Le guide thématique Petit Futé PECHE : MIDI-PYRÉNÉES – Le lac de Pareloup (12)

MIDI-PYRÉNÉES – Le lac de Pareloup (12)

Le lac est situé entre Rodez (à 40 km de Salles-Curan) et Millau (à 36 km). La route est moins tortueuse depuis Rodez que depuis Millau. Mais les deux itinéraires sont également pittoresques. Et par Millau, vous aurez en bonus le fameux aqueduc du moins si vous venez du sud !

Aller à Rodez :

En voiture, sur l'axe nord-sud de la A75 jusqu'à Séverac le Château, puis RN88 jusqu'à Rodez.

En train : liaisons quotidiennes vers Paris et Toulouse.

Aller à Millau :

En voiture A 75 sortie 45, Millau Nord, direction le Lévézou.

En bus, lignes directes Millau/Toulouse, Millau/Béziers, Millau/Montpellier.

LES DIFFÉRENTS SPOTSHaut de page

Le plateau du Lévézou est un paradis pour les pêcheurs. Il abrite la plus importante concentration des lac du département : lac de Pareloup (1 239 ha), pont de Salars (190 ha), Villefranche-de-Panat (178 ha) pour ne citer que les trois plus grands.Ceux-ci, classés en seconde catégorie sont ouverts à la pêche toute l'année, en respectant les dates d'ouverture des différentes espèces. Sur ce plateau, les pêcheurs ont la possibilité de pratiquer toutes les pêches : de la plus sportive, dans les ruisseaux du Lévézou pour taquiner la truite (au toc, à la mouche, aux appâts naturels), à la pêche des poissons blancs dans les rivières : gardons, ablettes, brèmes, carpes (nombreuses zones de pêche de nuit), barbeaux... avec des techniques aussi variées qu'au coup, à l'anglaise, bolognaise ou feeder... sans oublier la pratique de la pêche en famille (goujons, ablettes). Enfin, la pêche aux carnassiers fait la renommée de nos lacs du Lévézou : lieu mythique pour la pêche des brochets, sandres et perches avec des poissons records souvent cités dans la presse halieutique, et servant de cadre à de nombreux concours. La traque de ces poissons peut s'effectuer du bord du lac mais c'est en bateau dans les zones d'accès difficiles et dans ces anses découpées qu'il faut tenter sa chance avec des techniques telles que les leurres artificiels, leurres souples, mort-manié, tirette... Record à battre : brochet de 1,39 mètres et de 19,6 kilos ! Le plateau abrite également deux petits lacs de première catégorie. Le lac de la Gourde, d'une superficie de 16 ha est le lieu de rassemblement privilégié et de reproduction du gibier d'eau, canards sauvages et sarcelles. La partie en amont est interdite à la pêche et à la promenade afin de ne pas contrarier les nichées. La partie basse est propice à la pêche : truite, blancs et perches. Le lac de Bage, d'une superficie de 53 ha est un magnifique plan d'eau réservé uniquement à la pêche (tous les sports nautiques y sont interdits), et présentant d'intéressantes qualités piscicoles : eaux claires, berges accessibles, poissons nombreux, pression de pêche relativement faible. Vous pourrez y capturer des truites dalevinage, blancs, perches et carpes.

Les poissons de l'Aveyron

La truite : présente sur tous les cours d'eau et lacs du département. La truite Fario est le poisson type des rivières du Rouergue.

Le brochet : abondant et de belle taille dans les plans d'eau, dont le lac du Pareloup, le seigneur des eaux de deuxième catégorie peut atteindre une taille considérable. Certains sujets records dans le Pareloup dépassent 20 kilos !

Le sandre : introduit dans les lacs de retenues EDF par la fédération de l'Aveyron dans le début des années 1960, ce poisson originaire d'Europe centrale s'est parfaitement acclimaté en Rouergue dans tous les lacs et a colonisé les basses vallées de l'Aveyron, du Lot et du Tarn. Les plus beaux sujets se trouvent certainement dans les lacs de Saint-Geniez d'Olt, Castelnau-Lassout. La Croux, Golinhac.

Pont de Salars et Preloup, alevinés plus tard, commencent eux aussi à fournir quelques belles pièces.
On peut dire qu'en Rouergue, la prise d'un sandre de 5 kilo n'est pas exceptionnelle.

La perche : très abondante dans les lacs d'Aveyron en raison de sa grande reproductivité, elle atteint une taille considérable (jusqu'à 2 à 3 kilos) dans certains lacs et les grandes rivières de 2e catégorie.

La tanche : elle est partout présente en 2e catégorie et même souvent en 1e catégorie dans les retenues, étangs et parties calmes de nos rivières. Elle peut atteindre jusqu'à 3 kilo dans les eaux les plus favorables. Les pêcheurs spécialisés dans sa pêche très agréable réalisent leurs plus nombreuses captures dans le département en avril, mai et en septembre, octobre.

La carpe : carpe commune, carpe-miroir et carpe-cuir sont bien représentées dans les lacs et les rivières de l'Aveyron. Les plus gros spécimens connus semblent cantonnés dans le lac de Saint-Geniez-d'Olt (jusqu'à 28 kilo). Cette agréable petite ville devient en saison une des résidences préférées des carpistes Anglais, spécialistes des captures record.

L'ombre : recherché en priorité par le pêcheur à la mouche, ce beau poisson revient progressivement, grâce aux efforts soutenus de la fédération.

Rampes de mise à l'eau : Pareloup accessible toute l'année

En avril 2011, dans la foulée des travaux de rénovation de la galerie d'amenée d'eau du lac de Pareloup à l'usine d'Alrance, les rampes de mise à l'eau de Notre Dame d'Aures et des Vergnes ont été respectivement rallongées de 11 et de 25 mètres. Désormais, les pêcheurs pourront sortir leur bateau toute l'année. Pareloup devient enfin accessible en hiver, pendant la période de basses eaux. Inutile par conséquent d'être au volant d'un gros véhicule 4x4 pour amener son embarcation. Les véhicules classiques suffisent désormais pour manoeuvrer sereinement.

Lac de PareloupHaut de page

Véritable mer intérieure avec 1 239 hectares et ses 130 km de berges dentellées, le lac de Pareloup est un lieu mythique pour la pêche aux carnassiers : toute la presse halieutique a publié des photos de brochets records capturés dans ses eaux. Une telle étendue d'eau justifie l'utilisation d'un bateau (locations possibles) et si possible d'un échosondeur pour repérer les reliefs immergés, où se concentre le poisson fourrage et leurs prédateurs. Mais les berges, facilement accessibles, permettent aussi la pêche au posé et au flotteur. Vous chercherez le brochet autour du pont de la Cléta et dans toutes les anses riches en herbiers et en murets immergés (Boulouis, Caussanel, Les Faux...). Très grosse population de sandres à " traquer " sur tout le lac car la localisation diffère selon les saisons et la météo. Perches en très grand nombre, avec, là aussi, de fréquents poissons " trophées ".

Brochet : pêche au " mort manié ", aux leurres (spinnerbait, jigs et gros leurres souples) au poisson nageur, très gros vifs sur paternoster ou flotteur pour les gros spécimens. Sandre : toujours le mort manié ou mieux, la " tirette ", leurre souple moyen, blanc ou jaune, sur les grandes plages (Les Vergnes, Notre-Dame-d'Aure) tôt le matin, et au coup du soir, et toute la journée sur les ruines noyées. Perche : ver, petit vif, leurre souple et " dandine " à l'aplomb du bateau, très efficace l'hiver et au printemps, avec les " guignols " ou des olives aplaties armées d'un petit triple.

Carpe : L'immensité du lac, avec toutes ses contraintes et ses surprises, justifie une méthodologie.

Une session, quelle que soit sa durée, doit débuter inévitablement par une localisation du poisson.
L'étendue du lac doit être prise en compte au printemps ainsi qu'en début d'hiver, certains secteurs plus abrités pouvant alors bénéficier de quelques degrés supplémentaires. Ce qui n'est pas sans effet sur la tenue du poisson. En hiver, les secteurs profonds (près de la retenue) sont à privilégier. Au printemps et à l'automne c'est l'ensemble du lac qui est intéressant à prospecter. Les carpes de Pareloup sont particulièrement " toniques ". Le poids moyen du cheptel est aux environs de 10 kg avec des spécimens allant de 16 à 19 kg. Les fonds importants (17 m en moyenne et 45 m à la retenue) exigent une pêche à courte et moyenne distance. Sur les secteurs encombrés (près de la retenue, anse de Boulouis, abords du pont de la Cléta) une tête de ligne résistante est préconisée.

Inutile de sophistiquer la composition de vos bouillettes. Les carpes, peu pêchées, répondent bien sur des amorçages légers sans mix compliqués. Les formules 4X4 (4 parts égales de farine de maïs, lait en poudre, semoule, farine de soja) sont parfaites pour ce type de lac. Les poissons répondent bien sur des amorçages classiques à la graine. La pêche à la carpe est autorisé toute l'année, mais fermée de nuit en juillet et en août.

Mises à l'eau les plus accessibles : une près du barrage, à Notre-Dame- d'Aures, les deux autres en bout du lac, à la base nautique des Vergnes et à Salles-Curan.

Lac de Pont-de-SalarsHaut de page

C'est le plus au nord des lacs du Lévézou. Connu pour la beauté de ses brumes automnales, ce lac, contrairement à ces voisins, a une forme allongée, suivant le lit du Viaur par lequel il est alimenté. Ses pentes sont également assez abruptes, mais accessibles partout. C'est un site magnifique pour la pêche des poissons blancs, pour la recherche du sandre et des perches dont il est généreusement peuplé. On pourra pêcher le sandre du bord ou en bateau. Le pêcheur amateur de traque prospectera minutieusement les nombreux méandres qui sont autant de postes. Pour le sandre et la perche : pêcher au " mort manié " ainsi qu'aux leurres souples sur les pentes abruptes en recherchant les cassures. Pêche au vif dans les parties plus profondes dans le lit de l'ancien ruisseau.

L'avantage de ce lac réside dans la possibilité d'y pratiquer tout au long de l'année la totalité des techniques de pêche au coup. En amont, l'arrivée du ruisseau Viaur, qui alimente le lac, est le lieu parfait pour pêcher dès le printemps à l'anglaise. Fin mai, ce secteur est un des plus intéressants pour pêcher la tanche. Légèrement plus en aval, les secteurs des Moulinoches et de la Souquette sont parfaits pour pratiquer à la longue canne. La population de blancs est très importante et l'on peut y réaliser des bourriches conséquentes toute l'année. En été, près de la base nautique et de la plage des Rousselleries la pêche doit se pratiquer tôt le matin et en fin de soirée, ces secteurs étant plus orientés baignade et sports nautiques. En revanche le bras de Méjanes permet de pêcher en toute tranquillité. Le gros gardon, mais aussi la perche se laissent facilement capturer sur des postes copieusement amorcés. Un ponton de pêche est recommandé sur la majorité des secteurs et en particulier autour de la retenue, vu la forte déclivité du terrain. Sur la majeure partie du lac, il est inutile de pêcher à plus de 9 mètres, car les bordures s'ouvrent très vite sur 2 ou 3 mètres de fond. Le lac est très riche en blancs, mais aussi en carnassiers, il est judicieux de placer une ligne de sandres ou à brochets dans les abords immédiats du poste amorcé. Pour les adeptes du quiver, le lac de Pont-de-Salars peut se révéler le lac de tous les records en matière de poissons blancs.

Lac de Villefranche-de-PanatHaut de page

Des postes de rêve sur le troisième grand lac du Lévézou, dont les berges du lac, permettent d'alterner tous les types de pêche : à l'anglaise, au coup, au quiver (en queue de lac), en barque pour traquer les carnassiers. Il est facile de trouver, même en période estivale, un coin tranquille. Une route fait le tour du lac et le transport du matériel sur le poste ne pose aucun problème. À Villefranche-de-Panat, une canne à lancer et une canne au coup de 6 à 7 mètres suffisent pour véritablement " s'éclater " aussi bien sur du carnassier que sur du poisson blanc. D'une part par sa densité de poissons blancs et d'autre part par la régularité de ses fonds qui facilite un amorçage et une pêche précise tant à la longue canne qu'à l'anglaise, ce plan est parfait pour le débutant comme pour le compétiteur confirmé. En tête du lac, près de l'usine d'Alrance, les enrochements offrent des postes de pêche intéressants, dans un fond important (plus de deux mètres d'eau) et tout près de la berge. Sur ce secteur, outre les gardons, de belles pêches de brèmes sont possibles. Rive droite, de nombreuses petites reculées, y compris devant la base du VVF, permettent la pratique de la pêche à l'anglaise, les fonds descendant en pente douce sur une bonne vingtaine de mètres. Une amorce lourde, collante et claire est nécessaire pour maintenir les gros blancs sur le poste. L'amorçage de rappel est indispensable sur ce lac. Près de la retenue, et majoritairement sur la rive gauche, la pêche s'effectue essen- tiellement à la longue canne, les fonds étant plus importants près du bord.

Le lac de Villefranche-de-Panat est régulièrement balayé par des vents vifs. Choisissez la berge la plus ventée et n'hésitez pas à pêcher avec des grammages importants. Pour les amateurs de pêche au quiver, ce lac est un vrai bonheur, en particulier sur les secteurs près de la retenue où des pêches de carpeaux peuvent être effectuées.

Si vous voulez initier vos enfants à la pêche, installez-les en fin d'après-midi en été, avec une canne au coup, sur le ponton de la plage municipale. C'est toutefois en automne que le lac offre le plus de possibilités. C'est aussi la période idéale pour découvrir la pleine nature environnante. Périodes les plus favorables : toute l'année avec une prédilection de mai à fin- juin et de septembre à fin-novembre.

SE RESTAURERHaut de page
La petite histoire de l'estofinade

On aurait pu vous proposer une recette de sandre à la crème de petit pois, poitrine fumée et échalottes, version gastronomique. Nous avons préféré une recette populaire d'antan : l'estofinade. C'est l'une des rares spécialités aveyronnaises à base de poisson, l'Estofinade, de l'occitan Estofinada, se prépare à base de stockfisch (poisson-bâton) importé de Norvège. Ce poisson, pêché l'hiver, n'est pas salé, comme la morue, mais séché sur des claies en plein air au soleil et dans le froid au point de devenir raide comme des semelles et dur comme du bois. L'arrivée du stockfisch en Aveyron demeure un mystère. On est en revanche certain que l'Estofinada est née avec l'introduction de la pomme de terre au XVIIIe siècle. Descendant le Lot, alors navigable, les gabarriers du Rouergue exportaient par Bordeaux blé, charbon, fromage... et remontaient vers le pays, entre autres, du stockfish. Les mineurs du Bassin Houiller de Decazeville ont contribué à la renommée d'un plat dont le succès s'est étendu dans un large rayon autour de la capitale du Bassin. Pour cuisiner le stockfisch, il faut le tremper dans une eau sans cesse renouvelée (un peu comme lorsque l'on dessale de la morue mais en pire !). Les bateliers remontant le Lot l'accrochaient à leur gabarre. Les paysans le faisaient tremper dans une rivière ou au fond d'un puits. On commençait à préparer l'estofinada en période de vendanges et jusqu'à Pâques. Passé cette date, les eaux de la rivière s'étant réchauffée, le poisson se serait détérioré. Sans viande ni lardons, l'estofinada était le plat des vendredis et du carême. C'est aujourd'hui un plat de luxe, puisque le stockfish coûte aussi cher que le foie gras. Le stockfish a une grande valeur nutritive. Un kilo de stockfish équivaut à 5 kg de poissons frais. C'est une source de protéines, d'iode, de sels minéraux et de vitamines. Tombée en désuétude la recette est revenue à l'honneur dans les années 2000 avec l'engouement pour les produits et les recettes de terroir. La recette est préparée par Jean-Pierre Carrier, maître estofinaïre et chef deux étoiles au guide Michelin de l'hôtel-restaurant les Gorges du Dourdou à Grand-Vabre.

Ingrédients : 1/3 de stockfish, 2/3 de pommes de terre de Beauvais, oeufs durs, oeufs crus (une douzaine d'oeufs par kilo de poisson, pour moitié cuits, pour moitié crus) ail, persil, huile d'arachide et de noix, graisse de canard, sel et poivre.

Préparation : faire tremper le stockfish pendant au moins huit jours en changeant l'eau au minimum deux fois par jour. Cuire séparément dans de l'eau bouillante les pommes de terre et le stockfish (pendant 3/4 d'heure). Effilocher le poisson, enlever les arêtes. Mélanger le poisson effeuillé avec les pommes de terre écrasées à la fourchette. Ajouter les oeufs durs coupés. Faire une fontaine au milieu de la préparation. Casser les oeufs crus, ajouter ail et persil coupés menus. Dans une poêle, faire chauffer une ou deux cuillerées de graisse de canard et de l'huile 2/3 arachide, 1/3 huile de noix. Quand le mélange frémit, verser dans la fontaine et mélanger jusqu'à une parfaite homogénéité. Il faut être deux : un qui tient le plat, l'autre pour " touiller ". La préparation doit être moelleuse. Servir très chaud.

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