Guide de la Côte d'Ivoire : Politique et économie

Politique

Par Salim Ezzedine.

" Moi j'ai remarqué que, dans ce pays, pour être un bon président, il faut avoir une capacité physique, sportive, accomplie : il faut savoir courir, faire le 400 m, surtout quand il y a des agitations, pour être dans la première ambassade rapidement. Il faut savoir sauter, surtout le saut en hauteur, pour escalader la clôture pour tomber chez le voisin, parce qu'on ne sait jamais, pour une question de sécurité. Il faut savoir nager, parce que généralement nos résidences se trouvent en bordure de l'eau. "

Adama Dahico, cité à partir de Paroles d'Ivoire, film de Philippe Duval réalisé par Bernard Simon et Siriki Baïkro.

Structure étatique

Présentation du régime et des pouvoirs. Le 8 novembre 2016, la Côte d'Ivoire est officiellement entrée dans sa Troisième République, avec la promulgation par Alassane Ouattara de la nouvelle Constitution (la quatrième du nom) approuvée à 93,42 % par le peuple lors du référendum du 30 octobre 2016, qui a enregistré un taux de participation de 42,42 %. Ce texte, emblématique de la présidence Ouattara, vise notamment à se défaire des dispositions " confligènes " de la précédente Constitution - adoptée en 2000 à la suite du coup d'État du 24 décembre 1999. Parmi celles-ci, l'article 35 qui consacrait l'ivoirité et fut un des facteurs de troubles de la décennie 2000 et 2010, puisqu'il excluait tout candidat à la présidentielle n'étant pas d'origine ivoirienne, de père et de mère. Désormais, selon l'article 55 de la nouvelle Constitution en vigueur, le candidat à l'élection présidentielle doit être exclusivement de nationalité ivoirienne, né de père ou de mère ivoirien d'origine. Innovation majeure de la Constitution de la Troisième République, la dévolution du pouvoir, inspirée du modèle américain, avec la création d'un poste de vice-président élu sur un ticket avec le président. Le " VP " devient donc la deuxième personnalité de l'État et est appelé à succéder au président en cas de vacance du pouvoir par décès, démission ou empêchement absolu. Conséquence : un exécutif à trois têtes (président, vice-président, Premier ministre) et un ordre de succession changé, puisque le président de l'Assemblée nationale ou du Sénat ne pourra plus succéder au chef de l'État. Autre point majeur de la nouvelle Constitution, la mise en place d'un système parlementaire bicaméral avec la création d'un Sénat, destiné à permettre un meilleur équilibre législatif avec une représentation plus forte de la diversité ivoirienne, des régions, des collectivités locales. Les deux tiers des 120 membres de cette chambre haute sont élus au suffrage universel indirect et l'autre tiers nommé par le président. Mais les différentes crises survenues en 2017 (baisse du prix mondial du cacao, mutineries militaires, revendications salariales des fonctionnaires...) et les tensions qu'elles ont fait peser sur la trésorerie de l'État ont amené les autorités à reporter l'instauration de cette institution à 2020.

Des institutions d'exception. Le président de la République est le détenteur exclusif du pouvoir exécutif. Il est élu au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans, renouvelable une fois. Il choisit un vice-président qui est élu en même temps que lui, et nomme le Premier ministre, qui propose à son tour la nomination des membres du gouvernement. Selon le texte de la nouvelle Constitution, le pouvoir législatif est exercé par le Parlement, composé de l'Assemblée nationale et du Sénat. Mais dans les faits et au moins jusqu'à 2020, il reste exercé par une Assemblée nationale composée de 255 députés, élus pour une durée de cinq ans au scrutin de liste majoritaire à un tour. Le Conseil constitutionnel, créé par la loi du 16 août 1994 pendant la Première République, est une juridiction autonome dont les membres sont nommés, pour certains, par le président de la République, et pour d'autres par le président de l'Assemblée nationale. Cette institution veille sur la constitutionnalité des lois, et assure un fonctionnement régulé des autres institutions. La Constitution de la Troisième République prévoit, dans son titre VIII, l'existence d'un Conseil constitutionnel, juge de la constitutionnalité des lois. Celui-ci se compose d'un président, de six conseillers ainsi que des anciens Présidents de la République, sauf renonciation expresse de la part de ces derniers. Le Conseil constitutionnel exerce à la fois un contrôle a priori et un contrôle a posteriori par la voie de l'exception d'inconstitutionnalité soulevée par une partie au cours d'un procès. Enfin, un Conseil économique et social, dont le rôle est purement consultatif, a été créé en 1961. Le système juridique ivoirien est basé sur le droit civil français et le droit coutumier. La justice est rendue sur toute l'étendue du territoire national, au nom du peuple ivoirien, par la Cour suprême, la Cour des comptes, les Cours d'appel, les tribunaux de Première instance, les tribunaux administratifs et les Chambres régionales des comptes. La Cour suprême et la Cour des comptes sont les deux institutions juridictionnelles représentatives du pouvoir judiciaire. Depuis 1998, le Conseil d'État et la Cour de cassation sont les juridictions suprêmes de l'ordre administratif et judiciaire.

Décentralisation et déconcentration. Si, au lendemain des indépendances, la Côte d'Ivoire a eu un État fort pendant de longues années, impliquant une importante centralisation du pouvoir, l'organisation administrative de la Côte d'Ivoire est, depuis 1980, en constante évolution. La décentralisation avance depuis à grands pas. Les différentes circonscriptions administratives existantes sont les districts, les régions, les départements, les sous-préfectures et les villages. À l'heure actuelle, le pays compte 14 districts, dont deux districts autonomes (Abidjan et Yamoussoukro). Les 12 autres districts sont subdivisés en 31 régions, elles-mêmes subdivisées en 108 départements. Les départements sont subdivisés en 510 sous-préfectures, et administrés par un préfet qui a entre autres la charge d'y assurer le maintien de l'ordre public. Les sous-préfets de Côte d'Ivoire ont quant à eux pour mission de superviser et de contrôler les activités des services administratifs de l'État dans les sous-préfectures, mais aussi de superviser les actions des chefs de villages, entités de base de l'organisation administrative ivoirienne.

Partis

Une démocratie jeune. La Côte d'Ivoire, sans n'avoir jamais été une dictature à proprement parler, n'en reste pas moins une démocratie jeune. L'accession de la Côte d'Ivoire à la souveraineté internationale le 7 août 1960 va amener son premier Président, Félix Houphouët-Boigny, à régner sans partage sur la scène politique ivoirienne pendant plus de trente ans. Le multipartisme n'existe alors pas encore, et son parti, le PDCI (Parti démocratique de Côte d'Ivoire), une section du Rassemblement démocratique africain (RDA) créé au sortir de la Seconde Guerre mondiale, demeure pendant longtemps le seul parti autorisé. Les deux principales figures d'opposition d'alors sont Laurent Gbagbo, qui est forcé de partir en exil, et Francis Wodié. Ces deux militants syndicaux créeront par la suite des partis politiques. Laurent Gbagbo créera le FPI (Front populaire ivoirien, de tendance socialiste) dans la clandestinité fin 1982, et Francis Wodié attendra pour sa part 1990, et l'ouverture (contrôlée) au multipartisme avant de créer le PIT (Parti ivoirien des travailleurs, de tendance communiste). Au début des années 1990, des tensions sociales de plus en plus fortes se font sentir. De nombreuses manifestations populaires éclatent et, le 30 mai 1990, le président Houphouët est contraint d'accepter le multipartisme et la liberté syndicale. En 1993, à la mort d'Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié, alors président de l'Assemblée nationale, assurera l'intérim de la présidence, ce jusqu'en 1995. Il est réélu cette même année, lors d'élections boycottées par l'opposition. Depuis lors, la Côte d'Ivoire apprend la démocratie, avec les heurts et déboires que l'on sait... La crise sociopolitique a amené quelques bouleversements sensibles dans l'échiquier politique ivoirien. Les élections présidentielles d'octobre 2010 ont dégénéré en violences politiques, puis en guerre civile. Après une intervention de l'ONU, le président vainqueur, Alassane Ouattara, a officiellement pris ses fonctions en avril 2011. Il existe au total plus de cent partis politiques différents en Côte d'Ivoire. Mais seule une poignée d'entre eux possède une véritable influence ainsi qu'une base sociologique et idéologique réelle. Voici quelques-uns des partis politiques de première importance :

Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire - PDCI (sociaux démocrates). Le PDCI est le parti créé par feu le président Félix Houphouët-Boigny au sortir de la Seconde Guerre mondiale, qui se veut une section du grand parti panafricain, le Rassemblement démocratique africain. C'est la raison pour laquelle on parle de " PDCI-RDA ". Parti unique jusqu'à l'ouverture au multipartisme en 1990, il est présidé par Henri Konan Bédié depuis la mort du président Houphouët-Boigny. Sa base sociologique est le peuple baoulé, et il a sa base géographique dans les villes de Bouaké, Yamoussoukro et Dimbokro.

Le Rassemblement des républicains - RDR (libéraux). Le Rassemblement des républicains est beaucoup plus jeune que le FPI. Son président, Alassane Dramane Ouattara, faisait initialement partie du PDCI. Mais en 1994, le futur fondateur du RDR Djéni Kobina, alors secrétaire national du PDCI, se voit refuser la parole lors d'un congrès extraordinaire de son parti. Il décide donc de créer ce nouveau parti. Alassane Dramane Ouattara, surnommé " ADO " prend les rênes du RDR en 1995. Ex-directeur général adjoint du FMI, ex-gouverneur de la BCEAO, ADO imprimera au RDR une tendance libérale forte. La base idéologique du RDR est à prédominance nordiste.

Le Front populaire ivoirien - FPI (socalistes, tendance africaniste). Le FPI a été créé dans la clandestinité en 1982 par Laurent Gbagbo, sa femme, Simone Ehivet, et quelques proches, alors que le multipartisme n'était pas encore autorisé en Côte d'Ivoire. Poursuivi par le pouvoir, le principal opposant à Félix Houphouët-Boigny, Laurent Gbagbo, a dû quitter la Côte d'Ivoire pour la France, où il est resté en exil jusqu'à 1988. Cette période lui a permis de se faire connaître dans les milieux socialistes européens et d'y nouer des amitiés politiques. À son retour en Côte d'Ivoire, il est a été élu secrétaire général du FPI, qui naissait alors officiellement. Après les premières élections qu'il mène, en 1990 contre Félix Houphouët-Boigny, ses 20 % des voix lui donnent le statut de leader de l'opposition. Il sera ensuite élu lors des élections législatives de 1990. En 1995, le FPI boycotte les élections présidentielles suite aux " réformes " opérées par Bédié dans le code électoral. Laurent Gbagbo deviendra président de la République de Côte d'Ivoire lors des élections de 2000, où il affrontera le général Gueï. Le FPI remportera aussi la majorité des sièges à l'Assemblée nationale lors des élections législatives de 2000, avec 96 sièges sur 225. La base sociologique du FPI est en pays bété, dans le centre-ouest de la Côte d'Ivoire. Depuis la fin de la crise post-électorale de 2010-2011 et le transfèrement de l'ancien président Laurent Gbagbo à La Haye, le FPI, miné par des dissensions internes, ne pèse plus guère dans l'échiquier politique ivoirien.

Enjeux actuels

Ayant longtemps assumé le rôle de puissance sous-régionale et été depuis sous les " spotlights " de l'actualité en raison des troubles politiques qui l'ont secouée, la Côte d'Ivoire a acquis un poids ; certes relatif, mais non négligeable sur la scène politique internationale, et africaine en particulier.

Au niveau sous-régional, la Côte d'Ivoire fait partie de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) depuis 1975. Son rôle est central au sein de cette organisation, qui compte quatorze autres pays membres et a pour vocation le développement économique, et désormais le maintien de la paix au niveau sous-régional.

La Côte d'Ivoire fait par ailleurs partie des membres fondateurs (en 1962) de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), avec sept autres pays francophones de la sous-région. L'UEMOA a permis, grâce à une concertation entre banques centrales des états membres, l'adoption d'une monnaie unique par ses membres : le franc CFA, dont la parité avec l'euro est fixe (1 € = 655,95 FCFA), et dont la convertibilité est encore à ce jour garantie par la Banque de France. Depuis mai 2011 se trouve d'ailleurs à la tête de la Banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest (ou BCEAO, dont le siège est à Dakar) l'Ivoirien Tiémoko Koné, qui succède à ce poste à ses compatriotes Charles Konan Banny, Alassane Dramane Ouattara et Philippe Henry Dakoury-Tabley. Le poste de gouverneur revient en effet, depuis des années, au pays dont la masse financière en FCFA est la plus importante. La Côte d'Ivoire compte encore pour près de 40 % de la richesse créée dans l'espace UEMOA. Le pays fait en outre partie des membres fondateurs de l'Union africaine, créée en 1963 à Addis Abeba.

La Côte d'Ivoire est signataire de très nombreux accords et traités internationaux, au nombre desquels on trouve les Conventions de Genève et leurs protocoles additionnels, le Traité d'interdiction des mines antipersonnel, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Pacte relatif aux droits économiques, sociaux et culturels... Elle a également ratifié le Statut de Rome, donnant compétence à la Cour pénale internationale. Enfin, il faut relever que la peine de mort a été abolie en Côte d'Ivoire par la Constitution de 2000.

Économie

Par Marion N'Gouan Ezzedine.

Avec une population estimée à près de 24 millions d'habitants et un PIB de 34,65 milliards de dollars en 2016, la Côte d'Ivoire est la deuxième économie ouest-africaine après le Nigeria. L'espérance de vie y est stable depuis les années 1980, variant entre 50 et 55 ans, mais le niveau de vie de la population n'a cessé de se dégrader depuis le milieu des années 1980 et près de la moitié de la population ivoirienne vit aujourd'hui en dessous du seuil de pauvreté, contre seulement 10 % en 1985.

Le miracle ivoirien. Dans les années qui ont suivi son indépendance, la Côte d'Ivoire a connu un développement économique fulgurant qui s'est traduit par un doublement de son PIB par habitant entre 1960 et 1978 et une augmentation de l'espérance de vie de 13 ans entre 1960 et 1983. La stabilité politique qui prévaut à cette époque et les exportations de produits dits de rente (notamment le cacao, dont la Côte d'Ivoire est le premier exportateur mondial) procurent d'importants revenus qui financent le " miracle ivoirien ". Toutefois, l'économie présente les symptômes caractéristiques d'une faiblesse structurelle : une forte dépendance à l'extérieur, doublée d'un très faible développement industriel. La chute des cours du cacao au début des années 1980 réduit considérablement les recettes publiques et prive la Côte d'Ivoire de sa capacité de redistribution. Le poids de la dette publique contraint le pays à suspendre ses remboursements en 1987 et à diminuer de moitié les prix d'achat du cacao aux planteurs. Les différents programmes d'ajustements structurels de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) ne suffisent pas à redresser l'économie et en 1994, le PIB par habitant est presque revenu à son niveau de 1960. La crise économique se prolonge avec l'instabilité politique de la dernière décennie, déclenchée par le coup d'État militaire de décembre 1999. De 2000 à 2003, le taux de croissance du PIB ivoirien est négatif. Il redevient positif en 2004, mais reste faible (environ 2 % par an). En 2011, il est de nouveau négatif, à près de - 6 %, du fait de la crise politique et des combats armés qui ont profondément pénalisé les exportations pendant plusieurs mois et gelé l'activité économique pendant quelques semaines (avec notamment la fermeture de la Banque centrale et de la majorité des banques commerciales).

L'une des économies les plus compétitives d'Afrique. Depuis 2012, le pays a enregistré une croissance de l'ordre de 8 % (7,9 % en 2016, 7,8 % prévus en 2017). Si l'effet de rattrapage post-crise justifie initialement ce taux d'expansion remarquable, cette performance repose aussi sur des facteurs structurels tels que la stabilité politique (bonne tenue de l'élection présidentielle d'octobre 2015, adoption d'une nouvelle constitution, organisation d'élections législatives) et monétaire (appartenance à la Zone franc), la diversification de l'économie et l'amélioration du climat des affaires. Ainsi, au cours de l'année 2016, le Centre de promotion des investissements de Côte d'Ivoire (CEPICI) a enregistré la création de 12 166 entreprises contre un ratio de 9 534 en 2015, soit une augmentation de 28%. Le ralentissement observé depuis 2016 est à nuancer : le taux de croissance de l'économie ivoirienne a été le deuxième plus rapide du continent africain, juste derrière l'Éthiopie, et 3 à 4 fois plus élevé que la moyenne continentale en 2016. Selon le rapport 2016-2017 du Forum économique mondial, l'économie ivoirienne figure parmi les dix économies africaines les plus compétitives. Tandis que le premier Plan national de développement (PND 2012-2015) mis en oeuvre par les autorités mettait l'accent sur les grands travaux d'infrastructures en tant que principaux catalyseurs de la relance économique, le PND 2016-2020, qui doit principalement conduire à la transformation structurelle de l'économie ivoirienne par l'industrialisation, est basé sur la consolidation de la stabilité macroéconomique et un niveau élevé d'investissements productifs tant publics que privés.

« Du miracle au mirage ivoirien »

Extraits de Côte d'Ivoire : du mirage au naufrage, Sylvie Brunel, La Documentation photographique nº 8048 " l'Afrique dans la mondialisation " (La Documentation française, 2005).

" En 1960, la Côte d'Ivoire est un pays de quatre millions d'habitants, sans matières premières, qui ne paraît pas particulièrement favorisé. Mais son président, Félix Houphouët-Boigny, décide de valoriser son sol en ouvrant largement les frontières aux immigrés venus des pays enclavés du nord, Burkinabè et Maliens surtout. Il leur donne accès à la terre, aux emplois publics, au droit de vote. Contrairement à la Guinée, il décide aussi d'ouvrir le pays aux investissements occidentaux, français d'abord. En vingt ans, la Côte d'Ivoire devient un riche pays agricole, dont les petits planteurs sont assurés de vendre leurs récoltes à des organismes d'État qui leur garantissent un prix rémunérateur. Grâce à d'importants investissements publics, elle se dote d'un réseau routier et urbain de qualité et d'industries dynamiques, dans le secteur agroalimentaire surtout. La capitale a été déplacée à Yamoussoukro, village natal du président, mais Abidjan reste le premier port d'Afrique de l'Ouest : la Côte d'Ivoire est un pays essentiel pour l'économie de la région. On parle du " miracle " ivoirien.

Au début des années 1980, la conjoncture se retourne : le prix des matières premières s'effondre, privant l'État de sa capacité redistributrice. Les riches terres à cacao du sud du pays commencent à manquer (le pays reste actuellement le premier producteur mondial de cacao), ce qui fait naître des tensions entre autochtones et allogènes. La dette pèse lourdement sur les dépenses publiques. En 1987, Houphouët-Boigny se voit contraint de suspendre son remboursement, puis de baisser de moitié le prix d'achat du cacao aux planteurs, mettant ainsi fin au contrat implicite qui l'unissait à sa base paysanne. Il doit accepter les plans d'ajustements structurels du FMI et de la Banque mondiale, réduire le train de vie trop élevé de l'État, dégraisser une fonction publique pléthorique. L'instauration du multipartisme permet l'émergence de l'opposant historique Laurent Gbagbo. On commence à parler du " mirage ivoirien ".

Principales ressources
Vente d'ananas.
Vente d'ananas.

Le Sud ivoirien concentre 85 % de l'activité économique, notamment du fait du climat tropical humide qui caractérise cette région et la rend très propice aux cultures.

Secteur primaire - Agriculture. L'économie ivoirienne repose essentiellement sur l'agriculture qui représente 28 % du PIB, plus de 50 % des recettes d'exportations, et les deux tiers des sources d'emplois et de revenus de la population. En 2016, la Côte d'Ivoire demeurait le premier producteur mondial de cacao (plus de 35 % de la production mondiale), mais était aussi le premier producteur africain d'hévéa, le cinquième producteur mondial de palmier à huile, le premier producteur mondial d'anacarde, et le premier producteur africain de bananes, les autres productions agricoles d'exportation du pays (coton, sucre, café, cola, ananas, mangue) se situant aux premiers rangs africains.

Secteur secondaire - Industrie. L'industrie ivoirienne est née de la volonté de transformer sur place la majorité des produits de l'agriculture. Elle représente près de 25 % du PIB et ses principales composantes sont le raffinage de pétrole, l'énergie, l'agro-alimentaire et le BTP. Le secteur minier (or, fer, nickel, manganèse, bauxite) et celui des hydrocarbures (pétrole brut et gaz naturel) connaissent depuis quelques années un essor remarquable avec des taux de croissance réguliers et des investissements massifs visant à en faire le second pilier de l'économie ivoirienne après l'agriculture.

Secteur tertiaire - Services. Le secteur tertiaire représente 47 % du PIB ivoirien. Il est dominé par les télécommunications qui continuent de se développer avec l'essor du mobile banking, les transports (portuaire et aérien), la distribution et les activités financières, avec près d'une trentaine de banques commerciales et une trentaine de compagnies d'assurance.

Commerce extérieur. La Côte d'Ivoire est le centre des activités commerciales en Afrique de l'Ouest grâce à ses infrastructures logistiques modernes (plus de 6 500 km de routes bitumées, 7 aéroports, 2 ports en eau profonde...). La balance commerciale excédentaire est portée par les exportations de matières premières agricoles (cacao, anacarde, café, coton, caoutchouc, huile de palme, banane...) et de produits pétroliers (raffinés et bruts). Les produits importés sont principalement les carburants, biens d'équipement et denrées alimentaires. En 2016 les premiers clients du pays sont les États-Unis, les Pays-Bas, la France, l'Allemagne, le Nigeria, le Burkina Faso, la Belgique, l'Inde, le Ghana et la Suisse, tandis que ses principaux fournisseurs sont le Nigeria, la Chine et la France.

L'or brun de la terre d'Ivoire

Plus qu'une économie, le cacao est l'un des symboles de la Côte d'Ivoire. Au moins autant que l'éléphant - qui, lui, a été exterminé pour son si précieux ivoire. " Un Ivoirien qui se respecte a au moins un petit champ de cacao ", entend-on même parfois. Il est vrai que de nombreuses personnalités du pays, notamment politiques, se vantent souvent de posséder leur propre champ quelque part dans l'ouest ou l'est du pays, les deux grandes zones cacaoyères de Côte d'Ivoire.

L'économie du cacao en Côte d'Ivoire - premier producteur mondial avec 34 % de la production - est véritablement née dans les années 1960, avec la volonté de Félix Houphouët-Boigny, premier président du pays, de privilégier le secteur primaire au secteur secondaire. Entre 1960 et 1970, la production de cacao a ainsi triplé pour atteindre plus de 300 000 tonnes, un chiffre qui fait presque sourire si on le compare à la production annuelle actuelle. Malgré la crise post-électorale de 2011, la Côte d'Ivoire a même réussi à battre l'un de ses records de production lors de la saison 2010-2011, avec un peu plus de 1,5 million de tonnes de fèves produites. La dernière saison 2011-2012 a vu la production reculer d'un peu plus de 2 % à 1,47 million de tonnes, en raison notamment d'une mauvaise météo.

Le cacao en Côte d'Ivoire, en chiffres, c'est : 900 000 producteurs, 3,5 millions de personnes (sur une population d'un peu plus de 20 millions d'habitants) vivant directement des revenus générés par la fève à l'origine du chocolat, et un milliard de dollars de recettes en devises en 2006 (FMI).

Centre historique de la culture du cacao, le Sud-Est du pays (Abengourou, Akoupé) s'est vu marginalisé par la politique de production intensive mise en place au sud-ouest du pays (Daloa, Soubré, San Pedro) qui a poussé de nombreuses populations du nord du pays, mais aussi du Burkina Faso et du Mali, à venir s'y installer pour produire cet or brun, objet de toutes les convoitises.

Loin du chocolat - résultat final de multiples transformations que l'on déguste avec délectation et sous toutes ses formes dans les salons de thé européens, le cacao en Côte d'Ivoire, c'est aussi un système en tant que tel : controversé et souvent considéré comme une économie mafieuse. Malversations, détournements de fonds : de nombreux scandales ont émaillé le monde du cacao ivoirien au cours des quinze dernières années. On se rappelle notamment la disparition en 2004 du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, alors qu'il enquêtait sur des malversations mises à jour dans la filière. Un procès, dit des barons du cacao, est encore en cours et vise trente hauts anciens officiels de la filière. Arrêtés en 2008, ils sont accusés de fraude et de détournement de fonds. Plus récemment encore, fin 2012, un rapport de l'ONU disait enquêter sur une contrebande sans précédent de cacao vers le Ghana voisin, dont les bénéfices pourraient être utilisés pour l'achat d'armes.

Il n'est donc pas anodin que la première grande réforme économique de l'administration Ouattara, au pouvoir depuis avril 2011, ait visé la filière cacao. Décidée fin 2011, elle a commencé à être appliquée début octobre 2012 pour l'ouverture de la saison 2012-2013 (qui court de début octobre à fin septembre). Exigée par la Banque Mondiale et le FMI contre un allègement substantiel de dettes, la réforme vise à réguler à nouveau un secteur que les mêmes institutions de Bretton Woods, prises dans leur tourbillon du tout libéral, avaient fait libéraliser treize ans plus tôt en 1999. À cette époque, la filière - gérée par la Caisse de stabilisation (la Caistab) était perçue comme inefficace, non transparente et injuste vis-à-vis des fermiers. Mais la libéralisation n'a pas réussi à gommer les faiblesses du secteur.

Virage à 180° donc pour tout le petit monde du cacao. La réforme remet l'État au centre de la filière et vise à augmenter les revenus des fermiers et encourager l'investissement dans des plantations largement vieillissantes. Une structure unique - le Conseil Café Cacao - a été créée et remplace les quatre organismes qui supervisaient jusque-là le secteur. Un prix minimum garanti a été réinstauré pour permettre aux producteurs d'être moins tributaires des cours de la bourse (basée à Londres). C'est dans cette même optique qu'a été mis en place un système de vente anticipée par lequel 80 % de la récolte est vendue avant même le début de la saison.

Outre la réforme et la refonte du secteur, l'autre enjeu du cacao concerne la mise en valeur d'une économie quasi exclusivement portée sur l'exportation. Promise par les deux candidats à l'élection de 2010, la transformation - sur place - du cacao en chocolat, en lieu et place d'une économie exportatrice sans grande valeur ajoutée, pourrait représenter un vivier d'emplois pour un pays qui aspire à la reprise de son économie, voire à l'émergence. C'est ainsi que pas moins de 300 000 tonnes devraient pouvoir être transformées directement en Côte d'Ivoire à l'horizon 2015.

Place du tourisme
Bungalow sur la plage d'Assinie.
Bungalow sur la plage d'Assinie.

Bannie des destinations touristiques vendables après le coup d'État de 1999, la Côte d'Ivoire semble redevenue " fréquentable " depuis le dénouement de la crise post-électorale. Ces dernières années, la contribution du tourisme au PIB ivoirien n'a fait qu'augmenter, passant de 0,6 % en 2011 à 7,5 % en 2016. Cette même année, l'aéroport international Félix Houphouët-Boigny accueillait plus de 1,8 million de passagers, enregistrant une hausse de 11 % de son trafic et un record inégalé depuis... 1999. Avec l'Algérie, le Maroc, le Nigeria et Kenya, il semblerait que la Côte d'Ivoire fasse aujourd'hui partie du top 5 des destinations les plus prisées en Afrique. Preuve de cette embellie, le taux de remplissage des hôtels est passé de 58 % en 2012 à 69,4 % en 2015. Avec un nombre total de 1 177 022 touristes dont 470 809 touristes étrangers et 706 213 touristes internes enregistrés en 2015, l'objectif de l'ambitieux programme de réhabilitation et de développement touristique " Vision 2015 " mis en place il y a quelques années par les autorités (500 000 touristes à l'horizon 2015 contre un peu moins de 300 000 en 2012) a été plus qu'atteint. Autant de données qui confortent l'optimisme des opérateurs du secteur, dont Côte d'Ivoire Tourisme, à l'origine de diverses initiatives en faveur de la promotion de la destination Côte d'Ivoire, comme le Salon international du tourisme d'Abidjan. Devenue un véritable rendez-vous, cette plateforme internationale d'échanges entre les professionnels du secteur attire chaque année un nombre croissant de visiteurs et tenait en 2017 sa septième édition. Du côté des autorités, on relève aussi plusieurs initiatives en faveur du tourisme, comme la facilitation de la procédure d'octroi du visa, avec une réduction des tarifs et la possibilité de l'obtenir à l'aéroport depuis juillet 2013, ou l'adoption en 2014 d'un code du tourisme destiné à favoriser l'investissement dans le secteur. Au titre des autres mesures prises dans le but de relancer ce mal-aimé de l'économie ivoirienne, on peut également citer le renforcement de la formation professionnelle dans les secteurs de l'industrie hôtelière, de la restauration et du tourisme qui s'est concrétisé par l'ouverture en 2016 de l'École Hôtelière de Grand-Bassam sous licence de l'École Hôtelière de Genève. L'installation massive de grandes chaînes hôtelières en terre ivoirienne (groupe hôtelier Carlson Rezidor avec le Radisson Blu, groupe Azalaï avec l'Azalaï Hotel de Marcory, groupe Mangalis avec le Seen Hotel Plateau, et la mise en chantier de plusieurs autres projets (démarrage des travaux d'un hôtel de luxe Mövenpick au Plateau ; futur hôtel Hilton attendu...) a permis la création de 101 000 emplois directs dans le courant de l'année 2015. Quant aux recettes générées par le secteur, elles étaient pour cette même année de l'ordre de 419 milliards FCFA, avec un apport considérable du tourisme d'affaires (56 %) et de loisir (44 %). La tenue à Abidjan de la huitième édition des Jeux de la francophonie (juillet 2017) et la Coupe d'Afrique des nations à venir (2021) devraient permettre au secteur de poursuivre sa belle envolée, avec un taux moyen de croissance annuelle estimé à 5,6 % jusqu'en 2026.

Enjeux actuels

Construire les bases d'un développement durable. En 2016, la croissance est demeurée solide, portée par la poursuite des grands travaux publics de réhabilitation des infrastructures dans le cadre du PND 2016-2020, l'amélioration du climat des affaires et le renforcement de la stabilité politique. En outre, les prix garantis aux agriculteurs, la mise en place de la couverture maladie universelle et le relèvement des salaires ont continué à tirer la consommation privée, dans un contexte d'inflation contenue. Néanmoins, bien que les perspectives économiques pour les années à venir restent dans l'ensemble favorables avec des projections autour de 7 % de croissance, de nombreux risques externes et internes imposent la prudence. En effet, l'économie ivoirienne, dont la croissance est conditionnée à une hausse des investissements privés et publics apparaît encore fortement tributaire de facteurs exogènes (conditions climatiques, cours mondiaux des matières premières) et endogènes (cf. l'embrasement du front social et les revendications militaires de janvier et mai 2017). Les efforts doivent donc porter sur l'amélioration du climat des affaires, le renforcement du capital humain (éducation/formation, filets sociaux) et les réformes structurelles. Si de nombreux progrès ont été accomplis depuis 2011 sur les plans juridique (codes des investissements, minier, de l'électricité, des télécommunications...) et institutionnel (création du tribunal du commerce, guichet unique...), la mise en oeuvre des textes reste perfectible, notamment dans les domaines fiscal, douanier, foncier et des marchés publics. Quant à la poursuite des réformes structurelles, elle apparaît essentielle pour soutenir la croissance du PIB, réduire les inégalités de revenus et améliorer les conditions de vie des populations grâce à une meilleure redistribution des richesses, permettant ainsi la transition de l'économie ivoirienne vers une économie émergente.

L'économie ivoirienne à la loupe

Par Souleymane Ouattara, analyste indépendant :

Depuis la fin des violences politiques en 2011, la croissance économique ivoirienne maintient le cap : 10,7 % de croissance en 2012, 8,7 % en 2013, 8,5 % en 2014 et 7,9 % projetés pour l'année 2015, selon le FMI. L'inflation tomberait à 0,6 % en 2014, pour revenir à 2,6 % en 2015. Entre 2012 et 2013, le PIB par habitant a augmenté de 300 US dollars.

Cependant beaucoup reste à faire : le pays est encore au 171e rang de l'indice de développement humain et se positionne 147e sur 189 pays dans le classement du rapport Doing Business de la Banque mondiale, bien qu'il ait gagné 30 places en 2 ans. La Côte d'Ivoire a en effet a intégré le club des 10 pays africains les plus dynamiques en matière de réformes de l'environnement des affaires, ce qui se concrétise par un nouveau code d'investissement, un tribunal de commerce, un cadre de dialogue avec le secteur privé, et un guichet unique de création d'entreprise.

En termes d'investissements, l'Etat ivoirien met les bouchées doubles. En juillet 2014, il a levé 750 millions US dollars d'euro-obligations et a l'intention d'en faire autant en 2015 pour investir notamment dans les infrastructures et l'emploi. Pour l'exercice budgétaire 2014, 1 258 milliards FCFA étaient consacrés à des investissements et le budget 2015 (5 000 milliards FCFA) est en hausse de 18 %, notamment pour les infrastructures et la création d'emplois.

Le privé s'y met également, se montrant de moins en moins attentiste. En 2013, les investissements directs étrangers (IDE) avaient plus que triplé, atteignant 621 millions d'euros. Ces IDE concernaient principalement 4 grands secteurs : les télécommunications, l'industrie hors BTP, le transport et l'hôtellerie. L'Île Maurice arrivait en tête avec 24 % de ces IDE, notamment dans les services, suivie de la Grande-Bretagne (22 %) dans les mines et l'électricité, le Togo (11 %) dans la banque, la France (10 %), Singapour avec Olam, géant de l'agro-industrie (8 %), et le Liban. Avec 2 % de parts de marché, la Chine n'arrive qu'en 10e position des IDE en Côte d'Ivoire. La France, si elle a perdu son rang de premier investisseur en flux, reste en tête au niveau du stock. A signaler du côté français, le projet de centre commercial de CFAO qui consacrera l'arrivée du groupe Carrefour à Abidjan (ouverture prévue en 2016) et suit actuellement son cours : 5 enseignes françaises ont dores et déjà été sélectionnées pour figurer parmi la cinquantaine de boutiques qui constitueront ce mall : l'Occitane, la Grande Récré, Cache-Cache, Bonobo et Kaporal.

Cap sur la diversification. Le secteur agricole continue à se développer : 4 milliards US dollars d'investissements sont prévus d'ici 2016, avec à la clef une diversification de l'agriculture passant entre autres par le développement de la riziculture. La réforme du secteur cacao est un succès, avec une récolte record pour la campagne 2013/2014, estimée à 1,7 million de tonnes. Fin novembre 2014, la campagne 2014/2015 se présentait bien. Des exemptions fiscales ont été accordées aux petits exportateurs locaux pour leur permettre de se positionner face aux géants du secteur (Barry Callebaut, ADM, Cargill...).

Au niveau du café (100 000 de tonnes), les autorités, en partenariat avec Nestlé Côte d'Ivoire, ont débloqué 12 millions d'euros de subventions afin d'atteindre une production de 400 000 tonnes à l'horizon 2020. De janvier à juillet, les exportations avaient chuté de 18 % pour atteindre 56 441 tonnes.

Les exportations de caoutchouc ont, elles, augmenté de 24 % pour atteindre le chiffre de 151 362 de tonnes, tout comme celles du coton (+ 24 %) à 307 418 tonnes. SIFCA, premier groupe privé de Côte d'Ivoire, entend doubler sa production d'huile de palme d'ici les trois prochaines années, avec un rendement visé de 500 000 tonnes ; pour ce faire, 40 milliards FCFA ont été investis dans la mise en place de 4 nouvelles usines de transformation pour le marché régional.

Dans le secteur pétrolier, Total a découvert du pétrole brut dans son premier puits (profondeur de 2 300 m) et la Côte d'ivoire a finalisé son accord de partage de production avec Exxon Mobil pour deux blocs ultra-profonds. Mitsubishi prend 20 % dans l'exploration offshore d'Anadarko, ce qui portera cet investissement total à 7,5 milliards US dollars. Dans le secteur gazier, Foxtrot (Bouygues) forera 7 nouveaux puits et créera en 2015 une nouvelle plateforme gazière. Le pays recherche des investisseurs pour 7 nouveaux blocs pétroliers en eau profonde.

Rappelons qu'en 18 mois, entre 2012 et 2013, 18 accords de partage et de production ont été signés. La production actuelle s'élève à 20 000 barils/jour de brut et 220 millions de pieds cubes de gaz. A noter que le différend avec le Ghana sur le tracé d'une frontière maritime traversant un gisement pétrolier n'a pas encore été tranché.

S'agissant du secteur minier, Amara Mining (ex-Cluff Gold) investira 400 millions US dollars sur deux ans pour créer à Yaouré l'une des plus grandes mines aurifères d'Afrique (réserves estimées à 6,3 millions d'onces ; mise en production d'ici 2017). La production ivoirienne était de 15,5 tonnes en 2013 (contre seulement 3 tonnes en 2010), 17 tonnes en 2014, et elle devrait atteindre 22 tonnes en 2016. Quelque 140 permis ont été alloués dans le secteur.

Le transport en bonne place. Air Côte d'Ivoire (détenu à 25 % par Air France-KLM), qui a lancé 17 dessertes régionales en 2013, en a ouvert 3 autres en 2014. Pour sa flotte, la compagnie a choisi Airbus et le Canadien Bombardier. Elle ambitionne d'augmenter son capital de 25 à 65 milliards FCFA, le gouvernement ivoirien injectant de son côté 20 milliards FCFA et la BOAD (Banque ouest-africaine de développement) 2 à 5 milliards FCFA. Air France a renforcé sa desserte quotidienne sur Abidjan avec un A380 desservant la capitale 3 fois par semaine.

Dans le domaine du transport ferroviaire, la gestion de l'axe Abidjan-Ouagadougou revient à Pan African Minerals, le contrat avec Bolloré étant arrivé à échéance. Pan African Minerals, qui détient 55 % de la nouvelle structure (détenue à 25 % par le groupe Bolloré), l'utilisera pour desservir sa mine de manganèse au Burkina.

Ménage dans le secteur des télécoms. Suite à un audit effectué en 2013, le gouvernement a appliqué une pénalité de 6,4 millions d'euros d'amende à des opérateurs de téléphonie mobile non performants, et décidé de réduire leur nombre (jugés défaillants, 4 des 7 opérateurs se disputant le marché se sont vus retirer leur licence début 2014) pour leur permettre d'améliorer leurs prestations. En juillet 2014, le groupe Orange et Emmaüs ont ouvert à Abidjan leur cinquième usine de recyclage de mobiles en Afrique.

Dans l'électricité, SIFCA (Olam, Wilmar) et EDF investiront 100 millions d'euros en 2015 pour construire deux centrales de biomasse d'une capacité de 23 MW chacune. Aggreko (entreprise spécialisée dans l'alimentation électrique temporaire) doublera sa production, qui devrait être portée à 400 MW d'ici 2017.

Risque pays. La Côte d'Ivoire vit dans la crainte du virus Ebola et d'importantes mesures préventives ont été prises dans cette optique, tant par le secteur public que privé. Par mesure de précaution, le pays avait même fermé ses frontières avec ses voisins de l'Ouest (Guinée et Libéria) fin août 2014, pour les rouvrir un mois plus tard.

Sur le plan politique, le processus de réconciliation nationale n'a pas atteint les résultats escomptés, l'opposition étant toujours en proie à des divisions internes dans sa quête d'une ligne directrice permettant de tenir tête au pouvoir en place. Le couple Gbagbo reste poursuivi par la justice. Le procès de Simone Gbagbo et de plusieurs autres opposants, accusés notamment d'infractions économiques, s'est ouvert en Côte d'Ivoire le 22 octobre 2014. La Cour pénale internationale (CPI) continue de réclamer le transfèrement de Simone Gbagbo, ce malgré l'opposition du gouvernement ivoirien. Laurent Gbagbo, quant à lui, est en attente d'un procès à la CPI, pour crimes contre l'unanimité, procès qui devrait s'ouvrir en juillet 2015. L'élection prévue pour octobre 2015 devrait se dérouler sans difficulté majeure, le président sortant étant l'unique candidat de poids du paysage politique, soutenu qui plus est par les deux premières formations politiques du pays.

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