Le guide : GUIDE DE L'EXPATRIATION : Faire ses études à l’étranger

Faire ses études à l’étranger

Laure, l'expatriation dans le sang

"Quand j'avais 16 ans, mon père a été muté à New York. Au début c'était le drame de ma vie. Je devais quitter Paris, mon lycée, mes copains, pour débarquer dans un monde que je ne connaissais pas du tout. Mon père avait négocié un pack expatriation avec sa boîte, qui incluait notamment l'inscription au lycée français de New York et des cours particuliers d'anglais chez Berlitz."

Lycée français, un monde nouveau

"On est arrivés dans le quartier des expat', l'Upper East Side. La première année dans ce lycée français a été difficile. D'abord, je ne parlais pas un mot d'anglais. Ensuite, j'arrivais d'un très gros lycée parisien et je me retrouvais dans un tout petit établissement, avec à peine une soixantaine d'élèves. Je me suis retrouvée au milieu de gens qui avaient énormément d'argent, de fils et filles d'ambassadeurs, qui venaient au lycée avec leur chauffeur. Ambiance Gossip Girl, finalement. Le choc culturel a été intense. On avait beau me dire que New York était une ville formidable, je n'y avais pas accès n'ayant ni l'âge (moins de 21 ans), ni le temps pour en profiter (en plus des cours, j'étudiais l'anglais dix heures par semaine). Et puis, je n'étais pas du tout dans le délire " princesse américaine ", donc finalement assez en décalage avec les autres. Heureusement, la deuxième année s'est mieux passée, car de nouveaux élèves sont arrivés et j'ai pu me lier d'amitié avec eux. Je ne me suis pas vraiment fait d'amis américains, par contre, parmi mes potes français, certains étaient nés aux Etats-Unis, ils étaient donc complètement assimilés. Il faut savoir qu'il y a deux types d'expats, ceux qui sont là pour deux-trois ans, et la rotation est énorme, et ceux qui sont là pour dix ans, une vie, et qui généralement se lassent de voir partir leurs amis. Ce n'est pas toujours facile de construire des relations sur la durée quand on est expatrié.

Aujourd'hui, je me dis que j'aurais aimé suivre une formation interculturelle, afin de mieux m'adapter. Il m'a manqué beaucoup de codes culturels les premiers temps et je pense que j'aurais mieux vécu cette expatriation s'ils m'avaient été expliqués."

Vie étudiante à Montréal

"Le niveau du lycée était plutôt moyen, mais j'ai tout de même eu mon bac, et j'ai en parallèle passé les examens américains qui me permettaient de postuler dans les facs nord-américaines. J'ai intégré l'université anglophone de McGuill à Montréal. Elle est aussi connue en Europe qu'aux Etats-Unis et moins chère qu'une fac américaine. J'ai suivi des études de business en trois ans. J'ai mis un temps à m'adapter. D'abord pour suivre les cours en anglais, puis pour comprendre que les activités extra universitaires comptaient autant que les résultats académiques. Là-bas, on ne fait pas vraiment de stage, par contre on fait du bénévolat, des activités en plus comme tenir le journal de l'université ou organiser des évènements pour l'asso du coin. Je ne l'ai compris que la dernière année, ce qui m'a permis de bien plus en profiter. Après une année en cité U, j'ai vécu en coloc' avec une Canadienne au centre de Montréal. J'ai commencé à profiter de ma vie étudiante. Les six derniers mois de mon cursus, j'ai fait un échange avec une fac à Amsterdam. Là je me suis éclatée, je n'ai pas beaucoup travaillé mais j'ai vraiment vécu l'expérience Erasmus classique. C'était top et je suis rentrée aux Etats-Unis prête à chercher du travail."

Retour à New York dans la vie active

"Entre temps, mes parents avaient pris leur retraite à Miami. Je les ai rejoints quelque temps, puis j'ai décroché mon premier boulot dans une grosse entreprise d'agroalimentaire française, à New York. Le poste impliquait des échanges entre le Canada et les Etats-Unis, mon profil était tout indiqué. J'ai souvent mis en avant mon côté multiculturel dans mon CV. Je suis donc retournée à New York, et cette fois j'avais 22 ans et les moyens de découvrir la ville sous son meilleur jour ! Après trois ans, mon entreprise m'a alors proposé une promotion à Paris, que j'ai acceptée. Habiter dans son propre pays quand on est parti pendant dix ans c'est compliqué. Je connaissais la langue et la culture, mais je me sentais tout de même en décalage. Je n'avais gardé que des amis très proches en France. Au retour, je les ai retrouvés mais j'ai eu plus de mal à fréquenter les Français. Finalement, je me suis liée d'amitié avec les expats qui travaillaient dans ma boîte. Il faut savoir aussi qu'en revenant travailler en France, j'ai perdu 30 % de mon salaire, malgré le fait que je sois restée dans la même entreprise et que j'aie eu une promotion ! Finalement, j'ai un peu perdu en qualité de vie en rentrant à Paris. C'est d'ailleurs un de mes conseils, il faut vraiment bien se renseigner sur les coûts cachés, aussi bien quand on s'expatrie que quand on revient. La santé et la scolarité aux Etats-Unis coûtent très cher, à l'instar de la vie quotidienne à Paris. Ce qui est amusant, c'est que j'ai rencontré mon futur mari dans un aéroport. Né à Washington, de parents français et québécois, il est lui aussi fils d'expats et je suis sûre que cela nous a beaucoup rapprochés. Il y a des problématiques spécifiques à l'expatriation que nous connaissons bien tous les deux, comme le fait d'avoir sa famille à 6 000 km par exemple. Avec notre fils, nous avons des velléités de retourner en Amérique du Nord d'ici quelques années, quand nos boulots nous le permettront. Je sens que l'énergie et le côté " tout est possible " américains me manquent. Le fait de pouvoir tout faire, à n'importe quelle heure de la journée, est grisant. Mais pour être honnête, la France me manquait aussi lorsque je vivais outre-Atlantique. Je crois que quand tu es multiculturel, il y a toujours quelque chose qui te manque."

Partir à l'étranger pour ses études nécessite un certain courage : il faut d'abord réunir toutes les conditions pour partir, puis il faut parvenir à s'intégrer sur place, en s'adaptant à une nouvelle culture. Un cycle d'études à l'étranger témoigne donc d'une ouverture d'esprit, d'une maturité, qui mettent en valeur un CV. Trop d'étudiants sont encore frileux à l'idée de s'expatrier, soit pour des raisons financières, soit à cause d'un niveau de langue insuffisant, ou bien encore parce qu'ils n'ont pas envie de quitter leur environnement. Pourtant, les bénéfices d'une ou plusieurs années à l'étranger ne sont plus à démontrer : meilleures perspectives d'emploi, ouverture à différentes cultures et apprentissage d'une nouvelle langue.

Un monde étudiantHaut de page

Le cas français. En 2013, 73 400 étudiants français passaient une partie de leur cursus à l'étranger, soit 3,5% des 2,1 millions d'étudiants.

Et dans le reste du monde ? Si l'année à l'étranger est un concept assez récent en France, il ne l'est pas dans des pays comme la Chine (710 000 jeunes), l'Inde (180 000), ou l'Allemagne (100 000). Notons que la moyenne mondiale des étudiants expatriés s'établit à 1,8 %.

D'après l'OCDE, environ 4 millions de jeunes étudient ailleurs que dans leur pays d'origine et ce chiffre, motivé par la globalisation des échanges, devrait doubler d'ici 2025. Selon plusieurs observatoires, les étudiants expatriés s'intéressent avant tout aux universités américaines. Si la qualité de l'enseignement, ainsi que la reconnaissance internationale qu'elles assurent, sont des atouts majeurs, leur coût reste un problème (en moyenne 33 000 US$ par an). Viennent ensuite le Royaume-Uni, l'Australie, le Canada et l'Allemagne, puis le Japon, la France, Singapour, la Chine et la Nouvelle-Zélande.

Par où commencer ?Haut de page

Bien sûr, vous pouvez contacter vous-même les universités qui vous intéressent et voir avec elles les conditions d'entrée. Toutefois, sachez qu'il existe des programmes d'échanges internationaux, nés d'accords inter-universitaires, qui facilitent grandement la procédure.

les programmes d'échanges (Erasmus, Leonardo, MICEFA) ;

les agences de placement universitaire ou APUI (Studyexperience, Kaplan) ;

les partenariats inter-écoles (HEC, ESCP, IDRAC, etc.).

Étudiants à Oruro.
Étudiants à Oruro.
Conditions d’admissionHaut de page

Tout d'abord, sachez que chaque université définit ses propres critères de sélection. Que vous soyez en solo ou dans le cadre d'un programme d'échanges, il vous incombe de vous renseigner sur les conditions d'admission de l'université ou école que vous visez (niveau d'études requis, âge maximum, etc.). Contactez les services administratifs et renseignez-vous sur les éventuels forums d'étudiants. Une bonne recherche en amont évite bien des déconvenues.

Notez que si votre école bénéficie d'un partenariat avec d'autres établissements à l'étranger, les démarches seront grandement facilitées.

Une motivation à toute épreuve. N'oubliez pas que vous n'êtes pas seul sur le coup. Beaucoup d'étudiants postulent à l'étranger (l'affluence varie bien sûr en fonction des destinations) et il faut vous démarquer. Un CV efficace et une lettre de motivation recherchée sont indispensables. Il convient d'expliquer votre intérêt pour l'école visée, mais aussi pour le pays d'accueil.

Le test linguistique. C'est un incontournable lorsque l'on souhaite étudier à l'étranger. Il y a fort à parier que l'université ou école visée exige de vous un certain niveau de langue. C'est un critère qui varie d'une destination à l'autre. Les examens type TOEIC, TOEFL et Cambridge sont alors très prisés. Vos résultats détermineront vos possibilités. Par exemple, une fac américaine peut exiger près de 900 points, là où une école hongroise n'en demandera que 700.

Le dossier scolaire. Bien souvent, vos notes de l'année en cours et parfois des précédentes sont prises en compte par l'université. En fonction du niveau d'exigence et du taux de demande, vos résultats vont influer sur la décision.

Les démarches administratives. Si vous obtenez un accord de principe de l'université visée, vous allez devoir remplir un certain nombre de démarches administratives pour valider votre inscription et permettre votre entrée dans le pays. Là aussi, en fonction de la destination, ce processus varie. A vous de vous renseigner : Quel est le visa nécessaire ? Faut-il une assurance ? Des vaccins sont-ils exigés ?

Coût des étudesHaut de page

Il varie du simple au double en fonction des destinations et des universités visées. D'une manière générale, les universités anglo-saxonnes et notamment américaines sont très chères. L'année peut s'élever à 30 000 US$ pour certaines. En Europe, les tarifs des facs espagnoles ou allemandes s'apparentent plus aux tarifs français, mais cela peut varier.

En outre, il faut certes tenir compte du prix des études, mais aussi du coût de la vie à l'étranger. Certaines destinations, comme le Maroc ou l'Inde, s'avèrent bien évidemment plus intéressantes que d'autres (Royaume-Uni par exemple) pour les étudiants fauchés.

Pour toutes ces raisons, il peut être intéressant de se renseigner auprès de son université ou école pour obtenir une éventuelle bourse. Les programmes d'échanges Erasmus, Leonardo ou MICEFA mettent en place ce type d'aide financière. Si vous n'êtes pas éligible au système de bourse, vous pouvez également envisager un prêt étudiant spécifique.

Les bourses d’étudeHaut de page

Obtenir une bourse est le meilleur moyen de s'assurer une expatriation dans de bonnes conditions. Plusieurs organismes délivrent des bourses, à commencer par les programmes d'échanges internationaux. Leur obtention est loin d'être automatique, il faut remplir un certain nombre de critères sociaux, puis constituer un dossier souvent complexe et s'armer de patience. Mais le jeu en vaut la chandelle.

Qui faut-il contacter ?Haut de page

les programmes d'échanges internationaux : Leonardo, Erasmus, Micefa, Agence universitaire de la francophonie

votre conseil départemental, au service "Résidence de l'étudiant"

votre conseil régional, dans le cadre de l'aide à la mobilité internationale

éventuellement un organisme de recherche de bourses, en prenant soin d'éviter les arnaques.

Deux choses à savoir, enfin, un étudiant boursier en France conservera sa bourse s'il part étudier à l'étranger. En outre, certaines bourses sont cumulables.

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