Le guide : Guide de l'Ecotourisme : Le tourisme et ses effets pervers

Guide

Le tourisme et ses effets pervers

Faire / Ne pas faire

Lorsque vous visitez un pays éloigné et à plus forte raison un pays culturellement différent du vôtre, rien de plus normal que d'adopter un comportement qui allie à la fois respect et courtoisie vis-à-vis de vos hôtes. Certains gestes ou actions peuvent prêter à confusion, voire vexer votre interlocuteur. Pour résumer en une phrase, " ne faites pas chez les autres ce que vous n'aimeriez pas que l'on fasse chez vous. " Quelques recommandations pour être un écotouriste responsable et respectueux.

Respecter l'environnement. Tout d'abord, lorsque vous visitez une aire protégée, les règles sont strictes, il est interdit de ramasser des plantes, de déplacer ou de détruire quelque espèce animale ou végétale que ce soit. Même en dehors de ces espaces, certaines espèces peuvent avoir une propriété particulière, aussi regardez mais ne touchez pas. Evitez de vous écarter des sentiers aménagés pour les excursions, cela limitera le piétinement sur les plantes.

Réduire votre consommation en eau et en énergie. Pensez aux habitants, notamment dans certains pays où les ressources en eau sont limitées.

Ne pas laisser de déchets derrière vous. Gardez les déchets avec vous pour les jeter aux ordures plus tard. Pensez aux personnes suivantes, il est toujours plus agréable de visiter un site propre.

Lors des excursions, suivre les conseils des guides et ne pas prendre d'initiatives. Les guides connaissent parfaitement les sites que vous visitez. Suivez toujours leurs conseils et leurs instructions.

Ne pas s'approcher des animaux. Gardez une certaine distance avec les animaux sauvages d'une part parce que justement ils sont sauvages, cela permettra d'anticiper leurs réactions mais aussi pour ne pas les déranger.

Ne pas partir en forêt si vous êtes malade au risque de contaminer les grands primates. Un petit rhume, maladie bénigne pour nous les hommes, peut être fatal pour certaines espèces animales.

Faire preuve de courtoisie et de politesse. Règle de base. Lorsque vous vous rendez dans un endroit où il y a du monde, dites bonjour en arrivant, remerciez les personnes. Soyez enjoué et heureux lorsque vous rencontrez quelqu'un, la bonne humeur est contagieuse.

Respecter la culture locale. Ne dévisagez pas les personnes vêtues traditionnellement. Respectez les différences entre votre culture et la culture du pays visité. Renseignez-vous sur les différents sites sacrés et les interdits afin d'éviter tout blasphème ou sacrilège. Adoptez une tenue vestimentaire décente afin de ne pas porter atteinte aux valeurs de la région visitée.

Connaître un minimum de mots dans la langue nationale. Il vaut toujours mieux bafouiller quelques mots dans la langue nationale pour gagner en sympathie face à votre interlocuteur. Dans le cadre d'activités écotouristiques, vous serez peut-être amené à rencontrer des personnes qui parlent quotidiennement un langage vernaculaire et qui feront l'effort de parler avec vous dans la langue nationale du pays, alors soyez compréhensif et reconnaissant.

Ne pas prendre en photo les personnes sans leur demander la permission. Les habitants ne sont pas des phénomènes de foire qu'on peut photographier à n'importe quel moment. Aussi, il faut toujours demander l'autorisation du sujet et ne jamais promettre un envoi de photo " plus tard ", si vous savez que vous ne tiendrez pas parole.

Ne pas donner de l'argent aux enfants. N'encouragez pas la mendicité, d'une part parce que bien souvent l'argent ne leur revient pas et aussi parce que c'est les inciter à continuer. Si vous souhaitez faire un don, passez par une association, un dispensaire ou une école qui se chargeront de s'en servir utilement. De même, ne donnez pas de confiseries aux enfants, pensez que bien souvent ils n'ont pas le dentifrice qui va avec !

Ne pas exhiber votre argent et vos biens matériels

Ne pas manifester en public des marques d'affection excessives envers son partenaire. Petits câlins ou baisers langoureux sont à éviter dans certaines régions. Ces débordements peuvent être très mal perçus par les habitants.

Acheter local. Acheter des produits locaux vous permettra à contribuer au développement économique de la région.

EFFETS PERVERS DU TOURISMEHaut de page

Jusque dans les années 1980, la grande majorité des touristes européens et américains restent dans les frontières de leurs continents. Mais les modes de transport se développent, deviennent plus rapides et moins onéreux, les voyages lointains se révèlent plus abordables. Alors qu'en 1950 le top 10 des destinations accueillait 88 % des touristes internationaux, cette proportion ne représente qu'à peine 45 % aujourd'hui, ce qui reflète l'émergence de nouvelles destinations dont beaucoup dans les pays en voie de développement.

Le nombre de voyages touristiques internationaux est ainsi passé de 170 millions en 1970 à 1,087 milliard en 2013. Une croissance exponentielle qui n'a pas échappé aux gouvernements, qui voient dans le tourisme une nouvelle source de devises étrangères importante. Selon le World Travel & Tourism Concil (WTTC), le tourisme a généré 1 159 milliards de dollars de recettes en 2013. Ce chiffre représente 29 % des exportations mondiales de services, faisant du tourisme un secteur majeur de l'économie mondiale.

En 2013, l'Espagne est devenu le troisième pays le plus visité au monde, après la France (n°1 avec 86 millions de touristes internationaux) et les Etats-Unis (n°2 avec 66,7 millions de touristes internationaux).

Les trois pays recevant le plus de recettes du tourisme international sont en 2013, selon l'OMT, les Etats-Unis (126,2 milliards $), l'Espagne (55,9 milliards $) et la France (53,7 milliards $).

Aujourd'hui, le tourisme suscite bon nombre de controverses car il se développe trop souvent au détriment des populations locales et des régions d'accueil, en particulier quand il est mal maîtrisé (hyperconcentration des infrastructures, surexploitation, emplois précaires), faisant apparaître des dérives (travail des enfants, prostitution...).
Les conséquences sur la nature et l'équilibre socio-économique des régions fragiles peuvent être catastrophiques. Parallèlement, les touristes ignorent bien trop souvent les méfaits qu'engendrent leurs vacances, comme la détérioration du paysage due à la construction d'infrastructures touristiques ou la flambée de la mendicité infantile.

Sur le plan environnementalHaut de page

Sur le plan environnemental ou écologique, on distingue généralement trois types de conséquences néfastes.

La dégradation de la nature et des milieux naturels (habitat des espèces, des terres cultivables) à cause, notamment, de la construction de routes, des aménagements hôteliers, des ports, marinas, golfs, pistes de ski, parkings, de la pollution lumineuse, etc.

Selon le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue), 75 % des dunes de sable de la côte méditerranéenne ont disparu suite à l'urbanisation touristique. La surfréquentation de certains sites naturels a un fort impact sur la flore et la faune : piétinement, érosion, arrachage de végétaux, dérangement de la faune, qui conduit inévitablement à une dégradation de ces milieux. Un important essor touristique a aussi des conséquences négatives sur le comportement naturel des espèces animales et perturberait leur mode de vie (reproduction insuffisante ou négligence des petits par les parents).

Parallèlement, la surconsommation des ressources telle que l'eau est problématique dans certains pays du Sud, notamment les pays du pourtour méditerranéen. L'utilisation abusive de cette ressource vitale par certaines structures hôtelières pour le confort des clients (piscine, arrosage des terrains de golf, climatisation) empêche la population locale d'y avoir accès et leur impose des restrictions. Il s'avère que dans les pays en voie de développement, la consommation quotidienne en eau par les touristes peut être 10 à 15 fois supérieure à celle de la population locale notamment dans les régions côtières arides. Selon la Banque mondiale, certains agriculteurs vivant à proximité de structures hôtelières ont dû abandonner leurs champs asséchés par des pompages excessifs dédiés aux activités touristiques. L'île de Majorque, par exemple, a déjà subi une pénurie en eau à cause d'une surconsommation de cette ressource par les structures touristiques et a dû importer de l'eau du continent et recourir au dessalement de l'eau de mer pour y faire face. Le tourisme dénature certaines zones considérées comme sensibles (littoral, montagne), affectant ainsi l'environnement et modifiant les écosystèmes (la destruction des milieux dunaires et l'invasion du béton au détriment des espaces verts, par exemple).

L'empreinte écologique liée aux transports. L'empreinte écologique individuelle des touristes augmente de façon flagrante, de même que le flux de touristes dans le monde.

Le transport aérien est l'une des principales sources de rejet de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère et contribue à l'effet de serre et au réchauffement climatique. La multiplication des séjours courts intensifie le trafic aérien et donc le phénomène de pollution atmosphérique. En 2006, une étude menée en 2006 a prouvé que " le transport des touristes français a produit 6 % des émissions de gaz à effet de serre (ou GES) du pays. 5 % des touristes ont émis 50 % du total des émissions liées au tourisme (rien qu'en se transportant sur leur lieu de vacances), et 10 % des touristes ont émis près des deux tiers des GES ". En 40 ans, le touriste français moyen a beaucoup évolué : ses séjours sont plus courts (passant de 20 à 12 jours), mais plus nombreux et plus lointains.

L'avion est le premier contributeur aux émissions de GES des touristes, bien qu'étant encore le moins utilisé pour se rendre sur le lieu de vacances. En France, les transports vers les zones de sports d'hiver produiraient de moindres émissions de GES, grâce au TGV et à des destinations plus proches (limitées au territoire français).

En 2006, en France, les déplacements automobiles de proximité ou moyenne distance, des week-ends et vacances ont représenté 16 % des émissions annuelles de CO2 des véhicules particuliers.

L'empreinte écologique liée aux activités. Le nautisme à voile ou motorisé, la chasse, le quad, la motoneige, la pêche au gros, les safaris, la plongée sous-marine ou même le surf, ainsi que certains modes de logement (hôtels de luxe, climatisation, etc.) peuvent encore fortement augmenter les conséquences écologiques et énergétiques du tourisme, ainsi que sa contribution à l'effet de serre.

Les formes de tourisme durable ou solidaire tentent de limiter ces effets ou de les compenser (compensation carbone, tourisme éthique, etc.).

Un terrain de golf dans un pays tropical comme la Thaïlande engloutit 1,5 tonne de fertilisants, pesticides et herbicides par an, et la quantité d'eau consommée est égale à la quantité consommée par 60 000 habitants (selon le Tourism Concern).

Sur le plan économiqueHaut de page

Alors que l'industrie du tourisme pourrait être un vecteur de croissance pour le pays d'accueil, on assiste à une répartition inégale des ressources financières : 80 % des bénéfices reviennent aux pays riches, et spécialement aux compagnies aériennes et agences de voyages ; les tour-opérateurs occidentaux enregistrent des marges évaluées à 25 % tandis que le personnel local ne touche qu'un salaire dérisoire.

Les touristes payant une grande partie de leur séjour dans leur pays d'origine, l'économie locale ne capte qu'une faible partie des sommes dépensées pour ce même séjour. Si la Banque mondiale estime que 57 % des dépenses touristiques dans les pays en développement sont captés par les pays du Nord, la proportion irait jusqu'à 90 % selon d'autres analyses. Dans un contexte de chômage élevé, le développement du tourisme entraîne certaines dérives : précarité des emplois, absence de contrat de travail, absence de considération de la part des employeurs, état de servitude par rapport aux touristes ou aux entreprises.

Sur le plan socioculturelHaut de page

Le tourisme a tendance à accentuer les disparités sociales au sein des populations locales. Dans beaucoup de zones à fort potentiel touristique, les populations installées depuis des générations, n'ayant bien souvent pas de titres de propriété, sont expulsées sans dédommagements ou avec des dédommagements minimaux pour laisser place aux infrastructures. La déstructuration sociale est alors irréversible. Parfois, les terrains sont des propriétés traditionnellement collectives, d'autres ont un caractère sacré pour des raisons culturelles, historiques ou religieuses.

Ces caractéristiques sont rarement prises en compte ou respectées comme elles le devraient. Se posent également les problèmes de la confrontation entre deux mondes radicalement différents : niveaux et modes de vie, croyances, comportements... Le touriste représentant une source d'argent, la mendicité et les vols se sont développés. On assiste également à une folklorisation de certaines coutumes culturelles qui perdent toutes significations traditionnelles uniquement dans le but de divertir les touristes.

Les solutions...Haut de page

Il est indéniable que le tourisme offre de nouvelles perspectives de développement économique dans des régions pauvres et structurellement affaiblies. Il peut être un moteur de croissance, dynamisant l'économie d'un pays. Bien encadré, le tourisme peut représenter une source d'emplois pour la population, encourager le développement d'infrastructures routières et de communications, appuyer l'économie locale et apporter une source de revenus complémentaire (activité saisonnière) et enfin favoriser un échange culturel mutuel entre touristes et population locale. Cette vision idéale du développement touristique émerge depuis quelques années grâce à l'apparition d'un nouveau concept : le tourisme durable, responsable ou solidaire.

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