Le guide : CHEMINS COMPOSTELLE - CAMINO FRANCES : Histoire

Guide
+LE CAMINO FRANCES
Étape 1 - Saint-Jean-Pied-de-Port / Roncevaux (26 km)Étape 2 - Roncevaux / Larrasoaña (27 km)Étape 3 - Larrasoaña / Pampelune (16,5 km)Étape 4 - Pampelune / Puente de la Reina (24 km)Étape 5 - Puente la Reina / Estella (22 km)Étape 6 - Estella / Los Arcos (22 km)Étape 7 – Los Arcos / Logroño (28 km)Étape 8 - Logroño – Nájera (31 km)Étape 9 - Nájera / Santo Domingo de la Calzada (21 km)Étape 10 - Santo Domingo de la Calzada / Belorado (23 km)Étape 11 - Belorado / San Juan de Ortega (24 km)Étape 12 - San Juan de Ortega / Burgos (27 km)Étape 13 - Burgos / Hontanas (31 km)Étape 14 - Hontanas / Boadilla del Camino (28 km)Étape 15 - Boadilla del Camino / Carrión de los Condes (25 km)Étape 16 - Carrión de los Condes / Terradillos de los Templarios (27 km)Étape 17 - Terradillos de los Templarios / El Burgo Ranero (30 km)Étape 18 - El Burgo Ranero / León (37 km)Étape 19 - León / Villadangos del Paramo (22 km)Étape 20 - Villadangos del Paramo / Astorga (28 km)Étape 21 - Astorga / Rabanal del Camino (20 km)Étape 22 - Rabanal del Camino / Ponferrada (32 km)Étape 23 - Ponferrada / Villafranca del Bierzo (23 km)Étape 24 - Villafranca del Bierzo / O Cebreiro (28 km)Étape 25 – O Cebreiro – Triacastela (21 km)Étape 26 – Triacastela – Sarria (21 km)Étape 27 – Sarria / Portomarin (22,5 km)Étape 28 – Portomarin / Palas de Rei (25 km)Étape 29 – Palais de Rei / Arzua (26 km)Étape 30 – Arzúa / O Pedrouzo (19 km)Étape 31 – O Pedrouzo / Saint-Jacques de Compostelle (20 KM)

Histoire

Des origines à nos joursHaut de page

Préhistoire. Les premières traces de civilisation dans la péninsule Ibérique remonte au paléolithique inférieur, comme en témoigne le site archéologique d'Atapuerca dans la province de Burgos, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, où ont été découverts des fossiles datant de plus d'un million d'années.

De l'époque du paléolithique supérieur (environ 15 000 ans avant notre ère), les plus importants vestiges se trouvent au nord de l'Espagne dans les grottes d'Altamira et sur les bords méditerranéens de la péninsule Ibérique.

Les premiers colonisateurs. A partir du IIIe millénaire av. J.-C., les peuples ibères - dont l'origine est incertaine - s'installent dans la péninsule. L'arrivée des Celtes par le nord, communément datée de la première moitié du IIe millénaire av. J.-C., entraîne un métissage de la population. Les peuples vivant dans le centre et l'ouest de la péninsule Ibérique sont ainsi appelés " Celtibères ". Durant cette période, les progrès techniques permettent le travail du cuivre, du bronze et de la céramique, attirant les commerçants phéniciens et carthaginois qui s'installent au sud de la péninsule, tandis que les Grecs fondent des comptoirs au nord-est.

L'Espagne romaine (IIIe siècle av. J.-C. - Ve siècle apr. J.-C.). Pour compenser les pertes subies durant la première guerre punique, les Carthaginois entreprennent la conquête de l'Espagne, bientôt freinés par les Romains qui limitent leur expansion au niveau de l'Ebre. Mais en 219 av. J.-C, le général Hannibal franchit l'Ebre et s'empare de Sagonte, provoquant le début de la deuxième guerre punique. Vainqueurs des affrontements, les Romains chassent les Carthaginois de la péninsule et imposent leur domination aux Celtibères. Ils rencontrent une forte résistance au nord, où la conquête romaine ne s'achève qu'en 19 av. J.-C. L'empereur Auguste divise le territoire en trois grandes provinces : la Tarraconaise au nord, dont la capitale était Tarragone ; la Bétique au sud, avec pour capitale Cordoue ; et la Lusitanie à l'ouest, avec Mérida pour capitale. Durant quatre siècles, la paix règne dans la péninsule : de grandes villes de plus de 100 000 habitants se développent (Mérida, Tarragone, Séville et Cordoue), l'exploitation minière assure la prospérité de la péninsule, le christianisme fait son apparition, le latin devient la langue officielle, tandis que d'illustres personnages espagnols se distinguent à cette époque, en particulier le philosophe Sénèque (originaire de Cordoue).

L'Espagne wisigothique (Ve - VIIIe siècle). Au début du Ve siècle, l'affaiblissement de l'Empire romain entraîne de multiples invasions barbares en provenance de l'Europe du Nord. Suèves, Vandales, Alains et Wisigoths s'emparent progressivement du territoire. En 584, sous l'impulsion du puissant roi wisigoth Reccared Ier, l'Espagne est unifiée et Tolède désignée comme capitale. Presque aussitôt, en 587, le catholicisme devient religion d'Etat, à la suite de la conversion du roi jusqu'alors d'obédience arienne. L'Espagne wisigothique s'effondre brutalement en 711 lorsque le chef berbère Tariq ibn Ziyad anéantit le roi Rodrigue lors de la bataille du Río Guadalete, entraînant l'écroulement de la structure étatique du royaume wisigoth et ouvrant la voie à la conquête musulmane.

L'Espagne musulmane et la Reconquista (VIIIe - XVe siècle). En quelques années, les Maures occupent la quasi-totalité de la Péninsule. Cordoue devient le fief du territoire Al-Andalus et un grand foyer intellectuel. A cette époque, les Omeyyades font régner une brillante civilisation où la tolérance entre juifs, musulmans et chrétiens est exemplaire. Par ailleurs, l'apport des Arabes en matière de savoir fut crucial, tant dans le domaine de la philosophie que celui des sciences ou des techniques d'irrigation. Toutefois, des vallées pyrénéennes ont réussi à échapper à la domination maure, du fait de leur isolement. Au Xe siècle, le califat de Cordoue est fragmenté en une vingtaine de royaumes indépendants : les taifas. Cette division facilite la reconquête chrétienne venue du nord. L'offensive face aux musulmans commence par la prise de Saragosse en 1118 et se poursuit en 1212 par la victoire de Las Navas de Tolosa, qui ouvre aux chrétiens le sud du pays. La Reconquista s'achève par la prise de Grenade en 1492 sous l'autorité des rois catholiques, mettant fin à huit siècles de domination musulmane.

Les rois catholiques et la découverte de l'Amérique (1474-1516). Le mariage d'Isabelle de Castille et de Ferdinand d'Aragon, connus sous le nom des rois catholiques, assure l'unification de l'Espagne. Après la chute de Grenade, ils instaurent l'Inquisition dans tout le pays, qui aboutit à l'expulsion des Arabes et des Juifs. En parallèle, ils soutiennent le projet de traversée vers les Indes de Christophe Colomb, qui aboutit à la découverte de l'Amérique en 1492. C'est le début de l'ère coloniale et de la mise en place du commerce avec le Nouveau Monde, propulsant l'Espagne au rang de principale puissance européenne.

L'Espagne des Habsbourg et le Siècle d'or (1516-1700). Charles Quint accède aux trônes de Castille et d'Aragon en 1516. Durant son règne se constitue un vaste domaine colonial avec la conquête de l'Empire aztèque par Hernán Cortés (à partir de 1519) et de l'Empire inca par Francisco Pizarro (1526-1541). Cet empire colonial procure d'immenses richesses à l'Espagne qui devient la principale puissance européenne. Le Siècle d'or espagnol est aussi celui du rayonnement des arts, avec l'apparition d'une génération de grands maîtres de la peinture, comme Diego Vélasquez, El Greco et Francisco de Zurbarán. En littérature, Miguel de Cervantès invente le roman moderne avec son Don Quichotte, publié entre 1605 et 1615. L'auteur de théâtre Lope de Vega appartient également à cette génération. Arrivée sur le trône en 1556, Philippe II exploite largement ses colonies outre-Atlantique, d'où affluent or, métaux précieux et autres produits. Malgré l'importance des revenus coloniaux, ses dépenses, notamment militaires, sont nombreuses et non productives. Sous son règne s'amorce l'affaiblissement économique de l'empire. Le déclin amorcé sous le règne de Philippe II s'accélère au XVIIe siècle sous l'effet de la contraction du commerce avec les Amériques et des guerres incessantes qui appauvrissent le pays.

L'avènement des Bourbons et la guerre d'Indépendance (1700-1814). En 1700, la mort sans héritier de Charles II provoque un conflit entre Habsbourg et Bourbons. Au terme de la guerre de Succession (1701-1713), qui ébranle un peu plus le royaume, Philippe V accède au pouvoir. Son règne marque la fin du régime d'autonomie des pays de la couronne d'Aragon ainsi que de tous les territoires ayant soutenu les Habsbourg lors du conflit. Seuls le Pays basque et la Navarre, restés fidèles aux Bourbons, conservent leur autonomie.

Le règne de Charles III, de 1759 à 1788, correspond à une phase de redressement économique. Despote éclairé, il entreprend une politique de réformes économiques et sociales. Son héritier, Charles IV, met fin à cette vague de réformes lorsque surgit la menace de la Révolution française. L'instabilité de la monarchie incite Napoléon à passer à l'offensive. L'empereur français s'empare de la couronne espagnole au profit de son frère Joseph Bonaparte. Dans la nuit du 2 au 3 mai 1808, à Madrid, le peuple se soulève contre les troupes napoléoniennes. La scène est immortalisée par Goya dans son célèbre tableau Tres de mayo. L'insurrection gagne une grande partie du pays et conduit à la guerre de l'Indépendance (1808-1814), qui ramène finalement les Bourbons au pouvoir.

Les guerres carlistes et la Restauration (1814-1923). Au sortir de la guerre, le pays est ruiné. En position de faiblesse sur le continent américain, l'Espagne perd progressivement ses colonies. A la mort de Ferdinand VII, en 1833, un conflit éclate entre les partisans de son frère Charles, favorables au modèle absolutiste, et de sa nièce Isabelle, qui défendent le libéralisme. Au terme de cette première guerre " carliste ", en 1839, Isabelle est portée au pouvoir. Deux autres guerres carlistes se dérouleront autour du même conflit entre 1846 et 1849, puis entre 1872 et 1876. La première tentative républicaine de 1873 est avortée par le couronnement d'Alphonse XII, mais le retard industriel et la perte de Cuba en 1898 précipitent à nouveau la monarchie vers l'agonie. Les mouvements anarchistes et nationalistes, notamment basques, germent et se développent au même moment. Entre 1917 et 1920, les grèves insurrectionnelles plongent l'Espagne dans un climat presque révolutionnaire.

La dictature de Primo de Rivera (1923-1930). Politiquement instable, socialement et économiquement affaiblie, l'Espagne est déchirée par ses conflits intérieurs. C'est dans ce contexte qu'arrive au pouvoir le général Primo de Rivera, après son coup d'Etat du 13 septembre 1923. Il instaure une dictature militaire, mais bientôt le général est contraint de démissionner sous la pression de la grande dépression mondiale de 1929. Primo de Rivera s'exile en 1930, suivi du roi en 1931. La Seconde République est proclamée le 14 avril 1931 et instaure le suffrage universel.

La guerre civile (1936-1939). Les élections de 1936 installent le Front populaire (coalition de gauche) au pouvoir, rapidement pris dans une tourmente politique avec l'assassinat du monarchiste José Calvo Sotelo et les représailles entre groupes extrémistes. Une insurrection militaire et nationaliste dirigée par le général Franco le 18 juillet 1936 plonge l'Espagne dans la guerre civile. Républicains et nationalistes s'affrontent dans tout le pays, bientôt soutenus par les forces internationales. Les républicains reçoivent du matériel de guerre de l'Union soviétique tandis que les volontaires antifascistes des Brigades internationales viennent se battre à leurs côtés. Quant aux nationalistes, ils reçoivent l'aide de l'Allemagne et de l'Italie. Au terme de trois années de lutte, le régime franquiste prend les commandes d'un pays dévasté : on estime à plus d'un million le nombre de victimes de la guerre.

La dictature de Franco (1939-1975). Franco instaure un régime totalitaire durant les premières années de la dictature avec l'appui de l'armée, de l'Eglise et de la Phalange. Il impose son autorité par la censure, l'exécution des opposants et la mise en place d'un système autarcique. Restée neutre durant la Seconde Guerre mondiale, l'Espagne est bientôt marginalisée de la scène internationale. Afin de rompre son isolement, l'Espagne franquiste profite de la guerre froide pour mener une politique d'intégration qui aboutit à la signature d'un traité d'assistance économique et militaire avec les Etats-Unis en 1953 puis l'entrée de l'Espagne dans l'ONU en 1955. A partir des années 1960, l'Espagne vit un boom économique grâce à l'apport de capitaux étrangers et au développement du tourisme. Le franquisme entre dans une étape plus modérée, cependant l'immobilisme du gouvernement est en décalage avec les mutations sociales et culturelles de l'époque, tandis que son centralisme entraîne une résurgence des mouvements indépendantistes en Catalogne et au Pays basque. C'est dans ce contexte que l'organisation armée ETA voit le jour en 1959. L'usure du pouvoir se traduit également par une montée de la contestation des ouvriers et des étudiants, mais il faudra attendre la mort de Franco en 1975 pour que l'Espagne entame sa transition démocratique après 36 ans de dictature.

L'Espagne démocratique (depuis 1976). Proclamé roi quelques jours après la mort de Franco, Juan Carlos Ier nomme Adolfo Suárez à la tête du gouvernement pour mener à bien la transition démocratique. La légalisation des partis politiques et la question des communautés autonomes sont les principales étapes de la transition, avec la signature du statut de la communauté autonome basque et de la Catalogne. Les élections de 1982 mènent les socialistes (PSOE) au pouvoir en la personne de Felipe González, qui gouvernera jusqu'en 1996. Cette étape politique est marquée par l'entrée de l'Espagne dans la Communauté européenne en 1986 et la célébration des Jeux olympiques de Barcelone en 1992. C'est une époque de profondes mutations sociales et culturelles, dont la movida madrilène est devenue le symbole. José María Aznar (parti populaire PP) arrive au pouvoir en 1996 et gouvernera jusqu'en 2004. C'est une époque de forte croissance économique marquée par la mise en place de l'euro et une lutte intense contre ETA. Cependant, l'engagement d'Aznar dans la guerre en Iraq, malgré l'opposition de l'opinion publique, et surtout la mauvaise gestion des attentats terroristes de mars 2004 entraînent le retour des socialistes au pouvoir. Le premier mandat de José Luis Rodríguez Zapatero (2004-2008) est placé sous le signe de la croissance économique et des réformes sociales (dont la régularisation massive des sans-papiers, la légalisation du mariage homosexuel avec droit à l'adoption et la fin des cours obligatoires de religion dans les écoles publiques). Cependant, lors de son deuxième mandat (2008-2011), Zapatero se heurte à la crise économique qui frappe très durement le pays. Fin 2008, l'Espagne entre officiellement en récession et le chômage dépasse la barre symbolique des 20 % au printemps 2010. Cette période est également marquée par l'émergence du mouvement des " indignés " et de l'annonce faite par l'ETA d'arrêter définitivement son action terroriste. Malgré la mise en place d'un plan d'austérité, les socialistes perdent la confiance des électeurs. Ainsi, lors des élections anticipées de novembre 2011, Mariano Rajoy (PP) connaît une victoire écrasante et obtient la majorité absolue pour gouverner.

En 2012, Mariano Rajoy met en place une sévère politique d'austérité, mais le pays continue de s'enfoncer dans la récession, avec un taux de chômage à 26 %. La pression des marchés conduit le gouvernement à solliciter le sauvetage des banques au cours de l'été 2012, tandis que la colère des Espagnols face aux mesures d'austérité ne cessent d'augmenter. Au mois de septembre, l'augmentation de la TVA, dont le taux passe de 8 à 21 %, ébranle tout particulièrement le secteur de la culture.

En 2013, le gouvernement de Rajoy se heurte au désir d'indépendance des Catalans. En dépit de l'opposition du gouvernement espagnol, le président de la Catalogne Artur Mas annonce un référendum sur la création d'un État catalan indépendant. L'année 2013 est aussi marquée par le scandale des " papiers de Barcenas ", qui dévoilent une comptabilité parallèle présumée du Parti populaire (PP). Parmi la liste des dirigeants du PP qui auraient reçu des enveloppes d'argent en liquide figurent le nom de Mariano Rajoy et de plusieurs membres de son gouvernement.

En octobre 2013, la doctrine Parot, un système de remise de peine qui permet de maintenir les détenus en prison jusqu'à la limite des trente ans prévue par la loi, est condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme. Cette décision entraîne la libération de dizaines de détenus espagnols, en majorité des prisonniers de l'ETA.

Le 19 septembre 2014, au lendemain du référendum écossais, le Parlement catalan approuve une loi sur les consultations populaires permettant à Artur Mas de créer un cadre légal pour convoquer officiellement le référendum consultatif du 9 novembre. Cependant, il est rapidement freiné par le Tribunal constitutionnel. Bien que réduits à un vote " symbolique ", 2,3 millions de Catalans se mobilisent pour répondre à ces deux questions : " Voulez-vous que la Catalogne devienne un État ? Si oui, voulez-vous que cet État soit indépendant ? " À ces questions, 80 % des votants ont répondu " oui ".

Malgré un taux de chômage toujours très élevé (21,6 % en octobre 2015) qui n'a pas été enrayé par l'amélioration de quelques données macro-économiques, le sujet de préoccupation majeur des Espagnols, souligné par de nombreux sondages, a été la lutte contre la corruption. La révélation d'affaires ou de nouveaux développements concernant des personnes, des régions ou des municipalités a continué à égrener l'actualité de l'année 2015, concernant notamment la puissante famille Pujol en Catalogne. Au plan institutionnel, la question de la réforme de la Constitution de 1978 a continué à être au coeur des débats, notamment en parallèle du processus d'indépendance lancé par le Parlement catalan à l'automne 2015, dont le texte a été invalidé en novembre par le Tribunal constitutionnel.

Au plan politique, l'année 2015 a été marquée par l'irruption de deux nouveaux venus, Podemos et Ciudadanos, qui ont perturbé le classique bipartisme d'exercice du pouvoir en Espagne, en rendant aussi extrêmement difficile la constitution d'un gouvernement stable puisque le parti gagnant (PP) reste très loin de la majorité absolue requise de 176 députés et qu'aucune coalition même théorique entre deux blocs n'atteint non plus une telle majorité. Mariano Rajoy, PP, s'est toutefois engagé à former un " gouvernement stable ".

Les « fueros »

Pendant la Reconquista, de nombreux fueros furent accordés par les rois et seigneurs afin d'attirer une population catholique sur les terres reconquises. Ces fors garantissaient certains privilèges et libertés au peuple. En Navarre, les premiers fors sont rédigés en 1237 et établissent les droits juridiques des habitants du royaume. C'est ensuite le tour de la province d'Álava en 1483, du Guipúzcoa en 1491 et de la Biscaye en 1526. Ces fors sont à l'origine de l'actuelle autonomie politique, administrative et fiscale du Pays basque et de la Navarre. Ainsi, seuls le Pays basque et la Navarre demeurent aujourd'hui encore des " communautés forales ". L'arbre de Guernica, en Biscaye, est le symbole des libertés basques depuis que les rois de Castille y ont prêté serment de respecter les fors basques. Aujourd'hui encore, le lehendakari (président de la communauté autonome basque) vient prêter serment sous l'arbre au moment de sa prise de fonction.

ETA

ETA, ou Euskadi Ta Askatasuna (qui signifie Pays basque et Liberté), naît en 1959, sous la dictature du général Franco. A ses débuts, cette formation a pour objectif la défense de l'identité basque face à l'oppression franquiste. En 1973, l'assassinat de Luis Carrero Blanco, nommé par Franco président du gouvernement, est à l'origine de la scission du mouvement en une branche politique (qui renonce à la lutte armée en 1982) et une branche militaire, qui se radicalise et évolue en organisation terroriste. Malgré la signature du statut d'autonomie basque en 1979, l'ETA poursuit ses attentats, dont le plus meurtrier est commis à Barcelone en 1987, provoquant la mort de 21 personnes dans un supermarché. Les années 1990 ont été marquées par la révélation d'un des plus grands scandales de la décennie, l'affaire du Groupe antiterroriste de libération, GAL, responsable de plusieurs dizaines de meurtres et d'actes de torture sur des membres de l'ETA, dont les liens avec les plus hauts échelons du gouvernement espagnol ont été prouvés. Dans les années 2000, l'ETA est affaibli par la mise hors la loi de Batasuna en 2003 (parti basque indépendantiste de gauche), puis par le renforcement de la collaboration policière entre la France et l'Espagne. Après une trêve avortée en 2006, l'organisation armée basque ETA annonce le 20 octobre 2011 l'arrêt définitif de son activité armée, après plus de 40 ans de lutte pour l'indépendance du Pays basque, qui a fait plus de 800 morts.

Le bombardement de Guernica

C'est l'un des épisodes les plus tragiques de la guerre civile. Le 26 avril 1937, la commune basque de Guernica, qui ne compte pas plus de 7 000 habitants à l'époque, est bombardée par l'aviation allemande sur ordre du général Franco. Le nombre de victimes n'a jamais été établi officiellement, mais on pense qu'environ 1 000 personnes ont trouvé la mort dans cette attaque. Mais c'est surtout la disproportion de l'attaque dans un lieu sans valeur stratégique qui a profondément marqué les esprits. Ainsi, le bombardement de Guernica a longtemps été considéré comme le premier raid de l'histoire de l'aviation militaire moderne sur une population civile sans défense. Cet épisode fut immortalisé par le tableau éponyme de Picasso, réalisé en 1937, et qui contribua à la médiatisation internationale du conflit.

Chronologie

A partir du IIIe millénaire av. J.-C. Les peuples ibères s'installent dans la péninsule.

A partir du IIe millénaire av. J.-C. Arrivée des Phéniciens et des Grecs qui fondent des comptoirs de commerce.

236 av. J.-C. Les Carthaginois, menés par Hamilcar Barca, envahissent la péninsule.

201 av. J.-C. Au terme de deux guerres puniques, les Romains chassent les Carthaginois et entreprennent la conquête de la péninsule. Début du processus de romanisation.

409. Les Barbares pénètrent en Espagne. Les Wisigoths s'emparent du Nord et fondent un royaume qui s'étend peu à peu à toute la péninsule.

711. Début de la conquête musulmane.

718. Première victoire chrétienne à Covadonga.

852. La Navarre s'érige en royaume.

1469. Le mariage d'Isabelle de Castille et de Ferdinand d'Aragon assure l'unification de l'Espagne catholique.

1478. Mise en place de l'Inquisition.

1492. Prise de Grenade et fin de la Reconquête. Découverte de l'Amérique par Christophe Colomb.

1516. Début de la dynastie des Habsbourg avec le couronnement de Charles Quint et début du Siècle d'or.

1609. Expulsion des morisques (musulmans convertis au catholicisme).

1701-1713. Guerre de succession. Le Bourbon Philippe V accède au pouvoir.

2 mai 1808. A Madrid, le peuple se révolte contre l'occupation des troupes napoléoniennes. Début de la guerre d'Indépendance.

1833. Début des guerres carlistes.

1898. Indépendance de Cuba. Fin de l'empire colonial espagnol.

1923. Coup d'Etat du général Primo de Rivera.

1936. Début de la guerre civile.

1939. Victoire des nationalistes et début de la dictature franquiste.

1955. L'Espagne est admise à l'ONU.

1959. Création de l'ETA.

1975. Mort de Franco.

1986. L'Espagne intègre l'Union européenne.

1992. Jeux olympiques à Barcelone, anniversaire des 500 ans de la découverte de l'Amérique et Exposition universelle de Séville.

2002. Mise en circulation de l'euro.

2004. Attentats de Madrid et victoire de Zapatero (PSOE) aux élections législatives.

2008. L'Espagne entre en récession.

2010. Le chômage dépasse la barre symbolique des 20 %.

2011. L'ETA annonce l'arrêt définitif de son activité armée. Mariano Rajoy (PP) remporte les élections législatives.

Juin 2012. L'Espagne obtient de l'Union européenne un plan de sauvetage pour son secteur financier, à travers une ligne de crédit de 40 milliards d'euros.

11 septembre 2012. Manifestation historique lors de la Diada (fête nationale catalane). Dans les rues de Barcelone, 1,5 million de personnes manifestent leur désir d'indépendance.

Juillet 2013. Accident ferroviaire de Saint-Jacques-de-Compostelle. Le bilan définitif fait état de 79 morts et 140 blessés.

19 juin 2014. Felipe VI est proclamé roi d'Espagne par les Cortes Generales après l'abdication du roi Juan Carlos, après trente-neuf ans de règne.

9 novembre 2014. Tenue du vote portant sur l'indépendance de la Catalogne, un vote déclaré nul par le Tribunal constitutionnel, saisi par le gouvernement espagnol.

Mai 2015. Les élections régionales et municipales voient l'irruption de deux nouveaux venus sur la scène politique : Podemos et Ciudadanos.

20 décembre 2015. Élections générales en Espagne. Le PP remporte les élections mais est loin de posséder une majorité absolue. Mariano Rajoy a entrepris toutefois de former un gouvernement " stable ".

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