Le guide : GUIDE DE L'ŒNOTOURISME : Bordeaux

Bordeaux

Bordeaux
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Vue générale de Saint-Émilion.
Vue générale de Saint-Émilion.
Montagne.
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Les cépages du Bordelais

Les cépages sont bien plus diversifiés en Bordelais que dans d'autres vignobles nationaux. Pour les vins rouges, trois variétés de raisins dominent  :

cabernet sauvignon  : il aime les terrains graveleux et produit des vins qui ont une bonne structure tannique et une bonne aptitude au vieillissement.

cabernet franc  : on le trouve abondamment à Saint-Emilion et Pomerol. Ce cépage résistant fournit des vins fins et de bonne garde.

merlot  : il est cultivé pour sa productivité et sa bonne teneur en alcool. On rencontre de façon plus anecdotique des cépages comme le malbec, le carmenere ou le petit verdot. Pour les vins blancs, on compte également trois cépages majeurs  :

sémillon  : souvent associé au sauvignon, ce cépage réussit particulièrement bien en sauternes car une de ses grandes qualités est de prendre facilement le Botrytis cinerea.

sauvignon : bien connu en Pays-de-Loire, ce cépage est sans doute le plus ancien du vignoble français. Associé au sémillon, il apporte au vin un fruité très appréciable.

muscadelle : on le trouve notamment sur les terroirs des vins liquoreux auxquels il apporte un caractère très spécifique.

Les vins rouges, dont la production annuelle moyenne est de 29 000 hl, sont produits à partir de merlot en majorité, complétés par du cabernet franc et du cabernet sauvignon. Ils se caractérisent par une remarquable harmonie et la finesse de leurs tannins. Ce sont des vins aptes à une longue garde mais aussi pour certains à déguster jeunes. Les vins blancs, dont la production annuelle moyenne est de 1 000 hl, sont produits à partir de cépages Sémillon en majorité, muscadelle et sauvignon. Ce sont des vins qui rivalisent avec les appellations célèbres du Bordelais. Ils demandent un ou deux ans de garde afin d'en apprécier toutes les qualités. Quelques viticulteurs produisent aussi des vins blancs moelleux. Les raisins sont récoltés par tris successifs et vinifiés comme les grandes appellations de liquoreux.

Pour plus de renseignements, n'hésitez pas à consulter le site du syndicat viticole des Côtes de Francs  : www.cotesdefrancs.com

La Gironde renferme le plus vaste et le plus connu des vignobles de vins fins du monde. Les 118 000  ha plantés en AOC produisent annuellement entre 5 et 6 millions d'hectolitres. Le sol girondin est surtout riche de diversité, avec presque 10 000 viticulteurs qui exploitent en moyenne 15 ha chacun, avec cependant un écart type très important puisque certains propriétaires exploitent 3 ha tandis que d'autres en alignent plusieurs centaines... 58 appellations différentes, réparties entre quatre familles de rouge (89 % de la production) et deux de blanc, et des alliances de cépages minutieuses permettent de produire des crus de belle qualité. Ces vins ont toujours plu à nos voisins britanniques (entre autres) qui ont assuré leur notoriété au fil des siècles. Le 17 juin 2003 est intervenu le nouveau classement des crus bourgeois. Il compte quelque 250 propriétés, soit environ 200 de moins que le précédent classement de 1932. Mais ce classement est contesté par les propriétaires écartés et un nouveau classement est en cours d'élaboration. Des enjeux d'autant plus cruciaux en pleine crise et avec quelque 60 000 emplois concernés par la filière viticole  !

Petite histoire du vignoble bordelais. Il ne semble pas prouvé que les tribus gauloises installées en Gironde cultivaient déjà la vigne. Ce qui est certain, c'est que l'invasion romaine a développé le goût de nos ancêtres pour les vins italiens. Aussi décident-ils de planter eux-mêmes des vignes afin d'assurer leur consommation. Durant tout le Moyen Age, le vignoble s'est étendu et le commerce amplifié. De grands navires quittent le port de la Lune vers l'Angleterre et le reste de l'Europe. En 1461, Louis XI crée le Parlement de Bordeaux qui réunit les plus grosses fortunes locales. Ce sont ces riches propriétaires qui vont contribuer au développement du vignoble aux XVIIe et XVIIIe siècles. Durant tout le XVIIIe siècle, le commerce enrichit la Gironde et une sorte de frénésie pousse bourgeois et aristocrates à planter en Médoc, dans les Graves et en Saint-Emilionnais notamment. À cette époque, le quartier des Chartrons de Bordeaux bat son plein, puisque c'est là que résident les négociants. Le XIXe siècle connaît un nouvel âge d'or du vin qui entraîne la construction de prestigieux châteaux. Ces demeures empruntent à diverses époques des bribes de styles architecturaux, ce qui donne un ensemble de constructions plutôt surprenant. Le siècle s'achève néanmoins sur une violente attaque de phylloxéra qui oblige à arracher une grande partie du vignoble. Le fléau continue ses ravages durant le XXe siècle. Ce n'est qu'après la guerre que les vins retrouvent un nouvel essor.

Appellations. Les vins de Bordeaux peuvent être répertoriés en grands terroirs viticoles au sein desquels on distingue 58 appellations officielles. Depuis 2009, les AOC Premières-côtes-de-blaye, premières-côtes-de-bordeaux, côtes-de-castillon et bordeaux-côtes-de-francs ont en effet été regroupées sous une nouvelle appellation, AOC Côtes de Bordeaux, sans que leurs désignations respectives n'aient disparues. Pour faciliter la découverte des différents crus de la Gironde, nous vous conseillons de vous munir de quelques guides et prospectus proposés gratuitement dans les offices de tourisme et les maisons des vins. La carte "  Bordeaux, découverte du vignoble  ", réalisée par le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux est particulièrement indiquée pour localiser et comprendre la géographie des appellations.

Les bordeaux et bordeaux supérieurs

L'appellation des bordeaux et bordeaux supérieurs couvre l'ensemble du territoire girondin à l'exception des zones forestières et des terres alluviales des rives de la Gironde, de la Garonne et de la Dordogne appelées palus. Ce sont des vins rouges et blancs des appellations bordeaux et bordeaux supérieurs, les bordeaux clairets, les bordeaux rosés, le crémant de Bordeaux et la fine de Bordeaux. Il est donc difficile de leur trouver des points communs, même s'ils offrent la garantie de respecter la charte de qualité exigée par l'AOC. L'aire de production couvre une superficie de près de 60 000 ha, c'est donc l'occasion de partir à la découverte de châteaux offrant d'excellents rapports qualité-prix.

De passage à BordeauxHaut de page

Classée depuis 2007 au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco, Bordeaux est une ville en pleine métamorphose. L'ancienne cité à la réputation froide est devenue une ville gaie, festive et élégante, fière de son passé et de son pedigree. Le vin tient bien sûr une place importante dans ce renouveau... Célèbre dans le monde entier, prisé par des dégustateurs de tous horizons qui viennent des quatre coins de la planète pour découvrir les vignes de Gironde, Bordeaux brille autant par ses grands crus que par ses petites pépites méconnues. Un séjour dans la région ne peut pas se réaliser sans un passage dans la ville et ses environs. De l'aéroport de Mérignac à l'ambiance paisible d'Ambarès, en passant par la très jolie ville de Lormont, le voisinage bordelais vous réserve d'agréables surprises. Mieux encore, il ne vous faudra pas aller fort loin pour découvrir les vignes les plus proches, celles de Pessac-Léognan - situées aux portes de la capitale aquitaine ! A défaut de déguster le légendaire Château Haut-Brion, vous pourrez découvrir de très beaux vins qui vous inciteront, à n'en pas douter, à pousser plus loin votre exploration de la région...

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Bordeaux fête le vin !

Organisée tous les deux ans, sur les quais de la Garonne, " Bordeaux fête le vin ! " est devenue la manifestation internationale incontournable de Bordeaux. Elle permet de venir y découvrir, sur un seul site, la diversité des vins des 80 appellations de Bordeaux et de l'Aquitaine. Un programme exceptionnel pour les amateurs de mets et de vins comme pour les profanes, qui permet à tous de découvrir la beauté architecturale de la ville, les vignobles qui l'entourent et les multiples atouts du terroir régional. Prochaine manifestation du 14 au 18 juin 2018.

Le pont de pierre, Bordeaux.
Le pont de pierre, Bordeaux.
Le pont Jacques Chaban-Delmas.
Le pont Jacques Chaban-Delmas.
Bouchons de bordeaux.
Bouchons de bordeaux.
La ville de Bordeaux.
La ville de Bordeaux.
La ville de Bordeaux.
La ville de Bordeaux.
Carignan-de-BordeauxHaut de page
De vignes en vignesHaut de page
Autour de Pessac-Léognan – Les GravesHaut de page

La découverte de la Gironde passe obligatoirement par Bordeaux et les communes qui l'entourent. L'antique Burdigala ne compte plus ses atouts. Le charme de Bordeaux vient sans doute de la diversité et de l'harmonie qui règnent dans chaque quartier. L'influence du XVIIIe siècle, extrêmement forte tout autour du Grand Théâtre, contraste avec les ruelles étroites de Saint-Pierre. On s'enfonce plus encore dans le passé en allant vers le quartier Saint-Eloi, puis l'on revient vers des siècles plus proches en traversant la place Pey-Berland pour pénétrer dans le modernisme du quartier Mériadeck. Chaque secteur a su heureusement conserver son caractère et une unité qui fait la cohérence de l'ensemble. Mais au-delà de ce riche patrimoine, c'est bien sûr au vin que l'on pense à l'évocation de Bordeaux, qui trône au beau milieu des Graves, berceau historique du vignoble bordelais. L'appellation pessac-léognan est aujourd'hui le chef de file des crus classés de graves. C'est à l'architecte Le Corbusier que l'on doit la construction de Pessac, une cité ouvrière novatrice en 1926 à la demande de l'industriel bordelais Henri Frugès. Une des maisons de la cité Frugès a été classée par les Monuments historiques et une autre rachetée par la commune afin de constituer le musée Frugès. Léognan, avec Pessac, est située sur le territoire des Graves (nom de la terre qui recouvre le sol) au sud-est de Bordeaux. Le vignoble a ici 2 000 ans, et on y produit des vins rouges de grande classe très fins, charnus et parfumés qui ont une belle aptitude au vieillissement, ainsi que des blancs secs délicats. Quelques illustres châteaux  : Haut-Brion, Pape Clément V, Carbonnieux (château du tout début du XVIIe construit par Asdrubal de Ferron), Olivier (petit castel reconstruit au XVIe, entouré de douves et restauré en 1845 par l'architecte Louis Garros).

Voir circuit " De passage à Bordeaux/Pessac "

Office de tourismeHaut de page
Autour de MargauxHaut de page

Le petit village de Margaux est situé à 25 km au nord-ouest de Bordeaux. Ce petit bourg paisible possède une notoriété internationale. Il faut dire qu'un tiers des grands crus classés sont réunis sur cette langue de terre ne représentant qu'un dixième du vignoble médocain. Durant la période des vendanges, tout le village baigne dans l'odeur du vin en fermentation. Margaux est véritablement dédié au vin, comme en témoignent de hauts châteaux aux toits pointus qui se dressent en plein village ainsi que les lopins de vignes qui s'insinuent entre logements et boutiques. Fleuron des vins de cette appellation  : le château Margaux, premier grand cru classé en 1855, dont le château lui-même est l'oeuvre d'un émule de l'architecte Victor Louis, et représente l'architecture de l'Empire. Bien que le vignoble ne date que du XVIIIe siècle, l'emplacement est connu de longue date puisque le roi Edouard III y possédait un château fort (château Lamothe). Bien sûr, l'appellation résonne également de noms aussi prestigieux que Giscours, Palmer ou encore château du Tertre. Le château Margaux se caractérise par son exceptionnelle finesse. Un vin soyeux et souvent qualifié de "  féminin  ", qualités que l'on retrouve plus ou moins dans l'ensemble des margaux.

Saint-Médard-en-JallesHaut de page
De Listrac à MoulisHaut de page

Le nom de Listrac vient du romain "  lista  " qui signifie lisière, limite. La commune, qui est aussi le point culminant du Médoc, est en effet à cheval sur la ligne de partage des eaux, les unes se jetant dans la Gironde et les autres dans les lacs du bord de l'Atlantique. L'église de Listrac fut construite au XIIIe siècle et largement restaurée au XIXe siècle. Son choeur roman est classé et abrite une statue de pierre du XIVe siècle et une chaire en bois sculptée. Moulis-en-Médoc est un site habité depuis fort longtemps, comme l'atteste la découverte des vestiges d'une villa du Ier siècle et d'une chapelle paléochrétienne. Si son église romane fortifiée mérite le coup d'oeil (rares bénitiers et pierre tumulaire de la mère de Pey Berland), c'est pourtant bien pour les vins qu'on s'arrêtera ici, Moulis étant la plus petite appellation médoc par sa surface (600 ha, soit 4 % de la totalité du vignoble médocain). Visiter notamment le très complet musée de la Vigne et du Vin du château Maucaillou.

De Saint-Julien à Saint-EstèpheHaut de page

Saint-Estèphe est une commune mondialement renommée pour ses monuments de délectation que sont ici les vins de l'appellation saint-estèphe. Situé au milieu des vignes, le bourg est dominé par son église et, de l'ancien port, on peut admirer le vaste panorama sur la Gironde. De même, Saint-Julien-Beychevelle est le village qui donne son nom à l'appellation saint-julien, qui n'est peut-être pas la plus connue du Médoc, mais qui couvre néanmoins 902 ha, avec 25 viticulteurs indépendants, 11 crus classés, 8 crus bourgeois et 11 crus artisans et autres crus. Enfin, à mi-chemin entre Bordeaux et la pointe de Graves (50 km de chaque côté), à 30 km des stations balnéaires, Pauillac se partage entre deux pôles indissociables  : le vignoble et le fleuve. Posée au bord de la Gironde, Pauillac abrite en effet 37 propriétés viticoles dont 18 crus classés incluant les 3 premiers crus classés mondialement connus (châteaux Lafite Rothschild, Latour et Mouton Rothschild). Pauillac a aussi une longue tradition de navigation qui se perpétue dans son ravissant port de pêche et de plaisance. Depuis la superbe façade XVIIIe siècle des quais de la ville, on aperçoit les carrelets, typiques cabanes de pêcheurs, les bateaux "  libellules  " partant à la pêche et les îles disséminées au milieu de l'estuaire.

PauillacHaut de page
Château Pichon Longueville.
Château Pichon Longueville.
Vignes - Pauillac - Médoc.
Vignes - Pauillac - Médoc.
Autour de LesparreHaut de page

Au nord de Bordeaux, le Médoc viticole s'étend sur 80 km le long de la Gironde. Saint-Yzans-de-Médoc marque le passage du Haut-Médoc au Médoc, terre sauvage avec ses paysages de marais et ses vignes, la "  pampa  " comme on la nomme ici. Les vestiges gallo-romains de la villa du Bois-Carré prouvent que le village existe de longue date. Si certains auteurs anciens citent Lesparre comme étant la capitale des Bituriges-Vivisques (tribu celtique), il est en tout cas certain que ce fut la première seigneurie du Médoc, avant d'en devenir la capitale économique et la sous-préfecture. Citée dès le XIe siècle, Lesparre appartient aux maisons d'Albret, de Foix, de Clève, de Matignon, d'Epernon et de Gramont. Une belle brochette de seigneurs qui devaient se sentir bien protégés derrière le puissant donjon, seul vestige des fortifications de la ville. Assez animée grâce à sa taille, la ville est bien pourvue en rues commerçantes et attire les inconditionnels des emplettes en plein air lors de son grand et sympathique marché mensuel. Ne pas manquer non plus la traditionnelle foire aux vins du Médoc. Des vins fruités, capiteux et puissants, présentant beaucoup de finesse et d'élégance. A noter, la dernière commune sur l'estuaire et la plus au nord du département, Le Verdon-sur-Mer, qui symbolise la fin des terres : y passer est l'occasion de voir la pointe de Grave, lieu unique où les eaux de la Gironde et de l'océan se mêlent, face aux côtes charentaises.

Jau-Dignac-et-LoiracHaut de page
De vignes en vignesHaut de page
Gaillan-en-MédocHaut de page
Saint-Yzans-de-MédocHaut de page
De vignes en vignesHaut de page
Saint-Seurin-de-CadourneHaut de page
Autour de SauternesHaut de page

Sur la rive droite de la Garonne, à une petite dizaine de kilomètres à l'ouest de Langon s'étendent les terres de l'un des vins les plus connus au monde  : le sauternes. Une appellation que les seules communes de Sauternes, Barsac, Fargues-de-Langon, Bommes et Preignac ont le droit de porter. Le plus prestigieux de ces vins liquoreux est produit au Château d'Yquem  : comme il est difficile à se procurer et inabordable pour la plupart des portefeuilles, on peut lui préférer d'autres châteaux, dont le rapport qualité-prix sera plus "  terrestre  ". À voir au coeur du village l'église, qui possède une jolie abside romane. Le village de Bommes, tout proche de Sauternes abrite 6 des 11 premiers crus classés de l'appellation sauternes. Avec ses coteaux vallonnés, c'est un plaisir que de s'y promener à pied avant d'aller, pourquoi pas, pique-niquer le long du Ciron au niveau de la halte nautique d'où l'on peut également partir pour une promenade en canoë. À cet endroit, ont lieu chaque année d'originales fêtes nautiques, avec un grand défilé de canoës fleuris (en journée mais aussi nocturne) de toutes sortes. Situé à 7 km de Sauternes et sur les rives du Ciron, Villandraut était une étape sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Seigneurie fondée au début du XIIIe siècle par André Lopez de Villandro, ce fut surtout la ville natale de Bertrand de Goth (ou de Got), devenu premier pape d'Avignon sous le nom de Clément V. Ecarté de Rome, il y fit bâtir le château, qui était tout à la fois une forteresse et un palais. En entrant dans Villandraut, une vingtaine de mètres à gauche après avoir passé le pont enjambant le Ciron, un imposant chêne de plusieurs mètres de circonférence dresse ses branches vers le ciel. Juste à côté, sur un poteau de guingois, une ancienne plaque émaillée du Touring Club de France indique qu'il s'agit d'un "  chêne centenaire classé  ". Pour connaître son âge aujourd'hui, reste à savoir quand la plaque a été posée...

La région des graves 
et du sauternes

En descendant la Garonne, toujours sur la rive gauche, s'étend l'aire des Graves (du nom de la terre qui recouvre le sol). Ses vins rouges sont souvent comparés aux médocs bien qu'ils possèdent des qualités qui leur sont tout à fait propres  : belle couleur rubis, une sève marquée et un bouquet délicat. De plus, ils ont une belle aptitude au vieillissement. Il faut également prendre le temps de découvrir les graves blancs, très riches en arômes et eux aussi d'excellents vins de garde. Au sein de ce secteur qui va jusqu'à Langon, se situe l'appellation sauternes, autour de laquelle gravitent d'autres vins blancs doux qui possèdent des qualités intéressantes  : barsac-et-cérons sur la rive gauche, loupiac, sainte-croix-du-mont ou cadillac entre autres, sur la rive droite de la Garonne. 4 grandes appellations sont donc à distinguer.

Les appellations graves et pessac-léognan se sont rendues célèbres par quelques châteaux non moins célèbres tels que Haut-Brion, Pape Clément et Carbonnieux. Le vignoble des Graves a 2 000 ans, ce qui en fait le plus ancien de Bordeaux. Sa superficie avoisine les 5 000 ha pour une production annuelle globale de 32 millions de bouteilles (22 millions de rouges et 10 millions de blancs). N'oublions toutefois pas de citer les graves supérieurs que l'on peut qualifier de liquoreux. En 1987, les châteaux de communes, les plus proches de Bordeaux se sont regroupés pour créer l'appellation pessac-léognan. Elle atteint aujourd'hui 1 377 ha sur les 5 000 de la région des graves et produit près de 8 millions de bouteilles (80 % en rouges et 20 % en blancs secs). Les graves rouges se dégustent entre 16 °C et 18 °C sur les volailles, les viandes blanches, les fromages et les cèpes. Quant aux graves blancs secs, ils se servent entre 8 °C et 10 °C à l'apéritif, sur un poisson grillé ou en sauce, une salade de coquillages ou une viande blanche.

L'appellation sauternes a atteint une renommée internationale grâce notamment à la notoriété de Château d'Yquem. Seules 5 communes (Sauternes, Barsac, Fargues-de-Langon, Bommes et Preignac) ont le droit de porter la prestigieuse appellation. Ce qui représente près de 1 743 ha de vignes pour une production annuelle moyenne de 5 à 6 millions de bouteilles.

Mais ce nectar a des exigences draconiennes. Dans le Sauternes, on ne parle pas de vendanges mais de cueillette, ce qui permet de récolter à la main, par tris successifs, uniquement les raisins atteints de "  pourriture noble  ", un champignon répondant au doux nom de Botrytis cinerea. De plus, les précieuses grappes ne peuvent être ramassées que par temps sec. On comprend mieux les rendements infimes de ces propriétés  : un cep de vigne ne produit qu'un verre de vin alors qu'ailleurs, il fournit une bouteille. Les vins moelleux et liquoreux se boivent entre 8 °C et 10 °C à l'apéritif, sur des poissons fins en sauce, des viandes blanches et volailles, du foie gras, du roquefort et au dessert avec sorbets et tartes.

L'appellation cérons est beaucoup plus intime et n'englobe que trois communes sur à peine plus d'une trentaine d'hectares  : Cérons, Illats et Podensac. Bénéficiant du même microclimat généré par le Ciron, du même terroir et de la même cueillette manuelle qu'en Sauternes, son vignoble produit logiquement un vin proche des sauternes qui vieillit tout aussi bien, et qui est nettement meilleur marché que le sauternes.

De vignes en vignesHaut de page
SauternesHaut de page
Marathon de Sauternes.
Marathon de Sauternes.
Vignes dans le Sauternais.
Vignes dans le Sauternais.
Autour de Loupiac et Sainte-Croix-du-MontHaut de page

Loupiac résonne aujourd'hui agréablement aux oreilles et au palais des amateurs de vin moelleux, le site était connu dès l'Antiquité, comme l'atteste la découverte des vestiges d'une villa gallo-romaine des IIe et IIIe siècles, qui laisse supposer que le poète Ausone y possédait une résidence. Loupiac possède par ailleurs une église romane dont le portail remarquable présente quatre voussures décorées reposant sur six colonnettes aux chapiteaux sculptés. Le petit village de Sainte-Croix-du-Mont, perché sur un coteau, entre Cadillac et Saint-Macaire ne manque pas de curiosités  : la vue sur la vallée de la Garonne, son église, le château de Tastes aux murailles crénelées du XIVe siècle et fortement remanié au cours des âges. Mais, le plus spectaculaire, ce sont les falaises de "  calcaire coquillé  ", contenant des huîtres fossilisées, qui datent de l'ère tertiaire, soit de plusieurs dizaines de millions d'années. La falaise s'étend sur une centaine de mètres et abrite des grottes où l'on a aménagé des caves et une chapelle. Un décor surprenant que le syndicat viticole de Sainte-Croix a choisi pour faire déguster son vin moelleux. Deux communes qui ont donné leurs noms aux deux appellations de vins liquoreux de la rive droite de Garonne. À l'instar de mythiques sauternes, ces vins sont gras et séveux, souvent de très grande qualité.

CadillacHaut de page
De vignes en vignesHaut de page
Saint-MaixantHaut de page
L'Entre-deux-MersHaut de page

Avec son nom poétique tout droit venu du Moyen Age, l'Entre-Deux-Mers est bordée d'un côté par la Garonne, et de l'autre par la Dordogne. Avis aux amateurs d'architecture ancienne, cette langue de terre renferme de véritables trésors qui ont traversé les siècles pour s'offrir à nos yeux  : c'est le pays des abbayes, des bastides, des châteaux, des églises romanes, qui retracent l'histoire dominée par une forte présence anglaise durant la période médiévale. Mais la région est également marquée par la vigne et le vin  : en remontant le fleuve vers sa source, on suivra le chemin des bateaux qui allaient s'approvisionner en vins de la région. C'est ainsi que villes et châteaux ont connu un essor important du Moyen Age jusqu'au XIXe siècle. Avec les blancs secs d'entre-deux-mers, les bordeaux et bordeaux supérieurs rouges et les premières-côtes-de-bordeaux, avec les moelleux sainte-croix-du-mont, le loupiac ou les côtes-de-bordeaux-saint-macaire, avec les sainte-foy-bordeaux, il y a matière à de belles promenades gustatives. Blasimon, Cadillac, Créon, Libourne, Monségur, Pellegrue, Sainte-Foy-la-Grande, Sauveterre-de-Guyenne  : toutes ces villes sont d'anciennes bastides édifiées au Moyen Age entre le début du XIIIe siècle et la fin du XIVe siècle. Les bastides sont des agglomérations construites autour d'une église et d'une place à arcades et dont les rues qui se coupent à angle droit, avec les ruelles qui leur sont parallèles, déterminent un parcellaire régulier. Fondées à l'initiative de seigneurs ou de rois, ces villes nouvelles groupaient, en cette période de forte croissance démographique, une population qui devait mettre en valeur un territoire. Le seigneur ayant donné le terrain à bâtir, un jardin et des terres à défricher, prélevait par la suite des redevances sous forme de loyers des terres, de péages ou de droits de justice. Les colons devenus des bourgeois (habitants du bourg) pouvaient désigner les jurats chargés de gérer les affaires courantes de la communauté. Ces bastides ont constitué quelques-unes des pièces militaires du grand tournoi d'échecs entre les rois d'Angleterre et de France à la veille de la guerre de Cent Ans.

L’Entre-Deux-Mers

Entre Dordogne et Garonne, le vaste terroir de l'Entre-Deux-Mers est presque entièrement recouvert de vignes qui produisent essentiellement des vins blancs secs fort appréciés. Cette aire géographique de l'Entre-Deux-Mers est aussi le berceau de vins blancs liquoreux, de rouges et bien sûr du clairet, un rosé à boire bien frais. Visitons ensemble ces appellations aux multiples visages.

Les appellations entre-deux-mers (1 479 ha), entre-deux-mers-haut-benauge (107 ha) et bordeaux-haut-benauge (33 ha). Avec ces trois appellations, vous découvrirez les grands vins blancs secs de la Gironde. Les vignobles remontent au XIe siècle avec l'édification de l'abbaye de la Sauve-Majeure. Les moines assurèrent la prospérité de la région en plantant des vignes. La tradition se poursuit aujourd'hui pour que l'on puisse encore déguster, de préférence jeunes, ces vins à la robe d'or pâle, fruités, élégants et savoureux. Ils sont les compagnons de prédilection des poissons, coquillages et crustacés, mais se révèlent aussi très bien sur les charcuteries, la terrine de canard, les confits et à l'apéritif.

Les appellations loupiac (316 ha) et sainte-croix-du-mont (366 ha), situées sur les coteaux de la rive droite de la Garonne, s'inscrivent dans la zone prestigieuse des vins blancs liquoreux obtenus, comme pour les célèbres sauternes, à partir des grains cueillis au fur et à mesure dès qu'ils sont attaqués par la pourriture noble, le champignon Botrytis cinerea.

Le cadillac (128 ha) a obtenu sa propre appellation en 1973, mais son vignoble, un temps inclus dans l'aire d'appellation des premières-côtes-de-bordeaux, appartient désormais à la toute nouvelle AOC côtes-de-Bordeaux. Son vin blanc moelleux, grand favori des Hollandais et des Flamands, est élégant et aromatique avec du fruité et de la sève. Loupiac est un tout petit terroir qui vit depuis des siècles au rythme de la vigne. Son délicat breuvage se déguste tout particulièrement en apéritif, sur les foies gras et les fromages (roquefort) mais également sur les poissons, les volailles et les viandes blanches et même certaines les cuisines exotiques. En voisin du loupiac, le sainte-croix-du-mont devient particulièrement savoureux au terme de trois années de vieillissement en cuve ou en fût de bois.

L'appellation côtes-de-bordeaux-saint-macaire (53 ha) produit des vins très moelleux et se dégustant très frais, en apéritif ou lors d'un repas sur du melon, du foie gras, des viandes blanches ou des fromages à pâte persillée.

Outre les appellations précédentes, la région de l'Entre-Deux-Mers est une grosse productrice de bordeaux et de bordeaux supérieur qui sont d'ailleurs produits sur l'ensemble de la zone de délimitation des appellations contrôlées bordeaux.

Cyclotouriste devant l'office de tourisme de Créon.
Cyclotouriste devant l'office de tourisme de Créon.
CamarsacHaut de page
De vignes en vignesHaut de page
Saint-Germain-du-PuchHaut de page
Sauveterre-de-GuyenneHaut de page
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MesterrieuxHaut de page
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Autour de Castillon et des Côtes de FrancsHaut de page

La ville de Castillon-la-Bataille est célèbre pour... la bataille de Castillon  ! Remportée en 1453 par Charles VII contre les Anglais, elle mit un terme définitif à la guerre de Cent Ans (qui en dura d'ailleurs 116). Chaque année, cette épopée guerrière haute en couleurs revit à l'air libre en juillet et août, offrant un spectacle son et lumière grandiose aux touristes (500 acteurs, 70 cavaliers). À l'époque, la bataille se déroula dans la plaine de Colly, près du confluent de la Dordogne et de la Lidoire  : Notre-Dame-de-la-Victoire, monument commémoratif, rappelle ces événements et indique le lieu où fut tué le général Talbot. On verra par ailleurs la porte de Fer, vestiges des fortifications des XIe et XIIe siècles, le centre-ville, l'hôtel de ville (ancien hospice) et l'église XVIIIe, tous deux édifiés sur les voeux du maréchal Turenne. L'église mérite une attention particulière pour sa décoration intérieure  : abside, nef, fresques du choeur réalisées par un peintre libournais au XIXe siècle, lutrin en bois peint du XVIIIe siècle, bénitier en marbre rose du XVIIe siècle. À quelques pas de la Dordogne entre Castillon-la-Bataille et Sainte-Foy-la-Grande, Gensac, ville forte surplombant la vallée de la Durèze, qui fut assiégée pendant la guerre de Cent Ans (1450-1553) et les guerres de Religion (1573 et 1622) ne manque pas de cachet. On s'y promènera au fil des rues aux façades médiévales, dans le vieux Gensac aux rues refaites et pavées à l'ancienne (restes de remparts) et autour de la place de l'Hôtel-de-Ville, dont les maisons datent des XVIe et XVIIe siècles. On y verra notamment, juste à côté de l'office de tourisme, la maison XVe où fut assassiné Pardaillan le 14 février 1621, ainsi qu'une maison aux chats, facilement identifiable à sa sculpture de pierre.

Le nom des Côtes de Francs tire son origine du début du VIe siècle. Après la bataille de Vouillé en 507, Clovis, premier roi des Francs, abattit Alaric II, roi des Wisigoths et s'empara de l'Aquitaine. Le lieu où se fixa alors un détachement de l'armée Franque fut appelé en latin "  Ad Francos  ", en français "  Aux Francs  ", devenu plus tard "  Francs  ". Entre Saint-Emilion et Castillon-La-Bataille, trois communes se sont groupées pour former la petite appellation des côtes-de-francs  : Francs  : la commune s'étend sur 653 ha dont 200 ha sont consacrés à la culture de la vigne. Saint-Cibard  : la commune s'étend sur 351 ha dont 180 ha sont consacrés à la culture de la vigne. Tayac  : la plus grande des trois communes s'étend sur 714 ha dont seulement 165 ha sont consacrés à la viticulture.

Ce petit terroir vinicole vous enchantera. La vigne se mêle avec douceur aux pâturages et aux bois. Les hautes collines verdoyantes, les coteaux plantés de merlot ou de sémillon glissent doucement vers de petites rivières, les champs de coquelicots et de boutons d'or faisant bon ménage avec les vergers et les vieilles pierres, témoins d'un riche passé. De tout temps, les viticulteurs des côtes-de-francs ont su allier tradition et modernisme, tout comme leurs vins, qui ont su garder leur typicité et leur authenticité  : élégants sans être sophistiqués, tanniques sans être agressifs, francs sans flagornerie. Les vins ont su plaire à travers les ans et trouver à chaque époque une place sur les plus belles tables, de celles des tsars de Russie dans le passé, à celles des meilleurs restaurants de l'Hexagone et du monde entier, sans oublier les caves des amateurs avertis.Au fil des chemins, vous pourrez rencontrer des vignerons qui vous feront partager leur passion pour le vin et déguster le fruit de leur terroir.Vous pourrez aussi glaner des renseignements au Syndicat Viticole des côtes-de-francs à Saint-Cibard, les mardis et jeudis après-midi de 14h à 18h.

L'appellation sainte-foy-bordeaux s'étend sur 19 communes, reconnues pour leur terroir particulier. Il confère aux vins souplesse et élégance, mais aussi puissance aromatique - aux rouges en particulier - qui sont de bons vins de garde. La maison du vin de Sainte-Foy regroupe une cinquantaine de producteurs, dont les trois quarts effectuent la vinification en chais particuliers, les autres confiant leur vendange à trois unions de producteurs. Tous s'engagent à pratiquer une agriculture raisonnée, dans le respect de la vigne et de l'environnement.

Appellation des côtes-de-francs

Entre Saint-Emilion et Castillon-la-Bataille, trois communes se sont groupées pour former la petite appellation des côtes-de-francs  : Francs, Saint-Cibard et Tayac. Les coteaux des Côtes de Francs, parmi les plus élevés de Gironde, sont orientés principalement à l'est et bénéficient pleinement dès le matin d'un excellent ensoleillement, avec une faible pluviométrie, ce qui permet aux raisins d'atteindre une parfaite maturité. C'est l'une des plus petites et une des plus jeunes appellations du Bordelais  : sa reconnaissance par l'INAO date de 1967. Son terroir se compose au sud de calcaires à astéries recouvertes de molasses dites de "  l'Agenais  " et dans le reste de l'appellation de molasses calcaires inférieures dites du "  Fronsadais  ". Environ 80 viticulteurs se partagent 473 ha de vignes, dont une petite partie est consacrée à l'élaboration de vins blancs secs et moelleux.

L’AOC Côtes-de-castillon

Située sur la rive droite de la Dordogne, à 40 km à l'est de Bordeaux, l'AOC Côtes-de-castillon s'étend sur les neuf communes de Belvès, Gardegan-et-Tourtirac, Monbadon, Sainte-Colombe, Saint-Genès, Saint-Philippe-d'Aiguilhe, Les Salles, Saint-Magne et Castillon-la-Bataille. Etendu sur près de 3 000 ha, le vignoble réunit 400 viticulteurs, et est totalement consacré à l'élaboration des vins rouges. L'association du merlot, du cabernet franc et du cabernet sauvignon s'y exprime toute en richesse aromatique, rondeur et complexité. Les coteaux de cette appellation, orientés pour la plupart au sud-ouest, s'élèvent à une centaine de mètres d'altitude. Ils offrent à la vigne des conditions idéales d'ensoleillement. Les sols, graveleux en bordure de Dordogne, présentent une large dominante argilo-calcaire sur les coteaux et les plateaux où la roche mère affleure par endroits. Leur pente assure un excellent drainage naturel des sols.

Belvès-de-CastillonHaut de page
De vignes en vignesHaut de page
Castillon-la-BatailleHaut de page
Saint-Émilion et PomerolHaut de page

Cette magnifique cité médiévale fut fondée au XVIIIe siècle, par un moine breton  : Emilian. Né dans le Morbihan, ce boulanger fort croyant oeuvrait au service d'un puissant seigneur. Ce dernier lui reprocha un jour de faire des aumônes trop généreuses. Dieu intervint alors pour transformer les pains qu'il cachait sous son manteau en morceaux de bois. Ce miracle le rendit célèbre et Emilian choisit de fuir la notoriété. Il se rendit à Royan où il devint moine bénédictin. Il vint ensuite s'installer sur la route de la Dordogne, dans une grotte où il vécut 17 ans. D'autres hommes se joignirent à lui et fondèrent l'actuelle cité. Ainsi, au XIIe siècle, les bénédictins ont entrepris de creuser l'église monolithe, une oeuvre monumentale qui demanda un siècle de travail. Au XIIe siècle, Saint-Emilion est devenue une puissante cité, défendue par 2 km de remparts, six portes et un donjon-citadelle qui porte toujours le nom de tour du Roy. À cette époque déjà, ses vins connaissaient une grande renommée, notamment auprès de la couronne d'Angleterre. Les guerres franco-anglaises, puis de religion, n'ont pas épargné les monuments de la ville. La Révolution a marqué la fin de la domination religieuse, très forte à Saint-Emilion. Aujourd'hui, l'architecture de ce bourg fortifié, construit en amphithéâtre dans une combe calcaire, reste tout à fait exceptionnelle. Vous pourrez le constater depuis la terrasse de la tour Saint-Georges qui domine la cité et le vignoble. L'inscription de la juridiction de Saint-Emilion et de ses huit communes au patrimoine mondial de l'Unesco est exceptionnelle. C'est en effet la première fois que cet organisme classe un territoire viticole. Une preuve supplémentaire du remarquable ensemble de paysages viticoles et de monuments historiques du site de Saint-Emilion.

Le Libournais

De Saint-Emilion à Pomerol. Traversons la Dordogne pour nous rendre dans un autre terroir d'exception  : le Libournais. Là encore, les appellations sont diverses même si le coeur de ce vignoble est Saint-Emilion et ses vins si riches. Les appellations du Saint-Emilionnais. Sous ce terme très général, on peut regrouper six appellations d'origine contrôlée distinctes. L'appellation saint-émilion et l'appellation saint-émilion grand cru s'étendent sur les communes de Saint-Emilion, Saint-Christophe-des-Bardes, Saint-Etienne-de-Lisse, Saint-Hippolyte, Saint-Laurent-des-Combes, Saint-Pey-d'Armens, Saint-Sulpice-de-Faleyrens, Vignonet et une partie de la commune de Libourne et représentent une superficie de 5 532 ha et une production moyenne annuelle de 280 000 hl. L'appellation Lussac-Saint-Emilion couvre une superficie de 1 400 ha pour une production moyenne annuelle de 85 000 hl. Elle compte 215 propriétaires et récoltants. L'appellation montagne-saint-émilion s'étend sur 1 600 ha et ses 250 propriétés produisent 95 000 hl de vin par an.L'appellation puisseguin-saint-émilion représente une superficie de 749 ha, une production moyenne annuelle de 45 000 hl et 130 viticulteurs dont une cinquantaine de coopérateurs. Enfin, l'appellation saint-georges-saint-émilion est la plus petite tant en superficie, 187 ha, qu'en production, 10 200 hl annuellement.

Les huit autres appellations du Libournais. Les appellations côtes-de-francs et côtes-de-castillon se situent à l'est des appellations du saint-émilion et représentent une superficie de 3 300 ha. Les appellations pomerol et lalande-de-pomerol sont à l'ouest des appellations du saint-émilion et sont séparées par le cours d'eau la Barbanne. Elles couvrent à elles deux 1 900 ha de vignes qui donnent des crus aux bouquets et saveurs très particuliers et de qualité très régulière. Le petit terroir de Pomerol produit l'un des vins les plus chers du monde  : Château Pétrus. Les appellations fronsac et canon-fronsac se nichent au confluent de l'Isle et de la Dordogne sur une superficie de près de 1 100 ha de vignes (800 ha pour Fronsac et 300 ha pour canon-fronsac). La production moyenne annuelle est de 600 000 caisses et les 170 propriétaires réussissent ici des vins aux saveurs épicées très caractéristiques. L'appellation graves-de-vayres, sur la rive gauche au pied de la Dordogne, représente une superficie de 458 ha. Enfin, l'appellation sainte-foy-bordeaux (231 ha) regroupe une vingtaine de communes localisées dans le prolongement de l'Entre-Deux-Mers, au carrefour des départements de la Gironde, de la Dordogne et du Lot-et-Garonne. Moins connue que les autres appellations, elle génère toutefois d'excellents blancs et rouges ainsi que de légers et fruités blancs moelleux qualifiés de sauternes-du-libournais.

De vignes en vignesHaut de page
Saint-EmilionHaut de page
La place centrale de Saint-Emilion.
La place centrale de Saint-Emilion.
Église monolithe de Saint-Émilion.
Église monolithe de Saint-Émilion.
Vue générale de Saint-Émilion.
Vue générale de Saint-Émilion.
Lalande-de-PomerolHaut de page
VignonetHaut de page
De vignes en vignesHaut de page
Saint-Vincent-de-PertignasHaut de page
Le FronsadaisHaut de page

Le Tertre de Fronsac, au confluent de l'Isle et de la Dordogne, domine de ses 76 m la vallée du Libournais et les coteaux du Fronsadais. Ce point stratégique est occupé depuis fort longtemps puisque Charlemagne y fit construire un château en 769. Ce dernier fut détruit en 1623 par Louis XIII. La famille de Richelieu reçut du roi le tertre et par la suite Louis Armand de Vignerot du Plessie, duc de Richelieu et de Fronsac. Il fit construire à l'emplacement de l'ancien château, une demeure de style italien, qui fut le théâtre de fêtes galantes dont l'écho propagea les vins de Fronsac à la cour de Versailles. Les deux appellations d'origine contrôlées fronsac et canon-fronsac s'étendent sur plus de 1 100 ha. Elles sont marquées par un relief vallonné, alternant coteaux et plateaux surplombant la Dordogne. Les vins issus des cépages merlot, cabernet-franc et cabernet-sauvignon sont puissants, colorés, riches en sève et en parfums. L'église romane du XIIe siècle, fortifiée au XVe, est le principal monument de Lalande-de-Fronsac. Son tympan sculpté au portail sud figure la première vision de saint Jean à Patmos, thème d'inspiration byzantine. Trois voussures (petites voûtes) décorées d'entrelacs et une quatrième ornée d'apôtres l'entourent.

Le vignoble de Fronsac.
Le vignoble de Fronsac.
Saint-Michel-de-FronsacHaut de page
Saint-André-de-CubzacHaut de page
De vignes en vignesHaut de page
De Bourg à BlayeHaut de page

Avec sa ville basse qui longe la Dordogne, ses yoles de pêcheurs amarrées à la halte nautique, ses vieux quais où se jouait jadis la troque du sel et du blé, son joli lavoir de 1828 puis sa falaise, ses remparts, ses rues abruptes et ses hauteurs d'où l'on embrasse ensemble le Médoc et l'estuaire... Bourg-sur-Gironde offre des charmes enthousiasmants. La grande diversité des styles architecturaux donne au village une richesse supplémentaire  : maisons fortifiées, façades XVIIIe et XIXe siècles (voir celle du n°31, rue Valentin-Bernard), jolie halle (c'est là que se tient le marché), étonnante villa mauresque qui aurait été bâtie par un fonctionnaire colonial en retraite (à voir depuis le lavoir) et ravissant quartier médiéval. Ancienne résidence gallo-romaine, la citadelle a, quant à elle, cédé la place à une chartreuse dont les superbes jardins ouverts au public dominent la Dordogne. Véritable ville dans la ville, la citadelle de Blaye est le point fort de cette cité installée sur un site qui était déjà stratégique lorsqu'un castrum romain y défendait l'accès à Bordeaux. Fortifiée au Moyen Age, la ville conserva un rôle défensif important, ce qui explique qu'elle fut âprement disputée entre Anglais et Français. C'est entre 1686 et 1689 que la citadelle actuelle fut construite par Vauban pour participer au plan de défense du fleuve avec fort Pâté et fort Médoc. Lieu de passage obligé jusqu'en 1830 pour les pèlerins en route vers Compostelle, Blaye, est aussi un port où embarquaient et débarquaient de nombreuses marchandises comme les vins ou les produits de la Charente voisine. On continue d'ailleurs d'embarquer à bord du bac "  Côtes de Blaye  " à destination de Lamarque en Médoc.

Les vins du Blayais-Bourgeais

Les premières traces du vignoble de Blaye remontent à la conquête romaine. Au fil des siècles, la vocation viticole de la région s'affirme et c'est en pleine prospérité que le phylloxéra frappe à la fin du XIXe siècle. Cette catastrophe naturelle a pourtant un effet bénéfique puisque, contraints et forcés par la nature, les vignerons replantent de façon plus cohérente. C'est la renaissance du vignoble tel que nous le connaissons aujourd'hui. Glissons-nous donc jusqu'au nord de la Gironde pour découvrir successivement, les côtes-de-bourg et les côtes-de-blaye bordeaux, des vins de qualité régulière, en constante progression et aux caractéristiques très diverses. Les appellations blaye bordeaux, côtes-de-blaye bordeaux et premières-côtes-de-blaye bordeaux couvrent les cantons de Blaye, Saint-Ciers et Saint-Savin et représentent environ 6 500 ha de vignes et environ 450 producteurs. Les sols, le climat et les cépages donnent une gamme de vins aux multiples arômes  : les rouges, à déguster de préférence jeunes, acquièrent fruité et rondeur grâce au merlot et caractère fleuri et épicé grâce au cabernet sauvignon et au cabernet franc. Du côté des blancs, à servir frais, la muscadelle donne son parfum de muscat, le sauvignon apporte fraîcheur et le colombard unifie les arômes des deux autres cépages. L'appellation côtes-de-bourg couvre 3 930 ha sur 15 communes  : Bayon, Bourg-sur-Gironde, Comps, Gauriac, Lansac, Mombrier, Prignac et Marcamps, Pugnac, Saint-Ciers-de-Canesse, Saint-Seurin-de-Bourg, Saint-Trojan, Samonac, Tauriac, Teuillac et Villeneuve. Plus de 600 viticulteurs réalisent une production annuelle moyenne de 230 000 hl. La force des côtes-de-bourg, c'est d'être de grands séducteurs à tout âge de leur vie. Les rouges se marient admirablement avec les entrées, la cuisine légère, les poissons grillés, les tendres volailles, les grillades et tous les fromages. Les blancs savent charmer à l'apéritif, avec un plateau de fruits de mer, sur les plats de poisson en sauce, les viandes blanches et les fromages frais.

L'appellation Bordeaux premières-côtes-de-blaye. Elle domine l'estuaire de la Gironde  : le vignoble du Blayais est constitué d'un terroir d'une incroyable richesse à la fois géologique et pédologique ce qui lui donne sa si grande particularité. A ces paysages vallonnés s'oppose l'horizon presque marin des bords de l'estuaire  : mi-fleuve, mi-mer, la Gironde a rythmé l'histoire de cette terre. Le vignoble est cultivé en plaine, à flanc de coteaux ou sur de hauts plateaux sur des sols majoritairement argilo-calcaire, argilo-graveleux ou argilo-sableux. En rouge le cépage roi est le merlot pour offrir aux vins du Blayais une couleur profonde et des notes fruitées qui en font des vins de plaisir. En blanc le sauvignon apportera ses notes d'agrumes et de genets, ainsi que nervosité et finesse.

Saint-Ciers-sur-GirondeHaut de page
MombrierHaut de page
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