel Leiris, Roland Dorgelès, Paul Morand, Pierre Loti, Jules Supervielle, Philippe Soupault et Pierre Teilhard de Chardin ont eux aussi mis quelquefois leur talent au service de Djibouti.

Médias
Musique

Dans ce pays, l'usage des instruments ne date pas de bien longtemps. Le poète et compositeur somalien Cabdilaahi Qarshe (1924-1997) est l'un de ceux qui ont créé la chanson moderne dans la Corne de l'Afrique, en introduisant l'usage des instruments arabes ou européens. Ce sont d'abord les nombreux poèmes et contes nomades qui ont été mis en musique.

Etant donné la situation géographique et l'histoire du pays, c'est sans surprise que l'on reconnaît dans la musique djiboutienne actuelle des influences africaines, arabes et européennes. Rythmes endiablés ou volontairement planants s'adaptent aux diverses situations de la vie quotidienne. Les premiers s'écoutent lors des fêtes, les seconds se prêtent très bien à l'ambiance des parties de qat (où le reggae est aussi roi). Il s'agit de musiques et textes mélancoliques, dont Aïdarous (et ses solos de guitare) ou Abayzid (jeune chanteur afar du blues nomade) sont les vedettes. Citons aussi Taha Nahari, l'un des maîtres du guux, nom du blues traditionnel local.

Les thèmes sont les mêmes que sur toute la planète : l'amour, le désir frustré. Toutefois la vie nomade ou la réalité de la vie djiboutienne actuelle inspirent aussi des chansons " à texte ".

Le groupe Dinkara est l'une des formations phares de la scène locale : rythmes arabes accélérés, tambours, guitares. Arhotabba est un groupe récent, formé de jeunes passionnés et de musiciens connus du paysage culturel local : musique world, reggae, blues. Citons aussi Père Robert, ou des artistes plus anciens comme Fatouma Mansour (compositeur-interprète en langue afar), Okvieh Iltireh Kamil (en langue somali) et Abdoulkader Bamakrama.

Fest'Horn, Corne musicale

Le Fest'Horn, festival régional de musique de la Corne de l'Afrique a fêté en 2015 ses 16 années d'existence. Le pari sur la durée n'est pas un mince affaire, chaque année, le Fest'Horn renaît au mois de décembre et pendant une semaine, on monte le son au Palais du Peuple ou au théatre des Salines. Chaque édition accueille des groupes afars, somalis, kenyans avec une part belle faite aux artistes éthiopiens, pour une semaine de concerts à Djibouti-Ville mais aussi à Tadjourah, Arta... Malgré des places payantes, le public djiboutien, majoritairement jeune, se déplace massivement, heureux d'être présent à ce festival unique dans la région.

Peinture et arts graphiques

Peinture et sculpture commencent tout juste à faire des émules à Djibouti, la religion musulmane interdisant en effet la représentation des hommes et des animaux.

Les artistes djiboutiens s'inspirent avant tout du quotidien, de la vie nomade : deux sources d'inspiration aussi immédiates qu'inépuisables. Souvent très colorés, les tableaux des artistes locaux connaissent un succès grandissant, notamment auprès des touristes, intéressés évidemment par ce thème. Parmi les peintres, citons les noms de Khalil Massori, God Djama Elmi, Mouhoumed Mohamed Houssein, Nawal Awad, Fouad Daoud Youssouf, Sid Ali... Moins nombreux, les sculpteurs s'inspirent des artisans nomades ou villageois qui confectionnent des figurines de dromadaires par exemple, une activité réservée aux hommes.

Le pays ne comptant pour le moment aucun musée, le visiteur de passage intéressé par l'art local devra donc souvent entrer en relation avec les artistes eux-mêmes. Les tableaux sont exposés chez les peintres à leur domicile, chez des particuliers, et font aussi parfois l'objet d'expositions au l'Institut français de Djibouti. C'est là que vous aurez le plus de chances d'admirer quelques oeuvres ou de recueillir des infos sur les artistes.

Traditions

Chants, poésies et contes, vecteurs du savoir nomade, font partie aujourd'hui encore des différents événements et fêtes qui ponctuent la vie d'une famille ou du pays. Tout le monde ici connaît des dizaines de chants et poèmes, dont certains ont une origine très ancienne. Les femmes les racontent aux enfants tous les soirs. Les thèmes de la vie nomade les plus récurrents sont la quête de l'eau, le chargement de chameau, le mariage, les cérémonies de guérison (comme la cérémonie du zar, pratiquée par les femmes)... Pendant leurs longues marches et leurs moments d'inactivité, les bergers composaient des poésies, des chants qui parlaient de leur bien-aimée, ou de leurs bêtes.

Parmi les chants traditionnels, on citera le malaabo de Tadjourah. Réservé aux femmes, qui le chantent en groupe, il anime les cérémonies familiales majeures : naissances, circoncisions, mariages... Les paroles sont des éloges et des compliments, qui s'adressent à la personne que l'on fête et à sa famille. On chante, tout en dansant au rythme d'un tambour. Ce dernier accompagne aussi la danse dabal.

A l'occasion de certaines cérémonies, des danses avec des poignards sont exécutées par les hommes et les femmes (danse nacna par exemple). D'autres danses et chants évoquent ou fêtent l'arrivée de la pluie ou le départ pour un combat, comme le horra, un chant des guerriers afars.

La musique d'accompagnement est très simple : tambour, battements de mains, reprise en choeur de la voix principale. Simple, mais très efficace et communicative. Depuis des lustres, le tambour a un rôle de première importance. Le dinkara des Afars, constitué d'un petit et d'un grand tambour, a été longtemps utilisé comme messager. Ses rythmes codés annonçaient des événements : début et fin du ramadan, décès du sultan, nouvel an, etc.

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