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Guide du R. D. Congo : Population et langues

Langues nationales
Langues nationales
DÉMOGRAPHIE

En 2014, la population de la RDC était estimée à environ 70 millions d'habitants avec un taux de croissance annuel de 3%. Elle est caractérisée par l'importance de sa jeunesse : 60% des habitants ont moins de 20 ans. Compte tenu de sa taille, la RDC est peu peuplée : 27 habitants seulement au km2. Ce qui cache de grandes disparités entre les villes, surpeuplées (taux d'urbanisation de 33%), et les campagnes victimes de plus en plus de l'exode rural. Sans oublier qu'une importante surface au nord et au centre du pays est recouverte par la dense forêt équatoriale, largement inhospitalière, à part pour les quelques populations pygmées qui y vivent. La majorité de la population se concentre donc sur les plateaux et dans la savane près des fleuves et des lacs. Ainsi que dans les villes principales, la capitale Kinshasa en tête avec près de onze millions d'habitants (soit 15% de la population globale), appelée à devenir la ville la plus peuplée d'Afrique en 2020, selon l'ONU avec plus de douze millions d'habitants estimés. Ce qui constitue une source d'inquiétude, au vu des conditions de vie des habitants de la mégapole congolaise, et de la difficulté à gérer l'afflux des nombreux migrants.

Les autres villes par ordre d'importance sont :

Lubumbashi : 1 871 961 habitants

Kisangani : 1 474 189 habitants

Mbuji-Mayi : 1 426 739 habitants

Kananga : 1 111 413 habitants

Kolwezi : 1 078 568 habitants

Par ailleurs, l'indice de développement humain au Congo - qui est censé évaluer le degré de bien-être individuel et collectif d'une population donnée à partir du PIB par habitant, de l'espérance de vie à la naissance, du niveau d'éducation et du niveau de vie - occupe l'avant-dernière place au classement mondial avec un taux de 0,338. La RDC compte en effet parmi les pays les plus pauvres au monde avec un PIB annuel par habitant de 484$ (2013). Un comble quand on pense à toutes les richesses que contient le pays... avec un taux de croissance économique qui caracole à 8,5% en 2014, mais qui malheureusement ne profite pas encore à tous.

ETHNIES

La population congolaise est composée d'une mosaïque d'ethnies que l'on peut regrouper en grands ensembles ayant une implantation territoriale bien marquée.

Le groupe ethnique principal (18%) est constitué des Luba ou Baluba qui occupent la région du centre-sud, soit le bas du Kasaï et le nord du Katanga.

Le nord-est, c'est-à-dire pratiquement toute la province de l'Equateur et une partie du nord du Kasaï, est peuplé par les Mongo (17%).

Le troisième groupe ethnique comprend les Bakongo (12%) qui occupent tout le territoire du Bas-Congo autour de Kinshasa.

Les Lunda occupent toute la région du sud du Katanga, le long de la frontière angolaise.

Autour de ces quatre grands ensembles, il y a évidemment de nombreuses autres ethnies et sous-groupes apparentés de près ou de loin à ces quatre catégories tels que les Téké, les Chokwé, les Kouba, les Tétéla, etc.

Bantous

Toutes ces ethnies précitées appartiennent au groupe bantou qui représente 80% de la population. Le terme bantou ne renvoie pas au départ à un groupe ethnique mais à une communauté linguistique qui couvre la plus grande partie de l'Afrique centrale et australe avec quelques 400 langues apparentées, dites langues bantoues. Plusieurs légendes existent quant à l'origine exacte du peuple bantou dont le nom vient du mot " bantu " désignant " les hommes ". Ce peuple serait originaire du Tchad actuel ou du Nigeria. Ce sont les Bantous qui ont fondé les premiers grands royaumes du Congo.

Pygmées

Le pays abrite également une importante population pygmée autochtone. Il s'agit probablement en effet des premiers habitants du pays (leur existence était déjà connue du temps d'Aristote et des Egyptiens). Les Pygmées auraient été repoussés dès le second millénaire par les Bantous. Ils seraient moins de 50 000 aujourd'hui en RDC et occupent deux aires géographiques distinctes : au nord-est, dans les forêts de l'Ituri (groupe Mbuti), et au centre-ouest (groupe Twa). Leur mode de vie s'apparente à celui des chasseurs-cueilleurs semi-nomades bien que certains se soient sédentarisés. Ils possèdent une très grande connaissance de la forêt équatoriale dans laquelle ils vivent en étroite symbiose. Leur petite taille caractéristique inférieure à 1,50 mètre provient d'une adaptation morphologique à leur milieu et alimentation spécifiques. Leur survie est menacée par la dégradation en cours de leur écosystème du fait de la disparition progressive de la forêt et du braconnage. En plus de nombreuses discriminations dont ils font l'objet.

Soudanais

Quelques ethnies s'apparentent également au groupe soudanique central. Ils sont présents essentiellement dans le nord-est du pays. Parmi les principales ethnies, on trouve les Zande, les Mangbetu, les Ngbandi, les Ngbaka, les Mbanja... L'essor économique du Soudan à partir du 14ème siècle, aurait provoqué une explosion démographique qui aurait eu pour conséquence l'essaimage des populations vers le sud. Ces " envahisseurs " sont donc assez récents (entre le 14ème et le 19ème siècle) et sont venus du Nord s'installer dans le bassin de l'Oubangi-Uélé, dans les provinces Equatoriale et Orientale. Ils ont refoulé vers le sud les peuples Bantous. Leur organisation sociale repose sur une aristocratie formée par les descendants des premiers conquérants et sur une royauté de nature guerrière.

Nilotiques

Et enfin, on retrouve la trace d'un groupe nilotique qui désigne à l'origine des populations qui habitent la vallée du Nil ou en sont originaires. Nilotique a cependant davantage pris un sens linguistique, désignant tous les groupes parlant des langues apparentées à celles des Shilluk, des Dinka et des Nuer. Au Congo, on retrouve notamment les Alur, Kakwa, Bari, qui forment le troisième groupe ethnique de la RDC. Mais ils sont assez peu représentés, sauf dans quelques chefferies au nord-est du pays. À la frontière est, autour des grands lacs, on trouve également des Hamites, plus ou moins métissés. Parmi les Hamites, on trouve les pasteurs Tutsi.

LANGUES ET DIALECTES

Quatre langues nationales cohabitent à côté du français, la langue officielle héritée de la colonisation belge, et qui sont par ordre d'importance : le swahili dans les provinces de l'Est ; le lingala dans la Province Orientale, l'Equateur et à Kinshasa ; le kikongo dans les provinces du Bas-Congo et du Bandundu ; et le tshiluba dans les deux Kasaï et le Katanga.

Français

Le français est la langue officielle en RDC, consacrée par la constitution de la République. C'est la langue de l'administration, de l'enseignement et des médias. Bien que son usage tende à diminuer au profit des langues nationales et dialectes oraux, faute d'enseignement pour une grosse partie de la population congolaise non scolarisée et non alphabétisée. La pratique du français est aussi plus métissée et chantante qu'en Europe, subissant l'influence du lingala et des autres langues nationales notamment, ainsi que la grande créativité linguistique des Congolais, et des Kinois en particulier qui ne cessent de se l'accaparer, de la triturer et de la mélanger dans des mix du cru. Ce qui rend le français du Congo (comme ailleurs en Afrique) très dynamique et vivant, avec des expressions ou termes cultes, légèrement rétro qu'on n'entend pas (plus) forcément en France ou en Belgique (" se soulager ", " présentement ", " en tout cas ", " sobriquet ", " tracasserie ", etc.). Les Congolais ont globalement tendance à affubler de surnoms à peu près tout ce qui passe et dans la plupart des contextes de la vie quotidienne (" esprit de vie "...). C'est souvent très drôle, symbolique et imagé, voire poétique.

Swahili

C'est la langue la plus parlée du pays, par environ 40% de la population congolaise mais limitée essentiellement à l'Est, dans les provinces du Katanga, Maniema, Nord et Sud-Kivu ainsi que dans la Province Orientale. Les langues swahilies sont un groupe de langues bantoues de l'Afrique de l'Est qui sont le fruit d'un métissage de langues africaines, d'arabe et du persan, conséquence de la longue campagne esclavagiste des " Arabo-Swahili " dans cette région au 19ème siècle. Elles possèdent un vocabulaire commun qui permet à ses locuteurs de se comprendre malgré la grande variété linguistique présente. La plus utilisée et populaire de ces langues est le kiswahili (" langue swahilie " en swahili), une version standardisée et adoptée comme langue nationale au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie. C'est cette version que l'on retrouve - parmi de nombreux dialectes s'y référant - à l'Est de la RDC. Langues bantoues obligent, certains mots se retrouvent d'une langue à l'autre (du swahili au lingala notamment).

Lingala

"Langue sans manières", dans un style assez direct et de tradition essentiellement orale, vulgarisée par la musique et sous l'impulsion de Mobutu dont c'était la langue d'origine. Le lingala a finalement fini par s'imposer comme langue nationale majoritairement utilisée à Kinshasa, ainsi que dans la Province de l'Equateur et la Province Orientale (soit 27,5% de la population). Tirant son origine des Bobangi, entre le fleuve Congo et l'Ubangi, le lingala s'est également répandu grâce au commerce le long du fleuve et par les migrations de l'armée dont il est l'outil de communication depuis l'époque coloniale. Ce qui en fait la deuxième langue la plus parlée du pays derrière le swahili. Mais le lingala est surtout la langue véhiculaire grâce à laquelle il est possible de communiquer et se faire comprendre dans presque tout le Congo, grâce à son influence évoquée ci-dessus (langue de la capitale, musique, médias...). Il est également parlé dans le nord de l'Angola. A Kin, l'"indubill" est une sorte d'argot du lingala, provenant des quartiers populaires et véhiculé par les musiciens et les "bills" (jeunes branchés) depuis plusieurs décennies.

Kikongo

Usité dans les provinces du Bandundu et du Bas-Congo, et dans une moindre mesure à Kinshasa et à l'ouest du Kasaï Occidental, le kikongo couvre environ 17% de la population de la RDC. Il appartient, comme les trois autres langues nationales, à la famille des langues bantoues. Langue parlée par le peuple Kongo (les Bakongo), on la retrouve aussi dans le nord-ouest de l'Angola, ainsi que dans le sud du Congo-Brazzaville et sur la côte sud du Gabon. Par ailleurs, il existe un kikongo " commercial " appelé " kituba " ou " kikongo ya l'Etat ", et majoritairement utilisé dans l'administration, dans le Bandundu notamment. Il s'agit d'une version de la langue simplifiée, fortement mélangée avec le français, et dont la fonction véhiculaire permet d'être compréhensible par les locuteurs des divers dialectes provenant du kikongo.

Tshiluba

C'est la langue des Baluba, parlée dans la partie centrale de la RDC, notamment dans les deux Kasaï (Occidental et Oriental) et dans le nord du Katanga, couvrant une population d'environ 17%. Le tshiluba fait partie de la famille des langues bantoues, du groupe de langues luba au côté du kiluba (luba-katanga), du luba-sanga (Kisanga), du luba-hemba (Kihemba) et du kanyoka. Le tshiluba constitute par ailleurs la deuxième langue musicale du Congo-Kinshasa après le lingala, grâce à la riche culture musicale traditionnelle des Luba-Kasai.

Par ailleurs, en dehors de ces quatre grandes langues locales, on dénombre des centaines de dialectes s'y rapportant, permettant de faciliter la communication entre différentes provinces et groupes ethniques. Ces 246 langues locales identifiées dans le pays font partie du patrimoine immatériel tel que reconnu par l'UNESCO. Celles-ci sont aussi habituellement réparties en familles, selon leur origine ethnique commune : bantoue ; oubanguienne (soudanaise) ; nilo-saharienne ; et nilotique. Le pays se singularise en effet par une multitude d'ethnies que l'on peut regrouper en grands ensembles ayant une implantation territoriale bien marquée et qui se définit très souvent par une base linguistique commune.

Études en linguistique au Musée royal de l’Afrique centrale

Plus de 240 langues sont parlées en RDC ! Les linguistes du Musée royal de l'Afrique centrale sont spécialisés dans des recherches du type comparatif et historique sur les langues bantu. Ils s'associent à d'autres disciplines comme la génétique, l'archéologie, la biologie ou encore l'histoire pour ainsi contribuer à une meilleure connaissance du continent et de son histoire, bien au-delà des récits des premiers explorateurs européens. Les linguistes publient également des grammaires et des dictionnaires afin de contribuer à la documentation de langues africaines et parfois même de garder une trace de langues en voie de disparition.

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