Le guide thématique Petit Futé Guide de la plongée : FAUNE ET FLORE

FAUNE ET FLORE

Comment relater en seulement quelques pages toute la richesse de la biodiversité sous-marine ? Autant dire que c'est tout bonnement impossible. Il semblerait plus raisonnable de mentionner ce que vous avez le plus de chance de rencontrer sous l'eau. Mais quelle eau ? La chaude, la froide, la douce, la salée ? Encore une fois, il va falloir être très sélectif car le but n'est pas ici de vous délivrer une encyclopédie du monde marin, mais bien de vous donner un aperçu des rencontres que vous allez pouvoir faire.

La floreHaut de page

Sous l'eau, on trouve des animaux, mais aussi des végétaux. Et les premières plantes auxquelles on pense, ce sont bien entendu les algues. Rares sont les plongeurs à s'y intéresser, elles font partie du décor mais sont tellement banales qu'on ne les voit sans doute même pas. Peut-être parce qu'elles ne produisent jamais aucune fleur. Pourtant, ces plantes sont passionnantes et leurs variétés sont incroyables. Sans entrer dans les détails, voici quand même les 4 grandes familles d'algues qui, vous allez le voir, sont classées par couleur :

Les chlorophycées ou algues vertes.

Les rhodophycées ou algues rouges.

Les phéophycées ou algues brunes.

Les cyanophycées ou algues bleues, qui sont également les plus petites des 4 familles.

Il est intéressant de savoir qu'aucun danger particulier ne peut venir des algues. Elles ne sont pas urticantes. Toutefois, il faudra veiller à ce qu'elles ne s'emmêlent pas autour de la robinetterie de votre bloc.

Après les algues et toujours parmi les végétaux, on trouve des plantes à fleurs ! Et oui, comme en surface. La plus célèbre d'entre elles est sans aucun doute la posidonie qui tire son nom de Poséidon. On l'appelle également paille de mer ou chiendent marin. Ses feuilles peuvent atteindre 1,30 m de long, ce qui en fait un abri idéal pour les poissons. Ces plantes fleurissent de septembre à novembre, et le fruit qui résulte de cette floraison est vert très foncé, presque noir et très charnu. On appelle ce fruit, l'olive de mer. Lors de vos plongées, penser à ne pas détériorer ces plantes qui abritent souvent des " nids " et servent de refuges à une faune abondante. Les posidonies ne se trouvent qu'en Méditerranée.

Après les plantes, on trouve aussi beaucoup d'animaux qui restent accrochés et dont on peut se demander s'ils sont vraiment vivants. C'est le cas des spongiaires ou éponges. Ces masses poreuses, plus ou moins élastiques au toucher sont toujours immobiles. Organismes très simples, les éponges adoptent de multiples formes et couleurs mais sont toujours organisées de la même façon, avec une cavité centrale qui lui sert à filtrer l'équivalent de son propre volume d'eau en quelques secondes. Les éponges abritent, elles aussi, beaucoup d'autres animaux, comme des crabes, des vers, et même des plantes, telles que les micro-algues. Les éponges ont une durée de vie de 1 à 3 ans et sont des organismes assez fragiles. Elles craignent le froid, la pollution, les épidémies...

Pour des activités subaquatiques responsables : les 10 engagements de la FFESSM pour le développement durable

1. Rendre les activités subaquatiques accessibles au plus grand nombre

2. Adopter des pratiques éco-responsables

3. Sensibiliser et impliquer dans la démarche de développement durable les clubs, les licenciés, les publics et les partenaires

4. Mettre en place des actions de sensibilisation autour de la santé et de la sécurité des pratiquants

5. Promouvoir les valeurs du sport

6. Initier des actions d'éducation à l'environnement et au développement durable

7. Valoriser le rôle central du bénévole

8. Contribuer à la connaissance des écosystèmes et à la veille écologique

9. S'inscrire dans les démarches de concertation pour un usage durable de l'espace subaquatique

10. Contribuer à la préservation des sites naturels en mer et en eaux intérieures

La fauneHaut de page
Faune des récifsHaut de page
Coraux sur une épave.
Coraux sur une épave.

Les coraux demeurent l'essentiel de votre paysage sous-marin.

Acropora. Ce sont des coraux graciles durs dont l'élégance caractérise les fonds sous-marins lorsque ceux-ci en sont composés à 90 %. Ils peuvent prendre la forme de doigts (digitiforme) et présentent de grands polypes au bout du doigt. C'est la couleur des polypes qui fait dire que les coraux sont bleus, jaunes ou mauves. Le summum des acroporas réside dans leurs formes de tables ramifiées et parfois de grande circonférence. Ils sont vulnérables aux ancres des bateaux, aux houles cycloniques et à la convoitise humaine. Ils peuvent prendre la forme de cornes de cerf, d'élan, de bouquets, d'éventail, de champignons façon girolles... Les acroporas se développent dans les fonds de faible profondeur, abrités et ensoleillés.

Coraux fluorescents ou Flavines Urobilines. La gamme des couleurs fluorescentes émises par les coraux varie du vert foncé au jaune lumineux en passant par le rouge et l'orange. Dans la même espèce de coraux, il peut y avoir des fluorescences différentes. Vous ne verrez pas la fluorescence des coraux lors d'une plongée de nuit avec une lampe normale. Rappelez-vous : dès les premiers mètres de profondeur, les radiations jaunes, orange et rouge du spectre lumineux naturel sont arrêtées et seuls les bleus, verts et ultraviolets persistent. Or, pour observer la fluorescence il ne faut pas que des ultraviolets. Aussi, de jour, votre oeil exercé peut distinguer un corail fluorescent d'un autre.

Coraux mous. Ils se nomment alcyonaires. Ils ont une prédilection pour le courant. Aussi les retrouvez-vous aux abords des passes et le long des tombants extérieurs. Ils forment des colonies dressées avec une consistance charnue. Ils ont un hydrosquelette, c'est-à-dire qu'ils se gonflent d'eau. Certains sites, réputés pour leurs alcyonaires, s'explorent uniquement lorsque le courant est rentrant. En effet, dès que le courant sort, les alcyonaires se vident de leur eau et leurs polypes se referment : elles ressemblent à des baudruches dégonflées.

Les alcyonaires existent en forme de choux-fleurs avec un pédoncule en grands massifs (type fougères) et sont appelés alors dendronephthya. Elles sont spectaculaires lorsqu'elles se gonflent d'eau car elles deviennent alors translucides et s'épanouissent. L'aspect translucide disparaît lorsque la colonie se contracte. Elles peuvent être hautes de 50 cm. Suprême ironie : les dendronephthya sont herbivores ! Leurs intestins seraient remplis de phytoplancton.

La superbe coloration qui fait leur réputation provient de sclérites calcaires, d'où la sensation de petits piquants à leur surface. Ils se déclinent dans toute la gamme de rose, de rouge et d'orange. D'autres alcyonaires ressemblent à des mains, d'autres figurent des gorgones rouges mais sans leur vulgarité. Les arborescentes sont blanches, jaunes et grises, d'autres peuvent s'identifier à des plumes d'autruche. Certaines consistent en une multitude de petites fleurs blanches qui s'ouvrent dans le courant.

Corail noir. Son nom savant est antipathaire. Vous aurez du mal à comprendre pourquoi on l'appelle corail noir lorsque vous verrez ces buissons denses, de couleur marron, avec des reflets comparables à ceux d'un sapin couvert de givre. En réalité, leur squelette est noir et on en fait des bijoux très prisés.

Fungia. Lorsque vous rencontrez un corail-champignon de forme ronde ou allongée, vous ne l'oubliez pas (les crustacés étendent leurs pattes). Chaque corail consiste en un grand et seul polype qui n'est pas attaché au substrat sauf à un stade très jeune. Le fungia mène une existence sédentaire et libre de ses mouvements sur le fond. Il est strié en étoiles de crêtes acérées. Vous remarquerez des zones violettes qui traduisent sa croissance. Pour se déplacer, il se hausse sur ses tentacules.

Montipora. Vous serez certainement séduit par ces colonies aplaties en forme de vases gigantesques dont les pétales s'étalent artistiquement autour du " coeur ". Les polypes en surface forment parfois une " chair de poule ". Les plaques de montiporas sont dirigées vers la surface, bien étalées pour capter l'énergie solaire nécessaire aux zooxanthelles. D'autres montiporas ressemblent à des grosses salades dont les feuilles se chevauchent. Le bord de ces feuilles est dentelé et irrégulier comme si une armée de limaces s'était acharnée dessus. Les couleurs sont variées : brun, vert, crème, blanc, rose... Le porite forme des protubérances compactes parsemées de petits vers tubicoles, les spirographes, qui y ont élu domicile en compagnie de bivalves. Des balanes s'y incorporent et y forment des verrues se terminant par un orifice par lequel les crustacés étendent leurs pattes. Les porites sont nommées les " têtes jaunes " lorsque ce corail poreux et massif, de forme irrégulière, présente l'aspect d'une énorme boule colonisée par des spirographes multicolores. Les porites peuvent revêtir en effet plusieurs formes, comme celle de grosses boules volumineuses ou celle de doigts tendus vers la surface (digitiforme).

Eponges. De leur nom scientifique porifères, elles comptent parmi les espèces les plus primitives du règne animal. Elles n'ont pas d'organes : ce sont de simples agrégats de cellules délimitant un réseau très ramifié de tubes où circule l'eau de mer. Celle-ci pénètre dans l'éponge par des pores très fins, appelés ostuims, et sort par un ou plusieurs orifices plus gros (oscules).

Les cellules de l'éponge retiennent au passage les particules microscopiques qui sont comestibles. Elles se reproduisent par bourgeonnement ou par des petites larves nageuses. Elles sont capables de recommencer à se développer, même après avoir été abîmées par une ancre ou un cyclone. Vous les trouvez soit douces soit rugueuses au toucher. C'est l'association d'une matière fibreuse, la spongine, avec de microscopiques spicules de silices qui leur confèrent leur résistance. Les éponges sont classées selon la forme de ces spicules (Siphonocalina sponges haliclona - Axinella agnaata - Haliclona dictyo-ceratidae...).

Gorgones. Elles forment des branches avec un squelette et du tissu autour. Certaines ne sont pas ramifiées, comme les " fouets de mer " que vous observerez sur les fonds calédoniens. Souvent, leurs polypes sont rétractés le jour, alors que la nuit ils s'épanouissent pour capturer le plancton. Elles ont la forme de balais dressés vers la surface et de grandes tiges ressemblant à un épais fil de fer déroulé. D'autres s'étalent en éventails plus ou moins grands, avec des variantes roses, jaunes, orange. Le contraste des couleurs entre les calices - où se sont rétractés les polypes - et le tissu environnant est spectaculaire. Vous remarquerez des fonds rouges avec des points blancs ou jaunes. Ce type de gorgones, Melithea anthias pascalus, fait la joie des photographes. Attention à vos palmes, car ces colonies ne sont pas souples. Elles se détériorent très facilement.

Corail cerveau.
Corail cerveau.
AnémonesHaut de page
Poisson clown.
Poisson clown.

Les anémones ou Actiniaria sont des polypes solitaires dont la taille peut atteindre 2 m de diamètre. Possédant de nombreux tentacules urticants, elles sont pourvues d'un pied qui s'ancre dans le sable ou s'attache sur des substrats durs. Même si on l'observe rarement quand on plonge, elles peuvent se déplacer et même nager en pleine eau en cas d'attaque. Elles se nourrissent de plancton, de petites crevettes ou de poissons attrapés à l'aide de leurs tentacules. Mais ce qui fait la célébrité de l'anémone, c'est son mode de vie : la symbiose ; son colocataire le plus célèbre étant le poisson-clown.

Poisson clown.
Poisson clown.
MédusesHaut de page

La méduse passe toute sa vie en pleine eau, à la surface des mers, ou le plus souvent à diverses profondeurs. Les méduses sont pratiquement toutes des animaux marins. Elles se déplacent en se laissant porter par les courants. Formées d'une ombrelle, d'un axe vertical et de filaments, ce sont de ces derniers que nous devons nous méfier. Ils sont en général dotés de cellules venimeuses dont les effets peuvent être désagréables à mortels. Certaines méduses peuvent atteindre les 3 m de diamètre avec des tentacules de 4 m. Encore mal comprises, les méduses joueraient un rôle important dans la régulation des populations de poissons et de planctons. Depuis quelques années, on a constaté une augmentation des phases de pullulation de méduses. Il semblerait que cela soit le résultat d'un réchauffement climatique et de la disparition de certains poissons.

PoissonsHaut de page
Rascasse volante.
Rascasse volante.

Les poissons possèdent un certain instinct du territoire. Cet espace est proportionnel à la taille et à la vitesse de leurs déplacements. Ainsi le requin se déplace sur des kilomètres et le poisson-pierre seulement sur quelques mètres. Les poissons de l'océan viennent volontiers vers les hauts fonds pour chercher pitance. Ainsi les requins, les tazars et les carangues traversent les passes, aidés par les courants des marées pour arriver dans le lagon, puis ils ressortent vers l'océan. Les poissons du lagon se concentrent autour des patates de corail. Les poissons-perroquets et les poissons-chirurgiens sont dans les eaux agitées, non loin du récif. Les tétrodons préfèrent le calme des trous d'eau. Sous les coraux, vous dénicherez des langoustes-porcelaines. Les acroporas abritent les demoiselles, à qui on donne les noms savants de chromis et de cylus. Elles défendent leur territoire et papillonnent non loin de leur secteur. Entre les îlots coralliens du lagon se baladent les mulets et les surmulets, les lutjans et les becs-de-cane. Les poissons-trompettes et les aiguillettes passent en bande ou s'isolent entre deux eaux.

Baliste Picasso - Rhinecanthus aculeatus. Le baliste a la peau rugueuse et dure. Vous remarquerez les couleurs et dessins de sa livrée : on a l'impression que c'est l'oeuvre d'un enfant. Il possède un éperon courbe, fiché au sommet du dos, qui se dresse en cas de danger. Vous comprendrez alors le nom de poisson-gâchette dont on l'affuble ! Lorsqu'il se sent menacé, il s'ancre littéralement dans un trou grâce à cet éperon. Ses yeux sont placés loin derrière le museau, ce qui lui permet d'attaquer les crabes sans risquer de se faire mal. Il les broie alors avec sa mâchoire puissante. Pour manger un oursin, il souffle dessus pour le retourner et il lui casse le test dans un grand craquement sonore. Il rôde dans le lagon, non loin de la barrière récifale.

Bec-de-cane ou bossu. Vous le côtoyez sous l'eau mais aussi au marché de Nouméa où il est vendu sur les étals. Il a le museau court ou long. Il peut être contaminé par la bactérie de la ciguatera car c'est un sacré omnivore avalant des mollusques, des crustacés, des poissons, des branches de corail et des détritus. Il n'arrête pas de nager et est assez peureux. Il vit dans les baies, dans les passes et le long du récif extérieur. Le goût de sa chair est délicieux et vous pouvez le cuisiner bouilli, frit ou cuit au barbecue. Les Asiatiques l'apprécient salé et fumé.

Cheval de mer - Hippocampus kuda. Son corps est enveloppé d'une cuirasse constituée de plaques osseuses. Au repos, vous l'apercevrez accroché par la queue à un support. Sa tête est mobile. C'est le mâle qui accouche : il porte les oeufs fécondés dans une poche marsupiale et met au monde ses alevins.

Chromis - Ascyllus aruanus. Ils grouillent par centaines au milieu des buissons d'acroporas. Ils y tournent en rond à en donner le tournis.

Diagramme ou loche-castex - Lethrinus nebulosus ou miniatus. En réalité on l'appelle perche de mer. Elle a un faciès rappelant le profil des loches, sa lointaine cousine, avec une bouche lippue. La perche vit dans les lagons et à l'extérieur de la barrière récifale. Elle se goinfre à souhait, et sa voracité réjouit en général les pêcheurs. La loche-castex est en effet carnivore et dévore des petits invertébrés, des mollusques, des poissons et des crustacés. Malheureusement sa chair est souvent porteuse de la bactérie de la ciguatera.

Diagramme à bandes diagonales - Plectorhincus goldmanni. Détient la palme d'élégance avec la bouche, la queue et les nageoires jaunes, son corps étant zébré de diagonales noires. Les photographes se régalent de leur présence en banc.

Gros-yeux ou poisson-beurre - Heteropriacanthus cruentalus. Nommé ainsi car, paraît-il, on le cuisine avec du beurre ! Ce sont des poissons rouges que vous rencontrerez dans les excavations coralliennes qui leur sont propres. Lorsque vous passez, ils vous regardent en laissant paraître seulement leur museau, comme s'ils étaient à la fenêtre de leur logement.

Perche pastillée - Plectorhinchus runclatissimus. Elle est beige, parsemée de taches de rousseurs brunes. Vous la verrez souvent seule, dans le recoin obscur d'une anfractuosité corallienne.

Poisson-ange - Pomacanthus paru. Les juvéniles ne portent pas la livrée des adultes et ils se nourrissent de parasites qu'ils prélèvent sur d'autres poissons, ainsi que de vers. Les adultes se délectent d'éponges, de coraux mous et d'algues. Ces poissons naissent femelles et finissent mâles. On dit qu'ils sont hermaphrodites. Vous rencontrerez couramment l'ange-sombre, Lentropyge bispinosus, qui porte du noir sur le dos et les nageoires, le poisson-ange citron, Centropyge flavissimus, qui ressemble un peu à une demoiselle et qui porte une livrée jaune-or, et enfin la star, ange royal, Pygoplites diacanthus, que vous remarquerez avec sa robe zébrée de bleu et de jaune, broutant le corail et baguenaudant, seul ou en couple, le long des tombants ou dans les patates coralliennes foisonnant de madrépores.

Empereur - Pomacanthus imperator. Il apparaît avec de belles rayures longitudinales et émet des grognements sourds que l'on entend sous l'eau.

Poisson-ange à six bandes - Pomacanthus sexstriatus. Il donne l'impression d'avoir été passé sur un gril ou d'avoir été exposé au soleil à travers des barreaux.

Poisson-bagnard ou Sergent major - Abudefduf saxatilis. Le bagnard rôde en bandes de spécimens autour des coraux. Il s'apprivoise grâce à sa ténacité car il adore le pain. Il vous pince alors les doigts, pensant être en présence d'une denrée comestible.

Poisson-ballon - Canthigaster valentini. Lorsque vous le regardez de profil vous noterez son museau, ressemblant à un long nez, qui lui sert à dénicher les crustacés dans les crevasses. Sa chair est comestible, mais son foie, ses gonades et sa peau concentrent un poison mortel, la tétrodotoxine. Il est très territorial et a une fâcheuse tendance à la polygamie.

Poisson-chirurgien - Acanthurus... Ils doivent leur nom aux scalpels semblables à ceux des chirurgiens (du type homo palmus) qu'ils portent à la base de la queue. Certains les sortent lorsqu'ils se sentent menacés, d'autres les possèdent à poste. Vous rencontrerez les poissons-chirurgiens dans les passes exposées à la houle et autour des patates de corail.

Même si vous observez plusieurs espèces de poissons-chirurgiens différents dans un même site, elles restent chacune sur leur territoire. Ils sont microphages : entendez par là qu'ils affectionnent les algues, occasionnellement les minuscules poissons et les invertébrés. Ils frayent de novembre à mars. Ils se regroupent alors dans les passes où ils évacuent leurs semences. Celles-ci sont emportées en pleine mer et la croissance des jeunes a lieu pendant les premiers mois, ensuite, ils intègrent le lagon. Ils sont porteurs de la gratte.

Poisson-cocher - Zanclus cornutus. Il se balade volontiers au milieu des poissons-anges et des poissons-papillons. Dans d'autres contrées, il est nommé idole maure car de nombreux islamistes les respectent. Son nez allongé lui permet de piquer les petits invertébrés.

Poisson-coffre jaune - Ostracion cubicus. Il est équipé d'une armure osseuse qui le protège en totalité, armure percée pour la bouche, les yeux, l'anus et l'articulation des nageoires. Vous êtes en présence d'un parallélépipède vivant de section carrée ! Il nage rigidement et manie ses nageoires comme une rame. Vous avez l'impression d'être en présence d'un automate remonté de façon mécanique. Il se balade sans trop craindre les prédateurs et mange des crustacés, des oursins et des coquillages. Comme il a des dents solides, il ronge les polypes coralliens. Lorsqu'il est jeune, il adore jouer à cache-cache dans les branches des coraux. Il habite les failles et les crevasses coralliennes.

Poisson-couteau - Aeliscus strigatus. C'est une des curiosités des fonds sous-marins de la Nouvelle-Calédonie car il nage la tête en bas et, couard, il se réfugie dès qu'il a peur entre les piquants d'un oursin noir contre le venin duquel il est immunisé. Il porte en effet le long de son flanc une longue bande fine qui le confond avec les piquants des oursins.

Poisson-papillon - Chaetodon... Le récif s'anime grâce aux poissons-papillons, à leurs formes curieuses, à leurs couleurs vives, à leurs gestes saccadés... Un caricaturiste ne pourrait avoir meilleurs modèles de poissons sous les yeux. Ce qui les différencie les uns des autres c'est l'allongement du museau avec, au bout, une toute petite bouche pleine de dents acérées, un nez en pied de marmite en bec de colibri et joliment retroussé ou simplement entrouvert. Toutes ces formes de museau ont une utilité. Les longs museaux détachent un polype sans s'écorcher au corail et les becs fins s'immiscent au milieu des brèches coralliennes pour attraper les vers et les crustacés. Les poissons-papillons peuvent être herbivores (les algues), carnivores (les petits invertébrés) ou cumuler toutes les gourmandises en étant omnivores.

Vous les apercevrez partout où le corail est foisonnant et sain, dans le lagon et à l'extérieur de la barrière récifale. Ils se baladent en couple dans une synchronie de mouvements à faire pâlir l'homo palmus qui les observe. Ils s'arrêtent pour vous regarder " droit dans le masque " et jouent les vedettes en se pavanant devant vous. Ils chassent la journée et dorment la nuit. Espèces de poissons-papillons les plus courantes : le papillon à antenne Chaetodon auriga, le papillon de Bennett Bennetti, le papillon à taches noires Ephippium, le papillon à points-tirets Pelewensis, le papillon à long bec Longirostris, le papillon à une tache Unimaculatus et le papillon de Mertens Mertensi.

Poisson-perroquet. Il illumine les fonds sous-marins avec ses jolies couleurs. Nanti d'un bec, le poisson-perroquet arrache les coraux et broute les pellicules d'algues ou les polypes coralliens qui recouvrent le corail. Ses dents broient la nourriture pour récupérer le plus de nutriments possible. Il avale du calcaire avec ces nutriments qu'il défèque en nuage de sable fin si vous l'effrayez. Les plages et les dunes immergées se constituent grâce à lui. Penchez-vous plus près dans les madrépores (coraux) et vous détecterez la trace de son bec. Tendez l'oreille et vous entendrez sûrement le raclement du bec d'un perroquet sur le corail. C'est pourquoi vous les croiserez partout où il y a du corail vivant. Le poisson-perroquet dort sur le fond de l'océan et s'enveloppe d'un réseau de filaments formés par une sécrétion muqueuse. Ne vous avisez pas de le caresser car, surpris, il se retournera et pourrait vous mordre. Il peut changer de couleur avec le sexe et l'âge. Ainsi le poisson-perroquet est bicolore, bleu et vert (Cetoscarus bicolor) une fois adulte. Juvénile, il présente une livrée blanche avec un masque orange sur les yeux. Vous pourrez observer les poissons-perroquets crèmes (Scarus ghobban) de part et d'autre de la barrière corallienne ou dans les passes. Ils remontent pour brouter le casse-croûte du soir ! Bon à savoir : vous entendrez appeler en Nouvelle-Calédonie perroquet-banane (Bodianus perdiglo) un poisson de 80 cm environ. Il s'agit d'un labre aux couleurs jaunes qui tourne autour des patates de corail du lagon ou à l'extérieur des passes.

Poisson-pierre - Synanceia verrucosa. Il est immobile au milieu des formations coralliennes, un peu enterré dans le sable. Il laisse apparaître seulement le sommet de sa tête et de son épine dorsale. Vous ne distinguez alors plus la bouche. Dès que des poissons et des crustacés passent à portée, il se dégage et fonce dessus pour les avaler. Sa nageoire dorsale, qui apparaît comme une crête de coq, peut s'avérer dangereuse. Chaque bourrelet - treize environ - cache une épine reliée à deux minuscules vésicules pleines de poison. En cas de contact, l'épine sort du bourrelet et le venin gicle. Une douleur instantanée très violente, des nausées, des vomissements et une perte de connaissance sont les premiers signes cliniques de cette rencontre avec le poisson-pierre. Alors, prudence !

Poisson porc-épic - Diodon hystrix. Il a une grosse tête et un bec dont les dents soudées broient une carapace de crabe ou un oursin. Sa peau est épaisse. Il se gonfle lorsqu'il a peur ou souffre d'une blessure ou encore quand il s'est gavé d'une proie. Il hérisse alors de grandes épines pointues couvrant son corps, celles-ci étant couchées au repos. Il est plutôt nocturne.

Poisson-soldat, poisson-écureuil - Myripristis murdjan, Sargocentron rubrum. Ils représentent une famille où les espèces sont difficiles à dissocier. Les madrépores sont troués de galeries, de grottes et de trous, dans lesquels sautillent les livrées rouges car ils ont des habitudes de noctambules. Ils se complaisent dans l'ombre, parfois même ils sont positionnés sur la voûte, dos vers le bas. Le sol des grottes étant plus éclairé que le plafond, ils assimileraient la lumière à la surface de la mer. Ils chassent des crustacés, des mollusques et des petits poissons la nuit. Vous les retrouverez indifféremment autour des patates de corail du lagon et dans les grottes des tombants extérieurs.

Poisson-vache - Lactoria cornuta. Il possède la même armure que le poisson-coffre et se réclame du même régime alimentaire. Il dispose d'une toxine sécrétée par ses glandes cutanées, nocive pour les autres poissons. Lorsqu'il est pris dans des filets, il en libère beaucoup à cause du stress.

Labre. Le terme vient du mot latin signifiant " lèvre " car le labre possède une bouche avec des lèvres épaisses. Il arbore des couleurs luxuriantes, surtout les mâles dont les teintes sont plus vives que celles des femelles. Celles-ci peuvent changer de sexe et changer alors de livrée pour devenir mâle adulte. La plupart des espèces de labres construisent des nids pour abriter leurs oeufs et leurs alevins sous les algues. Certains sont végétariens mais la plupart sont carnivores et croquent volontiers des oursins, des étoiles de mer, des crabes et des bernard-l'ermite. Le labre rôde toute la journée à la recherche de proies, mais la nuit il se couche, légèrement incliné sur un côté. Quelques-uns s'enterrent. Les napoléons, les girelles, le poisson-oiseau et le lèvres-épaisses font partie des espèces de labres les plus répandues.

Napoléon - Cheilinus undulatus. Il est la star des eaux calédoniennes. Comme il porte une bosse sur la tête, les Français l'ont appelé " napoléon " ! Il n'y a pas plus doux et plus gentil qu'un poisson-napoléon. Sa chair est souvent toxique car infectée par la ciguatera. Il est très casanier. Il a un trou, toujours le même, dans lequel il revient dormir tous les soirs, souvent situé dans les passes ou le long des tombants océaniques. Sa dentition lui permet de s'attaquer sans coup férir aux mollusques et aux crustacés.

Girelle verte et bleue - Thalassoma lunare. Elle est partout, non loin des plages, autour des patates de corail et sur les versants extérieurs du récif. Mollusques, crustacés et alevins constituent sa nourriture. Vous pouvez l'apprivoiser facilement. Les girelles sont d'un beau bleu turquoise.

Poisson-oiseau - Gomphosus varus. Son nom provient de la forme de sa bouche qui ressemble à un bec de colibri. Il l'utilise pour fouiller les crevasses dans le corail ou pour chercher des petits crustacés dans les herbiers. Les mâles sont vert turquoise et les femelles roses. Le banc se compose d'un mâle et de ses femelles.

Lèvres-épaisses - Hemigymnus melapterus. Il vit dans le lagon où il croque des coquillages. Il est craintif et méfiant. Les adultes parcourent les herbiers et les pointes sableuses. Les jeunes virevoltent dans les coraux. Les loches et les mérous possèdent une grande bouche armée d'une denture redoutable et sont réputés pour leur gloutonnerie. Ce sont des carnivores qui ont tendance à chasser à l'affût. Ils paraissent débonnaires et nonchalants, mais d'un seul coup ils bondissent sur des proies passant à leur portée et ils les engloutissent en une fraction de seconde. Leur bouche est incroyablement extensible et leur capacité stomacale leur permet d'engloutir des proies aussi grosses qu'eux. Les loches sont casanières et ne s'éloignent que de quelques mètres de l'anfractuosité où elles ont élu domicile. Lorsque vous vous en approchez, elles s'éloignent un peu puis elles se retournent brusquement. Elles s'immobilisent alors face à vous en vous regardant de leurs gros yeux ronds et en remuant lentement leurs nageoires pectorales. Finalement elles se retournent et partent définitivement dans leurs trous.

Loche camouflée - Epinephelus hexagonatus. Elle est constellée de taches hexagonales brunes et vit au milieu des pâtés coralliens.

Mérou céleste - Cephalophisargus. Il se caractérise par une jolie couleur bleue parsemée de bleu ciel. Vous le verrez dans le lagon rôder autour des patates de corail, aux abords des passes et le long des tombants océaniques. Il gobe des crevettes, des crabes, des langoustes et des poissons.

Loche sanguine - Cephalopholis sexmaculatus. Appelée également vieille, elle fait le régal des photographes tant sa couleur, orange et rouge écarlate parsemée de petites taches bleues, est seyante. Elle tourne autour des madrépores dans le lagon. Elle est curieuse et sort de son trou facilement.

Loche saumonée - Plectropomus leopardus. Elle vous apparaît tout de brun vêtue, parsemée de points bleu ciel. Elle peut atteindre une dizaine de kilos. Vous la croiserez à une profondeur de 2 m à 30 m. Elle bouge beaucoup et ne se réfugie dans un trou, au milieu des coraux, que si elle a peur. Elle croque volontiers un poisson-perroquet ou un poisson-chirurgien de passage. La nuit, si vous l'éblouissez avec le faisceau de lumière de votre torche, vous la caressez facilement.

Mère-loche - Epinephelus lancealatus. C'est une sorte de mérou géant qui se terre souvent dans les recoins d'une grotte où il a élu domicile ou dans une épave. C'est l'apothéose d'une plongée lorsque vous la rencontrez. Elle est d'humeur placide et curieuse. Elle s'apprivoiserait facilement si les plongeurs ne craignaient pas de la retrouver fléchée, un beau matin. Elle peut avaler 2 à 3 kg de poissons et de grosses langoustes. C'est une solitaire !

Loche marbrée, loche-crasseux ou mérou-camouflage - Epinephelus microdon. Vous la reconnaîtrez du premier coup d'oeil car elle est marron avec des taches irrégulières beiges disséminées sur tout le corps. Elle colonise les faibles profondeurs d'eau, dans le lagon, mais vous la trouverez également sur le versant océanique.

Lutjans. Une grande famille dont les membres ont des formes variées aux couleurs très différentes. Vous les rencontrerez partout. Ce sont des carnivores qui raffolent des poissons et des crustacés.

Lutjan rouge - Lutjanus bohar. Il évolue en banc. Sa robe brun chocolat lui a valu l'appellation Red Snapper donnée par les Américains. Il est situé en haut de la chaîne alimentaire et est porteur de la ciguatera. Par sa voracité, il a accumulé les bactéries et diffuse des toxines.

Ne vous fiez pas à son allure de gros rouget. Déjà, au XVIIe siècle, sa toxicité fut à l'origine d'un empoisonnement général de l'équipage de Pedro Fernandez de Queiros aux Nouvelles-Hébrides. Il a un appétit féroce.

Vivaneau de nuit appelé rouget de nuit - Lutjanus amabilis. Les vivaneaux forment des bancs compacts à l'intérieur du lagon. La livrée est un lever de soleil à elle seule, avec son joli rose se dégradant dans les gris bleutés. Etant donné que chaque famille possède ses vedettes, le lutjan jaune à cinq bandes bleues, le jaunet (Lutjanus quinquelineatus) et son homologue le lutjan à raies bleues, qui n'a que quatre lignes bleues (Lutjanus kasmira) évoluent en grands bancs près des patates de corail dans le lagon. Le lutjan avale tout ce qu'il trouve, végétaux et poissons.

Murène javanaise - Gymnothorax javanicus. Elle est en général l'habituée des massifs coralliens peu profonds. Vous la trouverez presque entièrement enfoncée dans un trou, la bouche ouverte et la gorge contractée au rythme de sa respiration. Elle sort la nuit de son antre pour se nourrir de crustacés et de poissons, mais revient souvent dans le même trou. Elle est brune avec des taches plus foncées.

Murène ondulante - Gymnothorax undulatus. Elle est appelée aussi murène-léopard car elle est mouchetée de brun sur un fond blanc. Elle élit domicile à faible profondeur. Elle est assez sournoise car elle paraît se désintéresser de vous lorsque vous la regardez de près. Alors, on a tendance à s'approcher et à empiéter sur son territoire. Elle peut alors réagir violemment.

Nason. Ces poissons ont un éperon frontal se développant avec l'âge et qui est absent chez les jeunes. La queue des adultes se prolonge par deux filaments. Ils possèdent deux paires d'épines à la base de la caudale. Vous les rencontrerez autour des patates coralliennes qui s'érigent sur un fond sableux, à environ 30 m de profondeur. Lorsque vous les effrayez, ils disparaissent dans les anfractuosités et se plaquent horizontalement sous la voûte.

Nason à éperons bleus ou Poisson-licorne - Naso unicornis. Il est appelé dawa en Nouvelle-Calédonie. Vous en croiserez partout, en groupes. Il est vendu au marché de Nouméa. Par extension on appelle dawa tout ce qui a une corne plus ou moins longue.

Picot. Il se complaît dans les eaux côtières peu profondes, jusqu'à une dizaine de mètres, surtout sur les fonds de sable ou de cailloux. Le picot Signanus argenteus est gris tacheté. Vous l'entendrez appelé poisson-lapin. Dès qu'il est capturé, il hérisse ses nageoires dorsales armées de rayons épineux porteurs d'un mucus volumineux. Gare à celui ou celle qui s'y frotte ! L'inflammation douloureuse dure près de deux jours. Le picot rayé Signanus spinus se déplace en banc jusqu'au bord des plages.

Le poisson-clown - Amphiprion... Il était une fois les poissons-clowns, les demoiselles et les sergents-majors ! Vous apprécierez le spectacle du poisson-clown nageant entre les tentacules de l'anémone. Il est alors protégé de ses ennemis. Les tentacules de l'anémone sont pourtant couverts de cellules urticantes et ses sécrétions venimeuses sont fatales pour tous les autres poissons. C'est un exemple frappant de symbiose car ces poissons-clowns, en échange de la protection, procurent des bribes de nourriture à l'anémone lorsqu'eux-mêmes mangent. Avec attention, vous constaterez que parfois l'anémone tente de s'approprier le morceau, mais en vain. Les poissons-clowns chassent aux confins de leur anémone et ils la défendent avec énergie contre les autres poissons. Les espèces que vous côtoyez en Nouvelle-Calédonie sont : Amphiprion clarkii ou le clown de Clark, Amphiprion melanopus ou le clown Bistré et Amphiprion peridedaion ou le clown à collier. Vous verrez des demoiselles partout, dans tous les massifs coralliens, dans les trous des rochers, dans les crevasses...

Ce sont des propriétaires terriens qui défendent leur parcelle avec agressivité, quitte à vous pincer les mollets ou les doigts lorsque vous passez au-dessus d'elles. Elles se nourrissent tantôt de plantes, tantôt de petits crustacés et tantôt de vers. Certaines pondent des oeufs qui sont attachés à une paroi et surveillés par les mâles. On les appelle aussi castagnoles vertes et demoiselles à bandes noires à cause du bruit qu'elles produisent en faisant claquer leurs dents.

Rascasse-poule - Pterois volitans. Appelée aussi poisson-de-feu, elle est souvent assimilée en Nouvelle-Calédonie au poisson-diable Dendrochirus zebra. Elle est hérissée complètement d'un plumage brun rouge et blanc. Son corps est strié de bandes roses et brunes. Inquiète, elle écarte ses " plumes " et fait la roue comme un paon. Approchez-vous d'elle, elle pivote stratégiquement pour vous présenter son arête dorsale et ses épines venimeuses. Sa piqûre est très douloureuse et peut entraîner des syncopes. Donc, attention où vous posez les mains !

Tazar ou wahoo - Acanthocybium solandri. Il se déplace très couramment autour de la Grande Terre, particulièrement sur les tombants de la barrière récifale. Il possède un museau très pointu et des formes hydrodynamiques. Il mange des poulpes, des crustacés, des poissons volants, des bonites et des thons juvéniles. Des tazars moins grands s'observent dans le lagon et dans les passes.

Thon à nageoires jaunes - Neothunnus albacora macroptery. Il est réputé pour sa vitesse et effectue de grandes migrations. On repère leurs passages en observant les bancs d'oiseaux de mer qui les suivent. Ils sont vendus au marché de Nouméa comme mets de choix, avec les thons blancs, encore plus pêchés que ceux à nageoires jaunes. En plongée, on observe des thons juvéniles rôdant autour du récif.

Rascasse volante.
Rascasse volante.
Poisson papillon.
Poisson papillon.

Les tortues de mer vivent dans la mer et s'y accouplent. Il n'est pas rare d'apercevoir d'un bateau l'accouplement en surface. En revanche, à la saison des pontes, les femelles se traînent sur le sable des plages où elles sont nées, pour, dès la nuit venue, pondre leurs oeufs. Avec leurs pattes arrière, elles creusent une grande cuvette, un nid en forme de puits, où elles déposent de cinquante à cent cinquante oeufs, puis elles rebouchent le trou et retournent en mer. Après sept à douze semaines les oeufs vont éclore. Les bébés tortues effectuent le parcours du combattant en essayant de rejoindre la mer. Ils doivent éviter les prédateurs : les frégates, les hérons, les fous, les crabes, les requins, les carangues... Trois pour mille, c'est le nombre de jeunes tortues sorties vivantes de l'oeuf qui reviendront adultes à la plage. Une femelle peut pondre de 20 à 40 ans... Sachez qu'elles peuvent vivre jusqu'à 50 ou 60 ans. Aussi étonnant que cela puisse paraître, les tortues font partie de la famille des reptiles. Elles possèdent des poumons et sont donc obligées de remonter à la surface pour respirer. Elles n'ont pas de dents mais leur bec corné est adapté à leur nourriture. Elles ont quatre pattes, transformées en forme de petites rames, que les scientifiques appellent palette natatoire. Leur peau est couverte d'écailles. Celles-ci forment une carapace protectrice. Les tortues sont des fossiles vivants. Elles existaient déjà il y a 250 millions d'années, avant même l'apparition des oiseaux et des mammifères. On suppose qu'elles se dirigeraient grâce aux étoiles. Elles peuvent nager à une vitesse de 35 km/h.

Tortue grosse-tête - Caretta-caretta. Sa carapace a la forme d'un coeur. Elle est longue de 1,25 m au maximum et peut peser jusqu'à 150 kg. Sa couleur est brun rouge. Vous la reconnaîtrez aisément car elle a une grosse tête, comme son nom l'indique. Elle possède un bec puissant et n'a pas bon caractère. Vous la croiserez en haute mer, dans les estuaires des rivières et près des zones sableuses. Elle raffole des poissons, des mollusques, des crustacés et des méduses. C'est une grande voyageuse qui effectue de longues migrations. Elle pond de novembre à janvier le long des côtes calédoniennes. Elle se reproduit au mois d'octobre. La tortue grosse-tête pond de quarante à cent cinquante oeufs par cycle et l'éclosion a lieu de cinquante à soixante jours après.

Tortue verte - Chelonia mydas. Elle mesure jusqu'à 1,25 m et pèse plus de 140 kg. Sa carapace brun vert est très dure. Vous serez surpris par sa toute petite tête. Sa mâchoire est dentelée. Elle fut appelée tortue verte à cause de la couleur de sa graisse. Vous la croiserez couramment en Nouvelle-Calédonie car elle y est commune. Elle se nourrit d'herbe mais aussi de crustacés, d'éponges, d'oursins et de mollusques. Elle se reproduit et pond d'octobre à mars. Les femelles peuvent pondre plusieurs fois par saison de 80 à 120 oeufs par saison. Ceux-ci éclosent de cinquante à soixante jours plus tard.

Bonne écaille - Eretmochelys imbricata. Elle mesure 90 cm de long et pèse 80 kg. C'est la plus petite des tortues marines. Sa carapace marron foncé est recouverte d'écailles imbriquées les unes sous les autres. Vous remarquerez sa petite tête étroite et son bec crochu très pointu. Sa chair est réputée toxique. Elle vit surtout dans les eaux côtières et les lagons. Elle se nourrit d'éponges, de crustacés, de mollusques et d'algues. Elle se reproduit en juillet et août, et pond d'octobre à février.

Une tortue d'eau douce et étrange…

La tortue dentelée (Chelus fimbriatus) est une tortue d'eau douce à l'aspect plutôt original, elle est bien différente des autres spécimens. Son aspect suscite la curiosité de nombreux scientifiques mais aussi des touristes. On la trouve principalement en Amérique du Sud, Guyane, nord de la Bolivie, est du Pérou, Equateur, est de la Colombie, île de Trinidad. Au Venezuela on l'aperçoit (difficilement car elle s'aventure sur les berges uniquement dans le but de pondre), dans les bassins amazoniens et de l'Orénoque, là-bas on la connaît aussi sous le nom de matamata ou la fea, " la laide ".

Le premier à l'avoir décrite est Barrère en 1741. Il remarque que son aspect est atypique aux autres tortues d'eau douce puisqu'elle a une queue plutôt longue et peut atteindre jusqu'à 45 cm et peser 15 kg à l'âge adulte. Elle est dentelée, ses yeux sont petits et se reflètent dans la nuit, sa tête est plate et triangulaire, couverte d'excroissances ; son museau est long et mince et est terminé par une petite trompe où se trouvent les narines. Son long coup lui sert de tuba, ses petites pattes sont munies de petites griffes et adaptées pour un habitat boueux. La couleur et la forme de sa carapace la font ressembler à un tas de feuilles mortes, voire même à du bois mort. D'ailleurs lorsque Tony Martin le guide aventurier des Llanos au Venezuela plonge dans les eaux carnivores du Guaritico, il remonte plus souvent un morceau de bois qu'une matamata.

Le milieu hostile mais plein de vie, dans lequel elle évolue, accentue sa capacité de camouflage ; des algues colonisent son dos. La tortue dentelée, sous l'eau, peut aussi se confondre avec un rocher lorsqu'elle est immobile. Ce camouflage la rend performante pour chasser. C'est aussi une pro en apnée. Tout ceci peut expliquer l'évolution originale de cet animal par rapport aux autres tortues. Cela pourrait également expliquer comment la dentelée a traversé les âges.

La dentelée est carnivore (alevins, têtards, batraciens, poissons et parfois des petits oiseaux). C'est vers l'âge de 5 ans que la tortue devient mature. Son espérance de vie est de dix années, en captivité quinze. Elle est très appréciée et recherchée par les zoos du monde entier pour son aspect original, et pour son mode de vie plus sédentaire que les autres tortues. Des associations essaient de la protéger des vendeurs d'animaux et collectionneurs privés peu scrupuleux. Sa capture est illégale en Guyane française mais aucun règlement international ne régit sa capture. Cette tortue a servi d'inspiration au kaijû Kameba, un monstre que l'on retrouve dans un film japonais, Godzilla : Tokyo S.O.S. de Masaaki Tezuka (2003) et dans le jeu vidéo Godzilla 3.

Tortue.
Tortue.

Les raies seraient des requins de forme aplatie dont le corps s'est modifié pour vivre dans les fonds marins. Elles peuvent atteindre 6 m comme les raies manta. Leurs nageoires pectorales, semblables à de grandes ailes, donnent l'impression qu'elles volent quand elles nagent. Les fentes branchiales sont situées sous le corps. Les évents, largement ouverts, leur permettent de respirer une fois au fond. Elles broient des coquillages, des crustacés ou ingurgitent du plancton selon leur race. Si elles sont armées d'un dard à leur queue, ces douces géantes sont néanmoins pacifiques : à moins qu'on leur marche dessus, elles n'agressent jamais.

Raie manta - Manta alfredi. Elle peut atteindre 6 m d'envergure et peser près de 2 tonnes. On vous en parlera comme d'un " diable de mer ". Sa bouche est en effet toujours ouverte avec, de part et d'autre, deux palettes pour guider les organismes planctoniques et les crustacés vers l'orifice. Ovovivipare, elle met bas dans les baies calmes sur peu de profondeur et n'est dotée d'aucun dard.

Apparus il y a 350 millions d'années, ils appartiennent à la classe des poissons cartilagineux. Pour ne pas s'exposer inutilement, il est intéressant de comprendre leur comportement. Lors de l'accouplement, les requins mâles saisissent avec leurs mâchoires les femelles au niveau des nageoires pectorales. Il s'ancre véritablement dans la femelle pour engendrer un gros oeuf jaune gélatineux où se développe l'embryon. Les femelles expulsent les oeufs de trois manières différentes. Les requins vivant à grande profondeur, comme les requins-baleines, emmagasinent les oeufs dans une gangue dure et les expulsent en mer sur un mode ovipare. Les embryons se développent alors pendant une dizaine de mois. Dès l'éclosion, ces adultes miniatures sont livrés à eux-mêmes. La deuxième méthode, la plus répandue, concerne les requins ovovivipares. Les oeufs éclosent dans la mère et sont expulsés aussitôt après. La période de gestation s'étend de neuf mois à deux ans. Le requin-tigre et le requin-renard appartiennent à cette catégorie. La troisième option, appelée vivipare, est la plus sophistiquée. C'est l'apanage des requins-marteaux par exemple, ou des pointes blanches. L'embryon se développe à l'intérieur de la mère. Il se nourrit essentiellement via le cordon ombilical et le corps jaune. Le nombre de petits requins à la naissance s'échelonne entre 2, 5 et 15 individus en moyenne. On signale des cas de cannibalisme intra-utérin.

Beaucoup de requins doivent nager sans s'arrêter du fait de la faiblesse de la musculature de leurs branchies. Le mouvement de l'eau à travers leurs ouïes oxygène ainsi leur sang.

Au cours de vos plongées, vous constaterez que les requins se reposent souvent dans des grottes ou sur les fonds sableux, comme les requins gris de récif et les requins-taureaux. Les requins n'ont pas de vessie natatoire et pourtant ils ne coulent pas lorsqu'ils sont immobiles, grâce à leur foie qui joue un rôle essentiel dans leur flottabilité. Ce foie recèle des graisses et des huiles d'une densité moindre que l'eau. La peau d'un requin est très épaisse et rugueuse. Si vous le caressez dans le sens des écailles, il présente un aspect lisse. Maintenant, dans le sens inverse, le contact vous érafle facilement la peau, un peu comme si vous aviez été brûlé. Les plus courants sont les requins pointes blanches.

Requin pointes blanches du lagon - Trianodon obesus. Le requin " obèse " est de petite taille, d'environ 1,50 m de long. Il paraît assez craintif. Vous le rencontrez très fréquemment. Facilement reconnaissable, il est gris foncé sur le dessus du corps et vous remarquerez une tache blanche au sommet de la nageoire dorsale ainsi que sur la partie supérieure de sa queue. Il affectionne les grands plateaux coralliens aux eaux lumineuses. Il nage à une vingtaine de mètres de profondeur à l'extérieur de la barrière récifale ou bien se retranche pour se reposer sur les fonds des anfractuosités et des grottes. Le requin obèse généralement vous ignore, et d'ailleurs il chasse peu en pleine eau. Il se nourrit de poissons de roche qu'il déniche dans les trous et dans les failles ou vient chercher quelques poissons-perroquets.

Requin pointes blanches de récif - Carcharhinus albimarginatus. Les initiés l'appellent Albi et palment ventre à terre, à Poindimié, à Hienghene, à Lifou pour le voir au moins une fois dans leur vie (Nouvelle-Calédonie). Vous l'apercevez à l'extérieur du récif car il passe la plus claire partie de son temps à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Sa taille avoisine les 3,50 m, sa robe arbore un joli gris moiré et ses ailerons présentent une tache blanche comme sur les extrémités de toutes les nageoires et sur les lobes de sa queue. Il n'apprécie pas toujours votre passage sur son territoire. Il est inquisiteur et peut se montrer nerveux. Un conseil : ménagez sa susceptibilité !

Requin gris de récif - Carcharinus amblyrhincos. C'est l'aristocrate des eaux coralliennes. Il avoisine les 2,50 m. Il présente une robe uniformément gris foncé avec un ventre blanchâtre. Ses nageoires sont bordées de noir ainsi que sa caudale. Il cherche à surprendre ses proies : il fonce dans les bancs de poissons trop serrés pour l'esquiver. Il attaque les poissons blessés qu'il détecte à 200 m de distance grâce à son système acoustique sensible aux vibrations basse fréquence.

Dès qu'un plongeur ou chasseur se met à l'eau, il tourne prudemment à 5 m de distance, puis finit par s'éloigner. Il n'en est pas ainsi lorsque vous attrapez un poisson qui gigote au bout d'une flèche. Vous le soustrayez de son champ d'investigation et cela l'agace au plus haut point. Si vous réitérez votre manège devant ses yeux, il établit une relation de cause à effet entre poisson et homo sapiens. Il ne vise alors plus le poisson mais le chasseur. Il se contorsionne en virgules, freine, creuse le dos, pointe le museau en l'air et baisse ses pectorales vers le bas. Il secoue la tête. Vous n'avez que le temps de battre en retraite car il effectue une danse d'intimidation.

Requin à pointes noires - Carcharinus melanpterus. Sa livrée se remarque par sa couleur brune et par les marques noires aux extrémités de toutes les nageoires et particulièrement sur sa caudale. Il vous sera difficile de l'ignorer : tantôt vous croisez un solitaire se baladant au milieu des crevasses, tantôt un couple chassant près du récif. Les petits (1 m) sont plus téméraires que les gros (2 m). En règle générale ils sont peureux. Ils affectionnent les lagons à faible profondeur et les passes.

Requin-marteau - Sphyrna mokarran. Sa tête s'élargit par deux protubérances latérales à l'extrémité desquelles se trouvent les narines et les yeux, écartés de 60 cm. Sa physionomie en fait un grand chasseur : plus les yeux sont écartés, plus le champ visuel est large, et plus les narines sont écartées, plus le repérage par l'odeur est précis. Bref, même néophyte en matière de requin, vous ne pourrez que l'identifier. Il atteint facilement 3 à 4 m de long. Il affectionne les passes et la pente extérieure du récif. Le rencontrer est un souvenir inoubliable. Il vous est possible de côtoyer d'autres requins comme le tigre Galeocerdo cuvieri, présent partout dans les passes, le long du récif extérieur, dans le lagon et dans les estuaires près des mangroves. Il se manifeste surtout la nuit et mange tout ce qui passe à proximité. Rassurez-vous : il vous détecte de loin et n'éprouve aucune envie de vous rencontrer.

Requin-citron - Megaprion acutidens. On le rencontre rarement et c'est tant mieux ! Il est du genre faux calme. Vous le pensez balourd car il se dandine en avançant et paraît un peu endormi. Attention ! Il peut devenir agressif. En général il patrouille dans les passes et parfois dans le lagon. Il fait semblant de vous ignorer. Faites de même et n'essayez surtout pas de l'agresser car il peut être un vrai démon. De plus, il est rancunier !

Requin-taureau - Carcharinus leucas. Il hante les tombants extérieurs des récifs et les estuaires des rivières qu'il peut remonter.

Requin-dormeur - Nebrius condolor. Il vit dans le lagon et dort une bonne partie de la journée dans des grottes immergées. Son repas quotidien se compose de crustacés, d'oursins et de mollusques.

Requin-léopard - Stegostoma varium. Il se vautre sur les fonds sableux. Lorsqu'on s'approche de lui, il se lève, effectue 10 m et va se reposer plus loin. Pas de crainte à avoir : il ne mange que des mollusques et des crustacés.

Mammifères marinsHaut de page

L'expression " mammifère marin " désigne des centaines d'espèces différentes de mammifères cotoyant le monde aquatique. Comme leur nom l'indique ce ne sont pas des poissons mais des animaux à sang chaud (homéotherme ou endotherme) avec des poumons. Leur respiration est aérienne comme chez les mammifères terrestres. Ils portent leurs petits dans leur ventre (vivipare) et des mamelles pour les allaiter.

Baleines à bosse - Megaptera novaeangliae. Elles présentent une taille respectable de 15 m de long et pèsent de 25 à 35 tonnes. Leurs nageoires - jusqu'à 5 m de long - sont proportionnelles à leur taille. Elles effectuent de longues migrations des eaux tropicales aux régions antarctiques. Elles s'ébattent là et s'accouplent. Vous voyez une tête apparaître, une queue se balancer au-dessus de l'eau, puis battre et disparaître. Les nageoires pectorales s'agitent en surface avant le plongeon. Dame baleine met au monde un baleineau de 3,50 m qui pèse déjà 1 tonne après douze mois de gestation. Il sera sevré un an après.

Dauphin à long bec - Stenella longirostris. Son long rostre vous étonnera. Ce dauphin avoisine les 2 m de long et arbore les couleurs tricolores, gris foncé, gris clair et blanc. Il peut être cabotin et effectuer des triples sauts avant. Il a tendance à chasser la nuit.

Cachalot - Physeter macrocephalus. Prédateur de taille gigantesque, il fréquente tous les océans tempérés et tropicaux et possède un appétit énorme. Pour capturer dans les profondeurs de gros calamars plus rapides que lui on pense que ses dents en ivoire sur sa mâchoire inférieure lui servent de leurres, grâce à leur éclat dans l'obscurité. Cela explique que la grande majorité des calamars sont retrouvés intacts dans les estomacs. L'autre hypothèse parle de l'écholocation : il envoie à ses proies une quantité d'ultrasons étourdissante qui immobilise les calamars. Cette deuxième théorie repose sur le constat que les cachalots aux dents abîmées, voire à la mâchoire brisée, se nourrissent en même quantité que les autres.

EchinodermesHaut de page

Les oursins sont hérissés de piquants de pédicelles et de tentacules ambulacraires (pour avancer). Leur anus est situé à la face supérieure de leur corps et leur bouche contre le sol. Vous ne devez pas toucher l'oursin (Asthenosoma varium et Acanthaster planci).

Les étoiles de mer comportent en général cinq bras. Chaque sillon sous le bras cache des ambulacres (petits pieds avec ventouses pour avancer). Ce sont des carnivores voraces, friandes de mollusques qu'elles attaquent en dévaginant leur estomac.

Les holothuries ou bêches de mer, ou encore concombre de mer, vivent sur le sable et mangent les animalcules qui s'y trouvent. Animal invertébré, au corps mou et oblong (forme de boudin) et à la peau rugueuse. Il possède un cercle de tentacules autour de la bouche. On l'appelle aussi à Marseille le ver marin, ce qui signifie en occitant " sexe marin ". Dans la région du sud-ouest de Madagascar, de nombreux pêcheurs, surtout des femmes et des enfants, le pêchent pour le vendre aux Asiatiques, qui en sont très friands.

Les comatules vous feront penser à des fougères plumeteuses. Elles s'accrochent aux coraux avec leurs crampons. Certaines nagent avec élégance. Elles se nourrissent de plancton. Les ophiures sont cachées sous les blocs de coraux et sortent leurs grands bras pour prélever leur nourriture.

Concombre de mer.
Concombre de mer.
Coquillages – CrustacésHaut de page

Bénitier roulant - Hippopus hippopus. Le bénitier filtre et vit en symbiose avec les zooxanthelles, petites algues présentes à la surface du manteau de l'animal. Celui-ci produit la matière organique nécessaire au développement du bénitier. Preuve de symbiose : le bénitier, en échange, leur sert de support. La lumière est indispensable à la photosynthèse, ce qui explique la présence du bénitier dans les eaux chaudes et peu profondes. Il est protégé par la convention de Washington.

Cônes. Ils se complaisent dans les massifs à faible profondeur, enfouis dans le sable. Ils chassent la nuit, sont pourvus d'une radula et d'une glande à venin très développée. Leurs dents radiculaires sont creuses, détachables, et ressemblent à de petits harpons barbelés. On peut en trouver près d'une vingtaine dans le sac radiculaire. Lorsque le cône veut en utiliser un, le harpon est amené dans la cavité du proboscis où il baigne dans un venin. Le harpon creux se remplit de liquide toxique. Le proboscis est si extensible qu'il peut atteindre une longueur supérieure à celle du coquillage. Quand il entre en contact avec sa proie, ce dard empoisonné pénètre dans le corps de la victime. La partie postérieure du harpon est plate et reste attachée au probescis. Celui-ci, en se rétractant, entraîne sa proie à l'intérieur de la coquille où elle est dévorée. Les cônes, très dangereux, peuvent être mortels (Conus geographus et Conus textiles). D'autres sont également à éviter. En règle générale, il ne faut en ramasser aucun.

Nautile - Nautilus macromphalus. En le rencontrant, vous vous transportez 350 millions d'années en arrière. C'est un fossile vivant qui vit entre 200 et 600 m de fond. Vous suivez ses évolutions avec facilité car le nautile se propulse lentement mais sûrement. Il évolue dans les trois dimensions grâce à un mouvement de pulsion de l'eau. Il capture les crustacés grâce à ses tentacules courts enduits de liquide visqueux qui font ventouse sur ses proies. Il les croque avec son bec de perroquet. La coupe de sa coquille a pu révéler trente compartiments qui permettent la flottabilité du nautile. Dame nautile, pour sa part, pond des oeufs qui adhèrent aux parois des rochers. Les poulpes se délectent des chairs du nautile.

Langouste porcelaine. Ce crustacé mue de temps en temps et doit alors s'hydrater avant de changer de carapace dont le composant principal est la chitine. L'animal s'extirpe de sa carapace en quelques minutes et se camoufle jusqu'à ce qu'elle se renouvelle. Il arrive que des langoustes mal préparées ratent leur mue et meurent étouffées. Alors les nautiles se régalent.

Serpents marinsHaut de page

Vous ne manquerez pas d'entrevoir des serpents zigzaguant entre les pâtés de coraux. Rassurez-vous, ils sont craintifs et n'attaquent pas : ils chassent les petits poissons en apnée en fouinant dans les anfractuosités. Ils possèdent des crocs reliés à des glandes contenant, avec la même dose, un venin bien plus fort que celui des cobras.

Tricots rayés. Ils existent sous trois formes : jaune et noir (Laticauda colubrina), noir bleuté (Laticauda laticaudata) et en tee-shirt. Ils sont amphibies et tiennent en apnée de vingt minutes (en mouvement) à une heure (au repos). Ils vivent sur les îlots, cloués sous des rochers au centre des branches de pourpiers. Ils nichent à terre et chassent dans l'eau les petites murènes dont ils se nourrissent. Munis de deux crochets à l'avant de leur bouche, ils peuvent mordre et injecter leur venin mortel dans le corps de leur proie. L'ouverture de la bouche leur permet de mordre n'importe quelle partie du corps.

Le poulpeHaut de page

On parle de poulpe ou de pieuvre. Ces céphalopodes possèdent huit tentacules dotés de plus de 200 ventouses. Leur corps est entièrement mou à l'exception d'un bec comparable à celui du perroquet. Certaines espèces ne vivent que six mois. La pieuvre géante peut vivre cinq ans si elle ne se reproduit pas. Le poulpe change de couleur selon son humeur, sa peau possédant des millions de cellules colorées contractiles. Elle peut aussi se couvrir de taches, petites cornes et autres pustules mimétiques. La pieuvre est une gourmande. Elle adore le crabe et les coquillages. Elle serait d'ailleurs prête à tous les exercices pour s'en procurer, comme de nombreuses expériences l'ont déjà démontré. On dit de la pieuvre qu'elle est l'animal marin le plus intelligent juste après le dauphin. Certaines pieuvres peuvent également se montrer amicales avec les plongeurs.

Le poulpe est devenu célèbre grâce à Paul le poulpe, grand oracle allemand qui a pronostiqué tous les résultats de son équipe pendant la Coupe du monde de football 2010 sans jamais se tromper. Cette star planétaire aux huit tentacules a d'ailleurs donné le nom du vainqueur de la finale pour éviter de finir grillé à la plancha.

Pieuvre.
Pieuvre.
Le nudibrancheHaut de page

Cousin de notre escargot, le nudibranche est caractérisé par ses branchies plumeuses et nues. Ces gastéropodes sont comme les limaces terrestres : hermaphrodites. Ils vivent souvent sur des éponges, des hydraires, des tuniciers, des gorgones, sous les pierres ou sur du corail mort et rampent pour se déplacer.

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