Le guide : SORTIR ET MANGER SANS GLUTEN : Les symptômes

Les symptômes

Si vous mangez quelque chose de toxique pour votre corps, il se chargera de vous le faire savoir, à sa façon. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les symptômes ne se limitent pas au système digestif, même si on dit qu'ils sont les plus courants. Il existe de très nombreux symptômes extra-intestinaux qui peuvent être liés à une intolérance, une allergie ou une sensibilité au gluten. En voici une liste non exhaustive :

Symptômes gastro-intestinaux : douleurs, distensions abdominales, ballonnements, constipation, diarrhée, gaz, nausées, vomissements...

Etat général : fatigue, anémie, carences (notamment en vitamine D et B), perte ou gain de poids, hématomes fréquents, hypoglycémie, hypothyroïdie...

Troubles neurologiques et du comportement : ataxie, dépression, irritabilité, apathie, troubles de la concentration, sensation de "brume" dans la tête...

Problèmes de peau : acné persistante à l'âge adulte, eczéma, psoriasis, rosacée...

Douleurs articulaires, maux de tête, migraines, crampes, inflammations...

Chez la femme : troubles menstruels, aménorrhée, infertilité, fausses couches, ostéoporose...

Chez l'enfant et l'adolescent : irritabilité, perte de la joie de vivre, retard de croissance, puberté tardive...

Autant les personnes sensibles au gluten ont des symptômes digestifs qui les alertent de leur difficulté à le digérer, autant dans le cas de la maladie coeliaque le diagnostic peut être difficile de par la multiplicité des symptômes mais aussi car la maladie peut être très longtemps asymptomatique. Et pourtant, pendant ce temps-là, l'ingestion de gluten engendre des dégâts importants sans même que cela ne soit visible. C'est ce qui explique pour beaucoup pourquoi les médecins ont du mal à diagnostiquer la maladie coeliaque.

Allergie, maladie cœliaque/intolérance ou sensibilité?Haut de page

On voit souvent les termes d'intolérance au gluten, d'allergie, de sensibilité et d'hypersensibilité, tous utilisés de façon interchangeable dans les médias alors qu'il existe des différences d'importance entre tous ces mots et ce qu'ils désignent réellement. Rétablissons ici les bonnes définitions !

L'allergie au blé (et non au gluten)

Il n'existe pas vraiment d'allergie au gluten à proprement parler mais aux céréales qui en contiennent comme le blé, l'orge ou le seigle. Ce sont les céréales contenant du gluten qui font partie de la liste des 14 allergènes les plus courants.Sans rentrer dans les détails scientifiques, une allergie est une réponse immunitaire où votre système immunitaire réagit à un corps considéré comme 'étranger' (ici un aliment). Il s'attaque alors à ce corps étranger. Les symptômes d'une allergie peuvent être respiratoires mais aussi inclurent des picotements, démangeaisons, de l'urticaire gonflements, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales et dans les cas les plus sévères, un choc anaphylactique qui peut être fatal si la personne ne reçoit pas rapidement une injection d'épinéphrine (adrénaline). Le diagnostic d'une allergie doit être réalisé par un allergologue. Si vous êtes allergique au blé, vous devez éviter le blé sous toutes ses formes et pas seulement le gluten de blé (qui n'est qu'une partie des protéines) mais vous pouvez manger de l'orge et du seigle.

L'intolérance au gluten - La maladie coeliaque.

La maladie coeliaque est une intolérance génétique au gluten commune (mais souvent mal diagnostiquée). Une intolérance n'est pas une allergie. Même si l'ingestion de gluten provoque également une réaction de votre système immunitaire, ce n'est pas contre le 'corps étranger' qu'il se retourne mais contre les cellules de votre propre corps. C'est pourquoi l'on dit que la maladie coeliaque est une maladie auto-immune. Elle provoque des dommages sévères dans l'intestin grêle qui induisent une mauvaise absorption des nutriments et provoquent une multitudes de complications qui touchent aussi bien le système digestif que d'autres parties du corps, ce qui rend le diagnostic de la maladie très difficile. Selon l'AFDIAG, 1% de la population française serait touchée par la maladie mais 80% environ des personnes atteintes ne seraient pas encore diagnostiquées. Pour mettre ces chiffres en perspective : la maladie coeliaque est plus courante que la maladie de Crohn, la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson ou la mucoviscidose cumulées.

On ne sait pas vraiment pourquoi la maladie se déclenche chez certaines personnes ni qui va la développer mais les scientifiques savent que le cumul de 3 facteurs peut la déclencher :

Une prédisposition génétique : notamment la présence de deux gènes HLA DQ2 et HLA DQ8 retrouvés chez plus de 90% des patients.

Une exposition, par l'alimentation, au gluten.

Un facteur environnemental déclencheur (grossesse, deuil, accident, divorce, perte d'emploi, maladie, opération, traumatisme émotionnel...). La maladie peut se déclarer à tout âge mais ne peut être que tardivement diagnostiquée.

La sensibilité/ hypersensibilité au gluten.

Depuis février 2015, une étude scientifique publiée dans le Clinical Gastroenterology and Hepatology Journal a démontré l'existence d'une sensibilité au gluten non coeliaque qui pourrait toucher entre 10 et 30% de la population. Les personnes qui sont touchées par cette sensibilité au gluten présentent des symptômes principalement gastro-intestinaux, similaires à ceux de la maladie coeliaque. Il n'existe pas à l'heure actuelle de test pour établir ce diagnostic, qui se fait uniquement par des tests d'éviction. De nombreuses personnes s'auto-déclarent intolérantes en gluten, ce qui est à l'origine de certaines polémiques dans les médias. Elles n'ont pas fait le test sanguin de la maladie coeliaque mais se sentent mieux en réduisant leur consommation de gluten. Elles pourraient bien être des coeliaques qui s'ignorent et mettre leur santé à risque. Elles ont fait le test sanguin de la maladie coeliaque qui s'est révélé négatif mais avait réduit voire stoppé leur consommation de gluten au préalable. Leur analyse sanguine est alors faussée. Elles ont fait le test sanguin de la maladie coeliaque en ayant continué à manger du gluten mais il était négatif mais se sentent mieux en adoptant un régime pauvre en gluten. Bien qu'on ne soit pas encore sûr que le gluten soit en cause dans ce cas, on peut parler de sensibilité au gluten. Chaque personne a sa propre tolérance et ce n'est qu'en faisant des tests, propres à chacun, que l'on peut déterminer son niveau de sensibilité. Certains vont tolérer de faibles quantités de gluten et pouvoir simplement réduire leur consommation et ainsi fréquenter des restaurants où sont proposés des options sans gluten.

Important : Il est important de ne pas supprimer le gluten de son alimentation avant d'être sûr de ne pas souffrir de la maladie coeliaque.

Interview de Natacha - Toute une vie avec l'intolérance au gluten

Natacha est la fondatrice du blog culinaire Macuisinesansgluten.com, créé en 2007. A cette époque, il n'existait que très peu de sites traitant de l'intolérance au gluten. Poussée par son mari qui était bluffé par ses recettes sans gluten savoureuses, elle a décidé de les partager sur la Toile. Son objectif : démonter que la cuisine sans gluten n'est pas fade ni restrictive mais qu'au contraire elle est gourmande et offre d'infinies possibilités. Natacha partage ici avec nous son expérience de vie de coeliaque.

A quel âge as-tu été diagnostiquée ? Comment cela s'est-il passé ?

La légende dit que mes parents ont remarqué que je dépérissais à l'âge de 6 mois. J'étais née bien en chair et en forme et après quelques mois j'avais perdu beaucoup de poids, j'avais des troubles digestifs, j'étais anémiée et triste. Je commençais aussi à perdre mes cheveux. On m'a fait hospitaliser 2 à 3 mois dans le service des enfants malades dans un grand hôpital de la région parisienne. Là, les médecins n'ont pas trouvé ce que j'avais et au bout de quelques semaines, ils ont même commencé à préparer mes parents à ma disparition certaine. C'est grâce à des internes qui avaient trouvé une étude scandinave sur la maladie coeliaque, que d'un coup, avec un seul test d'arrêt du gluten, j'ai rapidement repris des couleurs, de l'appétit et mon énergie. J'ai eu une chance folle !

Comment as-tu vécu ton enfance ?

Je n'ai pas eu une enfance malheureuse et ne me souviens pas d'avoir ressenti de la privation ou de la frustration avec mon régime sans gluten. Je me souviens que ma mère allait à la pharmacie de l'hôpital chercher de la farine dans des boîtes en fer. Je me souviens des premiers magasins diététiques qui vendaient des gâteaux en forme de coeur et d'étoiles. Il n'y avait pas de pain sans gluten donc je n'en mangeais pas. Mais je ne me suis jamais sentie frustrée. J'ai eu la chance d'avoir une mère au foyer qui me faisait à manger. Je n'allais pas à la cantine. Ma grand-mère me faisait un gâteau de Savoie sans gluten, rien que pour moi, ce qui rendait jaloux mes frères et soeurs. Tout le monde faisait en sorte que je me sente bien. Ma famille a été très protectrice avec moi.

Que s'est-il passé à l'adolescence ?

Après mon diagnostic, j'ai été testée à nouveau à l'âge de 3 ans mais le suivi a été arrêté après car j'allais bien. A l'époque les médecins pensaient qu'on pouvait guérir de la maladie coeliaque. A mes 13 ans, ils m'ont dit que j'étais guérie de la maladie. J'étais heureuse ! J'ai donc réintégré le gluten dans mon alimentation et j'ai eu une adolescence sans contraintes.

Je n'aurais pas dû reprendre le gluten, bien sûr, ça je le sais maintenant. Vers l'âge de 20 ans, je suis retombée malade : extrême fatigue, anémie. J'ai fait des tests sanguins généraux mais j'ai évoqué ma maladie coeliaque avec mon médecin généraliste du moment. Il a bondi et tout de suite m'a prescrit les tests de la maladie coeliaque. Et bingo ! C'était reparti. Je ne m'y attendais tellement pas (car on m'avait dit que j'étais guérie) que j'ai fait une grosse déprime. Au bout d'une semaine, je me suis reprise en main, inscrite à l'AFDIAG qui m'a beaucoup aidée. A ce moment-là, il y avait un peu plus de produits sans gluten disponibles dans le commerce et je me suis remise à cuisiner sans gluten.

Comment vis-tu maintenant ? Est-ce que toute ta petite famille mange sans gluten comme toi ?

Je cuisine sans gluten, principalement maison. Je ne suis pas triste dans la vie car je maîtrise ma maladie et je sais que ma santé ne dépend que de moi et de mon alimentation. C'est une chance !

Ma famille mange à 80 % sans gluten. Je suis la seule intolérante au gluten. Mon fils mange des gâteaux traditionnels au goûter et mon mari des tartines "avec gluten" au petit déjeuner. Je fais régulièrement des gâteaux sans gluten et tout le monde les mange et les adore. Cela prouve que la qualité des produits a considérablement évolué.

Quels sont tes produits préférés ?

Je suis plutôt sucré que salé et je préfère les plats faits maison. Mais en ce qui concerne les produits que j'achète, j'aime bien les spéculoos de la marque Schär. Quand je pars en vacances, j'achète toujours des petits biscuits pour le voyage mais sinon je préfère faire des gâteaux moi-même.

Je suis bluffée par l'évolution des produits ces derniers mois, notamment par la pâte feuilletée sans gluten de Croustipate. Les gens ne se rendent même pas compte qu'ils mangent sans gluten et ils adorent.

Fais-tu des entorses au régime ?

La seule chose que je m'autorise, c'est la sauce soja (qui contient du blé) au restaurant japonais. Je ne suis pas hypersensible aux traces. Je sais que ça ne veut rien dire dans le cas de la maladie coeliaque. On n'est pas forcément malade si on en ingère. Mais on ne peut pas se couper de tout non plus !

Es-tu suivie encore médicalement et as-tu eu des problèmes de carences (comme on peut l'entendre dans les médias) ?

Je n'ai pas été suivie pendant longtemps car on me croyait guérie puis j'ai été suivie régulièrement entre 20 et 30 ans, lors de ma rechute. Mais maintenant, ça va. Je suis suivie au niveau global par mon médecin généraliste. Je n'ai pas de carences. Si on suit bien son régime, et surtout si on adopte un régime sain et équilibré, on ne développe pas de carences avec un régime sans gluten. Du moment qu'on ne passe pas son temps, comme dans un régime "normal", à manger des cochonneries, on est en forme ! Le secret c'est de savoir bien manger et de faire très attention aux sucres.

Que penses-tu de l'arrivée d'une offre importante de nouveaux produits sans gluten sur le marché ces derniers mois ?

Ce que j'aime dans l'offre sans gluten qui a inondé le marché, c'est de voir que sur les 10 dernières années, les choses ont considérablement changé, dans le bon sens, et qu'on peut à présent trouver des produits sans gluten presque partout. Avant on devait aller en pharmacie et encore, il y a 13 ans, quand j'ai rencontré mon mari, il devait aller dans des magasins spécialisés pour m'en acheter. A l'époque, on ne mangeait pas de pâtes car elles étaient vraiment insipides alors que maintenant les pâtes sans gluten font partie de notre alimentation.

Le diagnosticHaut de page
Comment savoir si on est intolérant au gluten ?Haut de page

Dans tous les pays francophones, il n'existe qu'un seul protocole reconnu et recommandé, en France, par la Haute Autorité de Santé (HAS) pour diagnostiquer la maladie coeliaque qui consiste en une prise de sang (test sérologique) et une gastroscopie avec biopsies. Il est important de continuer à manger du gluten avant de faire ces tests pour ne pas risquer de fausser les résultats. En effet, le test sanguin recherche des anticorps spécifiques de la réponse immunitaire à l'ingestion du gluten. Si vous ne mangez plus de gluten au moment des tests, il est possible que vous ne produisiez plus les anticorps nécessaires au bon diagnostic.

Tests sanguinsHaut de page

Ces tests sanguins recherchent les anticorps que l'organisme d'une personne coeliaque produit en ingérant du gluten à savoir les anticorps anti-transglutaminase et anti-endomysium. Le premier test, remboursé par l'assurance maladie, à faire est le test anti-transglumaminase tTG IgA. Si ce test est positif, une gastroscopie avec biopsies sera effectuée pour confirmer le diagnostic de la maladie coeliaque. C'est le cas le plus simple. Si ce test est négatif, cela ne veut pas forcément dire que vous n'êtes pas intolérant au gluten car nombreux sont ceux qui ne produisent pas naturellement assez d'IgA. Un test qui mesurera votre taux global d'IgA pourra alors être proposé. En mesurant les IgA totales, votre médecin peut déterminer si vous êtes IgA déficient et faire réaliser ensuite un test tTG IgG éventuellement pour compenser. Ce dernier test permet de confirmer, s'il est positif, le diagnostic et vous renvoyer vers la biopsie. Le test EMA (anticorps anti-endomysium) IgA, remboursé en 2ème intention, peut être demandé en complément du tTG IgA par votre médecin. Les tests HLA peuvent être également réalisés pour valider le caractère génétique de la maladie (recherche des gènes HLA-DQ2 ou HLA-DQ8) mais ils ne donnent un résultat sûr que si il est négatif car dans ce cas il n'y a pas de maladie coeliaque.

La biopsieHaut de page

Si le premier test sanguin est positif, le diagnostic est précisé par une biopsie des villosités de l'intestin grêle par une endoscopie (et non une coloscopie) réalisée très souvent sous anesthésie générale (dans la gorge). Les biopsies permettent de confirmer l'inflammation par le comptage des lymphocytes intraépithéliaux et de voir le niveau d'atrophie des villosités et de confirmer le diagnostic de maladie coeliaque.

Bon à savoir : Dans tous les pays francophones (France, Suisse, Belgique, Luxembourg et Québec), les premiers tests sanguins ainsi que la biopsie sont remboursés par les assurances maladies.

Les tests d'intolérances alimentaires

Il existe sur le marché des tests non remboursés qui proposent de tester les intolérances à des centaines d'aliments comme le blé, les crustacés, le chocolat, les amandes... (test de type Imunopro). Ces tests ne peuvent pas être utilisés pour dépister une maladie coeliaque ni une allergie alimentaire véritable et ils ne sont pas reconnus par l'Académie Européenne d'Allergologie et d'Immunologie Clinique. Pourtant, nombreux sont ceux qui les utilisent pour connaître les aliments qui provoquent chez eux une hausse de leurs anticorps IgG (on parle alors d'hypersensibilité aux aliments) et qui, en réduisant leur consommation, améliorent certaines pathologies chroniques et inflammatoires. On parle alors d'immuno-nutrition, une discipline très utilisée par les médecines alternatives.

Comment le gluten affecte-t-il notre corps ?Haut de page

Quand une personne coeliaque ou sensible ingère du gluten, les ennuis commencent réellement dans l'intestin grêle. Au niveau de la paroi intestinale, une protéine appelée zonuline régule la perméabilité des jonctions entre les cellules de l'intestin. Elle sert un peu de gardienne de la paroi, laissant passer dans le sang uniquement les molécules nécessaires à votre organisme. L'arrivée de gluten dans votre intestin provoque une hypersécrétion de zonuline qui, se trouvant en excès, ne régule plus correctement l'ouverture des jonctions entre les cellules de l'intestin et laisse passer toutes les molécules, même les toxines et molécules de gluten, ce qu'on appelle l'hyperperméabilité intestinale ou dysbiose. Dans le cas des personnes coeliaques, l'arrivée du gluten provoque une réponse auto-immune du corps où le système immunitaire s'attaque spécifiquement aux villosités de la muqueuse de la paroi de l'intestin grêle. Elles s'atrophient alors, ne pouvant plus jouer leur rôle dans l'absorption des nutriments, provoquant ainsi des carences. La nourriture qui n'est plus correctement absorbée peut provoquer alors des crises de diarrhée (ou pas). C'est aussi le cas pour les personnes sensibles qui, elles, par contre, n'ont pas d'atteinte de leurs villosités intestinales.

Rejoignez la communauté Petit Futé en 1 clic
Suivez-nous sur
Participez
à la communauté
Avis