Le guide : PECHE : Italie

Italie

Il n'y a pas que des pizzas et des spaghettis en Italie, il y a aussi des poissons et, par conséquence, des pêcheurs ! Petits et grands lacs, torrents et rivières, étangs et lagunes, sans oublier le long littoral de la botte, sont autant d'attraits pour les amateurs de pêche. Et bien entendu, en prime toutes les beautés et les richesses de l'Italie. Son soleil, ses gourmandises salées ou sucrées, mitonnées ou glacées, sa slow-food résistante, ses monuments religieux, ses musées, ses villages perchés et sa grande diversité d'un nord au sud. Un vrai bonheur de vivre et de pêcher. La dolce vita, bien entendu !

Un tuyau : profitez de l'agritourismo dont l'Italie fut l'une des pionnières. Vous logez à la " ferme " - en fait au coeur d'un vignoble ou/et d'une oliveraie en profitant généralement de prestations haut de gamme - et profitez de la connaissance de terrain de vos hôtes. Dans les bons coins de pêche, il y aura toujours un pêcheur dans les parages !

Le pescatourisme, une invention italienne

Cette activité touristique est née, en Italie, en 1998, à l'initiative des coopératives de pêche à travers le consortium Progetto economia ittica-turismo con i pescatori. Il s'agissait de développer deux activités complémentaires : le Pescaturismo et l'Ittiturismo. La première propose une journée de balade en mer, pour découvrir les métiers de la pêche, de la cabine au relevage des filets. Seul le poisson nécessaire à la confection d'un repas, préparé par les marins pour les touristes, est pêché. La seconde est une activité d'hébergement dans l'habitat typique et traditionnel des pêcheurs. Cette pratique a été rendue possible grâce à un décret de loi adapté aux caractéristiques de la pêche artisanale italienne, qui autorise l'embarquement de 12 personnes au maximum, à bord d'un navire armé pour la pêche professionnelle. Environ 10 000 touristes par an sont accueillis dans le cadre de ce projet.

Voici une nouvelle activité touristique et une nouvelle forme de développement durable. Les touristes apprécient la découverte des coulisses de la vie d'un bateau de pêche artisanal et les pêcheurs professionnels valorisent leur activité. La formule fait des émules dans d'autres pays dont la France et l'activité connaît toujours plus de succès. La valeur ajoutée du pescatourisme est multiple. Il apporte un complément de revenu au pêcheur qui l'aide à faire face aux contraintes des quotas de pêche, avec une pénibilité de travail moindre que celle d'une journée classique de pêche. Et les touristes perçoivent mieux les difficultés du pêcheur qui doit faire face aux pêches aléatoires, à la concurrence de la pêche industrielle et à l'omniprésence de la navigation de plaisance. On sauvegarde la mémoire d'un métier tout en lui offrant de nouvelles perspectives susceptibles d'attirer des jeunes et d'assurer la relève. Ainsi, le pêcheur trouve une possibilité d'accroître ses revenus par la diversification de son activité, comme c'est déjà le cas, depuis bien longtemps, pour les agriculteurs et l'accueil à la ferme (agriturismo) dont l'Italie fut aussi une pionnière.

Les pêcheurs du sud de la France, surtout ceux qui habitent vers Nice ou ceux qui habitent en Savoie, passent facilement la frontière avec l'Italie en voiture pour aller pêcher des poissons italiens ! Vous pouvez aussi vous rendre en Italie par le train, le bus, l'avion (des compagnies low-cost, dont Easyjet, proposent des tarifs très intéressants y compris depuis la province). Bien entendu, si vous vous rendez en Italie avec votre véhicule, vous pourrez plus facilement vous déplacer d'un spot à l'autre. L'autre solution est de partir dans le cadre d'un séjour de pêche depuis la France.

LES DIFFÉRENTS SPOTSHaut de page

Les berges et les eaux italiennes offrent de nombreuses tentations aux pêcheurs. Le pays est surtout connu des moucheurs et des passionnés de truites. Mais toutes les pêches sont possibles. Les carpistes sont de plus en plus nombreux à découvrir les richesse des lacs italiens. La pêche en mer et le street fishing complètent le tableau halieutique de ce pays qui compte bien d'autres attraits que ses poissons ! Comme en France, pour pratiquer la pêche en eau douce vous devez acheter une carte. Celle-ci est annuelle. Une raison de plus pour programmer plusieurs séjours de pêche en Italie au cours de l'année ! Vous obtiendrez tous les renseignements - du moins ceux qui comprennent l'Italien ! - auprès de la federazione italiana della pesca sportiva (Viale Tiziano 70, Roma, Italia). On peut se procurer cette carte soit en écrivant à la fédération, soit en se rendant dans n'importe quel office provincial de la fédération. Comme en France la fédération nationale possède, en effet, des antennes dans toutes les régions du pays où l'on trouvera également toutes les précisions nécessaires sur la réglementation locale, les points de vente de carte, les ouvertures, les réserves, etc. Comme ailleurs, pour la pêche en mer, pas besoin de carte.
On trouve des truites, des ombres, des ombres chevaliers en montagne. Certains lacs ou rivières foisonnent d'ablettes, chabots, carpes, perches, tanches, brochets et de gardons. Vous pouvez ajouter à votre tableau de pêche : espadon, anguilles, palourdes...

Le TanaroHaut de page

C'est le plus important affluent du fleuve Pô qui se jette dans l'Adriatique. Cette rivière d'une quinzaine de mètres de large offre un énorme potentiel halieutique qui attire des pêcheurs de tous horizons. Le parcours d'Orméa (à 1 heure de Nice) est géré par Renzo Cagna qui obtient dès 1961 le droit de pêche en louant une portion de 5 Km de la rivière à la commune d'Orméa où il a créé la réserve Turi Pesca (voir hébergement, attenante à son hôtel restaurant le San Carlo. Cette portion de rivière aux postes bien marqués est assez rapide et morcelée de gros blocs rocheux qui viennent casser les veines d'eaux et creusent par endroits des gours de plusieurs mètres de fond. La clarté de l'eau, le gravier blanc immaculé et l'absence de pollution font de cette rivière un vrai petit paradis pour les yeux du pêcheur. Le parcours est divisé en 2 zones distinctes. La zone bleue (zona blu) de 2 km est réservée aux pêcheurs au lancer et aux appâts naturels et la zone rouge (zona rossa) de 3 km aux pêcheurs à la mouche artificielle. Un bémol : la zone bleue est interdite au no-kill et tout poisson piqué et ramené doit être conservé. Vos 5 truites quotidiennes autorisées ramenées vous n'avez plus qu'à cesser de pêcher ! Cependant, les eaux cristallines du Tanaro permettent assez régulièrement d'attaquer les truites à vue et en conséquence de sélectionner ainsi les plus beaux sujets. Les pêcheurs italiens ne pêchant pratiquement qu'au poisson nageur sur ce parcours, il est de bon ton de faire la différence et de leurrer les grosses fario au vairon mort manié (les pêcheurs italiens parlent de " pêche à la française " !). Prévoyez une bonne provision de vairon, car il est impossible de s'approvisionner sur place ou d'en pêcher dans le Tanaro.

Dans cette rivière exempte de pollution, la pêche est un vrai régal et les insectes fort nombreux. Les éclosions de trichoptères sont fréquentes et les gobages qui s'en suivent sont toujours très spectaculaires. Attention à la casse, car les poissons sont combatifs et de belles tailles ! Cela surprend le pêcheur habitué aux rivières françaises. La majorité des truites avoisinent le kilo. Les plus beaux poissons font entre 65 et 75 cm pour 3 kg à 3,5 kg. Et certains canyons profonds recèlent des poissons énormes, visibles sur le fond clair de la rivière. C'est que le site est propice, la nourriture naturelle abondante et s'ajoute l'introduction régulière de nombreux poissons parfaitement acclimatés à ce milieu. En effet, ils sont issus de bassins alimentés par un système ingénieux de dérivation des eaux provenant directement de la rivière où ils stationnent quelques temps avant de retrouver le Tanaro.

Les DolomitesHaut de page

Les torrents et rivières des Dolomites italiennes, haute montagne connue pour ses stations de ski et ses sommets qui défient les alpinistes, font aussi le bonheur des pêcheurs à la mouche. La vallée du Haut Adige et ses cours d'eau impétueux et des lacs de montagne sont particulièrement réputés pour la pêche à la truite et à l'ombre. Une pêche sportive, des paysages splendides, des poissons vifs font le bonheur des sportifs passionnés de truites.

Le delta du PôHaut de page

Classé par l'UNESCO au patrimoine mondial de l'humanité, moitié terre, moitié mer, le parc du Delta du Pô en Émilie Romage couvre 52 000 ha présentant une grande biodiversité, abritant nitamment des centaines d'espèces d'oiseaux. C'est une immense zone humide, tout à la fois parc terrestre, parc fluvial et parc côtier. Le parc autorise certains activités humaines dont l'agriculture et la pêche, pêche professionnelle (dont la récolte de mollusques : palourdes) et la pêche sportive. Dans les deux cas, la pêche est strictement réglementée par l'organisme de gestion du parc. Dans les marais du delta, on pratique aussi la pisciculture dans sa version traditionnelle et artisanal.

Le Delta du Po est connu pour la pêche à l'anguille, professionnelle ou de loisir. L'anguille est dotée d'un odorat surprenant qui lui permet de percevoir l'odeur d'un lombric à 10 mètres de distance, caractéristique qui doit être bien considérée au moment de la pêche. Sa prédilection pour les fonds mous fait du Delta du Po son habitat idéal. Le territoire intéressé par la production de l'anguille comprend les vallées du Delta et les villages de Rosolina, Porto Viro, Porto Tolle, Ariano dans le Polesine dans la province de Rovigo. Il est conseillé d'aller à la pêche à l'anguille pendant la nuit ou au coucher du soleil, en marée fortement croissante, en restant près de la rive où l'animal va chercher sa nourriture, ou dans des sites isolés, loin des voies de communication. Ses amorces préférées sont sans doute les vers et les entrailles de poulet non lavées. L'anguille est un poisson délicieux cuisiné sur la braise. On peut aussi cueillir les palourdes qui sont délicieuses à l'apéritif ou pour confectionner des sauces pour le risotto ou les spaghettis.

Pesca tourisme à Cervia

Nous sommes au bord de l'Adriatique, dans la province de Ravenne et la région d'Emilie Romagne, à la limite de la plaine du Pô et des marais salants. En 1502 Michel-Ange fit les plans de ce port-canal artificiellement créé et gagné sur la mer, à l'emplacement d'un ancien port de simple amarrage. Durant la seconde guerre mondiale, les pêcheurs se distinguèrent par leur résistance, sabordant leurs bateaux pour qu'ils ne tombent pas aux mains des fascistes. Aujourd'hui, les 200 pêcheurs de Cesenatico, réunis en coopérative, ramènent au port les fameux poissons bleus (azzuro) de l'Adriatique, élèvent les succulentes moules d'appellation Émilie-Romagne, animent la criée du port et nous invitent en mer avant dégustation. Selon la météo, les touristes embarquent par petits groupes à bord d'un bateau pour une pêche de la matinée. Et l'on apprend à regarder la mer : repérer les oiseaux qui suivent les thons, ou le scintillement de l'eau au passage d'un banc de poissons. De retour au port, les pêcheurs préparent les poissons du jour pour le repas de midi. L'occasion aussi de discuter avec les poissonniers de la Pescheria, vieille halle aux poissons toujours en activité. Il faut visiter, le long du canal, le passionnant musée de la marine qui dévoile l'histoire de la pêche de Cesenatico et des ports voisins de l'Adriatique : la vie à bord, la conservation et la commercialisation du poisson, les coutumes et les croyances liées à la mer. Le musée déborde sur l'eau où est amarrée une magnifique flotte de bateaux anciens, trabac et bragozzo, tout de bois et voiles de coton teintées de safran ou de rouge avec leur proue arborant une paire d'yeux porte bonheur. A Noël, les bateaux s'illuminent et accueillent une crèche géante de pêcheurs grandeur nature. En été, des régates à l'ancienne sont organisées, associant voiliers historiques et bateaux de pêche.

Au royaume de la palourde

Vu du ciel, le delta du Pô est un maillage d'îles, de marais et de lagunes, une terre d'eau domptée par l'homme. A la fin des années 1970, quelques familles pauvres vinrent s'installer dans cet environnement alors franchement hostile et infesté de moustiques. Aujourd'hui, la pêche artisanale à la palourde a fait leur richesse et celle de toute cette région. Le miracle s'est opéré dans les années 1980 avec l'introduction d'une nouvelle variété de palourde venue du Japon. Celle-ci s'est si bien adaptée que depuis 2000, elle s'y reproduit. Une vraie manne : cette pêche a produit six mille emplois. Les pêcheurs ramassent environ dix sept mille tonnes de palourdes par an. La pêche à la palourde fournit 90% de la production européenne et contribue à la réputation de l'Italie avec les spaghettis alle vongole !

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SE RESTAURERHaut de page
Espadon à la calabraise

Cuisiner l'espadon est une tradition en Sicile et en Calabre. D'ailleurs, ce poisson a le bon goût de se marier fort bien avec les produits locaux : les câpres, le citron, l'olive, l'aubergine, les poivrons et tutti quanti. L'espadon est un poisson généreux qui peut atteindre cinq mètres et peser jusque 500 kilos. C'est un poisson sportif aussi, qui peut nager jusqu'à 110 kilomètres/heure. Malheureusement, compte tenu de la surpêche, les stocks s'amenuisent. On peut aussi réaliser cette recette avec un poisson moins noble et moins cher comme par exemple le pangasius. On prépare aussi des sardines à la calabraise et... en fait tous les poissons de l'Adriatique. Quant à l'espadon, il est également délicieux simplement grillé ou préparé en boulettes. Dans une version gastronomique, on peut aussi tenter le carpaccio d'espadon aux tomates séchées. En attendant, voici la recette de l'espadon à la calabraise :

Ingrédients pour 4 personnes : 4 tranches d'espadon, 2 gousses d'ail, 50 gr de câpres au vinaigre, 1 petit bouquet de persil, 1 pincée d'origan, le jus d'un citron, 3 cl d'huile d'olive, sel, poivre

Préparation : faire chauffer l'huile d'olive dans une sauteuse. Ajouter l'ail et le poisson. Salez. Rincer les câpres et les ajouter à la préparation. Cuire quelques minutes le poisson de chaque côté. Ajouter alors le jus de citron et cuisez encore quelques minutes. Parsemez d'origan et persil haché.

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