Le guide : PECHE : Sibérie

Sibérie

Les pêcheurs occidentaux y vont pour se mesurer avec les saumons de la Yama. Partie asiatique de la Russie, la Sibérie est une immense région de 13 millions de km² - plus de 20 fois la France ! - très peu peuplée, qui s'étend de l'Oural à l'ouest jusqu'à l'océan Pacifique et de l'océan Arctique, au nord jusqu'aux monts Altaï, au nord du Kazakhstan, et aux frontières mongoles et chinoises. La Sibérie couvre plus des 3/4 de la Russie mais abrite un peu plus d'un quart de sa population. Longtemps habitée par les seules populations pastorales, la Sibérie fut progressivement colonisée par l'Empire russe qui s'attacha à exploiter ses ressources minières et énergétiques.

La Sibérie se caractérise par un climat froid et très continental et des paysages variés et très typés. Du fracas des volcans du Kamtchatka à la douceur des rives du Lac Baïkal, il existe un trait d'union : le mythique Transsibérien qui relie Moscou à Vladivostok via Irkoutsk. Un séjour de pêche en Sibérie est la certitude d'un dépaysement total, de se mesurer avec de beaux saumons, mais aussi l'occasion de voyages en Sibérie et de découvrir le mode de vie des éleveurs de rennes Evenks ou des pêcheurs Bouriates qui tentent de préserver leurs traditions, aidés par les esprits de leurs chamans.

Attention, en plus de votre passeport, il faut un visa pour aller en Russie, donc en Sibérie, que l'on obtient auprès de l'ambassade de Russie à Paris (vous devez disposer d'une invitation ou d'une adresse d'hôtel sur place). Du moins faut-il vous en occuper si vous organisez vous-même votre séjour. Sinon, vos voyagistes s'en occupent.

Disons le tout de suite, la rivière Yama ce n'est pas la porte d'à côté ! Imaginez : vous avez rejoint Moscou et vous repartez pour Magadan, ville située à l'extrême est de la Sibérie. Après sept heures de vol depuis Moscou vous arrivez au pays des grands espaces et des paysages grandioses. Reste encore une heure d'hélicoptère pour survoler enfin la mythique rivière Yama. Tout ceci au mieux avec votre voyagiste. Car en train et en bus, c'est beaucoup plus long, mais plus folklorique aussi !

Si vous avez choisi de pêcher dans l'Altaï. Depuis Moscou le vol pour Abakan dure 4 heures. Arrivée à Abakan. Le transfert en bus jusqu'à la ville de Kyzyl, capitale de la république de Tuva, dure 5 heures.

Pour rejoindre les rivières Bichi et Uda, ce n'est pas plus rapide ! Vous rejoignez la Sibérie dans sa partie la plus orientale, à la frontière avec la Chine. A plus de huit heures d'avion de Moscou, trois ou cinq heures de bus et deux bonnes heures d'hélicoptère, coulent les rivières Bichi et Uda et se situent vos camps de pêche.

Le lac Baïkal finalement est le plus rapide à atteindre : environ 6 heures d'avion depuis Moscou. Vous pouvez aussi prendre le temps (78 heures !) et emprunter le transsibérien depuis Moscou ! Reste ensuite à rejoindre des rives paisibles, en hydroglisseur, en bus, en canoë...

LES DIFFÉRENTS SPOTSHaut de page

La pêche, comme la chasse, restent des activités traditionnelles très populaires et pratiquées par les peuples autochtones de Sibérie. La région abrite des poissons à sa (dé) mesure. Par exemple, des salmonidés de plus de 40 kg ! Lacs, torrents, rivières, fleuves... le territoire est vraiment idéal pour la pêche, laquelle est une affaire très sérieuse en Russie en général et en Sibérie en particulier car ce n'est pas de sport dont il s'agit mais bien d'un moyen de se nourrir.

Les passionnés de pêche auront tout intérêt à passer par une agence spécialisée sur place afin de préparer leur séjour (saison, matériel...). Bien étendu, les russophones pourront se débrouiller plus facilement sans l'aide d'un voyagiste. La saison idéale est août/septembre. Mais si vous vous promenez l'hiver en Russie vous serez peut-être tentés par cette pêche dite blanche ou au trou qui se pratique traditionnellement dans toutes les contrées aux hivers très rigoureux et aux eaux généreuses. Lorsque les eaux sont prises par la glace, aux abords des lacs et des rivières gelées vous trouverez toujours des hommes marchant sur la glace avec un grand vilebrequin sur l'épaule et un pliant sous le bras. L'attirail du pêcheur sous la glace auquel il convient d'ajouter une bouteille de vodka pour supporter le froid ! Le vilebrequin sert à trouer la glace afin de pouvoir il faire descendre son fil de pêche. Mais, bien entendu, les touristes pêcheurs choisissent plutôt la belle saison pour organiser leur séjour de pêche !

L'esturgeon sibérien

Scientifiquement nommé Acipenser baerii, il s'agit d'une petite espèce à la coloration brune, assez foncée. Le museau est assez long, plus ou moins massif selon les populations. Une légère protubérance est souvent visible à son extrémité. La lèvre inférieure est échancrée médianement. Cinq rangées de scutelles parcourent le dos, les flancs et chaque côté de l'abdomen. Comme chez les autres esturgeons, 4 barbillons s'insèrent sur la partie ventrale du museau, la nageoire dorsale est fortement hétérocerque, et les nageoires dorsales, pelviennes et anales sont en position reculée. L'esturgeon sibérien n'est pas une espèce migratrice, on la rencontre en eau douce, occasionnellement en eau saumâtre. Il a été très largement introduit en Europe, souvent dans les étangs où il s'acclimate très bien. Ce petit esturgeon se nourrit sur le fond où il aspire sa nourriture grâce à sa bouche protractile. Il consomme majoritairement des invertébrés, comme des larves d'insectes, des mollusques et des annélides. Il peut aussi s'attaquer aux oeufs et larves de poissons. La ponte a lieu à la fin du printemps, les oeufs sont déposés sur le fond et ne sont pas gardés par les parents. Ils libèrent en quelques jours une larve qui se nourrira sur sa vésicule vitelline, puis commencera à se nourrir activement de petits crustacés et de larves d'insectes. Comme tous les esturgeons, l'esturgeon sibérien vit longtemps et la maturité sexuelle est atteinte seulement entre 10 et 20 ans. La taille maximale est de 1,50 mètres et le poids maximum de 30 kilos. Cette petite espèce ne demande pas l'emploi d'un matériel aussi puissant que ses cousins de grande taille. L'équipement du carpiste fait parfaitement l'affaire, l'action de pêche est d'ailleurs très similaire. On présentera sur le fond un morceau de poisson, un lombric, voire un bouillette. La défense de ce poisson est bonne. Mais bien entendu, le plus précieux chez ce poisson ce sont ses oeufs, ce caviar de qualité dont les connaisseurs apprécient les arômes boisés de fruits secs...

Rivière YamaHaut de page

Longue de 285 kilomètres, celle-ci coule depuis sa source située dans une chaîne montagneuse glaciaire jusqu'à la baie de Shelikov et la mer d'Okhotsk. Bordée de forêts - peuplées d'ours, d'orignaux, de loups et de renards - la rivière Yama offre plusieurs parcours, les uns tumultueux et aux eaux rapides, les autres plus lents lorsqu'elle traverse les larges vallées successives qui ralentissent ses flots. C'est la partie centrale de la rivière qui se prête le mieux à la pêche des saumons qui envahissent chaque année la Yama et rendent célèbre cette rivière dans le monde international des pêcheurs. La rivière se scinde alors souvent en plusieurs bras larges chacun de 20 à 50 mètres. Là, les grandes lisses alternent avec les petits pools bien marqués et les vastes gravières. Il y en a vraiment pour tous les goûts. La pêche au streamer, à la nymphe ou à la mouche sèche peuvent être alternées, selon vos envies tout au long d'une journée de pêche. La Yama est envahie chaque année, en été, par des centaines de milliers de saumons "chum", "sockeye" ou "coho". Ce dernier, le silver salmon est le plus combatif et celui que l'on peut prendre au lancer mais aussi, facilement, à la mouche. C'est le plus prisé. Les eaux de la Yama abritent également d'autres poissons qui valent d'être pris en compte comme les ombres et les ombles, dont certains dépassent 70 cm et même plus d'un mètre pour le fameux Kundja. Une certitude en tout cas : personne ne revient bredouille d'un séjour sur les bords de la rivière Yama ! La pêche à la mouche - en sèche pour l'ombre et l'omble - est efficacevue l'abondance des poissons. La pêche au lancer, quant à elle, assure un nombre de prises record et permet de prendre avec plus de facilité les silver salmon qui remontent la rivière en été.

Les rivières Bichi et UdaHaut de page

La Russie abrite de nombreux et très variés spots de pêche particulièrement en Sibérie au nombre des régions les plus sauvages et les plus reculées au monde. Dans sa partie orientale, à plus de huit heures d'avion de Moscou et deux bonnes heures d'hélicoptère de Khabarovsk, coule les rivières Bichi et Uda.

C'est dans un cadre absolument sauvage non loin de la frontière avec la Chine que se cachent ces deux cours d'eau exceptionnels où vous pêcherez à la mouche ou au lancer les plus gros taïmens au monde, cette variété sibérienne qui peut atteindre et sans doute dépasser 60 kg. Mais aussi de très nombreuses truites lenoks avec des spécimens de plus de 4 kg, de magnifiques brochets tachetés de l'Amour et les ombres sibériens qui vivent dans les eaux d'une pureté totale de ces deux rivières de belle largeur (de 30 à 70 mètres). Les grands lisses alternent avec des pools bien marqués et des " mortes " profondes. La pêche à la cuillère tournante et ondulante est très efficace. A la mouche, la sèche et la nymphe fonctionnent bien sur les ombres et les lenoks et les gros streamers et les imitations de souris sur les taïmens.

Tuva et la descente de Kyzyl-KhemHaut de page

Au sud de la Sibérie, la république Tuva et les montagnes de l'Altai et de Sayans abritent quantité de rivières et de lacs, un vrai paradis pour ceux qui aiment le rafting et la pêche. Car c'est en rafting que vous aborderez la rivière dans une région dénuée de route carrossable. Des rapides, des chutes d'eau, de fabuleux paysages allant des glaciers des montagnes jusqu'aux collines de sable des steppes rendront votre descente inoubliable ! Vers les sources des rivières, la pêche est toujours bonne. La rivière que vous allez découvrir intimement est Kyzyl-Khem (appelée en Mongole Shishkhid-Gol), un affluent de la mythique rivière Yenissei. Elle est considérée comme la plus belle rivière de rafting de Tuva et même de tout le sud de la Sibérie. Elle est bien entendu réputée pour ses inombrables spots de pêche. Vous découvrez une région le plus souvent déserte. Un voyage totalement dépaysant.

Lac BaïkalHaut de page

Ce lac grand comme une mer, qui fait la fierté de la Sibérie et de la Russie en général, abrite une cinquantaine d'espèces de poissons de sept familles différentes dont certaines endémiques et offre des possibilité de véritables pêches miraculeuses. Les espèces les plus pêchées sont l'omoul, la truite locale qui peut atteindre 50 cm de long et peser jusqu'à 5 kg, l'esturgeon, qui peut peser jusqu'à 120 kg, le lavaret, de 6 à 8 kg, la barbue, le silure, la carpe, l'ombre... Mais le plus abondant reste le golomianka. Ce poisson vivipare, transparent, que l'on dirait de verre, de couleur rose pâle, irisé, aux reflets nacrés est extraordinairement beau. Avec ses 35 % de graisse, riche en vitamines, il possède une valeur diététique exceptionnelle. Il est difficile à attraper car il ne vit pas en banc. Il s'agit en fait d'une variété locale de chabot. Les chabots de Sibérie vivent au fond. Là, les femelles pondent leurs oeufs sous les pierres et près de chacune d'elles se tient un mâle, comme un chevalier, montant la garde et protégeant courageusement ses futurs petits chabots aux nageoires jaunes. Ce mâle engage le combat avec les prédateurs qui s'apprêtent à attaquer sa descendance. Il arrive même qu'à l'issue de sa garde, il meure de faim. C'est qu'il demeure à proximité immédiate de la pierre sans se nourrir pendant quarante jours, jusqu'à l'éclosion des oeufs.

Le lac Baïkal est également très riche en écrevisses, en crabes et en crevettes. Mais comme ici rien n'est tout à fait comme ailleurs, les écrevisses du Baïkal - il y en a 300 espèces - sont minuscules (1,5 mm). C'est une nourriture de choix pour les poissons du lac, bien entendu... mais pas que ! La minuscule écrevisse - épichura du Baïkal - est l'un des principaux acteurs du nettoyage du lac. L'épichura absorbe les algues les plus petites et les bactéries. Car si cette écrevisse locale est minuscule elle compense par son abondance : jusqu'à trois millions par mètre carré de surface du lac ! En une année, cette armada de minuscules crustacés insatiables est capable de nettoyer trois fois, son habitat sur cinquante mètres de profondeur ! Une autre minuscule écrevisse, la cotte-macroheptous, vingt fois plus grande toutefois que l'épichura, se nourrit des poissons morts, des insectes noyés et même des animaux happés par les profondeurs. Voilà encore un secret de la pureté remarquable de l'eau du Baïkal. Parmi les autres espèces présentes on peut encore citer : taïmens, truites, carassins, brochets, épinoches, perches, lottes, etc. autant d'espèces, bien entendu, qui intéressent les pêcheurs.

L'omoul, la truite endémique du lac Baïkal

L'omoul est l'un des poissons les plus célèbres du lac Baïkal. Depuis des siècles, sa pêche est l'occupation principale des riverains. Il s'agit d'une truite endémique de ce lac. Durant la seconde guerre mondiale, afin de se nourrir et de résister, les pêcheurs remplacèrent les filets ordinaires par des filets à petites mailles. En procédant de la sorte, la pêche dévastait et ruinait le lac. Malheureusement, ces normes militaires, imposées par des conditions exceptionnelles, perdurèrent durant des années. Il fallut toute la détermination de scientifiques et de naturalistes pour qu'une nouvelle réglementation soit imposée et respectée. Depuis, le lac a retrouvé sa richesse halieutique. On rencontre l'omoul dans d'autres plans d'eau de la Sibérie et même au nord, dans le cours inférieur de l'Iénissei, mais il ne s'agit pas exactement de la même espèce que l'omoul du Baïkal.

Les pêcheurs du Baïkal ont plusieurs manières de conserver et de préparer les omouls, soit avec de la saumure ou alors en les faisant sécher au vent et au froid. En saumure, les poissons sont immédiatement vidés, sans les écailler, et placés dans des bidons avec du sel. Quelques jours après, on peut déjà les déguster. Mais la spécialité la plus appréciée est sans aucun doute l'omoul fumé à la chair d'une jolie teinte ambrée et à la texture fondante et délicieuse. Les villageois en raffolent et en mangent à toutes heures autour des petits marchés, des bouchées d'omoul fumé avalées entre deux gorgées de vodka, comme il se doit !

SE LOGERHaut de page

Si vous organisez vous-même votre séjour, il est toujours possible et souvent plus sympathique de loger chez l'habitant. On vous prépare le petit déjeuner à la sibérienne, c'est-à-dire un brunch local varié et délicieux. Cette formule de bed and breakfast est développée dans les zones de tourisme nature comme celle du lac Baïkal. Vous trouvez aussi des hôtels en Sibérie, mais dans les villes ils sont chers et pas toujours en bon état. Et dans les zones excentrés, il s'agit d'hôtels bas de gamme. Mais pour une nuit ce n'est pas grave... Le mieux reste de profiter des lodges et cabanes de rondins des zones de pêche qui accueillent les touristes, vous trouverez toujours un arrangement avec les guides locaux.

SE RESTAURERHaut de page

La cuisine sibérienne marie harmonieusement les traditions culinaires des tribus nomades, des Bouriates et des Evenques, des cosaques venus de la Russie centrale ou encore de l'aristocratie qui a apporté sa touche d'un certain raffinement. Il s'agit toutefois d'une cuisine calorique qui permet d'endurer les rigueurs hivernales. De nombreux plats traditionnels perdurent dont les zakouski, délicieux petits hors-d'oeuvre de poissons (esturgeons, saumon ou crabe), de viande et de salades composées. Le caviar se déguste sur une tranche du pain de seigle ou de mie beurrée et s'accompagne merveilleusement d'une vodka glacée. On peut remplacer le caviar par les oeufs de saumon ou une rondelle de concombre et une sardine de boite. Les soupes sont une vraie tradition russe. On en prépare de toutes sortes. Mais rien à voir avec les soupes françaises genre velouté où les ingrédients sont mixés. En outre, les soupes à la russe se servent au déjeuner, jamais le soir. Elles se déclinent en soupes aux poissons, les chtchi, en potages aux concombres salées et bien d'autres. Mais, bien entendu, c'est les bortschs qui font la fierté de la gastronomie russe. Une particularité locale est l'omoul, la truite du lac Baïkal, qui se mange dans toute la région du lac. On le prépare de multiples manières : grillé, fumé, séché, en papillote, salé cru, en brochette... Au rayon poisson, la cuisine sibérienne fait aussi une place de choix à l'esturgeon, à l'ombre, au sig (famille des lavarets corégones) ou encore au brochet. Mais viande ou poisson, vous n'échapperez ni aux cornichons malossol ni à la vodka !

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