Le guide : RANDONNÉES À PIED : Randonnée et pèlerinage

Randonnée et pèlerinage

Pèlerin
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Sur la route de Saint-Jacques de Compostelle.
Sur la route de Saint-Jacques de Compostelle.
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Un pèlerinage est, selon Le Petit Robert, " un voyage individuel ou collectif qu'un fidèle fait à un lieu saint pour des motifs religieux et dans un esprit de dévotion ". Le lieu choisi peut être, pour un catholique, Lourdes, Pontmain ou, parmi vingt autres, Jérusalem, et pour un musulman, c'est La Mecque. Ce voyage peut s'accomplir en voiture ou en train, en car ou en avion. Il peut aussi s'effectuer avec ses deux jambes et un bâton de pèlerin. Dès lors, il s'agit bien d'une randonnée pédestre qui peut vous faire marcher, si vous optez pour les trois plus fameuses, jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle, Chartres ou l'une des sept villes bretonnes figurant dans le Tro Breizh... S'y ajoutent des destinations spirituelles à l'étranger : à Jérusalem, en Iran, à Assise (Italie), en Pologne ou en Galilée, en Jordanie, en Arménie...

Saint-Jacques-de-CompostelleHaut de page
Un must qui peut s'effectuer sur plusieurs années !Haut de page

De tous les pèlerinages éprouvants pour le corps, celui de Saint-Jacques-de-Compostelle est le plus exigeant : 1 600 km en partant du Puy-en-Velay ! Le plus couru aussi qui, toute l'année, mène au tombeau de saint Jacques des milliers de volontaires venus du monde entier. Si certains, pour des raisons de disponibilité, d'argent et de santé, s'offrent le luxe de faire le " camino de Santiago " en une fois, la plupart des pèlerins le " saucissonnent " en moult étapes réparties sur de longs mois voire sur plusieurs années. Cette méthode " par tronçons " consiste, seul ou en groupe, à marcher huit à dix jours par an, autrement dit à effectuer d'innombrables " pélés dans le pélé ". Ces " tronçons " peuvent facilement aller d'un sanctuaire à un autre. Exemples : de Notre-Dame du Puy à Sainte-Foy de Conques ou à Notre-Dame de Rocamadour. Puis, deuxième étape, de Sainte-Foy de Conques à Saint-Pierre de Moissac ou de Notre-Dame de Rocamadour à Notre-Dame de Roncesvalles. A chacun de choisir...

Les raisons de se rendre à Saint-Jacques sont multiples, qui voient cheminer côte à côte et solidaires dans la joie et - souvent - la douleur, des marcheurs qui croient au Ciel et des randonneurs qui n'y croient pas (pas encore ?). Il est vrai que la route est la même, ainsi que les efforts pour la suivre jusqu'au bout. A ce sujet, l'évêque du Puy, Mgr Bricard, a une formule que nombre de randonneurs ont eu l'occasion de tester : " On part souvent en randonneur et on devient progressivement pèlerin, c'est-à-dire " chercheur d'un sens profond. "

Concernant Saint-Jacques : www.webcompostella.com

Pèlerinages de ChartresHaut de page
Prier la Vierge Marie sur les pas de Péguy !Haut de page

Même si la cathédrale de Chartres attire des pèlerins depuis près de mille ans, le pèlerinage éponyme doit sa notoriété à un écrivain catholique français mort au champ d'honneur en 1914, Charles Péguy. Deux ans plus tôt, pour honorer un voeu exprimé au chevet de son fils atteint de la typhoïde, le fondateur de la revue des Cahiers de la Quinzaine fit Paris-Chartres à pied en remerciant la Vierge Marie tout du long. " Je suis Beauceron, Chartres est ma cathédrale ", écrira-t-il à son ami Joseph Lotte. Et de poursuivre par ces mots que bien des pèlerins de Chartres pourraient écrire en 2012 : " Je n'avais aucun entraînement. J'ai fait 144 km en trois jours. On voit le clocher de Chartres à 17 km de la plaine. De temps en temps, il disparaît derrière une ondulation, une ligne de bois. Dès que je l'ai vu, ça a été une extase. Je ne sentais plus rien, ni la fatigue, ni mes pieds. Toutes mes impuretés sont tombées d'un coup. J'étais un autre homme. J'ai prié. J'ai prié, mon vieux, comme jamais je n'ai prié. " Cette version " sur les pas de Péguy " enfantera trois pèlerinages qui mobilisent, un siècle plus tard, de nombreux jeunes tous les ans.

Le pèlerinage des jeunes. Le premier est celui des étudiants qui vit le jour en 1935 et se déroule chaque printemps, le week-end des Rameaux. Il a connu jusqu'à 10 000 participants au début des années 1960 qui le virent ensuite décliner jusqu'à ce que l'archevêque de Paris, Mgr Lustiger, le relance : en 1997, l'année des Journées mondiales de la jeunesse qui se tinrent à Paris, il accueillit 5 000 participants. Rebaptisé " Pèlerinage des Jeunes à Chartres ", il rassemble aujourd'hui des volontaires qui ne sont pas nécessairement étudiants.

Les pèlerinages de Pentecôte. Le second " pélé " de Chartres a, lui, vu le jour en 1983 et réunit des catholiques fidèles au pape mais attachés à la messe selon " la forme extraordinaire du rite romain ", celle de saint Pie V, la messe en latin. Ce grand rendez-vous de la tradition attire chaque année près de 10 000 pèlerins. Organisés en chapitre ils effectuent une grosse centaine de kilomètres à pied durant le long week-end de la Pentecôte. Leur départ s'effectue le samedi matin, après une messe à Notre-Dame et leur arrivée a lieu le lundi après-midi, après deux nuits au bivouac. La moyenne d'âge des pèlerins est de 21 ans. Si le catholicisme des marcheurs est clairement revendiqué par les chants et les prières qui rythment ces trois jours, nombreux sont les participants qui se tiennent éloignés de la foi le reste de l'année. Si certains avouent être en recherche, d'autres sont là " pour le fun ", l'ambiance que suscite immanquablement une longue marche en commun, ou encore pour tester leurs capacités physiques à supporter trois jours de marche qui s'achèvent par une messe dans la cathédrale chère à Péguy. Contacts : Notre-Dame de Chrétienté, 49, avenue de Paris, 78 000 Versailles (02 39 07 27 00). www.nd-chretiente.com

Pour être complet, signalons qu'il existe un troisième " pèlerinage de Chartres " mais qui, lui, s'effectue dans l'autre sens, vers Paris, et croise celui de Notre-Dame de Chrétienté. Il se déroule également sur trois jours, lors du week-end de la Pentecôte, mais, organisé par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), il réunit les catholiques dits Lefebvristes car restés fidèles à Mgr Lefèbvre dans son refus de Vatican II.

Le Tro BreizHaut de page
Lancez-vous sur les chemins du Tro Breiz, route de tradition !Haut de page

Ce pèlerinage a pour but d'honorer la mémoire des sept saints fondateurs de la Bretagne. Venus du Pays de Galles et de Cornouailles entre les Ve et VIe siècles, Samson, Maclou (ou Malo), Brieuc, Tugdual, Pol Aurélien, Corentin et Patern eurent la bonne idée de créer les premiers évêchés suivants : Dol-de-Bretagne, Saint-Malo, Saint-Brieuc, Tréguier, Saint-Pol-de-Léon, Quimper et Vannes. Tombé en désuétude, ce pèlerinage a été remis au goût du jour dans le mitan des années 1990 par une association, Les Chemins du Trobreiz. Aujourd'hui de nombreuses associations permettent de l'accomplir selon des parcours différents. Le but est de se rendre dans chacune des sept villes qui, toutes, avis aux amateurs, méritent le détour. Contacts : Les chemins du Trobreiz BP118 Saint-Pol-de-Léon 29250 (02 98 69 11 80). www.trobreiz.com

La légende dit que tout Breton qui fait le Tro-Breiz est certain de gagner le Paradis.

Par contre, ceux qui ne le font pas de leur vivant devront le faire après leur mort en avançant chaque année de la longueur de leur cercueil !
Ce qui est certain c'est que le Tro-Breiz n'est pas une marche comme les autres, il se singularise par son tracé circulaire en sept étapes.
Le pèlerin du Tro-Breiz, n'a pas un lieu à gagner, mais une boucle à boucler.
En reliant les sept villes fondées par les saints qu'il est venu honorer, il encercle un territoire pour le sacraliser. Par ce geste pérégrine, il remonte le fil de l'histoire, tout en orientant de manière décisive sa propre aventure. A l'image de la pérégrination des moines fondateurs de la Bretagne, le Tro-Breiz est pour lui un cheminement en quête du Paradis.
Au cours de la marche, certains choisiront de faire une pause dans une chapelle, d'autres vont s'assembler autour d'une croix de chemin. Pour d'autres encore, la paix intérieure qui s'installe au cours de la marche sera suffisante.
Un morceau de Tro-Breiz, pour peu qu'il soit suffisamment long et qu'on ne passe pas son temps à courir, se transforme nécessairement en aventure spirituelle.

Pérégrinez en Brocéliande

Si le Tro Breiz passe par Brocéliande quand il relie Dinan à Vannes, un autre pèlerinage, récemment balisé (2014) et proposé au public, invite les pèlerins à découvrir des lieux légendaires de la geste arthurienne et de la chrétienté bretonne. L'itinéraire de 95 km se construit autour de trois abbayes millénaires : l'abbatiale de Saint-Méen, Notre-Dame de Paimpont et Saint-Jacques de Montfort. Sur le sentier, qui emprunte parfois des voies non répertoriées en GR® de Pays, l'émerveillement sera au rendez-vous. Un guide papier est mis à disposition par l'association contre une adhésion symbolique. Vous le trouverez sur le site internet : www.sentier3abbayes.com.

Pèlerinage en Moravie du sudHaut de page
Pèleriner dans un ex-pays communiste : de Brno à Zlin, d'Hostyn à VelehradHaut de page

Il faut quitter Prague et la Bohème pour rejoindre la Moravie, l'autre région du pays, chère au coeur des pèlerins d'Europe de l'Est. Vous apprécierez la paisible Moravie, sa capitale Brno, deuxième ville du pays, ses églises, ses pèlerinages...

Au coeur de la Moravie du sud et de ses collines boisées, Brno, 400 000 habitants, est comme une petite Prague, avec des églises à bulbes, des palais somptueux, des bâtiments baroques, des places et des rues pavées... Plus paisible et moins touristique, bien entendu, que la capitale de la République tchèque, la vieille ville ne manque pourtant ni de charme ni d'églises. On chemine de l'église Saint-Jacob à l'église Saint-Michel, de l'église Saint-Thomas à l'église de la Découverte de la Sainte-Croix (dont la crypte abrite 150 momies de capucins ou de bienfaiteurs de l'ordre)... On grimpe par la place du marché et les ruelles jusqu'à la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul, au sommet de la colline Petro.

Il faut se rendre encore plus à l'est, à 1h30 de voiture, pour rejoindre l'étonnante petite cité de Zlin. Ancienne capitale des chaussures Bata, Zlin est une incroyable ville de brique, moderne et fonctionnelle en son temps, comme endormie aujourd'hui. Sa population fut multipliée par dix en un siècle grâce au génie de Thomas Bat'a (1876-1932). L'ère de Bata est révolue, la ville survit, à 100 km de Brno. Sa région, essentiellement agricole, est particulièrement touchée par le chômage. A 15 km de Zlin, Slusovice est un bourg tranquille et bon enfant, arborant un hippodrome et les vestiges architecturaux d'une cité célèbre pour avoir développé sous le communisme un grand kolkhoze révolutionnaire. Ici on va à la messe en famille pour les grandes occasions et parfois, en pèlerinage à Hostyn ou Velehrad, deux sites majeurs pour les Catholiques tchèques, situés à proximité. Et si le pays est réputé le plus déchristianisé d'Europe, juste à l'inverse de la Pologne voisine, quant à elle très croyante, la tradition des pèlerinages persiste en Moravie même si certains y voit surtout une foi un peu trop superstitieuse. Il s'agit surtout de faire des voeux, de demander à Dieu telle ou telle faveur...

Le sanctuaire marial d'Hostyn est édifié au sommet de sa colline dans un site champêtre doté d'un chemin de croix et de sentiers au milieu des bois. De nombreux pèlerins y viennent en visite ou en séjour, de tout le pays, mais aussi de Pologne, de Slovaquie, d'Ukraine, de France... Sa première pierre fut posée en 1721 pour rendre hommage à la Vierge qui avait foudroyé, par l'intermédiaire de son fils, les envahisseurs tatares. La Vierge d'Hostyn, comme l'Enfant-Jésus de Prague, est très vénérée. Le peèe Jiri Solc, le Jésuite responsable du site, précise : " Nous avons des pèlerinages presque tous les jours, pour les fêtes religieuses comme la Toussaint, mais aussi toute l'année avec un calendrier chargé. Le 28 avril, par exemple, c'est le pèlerinage des pompiers, le 1er septembre celui contre les régimes totalitaires, mais le plus important reste le 18 août l'hommage à la Vierge avec 10 000 pèlerins. A Hostyn, nous accueillons en confession des pèlerins qui viennent chercher la paix. La Vierge est vraiment vécue comme réconciliatrice et consolatrice. " Sous le communisme, le père Jiri s.j., prêtre clandestin, travaillait comme ingénieur dans une usine. Depuis 1990, les Jésuites ont la charge de ce site qui appartient à l'évêché d'Olomouc. Pour le père Jiri, le temps est loin de l'euphorie de l'aprés-Révolution où l'on se pressait dans les églises : " Aujourd'hui, le matérialisme prime, la recherche spirituelle est aux oubliettes. " Et si dans les villages de Moravie, les églises ne se sont pas vidées, il s'agit plus de ruralite que d'un vrai phénomène spirituel. On va à l'église pour demander une grâce, un peu pour le folklore, un peu pour se montrer.

A 60 km, perdu au milieu des collines, Velehrad est un autre lieu de pèlerinage majeur du pays, visité par Jean-Paul II en 1990. C'est à partir de ce lieu, alors siège des souverains de Moravie, que se répandit le christianisme prêché par saint Cyrille et saint Méthode, missionnaires des Slaves et patrons, avec saint Benoît, de l'Europe. Au XIIIe siècle, un premier couvent cistercien vit le jour sur le site. Depuis 1890 (exception faite des quarante ans du régime communiste), le couvent est occupé par les Jésuites. Le 5 juillet, fête des saints Cyrille et Méthode, voit affluer les pèlerins.

Un chemin vient d'être balisé par l'association des pèlerins de Velehrad, ponctué de panneaux racontant l'histoire et la géographie de la région traversée, menant d'Hostyn à Velehrad, à travers collines et prairies. Une petite semaine de marche avec escale dans les paroisses. Une belle façon de découvrir, loin de la touristique Prague, la Moravie profonde.

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