Le guide : GUIDE DE L'EXPATRIATION : Sécurité et accessibilité

Sécurité et accessibilité

Afin de vous renseigner sur les éventuels risques présents dans votre pays d'accueil (sanitaires, sécuritaires, naturels), consultez les sites du ministère des Affaires étrangères et du Développement international, ainsi que le site Veille Info Tourisme et celui d'International SOS.

Quelques conseils en préambule. Notez que le bon sens peut vous éviter bien des situations critiques. La discrétion, notamment, est l'une des règles principales en voyage. Les objets de valeur, accessoires ou technologiques, attirent les convoitises. Laissez-les chez vous. Gardez une photocopie de vos documents importants (papiers d'identité, numéros de cartes, etc.) dans un autre endroit que les originaux. Vous pouvez aussi vous les envoyer sur votre boîte mail.

Côté moyens de paiement, gardez toujours avec vous le numéro d'assistance de votre banque. Pour plus d'assurance, vous pouvez emporter deux cartes bancaires.

Lorsque vous entrez dans un pays, photocopiez la page de votre visa avec le tampon d'entrée, et conservez ce papier dans un endroit différent de votre passeport. Si vous perdez votre passeport, les formalités pour ressortir du pays seront facilitées.

Evitez les quartiers mal famés. Les locaux sauront vous dire où ne pas aller, écoutez-les. Dans les endroits bondés, gardez votre sac contre vous et faites attention aux éventuels pickpockets.

Enfin, conservez un petit carnet de notes et de contacts, au cas où l'ensemble de vos appareils électroniques serait hors service. N'oubliez pas non plus d'y noter les "identifiants de connexion" des différents sites qui vous seraient utiles pendant le voyage.

Respect des us et coutumesHaut de page

C'est la base de toute expatriation. Vous voilà dans un autre pays que le vôtre, modelé par d'autres coutumes et traditions. En fonction du choc culturel, l'expatriation peut être plus ou moins facile pour vous et ceux qui vous accompagnent. Le meilleur moyen de s'adapter est de se renseigner sur les différences entre la France et votre pays d'accueil, et de vous y préparer. De nombreux blogs d'expats dans divers pays racontent ces petits ou grands chocs, qu'il faut apprendre à gérer, puis à éviter. Egalement, les formations interculturelles, proposées par des entreprises spécialisées (CERAN, Akteos, etc.), peuvent vous aider dans ce domaine.

Pour vous intégrer et respecter la population locale, vous allez devoir tenir compte des éventuelles coutumes vestimentaires. Au Japon, par exemple, c'est le statut social qui détermine la manière de s'habiller au travail. A Hong Kong, également, il est de bon ton d'arborer une cravate rouge, couleur qui représente la chance. En Arabie saoudite, enfin, les femmes doivent porter un voile, qui couvre cheveux et corps. Dans tous les cas, tâchez au mieux de respecter ces règles, sous peine de choquer la pudeur des locaux, voire de vous exposer à des réactions plus ou moins violentes.

ReligionHaut de page

Même remarque que précédemment, certains pays sont laïcs et libertaires, d'autres affichent une religion principale. Certains interdisent même toute pratique religieuse différente de la religion d'Etat. Là encore, à vous de vous renseigner sur les pratiques locales et la manière de s'y conformer.

Dans certains pays, majoritairement musulmans, l'alcool est interdit. La plupart du temps, il n'est interdit qu'aux musulmans (au Koweit ou aux Maldives, par exemple), les étrangers non musulmans pouvant le consommer de manière réglementée et discrète, souvent dans les hôtels. Parfois, il est entièrement banni et sa consommation, ou sa fabrication, est très sévèrement punie.

AttitudeHaut de page

D'une manière générale, le respect et l'écoute sont à privilégier dans vos relations avec la population locale. Il se peut que vous ne vous compreniez pas sur tout, voire qu'une partie soit choquée par le comportement ou les opinions de l'autre. Mais ne perdez pas de vue que vous êtes un hôte dans ce pays d'accueil, et que c'est à vous de vous adapter. Pour simplifier vos relations, du moins vos premiers contacts, évitez de parler religion ou politique pour ne pas froisser les sensibilités.

Responsabilités pénales à l’étrangerHaut de page

Il vous incombe d'être au fait des lois locales, notamment en matière de circulation et de consommation d'alcool et de stupéfiants.

Comment se renseigner sur la législation locale ?Haut de page

Il convient en premier lieu de vous renseigner sur la législation en termes de visa, de droit du séjour et de permis de travail auprès de l'ambassade de votre pays de destination. Vous pourrez alors solliciter le visa qui convient pour obtenir ensuite un titre de séjour correspondant à votre situation. Sur place, vous devrez veiller à détenir un titre de séjour en cours de validité et à le renouveler dans les délais fixés. Les sanctions en cas d'infraction (dépassement de la date de validité, emploi rémunéré sans permis de travail...) peuvent être très lourdes (forte amende, expulsion, détention) dans certains pays.

La rubrique Conseils aux voyageurs du site France Diplomatie donne, par pays, les éléments à connaître absolument en matière de législation locale pour ne pas risquer de se mettre en délicatesse vis-à-vis des autorités locales. Vous trouverez notamment des informations utiles en matière de législation sur la consommation d'alcool et de stupéfiants ou en matière de moeurs, ainsi que tout autre aspect que l'ambassade de France dans le pays concerné aura jugé utile de signaler. Des informations utiles peuvent aussi figurer sur le site Internet de l'ambassade de France du pays d'accueil.

En cas de problème

En cas d'arrestation ou d'incarcération, la loi locale s'applique, mais un Français qui commet un crime à l'étranger peut également être poursuivi en France (art. 113-6 et 227-27-1 du Code pénal). Le premier réflexe doit être de demander aux autorités locales qu'elles en informent votre consulat. Elles ont l'obligation, dès que votre qualité d'étranger est établie, de vous informer de vos droits et d'avertir les services consulaires. Si elles négligent de le faire, l'intéressé peut revendiquer ce droit en se référant à la Convention de Vienne de 1963 sur les relations consulaires (article 36), d'où l'importance d'avoir toujours sur soi un document d'identité, ou une photocopie, indiquant votre nationalité. Ainsi, le consul pourra vous accorder la protection consulaire de la France et connaître la raison de votre arrestation.

Protection consulaire. Avec votre autorisation, le consul prévient votre famille et s'occupe de l'organisation des visites, et d'un éventuel acheminement de fonds de la part de votre famille. Vous avez ainsi une petite protection théorique quant aux conditions de détention et au respect des lois locales. Le consulat mettra également à votre disposition un avocat (à vos frais). Si le pays d'arrestation possède une convention de transfèrement avec la France, vous pourrez peut-être en bénéficier et exécuter votre peine en France. Vous retrouverez toutes ces informations sur le site du ministère des Affaires étrangères.

Que faire si l'un de vos proches est arrêté ? Contactez le Bureau de la protection des détenus, au ministère des Affaires étrangères au 01 43 17 80 32 en journée ; au 01 53 59 11 00 les nuits et week-ends.

En cas de difficultés diverses avec les autorités locales ou des particuliers. Le consulat peut communiquer les coordonnées d'interlocuteurs locaux utiles (administrations locales, avocats, interprètes, etc.). La plupart de ces informations sont disponibles sur le site Internet du consulat.

Pays à risques sanitairesHaut de page

En cas de situation exceptionnelle, le premier réflexe est toujours le même : rejoignez votre consulat, qui vous fournira aide et protection. Si vous vous installez dans une région sujette aux risques naturels (séismes, cyclones, etc.), consultez les conseils et précautions à prendre sur www.diplomatie.gouv.fr

Autre source d'information régulièrement mise à jour : la société International SOS, qui a établi une carte mettant en valeur les différents niveaux de risques par pays. International SOS définit pour sa carte les critères suivants :

présence de maladies infectieuses ;

facteurs environnementaux ;

niveau d'évacuation médicale ;

niveau de soins médicaux et dentaires locaux ;

accès aux produits pharmaceutiques ;

fluidité du système administratif, d'un point de vue culturel, organisationnel et linguistique.

 

A partir de ces critères, International SOS établit une classification selon cinq degrés :

Pays à faible risque médical. Système de soins pertinent dans tout le pays. Nombreux médecins spécialistes. Excellent système d'urgences médicales et dentaires. Large gamme de médicaments possibles. Peu de risques de maladies infectieuses.

Les pays concernés sont les suivants : l'Europe, les Etats-Unis, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, le Japon et la Corée du Sud, l'Uruguay, le Chili, l'Afrique du Sud. Ces nations possèdent un système de santé et des conditions d'hygiène confortables, qui limitent le risque sanitaire.

Pays à forte croissance à risque variable. Très grande variation entre la qualité du service médical dans les grandes villes et dans le reste du pays. Dans les grandes villes : système de soins pertinent accessible à une population aisée. Dans le reste du pays : soins médicaux, services d'urgences et soins dentaires sont basiques. L'accès aux médicaments est limité et la qualité n'est pas garantie. Des maladies infectieuses peuvent être une menace dans certaines régions.

Les pays concernés sont les suivants : la Russie, le Kazakhstan, l'Iran, la Chine, la Thaïlande, la Malaisie, l'Indonésie, l'Inde et le Pakistan, le Brésil et l'Argentine. Ces nations présentent des structures sanitaires inégales, en fonction des zones, les villes étant bien mieux loties que les campagnes reculées.

Pays à risque médical moyen. Système de soins pertinent accessible à une population aisée. Services d'urgences et de soins dentaires sont généralement disponibles. Risques de maladies liées à la nourriture et à l'eau. Maladies infectieuses comme la malaria et la dengue potentiellement présentes.

Les pays concernés sont les suivants : toute l'Amérique centrale, du Mexique au Panama, puis la Colombie, le Pérou, l'Equateur et le Paraguay, le Maroc et la Tunisie, l'Europe de l'Est avec Pologne, Lituanie, Biélorusse, Ukraine, Slovaquie, Roumanie, la Turquie, l'Egypte, l'Arabie saoudite.

Pays à risque médical haut. Services d'urgences et soins dentaires éventuellement accessibles. Médecine spécialisée limitée. Accès aux médicaments limité et qualité peu garantie. Risque sérieux de maladies infectieuses comme la typhoïde, le choléra, la dengue et la malaria.

Les pays concernés sont les suivants : le Venezuela et la Bolivie, une grande partie de l'Afrique, avec notamment l'Algérie, le Mali, la Mauritanie, le Nigéria, le Tchad, le Soudan, le Congo, l'Angola, la Tanzanie, Madagascar et le Botswana, ainsi que le Turkménistan, l'Ouzbékistan, le Kirghizstan, la Mongolie, le Myanmar et le Cambodge.

Pays à risque médical très haut. Système de soins presque inexistant ou extrêmement cher. Services d'urgences et de soins dentaires très limités voire inexistants. Médicaments non disponibles. Haut risque d'infection par l'eau et la nourriture. Risque sérieux de maladies infectieuses comme la typhoïde, le choléra, la dengue et la malaria.

Les pays concernés sont les suivants : Burkina Faso, Niger, Libye, Centrafrique, Somalie, pour l'Afrique, ainsi que l'Afghanistan, l'Irak, le Yémen, la Syrie et la Corée du nord, qui sont actuellement dans de très mauvaises conditions sanitaires, compte tenu de leurs situations politiques.

Pays à risques sécuritairesHaut de page

En cas de situation exceptionnelle, le premier réflexe est toujours le même : rejoignez votre consulat, qui vous fournira aide et protection. Si vous vous installez dans une région sujette aux risques sécuritaires, consultez les conseils et précautions à prendre sur www.diplomatie.gouv.fr.

En fonction du pays choisi, vous serez plus ou moins sujet aux "dangers potentiels". Le site diplomatie.gouv.fr est mis à jour constamment et indique le niveau de dangerosité. Sachez cependant que le site dresse une liste exhaustive des dangers potentiels et que cela donne parfois une image un peu alarmiste de la situation réelle du pays.

Les récentes analyses recensent une dizaine de pays à très haut risque, c'est-à-dire régulièrement secoués par des attentats, des guerres ou des interventions militaires : Syrie, Soudan, Somalie, République démocratique du Congo, Burundi, Yémen, Irak, Palestine, Afghanistan, Pakistan, Colombie. Une vingtaine d'autres pays sont régulièrement mentionnés comme étant dangereux pour les expatriés (enlèvements et attentats) : Mexique, Guatemala, Honduras, Haïti, Equateur, Pérou, Venezuela, Bolivie, Mauritanie, Algérie, Mali, Guinée, Niger, Nigeria, Guinée Bissau, Sierra Leone, Liberia, Tchad, République centrafricaine, Congo, Ouganda, Kenya, Ethiopie, Madagascar, Erythrée.

Notez qu'en cas d'attentat, la victime, ou ses ayants droit, peuvent transmettre une demande d'indemnisation au Fonds de Garantie des Victimes d'Actes de Terrorisme et Autres Infractions (FGTI, 64 rue Defrance 94682 Vincennes Cedex, Tél : 01 43 98 77 00).

La société International SOS a établi une carte qui met en valeur les différents niveaux de risques par pays, selon plusieurs critères :

violence politique, terrorisme, insurrections, guerres civiles politiques

violence sociale ou sectaire, communautaire ou ethnique

violence criminelle, mafia, drogue, prostitution

fiabilité des infrastructures routières et de transport

fiabilité de l'industrie

efficacité des services de sécurité et d'urgence

risques de catastrophes naturelles

International SOS établit ensuite cinq degrés de risques pour le voyageur et l'expatrié.

Risque insignifiant : Taux de violence criminelle très bas. Pas de violence politique ou civile, peu de violence sociale, qu'elle soit sectaire, communautaire, raciale ou xénophobe. Services d'urgences et de sécurité fiables, infrastructures sécurisées. Système de transports de qualité. Industrie contrôlée.

Les pays concernés sont les suivants : Groenland, Islande, Scandinavie.

Risque bas : Taux de violence criminelle bas. Violence sociale rare. Terrorisme occasionnel mais avec une portée limitée. Services d'urgences et de sécurité efficaces. Infrastructures fiables, transports et industrie fiables.

Les pays concernés sont les suivants : Canada et Etats-Unis, Chili, Argentine, Uruguay, Europe de l'Ouest et du Sud, Japon, Corée du Sud, Chine, Australie et Nouvelle-Zélande.

Risque moyen : Agitation politique périodique. Manifestations violentes, insurrections et actes de terrorisme occasionnels. Voyageurs et expatriés peuvent rencontrer une certaine violence raciale ou communautaire, ainsi que des crimes violents. Efficacité des services de sécurité et d'urgences variable. Industries et transports moyennement fiables.

Les pays concernés sont les suivants : Brésil, Pérou, Colombie, une partie du Mexique, Ukraine, Afrique du Sud, Russie, anciennes républiques soviétiques, Inde.

Risque haut : Manifestations violentes potentielles, agitation politique régulière et pouvant mettre en danger voyageurs et expatriés. Violence criminelle et terrorisme problématiques. Violence raciale, sectaire et communautaire courante, notamment envers les étrangers. Certaines régions inaccessibles pour le voyageur.

Les pays concernés sont les suivants : une grande partie de l'Amérique centrale, Mexique, Guatemala, El Salvador, Colombie, Honduras, Haïti, Venezuela, avec une violence principalement liée aux cartels de drogue, puis en Afrique, le nord de la Libye, le sud du Mali, le Niger, le Tchad, la Somalie, l'Erythrée, le Congo, le sud de Madagascar, en Europe de l'Est, la Géorgie, le Kirghizstan, également l'ouest de l'Iran, le Myanmar, l'est de l'Inde, la Malaisie, une partie de l'Indonésie et de la Papouasie Nouvelle-Guinée.

Risque extrême : peu ou pas de contrôle gouvernemental. Menaces sérieuses d'attaques violentes par des groupes armés visant les étrangers. Services gouvernementaux et transports quasi inexistants. Grande partie du pays inaccessible aux étrangers.

Les pays concernés sont : Libye, Niger, Mali, Sud Soudan, République centrafricaine, Somalie, et au Moyen-Orient, avec la Syrie, l'Irak, l'Afghanistan. Ces nations sont marquées par les guerres et le risque terroriste (enlèvements et attaques) est très fort.

A consulter ici : www.internationalsos.com/travelriskmap

A l'assaut des pôles, derniers territoires inexplorés

Voilà deux destinations prisées des scientifiques, mais aussi des journalistes et des explorateurs professionnels. Selon vos compétences, vous pouvez être amené à vous expatrier dans ces terres absolument extraordinaires, qui touchent aux confins du monde. Vous pouvez également accéder à ces territoires au départ de plusieurs pays, comme la Norvège, les Etats-Unis ou le Canada, pour le pôle Nord, ou l'Australie pour le pôle Sud.

Le pôle Nord ou Arctique

Une terre d'expéditions. Au XVIe siècle, le commerce s'est étendu en Europe et on cherche un moyen de parvenir plus vite en Orient. C'est ainsi que débutèrent les premières expéditions dans les eaux nordiques. Parmi les premiers explorateurs qui tentèrent l'aventure du Grand Nord, on retient d'abord Jacques Cartier. Le navigateur parvient en 1534 à Terre Neuve et découvre ainsi le Canada. Il ouvre alors la voie à de nombreuses expéditions, dont beaucoup resteront infructueuses.

Hugh Willoughby se lancera en 1553 en quête d'un nouveau passage vers l'Est. Sous l'impulsion de la couronne britannique, une expédition est montée pour explorer les eaux arctiques. Sir Willoughby en prendra les commandes. Trois bateaux mettent les voiles vers le Nord, mais se retrouvent bien vite coincés dans les glaces qui entourent les côtes de Laponie. Malgré des tentatives répétées d'établir un campement sur la terre ferme, l'équipe reste coincée pendant des mois. Un an plus tard, on retrouvera les corps des victimes et un seul survivant, Richard Chancellor, qui aura réussi à atteindre la Russie en luge. L'expédition n'aboutira jamais.

En 1560, un autre Britannique, Martin Frobisher, se lance à nouveau à l'assaut de ce passage du Grand Nord. Frobisher avait comme motivation première de découvrir de l'or et de devenir riche. Il explora pour cela une grande partie du Canada, dont notamment la baie de Frobisher, qu'il convoitait tout particulièrement. Malheureusement pour lui, il ne trouva que de la pyrite et tomba en disgrâce auprès de ses investisseurs.

Après ces deux hommes, d'autres expéditions furent lancées, mais le territoire restera impénétrable jusqu'au début du XXe siècle. Sur la conquête du pôle Nord, une polémique demeure, sans que l'on puisse la démêler. En effet, deux hommes clament être les découvreurs du territoire, Robert Peary d'un côté, Frederick Cook de l'autre. Peary lance son projet en 1891-1892. Avec son épouse, il quitte les Etats-Unis dont il est originaire et part vivre chez les Inuits du Canada et apprend à survivre dans des conditions de froid extrême. En 1893, il s'établit au Groenland. Pendant plusieurs années, il s'entraîne avec différents bateaux, mais le lancement de l'expédition ultime sera finalement décidé en 1906, lorsqu'il apprend que l'un de ses anciens collaborateurs, qui a lui aussi participé à ses expéditions, Frederick Cook, vient de lancer sa propre exploration. Parti de New York en juillet 1908, il atteint la côte nord-ouest de la terre de Grant et embauche des familles esquimaudes dans son équipe. Au moyen de 19 traîneaux de chiens, il part à l'assaut du pôle Nord en février 1909. Le 6 avril 1909, à 18h, il réalise enfin le rêve de toute sa vie. Le pôle Nord est sous ses pieds. L'expédition prouvera entre autre que le pôle Nord est situé au milieu d'un océan glacé dont on ne pourra déterminer la profondeur (plus de 3 km en tout cas). Peary devra attendre toutefois plusieurs mois (septembre) pour prévenir les Etats-Unis que son but est atteint. Et c'est là que débute la polémique. La nouvelle arrive cinq jours après un télégramme de Cook, qui affirme avoir atteint le pôle Nord le 21 avril 1908, soit un an avant Peary. Les faits ne seront pas entièrement vérifiés. La presse se divise, le New York Times et la National Geographic Society soutiennent que seul Peary a pu aboutir ; le New Herald Tribune et l'Explorer Club, ainsi que des spécialistes de la zone arctique, assurent que la victoire revient à Cook. Pendant deux ans, l'affaire n'aboutit pas et c'est finalement le Congrès américain qui tranche, en 1911, accordant à Peary la paternité de la découverte. Dans le courant du XXe siècle, le pôle Nord sera également exploré en avion, par plusieurs aventuriers/pilotes. Un autre explorateur marquera l'histoire du pôle Nord et celle du pôle Sud. Roald Amundsen (1872-1928) est le premier à ouvrir le passage du Nord-Ouest en 1905. Quelques années plus tard, il décide de prolonger son expédition vers le pôle Nord mais l'info selon laquelle Peary aurait déjà atteint ce point lui parvient. Il décide alors de changer de cap et part vers le pôle Sud, tout en gardant le projet secret. Il transforme l'essai en 1911, puis s'attaque à nouveau au pôle Nord en empruntant cette fois un dirigeable. En 1926, il est le premier homme à avoir atteint les deux pôles.

Le Conseil Arctique. L'idée d'une collaboration entre les huit pays qui possèdent des territoires en Arctique a germé dans l'esprit de leurs dirigeants à partir des années 1980. Après des années de discussions, ils ont formé le Conseil arctique (Arctic Council) pour établir un meilleur dialogue entre les nations du Grand Nord. Ainsi, en septembre 1996, la Norvège, la Suède, la Finlande, la Russie, les Etats-Unis (l'Alaska), le Canada, le Danemark (Groenland) et l'Islande ont signé à Ottawa (capitale du Canada) la Déclaration de l'Etablissement du Conseil arctique (Declaration on the Establishment of the Arctic Council), plus connue sous le nom de la Déclaration d'Ottawa. On estime à 4 millions la population du Cercle arctique, ses deux plus grandes agglomérations se trouvant en Russie, à Murmansk et Norilsk.

La voie du Nord-Ouest. Finalement, au début du XXIe siècle, on entrevoit la possibilité de naviguer dans les eaux du pôle Nord et de parvenir à cette fameuse route plus courte entre Europe et Asie - qui fera gagner quelque 7 000 km aux cargos qui passent habituellement par les canaux de Panama ou de Suez. Cela " grâce " à la fonte des glaciers provoquée par le réchauffement climatique. En 2007, on a constaté 180 jours libres de glace, contre 140 en 1930. Une aubaine pour tous ceux qui souhaitent utiliser ces voies pour s'enrichir. Le pôle est également supposé comme étant riche de gaz et de pétrole. On imagine la cohue qui se prépare pour cette ruée vers l'or blanc. Mais emprunter ces nouvelles routes maritimes influera énormément sur l'environnement du pôle. Des questions se posent encore sur la manière de travailler sur ce territoire hostile (il faut par exemple concevoir des machines qui résistent à des températures de -50 °C), mais cela ne fait que retarder l'inévitable. Le pôle Nord sera bientôt envahi. A l'heure actuelle, l'océan Arctique reste le plus méconnu de la planète. Mais toutes les données d'observation montrent que la superficie et l'épaisseur des glaces qui le recouvrent diminuent. Au rythme actuel, dans quelques décennies, la banquise disparaîtra en été, ce qui aura d'importantes conséquences géopolitiques et socio-économiques. 1,5 million de touristes séjournent déjà chaque année sur la banquise.

Suggestions d'itinéraires. Plusieurs croisières et expéditions sont organisées en Arctique. En voici quelques exemples, glanés chez les agences de voyages. A partir de la Norvège du Nord, on voyagera en bateau à la fin de l'automne pour profiter des splendides couleurs de l'automne de jour et, avec un peu de chance, des aurores boréales de nuit. Autre possibilité, en Finlande ou au Canada, un voyage en raquettes, à bord d'un traîneau à chiens, en ski nordique ou de randonnée, voire même tout à la fois, pour découvrir le " Grand Blanc ", bien loin des stations touristiques de sports d'hiver. L'une des régions les plus visitées (même si cela reste tout de même très modéré) est la Laponie (Lappland en suédois). Elle s'étend sur 400 000 km² et inclut le nord de la Norvège, la Suède et la Finlande, ainsi que la péninsule de Kola, en Russie. La Laponie est la terre du peuple sami, les Lapons, des nomades du nord de l'Europe qui suivent les migrations du caribou. Ils l'appellent " Sapmi ". Les Lapons, dont la culture est restée très vivace, respectent des traditions ancestrales et vivent principalement de la chasse, de la pêche et de la vente de leur artisanat. C'est le plus grand peuple indigène d'Europe. A l'instar des Inuits au Canada, ils pratiquent le chamanisme. On peut aussi s'inspirer des expéditions magiques de l'aventurier sud-africain Mike Horn dans les années 2000, Arktos. Il a en effet réalisé un tour du monde en suivant le cercle polaire arctique (20 000 km). Cet ancien des forces spéciales sud-africaines est habitué à survivre en terrain hostile. En 2002, il parcourt à pied, en vélo, en kayak, en voilier, à ski et à ski tracté par un cerf-volant les 20 000 km de boucle. Et ce n'est pas l'amputation de trois de ses doigts qui l'arrête. Après deux ans et trois mois d'aventure, il revient avec un film (Arktos : Le voyage intérieur) et un roman (Conquérant de l'impossible). Il remporte notamment le record de traversée du Groenland en 15 jours, devient le premier homme à réaliser le tour du Cercle arctique et à survivre à deux hivers arctiques de suite.

Le pôle Sud ou Antarctique

Le pôle Sud ou Antarctique a été découvert bien après l'Arctique, mais les expéditions scientifiques, puis touristiques, s'y sont multipliées depuis les années 1960. L'Antarctique est bordé par l'océan Austral, par la mer de Weddell et la mer de Ross. C'est le continent le plus froid (-90 °C à +15 °C), le plus sec et le plus venteux. Il est recouvert à 98 % de glace (30 millions de km3 de glace), dont l'épaisseur est en moyenne d'1,6 km. A l'inverse du pôle Nord, aucun être humain ne vit en Antarctique, aucune population n'y a jamais établi de campement et les animaux sauvages y règnent en maîtres. La découverte de ce continent se fera pas à pas. Francis Drake, en 1577, découvrira par hasard la Terre de feu. Auparavant, les géographes avaient émis l'hypothèse qu'un territoire s'étendait entre cette Terre de feu et le continent australien ; l'expédition de Drake prouvera le contraire. Deux siècles plus tard, en 1739, Jean-Baptiste Bouvet de Lozier part pour le compte de la Compagnie des Indes et découvre l'île Bouvet, qu'il prendra alors pour un continent. En 1773, James Cook franchit pour la première fois le cercle polaire, mais ne trouve pas les terres supposées par les cartes de Bouvet de Lozier. Il faut attendre 1820 pour que l'on découvre vraiment l'Antarctique. Trois capitaines, un Russe, un Américain et un Britannique débarqueront sur ces champs de glace. Vingt ans plus tard, c'est le Français Dumont D'Urville qui plante le premier drapeau dans la couche glacée. Le Norvégien Amundsen, qui s'était déjà illustré dans la course au pôle Nord, réalise une expédition vers le pôle Sud et est le premier homme à atteindre ce point en 1911, malgré la concurrence d'une équipe britannique menée par Robert Falcon Scott. Dans les décennies suivantes, de nombreuses expéditions sont réalisées par plusieurs pays et finalement, en 1959, douze Etats signent le traité sur l'Antarctique, renforcé en 1991 par le protocole de Madrid, faisant de l'Antarctique une terre dédiée à la science. Les activités militaires y sont interdites ainsi que l'exploitation des ressources minérales sauf celles qui sont menées à des fins scientifiques. Plus de 4 000 scientifiques de 27 pays différents se presseront alors sur ces terres glacées, devenues une gigantesque réserve naturelle. Le tourisme y est restreint, afin de préserver l'incroyable diversité de ce continent.

Equipée sauvage au bout du monde. Quelques agences proposent toutefois des excursions, au départ de plusieurs pays. On pourra par exemple découvrir la faune magnifique des eaux antarctiques, comme les orques, les baleines à bosse, les phoques ou les manchots, au cours d'une croisière le long du cercle polaire. Des tours en avion sont aussi proposés. Parmi les lieux les plus accessibles, on retrouve l'île Bouvet, une île volcanique appartenant à la Norvège, les îles australiennes Heard et McDonald, seules îles subantarctiques à posséder des volcans actifs, et les Terres australes et antarctiques françaises, aussi connues sous l'acronyme TAAF (Kerguelen, Crozet et îles Saint-Paul et Amsterdam, les îles Éparses et la Terre Adélie). Sachez toutefois que les interactions de l'Homme avec la nature brute mettent en danger l'équilibre naturel du territoire. Ainsi, chaque année environ 50 000 touristes débarquent sur le sixième continent, soit dix fois plus que de chercheurs. Les tour-opérateurs agréés ont signé un pacte il y a vingt ans, l'International Association of Antartica Tour Operators, qui édicte un code de conduite environnementale. Les paquebots de plus 500 passagers sont par exemple interdits. Mais le continent reste menacé par cet afflux de visiteurs, qui malgré toutes les précautions, détruisent un écosystème très fragile.

Femme seuleHaut de page

Selon une étude TNS Sofres de 2005, 65 % des expatriés sont des hommes, et 69 % des expatriés sont en couple. Les femmes qui s'expatrient seules sont donc plutôt minoritaires. Bien évidemment, tout dépend du pays dans lequel vous vous installez.

En Europe, d'une manière générale, et dans le nord particulièrement, les femmes expatriées n'ont généralement pas de problème d'intégration, tant à la population expat' qu'à la population locale. En revanche, certaines zones du monde peuvent être moins accueillantes et sécurisantes. Une femme expatriée seule peut être considérée comme une originale, comme une proie pour certains milieux machistes, voire même comme un agent subversif dans certains Etats rigides.

Soyez donc bien informée des coutumes et des risques potentiels à vivre et voyager seule dans le pays que vous avez choisi.

Expatriation et handicapHaut de page

Si vous ou l'un de vos proches êtes en situation de handicap, il est nécessaire d'anticiper votre expatriation pour préparer au mieux votre arrivée dans le pays d'accueil. En fonction de vos contraintes, il convient de vérifier que le pays de destination dispose d'un système de santé et de protection sociale adapté à vos besoins. Même remarque pour la qualité des transports, la disponibilité et le coût de personnel auxiliaire ou soignant qualifié ainsi que l'accessibilité des écoles.

Protection sociale. Attention, les prestations versées en France au titre du handicap (allocation adulte handicapé, allocation d'éducation enfant handicapé, prestation de compensation du handicap) sont conditionnées à la résidence du bénéficiaire en France. Leur versement est donc suspendu lors d'un déménagement à l'étranger à l'exception de trois cas très précis : poursuite d'études, apprentissage d'une langue étrangère ou formation professionnelle.

Par ailleurs, un certain nombre de soins sont, en France, pris en charge par la Sécurité sociale. A l'étranger, le système local de sécurité sociale ne rembourse pas forcément les mêmes soins. Il est indispensable de vérifier, avant le départ, l'étendue de la couverture sociale à l'étranger. Le Centre des Liaisons Européennes et Internationales de Sécurité Sociale (CLEISS) recense les caractéristiques de nombreux systèmes de protection sociale à l'étranger. A retrouver sur www.cleiss.fr, avec des liens vers les organismes locaux de Sécurité sociale. En fonction de la situation, il peut être intéressant de cotiser à la Caisse des français de l'étranger (CFE) ou à une assurance complémentaire, en plus de la protection sociale locale.

Santé. Assurez-vous de la possibilité de trouver sur place un personnel médical ou d'accompagnement qualifié ainsi que le matériel et les médicaments nécessaires à votre traitement. Vous pourrez obtenir des informations utiles auprès des professionnels de santé exerçant dans le pays de destination et des organismes locaux chargés des questions relatives au handicap ou d'associations auprès du consulat. Une liste des médecins francophones est disponible sur les sites Internet des consulats. Les dossiers pays de l'expatriation du site diplomatie.gouv.fr peuvent également vous renseigner sur ce sujet.

Scolarité. Si vous souhaitez scolariser un enfant handicapé, ne perdez pas de vue que les mesures d'accompagnement dont il est éventuellement bénéficiaire en France ne seront pas forcément appliquées à l'étranger, même dans un établissement d'enseignement français. Il faut donc prendre contact avec l'équipe pédagogique de l'établissement choisi pour aménager au mieux la scolarité de votre enfant.

Expatriation et homosexualitéHaut de page

L'homosexualité n'est malheureusement pas toujours bien accueillie en fonction des destinations. Sachez qu'en 2018, 72 pays pénalisent les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles ou transgenres par de la prison, de la torture, des travaux forcés. Parmi ces pays, dix punissent l'homosexualité par la peine de mort : l'Afghanistan, l'Arabie saoudite, le Brunei, l'Iran, la Mauritanie, le Nigeria (dans les 12 Etats du nord ayant adopté la charia), le Qatar, le Soudan, la Somalie (dans les émirats islamiques régis par Al Shabaab où s'applique la charia), et enfin le Yémen. Notez que ces Etats sont d'une manière générale très rétrogrades en matière de libertés individuelles, et notamment sur le sujet de la place de la femme.

Plus d'infos sur le site de l'ILGA (International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association), qui établit des cartes et des rapports annuels sur les lois sur l'orientation sexuelle dans chaque pays du monde : ilga.org/fr/cartes-lois-orientation-sexuelle

Pour contrebalancer cet effrayant panorama, il faut souligner qu'un peu plus de vingt pays ont légalisé le mariage homosexuel dans la dernière décennie.

Il convient donc de vous renseigner sur le pays d'accueil que vous envisagez, afin de pouvoir vivre le plus librement possible.

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