Le guide : CHEMINS COMPOSTELLE - CAMINO FRANCES : Population et langues

Guide
+LE CAMINO FRANCES
Étape 1 - Saint-Jean-Pied-de-Port / Roncevaux (26 km)Étape 2 - Roncevaux / Larrasoaña (27 km)Étape 3 - Larrasoaña / Pampelune (16,5 km)Étape 4 - Pampelune / Puente de la Reina (24 km)Étape 5 - Puente la Reina / Estella (22 km)Étape 6 - Estella / Los Arcos (22 km)Étape 7 – Los Arcos / Logroño (28 km)Étape 8 - Logroño – Nájera (31 km)Étape 9 - Nájera / Santo Domingo de la Calzada (21 km)Étape 10 - Santo Domingo de la Calzada / Belorado (23 km)Étape 11 - Belorado / San Juan de Ortega (24 km)Étape 12 - San Juan de Ortega / Burgos (27 km)Étape 13 - Burgos / Hontanas (31 km)Étape 14 - Hontanas / Boadilla del Camino (28 km)Étape 15 - Boadilla del Camino / Carrión de los Condes (25 km)Étape 16 - Carrión de los Condes / Terradillos de los Templarios (27 km)Étape 17 - Terradillos de los Templarios / El Burgo Ranero (30 km)Étape 18 - El Burgo Ranero / León (37 km)Étape 19 - León / Villadangos del Paramo (22 km)Étape 20 - Villadangos del Paramo / Astorga (28 km)Étape 21 - Astorga / Rabanal del Camino (20 km)Étape 22 - Rabanal del Camino / Ponferrada (32 km)Étape 23 - Ponferrada / Villafranca del Bierzo (23 km)Étape 24 - Villafranca del Bierzo / O Cebreiro (28 km)Étape 25 – O Cebreiro – Triacastela (21 km)Étape 26 – Triacastela – Sarria (21 km)Étape 27 – Sarria / Portomarin (22,5 km)Étape 28 – Portomarin / Palas de Rei (25 km)Étape 29 – Palais de Rei / Arzua (26 km)Étape 30 – Arzúa / O Pedrouzo (19 km)Étape 31 – O Pedrouzo / Saint-Jacques de Compostelle (20 KM)

Population et langues

Identité nationale...Haut de page

L'Espagne est avant tout diverse. Traversé, parcouru ou occupé, le pays a hérité quelque chose de chacun des peuples qui y ont pénétré : Ibères, Celtes, Phéniciens, Grecs, Carthaginois, Romains, Vandales, Wisigoths, Arabes, Berbères, Francs. Pendant près de huit siècles, l'Espagne a été le creuset de trois cultures et de trois religions : chrétienne, juive et musulmane. Malgré la Reconquista, ces trois cultures se sont côtoyées, se sont enrichies de leurs mutuelles différences. Les chrétiens vivant sous la domination musulmane sont appelés mozarabes tandis que les musulmans habitant les territoires reconquis par l'Aragon et la Castille, sont nommés mudéjares. L'interculturalité a été la règle pendant des années, si ce n'est des siècles. Toutefois, à côté de ce trait, se révèle aussi une Espagne faite " de sang, de volupté et de mort ", celle de l'Inquisition, celle des conquistadores, celle aussi de la guerre civile et de la dictature, celle enfin qui perdure toujours à travers la corrida et qui nous apparaît dans les oeuvres de quelques grands maîtres, comme Goya ou Picasso, ou de grands poètes comme Garcia Lorca. Aux prises avec " le sentiment tragique de la vie ", pour citer Unamuno, l'Espagne chante et pleure, rit et crie, toujours intensément, jamais à moitié. Le pays a été très fortement marqué par la religion chrétienne et plus précisément le catholicisme. Dans ce domaine encore, le paradoxe est de règle. L'Espagne a donné naissance à Thomas de Torquemada, inquisiteur général de la Péninsule connu pour son intolérance, et à Jean de la Croix ou Thérèse d'Avila, deux mystiques qui cherchent la voie de Dieu dans l'extase amoureuse. L'Espagne oscille entre la fascination de la chute et l'éblouissement de l'ascension. Le héros espagnol, traversé par les contradictions de la terre dont il est issu, engendre également son envers, son absurde, la parodie de ce qu'il est. A l'image de don Quichotte, l'Espagnol ne cesse d'enchanter le réel. L'illusion comme drame et le picaresque comme moyen de conjurer le sort, voilà deux traits de la culture nationale. L'Espagne est excessive, à l'image de ses coutumes et traditions dont l'exemple le plus significatif est la diversité des langues. Face à une telle richesse, on serait presque tenté de la conjuguer au pluriel.

...et morcellement régionalHaut de page

L'aspect le plus original de la Constitution espagnole de 1978 réside sans doute dans la façon de régler la question des nationalités régionales. Tout en affirmant, " l'unité indissoluble de la nation espagnole ", la Constitution " reconnaît et garantit le droit à l'autonomie des nationalités et régions qui en font partie ". Ainsi se trouve-t-on aujourd'hui face à 17 régions autonomes revendiquant chacune une culture et parfois une langue particulière. C'est pour des raisons essentiellement d'ordre politique que le castillan a été prédominant, devenant langue nationale. Le catalan, toujours très usité, constitue une branche à part des langues romanes. Quant au basque, parlé par environ 650 000 individus, il n'a aucun rapport avec ces dernières, il dériverait de l'ancienne langue ibérienne. Très différentes entre elles, les régions renvoient parfois à de puissants héritages historiques, souvent même à d'anciens royaumes, c'est le cas de l'Andalousie, la Catalogne, l'Aragon, la Navarre. Cependant ce n'est qu'au XIXe siècle, époque d'industrialisation et de commerce florissant, que naissent les revendications régionales là où le développement économique s'intensifie. C'est à cette époque qu'elles revêtent un contenu politique. Aujourd'hui sur les 17 régions recensées, trois d'entre elles bénéficient d'un statut d'autonomie particulier : la Catalogne, la Galice et le Pays basque. Avec la reconnaissance des langues régionales, on écrit " Catalunya " (Catalogne) en catalan, " Galizia " (Galice) en galicien, et " Euskadi " (Pays basque) en basque. Le galicien est une langue romane (indo-européenne), comme le français, le roumain, l'italien... Il a la particularité d'être très proche du portugais et également de l'asturo-léonais. Ces deux langues étant voisines de l'espagnol et du catalan, le galicien est facile à comprendre. L'asturien, ou bable, est également une langue romane. Il est parlé par moins d'un million de personnes et n'a aucune reconnaissance officielle. C'est pourquoi, dans les Asturies, près de 90 % de la population s'exprime en espagnol.

L'euskera

Les origines. Les hypothèses sur l'origine de la langue basque (euskera) sont nombreuses, mais aucune n'est établie avec certitude. L'euskera est l'une des rares langues non indo-européennes d'Europe, avec les langues finno-ougriennes (finnois, estonien et hongrois), les langues turques et les langues sémitiques (maltais). Parmi les hypothèses sur l'origine de la langue, certains linguistes rapprochent le basque de la langue des Ibères, peuple primitif de la péninsule Ibérique, d'autres défendent la théorie des substrats, selon laquelle le basque était parlé dans toute l'Europe occidentale avant l'arrivée des peuples indo-européens. Seule certitude : l'origine du basque est antérieure à celle des langues indo-européennes, dont sont issues les langues latines, celtes, romanes, slaves et le grec.

La langue. L'euskera est une langue agglutinante, c'est à dire une langue dans laquelle les traits grammaticaux sont marqués par l'assemblage de morphèmes (suffixes, préfixes) au radical. L'originalité de cette langue réside aussi dans la complexité de son système de conjugaison et dans l'absence des genres féminin et masculin. Les premières traces écrites du basque remontent au XIe siècle, avec la découverte des textes des Glosas Emilianenses dans le monastère de San Millán de la Cogolla, situé dans la région de La Rioja. Cependant, sa normalisation par l'Académie de la langue basque ne date que de 1968. Avant cette date, l'euskera comptait plusieurs dialectes spécifiques aux provinces historiques du Pays basque : le navarro-labourdin (parlé dans le Labourd et la Basse-Navarre) ; le guipuscoan ; le navarrais ; le souletin (parlé dans la Soule) et le biscayen. A partir de 1968, on parle de l'euskera batua, c'est à dire de la langue unifiée que l'on enseigne dans les écoles et qui est employée dans l'administration ou dans la presse.

Statut de la langue. L'euskera est employé dans les différentes régions historiques du Pays basque, bien qu'il présente d'importantes disparités. Côté français, par exemple, l'absence de caractère officiel fragilise la langue. Au contraire, dans la communauté autonome du Pays basque, l'euskera bénéficie du statut de langue co-officielle avec le castillan. En Navarre, il bénéficie de ce même statut mais uniquement dans certaines zones géographiques. En effet, la loi forale divise le territoire navarrais en trois zones linguistiques : bascophone, mixte et non bascophone. La zone bascophone se concentre essentiellement au nord de la région.

L'euskera en chiffres. Sur une population totale de près de 3 millions d'habitants répartis dans les 7 provinces d'Euskal Herria, on estime que 27 % sont bilingues. Le pourcentage de bilingues actifs est très variable selon les provinces : environ 50 % de la population dans le Gipuzkoa, 25 % en Biscaye, 17 % dans la province d'Álava, 12 % en Navarre et 22 % dans le Pays basque français.

L'euskera dans l'enseignement. C'est en 1914 qu'est fondée la première ikastola, école associative où l'enseignement est entièrement réalisé en basque. L'arrivée de la guerre civile marque la fin des ikastolas jusque dans les années 1960, époque durant laquelle ce système d'éducation connaît un important développement. Leur législation sera progressive, et ce n'est qu'en 1980 que le ministère d'éducation régularise l'ensemble des ikastolas réparties sur le territoire basque. Aujourd'hui, le système éducatif dans la communauté autonome basque se divise en quatre catégories : modèle A, dans lequel l'enseignement est donné en castillan et l'euskera enseigné comme matière ; modèle B, dans lequel une partie des matières sont enseignées en castillan et l'autre en euskera ; modèle D, dans lequel l'enseignement est donné en euskera et le castillan enseigné comme matière ; et modèle X, dans lequel l'enseignement est donné uniquement en castillan. En Navarre, le système d'éducation est le même, bien qu'il n'est appliqué que dans la zone bascophone. En France, où l'euskera n'est pas reconnu comme langue officielle, l'enseignement scolaire du basque est pris en charge par trois filières : l'enseignement public, l'enseignement privé associatif (ikastola) et l'enseignement privé confessionnel. Dans le public, l'enseignement bilingue à parité horaire n'est vraiment effectif que dans le primaire. En effet, dans les collèges et au lycée, seules l'histoire et la géographie sont enseignées en basque.

Petit lexique d'euskera

Bienvenue : Ongi ettori

Bonjour : Egun on

Bonsoir : Arratsalde on

Au revoir : Agur

Excusez-moi : Barkatu

Merci : Milesker

Oui : Bai

Non : Ez

Je ne sais pas : Ez dakit

Merci beaucoup : Milesker anitz

Je ne comprends pas : Ez dut konprenitzen

Je ne parle pas le basque : Ez dut euskara mintzo

Hôtel : Hotela

Office du tourisme : Turismo bulegoa

Bar : Ostatua

Restaurant : Jatetxea

Pharmacie : Botika

Musée : Museoa

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