Le guide : CHEMINS COMPOSTELLE - CAMINO FRANCES : Préparer son pèlerinage

Guide
+LE CAMINO FRANCES
Étape 1 - Saint-Jean-Pied-de-Port / Roncevaux (26 km)Étape 2 - Roncevaux / Larrasoaña (27 km)Étape 3 - Larrasoaña / Pampelune (16,5 km)Étape 4 - Pampelune / Puente de la Reina (24 km)Étape 5 - Puente la Reina / Estella (22 km)Étape 6 - Estella / Los Arcos (22 km)Étape 7 – Los Arcos / Logroño (28 km)Étape 8 - Logroño – Nájera (31 km)Étape 9 - Nájera / Santo Domingo de la Calzada (21 km)Étape 10 - Santo Domingo de la Calzada / Belorado (23 km)Étape 11 - Belorado / San Juan de Ortega (24 km)Étape 12 - San Juan de Ortega / Burgos (27 km)Étape 13 - Burgos / Hontanas (31 km)Étape 14 - Hontanas / Boadilla del Camino (28 km)Étape 15 - Boadilla del Camino / Carrión de los Condes (25 km)Étape 16 - Carrión de los Condes / Terradillos de los Templarios (27 km)Étape 17 - Terradillos de los Templarios / El Burgo Ranero (30 km)Étape 18 - El Burgo Ranero / León (37 km)Étape 19 - León / Villadangos del Paramo (22 km)Étape 20 - Villadangos del Paramo / Astorga (28 km)Étape 21 - Astorga / Rabanal del Camino (20 km)Étape 22 - Rabanal del Camino / Ponferrada (32 km)Étape 23 - Ponferrada / Villafranca del Bierzo (23 km)Étape 24 - Villafranca del Bierzo / O Cebreiro (28 km)Étape 25 – O Cebreiro – Triacastela (21 km)Étape 26 – Triacastela – Sarria (21 km)Étape 27 – Sarria / Portomarin (22,5 km)Étape 28 – Portomarin / Palas de Rei (25 km)Étape 29 – Palais de Rei / Arzua (26 km)Étape 30 – Arzúa / O Pedrouzo (19 km)Étape 31 – O Pedrouzo / Saint-Jacques de Compostelle (20 KM)

Préparer son pèlerinage

Ni trekking, ni voyage organisé, le pèlerinage est une forme de nomadisme très particulière. Si le chemin de Compostelle peut prendre des allures de voie touristique où tout est balisé, les étapes obligées, il n'en demeure pas moins que le pèlerinage reste une aventure humaine et spirituelle où la marche permet à chacun de retrouver sa liberté. Si l'on part pour un mois, on n'oubliera pas de s'inquiéter de toutes les formalités administratives, bancaires, professionnelles en cours et l'on pensera à demander la carte européenne d'assurance maladie. Les téléphones portables, Internet, les nombreux hébergements, les pharmacies de garde ou les supermarchés ont bien amélioré la condition du pèlerin. Pourtant, parfois trop sûr de tout trouver sur le chemin, beaucoup de pèlerins ne se préparent pas suffisamment avant de partir. Voici quelques conseils pour ne pas rebrousser chemin  !

QUAND PARTIR ? Haut de page

Il est possible de réaliser le pèlerinage toute l'année, mais il vous faudra affronter les rigueurs de l'hiver et trouver nombre de portes fermées aux gîtes d'étapes. La solitude sur le chemin peut donc se payer cher, au péril même de sa santé.

La période la plus propice est bien entendu celle courant du mois d'avril au mois d'octobre. Selon les statistiques du bureau des pèlerins de Saint-Jean-Pied-de-Port, les départs les plus nombreux se font début mai et début août. On constate régulièrement un creux de fréquentation en juin et une fréquentation moins importante en juillet. Partir début avril, début juin ou début juillet ne vous assure pas pour autant d'être seul aux étapes, mais vous permettra sans doute d'avoir un choix plus large pour vos hébergements. De nombreux pèlerins, pour des raisons pratiques ou d'agenda, choisissent de partir le samedi ou le dimanche de Saint-Jean-Pied-de-Port. Partir avec un ou deux jours de décalage, un lundi ou un mardi, devrait vous garantir une plus grande disponibilité des hébergements et une relative quiétude sur le chemin.

À PIED, À CHEVAL OU À VELO ? Haut de page

Et il faudrait ajouter " avec un âne ", ce mode de transport des bagages et cet accompagnant étant de plus en plus prisé sur le chemin. Que l'on décide de partir à pied - la marche donnant à notre sens la vraie dimension au pèlerinage -, à cheval ou à vélo, il va de soi que l'on ne cheminera pas de la même manière, notamment lorsqu'il faudra choisir ses étapes.

Les pèlerins à pied représentent 90 % des pèlerins de Compostelle. On compte souvent une vitesse moyenne de 5 km/h pour une marche normale, mais nous avons pu constater que la moyenne réelle sur les étapes du chemin est bien souvent inférieure à cette vitesse, atteignant parfois péniblement les 4 km/h. La marche peut être en effet entravée par des obstacles, des montées parfois rudes et des arrêts nécessaires  ! Pour parcourir les 25 km de distance moyenne quotidienne, on comptera au moins 6h30 de marche et même jusqu'à 8h lors des plus longues journées. Et dire que certains ne parcourent même pas cette distance en une semaine  ! C'est vous dire l'effort considérable et régulier que cela représente pour votre organisme. Pour éviter les grosses chaleurs et trouver les meilleures places au gîte, il est conseillé, tout au long de cet ouvrage, de partir tôt le matin pour arriver le plus tôt possible à l'étape. Cependant, cheminer n'est pas courir et faire le chemin n'est pas suivre un groupe. Prendre son temps fait aussi partie de l'apprentissage du pèlerin. A vous de trouver votre allure.

A chevalHaut de page

Chaque année, plus de 700 personnes effectuent le pèlerinage à cheval. Tout au long du parcours, il existe une multitude d'hébergements qui accueillent volontiers les chevaux au pré, à l'attache. Il sera plus rare de trouver des relais équestres avec boxes et parfois compliqué de dénicher un vétérinaire si votre cheval venait à se blesser. A ce sujet, le chemin n'est pas synonyme de sentier tout du long et de nombreux passages se font sur des routes circulantes. A noter que des formalités vétérinaires et administratives sont à remplir pour franchir la frontière espagnole avec votre cheval. On estime qu'en moyenne un cheval marche au pas à 6 ou 8 km/h. On conseillera donc de conserver les étapes telles que nous les proposons pour les marcheurs, car il faut tenir compte du temps d'entretien de votre monture.

Avec un âneHaut de page

On ne peut parler de mode, mais d'une vogue constatée sur le chemin  : marcher avec un âne pour porter ses bagages. Faire le chemin avec un âne, ce n'est ni aller plus vite, ni aller plus lentement (on a vu certains ânes refuser pourtant de franchir des ponts...), c'est avoir un vrai compagnon dont il faut prendre soin à chaque étape forcément campagnarde (l'âne doit brouter aux champs). Sans charger un âne comme une mule, on peut facilement demander à un âne, très bon porteur, de s'accommoder de tout notre matériel, tente y compris.

Faire le chemin à vélo, ou plutôt à VTT, ne permettra certainement pas de suivre l'itinéraire piéton. Quelles que soient les performances de sa machine ou les qualités de son pilote, on aura bien des difficultés à négocier certaines pentes et des zones caillouteuses. Si un cycliste entraîné peut espérer atteindre les 20 km/h de moyenne, on se contentera de raisonner sur une moyenne de 15 km/h en passant par quelques détours goudronnés. Le vélo permet de faire des étapes soit très rapides (2 heures au lieu de 6 heures 30), soit des étapes plus longues (jusqu'à 90 km par jour). Mais, de l'aveu de certains cyclistes croisés sur le chemin, la vitesse n'est pas un critère valable pour faire un chemin qui se déguste à pas lents, où les chapelles se découvrent au détour d'un chemin boueux... où il faut donner du temps au temps.

S’ÉQUIPERHaut de page

Difficile de faire une liste exhaustive des équipements dont vous aurez besoin. Un seul et efficace conseil, allez dans un magasin type " Le Vieux Campeur " et vous ressortirez équipé au mieux, conseillé par des professionnels de la randonnée. Mais justement, nous direz-vous, il ne s'agit pas de faire une randonnée de quelques jours, mais un pèlerinage au long cours qui pourra durer plus d'un mois. Il faut donc mieux préférer un matériel solide, résistant et adapté, plutôt qu'un matériel " bon marché " que l'on devra changer à grands frais pendant le trajet. En revanche, il n'est pas utile de s'encombrer d'objets dont on peut douter de l'utilité et que l'on pourra trouver sans peine dans les villages traversés. Ainsi, il est aisé de trouver une pharmacie, une poste ou une supérette sur le chemin.

Les chaussuresHaut de page

Tout au long de ce périple, vos pieds peuvent devenir le centre névralgique de votre corps et vous faire endurer mille souffrances, poussant de nombreux pèlerins à l'abandon pur et simple. Depuis qu'il s'est sédentarisé, l'homme a oublié de marcher régulièrement et les chaussures sont plus devenues un accessoire de mode qu'un objet utilitaire. Le choix d'une bonne paire de chaussures est, pour ce pèlerinage, l'un des points les plus importants.

Première remarque  : le pèlerinage n'est pas un trekking au Népal et il n'est jamais besoin de se " surchausser " avec des chaussures de randonnée en montagne, dont le poids excessif n'est pas adapté à la marche " sur la durée ".

La forme montante de la chaussure offre un meilleur maintien de la cheville, mais à part quelques ornières votre cheville ne devrait pas trop être mise à mal. A vous de juger si vous vous sentez mieux dans des chaussures basses ou hautes, mais évitez aussi les " baskets " qui ne tiendront pas le choc sur la longueur et face aux intempéries.

De bonnes chaussures de trail - n'hésitez pas à mettre le prix d'une marque de qualité, dans des matériaux techniques comme le Gore-Tex® - feront l'affaire. De plus en plus de boutiques vous proposent une étude de votre pied pour faire de votre chaussure une véritable pantoufle. Cependant, pensez que pendant la marche vous allez prendre une demi-pointure, voire une pointure entière  ! On voit combien il est compliqué de bien choisir une chaussure idéale pour un périple mal connu de vendeurs qui confondent randonnée et pèlerinage.

Enfin, il est nécessaire de prendre soin de ses chaussures tout au long du chemin. C'est-à-dire que l'on peut les brosser régulièrement, laver les projections, les faire sécher correctement et les inspecter régulièrement afin de détecter les défaillances (le plus souvent décollement de semelle) avant qu'elles ne se produisent en plein milieu d'une étape !

Les chaussettesHaut de page

Elles font la paire avec les chaussures et sont indispensables à la bonne hygiène de votre pied. Sauf si vous comptez faire le pèlerinage en plein hiver, des chaussettes en laine ne seront pas nécessaires. De même, on évitera soigneusement les chaussettes de sport en coton. Il existe aujourd'hui d'excellentes chaussettes " techniques " respirantes, séchant rapidement et surtout avec des coutures " plates " évitant les blessures du pied. En prendre plusieurs paires du même modèle pour ne pas changer l'allure de votre pied. Pour en finir avec la rubrique des pieds, on peut également conseiller d'emporter une autre paire de chaussures (chaussons, sandales) pour la soirée et une paire de guêtres qui se révélera très utile en cas de mauvais temps.

Le sac à dosHaut de page

Le poids est l'ennemi du pèlerin heureux  ! Lors de votre pèlerinage, à moins de choisir des solutions de portage, le sac à dos contiendra ce poids. Autant dire que le choix du sac à dos est crucial pour une bonne marche jusqu'à Santiago. Il est couramment admis que l'on peut porter sans trop faire souffrir son organisme environ un dixième de son poids. Soit pour un homme environ 10 kg de charge et un peu moins pour une femme. Il est fréquent sur le chemin de rencontrer des pèlerins partis avec une surcharge importante (un sac rempli à plus de 15 kg) qui s'arrêtent aux premiers bureaux de poste pour renvoyer chez eux l'excédent inutile  ! Nous vous recommandons un sac à dos d'une capacité de 40 litres (budget  : à partir de 100 €).

Chaque individu ayant une morphologie unique, il serait idéal de pouvoir essayer les sacs à dos lestés. En effet, le sac bien rempli doit parfaitement s'ajuster à votre dos, ce qu'il est impossible de juger à vide. On n'hésitera donc pas à demander de remplir le sac de poids factices afin de l'essayer correctement, toutes courroies desserrées. Ensuite, on resserre d'abord les bretelles, puis les sangles dorsales et enfin les sangles abdominales. Vous ne devez plus faire qu'un avec celui qui deviendra un de vos plus fidèles compagnons de chemin  !

Autre temps de réflexion qu'il vaut mieux s'accorder avant de partir  : comment vais-je remplir mon sac à dos  ? De la méthode avant tout, car du bon rangement d'un sac à dos peut dépendre la sérénité du pèlerin. Les objets les plus lourds et les moins usités devront se trouver au fond du sac. Au fur et à mesure que l'on monte vers le haut du sac, on devrait trouver les affaires susceptibles d'être utiles dans la journée (comme les affaires pour la pluie en cas de ciel menaçant). Les nombreuses poches d'un sac à dos sont à la fois très pratiques pour ranger ses papiers, son argent, la trousse de premier secours, les cartes, gourdes et autre papier hygiénique, mais elles se montrent parfois hostiles, réclamant d'être toutes ouvertes avant de découvrir leur contenu tant désiré... Pour ses papiers d'identité et son argent, on peut choisir de porter une " ceinture banane " séparée du sac à dos. Cela permettra de surveiller, même la nuit en dortoir, ses affaires indispensables à la poursuite du chemin.

Pour dormirHaut de page

Selon le mode d'hébergement que vous aurez choisi, le toit, le lit, les draps et les couvertures seront fournis... ou pas.

Si vous avez choisi le bivouac ou le camping comme mode d'hébergement, rendez-vous à notre rubrique " Camping " du chapitre consacré aux hébergements.

Si vous avez choisi les gîtes d'étape et les refuges, il est indispensable de prévoir dans votre sac à dos un tapis de sol et un sac de couchage, efficaces et légers.

Les vêtements et accessoiresHaut de page

Selon l'itinéraire choisi - Camino Francés ou Camino del Norte -, les conditions atmosphériques estivales ne sont pas toujours de saison  ! Froid, pluies, orages succédant à de grosses chaleurs peuvent se rencontrer sur le chemin, principalement sur la côte Nord. Il faut donc tout prévoir et, là encore, les matériaux modernes comme le Gore-Tex® font merveille.

Que mettre dans son sac à dos ?

Des vêtements respirants et qui sèchent vite, à adapter selon la saison de votre pèlerinage (une polaire ne sera jamais de trop, même en été). Au minimum, comptez une tenue de marche, une tenue pour le soir et un pyjama. De manière générale, évitez le coton et choisissez des vêtements en fibre synthétique.

Des sandales confortables et légères pour le soir et les moments de détente.

Un sac de couchage. Selon le mode d'hébergement que vous aurez choisi, les draps et les couvertures seront fournis... ou pas. Si vous avez choisi les gîtes d'étape et les auberges, il est indispensable de prévoir un sac de couchage.

Un kit " soleil " : lunettes, chapeau et crème solaire.

Un vêtement coupe-pluie et un sac étanche pour votre sac à dos.

Un kit " hygiène " composé d'une serviette de bain légère, un savon (qui sert à la fois pour se laver et pour nettoyer le linge sale), deux ou trois pinces à linge pour faire sécher ses affaires.

Un kit " santé " avec des pansements pour les pieds et des boules Quies pour dormir malgré les ronflements de vos voisins de dortoir !

Un kit " administratif " : carte bancaire, carte d'identité, carte européenne d'assurance maladie.

L'indispensable gourde, du papier toilette, et éventuellement un couteau suisse avec tire-bouchon, un gobelet, un appareil photo compact, etc.

Impensable de partir sur le chemin sans au moins une carte de l'Institut géographique national d'Espagne, qui édite des cartes du pèlerinage dans la rubrique " Séries Cartographiques " (site disponible en français).

Renseignements sur www.ign.es

L’HÉBERGEMENTHaut de page

Là encore, on est bien loin du pèlerinage d'autrefois, quand le pauvre jacquet ne pouvait qu'espérer l'hospitalité et la charité sur le chemin pour passer une nuit à l'abri des dangers. Sans doute le seul moyen de retrouver un peu de cette façon de vivre est-elle aujourd'hui de choisir comme hébergement une tente de camping et d'espérer trouver un coin où planter sa toile pour la nuit, mais il est aujourd'hui impossible de partir sans un sou vaillant en poche et croire que l'on va tous les soirs avoir sa tête sous un toit  ! Commençons par une simple recommandation  : prévoir suffisamment d'argent liquide pour payer son hébergement du soir, car beaucoup refusent la Carte Bleue et les chèques.

Les accueils et hébergements chrétiensHaut de page

Partons d'un principe simple : les accueils chrétiens largement répandus le long du chemin sont ouverts à tous, mais ils ne sont pas gratuits, contrairement à une fausse idée à laquelle voudraient croire certains pèlerins. Ils ne sont pas gratuits, parce qu'il est toujours demandé une participation (donativo), au moins libre, aux frais de fonctionnement (et c'est normal). Ils ne sont pas gratuits parce qu'il est demandé un échange, une démarche spirituelle sincère. Pas besoin de savoir ses prières pour être accueilli, mais il est nécessaire de respecter ceux qui nous accueillent (tenue, silence...), et de partager cette même envie d'avancer sur un chemin chrétien. Associations ou communautés religieuses, les accueils et hébergements chrétiens donnent une autre dimension au pèlerinage vers Compostelle.

Budget  : souvent, chacun donne selon ses possibilités, mais pour un hébergement en demi-pension, il nous paraît juste pour un pèlerin aux revenus moyens de donner au moins 10 €.

Les campingsHaut de page

Attention, si vous choisissez l'option " tente sur le dos ", vous allez devoir porter un surpoids variant entre 1,5 kg pour les tentes 2 personnes les plus légères et 7,5 kg pour une tente " solide et confortable ". Si l'on ajoute le tapis de sol, les gamelles nécessaires à faire la tambouille du soir et autre matériel de campeur, on peut vite arriver à une petite dizaine de kilos en supplément  ! Au bout du chemin, cela compte énormément et c'est pourquoi les vrais campeurs sont si rares.

Le camping moderne, ce n'est plus seulement planter une tente, mais c'est aussi louer des mobil-homes très confortables ou des bungalows toilés. L'avantage, c'est que ces campings disposent de tous les équipements (payants ou pas) nécessaires pour faire une lessive, se nourrir ou se relaxer au bord d'une piscine bien fraîche. Cependant, ils sont assez rares le long du pèlerinage, et la plupart du temps, le camping consiste plutôt à planter sa tente dans le jardin d'une auberge municipale...

Enfin, dernière façon de camper, le camping-car se répand sur le chemin. Bien entendu, ce n'est pas le pèlerin qui conduit, mais une personne qui le suit et l'attend à la fin de l'étape. Cette façon de cheminer, permettant de retrouver un proche chaque soir dans un foyer ambulant, est une variante moderne du pèlerinage.

Budget : compter environ entre 5 € et 10 €/nuitée pour un emplacement et une personne. Attention, les locations en saison sont souvent réservées à la semaine, il est donc prudent de se renseigner sur les disponibilités.

Les chambres d’hôtes (Hostal, pensión, fonda, etc.)Haut de page

La chambre d'hôtes est une chambre équipée chez l'habitant, en milieu rural ou urbain, en vue d'accueillir des touristes et offrir des nuitées comprenant la plupart du temps le petit déjeuner. Les chambres d'hôtes sont souvent situées dans des demeures de charme, dans des maisons de caractère et permettent de partager le quotidien des propriétaires. La plupart proposent des tables d'hôtes ou sont situées à proximité de restaurants. A noter que l'on peut également vous préparer des paniers repas pour le lendemain à partir de 5 €. C'est aussi la formule idéale pour les couples qui veulent se réserver une part d'intimité. Il est fortement conseillé de réserver, notamment en haute saison.

Budget : les prix sont très variables en fonction du lieu et des prestations de l'établissement, mais il faut généralement compter entre 30 € et 70 € pour deux personnes.

Albergue de peregrinos (auberge de pèlerins)Haut de page

Il s'agit de l'hébergement traditionnel du pèlerin en Espagne, équivalent du gîte d'étape français. Il s'agit d'auberges conçues pour l'accueil de pèlerins, souvent une simple nuitée, avec une pièce de séjour, un coin cuisine à la disposition des hôtes, des dortoirs et des sanitaires. Il existe des auberges municipales, gérées par la commune ou la région, et des auberges privées, souvent beaucoup plus confortables que les auberges municipales. Certaines proposent en supplément une demi-pension avec le dîner autour d'une grande table conviviale.

Budget : c'est une formule économique que l'on peut retrouver tout au long du chemin. Pour une nuitée, comptez environ 5 € dans une auberge municipale et environ 8-10 € dans une auberge privée.

Les hôtels et hôtels-restaurantsHaut de page

Ne pas perdre de vue que les étapes du chemin empruntent parfois des routes de négoce et des périphéries où ont fleuri ces dernières années des hôtels dits " bon marché ". Hôtel ne signifie donc pas forcément tarifs prohibitifs pour le pèlerin. Il existe même des hôtels qui proposent des conditions particulières aux pèlerins avec une formule " tout compris " (dîner, nuitée et petit déjeuner) à un tarif spécial. Tout comme pour les chambres d'hôtes, le fractionnement de la voie en tronçons effectués sur plusieurs années peut permettre au pèlerin le luxe d'une halte plus confortable. Réservation conseillée.

Budget : on trouve des chambres à partir de 40 €/nuit pour 2 personnes et des demi-pensions à partir de 30 €/pers. Mais le plus souvent, pour une hôtellerie de qualité supérieure, il faudra compter le double pour la chambre.

LA SANTÉHaut de page

Par le Docteur Jean-Gaël Renard

Ça y est  ! Je pars  ! Je pars sur le chemin  !... Sur les pas de saint Jacques. Préparé  ? Oui, surtout les bagages, le poids en atteste... Mais avez-vous pensé aux problèmes de santé que vous pourriez rencontrer  ? Voyons ensemble si vous avez pensé à tout. Et chemin faisant (c'est le cas de le dire  !), nous vous donnerons des tuyaux pour prévenir nombre de déconvenues que ce long voyage pédestre pourrait vous réserver et qui pourraient gâcher votre périple.

Dites-vous que vous allez traverser une bonne partie de l'Espagne à pied. Ce n'est pas une mince entreprise, enfin, sauf si vous ne faites que quelques étapes ponctuelles. Vous êtes sportif ? Formidable, votre condition physique est certainement très bonne. Il faudra juste adapter vos capacités aux conditions particulières du sentier. Vous avez fait du sport jadis ? Alors dites-vous que vous ne devez pas compter sur ce lointain passé pour vous faire trotter plus vite aujourd'hui. Le corps doit être entraîné régulièrement pour donner le meilleur de son activité. Et là, c'est une épreuve unique, que vous allez affronter, qui va vous changer physiquement, psychologiquement, voire spirituellement.

Autant dire que vous devrez vous entraîner des semaines avant de prendre le départ. Deux mois constituent un minimum, à raison d'au moins 1 heure trois fois par semaine.

Et la première des précautions que vous allez découvrir est d'absorber suffisamment d'énergie pour cette marche prolongée. Absorber de la nourriture adaptée, riche en sucres lents (pain au levain, pâtes, riz, pommes de terre), en vitamines, dès le matin, est indispensable. Faire un repas complet le matin avant le départ est encore mieux. Une boisson riche en minéraux, type " sportif " est indiquée chemin faisant.

Enfin, n'oubliez pas les boules Quiès, très utiles pour dormir malgré les ronflements dans les dortoirs d'étape.

Pensons avant tout aux coups de soleil, surtout sur les épaules dénudées (car vous n'oubliez pas le chapeau, en général), qu'il y ait ou non du soleil apparent. Les indices les plus forts sont recommandés. Vous n'êtes pas à l'abri de morsure de tique, ou piqûre de guêpes et de moustiques. Prévoyez un répulsif genre " Cinq sur cinq tropic " et une crème calmante.

Les piedsHaut de page

Vous avez déjà pensé aux chaussures. Mais vous ne savez pas trop lesquelles prendre  ? Nous vous conseillons des chaussures de trekking basses, avec éventuellement des guêtres pour les protéger de la pluie. Sachez qu'en marchant 30 km par jour, vous allez prendre une demi-pointure voire une pointure de chaussure ! Alors ne prenez pas la taille la plus petite, mais il faut aussi qu'elles soient bien ajustées le matin au démarrage. Alors des chaussures qui peuvent se serrer et s'adapter au pied du matin, pied du midi et se desserrer pour le pied du soir feront l'affaire. Vous devez bien sûr les user avant de partir sur le chemin de Compostelle, de sorte qu'elles soient déjà faites à vos pieds. Les chaussettes ? Un excellent conseil est de les mettre à l'envers afin que les coutures ne vous blessent pas. La moindre blessure va prendre des proportions insoupçonnées si vous n'y prenez garde. Vous pouvez mettre une chaussette-bas et une autre chaussette par-dessus. Une crème antifrottement type NOK vous rendra des services énormes, à condition d'en mettre suffisamment, sur le pied, voire par-dessus la première chaussette. Vous pouvez aussi prévenir les ampoules en tannant la peau du pied avant le départ, avec du jus de citron en application locale, deux trois fois par jour sur les zones à ampoule pendant une quinzaine de jours. Et surtout n'attendez pas d'être arrivé à l'étape pour soigner une douleur d'ampoule débutante. Vous le regretterez vite. N'oubliez pas les petits ustensiles qui protègent les cors de pressions excessives, ils risquent de devenir vos amis précieux  ! A noter qu'un pied sec résiste mieux aux ampoules qu'un pied humide qui ramollit la peau  ; alors n'hésitez pas à aérer vos pieds lors des pauses  ! Vous les surveillerez de près et ils vous seront fidèles jusqu'à Compostelle.

Les problèmes de digestionHaut de page

Passons à l'étage intestinal. Vous risquez, chemin faisant, d'être confronté à plusieurs types de problèmes intestinaux. Que ce soit la constipation des voyages (qui peut bénéficier de l'ignatia en 5 CH), ou bien au contraire la diarrhée, qui pourrait vous gâcher le cheminement, n'oubliez pas d'emporter avec vous de quoi contrôler votre digestion. Vous verrez qu'il n'est pas toujours facile de trouver un coin tranquille pour se soulager d'une turbulence intestinale  !

Les muscles et articulationsHaut de page

Les tendons, les ligaments vont aussi être mis à rude épreuve. Vous pouvez prévenir des tendinites, des périostites (sur le devant du tibia) en prenant par exemple de l'arnica en dilution homéopathique, 7 CH, du Rhus tox. 7 CH ou encore du Ruta graveolens 7 CH, une fois par jour en prévention et deux trois fois par jour en curatif. Massages avec l'huile essentielle de Gaultheria procumbens + Menthe (diluée au 1/10 avec HV de Macadamia) sur les zones douloureuses, le soir, en priorité les zones prétibiales. Si vous avez des crampes, il se peut que vous n'ayez pas bu assez ou que vous manquiez de potassium, magnésium. Des détours de sentiers boueux, glissants et vous voilà par terre, la cheville foulée, ne soupçonnant pas comment vous allez faire pour rentrer sans assistance. Il vaudra mieux avoir de quoi vous bander une cheville, avec une bande cohésive type Cohéban, quelques compresses stériles, et d'autres alcoolisées pour nettoyer une plaie éventuelle, des pansements basiques ou hydrocolloïdes qui font seconde peau sur les ampoules, type Comfeel ovale ou Comfeel plus contour. Et puisque nous parlons chute et blessure, n'oubliez pas de mettre à jour votre vaccination antitétanique avant de partir...

La circulation sanguineHaut de page

Si vous avez des troubles circulatoires, de l'insuffisance veineuse, il est judicieux de porter des bas de contention, même si ce n'est pas très confortable. Vous pouvez aussi prendre du mélilot et de la vigne rouge dans cette indication.

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