Guide du R. D. Congo : Mode de vie

Le clan, la communauté, le groupe, la famille... C'est la base de l'organisation sociale au Congo, et plus globalement en Afrique où la dimension collective prime sur l'individu et dicte sa vie, de sa naissance à sa mort. Le tout, incarné dans le cycle de la vie auprès d'hommes et de femmes qui se croisent au carrefour de multiples identités, chacune porteuse d'un héritage spécifique. Ainsi, le Congolais prendra toujours le temps, étant davantage ancré dans le moment présent. Tant pis pour les éternels pressés...

Bavarder longuement sous tous prétextes et de préférence avec une bière, semble être la philosophie de la vie. Le temps est élastique et au service de l'échange et de l'humain, pour nouer ou affirmer le lien social. A chaque identité correspond une relation communautaire particulière avec ses codes, ses idéologies, et où le lignage et la proximité de parenté, de village, de quartier, de l'ethnie coexistent et se nourrissent mutuellement. Aller-retour permanent aussi entre le concret / la réalité et l'imagé / le symbolique, qui imprègne la vie au quotidien.

Pas simple pour les Occidentaux organisés, compartimentés et rationnels, de décrypter la multitude de messages envoyés, sur des degrés divers de compréhension... Cela demande un temps d'adaptation mais le jeu en vaut la chandelle si l'on veut pénétrer l'esprit de cette population si attachante et chaleureuse, portée sur l'accueil de l'autre.

LA FAMILLE

La famille au Congo est considérée et reconnue par la constitution du pays ainsi que par le code de la famille comme la cellule mère de la nation. La vie familiale est marquée par trois moments particuliers : la naissance, le mariage et la mort. Si la naissance est toujours considérée comme une bénédiction parce qu'elle assure la pérennité du clan, la mort apparaît comme un désastre, et le mariage un pont entre les familles. Les cérémonies de naissance, de mariage et de décès réunissent toujours tous les membres du clan. C'est l'occasion de faire le point sur l'état de la famille et de résoudre les différends éventuels au sein de celle-ci. Ces rassemblements sont en général présidés par la personne la plus âgée et donnent lieu à des retrouvailles et réjouissances.

Dans l'espace et dans le temps, le lien familial est un mode pertinent d'organisation avec comme structure permanente, à la fois virtuelle et physique, la " maison " qui regroupe tous ceux qui se trouvent autour d'un même " feu ". La famille nucléaire est donc la " famille foyer " fondée sur une alliance entre deux familles " sang ", masculine et féminine, quelque soit le régime de parenté. Elargie aux différents degrés de parenté, la famille est considérée à la fois comme unité de production et d'intégration sociale. Son organisation résulte du besoin de conservation du groupe social formant une structure et de sa dépendance au milieu naturel.

La forte solidarité qui se manifeste entre les membres de la famille élargie a pour objectif de bannir l'individualisme conduisant à l'exclusion sociale. Mais une rupture s'est opérée au sein de la cellule familiale élargie, avec les changements économiques issus de la période coloniale, postcoloniale et aujourd'hui de l'urbanisation du pays. Cette rupture se matérialise par un déclin progressif des solidarités traditionnelles, de l'individualisation conduisant parfois à la marginalité dont les formes les plus graves sont la délinquance, la prostitution, l'abandon des enfants ou des personnes âgées.

La famille congolaise étant aujourd'hui confrontée à un dualisme culturel, entre le souci de conserver son identité culturelle et la nécessité de s'intégrer dans un monde en pleine mutation influencé par la culture occidentale. 

ÉDUCATION

En dépit des réformes successives qui se sont opérées au fil du temps, le système scolaire congolais tire ses origines du modèle belge instauré à l'époque de la colonisation. Conformément à la loi-cadre sur l'éducation nationale, l'enseignement est organisé suivant les cycles suivants : maternelle (3 ans) ; primaire (6 ans) ; secondaire (général, technique ou scientifique) (6 ans) ; supérieur et universitaire (3 ans en cycle court, 2 ans de licence/master).

Mais alors qu'elle possédait l'un des réseaux scolaires les plus performants d'Afrique et un taux d'alphabétisation exemplaire au moment de l'indépendance, la RD Congo a vu son système scolaire se dégrader au fil des années, faute d'investissements publics tant au niveau des infrastructures, que de la formation et la rémunération des enseignants. L'enseignement est donc nettement au rabais actuellement et le système gangrené par la corruption généralisée. On parle même des " CST ", c'est-à-dire de " cotes sexuellement transmissibles ", y compris à l'université où l'on peut aisément acheter son diplôme d'une manière ou d'une autre...

Mais au Congo, l'éducation est aussi, en théorie, une affaire de famille, puisqu'elle en assure les fondements. À une certaine époque, c'était aussi une charge collective garantie par la société, les parents du quartier ou du village pouvant suppléer à l'éducation des enfants en sus de leurs parents biologiques... Ce phénomène a été perturbé par la longue crise économique que le pays a connue et dont les conséquences ont totalement déstructuré la cellule familiale et l'autorité parentale.

Les enfants se prenant à présent très tôt en charge, contribuant bien souvent à la survie de la famille. Avec pour conséquence que certaines familles, ne pouvant plus compter ni sur l'école ni sur les structures sociales traditionnelles pour assurer l'éducation et la scolarisation de leurs enfants, se désinvestissent de ce rôle.

Sans oublier le sacrifice financier que représente pour beaucoup l'envoi de l'un ou l'autre de leurs enfants à l'école... Beaucoup de ces derniers se voient donc dans l'obligation de quitter l'école, leurs parents n'arrivant plus à assurer les frais de scolarisation ou n'en voyant pas la nécessité. Ces enfants sont alors formés sur le tas, comme apprentis dans les commerces et petites entreprises des villes. Très souvent ils vont gonfler le nombre de ce qu'on appelle les " enfants des rues " (shégués). Avec les conséquences dramatiques que l'on imagine sur la société congolaise de demain, processus déjà à l'oeuvre aujourd'hui au sein de jeunes adultes illettrés et non scolarisés pour la plupart, et donc hautement précarisés. Cela s'illustre notamment dans la connaissance du français (la langue de l'enseignement officielle) qui tend à diminuer au sein d'une frange de la population non instruite, qui ne parle plus que les langues nationales et dialectes et ne sait bien souvent ni lire ni écrire.

SANTÉ

Sur le plan institutionnel, chaque région du pays dispose en théorie d'une zone de santé, qui comprend un ou plusieurs hôpital général de référence et des centres de santé y attachés. Ces établissements sanitaires publics sont gérés par des médecins mandatés par l'Etat. Ils disposent des services nécessaires mais manquent très souvent de médicaments et de matériel. Surtout en campagne, dans les zones reculées, où il vaut mieux dès lors ne pas tomber malade... Même en ville, la qualité des soins au Congo reste aléatoire, ce qui a favorisé la prolifération d'établissements sanitaires privés. Ces établissements appartiennent généralement à des médecins oeuvrant dans les hôpitaux publics, ou à des hommes d'affaires davantage intéressés par le côté lucratif du projet.

Par ailleurs, on observe depuis quelques années la croissance du nombre de tradi-praticiens consultés par des malades incapables de payer des soins hypothétiques administrés dans le circuit officiel. Ceux-ci utilisent les plantes médicinales et les techniques traditionnelles pour traiter plusieurs maladies. Avec les risques et les dérives que cela comporte.

La médecine chinoise a le vent en poupe depuis quelques années à Kinshasa et dans les grandes villes, avec des centres de santé spécialisés de plus en plus fréquentés par les Congolais.

Autre phénomène : jusqu'il y a peu, pour les Congolais qui en ont les moyens, le voyage vers l'Europe restait la voie royale pour se faire hospitaliser et recevoir les soins appropriés. Le temps d'économiser la somme suffisante pour le voyage et les soins, et de prendre les rendez-vous nécessaires... Mais depuis peu, on observe que l'Inde devient un challenger sérieux, à coups de campagnes publicitaires à Kinshasa, et que de nombreux Congolais s'y rendent dans le même but, pour des soins qualitatifs à la pointe de la technologie, mais globalement moins chers qu'en Europe.

On l'a compris, le système de couverture sanitaire par assurance maladie n'existe pratiquement pas en RDC. On observe cependant l'apparition de quelques mutuelles de santé qui se mettent en place, mais généralement à des conditions assez restrictives étant donné la modicité des revenus du Congolais moyen. Certaines mutuelles européennes, notamment en Belgique et en France, proposent une prise en charge par les Congolais de la diaspora au bénéfice des membres de leur famille restés au pays. Et les entreprises publiques et privées couvrent en théorie les frais de soins médicaux de leurs employés et des membres de leur famille au premier degré, par obligation réglementaire.

SOCIÉTÉ
Lignage

On observe deux régimes de parenté qui coexistent en RDC, à savoir le régime patrilinéaire et le régime matrilinéaire. L'influence de l'ère coloniale a fait que la plupart des communautés congolaises, notamment les Mongo et les Luba, sont devenues patrilinéaires. Actuellement, une tendance à la filiation bilatérale faisant coexister les deux parentés se confirme dans certaines communautés, notamment chez les Lunda. Dans le système de parenté patrilinéaire, la descendance se marque par les hommes. Puisque seuls les hommes transmettent la parenté, les enfants d'une femme ne font pas partie de sa parenté mais de celle de son mari.

Dans le système matrilinéaire ou matriarcat, la parenté se transmet par la femme : le statut social et l'héritage passent non pas d'une femme à ses filles mais des frères de la femme aux frères de ses filles. C'est le frère de la mère, l'oncle maternel, qui exerce l'autorité. La forte solidarité qui caractérise pratiquement toute la société congolaise dépend d'une structure solide que l'on peut synthétiser sous la forme de l'ethnie au sein de laquelle les individus partagent en commun un héritage culturel comme la langue, sans pour autant être uni par un pouvoir commun, ainsi que du lignage formé par une grande famille dont la parenté remonte à plusieurs générations. Cette famille " sang " est de taille variable. Au-delà de sa forme nucléaire, elle est le regroupement de tous ceux qui ont conscience de la relation de consanguinité qui les unit. Sous cette forme, elle constitue le lignage. Celui-ci est doté d'une hiérarchie interne, les aînés ayant la charge des cadets qui leur doivent respect et considération. Chaque individu a un rôle et une place bien déterminés au sein de la collectivité, qui lui est transmis par son âge, sa sagesse, son appartenance familiale, son origine sociale, son appartenance ethnique, sa caste, etc.. Marquée d'interdits qui confèrent une forte cohésion au groupe en dépit de certains problèmes pratiques qui se posent, la hiérarchisation de la société congolaise rend difficile la transgression des lois naturelles pratiquement communes à toutes les ethnies. La structure maximale de fraternité consanguine étant le clan, le lignage regroupe les gens qui se considèrent comme descendants d'un ancêtre commun et qui peuvent reconstituer leur généalogie à partir de celui-ci. Signe de leur relation de consanguinité, le clan reste le socle regroupant des identités diverses ayant conscience d'appartenir à une même souche, même si la plupart du temps elles sont dispersées suivant des fortunes diverses. Il est doté d'une identité par laquelle il ne peut souffrir de confusion. Les noms de clans sont des mots anciens, chargés d'histoire et qui désignent des noms soit d'ancêtres, soit de lieux mythiques.

Couples et mariages

Si dans la société traditionnelle, la formation de couples et le mariage sont encore liés à certaines traditions (mariages dans la fratrie, tolérance de la polygamie, union avec des partenaires obligés), ces traditions ont pratiquement disparu dans les populations urbaines. De plus, la constitution consacre le droit de chaque Congolais de se marier avec la personne de son choix, de sexe opposé, en vue de fonder une famille, celle-ci étant considérée comme la cellule de base de la communauté humaine.

Par contre, les moeurs locales en matière de tolérance sur la fidélité sont bien plus souples que dans la société occidentale, particulièrement vis-à-vis des hommes. Beaucoup d'hommes entretiennent ainsi une seconde femme, maîtresse ou seconde épouse, appelée pudiquement " deuxième bureau ". Ce phénomène se retrouve partout au Congo mais particulièrement à Kinshasa.

Par ailleurs, une autre tradition bien vivace est relative à la constitution et l'échange de la dot entre les deux familles des futurs époux. La famille du mari se doit en effet de négocier un montant de dot avec la famille (souvent les oncles) de la future mariée, afin de déterminer sa valeur symbolique. Ce qui est surtout une manière déguisée et conforme à la tradition de faire honneur à celle-ci et aux membres de sa famille, et de témoigner qu'elle sera bien accueillie dans sa belle-famille. La dot comprend surtout des biens matériels, selon une liste communiquée par les représentants de la mariée et fixée en fonction des revenus de la belle-famille, qui vont de casiers de bière, à des chèvres, pagnes en passant par le costume du père de la mariée. C'est un processus très important partout au Congo, l'échange des biens se concrétisant lors du mariage coutumier (sorte de fiançailles), préalable à toute autre démarche et cérémonie officielles célébrant l'union (mariage religieux et civil). Certains se contentant même uniquement du mariage coutumier.

Place de la femme

Ces dernières années, on observe que la femme congolaise urbaine, surtout issue de la classe moyenne, s'est relativement affranchie d'une série d'obstacles à son épanouissement, principalement d'ordre sexiste ou machiste et en lien avec la tradition. La Congolaise, et singulièrement la Kinoise, est aujourd'hui dépouillée de tout complexe, de l'université au bureau en passant par les affaires ou la politique, pour celle bien sûr qui en a les moyens et la possibilité (autrement dit le niveau de scolarisation adéquat). Même si pour la plupart des femmes, les impératifs de survie économique et alimentaire restent un frein à la pratique d'autres activités en dehors des métiers typiquement féminins de coiffure, couture, cuisine (les " 3 C ") ou vente au marché et au détail. Et dans lesquelles les femmes congolaises sont souvent cloisonnées, faute d'autres débouchés ou d'instruction conséquente.

Mais il faut bien faire bouillir la marmite, dans tous les sens du terme, puisque ce sont les femmes qui ramènent le plus souvent les revenus du ménage, dont elles assurent par ailleurs la gestion en bonnes mères de famille, avec une rigueur et un pragmatisme souvent exemplaires.

Les droits fondamentaux des femmes sont depuis peu pris en compte à un haut niveau de l'état, avec la création d'un " Ministère du Genre, Famille et Enfant ", dirigé par une femme, et s'occupant directement des intérêts de la femme congolaise. Celle-ci ayant à présent officiellement droit à l'alphabétisation et pouvant librement, et à l'âge voulu, choisir son partenaire ou le quitter sans perdre ses droits.

La constitution de la troisième République consacre par ailleurs la parité entre les hommes et les femmes, tout en renforçant son rôle d'épouse et de mère. Même si le frein le plus important à l'épanouissement des femmes au Congo reste l'absence ou le manque de moyens visant au contrôle des naissances et à la gestion de la sexualité. Des campagnes contribuent à la dénonciation d'une certaine dépravation des moeurs à l'oeuvre chez les jeunes Kinoises, pour les inciter à refuser des avances ou relations sexuelles en échange de cadeaux, argent ou flatteries, de la part le plus souvent d'hommes mariés plus âgés à la recherche d'un deuxième ou troisième bureau, et dont elles deviennent souvent dépendantes financièrement.

Pour le reste, impossible de ne pas évoquer le sort dramatique de ces fillettes, jeunes filles et femmes à l'est du pays, victimes de viols à répétition parmi d'autres traitements inhumains et dégradants dont elles sont victimes de la part des divers groupes armés sévissant dans ces régions reculées depuis une quinzaine d'années. Le viol est une arme de guerre afin de déstabiliser et détruire la structure traditionnelle familiale congolaise, puisque la femme violée, source de honte pour sa famille, est souvent rejetée. Et ce, afin de pouvoir prendre possession de territoires et procéder au pillage des ressources présentes sans entraves. Et livrer, via des réseaux compliqués et protégés, les précieuses marchandises aux mains de multinationales dont nous sommes tous clients... Ces pratiques de viol entraînent des changements de comportement vis-à-vis de la femme et de la sexualité au sein de la société congolaise, complètement chamboulée et en perte de repères face à ce phénomène qui reste trop souvent impuni, malgré la pénalisation récente du viol en tant que crime dans la loi congolaise.

Tenue vestimentaire
L'Abacost

Littéralement " à bas le costume ". Promulgué par Mobutu lors du recours à l'authenticité dans les années 70 et qui comprenait le boycott du costume cravate à l'occidentale en faveur du " contre-costume " : l'abacost créé spécialement pour l'occasion et censé être plus adapté à la réalité africaine des travailleurs congolais. Celui-ci consiste en un costume avec pantalon et veste taillés dans le même tissu léger et satiné et de même couleur. Avec la particularité que le veston comporte des manches courtes, et qu'on peut le porter avec un simple t-shirt blanc ou chemise légère, et définitivement sans cravate, voire avec un foulard noué autour du cou. Moins répandu aujourd'hui qu'à l'époque, les Congolais continuent néanmoins de l'arborer selon les occasions, en bons chantres de l'élégance à la zaïroise, qui a définitivement marqué les esprits.

Le Pagne

Depuis des temps immémoriaux, le pagne s'est imposé comme l'élément de base de l'habillement des femmes en Afrique subsaharienne et particulièrement en RDC. Replacé dans une perspective historique, économique et socio-culturelle, l'évolution de l'usage du pagne trouve son originalité dans la volonté de parer à la nudité des peuples de la forêt équatoriale. Plus tard, au nom de l'authenticité, Mobutu imposera lui aussi le port exclusif du pagne afin de respecter l'intégrité de la femme. En souvenir des tissus anciens des ethnies traditionnelles confrontées aux influences que le Congo a subies, on en est arrivé à adopter ce rectangle de tissu imprimé que l'on appelle aujourd'hui pagne lequel, drapé autour de la taille, couvre le corps des hanches aux genoux ou aux pieds.

Soumis à différents codes dans la façon de l'attacher, le pagne est également destiné à de multiples usages : porte-bébé, couverture, linceul, couvre-chef, etc. Par ailleurs, il est devenu aussi, dans l'imaginaire du peuple, un instrument de transmission de messages : proverbes, motifs particuliers, convictions politiques ou religieuses.

De " l'oeil de ma rivale ", au célèbre " mon mari est capable ", en passant par le classique ABC, et par le tout récent " chignon de la Princesse Mathilde ", le pagne suscite une fascination telle qu'à chacune de ses apparitions, il est baptisé, surnommé, chanté, encensé. Si le Congolais a principalement adopté le costume européen au détriment de l'abacost, la femme par contre manifeste très souvent son élégance et sa réussite sociale par le port du pagne. Simple pagne porté par les femmes africaines au départ, le tissu wax est même devenu en l'espace de quelques années une étoffe tendance des podiums de mode. Ce tissu aux couleurs criardes ne cesse en effet de faire des adeptes outre-Atlantique notamment, les stars s'entichant de cette mode dite ethnique. Avec en tête de file, la marque hollandaise Vlisco, toujours à la pointe de la mode, et qui domine le marché du wax de haute qualité. (Source : Césarine Bolya, Mémoires vives, asbl).

La Sape

Acronyme de " Société des Ambianceurs et Personnes élégantes ", qui désigne ce mouvement, au départ purement d'ordre vestimentaire mais qui atteint aujourd'hui une dimension sociale et culturelle incontestables. Et qui est propre aux deux Congo, même si des différences sont progressivement apparues entre deux tendances (la Sape à Kin et la Sapologie à Brazza). C'est à l'époque coloniale que naît cette association mentale qui instaure la primauté de l'élégance et de la sophistication comme signes extérieurs de pouvoir et de légitimation sociale.

Mais c'est réellement à partir des années 80 que le mouvement prend de l'ampleur auprès des jeunes. Avec un certain Papa Wemba notamment, considéré comme ambassadeur de la Sape. Toute une génération se met alors à vénérer les fringues de marque et les accessoires de luxe venus d'Europe. Aujourd'hui, ce phénomène s'est métamorphosé en une forme de spectacle de rue extravagant entre la performance et le folklore. Qui fait partie intégrante du mouvement et de ses codes, et qui est devenu un véritable art de vivre. Pire même, une religion dénommée " Kitendi " (Tissu) et fondée par le Kinois Stervos Niarkos, autoproclamé " Pape de la Sape " et sur la tombe duquel tous les sapeurs viennent se recueillir chaque 10 février dans le cimetière de la Gombe (le spectacle vaut la peine !).

Mais la Sape, c'est bien plus qu'un simple mouvement de jeunes qui s'habillent de façon ostentatoire, ou d'une extravagance gratuite. C'est devenu " un combat symbolique contre la misère terne dans laquelle ils vivent " (selon les termes du KVS lors d'une expo du photographe Yves Sambu consacrée à ce sujet).

Mœurs et faits de société
Ancêtres

Le culte des ancêtres est le pilier commun aux sociétés africaines et la base des principales religions traditionnelles. L'entretien de l'ancêtre a pour but de lui rendre la vie meilleure dans l'au-delà et lui assurer que les traditions sont respectées. Les vivants ont des devoirs envers les morts. Ils font des offrandes et leur demandent conseil. Les ancêtres étant censés protéger leurs descendants. Mais l'ancêtre demeure aussi un intercesseur privilégié auprès des dieux. Si l'homme concilie les dieux et les ancêtres, il profitera de leur force et de bienfaits qui se mesureront au prestige de la vie terrestre de l'ancêtre, garantis par la prière et le culte que l'individu leur voue.

Dans plusieurs tribus, ce culte se manifeste par la présence de statues ou de masques. La fabrication des masques, la connaissance des signes et de leurs formes, ainsi que leur port, la danse et la musique associées, sont l'apanage des initiés, détenteurs de certains secrets inaccessibles aux profanes. Revêtant lui-même un caractère sacré dès sa première sortie, le masque devient vivant car habité par des esprits ou par les ancêtres. Lorsque le sculpteur fabrique le masque, il est inspiré par une entité spirituelle qui a décidé de sa matérialisation à travers l'objet.

C'est ainsi que le danseur peut entrer en contact avec l'esprit et révéler son message sous la forme de signes et d'attitudes guidées par cet esprit. Les masques diffèrent d'une ethnie à l'autre et en fonction de leur rôle. Les masques à figure anthropomorphe sont généralement dédiés aux ancêtres pour que ces derniers puissent intercéder auprès des dieux afin d'assurer une bonne récolte par exemple. Mais le masque joue aussi un rôle déterminant pour la cohésion du groupe, indiquant le comportement à suivre au sein du groupe via l'interprétation de certaines mascarades.

Deuil

Au Congo, le mot désigne tout autant la perte de l'être cher que les funérailles. Le rituel des funérailles est très précis et emprunt de tradition, bien qu'on constate qu'il évolue (pas toujours positivement) en s'adaptant à des contingences d'ordre pratique parfois, en ville. Où il n'est pas rare maintenant de manifester sa peine, souvent à grand renfort de musique tonitruante et de libations durant toute la nuit. Et dans des lieux (maisons communales) qui enchainent parfois des enterrements 24/24h.

À l'occasion du deuil, certaines familles dépensent des fortunes pour honorer le mort et manifester la tristesse qui accompagne ce moment. C'est souvent l'opportunité de revoir ses proches et la famille. L'inhumation est suivie de concertations familiales pour examiner la situation nouvelle et résoudre les litiges qui s'y rapportent (cause du décès, partage de l'héritage, prise en charge des enfants et éventuellement de la veuve...). Dans le cas de la veuve, celle-ci peut être confiée à l'un de ses beaux-frères dans le cadre de la continuité du mariage déjà contracté. Si ce n'est pas le cas, elle peut être autorisée à refaire sa vie en retournant dans sa famille biologique.

Il s'avère aussi qu'en cas de décès de la femme, certaines tribus attribuent une des soeurs de la défunte au veuf pour garder les enfants ou perpétuer la progéniture. Si au Katanga, le corps du défunt reste à la morgue jusqu'à la mise en bière suivie des différentes cérémonies funéraires et l'inhumation, dans d'autres provinces et principalement à Kinshasa, le décès est souvent devenu un moment de réjouissance. Le défunt est lavé et son corps exposé dans un lieu public, la résidence du défunt étant bien souvent trop exiguë pour accueillir la multitude de personnes, connaissances et anonymes, venues assister aux cérémonies.

Des manifestations sont organisées pour exprimer la tristesse par des pleurs et des chants, entrecoupés de séances de prière, de périodes où l'on raconte des anecdotes et de moments plus festifs pour oublier la peine qui frappe la famille. L'inhumation se fait le lendemain. Le mort est enterré sous les cris des pleureuses et la tombe sera régulièrement garnie de nourriture car, selon la croyance, l'être disparu vient s'alimenter la nuit.

Jusqu'il y a peu, les veillées mortuaires s'étendaient souvent sur une période de 7 à 14 jours mais avec la dégradation de la situation économique, le corps reste maintenant à la morgue le temps de réunir les moyens et de trouver l'endroit où l'exposer. Une fois toutes ces formalités remplies, le corps est récupéré pour être exposé à l'endroit désigné sous une chapelle ardente, non sans faire le détour par la résidence du défunt ainsi que sur son lieu de travail. Un verre d'amitié est servi au retour du cimetière avant de remercier tous ceux qui ont soutenu la famille. Un rendez-vous est fixé à ce moment-là pour les cérémonies de fin de deuil, communément appelées " quarantième jour ". C'est l'occasion pour les amis, les membres de la famille et des différents groupes auxquels le défunt avait appartenu de rivaliser par le port de tenues qui les distinguent les uns des autres.

C'est davantage pour des raisons économiques que toutes ces cérémonies ont été réduites, en dépit du fait que le deuil continue toujours en famille pendant plusieurs jours. Les membres de la famille venus de loin, parfois des autres provinces ou de l'étranger, restent en général encore quelques jours pour se réconforter et financer une partie des frais. Quant à la mort, surtout quand il s'agit d'un proche, elle a en principe une cause qui doit être décelée. Ce qui donne lieu à de nombreux abus constatés actuellement, en rapport avec l'essor des églises de réveil et autres sectes religieuses, qui désignent en général un responsable. Cela peut-être l'ancêtre mécontent, le mauvais oeil ou la présence d'un " enfant sorcier " dans la famille, qui doit alors être chassé ou désensorcelé.

Homosexualité

Au Congo, comme ailleurs en Afrique, l'homosexualité n'est pas particulièrement tolérée ni bien accueillie au sein de sociétés encore relativement traditionnelles et fortement influencées par la religion qui condamne cette orientation sexuelle considérée comme déviante et immorale. Kinshasa et les grandes villes sont à peine plus progressistes à cet égard, par rapport aux zones rurales... Il est donc préférable de rester discret, tant les Congolais que les étrangers, même si ceux-ci subiront moins d'ostentation.

Par ailleurs, la plupart des hôtels locaux n'hésitent pas à appliquer une forme de discrimination en prévoyant un certain supplément à payer pour l'occupation d'une même chambre par deux personnes du même sexe (même s'il s'agit d'amis, frères ou soeurs). Que l'on soit un couple hétéro ou gay, congolais ou étranger, les marques d'affection et gestes amoureux se doivent d'être relativement discrets (pas d'embrassade passionnée en rue ou dans des lieux publics).

Même si en boîte ou dans les bars/terrasses prévoyant des " espaces réservés ", c'est autre chose... Par ailleurs, on voit souvent en ville deux hommes ou deux femmes adultes se tenir la main, ce qui ici ne signifie nullement qu'ils soient en couple, c'est simplement une marque d'affection assez courante entre amis.

Peine de mort

La législation congolaise demeure confuse sur la peine capitale. Début des années 90, le pays est l'un des plus sévères en matière d'exécution des peines. Font partie des délits passibles de la peine de mort l'homicide, la trahison, l'espionnage et les délits contre l'Etat... sur un total de 79 chefs d'accusation. Une lueur d'espoir apparaît en 1999 lorsque le ministre des affaires étrangères de l'époque, She Okitundu, met en place un moratoire sur la peine de mort, qui sera révoqué en 2002 par le gouvernement de Joseph Kabila. Toutefois pendant cette période, les cours de justice congolaises prononcent toujours des peines de mort et les exécutions sont appliquées discrètement dans les quatre coins du pays. En 2005, les députés approuvent une nouvelle constitution qui ne mentionne plus la peine de mort mais reprend néanmoins les anciens codes, notamment le code pénal qui eux mentionnent toujours la peine de mort... A l'heure actuelle, la peine capitale n'est donc pas abolie dans le droit puisque le terme apparaît toujours, mais est commuée d'office en peine à perpétuité.

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