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HISTORIQUE DE LA PLONGÉE

Les prémices de la plongée sous-marineHaut de page

La mer a toujours fasciné l'homme. Depuis l'aube des civilisations, ce dernier a toujours pressenti que la mer pouvait l'emmener très loin et que cette immense surface était habitée. Tous étant persuadés que les océans étaient le domaine des dieux, peu nombreux étaient les aventuriers prêts à les défier.

On commence à évoquer la plongée sous-marine dès l'Antiquité égyptienne. Certains objets ornés de coquilles d'huître devaient être alors ramassés sous l'eau en raison des marées quasi inexistantes. Le roi Xerxes Ier (vers 519-465 av. J.-C.), célèbre pour son intervention dans la fameuse bataille des Thermopyles, engageait déjà des plongeurs pour trouver des trésors sous les mers.

En 325 av. J.-C., Alexandre le Grand aurait même fait construire une machine destinée à passer du temps sous l'eau : le Colympha, une sorte de tonneau étanche, ouvert sur un seul côté, qui, immergé, emprisonnait une bulle d'air permettant à l'individu à l'intérieur de respirer. Mais c'est au XVe siècle que la plongée sous-marine commence à vraiment prendre forme. A la Renaissance, de nombreux artistes et scientifiques se sont penchés sur le sujet et ont tenté d'augmenter le temps d'immersion des plongeurs. Une ébauche de scaphandre est ainsi décrite dans un manuscrit allemand datant de 1430. Léonard de Vinci met au point un prototype de tuba, mais ce dernier est si long que les plongeurs s'asphyxient en le testant. Les recherches sont multiples mais les résultats peu concluants.

Au XVIIe siècle, l'astronome Haley et Denis Papin travaillent ensemble à la réalisation d'une cloche qui permettrait à un groupe de rester sous l'eau plus d'une heure et même de quitter leur habitacle tout en poursuivant leur activité sous-marine, grâce à un casque relié par un tuyau s'alimentant en air à la cloche. La volonté de parcourir les fonds sous-marins est de plus en forte, mais les progrès technologiques à accomplir sont encore immenses.

Vers plus d’autonomieHaut de page

Les recherches sont longues jusqu'à la réalisation d'un scaphandre digne de ce nom. Le premier à vraiment avancer sur la question est Freminet en 1772, avec sa machine hydrostatergatique. Sous ce nom compliqué, se cache en fait un appareillage simple : il s'agit d'une combinaison de cuir qui habille le plongeur, d'un casque muni de 3 hublots, alimenté en air par un réservoir que traîne le plongeur. Mais cet engin a ses limites, l'autonomie reste faible et le déplacement sous l'eau malaisé. 20 ans plus tard, Klingert propose un équipement assez semblable au concept de Freminet, mais cette fois, l'air vicié est évacué par un second tuyau. Il comporte également un lest, élément non négligeable pour rester au fond ! Si le plongeur respire moins de CO2 qu'auparavant et risque moins d'être asphyxié, les problèmes de l'autonomie et du déplacement du plongeur restent entiers. En 1808, Von Drieberg apporte une réelle amélioration avec le Triton : un système de poche contenant de l'air, accroché dans le dos du plongeur. La poche demeure néanmoins reliée à la surface pour assurer le renouvellement de l'air. Le problème de l'autonomie n'est donc qu'à moitié résolu. Tandis que la plupart travaillent sur la possibilité de respirer sous l'eau, d'autres se penchent sur la combinaison en elle-même. C'est le cas d'Auguste Siebe, des frères Dean, mais surtout de Joseph Cabirol qui présentera son modèle de scaphandre à l'exposition universelle de 1855. Proche dans la forme des scaphandres du début du XXe siècle, le casque encore volumineux possède, lui, quatre hublots. Le plongeur respire grâce à un tuyau d'arrivée d'air fixé près de l'oreille et il rejette l'air vicié par un tuyau fixé à sa bouche.

Mais il faudra attendre 1873 pour découvrir l'ancêtre de notre détendeur avec l'invention de Benoît Rouquayrol et Auguste Denayrouze. Le projet sera repris et amélioré 80 ans plus tard par Cousteau et Gagnan pour devenir le SCUBA, Self-contained underwater breathing apparatus.

Les dates clés de la plongée

325 av. J.-C. > Alexandre le Grand invente la première cloche.

1452-1519 > Léonard de Vinci dessine les premières palmes et le premier tuba.

1616 > Franz Kessler imagine un système de cloche pour protéger les plongeurs.

1690 > Denis Papin invente la cloche à soufflets.

1780 > Les travaux réalisés par le chimiste français Antoine Laurent de Lavoisier sur les composants chimiques de l'air et le rôle de l'oxygène permettent de mieux comprendre les phénomènes respiratoires en plongée.

1797 > Klingert invente le premier scaphandre.

1839-1860 > La firme Siebe-Gorman commercialise le premier scaphandre " pieds lourds ".

1864 > Benoît Rouquayrol met au point le " régulateur ", en fait le premier détendeur.

1898 > Louis Boutan rapporte les premières photos sous-marines.

1906 > Le même Louis Boutan construit une caméra étanche à grande profondeur.

1908 > Publication par John Scott Haldane des premières tables de plongée dans The Journal of Hygiène, traduit en français par Alain FORET : Prévention de la maladie de décompression, Éditions TETHYS (2008).

1933 > Naissance du scaphandre autonome ventral de Le Prieur.

1943 > Mise au point du premier scaphandre autonome à débit sur commande par Cousteau et Gagnan.

1956 > La palme d'or du festival de Cannes est décernée à Jacques-Yves Cousteau et Louis Malle pour Le Monde du silence.

1962 à 1965 > Les expériences Précontinent sont menées en mer Méditerranée et en mer Rouge : la première au Frioul à Marseille (1962), la deuxième en mer Rouge au Soudan (1963), la troisième au large de Nice (1965). Aujourd'hui, on peut encore plonger sur les épaves de la ville futuriste sous-marine au Soudan où vécurent quelques scientifiques pendant plusieurs mois.

Le mal des caissonsHaut de page

Durant les nombreuses expérimentations de l'homme pour trouver la solution qui lui permettra de découvrir les fonds marins, on constatait une anomalie non négligeable : plus les hommes restaient sous l'eau, plus ils remontaient malades. Sans le savoir, ces plongeurs souffraient d'accidents de décompression. Picotement, saignement, difficulté à respirer, paralysie totale ou partielle allant même jusqu'à la mort : c'est ce qu'on décrit alors comme le " mal des caissons ".

Paul Bert, un physiologiste français, en expliquera les causes dès 1878. Il décrit le rôle toxique de l'oxygène pur et les risques liés au fait de respirer trop longtemps sous pression. Il parvient à décrypter l'action de l'azote dans le sang et son effet lors de la remontée en surface. Une conclusion s'impose : il faut remonter plus lentement et, surtout, placer les accidentés dans des caissons remplis d'oxygène pur. C'est entre 1896 et 1907, grâce aux travaux de John Scott Haldane, qu'apparaîtra la notion de palier de décompression.

Après avoir étudié le " mal des caissons ", il comprend que le plongeur doit faire un palier à chaque fois que la pression qu'il subit en remontant est divisée par deux. Il vient de poser le principe des tables de décompression. Ces tables limitent la profondeur de travail à 64 m. Les paliers sont alors les mêmes que l'on retrouve sur une grande partie des tables de décompression actuelles, et plus de 80 % des ordinateurs de plongée les utilisent.

La plongée aujourd’huiHaut de page

Il faut maintenant concentrer les efforts sur la " praticité " et le confort du matériel de plongée. Après le masque en caoutchouc et la bouteille en cuivre de Henry Fleuss en 1878, le système de Draeger en 1909 combinant un casque dur et deux bouteilles d'air comprimé, c'est en 1933 que la plongée moderne voit le jour avec le scaphandre d'Yves Le Prieur : cependant, il ne possède pas de régulateur à la demande et le débit de la bouteille se règle à la main. C'est grâce aux démonstrations de ce dernier en piscine que le monde terrestre s'intéresse de plus en plus au monde sous-marin. Son système sera utilisé par la marine et les pompiers de Paris. Peu après, Jacques-Yves Cousteau et Emile Gagnan travaillent à la possibilité d'adapter un mini-détendeur à une bouteille. Ce sera la naissance de l'Aqualung de Cousteau-Gagnan. Avec cette invention, la plongée sous-marine prend sa vitesse de croisière. Avec l'aide de la télévision, Cousteau démocratise la plongée auprès d'un public conquis. Rapidement, tous les scaphandres lourds sont remplacés par des scaphandres autonomes, et la plongée peut devenir un loisir avec ses règles et ses formations.

La plongée en France se développe avant la deuxième guerre mondiale à des fins militaires et industrielles pour atteindre son apogée dans les années 1980 avec la plongée pétrolière offshore développée par l'armée française. En parallèle la plongée d'exploration (apnée et scaphandre) voit le jour. Avec les premiers congés payés et le " tout associatif " les années 1950 sont propices à la naissance de la plongée de loisir et sportive, la Fédération française d'études et de sports sous-marins (FFESSM) est d'ailleurs créée en 1948. C'est l'époque des premiers cours, les premiers brevets sont délivrés à partir de 1957.

Aujourd'hui, la plongée représente plusieurs centaines de milliers de passionnés dans le monde, et la technologie ne cesse de développer de nouvelles possibilités d'aller rendre visite aux amis de Neptune ! Ah, si Alexandre le Grand nous voyait...

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