Le guide : TOUR DU MONDE : SE RESTAURER

SE RESTAURER

Encore une fois, tout dépendra de votre manière de voyager. Avec quel budget ? Quelles envies ? Dans quel type de pays ? Bien vous alimenter vous aidera à mieux supporter la fatigue inhérente au voyage. Les changements d'alimentation, ajoutés au rythme intense, peuvent vous coûter cher physiquement. Il vous faut donc faire attention à ce sujet.

Le coût de l'alimentation peut varier du simple au triple. Dans certains cas, par exemple pour un trek en Mongolie, il sera utile de prévoir un budget nourriture lyophilisée. Sachez que la plupart du temps, ces produits sont disponibles au départ des treks, mais pas toujours au meilleur prix. Si vous avez la place dans votre valise, emportez-les avec vous, sinon optez pour un colis envoyé en parallèle de votre trajet (voir "Faire son sac"). En Asie, il vous sera facile de bien manger, à bas prix, surtout dans les grandes villes. En revanche, en Europe de l'Ouest ou aux Etats-Unis les prix vous dissuaderont de manger au restaurant tous les jours. Optez pour les auberges de jeunesse, qui disposent d'une cuisine où l'on peut stocker des produits et se préparer des petits plats. Une occasion de varier de la junk food et de reposer votre organisme. Notez aussi qu'il est important, parfois, de vous éloigner des considérations budgétaires pour vous faire plaisir. Cela remonte le moral et le physique avec.

En fonction de votre niveau de langue, il vous sera parfois difficile de commander ce dont vous avez réellement envie. Soyez ouvert, les criquets grillés ne sont pas forcément ignobles au palais. Détendez-vous également sur l'hygiène, dont les standards varient en fonction des pays. Il se peut que votre estomac souffre un peu au début, mais il s'habituera, comme vous, aux changements d'alimentation, et vous verrez qu'après un certain temps sur les routes vous vous assouplirez (si ce n'est pas déjà le cas avant). Enfin, n'oubliez jamais, dans les pays où cela s'applique, le pourboire au restaurant.

Où et comment ?Haut de page

Manger local ou international, en marchant ou plutôt attablé, il y a autant de manières de se restaurer que de manières de voyager. Nous vous conseillons surtout de varier les plaisirs et les modes de restauration, pour éviter l'écoeurement. Certains pays vous satisferont plus que d'autres sur le plan de la gastronomie : l'Italie et ses merveilleux antipasti, la Chine et ses plats équilibrés et peu chers, l'Inde et son amour des épices, la Thaïlande pimentée et ses mélanges sucrés-salés, le Mexique pour son côté roboratif, le Japon et la finesse de ses produits, l'Espagne et ses tapas, la Grèce et sa cuisine diététique, ou encore le Liban et ses savoureux mezze. D'autres vous pousseront à cuisiner par vous-même (les pays scandinaves par exemple). N'oubliez pas que la nourriture est un grand vecteur de culture, de partage et d'échange. C'est l'un des meilleurs moyens d'appréhender les coutumes et les traditions d'un pays.

Dans la rueHaut de page

Manger dans la rue se pratique presque partout dans le monde finalement. Du hot-dog chicagolais à la brochette de sauterelles chinoise, en passant par le burger à la betterave néo-zélandais, il vous sera toujours possible de manger dans la rue et de profiter de l'atmosphère du lieu où vous passez. C'est également souvent une option économique, qui conviendra aux petits budgets. Soyez futé, renseignez-vous sur les jours de marché, c'est une formidable occasion de découvrir la gastronomie locale, de discuter avec les habitants et de toucher à l'âme d'une ville ou d'un village. A faire absolument.

Rue Wangfujing - Donghuamen night market - Stands de restauration de rue - Scorpions.
Rue Wangfujing - Donghuamen night market - Stands de restauration de rue - Scorpions.
Dans les petits snacksHaut de page

Qu'est-ce qu'un snack ? Boui-boui, take-away, friteries, baraque, etc., la définition varie d'un pays à l'autre, mais d'une manière générale on peut considérer que c'est une forme de fast-food local, rapide, économique et plus ou moins savoureuse. A envisager donc quand on visite et qu'on ne veut pas forcément s'arrêter longtemps au restaurant. Les deli shops américains vous fourniront des boissons, des gâteaux et autres paquets de chips ; les casas del jamon espagnoles vous serviront des tranches de jambon cru dans du papier craft ; les pizza al taglio italiennes sauront toujours combler une petite faim ; les vendeurs de rues ambulants chinois vous proposeront de délicieux jiaozi ; quant au Royaume-Uni, qui ne connaît pas les délicieusement huileux fish & chips autrefois enveloppés dans du papier journal ? Finalement, les snacks sont souvent une version populaire et bon marché des plats typiques du pays. Ils sont donc bien sûr à essayer, à condition de varier les endroits. N'hésitez pas à demander aux locaux ou à la réception de votre hôtel quels sont les meilleurs snacks du coin. Et évitez consciencieusement ceux qui sont situés dans les zones touristiques, sous peine de vous faire prodigieusement arnaquer sur la qualité et le prix.

Stand de currywurst, spécialité berlinoise
Stand de currywurst, spécialité berlinoise
Stand de jus de fruits.
Stand de jus de fruits.
Se préparer les repasHaut de page

Vous faites une overdose d'épices en Inde ? Vous ne pouvez plus avaler un seul grain de riz en Asie du Sud-Est ? Les tacos sud-américains vous sortent par les oreilles ? Il est peut-être temps de reprendre le chemin des fourneaux. Si vous avez accès à une cuisine, par exemple dans un camping, une auberge de jeunesse, chez des amis ou chez l'habitant, vous pouvez vous préparer vos repas. Manger plus simplement, sans assaisonnement ni fioritures, devient au cours du voyage une nécessité. Pour rééquilibrer votre organisme, faire quelques économies mais aussi souvent pour partager un bon moment avec d'autres voyageurs, cuisiner est une agréable solution. C'est l'occasion pour vous de partager un peu de votre culture avec ceux qui sont intéressés. N'oubliez pas que vous ferez avec les moyens du bord et que trouver une bavette d'aloyau en Inde ou une plaquette de beurre salé aux Etats-Unis relève de l'impossible. Soyez inventif et profitez de ce moment de repos gustatif.

Bien sûr, ceux qui campent ou qui voyagent en van ou voiture auront plus souvent la possibilité de cuisiner, s'ils sont équipés d'un réchaud. C'est aussi un mode de restauration plutôt économique.

Étal d'épices.
Étal d'épices.
Restaurants locauxHaut de page

C'est là que vous toucherez à la gastronomie populaire du pays. Pour dénicher ces restaurants considérés comme des cantines par les locaux, n'hésitez pas à demander autour de vous. Le personnel de l'hôtel ou de l'auberge aura tendance à vous envoyer dans des endroits touristiques, précisez donc bien que vous recherchez quelque chose de plus authentique. Vous pourrez également vous renseigner auprès des locaux eux-mêmes, pour savoir où ils mangent et donc où vous pouvez aller. Généralement, les tarifs pratiqués sont adressés aux locaux, donc moins chers que les restaurants touristiques. Pour les trouver, il vous faudra sortir des sentiers battus, vous éloigner des endroits touristiques et vous aventurer dans les quartiers plus populaires. En plus, vous aurez l'occasion de goûter à une cuisine plus authentique, mais aussi plus travaillée que dans les snacks. Les restaurants locaux feront ainsi partie de votre quotidien. S'attabler est également une bonne occasion de se reposer, entre deux visites. Prenez le temps de manger et n'oubliez pas que ce n'est pas qu'un besoin, c'est aussi un plaisir. Sachez qu'en fonction des pays, le service varie et l'attitude des clients aussi.

Ainsi, tâchez de vous renseigner sur les habitudes alimentaires du pays que vous visitez pour ne pas commettre d'impair. On ne touchera pas la nourriture avec la main gauche en Inde dans un restaurant local, on ne coupera pas ses spaghetti sous l'oeil éberlué du serveur en Italie sous peine de provoquer une crise diplomatique, on devra probablement ôter ses chaussures dans un restaurant nippon. Dans le même ordre d'idées, on ne demandera pas à doser le piment dans les plats traditionnellements épicés, c'est un luxe qu'on se permet que dans les restos pour touristes. Une mise au point qui nous donne l'occasion d'insister à nouveau sur l'importance du pourboire dans les pays anglo-saxons, ce n'est pas facultatif ! Adaptez-vous également aux horaires d'ouverture des établissements et ne soyez pas l'unique touriste à débarquer à 18h dans une bodega espagnole (de toute façon elle sera fermée) et n'insistez pas auprès du serveur britannique pour qu'il vous serve un burger passé 22h. Respecter le rythme du pays est le meilleur moyen de vous intégrer.

Restaurants touristiquesHaut de page

On ne vous mentira pas, ce n'est bien sûr pas la meilleure manière de découvrir un pays. D'une part, vous serez noyé parmi les touristes ; d'autre part, vous serez traités comme tels - ce qui n'est pas toujours plaisant. En plus, les prix pratiqués sont souvent plus élevés, pour une qualité moindre. Cependant, cela peut également vous permettre de sympathiser avec les serveurs locaux, forcément polyglottes, qui pourront vous donner leurs bons plans.

Pour les repérer, et donc mieux les éviter, voici quelques indices. Les restaurants touristiques présentent souvent des "menus touristiques" à prix fixes traduits dans plusieurs langues qui exploitent de près ou de loin quelques grands classiques de la gastronomie nationale. Peu d'authenticité donc. Généralement les horaires d'ouverture correspondent à des attentes internationales, à partir de 18h pour les Américains et jusqu'à 23h-minuit pour les Européens du Sud. Dans les pays où le soleil brille - attention, pas dans les pays désertiques non plus -, ces restaurants ont de grandes terrasses, plus importantes que la salle intérieure. Or, un local ne mangera jamais dans la chaleur ou en plein soleil, dont on connaît les dangers, mais plutôt au frais ! Evitez par dessus tout les restaurants qui placent un panneau indiquant qu'ils acceptent les groupes... ce sont les pires ! Cela dit, vous risquez de devoir opter pour ce type de restauration dans les endroits particulièrement touristiques, où les locaux ne vont pas. A moins d'avoir emporté votre sandwich ou de faire diète, vous n'allez pas y couper. Ne vous en faites pas, tout le monde y passe et l'essentiel reste de découvrir les "vrais" restaurants au cours de votre visite.

Régimes alimentaires particuliersHaut de page

Ceux qui suivent un régime alimentaire particulier, par choix ou par nécessité, vont devoir jongler avec les habitudes alimentaires des pays visités, afin d'éviter les aliments en question ou de compenser par d'autres aliments.

Végétariens – VégétaliensHaut de page

Les papilles végétariennes trouveront leur bonheur dans certains pays plus que d'autres. Le fait d'exclure toute chair animale de son alimentation, voire même d'exclure les produits issus des animaux comme les produits laitiers, les oeufs, le miel (végétalisme ou végétarisme pur), implique que l'on choisisse son lieu de restauration avec soin. En France, cette pratique est minoritaire, en revanche, en Allemagne et en Italie, les végétariens sont plus nombreux et les restaurants adaptés sont multipliés. Aux Etats-Unis, cette tendance se développe également, ainsi qu'au Moyen-Orient. Mais, c'est en Inde qu'elle est la plus répandue dans le monde. Le végétarisme indien, inhérent à la culture, exclut les oeufs. Environ 40 % de la population est végétarienne (soit 450-500 millions de personnes). Il existe dans le monde des villes strictement végétariennes ; la loi interdit par exemple la vente et la consommation de viande, ainsi que la présence d'abattoirs sur le territoire. L'Inde a même adapté son marché à ses consommateurs végétariens presque majoritaires, en créant des restaurants, des labels et des marchés non végétariens, végétariens ou purs végétariens. Plusieurs variantes de ce type d'alimentation sont également recensées. Ainsi, le véganisme consiste à pratiquer une alimentation végétalienne et à ne pas utiliser de produits d'origine animale, comme le cuir ou la fourrure. Le fruitariste ne mangera que des fruits, tombés de l'arbre ou que l'on peut cueillir sans abîmer la plante. Le crudivore ne mangera que des fruits, légumes et céréales crus, plus pour des raisons de santé que par conviction.

CarnivoresHaut de page
Les pays culturellement carnivoresHaut de page

En Europe et aux Etats-Unis bien sûr, on mange bien plus de viande que dans de nombreux pays du monde. Une viande d'ailleurs pas toujours de grande qualité, obtenue de manière souvent controversée (élevage de poulets en batterie, abattoirs fonctionnant à plein régime). Cette surconsommation joue sur la santé de ceux qui la pratiquent, ainsi que sur l'environnement. Pour info, les plus grands producteurs de viande sont la Chine (26,6 %), les Etats-Unis (15,4 %), le Brésil (8,2 %), l'Allemagne (2,75 %), l'Inde (2,4 %), la Russie (2,2 %) et le Mexique (2 %).

Toutefois, pour nos amis carnivores, il est bon de savoir où se trouvent les meilleures viandes du monde. En Australie et en Nouvelle-Zélande, les grands espaces permettent d'élever des bestiaux en plein air, qui atterrissent bien vite sur les barbecues des locaux. Le barbecue et notamment la viande rouge, d'ailleurs, sont particulièrement appréciés aux Etats-Unis également, où le steak est considéré comme une nourriture raffinée, ainsi qu'en Argentine et au Chili, où les habitants consomment en moyenne 200 g de viande par jour - bien que cette tendance soit en train de baisser ! Elle est d'ailleurs souvent cuite sur des braseros ou asados ; au restaurant, il vous sera possible de le constater régulièrement. La FAO (Food and Agriculture Organization) a établi en 2003 une liste des dix plus gros consommateurs mondiaux de viande, voici les conclusions de cette étude qui n'a pas été encore réactualisée :

1 Etats-Unis : 123 kg par hab./an.

2 Espagne : 121 kg par hab./an.

3 Australie : 118 kg par hab./an.

4 Autriche : 112 kg par hab./an.

5 Danemark : 111 kg par hab./an.

6 Nouvelle-Zélande : 109 kg par hab./an.

7 Chypre : 108 kg par hab./an.

8 Irlande : 102 kg par hab./an.

9 Canada : 98 kg par hab./an.

10 France : 98 kg par hab./an

Carnivore or not carnivore ?Haut de page

Notez que le Japon, pourtant connu comme le pays du sushi, opère depuis quelque années un changement d'alimentation et se tourne de plus en plus vers la viande rouge. On l'explique notamment par le prix du poisson, mais également par l'influence de l'alimentation occidentale. En Inde, pourtant pays des végétariens comme nous l'avons vu plus haut, les Indiens fortunés se détournent des traditions pour goûter au plaisir d'une bavette bien saignante ou d'un kebab. Les jeunes cadres dynamiques sont les premiers à se laisser tenter par une tranche de bacon au petit déjeuner. Autre pays carnivore, la Mauritanie, qui devance tous ses voisins africains en consommation de viande. Dans ce pays semi-désertique, où l'agriculture céréalière souffre, la profusion de chèvres et de moutons influe sur l'alimentation des habitants.

Quand la tradition interdit la viandeHaut de page

Les religions se sont toutes interrogées sur le fait de tuer pour se nourrir et sur ses implications. Dans l'islam ou le judaïsme, on pratique par exemple un certain rituel pour abattre un animal et pouvoir manger sa viande. Dans l'hindouisme, les animaux sont sacrés et en particulier la vache, hors de question donc de la voir atterrir dans une assiette. Certains pays du monde interdiront la viande en général, comme dans certaines régions d'Inde, ou une viande en particulier, le porc par exemple dans les pays à majorité musulmane ou juive. La viande est souvent considérée comme impure par la religion. Tâchez de respecter cela et de ne pas heurter les convictions des locaux. Un principe qui s'applique également à la préparation de la viande, n'essayez pas de commander une viande vraiment saignante dans un restaurant britannique ; au pays de la viande bouillie, le boeuf se mange cuit à point. Et puis le scandale de la vache folle a laissé des traces, ce qui pousse d'ailleurs le Royaume-Uni vers une tendance plus végétarienne (même si le stew n'est pas enterré loin de là !)

AllergiquesHaut de page

Les études montrent que les allergies alimentaires touchent de 6 à 8 % de la population actuellement, contre 1 % il y a quarante ans. Elles concernent souvent les enfants en bas âge. Pourquoi cette augmentation ? Nous avons changé nos habitudes alimentaires, en y ajoutant de nouveaux modes de préparation, des rehausseurs de goût et de nouveaux aliments, considérés comme exotiques. Au cours de votre voyage, vous risquez donc d'être encore davantage confronté à ces changements d'alimentation et à des aliments que vous n'avez jamais consommés auparavant. Les personnes asthmatiques sont les plus exposées. Voici une liste non exhaustive des aliments considérés comme les plus allergènes : oeufs, lait de vache, arachide, crustacés, poisson, blé, légumes de la famille du céleri (fenouil, persil, coriandre), soja, fruits à coque (amande, noisette, noix de cajou, noix de pécan, noix du brésil, pistache, noix de macadamia), moutarde, sésame... Si vous êtes une personne à risque, renseignez-vous sur les habitudes alimentaires du pays, afin d'éviter certains aliments présents dans les plats typiques. La coriandre par exemple est souvent utilisée en Thaïlande, ou encore, le sésame est présent dans de nombreux aliments de junk food américaine. Dans de plus en plus de pays, on remarque que des aliments, comme le pain ou les gâteaux, possèdent des variantes sans gluten (gluten free en anglais). L'intolérance au gluten, que l'on trouve dans les céréales, est une des allergies les plus connues actuellement et donc les plus prises en compte.

Renseignez-vous auprès de votre médecin pour savoir comment réagir en cas d'allergie alimentaire et apprenez à reconnaître les signes, généralement très rapides (immédiats ou jusqu'à 4 heures après l'absorption). Les réactions cutanées et digestives sont les plus courantes.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.allergienet.com, un site élaboré par deux médecins spécialisés dans les allergies.

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