Guide du Cap-Vert : Mode de vie

Vie sociale

Dans l'archipel, on vit très souvent en famille, plusieurs générations cohabitant (car la spéculation fait grimper les prix des terres et la population locale n'a pas les moyens d'acheter). On vit donc dans la maison familiale, construite ou achetée il y a des décennies et on partage ce lopin de terre, ce foyer. Les Cap-Verdiens manquent de moyens pour l'aménagement et les installations sont souvent vétustes. Cependant, la télévision trône toujours au milieu du salon, lieu de rassemblement où les locaux aiment regarder les telenovelas (séries portugaises ou brésiliennes) ou les matchs de football. Le confort est minime, il n'y a pas d'eau courante - l'eau est rationnée et chère. Au mieux, de grosses cuves stockent, sur le toit, l'eau pour la semaine. Les coupures d'électricité sont fréquentes et peuvent durer plusieurs heures. Les nouvelles technologies ont fini par se développer même si les connexions Internet sont parfois capricieuses. D'autre part, la vie sur une île (aride qui plus est) est chère, comme à Boa Vista, où les prix sont en moyenne 30 % à ceux des autres îles. La plupart des biens, y compris des produits agricoles, sont importés et fortement taxés. Le Cap-Vert n'est plus considéré comme pauvre mais la population y vit pourtant avec moins de 2 euros par jour en moyenne. Les valeurs et les distractions des Cap-Verdiens se résument à des plaisirs simples : grillades sur la plage, pêche, concerts locaux, sports nautiques ou boire un grog à l'ombre d'un palmier. Ils ont appris à vivre avec ce qu'ils ont, le tout avec un flegme attachant. Dans les villages les plus reculés, le temps semble tout simplement s'être arrêté... Le mariage est la règle dans ce pays croyant et pratiquant, même si de nombreux enfants naissent hors mariage. Le Cap-Vert est un pays jeune : 30 % de la population a moins de 15 ans et l'indice de fécondité est de 2,26 enfants par femme. Les municipalités ont été contraintes de s'adapter et de trouver des solutions car les écoles sont trop petites pour accueillir tous ces bambins. Les écoliers se rendent donc en cours alternativement le matin ou l'après-midi, par demi-journées. L'école est obligatoire jusqu'à 15 ans et le taux d'alphabétisation est le plus élevé d'Afrique subsaharienne (84%). L'université, qui signifiait quitter le pays auparavant (Portugal, Brésil, Etats-Unis, etc.) tend à se démocratiser avec l'ouverture de la première université du pays en 2006. A Praia (Santiago) et à Mindelo (Sao Vicente), la faculté est composée de cinq instituts et d'une école : Institut supérieur de l'éducation (ISE), Institut des études maritimes (ASCEMAR), Institut national des études sur la pêche (INDP), Institut national de recherche agronomique (INIDA), Institut supérieur de gestion (ESIG) et Ecole supérieure de commerce et d'administration. L'accès à l'éducation supérieure est donc plus facile que par le passé, mais reste cher.

Mœurs et faits de société

Le pays se développe de plus en plus au gré des investissements et du tourisme, mais les Cap-Verdiens rêvent encore d'émigration et d'une vie meilleure aux Etats-Unis ou en Europe. La fuite de la population ne date pas d'aujourd'hui et la diaspora est très importante, en nombre mais aussi économiquement et politiquement. Ils ont principalement émigré aux Etats-Unis, au Portugal, en France, au Luxembourg, en Italie... Ces Cap-Verdiens installés à l'étranger achètent des terrains, construisent des maisons et envoient de l'argent, symbole de leur réussite. Ils jouissent d'un excellent pouvoir d'achat et de mesures spéciales pour faciliter leur séjour ou leur retour définitif : taux privilégiés pour les emprunts bancaires, exemption de certaines taxes douanières, fiscalité foncière avantageuse... Tout est fait pour les inciter à investir dans l'économie du pays. D'autant plus que ces migrants rêvent souvent d'y revenir... Même si la culture dominante au Cap-Vert est la culture de la survie, c'est-à-dire que le Cap-Verdien a appris à tout accepter, la vie quotidienne est une fête rythmée par la musique et la danse ! C'est un peuple qui a le sens de la fête et pour ça toutes les occasions sont bonnes : la fin de semaine, les fêtes nationales, les fêtes religieuses... Les soucis journaliers sont abolis par la morna, les roches assoiffées couleur terre ou cendre sont symboles de robustesse, et la morabeza, indéfinissable, diffuse cette manière unique de voir les choses.

Religion
<p>Église du village de Povoaçao Velha.</p>

Église du village de Povoaçao Velha.

Ce sont les colons portugais qui ont introduit le christianisme au Cap-Vert. Le catholicisme est la religion dominante et représente 70% des croyants de l'archipel. Les églises sont partout. A Cidade Velha, sur l'île de Santiago, vous pourrez admirer la plus vieille église catholique d'Afrique de l'Ouest, ainsi que les ruines de la première cathédrale africaine. Au moment de l'Indépendance, l'Eglise était le plus grand propriétaire terrien de l'archipel. La religion a joué un rôle important en apportant les valeurs de la civilisation occidentale chrétienne. Aujourd'hui, le clergé est toujours très influent et a un poids dans la balance politique. Un bon exemple : le grand-père d'Amilcar Cabral était curé ! Le peuple capverdien, croyant, suit les conseils de l'Eglise. Le dimanche, lors de l'office, les églises sont pleines. En 2015, Mgr Arlindo Furtado, évêque de Santiago, est devenu le premier cardinal du Cap-Vert après sa nomination par le pape François. Le religieux capverdien a considéré sa nomination comme une reconnaissance et une appréciation de l'histoire de l'église au Cap-Vert qui, malgré les " moments difficiles ", a réussi à les surmonter et à grandir. Il a également estimé que sa nomination fait partie de la dynamique de l'histoire de l'église dans le pays, et est un lien vers cette histoire qui est " propre à l'Afrique ". Le protestantisme est la deuxième religion, chaque ville ou presque possédant son temple. On y trouve les Adventistes, les Baptistes, les Pentecôtistes... Ils ont pour habitude d'organiser des études bibliques, ce qui accroît considérablement le nombre de fidèles au sein de l'archipel. L'islam n'est que timidement présent et fait son entrée avec les commerçants africains, venus du Sénégal principalement. Le Cap-Vert est le seul pays africain où l'islam est quasiment absent. Les cimetières juifs sont des vestiges de l'Histoire et signe d'un passé commun avec cette religion. Ces Juifs séfarades se sont librement installés au Cap-Vert dans les années 1820, principalement dans les îles de Boa Vista et Santo Antão. Ils se sont alors lancés dans le commerce international, le transport et l'administration. Ils vivaient, travaillaient et prospéraient au Cap-Vert. Pourtant, comme ils étaient peu nombreux par rapport à la population catholique, le mariage mixte était très répandu, et suite à cette assimilation, il n'y a pratiquement plus aucun juif au Cap-Vert de nos jours. Aujourd'hui, il reste des noms de ville comme Ponta de Sinagoga à Santo Antão, ainsi que des patronymes : Levy, Benchimol, Benros... Une association, l'AMICAEL (Association judéo-capverdienne), a vu le jour à Praia il y quelques années, afin de développer les relations entre Juifs et Chrétiens. L'objectif est de préserver la culture judaïque dans l'archipel, de restaurer et préserver les cimetières juifs qui sont dans un état de délabrement avancé, de promouvoir le tourisme au profit du patrimoine juif au Cap-Vert... D'autres religions comme les Mormons, les Témoins de Jéhovah ou le rastafari sont également présentes. Le spiritisme, enfin, est une tradition toujours vivante : contact avec des personnes disparues, chasser les esprits maléfiques, conjurer le mauvais sort... Le fétichisme et autres sciences occultes sont aussi des pratiques courantes.

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