Guide du Congo Brazzaville : Politique et économie

Politique

Depuis la Conférence nationale souveraine qui a signé la fin du monopartisme, la vie politique congolaise se caractérise par une grande prodigalité dans la naissance et la disparition des partis. On pourrait dire, en première analyse et au-delà des institutions et structures, que politique et tribalisme sont intimement liés au Congo. Les partis sont le plus souvent liés à l'ethnie de leur fondateur ou tête de liste, eux-mêmes soutenus par des aires géographiques correspondant à leur ethnie. Les politiques ont souvent joué le jeu dangereux de la tribalité pour écarter ou faire rentrer dans le giron du parti les éléments incontrôlables, pour susciter la peur ou se poser en seul sauveur. De nombreux analystes considèrent cette instrumentalisation comme un symptôme de l'échec de l'Etat et du développement au Congo. Toutefois, après une décennie de guerre civile et d'affrontements intercommunautaires, la carte ethnique ne peut décemment plus être ouvertement brandie, les Congolais en connaissent maintenant le prix...

Structure étatique

Un projet de Constitution s'inspirant des conclusions d'un forum sur l'unité et la réconciliation a été soumis à référendum le 20 janvier 2002. Les Congolais l'approuvèrent à 84,26 % des suffrages exprimés. Cette nouvelle Constitution institue un régime présidentiel accordant au président de la République de larges pouvoirs. Elu pour un mandat de sept ans renouvelable une fois, le président de la République est le chef de l'exécutif. Il nomme les ministres et met fin à leurs fonctions. La Constitution institue un Parlement bicaméral avec une Assemblée nationale de 137 membres élus pour cinq ans et un Sénat de 66 sièges. Le mandat des sénateurs est de six ans. Pour assurer la pérennité des institutions, la Constitution ne prévoit pas de motion de censure contre le gouvernement. L'assemblée ne peut démettre le président de la République qui ne peut la dissoudre. A noter également que cette constitution n'est pas modifiable en l'état et que le candidat à la présidence ne doit pas avoir atteint la limite d'âge indiquée dans les textes : 70 ans. En 2015, une nouvelle constitution est adoptée par référendum et abroge cet âge limite.

De type présidentiel, le régime établit trois pouvoirs distincts et indépendants :

Le pouvoir exécutif assuré par le président de la République et le gouvernement.

Le pouvoir législatif confié à un Parlement composé de deux Chambres : Assemblée nationale et Sénat.

Le pouvoir judiciaire constitué autour de la Cour suprême, de la Haute Cour de justice et du Conseil supérieur de la magistrature.

Partis

Le Parti congolais du travail (PCT). Parti historique dans le paysage politique congolais, fondé en 1969 par Marien Ngouabi, actuellement au pouvoir au Congo. D'obédience marxiste-léniniste à l'origine, il a adopté depuis la chute de l'URSS une ligne politique sociale démocrate. Le parti qui a porté Denis Sassou N'Guesso au pouvoir demeure, sans que l'on puisse discerner son projet de société, le premier parti congolais, dont l'audience la plus forte se trouve au nord du pays.

L'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS). Parti fondé par Pascal Lissouba, membre de la diaspora sous le monopartisme, revenu au pays en faveur de la Conférence nationale souveraine. Le parti et son chef gagnèrent les élections de 1992. Il trouve ses assises populaires dans le Niboland ou Grand Niari englobant le Niari, la Bouenza et le Likoumou. Pascal Lissouba, toujours en exil quoique grâcié en 2009, est actuellement physiquement très diminué (les rumeurs sur sa mort sont régulières) et ne peut présider au destin du parti qu'il a créé. Son parti a présenté un candidat, Pascal Tsaty-Mabiala, aux élections de 2016.

Le mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI). Parti créé par une autre grande figure de l'opposition, probablement la plus populaire : Bernard Kolélas, qui perdra au second tour de l'élection présidentielle de 1992 avec 38% des voix. Contraint comme Lissouba de quitter le pays après la seconde guerre civile, Kolelas obtint de Sassou N'Guesso la faveur de rentrer enterrer sa femme en 2005, après huit ans d'exil. Il meurt à Paris deux ans après, le 13 novembre 2009. Brillant orateur, le parti qu'il a fondé s'appuie encore sur la doctrine de son fondateur. Il est aujourd'hui dirigé par Euloge Landry Kolélas, son fils.

L'Union pour la démocratie et la république (UDR-Mwinda). Parti fondé par André Milongo qui fut un habile Premier ministre pendant la période de transition post-Conférence nationale souveraine en 1991. Issu du Pool, la réputation d'intégrité d'André Milongo lui fait trouver une audience par-delà les clivages ethniques. Depuis la mort de ce dernier en 2008, le parti s'abîme en une interminable querelle de succession allant jusqu'à provoquer la cission de certains membres. Actuellement dirigé par Guy-Romain Kinfoussia, le parti tente, malgré tout, de tenir son rôle d'opposant.

Le parti pour l'action de la République (PAR). Un jeune parti d'opposition fondé en 2014 (après quatre ans d'attente) par Anguios Nganguia Engambé, candidat aux élections de 2009 et 2016.

Économie

Le pays, dont les rentrées d'argent ont longtemps été basées sur l'exportation du bois, découvre la richesse grâce au pétrole dans les années 1970. L'euphorie sera de courte durée et après une période d'accès aux soins, à l'éducation accompagnée d'une large diffusion des biens de consommation, les conditions de prospérité déclinent rapidement à partir de 1982 avec la décroissance des cours du pétrole et les difficultés culminent en 1985 quand ces derniers s'effondrent.

Contraint de limiter ses dépenses et de mettre en oeuvre un plan d'ajustement structurel, l'Etat se résigne à signer un accord avec le FMI en mai 1986. Les tensions sociales et divisions ethniques entretenues par les tenants du pouvoir dégénèreront durant les années 1990 en affrontements localisés puis en guerre civile sous le regard des compagnies pétrolières qui deviendront parfois les argentiers des forces en présence.

Il existe actuellement deux lectures de la situation économique congolaise, d'une part l'optimisme du discours officiel insistant sur la " renaissance du pays ", et d'autre part, les mises en garde du FMI et de la banque mondiale sur ses lacunes et dérapages. Le prix du baril explique ce décalage entre euphorie et réalité d'une économie encore fragile.

Principales ressources

La manne pétrolière. Le secteur pétrolier constitue à lui seul 75 % des recettes de l'Etat, plus de 60 % du PIB et près de 90 % des recettes d'exportation... Ce sont les hausses vertigineuses du prix du baril qui ont alimenté la croissance jusqu'aux années 2010. Dix-neuf titres d'opération sont opérationnels, essentiellement au large des côtes, offshore, ce qui confère à Pointe-Noire le statut de capitale économique. Le Congo est aujourd'hui le sixième producteur d'Afrique, avec environ 290 000 barils produits par jour. Le principal opérateur national est la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), une entreprise publique issue de Hydrocongo, l'ex-société nationale de distribution et de commercialisation des hydrocarbures. En 2012, les experts redoutent une baisse de la production. Il semblerait que l'avenir soit assuré puisque Total (60 % de la production totale, devant l'italien ENI), en partenariat avec Chevron et SNPC, devrait exploiter en 2018 le champ de Moho Nord. L'investissement, pour Total, est estimé à 10 Md$.

Si la manne pétrolière est colossale, son apport au développement du pays est plus sujet à caution. La coalition " Publiez ce que vous payez ", qui milite pour plus de transparence dans les industries extractives, note cependant une amélioration de la situation congolaise à cet égard. Une progression que confirme l'Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) en accordant, en février 2013, le statut de " Pays Conforme " au Congo. Il s'agit d'encourager les Etats à plus de transparence vis à vis de leurs opérations budgétaires, permettant, à terme, aux citoyens d'accéder aux informations sur la répartition des revenus.

Le bois entre difficultés logistiques et profits. L'exploitation du bois, si elle devenue relativement secondaire dans l'économie depuis l'avènement du pétrole, représente toujours le deuxième secteur d'activité en termes de recettes à l'exportation. C'est également un très important pourvoyeur d'emplois dans les nombreuses régions d'exploitation. Les essences tropicales tels le sipo, le sapelli, l'okoumé, le limba, auxquels il faut ajouter les vastes boisements artificiels d'eucalyptus situés près de Pointe-Noire trouvent leur chemin sur les marchés internationaux. Une dizaine d'opérateurs, très majoritairement européens, sont implantés au Congo dans le nord du pays, où la filière est la mieux établie et la plus prospère. Après une très forte hausse au début des années 2000 (jusqu'à 1 369 176 m³ en 2006), la production s'est effondrée depuis 2006 avec la crise mondiale des cours du bois. Le problème structurel de la filière reste les difficultés, et donc le coût, d'acheminement des grumes. L'état du réseau routier, l'épuisement des structures et du matériel roulant du Chemin de fer Congo-Océan rend les questions d'évacuation du bois très complexe. Actuellement, la filière tend à développer sur place les activités de transformation. Les sociétés se plaignent du poids de la fiscalité au regard des obligations qu'elles ont d'assumer d'autres charges liées à la gestion durable des forêts, à contribuer à la construction de routes, d'écoles et de centres de santé... Pour finir, l'exploitation du bois n'est pas sans soulever le problème du pillage des réserves forestières par des sociétés sans scrupules, ainsi le Forest Monitor, une organisation indépendante, a été désigné afin de contrôler les possibles abus. Le Congo a été, en mai 2009, le deuxième pays au monde à signer un accord avec l'Union européenne pour la mise en place de l'ambitieux processus FLEGT. Il s'agit dans les années à venir de mettre en place un système complet de traçabilité depuis la production pour tout le bois exporté, de contrôle indépendant des opérations forestières en garantissant l'implication des communautés locales et de la société locale.

L'agriculture. C'est peut-être le premier paradoxe du Congo : celui d'un pays faiblement peuplé, aux terres fertiles, aux pluies abondantes... et qui importe la plupart de ses denrées agricoles alors que seuls 2 % des terres arables sont cultivées... Les explications sont multiples : tout d'abord la population très urbanisée (plus des deux tiers des habitants), ensuite le secteur s'est appuyé durant la période communiste sur des infrastructures étatiques qui se sont lentement désagrégées sans qu'aucun acteur privé (entreprise, coopérative) ne prenne le relais. Les agriculteurs sont le plus souvent dans une agriculture de subsistance basée sur les techniques traditionnelles (brûlis, cultures itinérantes, longues jachères, outillage manuel) qui ne produisent pas à assez pour nourrir les ventres de la ville. Enfin les conflits des années 1990 (et jusque récemment) ont particulièrement touché le Pool et le Bouenza, deux régions très agricoles considérées comme le " grenier de la capitale " : récoltes pillées, cheptels décimés, etc.

Le manioc reste l'aliment de base, complété de plantes souvent cultivées en association - patate douce, taro -, ainsi que les produits de la cueillette comme le koko, et ceux de la chasse et de la pêche. La production de manioc a dépassé les 200 000 t pour la première fois en 2002, tandis que celle de banane plantain n'a toujours pas retrouvé son niveau de 1995.

Les cultures d'exportation semblent actuellement faire l'objet d'un regain d'intérêt : quasi à l'abandon, alors qu'en 1996 on produisait au Congo 500 t de café et 800 t de cacao par an, une étude est actuellement en cours pour relancer l'exploitation du cacao. Quant à la Société agricole de raffinage industriel du sucre (SARIS-Congo), basée à Nkayi, elle produit 70 000 tonnes de sucres par an, essentiellement pour le marché congolais. La société emploie pendant la période de récolte quelque 3 000 personnes et fait vivre une région où les investissements restent peu nombreux.

L'élevage de porc ou de poulet se pratique de façon traditionnelle dans les villages (les fameux poulets tékés). L'élevage bovin, après l'effondrement des ranchs d'Etat, subsiste marginalement sous forme de petits troupeaux privés et de vastes ranchs appartenant à des dignitaires du régime.

La pêche traditionnelle, essentiellement en eau douce mais aussi en eau de mer, activité vivrière de nombreux villages le long des cours d'eau du nord du pays, fournissait, à la fin des années 1990, 35 000 t de poissons consommés majoritairement après fumage. Toutefois la pérennité des stocks halieutiques est mise à mal par des embarcations (souvent chinoises) qui violent les lois en pratiquant une pêche surintensive (parfois même à la dynamite).

Les ressources minières. Si les ressources minières du Congo sont variées, leur exploitation demeure assez timide. L'exploitation du cuivre à Mindouli a été suspendue à la fin des années 1990. Le gisement de potasse de Tchitondi a été exploité pendant dix ans avant qu'une inondation de la mine y mette fin. De petites quantités d'or sont extraites dans les rivières du pays. Plusieurs gisements d'uranium, de diamants, de manganèse, de phosphate sont connus, qui semblent dans l'attente de capitaux étrangers pour mettre en oeuvre leur exploitation. En février 2008, General Metals a entrepris via sa filière Soremi l'exploitation de gisements de fer, de cuivre et de zinc dans la Bouenza. Le groupe australien minier Sundance Resources s'intéresse quant à lui aux mines de fer de Mbalam-Nabena, à cheval entre le Congo et le Cameron. Il devait rentrer en production fin 2017.

Développement du transport, du bâtiment et des télécommunications. Conséquences du plan national de développement du pays, et de la prise de conscience de la nécessaire diversification de l'économie, le secteur du transport aérien et routier (+132 % en 2013) et celui du bâtiment enregistrent de bonnes performances et soutiennent l'activité du pays. A noter également la montée en puissance de la téléphonie mobile dont le chiffre d'affaires du secteur était équivalent à 275 Md€ en 2013.

Good morning China !

Les échanges sino-congolais datent de 1964, bien avant l'instauration de monopartisme sous l'égide d'une idéologie marxiste-léniniste. La présence commerciale de la Chine, son importance grandissante dans tous les domaines de la vie économique est certainement l'un des changements les plus frappants au Congo. Les Chinois sont de toutes les réalisations d'ampleur telles que l'aéroport de Brazzaville, le Parlement ou le ministère des Affaires étrangères, le barrage de Moukoukoulou dans le département de la Bouenza, la Maison de la radio et de la télévision, le stade de Kintélé... Les Chinois ont financé également plus de 85 % des 280 millions de dollars du nouveau barrage hydroélectrique d'Imboulou, dans le Pool, dont la puissance installée de 120 MW devrait permettre de réduire les délestages à Brazzaville.

Place du tourisme

Avec 373 000 touristes estimés en 2014, le tourisme pèse peu dans le PIB national. Frémissant, il se développe très doucement, malgré la volonté affichée, au moins dans les déclarations, du pays à mettre en oeuvre une véritable politique de développement du tourisme. Pour le moment, le coût du voyage pour qui vient de l'étranger et particulièrement des pays occidentaux freine l'enthousiasme de bon nombre de touristes. A cela, s'ajoutent les difficultés de transport avec des routes peu entretenues, abimées par la saison des pluies, rendant certains accès difficiles, voire impossibles et isolant les structures implantées dans les parcs. Cependant, l'écotourisme semble se mettre en place malgré tout, sous l'impulsion d'ONG relayées par le Ministère du Tourisme et de l'Environnement. On entrevoit aujourd'hui des signes d'émergence d'une volonté de développer le tourisme communautaire, vecteur de la sensibilisation au secteur touristique et à son intérêt à long terme, mais aussi, depuis quelques années, de mettre en oeuvre une réglementation en vue de mieux gérer l'exploitation forestière, condition de la sauvegarde de l'habitat de certaines espèces en voie de disparition. De nombreux projets privés viennent compléter l'offre. Mais à Brazzaville, et surtout à Pointe-Noire, c'est encore le tourisme d'affaires qui justifie les bonnes progressions des chiffres du tourisme au Congo.

Pour renforcer l'activité touristique dans le pays, se sont tenues les 17 et 18 juillet 2017, à Brazzaville, les premières assises nationales du tourisme. Ces assises ont été organisées en partenariat avec les Nations Unies et la Banque mondiale. Pour souligner l'importance de l'évènement, le Secrétaire Général de l'Organisation Mondiale du Tourisme était présent. L'état Congolais affiche clairement sa volonté de diversifier ses ressources économiques par le développement du tourisme, de l'écotourisme en particulier, rendu possible par la mise en valeur de la faune et la flore du pays, exceptionnelles. Un plan directeur de développement durable du tourisme a été adopté. A noter, le dynamisme de l'office du tourisme et la richesse de son site internet.

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