Le guide : LIEUX DE MÉMOIRE EN FRANCE : Napoléon

Napoléon

La carrière du jeune général Napoléon Bonaparte s'est faite sous la Révolution française. En 1789, il avait vingt ans. Il s'est rendu célèbre par les campagnes qu'il a menées en Italie et en Egypte. En renversant le Directoire lors du coup d'État du 18 brumaire, il établit un nouveau régime nommé Consulat qu'il dirigea de façon autoritaire. En 1804, il mit fin à la Ire République et se fit sacrer Empereur des Français sous le nom de Napoléon Ier et se lança dans une série de campagnes militaires dans toute l'Europe ponctuée de batailles victorieuses qui devinrent légendaires comme Austerlitz, Iéna, Eylau, Friedland ou Wagram plaçant des membres de sa famille ou des proches à la tête des pays conquis. En Espagne et au Portugal, ses troupes rencontrèrent cependant une résistance acharnée et la campagne de Russie lancée en 1812 fut un échec désastreux : l'Empereur fut amené à abdiquer en 1814 au terme de l'invasion de la France par les armées alliées d'Autriche, de Prusse, d'Angleterre et de Russie. Le roi Louis XVIII prit alors le pouvoir mais Napoléon, exilé sur l'île d'Elbe en Méditerranée, effectua un retour en France qui surprit tout le monde au début de l'année 1815. Après la période dite des Cent Jours puis une ultime bataille perdue à Waterloo en Belgique, il fut envoyé sur l'île Sainte-Hélène située au large de l'Afrique équatoriale où il mourut en 1821. Le règne de Napoléon Ier fut marqué par des guerres incessantes ainsi que par une surveillance policière permanente mais également par la mise en place d'une nouvelle noblesse et par des réformes importantes des institutions, de la justice (Code civil), de l'école ou de la religion. Malgré les aspects négatifs de son bilan notamment au niveau des pertes humaines, économiques et territoriales, Napoléon Ier conserva une certaine aura chez beaucoup de Français durant tout le XIXe siècle. Son neveu deviendra lui-même empereur en 1852 sous le nom de Napoléon III. Mort à l'âge de 21 ans, son fils Napoléon II n'a pas régné. Aujourd'hui encore, Napoléon Ier continue de fasciner un large public qui apprécie de se rendre dans des lieux où la mémoire du Ier Empire est toujours entretenue comme à Brienne, Ajaccio et Auxonne mais également dans divers musées militaires ou encore tout au long de la route Napoléon laquelle suit le parcours que l'Empereur effectua à travers les Alpes au début des Cent Jours.

Figures historiquesHaut de page
Napoléon Bonaparte puis Napoléon Ier (1769-1821)Haut de page

Général puis consul entre 1799 et 1804, empereur des Français de 1802 à 1815, Napoléon fut un fin stratège militaire. Il possédait un grand sens de l'Etat grâce auquel il put poser les bases de nos institutions juridiques, financières et administratives modernes. Le jeune Corse fit son premier séjour en métropole entre 1779 et 1784 à l'Ecole militaire de Brienne : embrassant une carrière militaire prometteuse et couronnée de succès, il rejoignit l'armée française. En 1796, le Directoire lui attribua le commandement en chef de l'armée d'Italie. Avant de partir, il épouse Joséphine de Beauharnais alors veuve. En Italie, le jeune général enchaîna les victoires : Castiglione, Arcole, Mantoue, Rivoli... allant jusqu'à repousser les Autrichiens. En 1798, il fut chargé de diriger la campagne d'Egypte que le gouvernement du Directoire souhaitait conquérir : il battit les Mamelouks à la bataille des Pyramides puis fonda l'Institut d'Egypte. Il vainquit ensuite l'armée turque en Syrie puis à Aboukir avant de rentrer en France où la guerre avait repris. Aussitôt fut fomenté puis accompli le coup d'Etat du 9 novembre 1799 : Bonaparte fut nommé Premier Consul et fit adopter la Constitution autoritaire de l'an VIII qui lui donnait les pleins pouvoirs. Ses premières démarches consistèrent à asseoir un pouvoir stable et assurer les réussites de la Révolution française notamment auprès de la bourgeoisie toujours en cherchant l'apaisement (réconciliation nationale avec les Chouans). Il resta toutefois implacable avec les royalistes et les jacobins ainsi qu'avec l'Eglise. Il entreprit une centralisation révolutionnaire : création de l'Institut de France, de la Banque de France, de la Légion d'honneur et du Code civil. En 1802, la paix d'Amiens lui garantit la fin des guerres qui duraient depuis dix ans avec l'Angleterre. Autoproclamé puis sacré Empereur par Pie VII en 1804, Napoléon Bonaparte devint Napoléon Ier. Il poursuivit ses conquêtes européennes : défaite de Trafalgar en 1805, victoire d'Austerlitz la même année, Iéna en 1806 puis la guerre d'Espagne jusqu'en 1814. Il répudia Joséphine qui ne pouvait lui donner d'héritier puis épousa, après avoir jeté un temps son dévolu sur la comtesse polonaise Marie Walewska, la princesse autrichienne Marie-Louise de Habsbourg-Lorraine dont il eut un fils en 1810, le futur Napoléon II. A partir de cette date, tout va de mal en pis : en lutte contre le tsar Alexandre Ier, Napoléon se lance dans la campagne de Russie qui s'achèvera avec le désastre de la Berezina. La coalition austro-russo-prussienne finit par défaire son armée à Leipzig en 1813, victoire suivie par l'invasion de la France et l'abdication de l'Empereur le 6 avril 1814 : il fut exilé à l'île d'Elbe. Il rentra tout de même en France après s'en être évadé et s'engagea dans les Cent-Jours, période durant laquelle il fut de nouveau battu par la coalition à Waterloo le 18 juin 1815. Il abdiqua une seconde fois et partit mourir en exil sur l'île de Sainte-Hélène au milieu de l'Atlantique Sud. Ses cendres reposent aux Invalides depuis 1840.

Marie-Josèphe-Rose Tascher de La Pagerie - Joséphine de Beauharnais (1763-1814)Haut de page

Veuve Beauharnais puis divorcée de Bonaparte, elle fut impératrice des Français de 1804 à 1809. Née en Martinique, elle fut d'abord l'épouse d'Alexandre de Beauharnais guillotiné en 1794 avec lequel elle eut deux enfants : le prince Eugène et la reine Hortense. En 1796, la jeune Créole devint l'épouse et la femme aimée de Napoléon mais ne pouvant donner à l'Empereur l'héritier tant désiré, elle fut répudiée. Le divorce eut lieu en 1809 : Joséphine s'installa à la Malmaison.

Marie-Louise d'Autriche (1791-1847)Haut de page

Archiduchesse d'Autriche, seconde épouse de Napoléon et impératrice de 1810 à 1814, elle est la fille de l'empereur François Ier d'Autriche et de Marie-Thérèse de Bourbon-Naples. Après son divorce, Napoléon Ier la prend pour épouse en 1810 : elle a 18 ans. Ce mariage a pour but de garantir la paix avec l'Autriche. Elle donna le jour à Napoléon-François-Charles-Joseph Bonaparte (1811-1832), roi de Rome et futur Napoléon II que Victor Hugo surnomma l'Aiglon dans ses poèmes (Napoléon Ier était surnommé l'Aigle). Lorsque Napoléon Ier partit en guerre en 1813, Marie-Louise fut nommée régente. A la fin du Premier Empire en 1814, lors des Cent Jours, et alors que la coalition menaçait Paris et que Napoléon abdiquait, elle quitta avec son fils la France pour Vienne et s'installa ensuite à Parme dont elle reçut la souveraineté avec Plaisance et Gustalla tandis que son fils demeurait à Vienne auprès de son grand-père, l'Empereur François Ier d'Autriche qui l'éleva. L'Aiglon mourut au château de Schönbrunn aux côtés de son grand-père sans revoir sa mère.

Maria Walewska (1786-1817)Haut de page

Noble polonaise, elle fut mariée au comte Walewski de cinquante ans son aîné. En 1807, elle devint la maîtresse de Napoléon Ier après l'avoir supplié de sauver la Pologne. Ils se revirent à Paris puis en Autriche. De cette union naquit un fils : Alexandre. Après la chute de Napoléon, elle ira à l'île d'Elbe avec son fils en 1814 puis à la Malmaison. Elle se remaria en 1816 avec le comte d'Ornano mais mourut en couches l'année suivante.

Maréchal Joachim Murat, roi de Naples (1767-1815)Haut de page

Renvoyé du séminaire, il s'engage dans une carrière militaire et se distingue lors de la campagne d'Italie qui lui fait gagner le grade de général. Il accompagne Bonaparte en Egypte et durant le coup d'Etat. Il obtient d'épouser la propre soeur du premier consul, Caroline Bonaparte en 1800. Gouverneur de Paris puis maréchal et prince, Murat connaît tous les succès : il est nommé grand-duc de Berg et de Clèves. Il se joint aux campagnes d'Allemagne, de Prusse en 1806 et de Pologne l'année suivante. En Espagne en 1808, la dureté avec laquelle il réprime l'insurrection du 2 mai lui vaut de nouveau l'estime de l'Empereur : il espère d'ailleurs obtenir la couronne d'Espagne mais se voit confier celle de Naples. Il conspire contre Napoléon aux côtés de Talleyrand et de Fouché en 1809 mais ne sera pas disgracié. En 1812, il suit Napoléon en Russie, recevant le commandement en chef mais quitte son poste pour rejoindre Naples et tenter de négocier directement avec l'Autriche et l'Angleterre. Il réitère ce genre de défection durant la campagne d'Allemagne mais il est arrêté puis interné. Il s'allie à l'Autriche en 1814 mais Louis XVIII ne le reconnaît pas roi de Naples : destitué de ses fonctions et titres, Murat se rallie de nouveau à Napoléon pendant les Cent-Jours mais sera battu et rentrera en France. Essayant de retourner en Italie où il pense être bien accueilli, il est arrêté et fusillé le jour même de sa capture par les Italiens.

Maréchal Michel Ney, duc d'Elchingen, prince de Moskowa (1769-1815)Haut de page

Maréchal de France nommé par Napoléon Ier, pair de France et militaire sous la Révolution, il commande l'armée de Suisse en 1802. Les combats auxquels il participa lui valurent le succès à Elchingen, Austerlitz, Iéna et Eylau ainsi que le titre de duc d'Elchingen en 1808. Il participa aux campagnes d'Espagne, du Portugal et de Russie et fut nommé prince de la Moskowa en 1813. À partir de 1814, il se montra partisan de Louis XVIII et de l'abdication de l'Empereur mais revint auprès de Napoléon durant les Cent-Jours. Suite à la défaite, il chercha à fuir la France : arrêté sous une ordonnance du roi établissant la liste des traîtres, il fut condamné à mort et fusillé le 7 décembre 1815.

Maréchal Soult, duc de Dalmatie (1769-1851)Haut de page

Après avoir servi sous la Révolution française, Jean-de-Dieu de Soult se rallie au premier consul Bonaparte. Dès 1804, il obtient le grade de maréchal et excelle à Austerlitz où il est célébré comme " premier manoeuvrier d'Europe ", Iéna et Eylau. Il est ensuite récompensé par un titre de duc. En 1808, il est envoyé en Espagne où il connaît quelques défaites et où il ordonne des pillages massifs d'oeuvres d'art pour ses collections personnelles. Rallié à Louis XVIII, il obtient le ministère de la Guerre mais retrouve Napoléon lors de son retour pendant les Cent-Jours. Il ne fait pourtant pas preuve d'excellence à Waterloo : exilé par le roi avant de revenir en France, il recouvre son titre de maréchal en 1820 puis est fait pair de France en 1827 par Charles X. Il termine sa vie dans son château de Soult-Berg dans le Tarn.

Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, prince de Bénévent (1754-1838)Haut de page

Tout d'abord ordonné prélat ne pouvant devenir militaire à cause d'une infirmité à la jambe, Talleyrand s'illustre durant la Révolution notamment aux Etats généraux de 1789, aux côtés du duc d'Orléans et de Mirabeau. Siégeant à l'Assemblée nationale, il est favorable au partage des biens du clergé. Devenu diplomate et souhaitant s'éloigner de la France en pleine Révolution, il part à Londres ce qui lui permet de ne pas être trop inquiété au moment de la découverte de l'Armoire de fer prouvant sa collusion avec le roi. A la suite de son séjour en Angleterre, il part pour les Amériques d'où il revient en 1796 grâce au concours de madame de Staël qui fit utilisation de sa persuasion pour l'effacer de la liste des émigrés auprès de la Convention. Nommé ministre des Relations extérieures l'année suivante, il vit à l'Hôtel de Gallifet et fait la rencontre de Napoléon Bonaparte qu'il encourage dans ses expéditions. Rejeté par le Directoire, Talleyrand prend part au coup d'Etat du 18 brumaire et se voit offrir de nouveau le poste de ministre des Relations extérieures par le premier consul Bonaparte entre 1799 et 1807. Il participe aux négociations du Concordat avec l'Eglise, à la Paix de Lunéville avec l'Autriche en 1801 et à celle d'Amiens avec l'Angleterre en 1802. L'entente est alors parfaite entre les deux hommes. En 1804, Napoléon (devenu empereur) le nomme grand chambellan puis prince de Bénévent en Italie. Cependant, commençant à s'éloigner de l'Empereur, Talleyrand préconise aux Russes de ne pas accepter l'alliance avec Napoléon durant l'entrevue d'Erfurt de 1808 avec le tsar Alexandre Ier. Les conquêtes militaires s'amenuisant et le reste de l'Europe se coalisant de plus en plus contre l'Empire français, Talleyrand va intriguer avec Fouché et Murat contre Napoléon ce qui lui vaudra la défiance de l'Empereur qui lui lancera la fameuse phrase : " Vous êtes de la merde dans un bas de soie ! " en 1809 ; Talleyrand perd ainsi son titre de grand chambellan. Il traite alors directement avec l'Autriche, devenant espion et vendant des informations militaires, et participe aussi à la déchéance de l'Empereur au profit du retour sur le trône de Louis XVIII. Nommé ministre des Affaires étrangères, il servira sous Charles X puis sous Louis-Philippe dans la diplomatie avant de mourir en 1838 à Valençay. Il demeure un fin observateur qui sut entrevoir avant les autres la fin des différents chefs de cinq régimes successifs.

Maréchal André Masséna, duc de Rivoli, prince d'Essling (1758-1817)Haut de page

Maréchal et pair de France, il participa à la campagne d'Italie (victoire de Rivoli notamment en 1797) ce qui lui valut d'être surnommé " l'enfant chéri de la victoire ". Il sera aussi des batailles de Zürich en 1799 puis de nouveau en Italie en 1805, une fois Bonaparte promu Premier Consul et lui-même maréchal accumulant des victoires à Essling et à Wagram. En 1806, il ira conquérir le royaume de Naples puis deviendra duc de Rivoli en 1808 et prince d'Essling en 1810. Cette même année, Masséna participe également à la campagne du Portugal de laquelle il fuira par l'Espagne après des problèmes de renforts trop longs à venir. Lorsque Napoléon revient de l'île d'Elbe, il se rallie à lui sans grand enthousiasme. Il est cependant nommé pair de France en 1815 mais l'ère de son commandement est déjà révolue depuis la campagne portugaise. Atteint de la tuberculose, il décède en 1817.

Maréchal Jean Lannes (1769-1809), duc de MontebelloHaut de page

Nommé maréchal de l'Empire en 1804, il fut d'abord général dans l'armée d'Italie en 1796 puis dans la campagne d'Egypte de 1799. Il soutient le coup d'Etat napoléonien. Envoyé en Italie, il prend glorieusement les villes d'Aoste, Pavie, Montebello et Marengo. Lannes devint ensuite ambassadeur du Portugal en 1801. Il est à Austerlitz en 1805 puis à Iéna et à Friedland en 1807. Fait duc de Montebello en 1808, il retourne en Espagne où il prend part au siège victorieux de Saragosse en 1809. Un boulet de canon lui arrache la jambe à Essling, blessure dont il décède peu après.

Joseph Fouché, duc d'Otrante (1759-1820)Haut de page

Sous la Révolution, siégeant parmi la Montagne à la Convention, Fouché entre en désaccord avec Robespierre et s'active à la chute de ce dernier. Ministre de la Police en 1799, il participe à l'arrestation des membres du Directoire et facilite le coup d'Etat du 18 brumaire. Il demeure à ce poste sous le Consulat de Bonaparte ce qui conduit Napoléon à supprimer ce ministère en 1802 : Fouché devient alors sénateur bien que rappelé au ministère de la Police en 1804. Napoléon Ier crée pour lui le titre de duc d'Otrante en 1809. Fouché va intriguer contre l'Empire avec la Grande-Bretagne : il est disgracié en 1810. Au retour de l'île d'Elbe durant les Cent-Jours, il récupère son ministère mais, soupçonné de trahison et d'entente avec les républicains sous la première Restauration, il est condamné pour régicide et exilé en 1816. Il meurt à Trieste en 1820.

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