Guide du Tchad : Politique et économie

POLITIQUE

Le Tchad est divisé en unités administratives réparties en régions, départements et sous-préfectures. Le nouveau découpage administratif réalisé dans le cadre de la décentralisation comprend 23 régions depuis septembre 2012. N'Djamena, la capitale, jouit d'un statut particulier.

La Constitution a été approuvée le 31 mars 1996 par référendum. Elle instaure officiellement un régime semi-présidentiel. Cette Constitution, toujours en vigueur, a été révisée lors d'un référendum le 6 juin 2005 pour permettre à Idriss Déby de briguer des mandats présidentiels successifs " à volonté ".

Le président de la République est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, pour un mandat de cinq ans. Idriss Déby a été élu en mars 1996 à la présidence de la République, puis réélu en mai 2001, en mai 2006, en avril 2011 et en avril 2016. Il est le chef exécutif. Il nomme le Premier ministre. Sur proposition du Premier ministre, il nomme les membres du gouvernement. Il préside également le Conseil des ministres. Il peut dissoudre l'Assemblée en cas de désaccord.

Le Parlement tchadien, monocaméral, se résume à l'Assemblée nationale, qui exerce le pouvoir législatif, depuis la suppression du Sénat en 2005. L'Assemblée nationale est composée de 188 membres élus pour quatre ans au suffrage universel direct. Le Premier ministre, nommé par le président, doit présenter son programme de gouvernement à l'Assemblée nationale pour être investi définitivement.

Partis politiques

Le Tchad compte plusieurs partis politiques qui se forment, se rassemblent, se séparent et se reforment. La ligne qui sépare ces partis politiques est très souple, tant les fusions sont fréquentes. Difficile, dans ce contexte, de donner une liste des partis ; néanmoins on peut citer :

Le MPS (Mouvement patriotique du salut). C'est le parti du président Idriss Déby. Contrairement aux autres partis, très peu présents en province, vous pourrez voir dans presque chaque village un bureau du parti avec le drapeau du MPS flottant au vent.

L'UNDR (Union nationale pour le développement et le renouveau). Fondé en 1992, ce parti, dirigé par Saleh Kebzabo, constitue la principale force d'opposition parlementaire. Il est membre de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC), créée en 2005.

Le RDP (Rassemblement pour la démocratie et le progrès). Présidé par Lol Mahamat Choua, qui fut pendant quatre mois à la tête du gouvernement tchadien en 1979, le RDP est tantôt dans l'opposition au MPS, tantôt dans les coalitions menées par le parti du président Déby.

ÉCONOMIE
PRINCIPALES RESSOURCES

Le Tchad est aux trois-quarts rural. L'agriculture et l'élevage du bétail sont les activités dominantes. La mise en exploitation des gisements pétroliers, depuis 2003, suivie de près par la Banque mondiale, a eu des effets importants sur l'économie tchadienne.

Dès 2004, le pétrole représentait plus de 80 % des exportations nationales, permettant à la balance commerciale de devenir nettement excédentaire, mais la production de barils de pétrole prévue a été par la suite revue à la baisse. L'exploitation a commencé après l'achèvement, en 2003, de l'oléoduc Tchad-Cameroun qui permet d'acheminer le pétrole vers le golfe de Guinée. Les gisements sont exploités par un consortium associant ExxonMobil, Chevron et Petronas. L'oléoduc a été partiellement financé par la Banque mondiale. L'exploitation des champs pétrolifères devrait générer, grâce aux redevances et dividendes, des recettes de 2 milliards de dollars par an sur 25 ans pour l'Etat tchadien. Le Tchad s'est engagé auprès de la Banque mondiale à dépenser 80 % des redevances et 85 % des dividendes à la lutte contre la pauvreté. Suite à un différend entre la Banque mondiale et le gouvernement tchadien, un nouveau protocole d'accord a été signé en juin 2006. Le gouvernement tchadien doit désormais consacrer 70 % de son budget total aux programmes prioritaires de réduction de la pauvreté ; cet objectif n'est pour l'heure pas atteint.

Outre le pétrole, l'autre grande ressource d'exportation du Tchad est le coton de la CotonTchad et le sucre de la Compagnie sucrière du Tchad (CST, anciennement SONASUT). Des efforts sont réalisés pour transformer ces matières premières en produits finis.

La population active est de 83 % (la moitié étant des femmes). Agriculture et élevage sont pratiqués de façon extensive, subissant à la fois les contraintes climatiques d'un pays aride et les contraintes commerciales d'un pays enclavé dans lequel le transport des marchandises ne s'effectue que par camions, en général sur des pistes mal entretenues et majoritairement immergées quatre mois par an.

Les importations sont constituées par les biens de consommation courante, et les exportations principalement par le pétrole, le coton et la gomme arabique.

Cette faible diversification de la production et des exportations rend le pays vulnérable à la demande internationale. Le PIB par habitant, qui est d'environ 705 000 FCFA, soit 1 200 $, classe le Tchad parmi les pays les moins avancés de la planète, alors qu'il se trouve désormais parmi les producteurs de pétrole.

Agriculture
Un potentiel varié mais sous-exploité

Sur 39 millions d'hectares cultivables (ce qui représente 30 % du territoire national), seuls 2 millions sont cultivés annuellement ; seuls 31 000 ha sont irrigués, sur les 5,6 millions classés irrigables. Les ressources en eaux souterraines renouvelables sont importantes, puisqu'elles sont estimées à 11,5 km3/an.

Dans la zone saharienne désertique, qui reçoit moins de 50 mm de pluie par an, l'agriculture se fonde sur un système oasien qui associe la production de dattes à l'agriculture irriguée de subsistance (agrumes, mil, luzerne...). On recense environ 2 millions de palmiers-dattiers au Tchad (dont 1,3 million dans la dépression du Borkou), qui produisent quelque 30 000 tonnes de dattes annuellement.

La zone pastorale saharo-sahélienne, qui reçoit entre 50 et 300 mm de pluie par an, n'est guère propice à l'agriculture. L'irrigation traditionnelle à partir de nappes phréatiques peu profondes permet une culture de subsistance, conjuguée à la culture pluviale (en saison des pluies) du mil sur les dunes de sable.

La zone agro-pastorale soudano-sahélienne, qui reçoit entre 300 mm et 800 mm de pluie par an, développe une agriculture pluviale de type extensif. Les paysans associent dans un même champ céréales (mil et sorgho), oléagineux (arachides) et légumineuses. Le berbéré (sorgho de décrue) tient aussi une place importante car il permet de dessaisonner les récoltes, surtout au Chari-Baguirmi et au Salamat. Dans les polders du Kanem, on cultive en outre du blé et du maïs. Le blé a été introduit au milieu du XIXe siècle par les Arabes Ouled Sliman, venus de Méditerranée.

La zone soudanienne est assurément la zone la plus productive du pays du point de vue agricole. Elle reçoit une pluviométrie annuelle de 800 à 1 200 mm et plus. La production vivrière est ici diversifiée, alliant les céréales (mil, sorgho, maïs...) aux oléagineux (arachide, pois de terre, sésame...), en passant par les tubercules (patate douce, igname, taro...), les fruits et les légumes. Enfin, c'est ici que l'on cultive le coton (imposé par l'administration coloniale en 1928), la canne à sucre et le tabac. Ces cultures de rente sont à l'origine d'une plus forte monétarisation de la région, avec un niveau de vie plus élevé par rapport à celui du Nord.

A l'échelle du pays, la production céréalière s'établissait à environ 2,6 millions de tonnes en 2013. Cependant, elle peut varier fortement en fonction des aléas climatiques, pouvant monter jusqu'à 3 millions de tonnes en année de forte pluviométrie, pour descendre sous les 500 000 tonnes en année de sécheresse. Par exemple, l'année 2013 a vu ses récoltes progresser de 15 % par rapport à la moyenne des cinq années précédentes.

La base de l'alimentation dans tout le pays est toujours de loin le mil. La transformation des céréales et leur valorisation ne sont encore qu'artisanales et informelles. La filière céréale reste, en outre, sous la menace d'une baisse des rendements due à la dégradation des sols à la suite de la réduction des jachères en surface et en durée, elle-même liée à l'augmentation de la pression démographique.

La filière oléagineuse et légumineuse est largement dominée par l'arachide à raison de 80 % de la production totale. Elle représente 10 % des productions agricoles de la zone sahélienne contre 25 % en zone soudanienne. 60 % de l'arachide ainsi que 30 % du sésame sont commercialisés. Mais leur transformation (huile de sésame, huile et beurre d'arachide) reste encore un travail artisanal féminin.

La filière fruits et légumes est peu développée. Elle est essentiellement représentée autour des villes, avec vente de fruits et légumes, frais ou séchés, sur les marchés. Les exportations sont quasi nulles.

La production de tubercules s'élève, bon an, mal an, à 370 000 tonnes pour le manioc et à 50 000 tonnes pour la patate douce. Elle est entièrement destinée aux marchés locaux.

La production de sucre tourne autour de 25 000 tonnes par an. Quand on sait que le marché intérieur annuel est estimé à 60 000 tonnes, elle semble promise à un avenir serein. Mais les coûts de production et de transformation (assurés par la CST) ne permettent pas de concurrencer les importations, souvent frauduleuses, de produits plus compétitifs ; le sucre soudanais, vendu moins cher que le sucre produit localement, a ainsi contraint la CST à licencier plus de 1 000 employés en 2014.

Enfin, la culture de rente principale est représentée par le coton ; elle contribue à elle seule à environ 1 % du PIB. La production et l'achat de coton-graine sont assurés par les organisations paysannes. La CotonTchad gère l'approvisionnement en intrants, la collecte, la transformation et la commercialisation du coton-graine, ainsi que la transformation des graines de coton en huile ou tourteaux.

La dévaluation du franc CFA en 1994 a permis de relancer cette filière qui avait fortement souffert de la baisse des cours internationaux. Une production record en 1997-1998 a été atteinte avec 263 500 tonnes. Depuis l'étiage de 2009-2010 (moins de 50 000 tonnes produites), la production du coton est repartie à la hausse. Toutefois, la filière est toujours handicapée sur maints points : un bas niveau de productivité, une exploitation toujours artisanale (près de 300 000 producteurs exploitent environ 292 000 ha, soit moins d'un hectare par paysan) n'utilisant que peu la culture attelée - du fait de la mauvaise formation technique des paysans -, et la trypanosomiase sévissant dans la région. Pour accroître le rendement de leur exploitation, les paysans tendent à étendre le défrichage et à réduire les jachères, ce qui accroît encore les risques de dégradation du milieu.

La compétitivité de la filière, dont dépend l'essentiel des exportations agricoles du pays, est donc extrêmement fragile, d'autant plus que les coûts de transport, du fait de l'enclavement du pays, sont importants, augmentant d'autant les coûts de production. Cependant, l'ouverture d'une filature de coton, à Sarh, en 2009, la Sotchafil (Société tchadienne de filature), dont 80 % de la production est exportée, notamment vers les Etats-Unis, dénote une certaine résilience de l'industrie cotonnière.

Une agriculture fragile, tributaire des aléas climatiques

Les productions agricoles paient souvent un lourd tribut aux années de sécheresse (celles de 1973 et de 1984 ont été catastrophiques, à l'origine de grandes famines) et aux destructions par les oiseaux, les mange-mil surtout, ou les criquets (années 1930, 1963, 1974, 1986, 2003). A côté de ces dates historiques, on note - plus récemment - la mauvaise récolte de la campagne 2009-2010, qui a créé une situation assez critique dans les régions saharienne et sahélienne du Tchad et de ses pays voisins. Les récoltes sont dépendantes de la durée et de la qualité de la saison des pluies. On assiste à un net déséquilibre entre le sud du pays, autosuffisant voire excédentaire en productions vivrières, et le nord, en perpétuelle situation d'équilibre alimentaire précaire. L'agriculture traditionnelle permettrait de nourrir le pays, même en cas de sécheresse, si les régions exportatrices de mil et de sorgho (Salamat, Chari-Baguirmi...) étaient désenclavées, et le pays en paix civile. En effet, les efforts des paysans ont souvent été réduits à néant pendant les dures périodes de guerre : réquisition des récoltes et des animaux pour nourrir les troupes gouvernementales ou rebelles, champs ravagés par les combats...

D'autre part, suite à la lente progression du Sahara vers le sud, on assiste à une sédentarisation des nomades dans les régions plus accueillantes du Sud et à une intensification des transhumances, augmentant la pression foncière sur des écosystèmes fragiles. Déforestation abusive, brûlis intempestifs, réduction des surfaces et des durées des jachères, érosion éolienne et hydrologique concourent au lent mais inexorable appauvrissement des sols, induisant une réduction des rendements déjà faibles...

Calendrier agricole suivi dans le Moyen-Chari

Ce calendrier, décrit en 1976 par J. Fortier, dans l'ouvrage cité ci-dessous, reste encore actuel...

Janvier : fin de la récolte du coton, égrenage du mil

Février : pêches collectives au moment de l'étiage, fêtes de levées de deuil

Mars : abattage des arbres et défrichage des champs nouveaux

Avril : semailles du sorgho hâtif et du sorgho à cycle long

Mai-juin : semailles du mil, de l'arachide, des haricots, des pois de terre et du coton

Juillet : démariage et sarclage du coton, du mil et de l'arachide

Août : premières récoltes d'arachide et de haricots

Septembre : récolte du sorgho hâtif, confection de la bière de mil

Octobre : toutes les autres récoltes

Novembre : récolte des pois de terre, du mil à chandelle et du sorgho

Décembre : récolte du coton, feux de brousse, chasses collectives.

Extrait de l'ouvrage de Jean Chapelle, Le Peuple tchadien : ses racines et sa vie quotidienne, L'Harmattan, Paris, 1986.

Perspectives

En ce qui concerne l'agriculture, les efforts devraient particulièrement être concentrés sur une augmentation de l'irrigation, une amélioration des conditions et techniques de stockage des récoltes, une meilleure organisation de la commercialisation, des efforts de transformation (les initiatives comme la filature de Sarh, au sud du pays, doivent continuer). La gomme arabique, le karité, le cuir sont autant de secteurs à développer.

La Société de développement du lac Tchad (SODELAC) s'occupe de l'amélioration de la production de spiruline, une algue bleue, appelée dié par les populations locales, qui se développe dans les polders, les marais salants des environs du lac et les eaux riches en natron (carbonate de sodium). Elle est utilisée pour l'alimentation (localement elle constitue une riche source de protéines pour la population), l'industrie cosmétique et les produits diététiques. Le Tchad fait partie des premiers producteurs mondiaux, avec une production artisanale d'excellente qualité.

Pour les années à venir, la priorité est à donner à la sécurisation de l'alimentation nationale, pour éviter les famines comme celle de 2010, à la lutte contre la désertification, alors que le pays continue à utiliser le bois à 90 % pour la cuisine, et à l'amélioration des infrastructures permettant d'assurer la transformation et la commercialisation des produits vers le nord du pays. L'un des objectifs des années futures est également de pouvoir faire face aux problèmes climatiques, la saison des pluies venant toujours avec son lot d'inondations, de plus en plus fréquentes. En juillet 2010, Faya-Largeau est sous les eaux, alors qu'elle est située en plein Sahara !

Élevage
Un pays de tradition pastorale

Les pâturages naturels représentent, avec les terrains de parcours, 65 % de la superficie totale du pays.

L'élevage au Tchad constitue souvent l'unique mode d'exploitation possible des zones sahéliennes semi-arides et faiblement peuplées ; associé à l'agriculture, il assure la diversification des productions, la sécurisation des revenus ruraux ainsi que la constitution d'une épargne.

Le cheptel est de 6,6 millions de bovins, de 8,7 millions de petits ruminants et de plus de 1,2 million de dromadaires. Toutefois, des études tendent à prouver que ces chiffres sont encore sous-estimés. Le capital ainsi constitué représente près de 800 milliards de francs CFA, et il engendre un flux monétaire de 90 milliards. En tant que grand pays sahélien d'élevage, le Tchad se place, en matière de chiffres, juste derrière le Mali.

Les systèmes de production sont extensifs ou semi-extensifs : 75 % du cheptel est mobile.

Le nomadisme domine largement la zone saharienne désertique où le dromadaire est roi. Les déplacements des éleveurs sont rythmés par la quête perpétuelle de points d'eau et de pâturages. Le dromadaire fournit la viande, le lait, le cuir, l'argent pour les fêtes, s'il est vendu sur le marché, et le transport.

Les oasiens pratiquent un petit élevage sédentaire de caprins et dépendent des ânes pour leurs transports.

La zone sahélienne concentre la majeure partie des bovins, ainsi qu'une bonne partie des petits ruminants et des dromadaires. Le système d'élevage dominant est la transhumance ; selon les saisons, les troupeaux se déplacent entre le Nord et le Sud. Les caravanes de dromadaires participent pour leur part à la commercialisation des produits vivriers.

Dans la zone soudanienne apparaissent des troupeaux de bovins sédentaires, qui complètent les troupeaux de petits ruminants et de porcs, mais aussi les animaux des transhumants en saison sèche. Tous ces animaux nécessitent des pâturages, qui viennent concurrencer les terres cultivées, générant des conflits entre les éleveurs et les agriculteurs.

Un difficile contrôle du cheptel et de sa commercialisation

Il est difficile d'établir une estimation fiable et univoque des cheptels tchadiens, mais le nombre de têtes de bétail évoqué dans les enquêtes est souvent bien en deçà de la réalité. En 1961-1962, une grande campagne de vaccination avait été lancée pour éradiquer la peste bovine. Ce constat a été fait en voyant le nombre de vaccins utilisés, très largement supérieur au nombre de bovins déclarés, c'est-à-dire soumis à un impôt...

L'élevage tchadien est encore dominé par la transhumance à près de 80 % ; l'exportation des bovins sur pied est la première activité commerciale de l'élevage, avec des milliers de têtes de bovins exportées chaque année. Les pays limitrophes et très peuplés sont fortement demandeurs, tels le Nigeria principalement, le Cameroun, le Congo-Brazzaville et le Gabon. Les pays arabes, comme la Libye et le Soudan, sont, pour leur part, friands de dromadaires et de moutons. Les exportations sont toutefois tributaires des relations qu'entretient le gouvernement tchadien avec ses voisins et du contexte géopolitique régional. L'instabilité politique dans le nord-est du Nigeria a ainsi entravé et réduit l'exportation de bovins depuis plusieurs années.

Quant à la viande, elle constitue la principale source d'alimentation en protéines animales de la population tchadienne. La conservation de la viande s'effectue sous forme séchée. La réhabilitation, au cours des années 2000, de l'abattoir de Farcha à N'Djamena, seul abattoir frigorifique du pays (en attendant l'ouverture des complexes de Djermaya et de Moundou), améliore la conservation de la viande fraîche. L'Institut de recherche en élevage pour le développement (IRED) s'emploie pour sa part à améliorer la productivité et la santé des troupeaux.

Le commerce du lait assure également un revenu non négligeable. Sa transformation se fait essentiellement en beurre et petit lait. Il existe une fabrique de fromages frais à Pont-Bélilé, près de N'Djamena.

Quant à la filière cuir et peaux, après la fermeture de la tannerie de Sarh à la fin des années 1970, seul subsiste le tannage artisanal, et le cuir est transformé en pouf, en portefeuille...

L'élevage est donc un secteur d'une importance socio-économique capitale pour le Tchad.

Pêche, forêts et chasse
Pêche

Les eaux du lac Tchad ainsi que celles des fleuves Logone et Chari sont très poissonneuses. La pêche est un secteur qui occupe 150 000 personnes, dont environ 25 000 professionnels qui ne tirent leurs ressources que de la pêche. Les quantités de poissons pêchés oscillent autour de 50 000 tonnes pour la consommation locale et 30 000 tonnes pour l'exportation, principalement sous forme séchée ou fumée, vers le Cameroun ou le Nigeria. Mais le contrôle des exportations est aléatoire, la plupart des échanges se faisant sous forme informelle en direction du Nigeria ; d'ailleurs, de nombreux pêcheurs évoluant sur le lac sont Nigérians.

Les méthodes utilisées sont artisanales ; autrefois, on voyait souvent sur le Chari les zémis, ces longues pirogues kotoko dissymétriques, avec des leviers pour suspendre les filets de pêche, manoeuvrées par une vingtaine d'hommes. Sur le lac Tchad évoluent toujours les kadeïs en papyrus des Boudouma. La méthode de prédilection des pêcheurs utilise la senne, pour ramener sur les barques les capitaines, les tilapia, les salinga et autres silures.

Arbres et produits dérivés

Le quatrième produit d'exportation du pays est la gomme arabique (kitir en arabe), qui est la sève des Acacias Senegalensis et des Acacias seyal. On l'utilise principalement dans l'agroalimentaire et la cosmétique. Les gommeraies s'étendent sur 38 000 km² (dont seulement 15 000 km² sont exploitées), avec une exportation moyenne de 30 000 tonnes par an. Le pays compte parmi les grands fournisseurs du marché international de la gomme arabique, avec près de 30 % de parts de marché.

Le karité - dont les noix sont utilisées sous forme de beurre et qui sert localement comme huile alimentaire ou comme produit de beauté, dont les grandes maisons internationales de cosmétiques vantent les mérites - représente de fortes potentialités économiques, mais moins de 10 % des quelque 90 millions d'arbres dénombrés sont actuellement exploités. Le karité est naturellement présent dans la zone méridionale du Tchad.

Chasse

La chasse est autorisée dans les domaines privés et publics prévus à cet effet, alors qu'elle est officiellement interdite, depuis 1999, sur le reste du territoire ; cette interdiction est toutefois loin d'être respectée. Le site privé le plus connu est celui de Douguia, assez proche de N'Djamena, qui reçoit chaque année des adeptes venus de l'étranger pour chasser le canard. Les domaines publics occupent de grandes superficies, contrairement aux domaines privés. Le Tchad compte 3 domaines de chasse publics, à savoir l'Aouk, le plus vaste (1 185 000 ha), réputé pour sa faune riche en damalisques tiang et en autruches à cou rouge ; le domaine de Melfi est le dernier-né : créé en 2004, il s'étend sur 426 000 ha et on y trouve le grand koudou, le lycaon et la gazelle à front roux ; le domaine pilote communautaire de Binder-Léré est une initiative pour protéger la réserve de faune du même nom du braconnage, en permettant aux populations alentours de mieux vivre grâce aux revenus engendrés par la chasse. Le manque d'infrastructures (transport, hébergement) et les troubles récurrents dans les zones frontalières, notamment celles jouxtant la RCA, affectent grandement la fréquentation des domaines publics qui sont de facto quasiment désertés par les chasseurs occidentaux.

Industries et secteur minier

Compte tenu de sa superficie, le Tchad est un pays sous-peuplé et son marché intérieur demeure étroit pour la grande industrie. Celle-ci doit faire face à de lourds coûts de production, à un cadre juridique et fiscal incohérent, ainsi qu'à la concurrence déloyale de produits importés plus ou moins frauduleusement (pétrole, sucre, cigarettes, thé...). Le monopole accordé à certaines entreprises ainsi que l'inadaptation de la fiscalité ne font que renforcer la contrebande, la fraude et la corruption qui sévissent dans le secteur économique. Dans ce contexte, l'eldorado pétrolier ne fait qu'aggraver cette déstabilisation, en donnant l'occasion de faire toujours plus de profit personnel au détriment de l'intérêt national, qui restera encore longtemps très dépendant de l'agriculture.

Secteur secondaire

C'est un secteur qui se confirme, avec l'avènement du pétrole. Il représente 43 % du PIB.

La principale société industrielle, hors exploitation pétrolière, est la CotonTchad, qui possède des usines d'égrenage et une huilerie-savonnerie.

La CST, complexe agro-industriel de sucrerie, dispose d'une sucrerie-raffinerie à Banda (à 25 km de Sarh) d'une capacité nominale de 40 000 tonnes de sucre raffiné par an. L'ex-SONASUT (Société nationale sucrière du Tchad), privatisée et rebaptisée Compagnie sucrière du Tchad en 2000, est depuis le début des années 2010 en proie à la concurrence, souvent illégale, du sucre importé depuis le Soudan. Ce dernier, vendu moins cher, fait obstacle à l'écoulement de la production de la CST qui, ipso facto, a été réduite (environ 25 000 tonnes/an actuellement). Il a également engendré la fermeture de l'usine de Farcha (unité de production de pains de sucre) et l'arrêt de l'unité de Mani (à 80 km au nord de N'Djamena), où était expérimentée la culture de la spiruline. L'entreprise, propriété de la SOMDIAA (Société d'organisation, de management et de développement des industries alimentaires et agricoles), a, conséquemment, licencié plus de 1 500 employés depuis 2012.

Les Brasseries du Tchad (BDT), basées à Moundou et N'Djamena, assurent l'importation de boissons, ainsi que la fabrication et la commercialisation de boissons gazeuses (Coca-Cola, Fanta, Sprite...) ou alcoolisées (bière Gala...)

La production était de 1,26 million d'hectolitres en 2014. Des centres de distribution existent à Pala, Sarh, Abéché et Bongor.

La Manufacture de cigarettes du Tchad (MCT) de Moundou assure la production et la commercialisation de cigarettes sous diverses marques : Sprint, Fine... Elle possède une petite activité de tabaculture locale (à Goré et Baïbokoum), mais l'essentiel de son approvisionnement se fait en France. Elle produit environ 40 millions de paquets de cigarettes, mais doit faire face à la concurrence des pays limitrophes, légale comme frauduleuse. Les lourdes taxes en vigueur au Tchad rendent ses produits peu compétitifs.

La Société tchadienne d'eau et d'électricité (STEE) a été dissoute en 2010. Elle a fait place à deux entreprises distinctes, la STE (Société tchadienne des eaux) et la SNE (Société nationale d'électricité). Cette dernière produit de l'électricité à partir de centrales thermiques fonctionnant au gasoil. Cette électricité est ensuite distribuée aux usagers à des tarifs prohibitifs. Elle est souvent très rare, les coupures de courant quotidiennes ayant lieu à des horaires totalement imprévisibles, pouvant durer, dans certaines villes, plusieurs jours d'affilée ! Le coût de la production et de la distribution d'électricité, parmi les plus élevés au monde, obère, en outre, le budget des entreprises déjà affecté par l'onérosité des transports.

La gestion du gasoil est très mauvaise et connaît de fréquents détournements ; de nombreuses villes moyennes ne sont pas desservies. De plus, l'Etat, qui est l'un des principaux débiteurs, ne paie que très rarement ses factures !

A côté de cette poignée d'entreprises, on trouve quelques petites et moyennes entreprises, mais surtout des activités de commerce informel très développées.

L'économie industrielle tchadienne reste donc très timide, handicapée par une faible compétitivité des entreprises liée aux forts coûts de production (énergie, transport, taxations) et à l'existence d'une intense activité informelle et frauduleuse.

Secteur minier et promesse de l’or noir

La production de natron est relativement florissante au Tchad. Le natron, ou carbonate de sodium, est utilisé, localement, dans l'alimentation animale et, à l'étranger, dans les industries de la verrerie, de la pharmacie et de la savonnerie. Environ 700 natronières, exploitées dans les parages du lac Tchad et de Faya-Largeau, produisent quelque 40 000 tonnes de natron par an, dont environ 20 000 tonnes sont destinées à l'exportation vers les pays de la sous-région.

Les recherches pétrolières remontent à l'indépendance. En 1969, la Continental Oil Company (Conoco) entame des prospections dans les environs du lac Tchad et dans le sud du pays. Un consortium international, composé notamment de Shell et d'Esso, emboîtera le pas de la firme états-unienne au mitan des années 1970. Du pétrole fut découvert à Sédigui, au nord du lac Tchad, dans le Kanem. Les réserves de ce champ, estimées à 15 millions de barils, étaient suffisantes pour pourvoir les besoins tchadiens en hydrocarbures, mais insuffisantes pour justifier des exportations. Parallèlement, les potentialités du bassin de Doba furent mises au jour : le brut y était certes de piètre qualité, mais les réserves, conséquentes, permettaient d'envisager l'exportation.

Après maints débats et négociations, l'exploitation du champ pétrolifère de Doba, parrainée par la Banque mondiale, fut lancée le 10 octobre 2003. L'or noir fut alors acheminé vers le golfe de Guinée via un oléoduc de 1 070 km reliant Doba à Kribi (Cameroun).

La production, estimée initialement aux environs de 240 000 barils par jour, fut rapidement revue à la baisse pour s'établir autour de 150 000 barils par jour jusqu'en 2014, date à laquelle l'exploitation de nouveaux champs pétrolifères a permis au Tchad de porter sa production à plus de 150 000.

Les conséquences de l'exploitation pétrolière sur la région sont de plusieurs natures : les prix des terrains de la région ont triplé, les nouveaux bébés s'appellent Larpétrol (" l'argent du pétrole ") ou Njépétrol (" celui qui a du pétrole "). Des paysans, dont le village se trouvait sur le trajet du futur pipeline, ont été largement indemnisés...

L'exploitation du gisement de Doba offre au Tchad une occasion exceptionnelle de réduire la pauvreté qui sévit dans le pays et d'améliorer les conditions de vie des Tchadiens, en finançant notamment des projets de développement grâce aux recettes pétrolières. Plus de dix ans après le début de l'exploitation, force est de constater que l'impact de cette manne sur l'économie tchadienne peine à se faire sentir.

PLACE DU TOURISME

L'industrie touristique tchadienne est relativement jeune, malgré l'immense potentiel du pays ! Le Tchad dispose d'un éventail indéniable de potentialités touristiques, lié notamment aux forts contrastes géographiques et climatiques.

La partie nord du pays, en particulier le BET, regorge de sites touristiques : des grottes parées de peintures rupestres, de magnifiques oasis, des dunes mouvantes, les tassilis de l'Ennedi, les paysages volcaniques du Tibesti et des gueltas...

Jusqu'en 1998 de nombreuses agences organisaient des circuits très prisés dans le septentrion tchadien, mais la constitution d'un maquis par le MDJT (Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad), générant de rudes escarmouches avec les forces gouvernementales, mit le holà à cette activité devenue trop risquée. Bien que la rébellion se soit essoufflée dès 2002, la circulation demeure dangereuse dans le nord du pays à cause de la présence de milliers de mines antipersonnel enfouies dans le sable. Il est fortement déconseillé de vous y aventurer sans un guide expérimenté. Une poignée d'agences de voyage proposent de nouveau, depuis quelques années, des circuits dans ces superbes contrées désertiques.

Malgré la baisse constante de son niveau, le mythique lac Tchad reste une réserve exceptionnelle de faune et donne l'occasion de faire de belles balades entre ses multiples chenaux aux hautes herbes. Les incursions du groupe islamiste radical Boko Haram dans cette région constituent toutefois, depuis quelques années, un frein prégnant à l'essor du tourisme local.

Les parcs naturels de Zakouma et de Manda sont appelés à devenir des sites touristiques majeurs. Ils concentrent l'essentiel de ce qu'il reste de la faune caractéristique de la zone soudano-sahélienne. De nombreuses espèces reviennent vers le Tchad et repeuplent ces parcs, après leur exode massif consécutif aux massacres perpétrés pendant la guerre civile des années 1980. Zakouma est un modèle d'écotourisme et propose des visites et un hébergement de qualité dans un souci de préservation de l'environnement.

Pour les amoureux de la chasse, il est nécessaire de vous munir d'un permis de chasse valable pour une zone spécifique. Il existe le camp de Douguia au bord du Chari, à 70 km au nord de N'Djamena, parfait pour le gibier.

Toutefois, le Tchad doit résoudre certaines contraintes afin de développer et de pérenniser l'activité touristique.

Les transports : d'une part, les routes praticables, surtout en saison des pluies, sont assez limitées, ce qui rallonge considérablement les distances et nécessite des véhicules 4x4 bien équipés pour faire face à d'éventuelles pannes. D'autre part, il existe épisodiquement des problèmes de sécurité (coupeurs de route) et il faut faire face aussi à la tension de la population en cas d'accident ; c'est pourquoi il est important d'avoir un chauffeur et de ne pas conduire vous-même. Ces dernières années plusieurs routes ont été goudronnées ou sont en passe de l'être. Les principales artères des grandes villes sont bitumées comme à Abéché ou Moundou.

L'hébergement : le coût élevé de l'hôtellerie à N'Djamena et l'offre limitée, et parfois de petite qualité, en province restent une entrave à la croissance du tourisme.

Dans ces conditions, le tourisme au Tchad nécessite de tels moyens financiers et logistiques, qu'il reste inaccessible à la majorité.

Le Tchad doit par conséquent promouvoir une vraie politique de développement touristique afin d'attirer les agences de voyages et les tour-opérateurs. Les autorités doivent s'engager auprès des agences existantes et aider à la promotion du Tchad notamment lors des grandes foires commerciales et salons du tourisme.

L'écotourisme, à l'image de ce qui se fait à Zakouma, est une solution d'avenir qui, tout en préservant l'environnement, permet aux amoureux de la nature de venir voir sur place des espèces rares ou menacées.

Notons par ailleurs que la découverte du crâne de Toumaï, le 19 juillet 2001, pourrait contribuer à mettre en place une nouvelle stratégie touristique. Le Tchad devient à cet instant le berceau de l'humanité, donnant par là même au pays une nouvelle identité fascinante à découvrir.

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