Le guide : Guide de l'Ecotourisme : Le tourisme durable

Le tourisme durable

" Nous n'héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants. "

Proverbe indien.

Les réserves de biosphère

Au milieu des années 1970, l'UNESCO (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture), dans le cadre d'un programme intergouvernemental de recherche sur l'Homme et la biosphère (MAB), a mis en place un réseau de zones modèles conciliant la conservation de la biodiversité et le développement durable, appelées " réserves de biosphère ".

Les réserves de biosphère tentent à la fois de concilier la conservation de la biodiversité et le développement des communautés locales ainsi que de favoriser la formation et l'éducation. Les objectifs de ce réseau de réserves sont :

Réduire la perte de biodiversité ;

Améliorer les moyens de subsistance des populations ;

Favoriser les conditions sociales, économiques et culturelles essentielles à la viabilité du développement durable ;

Améliorer les connaissances grâce à des échanges d'expériences et d'expertises qui s'organisent au niveau régional et mondial ;

Et ainsi, contribuer aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), en particulier sur le développement durable

L'homme est au centre des préoccupations et fait partie intégrante des écosystèmes. En juin 2014, le réseau comptait 631 réserves de biosphère réparties dans 119 pays.

PRISE DE CONSCIENCEHaut de page

Vers la fin des années 1970, s'est engagée une véritable réflexion, certains intellectuels s'étant sérieusement interrogés sur l'impact social et culturel du tourisme (Smith 1978, Matheson et Wells 1982).

Parallèlement, la préservation de l'environnement, au sens large, a fait son apparition dans les débats internationaux. En 1972, la Conférence des Nations unies sur l'environnement humain à Stockholm, premier Sommet de la Terre, a initié les réflexions sur le rôle de l'environnement dans le plan d'action économique mondial. Cette conférence a mené à la création du programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue).

Le concept de développement durable apparaît pour la première fois en 1980 dans un rapport intitulé " La stratégie mondiale pour la conservation " publié par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ; mais c'est en 1987 dans le rapport Brundtland intitulé " Notre avenir à tous " que le concept est défini.

Ce rapport met en avant les préoccupations écologiques et emploie la notion de " développement durable ", qu'il définit comme un " processus de changement par lequel l'exploitation des ressources, l'orientation des investissements, des changements techniques et institutionnels se trouvent en harmonie et renforcent le potentiel actuel et futur de satisfaction des besoins des hommes ".

Trois notions majeures sous-tendent le principe du développement durable : l'écologie, l'économie et l'éthique. Le tourisme durable s'appuie sur ce triptyque en tant qu'il participe au développement à long terme dans l'écologie, l'économie et le respect des pays d'accueil.

Le Sommet de Rio en 1992 insiste auprès des Etats présents sur la nécessité de concilier la protection de l'environnement, le développement économique et la lutte contre la pauvreté de manière durable. Depuis, plusieurs conférences et séminaires sont organisés régulièrement pour faire le bilan sur les actes engagés depuis le Sommet de Rio et pour renforcer les engagements pris par les Etats signataires.

LE CONCEPT DE TOURISME DURABLEHaut de page

La corrélation entre développement durable et tourisme s'est esquissée en 1988, mais a réellemet pris sens en 1995 au cours d'une réunion organisée à Lanzarote (aux Canaries) par l'Organisation mondiale du tourisme (OMT), lors de laquelle est établie la Charte du tourisme durable.

Selon l'OMT, " le tourisme durable implique la gestion de toutes les ressources de telle manière que les nécessités économiques, sociales et esthétiques soient rencontrées dans le respect de l'intégrité culturelle et environnementale des territoires visités, de leur diversité biologique et du cadre de vie. " Il doit être " supportable à long terme sur le plan écologique, viable sur le plan économique, et équitable sur le plan éthique et social pour les populations locales " (article 1 de la Charte du tourisme durable).

La dernière définition (août 2004) débute ainsi : " Les principes directeurs du développement durable et les pratiques de gestion durable du tourisme sont applicables à toutes les formes de tourisme dans tous les types de destinations, y compris au tourisme de masse et aux divers créneaux touristiques. " En ce sens, le tourisme durable constitue la base de réflexion commune à toutes les formes de tourisme. Si le tourisme durable (ou tourisme soutenable) agit à différents niveaux, l'environnement, qu'il reconnaît comme un élément de développement, demeure sa priorité. D'un point de vue écologique, le tourisme durable met en place des programmes pour préserver et valoriser l'environnement, le patrimoine paysager, historique et architectural. Il tente d'exploiter les ressources du milieu, qui constituent un élément clé de la mise en valeur touristique, tout en préservant les processus écologiques essentiels et en aidant à sauvegarder les ressources naturelles et la biodiversité.

Sur un plan économique, il met en place une planification stratégique en vue d'une juste répartition des richesses induites par les produits du tourisme. Il s'agit d'enclencher une dynamique économique viable sur le long terme qui offrirait à toutes les parties prenantes des avantages socio-économiques équitablement répartis, notamment des emplois stables, des possibilités de bénéfices et des services sociaux pour les communautés d'accueil.

Enfin, le tourisme durable intègre la dimension éthique du tourisme qui s'engage dans le respect des valeurs socioculturelles des communautés d'accueil. Le tourisme durable doit " favoriser le rapprochement et la paix entre les peuples en créant une conscience respectueuse de la diversité des cultures et du mode de vie ".

On associe souvent le tourisme durable à un tourisme responsable. Qui dit responsable implique que les touristes connaissent les tenants et les aboutissants de leur séjour.

Pour citer le voyagiste français Atalante, membre fondateur de l'association Agir pour un tourisme responsable (ATR) et élaborateur de la Charte éthique du voyageur, " il n'y a pas de mauvais touristes, mais des voyageurs mal informés ". Le touriste n'est que rarement avisé des enjeux locaux et de l'importance de certaines contraintes environnementales dans les territoires visités. Il est nécessaire que le voyageur soit mis au courant de toutes les modalités de son voyage, de la manière la plus réaliste qui soit : plutôt que de lui vanter un paradis sur terre, lui permettre d'approcher les réalités quotidiennes d'un peuple. Etre un touriste responsable implique de prendre pleinement conscience de l'impact parfois négatif que peut engendrer son séjour et être prêt à changer ses habitudes. Il est nécessaire que les touristes adoptent une attitude responsable face aux populations qu'ils rencontrent et aux sites naturels qu'ils fréquentent. Une conduite responsable nécessite un minimum de comportements citoyens, ce qui apparaît évident, et pourtant de nombreux exemples prouvent le contraire, on peut citer le cas de la Corse où chaque année en fin de saison cinq tonnes de déchets sont ramassées sur le chemin de randonnée GR20, ou encore les sentiers péruviens rebaptisés " chemin Coca-Cola " ou " chemin PQ ".

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