Le guide : LIEUX DE MÉMOIRE EN FRANCE : Guerre franco-allemande de 1870

Guerre franco-allemande de 1870

La IIe République fut proclamée à l'issue de la Révolution de 1848. Elu au suffrage universel, Louis-Napoléon Bonaparte - neveu de Napoléon Ier - en fut le premier et unique président. En décembre 1851, il fomente un coup d'Etat et devient empereur des Français l'année suivante. Le Second Empire - régime de Napoléon III - fut très autoritaire puis se libéralisa à la veille de sa chute. Dans le même temps, l'industrie prenait son plein essor en France. En 1870, l'implication de ce régime dans des querelles dynastiques amenèrent le roi Guillaume de Prusse et son chancelier Otto Von Bismarck à défier le pouvoir français lequel finit par déclarer la guerre à la Prusse le 19 juillet. Peu préparées et mal commandées, les troupes impériales subirent des défaites en série face aux Prussiens qui avaient reçu le soutien d'autres états allemands : Napoléon III capitula le 2 septembre à Sedan suivi par le maréchal Bazaine à Metz le 19 octobre. Le général Trochu et le républicain Léon Gambetta réorganisèrent les forces subsistantes mais ne purent empêcher les armées prussiennes d'assiéger Paris. Un armistice est finalement signé le 28 janvier 1871 à Versailles. Les conséquences de la défaite et de la chute du Second Empire entraînèrent de grands bouleversements en France à commencer par la Commune de Paris de mars à mai 1871 : cette tentative révolutionnaire de mettre en place un régime républicain d'inspiration socialiste fut réprimée dans le sang par le nouveau gouvernement dirigé par Adolphe Thiers. Le pays va vivre sous le régime de la IIIe République tandis que l'Allemagne s'unifie en annexant l'Alsace et une partie de la Lorraine. L'esprit de revanche persistera en France jusqu'à la Première Guerre mondiale. En Alsace, Lorraine, Champagne-Ardenne et Franche-Comté (notamment à Belfort où se déroulèrent des combats durant les quelques mois qu'a duré la guerre), des lieux de mémoire rappellent ces temps forts. On trouve également la trace de ce conflit dans divers musées militaires sur tout le territoire français.

Figures historiquesHaut de page
Charles Louis Napoléon Bonaparte - Louis Napoléon puis Napoléon III (1808-1873)Haut de page

Fils de Louis Bonaparte et d'Hortense de Beauharnais, neveu de Napoléon Ier. Bonapartiste, il fut élu Président de la IIe République française (1848-1852) puis devint Empereur des Français de 1852 à 1870. La guerre franco-allemande de 1870 le conduisit à sa chute : suite à sa capture par les Prussiens, Gambetta proclama la IIIe République le 4 septembre 1870. L'ex-Empereur fut alors exilé en Grande-Bretagne où il mourut en 1873.

Otto von Bismarck (1815-1898)Haut de page

Parlementaire et ambassadeur prussien puis chancelier de la Confédération de l'Allemagne du Nord (1867-1871) et Ministre Président de Prusse (1862-1890), cet homme politique allemand défia Napoléon III pour tenter de maintenir l'unité de la Prusse. Bismarck est clairement l'initiateur de la guerre franco-prussienne de 1870-1871 dont il a laissé le conflit se développer petit à petit étant convaincu que la France s'inclinerait devant l'unité de l'Allemagne. Napoléon III raffermit sa politique extérieure ce qui fit dire à Bismarck que l'heure du conflit ouvert avait sonné : ce dernier relança la candidature tant rejetée du Prince Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen pour le trône d'Espagne. L'empereur français réagit de nouveau fermement contre cette proposition qu'il ne veut pas accepter : la situation s'apaise avec le retrait de cette candidature. Bismarck ne se laisse pourtant pas démonter modifiant la teneur de la dépêche d'Ems, télégramme officiel concernant les rapports entre le roi de Prusse et la France : le ton de ce document pousse la France à déclarer la guerre le 19 juillet 1870. Le traité de Versailles puis celui de Francfort mettront fin à la guerre : la France dut payer une indemnité de guerre de cinq milliards de francs or et l'issue fut donc la victoire allemande, l'annexion de l'Alsace et de la Lorraine, et la proclamation de l'Empire allemand le 18 janvier 1871.

Marie-Edme de Mac Mahon, comte de Mac Mahon, duc de Magenta (1808-1893)Haut de page

Maréchal de France, gouverneur de l'Algérie de 1864 à 1870 et président de la République de 1873 à 1879. Durant la guerre franco-prussienne, il commanda le Premier Corps d'armée du Rhin mais commit des erreurs de commandement lors des premières batailles d'Alsace enchaînant les défaites jusqu'à celle de Sedan le 1er septembre 1870. Fait prisonnier, il fut libéré en mars 1871. Il dirigea ensuite l'armée de Versailles et réprima la commune avant de reprendre le contrôle de Paris. Mac-Mahon fut élu président de la République en mai 1873 dans l'attente d'un retour de la monarchie qui ne se fera pas : il démissionne le 30 janvier 1879. Il décède le 17 octobre 1893 dans son château de La Forêt à Montcresson dans le Loiret.

Achille Bazaine (1811-1888)Haut de page

Après la guerre de Crimée et celle d'Italie, le général Bazaine est envoyé au Mexique ; il devint maréchal de France en 1864. Commandant de la Garde impériale en France en 1869, il fut commandant en chef dès les débuts de la guerre de 1870. Sa capitulation à Metz entraînera sa condamnation à mort. Il fut finalement emprisonné au fort de l'île Sainte-Marguerite au large de Cannes d'où il s'évada pour rejoindre Madrid où il demeura jusqu'à la fin de sa vie en 1888.

Léon Gambetta (1838-1882)Haut de page

Avocat, homme politique et patriote, il proclame la IIIe République en septembre 1870 ce qui signe la fin de l'Empire. Il devient alors ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de la Défense nationale. Afin de garantir l'union nationale et dans le cadre de la guerre à outrance dont il est partisan, il souhaite ardemment la défense de la patrie. Le 7 octobre 1870, il fuit Paris en ballon pour rejoindre Tours et la délégation du gouvernement avant de partir à Bordeaux. Il y organise la résistance française et lève des troupes. Les capitulations de Metz et de Paris mettent en péril ses objectifs de lutte autant que l'opposition de Thiers qui se veut pour la paix. Il démissionne le 6 février 1871 s'apercevant qu'il n'est pas soutenu par ses condisciples républicains modérés. Thiers ressort victorieux face aux radicaux lors des élections de l'Assemblée nationale et Gambetta est élu par 9 départements et représente le Bas-Rhin. Cependant, avec l'annexion de l'Alsace par l'Allemagne, il perd son poste de député et quitte le pays pour l'Espagne. Luttant contre la restauration monarchique, il verra la victoire républicaine aux élections législatives de 1876. Le président Mac-Mahon dissout la Chambre des députés l'année suivante : l'Union républicaine est de nouveau victorieuse. Gambetta assume la présidence de la Chambre des députés de 1879 à 1881. Après les législatives de 1881, il forme un grand ministère d'Union républicaine. Il meurt brutalement de maladie en décembre 1882.

Adolphe Thiers (1797-1877)Haut de page

Politicien, avocat, journaliste, historien et président de la République entre 1871 et 1873. Favorable à la monarchie constitutionnelle, après avoir participé aux Trois Glorieuses de 1830 et après avoir poussé Louis-Philippe d'Orléans à prendre le pouvoir, Thiers finit par se rallier à la cause républicaine à la fin des années 1840. À la suite de la dépêche d'Ems par laquelle Bismarck déclencha la guerre, Thiers se montre hostile au conflit. Refusant d'intégrer le gouvernement de Défense nationale, il part dans différentes villes européennes s'acquitter d'une mission diplomatique d'alliance. Mais après l'échec de cette démarche, il tente le même processus sans succès auprès de Bismarck en novembre 1870. Il sera à Tours puis à Bordeaux auprès de la délégation du gouvernement avant de devenir député de la Seine à l'Assemblée nationale puis chef du pouvoir exécutif de la République française en février 1871 où il use d'un républicanisme modéré. Il signe avec Bismarck le Traité de paix de Francfort en mai 1871 et réprime la Commune qui s'est installée en réaction à la peur d'un retour de la Monarchie. Il est le premier président de la IIIe République mais démissionne rapidement, remplacé par Mac Mahon.

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