Le guide : TOURISME FLUVIAL : Louer son bateau

Guide

Louer son bateau

Quel modèle louer ?Haut de page

Lorsque vous louez un house-boat ou un croiseur, renseignez-vous sur les modèles proposés, leurs caractéristiques, leurs tarifs. Les loueurs ont généralement un catalogue à vous fournir pour vous aider à faire votre choix. Les critères de sélection sont " l'espace de vie ", rapport entre le volume utile et le nombre de passagers, la variété des équipements et quelques éléments-tests dont l'espace couchette, les sanitaires. La plupart des grands loueurs sont aussi des constructeurs : Nicol's, Connoisseur, Locaboat (Pénichette), Crown Blue Line, Rive de France (Eau Claire, Rive)...

La longueurHaut de page

Quelle longueur choisir ? C'est bien sûr une question de budget, mais il faut plutôt voir plus large pour prendre ses aises et bénéficier d'un confort accru. Pour quelques dizaines d'euros d'écart, le séjour peut changer du tout au tout selon que vous aurez des cabines bien séparées, éventuellement une de plus, non occupée, pour s'isoler  ; de la place sur le pont  ; la dispense de devoir tout replier et déplier le matin (lits, tables, tablettes) pour vivre la journée (et vice-versa le soir). Quant au maniement, certes, c'est un peu plus délicat de faire passer un bateau de 15 m à l'entrée d'une écluse qu'un autre de 9 m, mais il s'agit en fait, à peu près, des mêmes difficultés que l'on finit toujours par surmonter.

Astuce : la longueur du bateau que vous allez louer est souvent identifiable dans son nom. Devinez, par exemple, quelle est la longueur du Riviera 920 ? 9,20 m, bien sûr !

« Croiseur » ou « Housboat » ?Haut de page

Deux grands types de bateaux : le house-boat, ou housbot, se caractérise par un plain-pied et un avant arrondi, avec comme conséquence immédiate une bonne visibilité et l'accessibilité par l'avant (pratique aussi pour sauter à terre pour l'équipier avant) comme par l'arrière  ; le croiseur ressemble davantage à un bateau de mer, avec une forme plus profilée, un avant pointu et un poste de pilotage surélevé. Vous trouverez ci-dessous un descriptif des bateaux les plus courants, étant précisé que les modèles sont en perpétuelle évolution et que les constructeurs font actuellement beaucoup d'efforts pour proposer un confort toujours amélioré. Il est évident que la longueur du bateau conditionne les possibilités d'aménagement, mais il peut être préférable d'être quatre dans un bateau de 9,30 m, plutôt que six dans un bateau de 12 m, même si ce dernier bénéficie d'un confort légèrement supérieur. Si le croiseur fait plus pro et séduit davantage le client attentif au " look ", le house-boat est davantage prisé des utilisateurs réguliers, qui apprécient son adaptabilité à la navigation fluviale et sa simplicité. Avec sa grande surface vitrée, son accès pratique par l'avant comme par l'arrière, c'est, par excellence, le bateau de rivière facile à vivre. Le croiseur apporte sa ligne, souvent une qualité d'équipements haut de gamme et un confort de yacht. Petit inconvénient d'un " cruiser " par rapport à une embarcation " de plain-pied " : si l'esthétique - et souvent le confort - sont supérieurs, en revanche, les escaliers ont un petit désavantage que l'on mesure sur la durée. On s'aperçoit bien vite que, pour des raisons d'agrément comme de nécessité, on circule beaucoup sur un bateau, et que l'on passe donc de très nombreuses fois de l'avant à l'arrière. Cette petite dizaine de marches, que l'on franchit sans déplaisir les vingt premières fois, est cependant une source de fatigue rapide au fur et à mesure des journées qui passent. De fait, on restreint ses déplacements dans le bateau.

L’inscription de votre bateauHaut de page

Les bateaux de plaisance de plus de 5 m de long, ou dotés de moteurs d'une puissance égale ou supérieure à 4,5 kW (6CV), destinés à naviguer exclusivement sur les voies et plans d'eau intérieurs doivent faire l'objet d'un enregistrement administration (inscription ou immatriculation) en fonction de leur déplacement lège. Deux procédures existent, différentes selon le déplacement lège du bateau :

Bateaux de plaisance de moins de 10 m3 de déplacement lège. Inscription auprès d'un service de navigation.

Bateaux de plus de 10 m3 de déplacement lège. Immatriculation par les commissions de surveillance dotées d'un bureau d'immatriculation, et enregistrement au greffe du tribunal de commerce du lieu d'immatriculation.

Un certificat international de bateau de plaisance (CIBP) est délivré à tous les bateaux ayant une longueur inférieure à 15 m. Le CIBP précise le numéro d'inscription ou d'immatriculation et vaut titre de navigation pour circuler à l'étranger sans autre formalité. Un permis de navigation (certificat de bateau) est délivré aux bateaux de plaisance de plus de 15 m. Les bateaux inscrits ou immatriculés se voient délivrer un numéro, précédé des lettres du service navigation du lieu d'enregistrement. Ce numéro doit être porté directement sur la coque, soit sur une plaque fixée sur la coque.

Il y a des bureaux d'inscription pour les bateaux de navigation de plaisance, généralement situé directement dans les ports de plaisance, à Bordeaux, Lille, Lyon, Nancy, Nantes, Nevers, Paris, Rouen, Strasbourg et Toulouse.

Le guide de la location de A à ZHaut de page
Aller simpleHaut de page

La plupart des compagnies proposent en option l'aller simple, en ajoutant si besoin le transfert de votre véhicule jusqu'à l'arrivée. Bien se faire préciser les prix de chaque option : le supplément aller simple, inclus éventuellement si vous n'avez pas choisi l'option transfert, ou le rapatriement du chauffeur jusqu'à la base de départ. Et les conditions : certains loueurs n'autorisent l'aller simple qu'à partir d'une semaine de location.

Selon les compagnies, un supplément peut être exigé pour votre animal de compagnie. Les tarifs sont variables et dépendent parfois de la taille de la bête.

CapacitéHaut de page

Selon le modèle choisi, le confort varie considérablement, modifiant sensiblement les conditions de vie à bord. Suivez bien les indications du constructeur : si le bateau est prévu pour six, c'est que six couchages sont présents, pas que la cohabitation de six personnes est idéale. Si vous le pouvez, prévoyez un bateau qui puisse accueillir deux personnes de plus que n'en compte réellement votre groupe : cela vous procurera un peu plus d'espace et de facilité, ce qui n'est pas négligeable lorsque l'on doit, par mauvais temps par exemple, rester confiné à bord.

CarburantHaut de page

La plupart des bateaux de location de plaisance fluviale fonctionnent au fuel. Si l'eau et le gaz sont généralement inclus dans le prix global de la location, le carburant est à votre charge. Le plein de carburant est fait à votre départ. Vous disposez alors de quatre à sept jours d'autonomie. Les haltes nautiques sont de plus en plus souvent pourvues en carburant. Il n'y a donc, comme pour une voiture, qu'à surveiller la jauge de temps en temps. L'odeur de fuel, variable selon les embarcations, peut être un peu désagréable les premiers jours, mais on s'habitue rapidement.

Caution ménageHaut de page

Les locataires doivent rendre le bateau dans l'état de propreté dans lequel ils l'ont trouvé. La vie à plusieurs à bord durant quelques jours nécessitera un grand ménage minutieux à l'arrivée. La plupart des loueurs exigent une " caution ménage ", variable en fonction de la taille du bateau et qui n'est restituée qu'après inspection du bateau au retour.

Centre du bateauHaut de page

Le centre de rotation du bateau se situe à l'avant, au centre. C'est donc l'arrière du bateau que vous faites pivoter en tournant la barre.

Les chocs sont rares. Vue la faible vitesse de l'engin, les collisions sont sans grande conséquence. En revanche, pour le néophyte compte tenu du poids des embarcations et de leur peu de maniabilité, ces petits chocs additionnés peuvent parfois engendrer un peu de casse. Lorsqu'il s'agit uniquement des pare-battages, ce n'est pas grave : les bouées se dégonflent, mais il y en a en général tout autour du bateau. Lorsque la coque est atteinte, le dommage peut être important même à petite vitesse. L'assurance et une franchise éventuelle y pourvoient. Mais la casse est rare, même pour les débutants.

ChômageHaut de page

Pour des raisons économiques ou lors de leur remise en état des voies navigables, les voies d'eau sont fermées à la navigation pour une période dite de chômage (la plupart du temps en novembre et décembre). Il est préférable avant de partir de vérifier les secteurs concernés par les chômages sur les " Avis à la batellerie " affichés aux écluses. Le Ministère des Transports publie chaque année, au mois de mars, les chômages annuels d'entretien. La présentation des chômages par mois et les fiches techniques des travaux en cours sur chaque voie sont également disponibles sur le site Internet des Voies Navigables de France : www.vnf.fr

CirculationHaut de page

Il convient de circuler le plus possible au milieu du canal afin d'éviter que l'hélice enroule quelques herbes longues des berges. En cas de rencontre avec un bateau venant en sens inverse, on reprend sa droite pour croiser droite/droite, sauf indication spécifique.

Bon à savoir

Les Labels

Le Pavillon Bleu valorise un port dont les efforts touristiques et environnementaux sont exemplaires, renouvelé (ou pas !) chaque année.

Le Label " Tourisme et Handicap " garantit un accueil adapté aux personnes en situation de handicap. Le ministère délégué au tourisme a confié à l'association " Tourisme et Handicaps " la mission d'aider à sa mise en place.

Pannes, urgences

En cas de panne ou de problème, appelez les numéros de proximité (capitainerie, mairie...). On vous y renseignera concrètement. En cas d'extrême urgence :

Pompiers - Incendies, accidents et urgences médicales : 18

Police secours ou gendarmerie : 17

SOS Médecins 24h/24 : 3624

Centre Anti-poison (de Lille, celui de Paris est constamment saturé) : 0825 812 822

Wifi

Les points wifi (hot spots) du monde entier sont disponibles sur le site www. jiwire.com (en anglais.) Des applications pour Smartphone y sont téléchargeables. Vous pouvez également vous renseigner auprès des offices de tourisme des ports. Il y a généralement des lieux gratuits dans les communes (bibliothèques, mairie, cyber bases...).

Coche de plaisanceHaut de page

Difficile de trouver un nom générique usuel pour désigner les bateaux de location. Pour trouver un équivalent français au " house-boat ", les instances touristiques se sont penchées sur la question avant de nous ressusciter le vieux et sympathique terme de coche d'eau, fort précis et bien adapté puisque, rappelons-le, le coche, qu'il soit terrestre ou fluvial, désigne tout type de transport collectif de voyageurs et/ou de marchandises. L'expression " rater le coche " en découle. En revanche, l'utilisation courante, au XXe siècle, du vocable " coche " (" sale coche ", " tu vas voir ma coche ", ou encore Folcoche, la méchante mère popularisée par Hervé Bazin, donne une résonance péjorative à un emploi pourtant fort adéquat, mais un tantinet snob. D'autres spécialistes préconisent l'usage de housbot (que l'on prononcera " houssebaute " et non " ouzbeau " ou " haouss-bôte "), version francisée du house-boat.

Code fluvialHaut de page

Naviguer à droite, respecter les limitations, éviter les accidents et ne pas gêner la circulation, voilà les points les plus importants du code défini par le règlement de navigation intérieure.

Contrat de locationHaut de page

Il précise le cadre de la location : conditions d'annulation, réservation, caution, responsabilités, assistance technique.

Ils ne sont généralement pas fournis et font l'objet, si vous les demandez, d'une facturation supplémentaire en option (de 4 à 8 euros la paire, par personne et par semaine).

On vous le précisera à la prise en main, mais sachez que l'eau du robinet à bord n'est pas potable. On l'utilise pour la toilette, la vaisselle, mais pas pour le café ou la consommation directe. D'ailleurs son goût vous rappelle éventuellement à l'ordre ! Il faut faire vos provisions d'eau minérale avant de partir. Comptez une bouteille par jour et par personne au minimum. L'eau du réservoir doit être renouvelée assez souvent, généralement tous les 3 jours.  Vous disposez de points d'eau dans chaque halte, à quelques rares exception près.

Ce n'est pas parce que vous êtes dans une écluse et que l'éclusier est sympa qu'il faut absolument lui acheter un colifichet ou un jambon. On ne peut qu'apprécier cette animation régulière et cette possibilité de ravitaillement, mais à raison d'une dizaine d'écluses par jour, le séjour deviendrait vite ruineux. Cela dit, on trouve parfois chez certains éclusiers-artisans de bien jolies choses. Dans le même registre, il y a souvent une buvette à côté de l'écluse. Même pour le folklore et la convivialité, ne cédez pas systématiquement à la tentation d'en " écluser " un à chaque fois !

Les horaires des écluses conditionnent votre planning de navigation. Il faut donc connaître, ceux en vigueur. Ils sont généralement indiqués sur le livre de navigation qui vous a été remis au départ, mais mieux vaut se le faire confirmer sur le parcours, dès la première écluse rencontrée. Sachez que les éclusiers font généralement une pause au moment du déjeuner. Enfin, le soir, vous devez vous présenter impérativement 1/4 d'heure avant le dernier passage. Celle-ci dépend principalement de la tombée de la nuit : de 17h30 l'hiver à 19h30 l'été, par tranche de demi-heures successives. Avec les écluses automatiques, pas de problème d'horaires ! L'étude de la position des écluses et celle du kilométrage d'une écluse à l'autre en fonction de la vitesse autorisée, doit vous permettre de programmer vos haltes, et organiser votre parcours.

Les horaires courants sont les suivants : 7h à 17h30 du 1er décembre au 31 janvier  ; 7h à 18h du 1er octobre au 31 novembre et du 1er février au 28 février (ou 29)   ; 7h à 19h du 1er mars au 31 mars ; 6h30 à 19h30 du 1er avril au 30 septembre. Les écluses ne fonctionnent pas le dimanche de Pâques, le 1er mai, le 14 juillet, le 11 novembre et le jour de Noël.

Vous ne serez pas forcément seul dans l'écluse. Garez-vous en suivant les instructions de l'éclusier, afin de rationaliser le parking. Durant la saison touristique, vous devrez parfois attendre plusieurs éclusages avant votre tour. Le passage d'une écluse est toujours un peu impressionnant dans les premières secondes de descente ou de montée. Il est d'usage de laisser la priorité aux plus gros bateaux, moins faciles à manoeuvrer, pour entrer et sortir. Avec vos équipiers (voire manoeuvres) armés des gaffes, l'écluse n'a aucune raison de vous effrayer, au contraire c'est un moment distrayant, donnant l'occasion d'échanger quelques points de vue avec les autres plaisanciers.

En règle générale, lorsqu'il n'y a personne aux abords de l'écluse, celle-ci est préparée pour accueillir les bateaux montants, c'est-à-dire circulant d'aval en amont, le niveau d'eau étant au plus bas. Si vous êtes un bateau avalant, c'est-à-dire circulant d'amont en aval, l'éclusier devra préalablement remplir le sas d'eau pour qu'elle soit à votre niveau avant de vous permettre d'entrer.

Écluse automatiqueHaut de page

Elle est généralement signalée par un triangle rectangle isocèle, juste avant l'écluse. Dans l'angle droit, un feu qui peut être rouge, au-dessus un autre feu rouge, à droite un feu vert. Deux feux rouges superposés signifient que la navigation est interrompue (écluse hors service)   ; un feu rouge isolé signifie que l'accès est interdit (écluse fermée)   ; un feu rouge et un feu vert signifient que l'accès est momentanément interdit (écluse en préparation)   ; un feu vert isolé autorise l'accès autorisé  ; un feu orange clignotant (sur une petite languette sous le triangle) avertit que les portes sont en mouvement. Les mécanismes les plus couramment utilisés sont :

La commande électronique. On vous remet une télécommande avant de partir et il suffit de " biper " environ 200 m avant l'écluse pour la voir s'ouvrir. C'est pratique et cela fait gagner du temps (environ 10 min pour un franchissement).

Par boîtier à terre. Pour franchir l'écluse, un équipier débarque au niveau du boîtier qui se trouve sur la berge (entre 50 et 100 m de l'écluse). Ce boîtier ressemble à un digicode. Vous composez le code qui figure sur votre livre de navigation et vous pouvez entrer une fois que le feu vert vous y autorise. Une fois dans l'écluse, votre équipier doit appuyer sur le bouton vert (lorsque celui-ci est allumé) du pupitre de commande pour déclencher la manoeuvre d'éclusage. Attention, l'équipier doit rester près de ce tableau de commande pour parer à toute éventualité, même si tout se passe a priori automatiquement. En cas de problème ou d'anomalie de fonctionnement, il dispose d'un bouton de sécurité rouge grâce auquel il peut bloquer toutes les manoeuvres. Depuis le bateau, un interphone permet d'entrer en communication avec le poste de contrôle. A la fin de l'éclusage, lorsque votre bateau est au niveau souhaité, la porte d'accès s'ouvre également automatiquement et vous pouvez sortir, votre équipier peut alors vous rejoindre.

L'écluse, de Freycinet aux grands gabarits

Au fur et à mesure de l'évolution de la navigation et de la prolifération des écluses, la nécessité d'un calibrage et d'un modèle qui pourrait servir sur tous les canaux s'est fait jour. Ainsi est née au XIXe siècle l'écluse Freycinet, du nom de son inventeur. Une écluse Freycinet mesure 39 m de long d'une porte à l'autre pour 5,20 m de large. Ce calibrage a évidemment eu des répercussions sur les tailles des bateaux, et c'est ainsi que les péniches (vous aurez remarqué, lorsqu'elles sont côte à côte, qu'elles sont exactement de même longueur) mesurent 38,50 m, pour 5,05 m de large. On appelle d'ailleurs ces péniches des Freycinet. Les écluses Freycinet sont toujours en activité. Actionnées manuellement, elles participent au charme et au patrimoine de la navigation fluviale.

L'évolution du trafic commercial a rendu obsolètes les écluses Freycinet, inadaptées aux gros transporteurs. En conséquence fut créée l'écluse pour " grand gabarit " qui permet d'accueillir des monstres pouvant atteindre 180 m de long. On les rencontre surtout dans le nord, sur les rivières et fleuves qui joignent la mer du Nord via la Belgique, les Pays-Bas ou l'Allemagne. C'est d'ailleurs une raison de l'attirance vers le Sud, où le fret est beaucoup moins important. Ne boudez pas le Nord pour autant, il fourmille de petits canaux à peu près exempts de transport de marchandises.

Écluse doubleHaut de page

La dénivellation est parfois telle entre le bief du haut et celui du bas, qu'il faut une double écluse pour passer de l'un à l'autre. La première écluse charge les bateaux pour les amener au niveau de la deuxième, la porte intermédiaire fonctionnant donc à la fois comme une porte d'entrée et une porte de sortie. Pour accéder à la première écluse, il vous faudra attendre que les bateaux qui vont dans le même sens que vous soient sortis de la deuxième, puis que les bateaux qui viennent dans le sens opposé opèrent de même en sens inverse. Sur votre planning, comptez environ une demi-heure de passage.

C'est un ustensile indispensable, en forme de manche à balai, dont le maniement bien maîtrisé vous évite de multiples déboires. Lorsque l'on croise de trop près un confrère, lorsque l'on vient s'affaler sur le bajoyer sans ralentir suffisamment, lorsqu'il s'agit de quitter la berge alors que le vent ne semble pas du même avis  ; les équipiers, à l'aide de leurs gaffes, (le plastique est venu remplacer le bois, et les gaffes métalliques sont interdites) vous aident en faisant appui aux endroits stratégiques. Attention toutefois, si votre vitesse est trop élevée et que vous vous rapprochez trop violemment de l'obstacle, la gaffe n'y suffira pas, ripera et le choc sera inévitable.

De nombreux appareils fonctionnent au gaz. Vos réserves sont en général suffisantes pour la semaine (trois ou quatre bouteilles) voire plus. Le gaz est inclus dans le prix de la location. En cas de séjour prolongé, prenez vos précautions en prévoyant une station où il est possible de changer de bouteilles.

Parmi les petites pannes courantes : le blocage de l'hélice par des herbes et autres lianes. Une petite trappe, située à l'arrière du bateau, ouvre sur un regard permettant de voir ce qui bloque l'hélice. Il est évidemment primordial que le moteur soit arrêté pour procéder à cette vérification. Si nécessaire, on peut, soi-même, enlever les feuilles, herbes et branches empêchant sa bonne marche, avec toutes les précautions d'usage. Par exemple, ne pas laisser un enfant à proximité de la cabine de pilotage, qui pourrait mettre le moteur en marche pendant que vous opérez. Concernant cette trappe, il peut arriver un incident assez rare, mais ennuyeux : si par malheur les vis de la trappe sont mal fixées et que la trappe s'ouvre, l'eau remplit rapidement le bateau par l'arrière. Les passagers, souvent situés à l'avant, pour piloter ou voir le paysage, ne s'en rendent parfois pas compte. L'inondation peut alors s'accélérer de façon irrémédiable. Mais c'est un cas de figure rarissime.

KilométrageHaut de page

Lorsque vous composez l'itinéraire, comptez un kilométrage moyen de 30 à 40 km par jour, ce qui correspond à environ cinq à six heures de navigation, soit un bon équilibre pour alterner les pauses, les excursions et les courses. Selon que vous vous trouvez sur un canal ou une rivière, la vitesse maximale autorisée peut varier de 8 à 12 km/h, ce qui peut vous amener à prévoir une petite marge en deçà ou au-delà des 40 km. Si votre navigation dure moins d'une semaine, la compagnie de location vous obligera, sauf négociation particulière, à ramener le bateau à sa base de départ. Mais les paysages sont assez différents au retour de ceux rencontrés à l'aller d'après l'orientation du bateau, la luminosité, etc... Vous n'aurez pas l'impression de faire deux fois le même parcours. Il est toutefois conseillé de prévoir à l'avance les étapes, ou même les haltes du retour, pour les éviter ou y passer rapidement à l'aller, se promettant de les approfondir dans l'autre sens.

En tout état de cause, l'agrément du séjour fluvial tient autant à la vie à bord qu'au chemin emprunté. Il peut donc ne pas être désagréable (sauf pour le pilote) de s'occuper à bord pendant les deux jours de retour, en ayant apprécié de la même façon trois ou quatre jours de navigation " farniente ", à se laisser glisser au fil de l'eau à l'affût du moindre champ de lavande ou de l'église romane que l'on aperçoit dans le village voisin. Dans le même esprit, si vous optez pour la parité kilométrage aller-kilométrage retour, ne vous en faites pas trop pour l'aspect répétitif : les péripéties de voyage seront aussi nombreuses au retour qu'à l'aller, comme les sujets de distraction, les fous rires et les saucissonnades.

Exemples de trajets moyensHaut de page

Pour trois jours. 100 km (50 km aller, 50 au retour). Le nombre impair de jours et le déséquilibre 2-1 oblige à faire demi-tour en une base qui n'est pas une étape de nuit, car il vous sera difficile, sauf lambinage très marqué à l'aller, d'accomplir en une journée ce que vous aurez parcouru en deux jours. Il faut donc prévoir 30 km le premier jour, 20+20 le second, et 30 pour le dernier, au retour.

Pour quatre jours. 120 à 150 km, selon le nombre d'écluses. Plus facile à programmer, puisque équilibré en nombre de jours (pair). Deux jours aller, deux jours retour, au même rythme (30 à 35 km par jour), en variant les étapes (voir ci-dessus).

Pour cinq jours. 150 à 200 km. Vous pouvez adopter une stratégie comme décrite plus haut (30+30+30, puis retour en 45+45) ou adopter l'égalité des parcours (pour 180 km par exemple, 35+35+20 et à nouveau 20 en retour le troisième jour, puis 35+35 pour revenir le cinquième jour).

Pour six jours. Même situation que pour quatre jours. Si vous le pouvez, faites alors une prolongation d'une journée et bénéficiez de la possibilité de faire un aller simple (à partir de 7 jours). Il est quand même plus agréable d'aller d'un point à un autre.

ManœuvresHaut de page

Les manoeuvres usuelles sont a priori simples et bien expliquées, tant dans le livre de bord que par le technicien de la compagnie. Comme vous ferez sans doute un petit tour d'initiation avec lui, vous mesurerez que de la théorie à la pratique, il y a une petite marge, mais rien, dans les manoeuvres effectuées à la base, ne vous semblera vraiment difficile.

Le dégagement. C'est un des principes à connaître  ; lorsque le bateau est calé contre la berge, il serait imprudent de vouloir démarrer et partir de l'avant comme si de rien n'était, d'abord parce que cette manoeuvre est très pénalisante pour l'hélice, ensuite parce qu'il n'y a aucune raison pour que le bateau se dégage de cette façon. On vous expliquera donc qu'il faut tourner la barre vers la berge et partir en marche arrière, ce qui a pour conséquence de faire tourner le bateau autour de sa proue en le dégageant du bord par sa partie arrière. Lorsque l'arrière est suffisamment dégagé, vous pouvez alors repartir en marche avant doucement, en tournant la barre avec délicatesse vers le centre de la voie. Cependant, il faut aussi tenir compte du vent qui peut contrarier vos intentions. Restez calme on finit toujours par y arriver !

Manoeuvres en écluse. Les écluses sont la hantise des débutants et la première est généralement une source d'appréhension. Si c'est un gros problème pour vous, envoyez un de vos équipiers prévenir que c'est votre première écluse. On sera compréhensif. Pour entrer dans une écluse, c'est un peu comme pour passer sous un pont : arriver bien droit et passer bien au milieu. Il faut toutefois arriver tout doucement pour venir " mourir " à l'intérieur de l'écluse, et pouvoir s'arrêter si besoin, s'arrêter dès que le bateau est entré en entier, en faisant machine arrière. Le plus simple est toujours d'avoir un, voire deux équipiers à terre munis de cordes et de gaffes, qui pourront guider le bateau une fois le moteur arrêté et l'empêcher de heurter les voisins ou le mur (bajoyer). Lorsque l'écluse est descendante (vous passez d'une position haute à une position basse), un équipier peut rester à bord pour donner un coup de main, notamment pour écarter les obstacles avec la gaffe, ce qui est un peu plus facile que de l'extérieur, et aider ceux qui sont à terre en les rejoignant quand tout est à peu près fixé. En revanche, c'est très difficile en écluse montante, car si l'équipier resté à bord peut aider à la gaffe, en revanche, il pourra difficilement lancer une corde d'en bas et a fortiori " monter " à terre. Attention, contrairement aux arrêts traditionnels, l'amarrage se fait en faisant coulisser la corde, bien sûr sans la fixer, l'équipier à terre se chargeant de la faire glisser (écluse descendante) ou au contraire de tirer pour la tendre (écluse montante, nettement plus fatigant pour l'équipier). Pour sortir de l'écluse, il est de même préférable d'avoir un équipier à bord si l'écluse est descendante, un équipier à quai si l'écluse est montante. Une fois le bateau désamarré et dégagé, l'équipier à quai saute dans le bateau avec les cordes et aide le pilote à sortir de l'écluse. On franchit la porte de sortie à très petite vitesse, pour accélérer dès la porte franchie par l'arrière du bateau.

Point n'est besoin d'être un marin confirmé : deux noeuds devraient suffire. Le technicien de la compagnie vous les enseignera au départ. Le principe pour bien arrimer et fixer la corde bien tendue en " 8 " autour des taquets du bateau ou des piquets du quai. On termine par une boucle inversée pour fixer.

Sur la base de départ, il existe généralement un espace parking pour votre véhicule. Le loueur propose souvent, pour une sécurité renforcée, un parc clos ou même un garage fermé, à prendre en option.

PaysagesHaut de page

Vous êtes là a priori pour en profiter. Certes, il y a le plaisir d'un moyen de locomotion différent, de voguer sur l'eau à petite vitesse et de profiter de l'eau depuis le milieu de la rivière ou du canal. Mais avant tout, vous profiterez du paysage, c'est-à-dire d'un autre point de vue et d'un rythme différent pour découvrir une région, ses villages, sa campagne, sa végétation. D'où l'intérêt d'un bateau à double poste de pilotage, dont l'un dans une cabine surélevée. Le pilote, rivé sur sa barre, doit en effet prendre garde aux obstacles, se concentrer sur la navigation, les manoeuvres, et n'a pour distraction principale que de regarder la nature. Aussi est-il un peu frustrant d'être quasiment au niveau de l'eau et des berges. Par beau temps, les passagers aiment se prélasser sur le pont, et même sur le toit du bateau pour une vision panoramique. Le " double cabine " en surélevant d'un étage la position du pilote permet de contempler les champs et les curiosités avoisinantes.

Le passage aux écluses est généralement gratuit. Le réseau géré par VNF est soumis à péage et pris en charge par le loueur qui le répercute dans le tarif de location  ; les éclusiers sont mis à disposition par l'Etat. Pour les plaisanciers propriétaires, le péage est payable par période de son choix (une semaine, à l'année...). Renseignements auprès de Voies Navigables de France.

L'entente entre pêcheurs et plaisanciers n'étant pas toujours cordiale, si vous êtes vous-même pêcheur, ce sera au moins un point de contact. Consultez évidemment et respectez les règles en vigueur sur le cours d'eau sur lequel vous naviguez, la pêche depuis le bateau étant soumise aux mêmes obligations que depuis les rives (carte de pêche, permis...).

Le permis est obligatoire pour piloter un bateau de plaisance à moteur lorsque la puissance de l'appareil propulsif est supérieure à 4,5 kilowatts (6CV). Mais la réglementation des " permis plaisance " a été profondément remaniée depuis le 1er janvier 2008. Dorénavant un seul permis, le " permis plaisance en eaux intérieures " est obligatoire pour le pilotage de bateaux dont la longueur n'excède pas 20 m, avec une extension possible à la grande plaisance en eaux intérieures sans limite de longueur. Il est à noter que le certificat capacité fluviale " S ", délivré avant la réforme, reste valable sans limite de durée ni démarches à effectuer  ; ses prérogatives sont simplement étendues aux nouvelles limites réglementaires, à savoir conduite des bateaux jusqu'à 20 m de longueur au lieu de 15 m. En ce qui concerne l'ancien permis " C ", s'il reste valide, ses prérogatives ne sont par contre pas étendues. Pour passer ce permis, il est désormais obligatoire de passer par un bateau-école agréé par l'Etat. Liste de ces bateau-écoles auprès de la Fédération des Industries Nautiques - F.I.N. & 01 04 37 04 00

Le permis : mode d'emploi

Les permis " plaisance " peuvent être obtenus à partir de 16 ans (ou de 18 ans pour les extensions) après un examen comprenant une épreuve théorique basée sur un QCM électronique de 25 questions (4 erreurs sont admises et le candidat conserve le bénéfice de sa réussite durant 18 mois) et d'une épreuve pratique. Cette dernière est validée par un formateur agréé par la Direction Régionale des Affaires Maritimes et elle ne peut être inférieure à 3 heures.

Dès le début de la formation, le candidat se voit attribuer un livret d'apprentissage avec un numéro personnel d'identification  ; lorsque l'ensemble des compétences (théoriques et pratiques) est validé, l'établissement de formation agréé délivre à l'élève une attestation de réussite à la formation.

Il est à noter que les titulaires du " permis mer " peuvent être exemptés de l'épreuve pratique du " permis rivière " et inversement. Cette réglementation s'applique aussi pour tous les étrangers, hormis les Européens titulaires du certificat international.

Cas particulier :

Le conducteur d'un coche de plaisance loué a l'autorisation de naviguer exceptionnellement sans permis avec l'accord préalable d'un noliseur (professionnel de la location) qui l'initie avant le départ aux règles de la navigation.

La simplification administrative concernant le permis plaisance prévoit, pour chaque département, un seul interlocuteur.

Départements côtiers : directions départementales des affaires maritimes.

Départements non-côtiers : services navigation (S.N).

L'extension du permis à la " grande plaisance fluviale " pour le pilotage de bateaux de plus de 20 m et sans limitation de longueur, est subordonnée à la validation, par un établissement agréé, de la formation pratique suivie par le candidat. Pour s'inscrire à cette formation, la détention préalable de l'obtention de l'option " eaux intérieures " ou du certificat de capacité de catégorie " S " est obligatoire. Age minimum requis : 18 ans. La durée de la formation pratique ne peut être inférieure à 9 heures sur un bateau d'au moins 20 m .

Reconnaissance des certificats de capacités fluviaux à l'étranger.

Dans les pays appliquant la résolution N°40 de la commission économique pour l'Europe des Nations Unies, relative au certificat international pour la capacité des conducteurs de bateaux de plaisance : Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Suisse, Autriche, Bulgarie, Finlande, Hongrie, Italie, Pologne, Slovaquie et République tchèque.

Dans les pays n'appliquant pas la résolution N°40 mais reconnaissant les certificats de capacité fluviaux français, à savoir l'Allemagne, la Roumanie, la Russie, la Suède et le Royaume-Uni.

PilotageHaut de page

On apprend relativement vite les maniements importants : marche avant, marche arrière, demi-tours, accostages. Le pilotage en écluse réclame un peu de doigté. Vous voici pour quelques temps capitaine au long cours. Mais plus le temps passe, moins les volontaires se bousculent pour " prendre leur quart ". Tout simplement parce que le pilotage réclame une attention continue, même si le bateau n'évolue qu'à 6 km/h. Le pilote profite moins que les passagers du paysage. A condition d'être bien vigilant, vous pouvez, pour vous distraire, envisager un peu de lecture. Sur les biefs sans grandes difficultés, hors écluses, tout le monde peut piloter, et si vous êtes quatre ou six, le pilotage ne sera jamais vraiment une corvée, car on ne commence à s'ennuyer qu'au bout d'une petite heure. Vous passez alors la main à l'équipier suivant et tout va très bien. Il est toujours possible de changer de barreur en marche pour que le plus expert assure le passage du pont, un croisement dans une partie étroite ou les manoeuvres en écluse.

Pont (passer sous un)Haut de page

Pas de problème de hauteur (vérifiez tout de même que personne n'est juché debout sur le toit du bateau), mais certains passages sont parfois délicats en largeur : il faut aborder l'obstacle en visant bien le milieu et rester bien droit, ce qui n'est pas toujours évident, le moindre petit coup de barre (ou de vent) vous mettant rapidement de travers. Il est en effet assez fréquent pour les débutants d'engager victorieusement l'avant du bateau et d'en déduire que " ça passe tout seul " alors que l'arrière tape lourdement, renversant les tasses de thé et crevant un ou deux pare-battages sans compter une éventuelle ecchymose à la coque. Allez-y doucement les premiers temps (mais pas non plus trop ralenti parce que vous n'avez alors pas assez de vitesse pour passer droit et que le bateau, dérivant légèrement, peut ainsi également se cabrer) et quand vous aurez bien le truc (au milieu, bien droit), vous passerez sans encombre à petite vitesse (800 t/mn). A peu près les mêmes principes pour les écluses, avec quelques aménagements selon que vous entrez ou sortez. Priorités : vous devez connaître les rudiments du code fluvial qui sont indiqués dans votre livre de bord, avant de vous lancer à l'eau. En règle générale, la priorité est accordée au professionnel par rapport au plaisancier, et au plus gros bateau par rapport au plus petit. Voir aussi " tunnel " et " écluses ".

Prise de contactHaut de page

Avant de quitter la terre ferme, de nombreuses vérifications et démonstrations sont indispensables, et seront effectuées par un membre de la compagnie de location. L'inventaire doit être exhaustif et effectué devant le client. Où sont les gilets de sauvetage ? Comment marche l'eau chaude, la ventilation... ? Suivez de près consignes, démonstrations, inventaires afin d'éviter d'avoir à téléphoner à la base après une heure de navigation. Lors de cette visite préliminaire, le technicien de la compagnie de location vous explique dans le détail les points importants de fonctionnement et les précautions à prendre. En outre, la plupart de ces points sont détaillés dans le livre de bord que vous aurez soin de lire.

Les prix de location pour une semaine varient principalement selon la saison ainsi que du type de bateau et de sa capacité. Il est difficile de donner une estimation tant les tarifs sont variables d'une compagnie à l'autre. Il ne faut donc pas hésiter à comparer prix et prestations.

Rive droite, rive gaucheHaut de page

La droite et la gauche sont estimées par rapport au courant, sur tous les fleuves, rivières et canaux. Il faut donc s'imaginer d'amont vers l'aval pour déterminer rive droite et rive gauche.

SécuritéHaut de page

Ne vous étonnez pas de voir l'éclusier noter le numéro de votre bateau et l'heure à laquelle vous passez : c'est une consigne de sécurité. Si l'on ne vous voit pas réapparaître après un temps raisonnable, on s'enquerra de ce qui a bien pu vous arriver entre ces deux écluses. Un problème ? Au pire l'eau entre dans le bateau, sortez les bagages le plus rapidement possible (ne pliez pas les chemises). N'oubliez pas les caissons latéraux où sont placés les gilets de sauvetage, que vous distribuerez en précaution.

Laissez a priori tomber l'idée d'écoper pour combattre l'inondation. Vous allez vous épuiser pour rien car si la voie d'eau est vraiment importante, le bateau peut se remplir très vite. Une petite pompe autonome fournie par un voisin bien équipé permettra au mieux de vous donner plus de temps pour sortir vos affaires, mais rien de plus. Alertez le service de navigation concerné qui pourra prévenir l'éclusier le plus proche : il interviendra de façon optimale pour vous porter secours et, selon l'urgence, avertira lui-même les pompiers. Si par hasard vous ne trouvez pas le numéro, faites le 18 pour prévenir directement les pompiers. Faites appel à d'autres plaisanciers : la solidarité naturelle fonctionne.

TrématerHaut de page

En langage de marine, signifie " doubler ".

Les tunnels sont en général trop étroits pour passer à deux. La priorité est au premier engagé.

Si un coude du tunnel ne vous laisse pas de visibilité sur l'intérieur avant d'y être engagé. Bien sûr, connaissant la réglementation, vous abordez l'obstacle avec la plus grande prudence, et à vitesse très réduite. Pourtant, lorsque vous découvrez, à quelques dizaines de mètres, un collègue avançant droit sur vous, il vous faut être assez rapide pour entamer une marche arrière, et vous ranger suffisamment loin de l'entrée pour lui permettre de sortir sans encombre. Il faut préciser que votre vis-à-vis, plongé dans le noir, ne mesure pas toujours votre problème et pense que vous avez évidemment fait le nécessaire pour lui laisser la voie libre. Deuxième cas, un peu plus problématique : si le tunnel est long (200 m et plus, ce qui est heureusement rare), vous voyez en arrivant la bouche arrière du tunnel, le jour s'encadrant au loin dans un demi-cercle  ; il peut y avoir un bateau à l'entrée, à cette autre extrémité, mais il vous sera impossible de déterminer s'il est engagé ou pas, s'il avance ou au contraire s'il stoppe et fait marche arrière en vous apercevant. Lorsque les deux bateaux ont parcouru chacun une trentaine de mètres dans le tunnel, soit une distance suffisante pour se rendre compte du malentendu, il est souvent trop tard pour communiquer et savoir qui se décide à reculer, alors difficile pour celui qui recule de reculer dans le noir. Que l'on se rassure, le cas est très rare. Le plus long tunnel en activité est celui de Bony, sur le canal de Saint-Quentin (5 670 m).

Les vélos proposés à la location par la compagnie qui vous fournit le bateau sont généralement des modèles de base qui ne permettent pas de longs parcours. Ces engins sont faits pour du dépannage et un petit aller-retour jusqu'à la boulangerie, mais certainement pas pour des excursions dans les collines environnantes. Faites vous préciser le type (ou la description) des vélos proposés. Certains loueurs ont d'ailleurs le bon goût de préciser " mini-vélos " pour ne pas entretenir de confusion. Avantage cependant, la relative modicité de la location. Par ailleurs, on trouve désormais, dans les grandes villes et les stations, des loueurs à la semaine. Il peut être agréable d'avoir un moyen de locomotion portable pour parcourir, le cas échéant, une dizaine de kilomètres sans souffrir.

N'en fait-il pas, des misères au débutant, le vent ? A celui qui veut repartir en se dégageant de la berge, à celui qui veut faire demi-tour, à celui qui croit avoir visé juste l'entrée d'un pont ou d'une écluse et se retrouve en travers... Bien sûr, ce ne sont que de petits incidents de parcours, mais qui peuvent parfois vous faire perdre beaucoup de temps. Le cas le plus classique est le dégagement (ou le demi-tour). Vous avez suivi les instructions, vous avez dégagé le bateau par l'arrière, mais, au moment où vous voulez avancer pour remettre la proue dans l'axe, rien à faire, vous " empannez ", l'avant passe à l'arrière parce que le vent vous emporte, et vous vous retrouvez dans l'autre sens, avec une manoeuvre encore plus difficile à effectuer : le demi-tour contre le vent.

Notre conseil. Pas d'énervement, le problème, même en cas de forte brise, se résout assez facilement avec de bons équipiers gaffeurs qui dégagent le bateau tout simplement de la berge.

Sur la plupart des modèles, avec un moteur de 50 chevaux, on atteint la vitesse raisonnable de 10 km/h, entre 2 000 et 3 000 tours/min. A vous de déterminer, en fonction du niveau sonore dans l'habitacle (selon l'emplacement du moteur, au centre ou à l'arrière, cela peut changer considérablement), la vitesse idéale pour ne pas trop musarder tout en épargnant vos tympans. Le loueur vous conseille généralement de tourner à environ 1 500 tours/min, ce qui correspond à environ 6 km/h. Il faut adapter sa vitesse aux circonstances et au planning de la journée, en respectant les indications en usage, différentes si l'on est en canal ou en rivière (on peut aller un peu plus vite en rivière). Si la vitesse est ainsi réduite, c'est avant tout pour ne pas abîmer les berges. En général, ce sont les racines des arbres qui retiennent la berge en profondeur, empêchant les glissements de terrain. Lorsque vous dépassez la vitesse autorisée, vous provoquez des vagues de plus en plus importantes, en surface mais aussi en profondeur. Ces flux viennent non seulement inonder la berge, mais frapper violemment la terre en la ravinant, ce qui rend plus difficile le travail des racines de retenue.

De plus, si, comme vous le pensez, ces berges " tiennent le coup ", c'est aussi au prix d'un entretien aussi soigné que régulier par VNF et il s'agit donc, par une attitude civique et solidaire, de respecter ce travail et cet environnement. Dernier argument : les pêcheurs n'apprécient guère les plaisanciers qui conduisent leur péniche comme un hors-bord, sans parler de ceux qui passent carrément au milieu des lignes.

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