Guide des Bouches-du-Rhône : Histoire

Préhistoire

Les premières traces de l'occupation humaine dans la région remontent à 400 000 ans avant notre ère. En 1985, Henri Cosquer, scaphandrier professionnel à Cassis, découvrait l'entrée de la grotte qui porte son nom depuis qu'il l'a déclaré au Quartier des affaires maritimes de Marseille en septembre 1991. Cette grotte préhistorique, située près de Marseille, aujourd'hui sous-marine et unique au monde, abrite plusieurs dizaines d'oeuvres peintes et gravées (animaux terrestres, animaux marins, empreintes de mains) il y a environ 27 000 et 19 000 ans.

Antiquité

C'est tout naturellement que cette terre d'accueil donne naissance, il y a 2 600 ans, après les épousailles d'un navigateur grec et d'une princesse ligure, à la première ville de France : Massalia, Marseille. Pendant cinq siècles, la Provence est grecque et doit recevoir les Celtes venus en grand nombre du nord. Les nouveaux arrivants se mêlent aux anciens habitants, leur apprenant à mieux combattre, à construire des oppida, produire de la céramique. Il faudra six mois d'un âpre siège et 18 000 hommes au maître de la Gaule, Jules César, pour venir à bout des Massaliotes retranchés derrière leurs murailles.

Les Romains construisent des routes, dont la via Domitia et la via Julia Augusta, et de tout un réseau secondaire, dans la Provence devenue une province romaine. Les vétérans de l'armée s'y installent avec pour mission de mettre en valeur les terres. Les villae, lieux de résidences et d'exploitations rurales, se multiplient. On apprend à construire avec la technique romaine, à implanter, à transporter de l'eau, à édifier des monuments, des aqueducs, des thermes, des arènes. C'est la naissance locale de l'urbanisme avec le tracé des voies principales (cardo et décumanus) qui mènent au forum et aux temples.

Moyen-âge

Au Moyen Age, au gré des époques, le Rhône fut tantôt une frontière naturelle, tantôt un lien entre les hommes. Ce sont tout d'abord les " barbares " qui se partagent la vallée du Rhône et celles de ses affluents. Puis les dynasties s'implantent. Les premiers comtes de Provence sont les Bosonides et les Catalans qui laisseront la place à la maison d'Anjou (XIIIe et XIVe siècles). Mais celui qui marqua le plus le territoire et particulièrement Aix-en-Provence fut certainement le bon roi René (1409-1480). Le château de Tarascon témoigne aujourd'hui de l'essor de Tarascon au Moyen Age et abrite un véritable musée dédié à cette époque. Un éclairage très intéressant sur la région au Moyen Age.

De la Renaissance à la Révolution

Les villes s'urbanisent, les villages s'agrandissent mais le climat d'insécurité oblige la plupart des paysans à résider à l'intérieur des remparts ne gardant qu'un cabanon en plaine. La Provence argue de ses privilèges pour refuser toute augmentation de l'impôt demandé par le Roi. Avec Mazarin dont le frère est archevêque à Aix, on assiste à la Fronde et à des troubles incessants. Marseille entre en rébellion ouverte contre l'autorité royale. Louis XIV décide de soumettre la rebelle et de la frapper d'une lourde contribution. Le nouveau régime assure la soumission à l'autorité royale et porte finalement ses fruits avec le développement des villes et une amélioration des conditions de vie. L'implantation des villages en plaine, aux carrefours des voies de communication, vont peu à peu permettre une nouvelle exploitation des sols. De grands travaux sont entrepris comme l'assèchement des marais.
Le terrible fléau de la peste qui avait déjà sévi en 1580 et de 1629 à 1630 se profila de nouveau en 1720 d'une manière effroyable entraînant plus de 40 000 morts à Marseille, soit un tiers de sa population et presque autant dans la Provence du centre et du sud-ouest.

Si les cultures de céréales et l'élevage stagnent, la vigne se développe, on exporte de l'huile et du vin. On importe du blé qui transite par Marseille, prenant ainsi une première place pour le commerce maritime. Les négociants marseillais, devenus de riches négociants, et les armateurs envoient des navires sur toutes les mers du globe. De nombreux scandales touchent la noblesse notamment avec le marquis de Sade et le comte de Mirabeau. En 1787, la perspective des Etats provinciaux exacerbe les tensions entre privilégiés et paysans. La Révolution trouvera de fervents serviteurs dans le pays de l'aixois Mirabeau.

De la Révolution au XXIe siècle

Le département des Bouches-du-Rhône a été créé après la Révolution française, le 4 mars 1790, d'une partie de la province de Provence et de quelques principautés (Orange, Martigues, Lambesc). Le choix du chef-lieu du nouveau département se porta sur Aix, cité qui abritait alors le parlement de Provence. En 1793, lors de la création du département de Vaucluse, le département perdit la partie de son territoire située au nord de la Durance. En 1800, le chef-lieu du département est déplacé d'Aix à Marseille.

Au début du XIXe siècle, le port de Marseille, principal port de commerce des Bouches-du-Rhône, se concentre dans l'actuel Vieux-Port. Il doit faire face à l'accroissement du trafic et son agrandissement s'impose aux négociants qui veulent prendre leur part des profits qu'apporte l'essor du commerce international. Cette opération, qui se poursuit encore, bouleverse le paysage urbain et littoral du département : extensions progressives de l'aire portuaire marseillaise, vers la Joliette, puis l'Estaque, l'étang de Berre, Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis-du-Rhône, développement en superficie et en hauteur de l'agglomération marseillaise, urbanisation du rivage, création de la ville nouvelle des rives de l'étang de Berre... D'autres ports du département n'ont pas suivi la même évolution. Certains sont parvenus à garder tout leur cachet. Ainsi en est-il des Saintes-Maries-de-la-Mer.

De nos jours

Au sud de la région PACA, le département des Bouches-du-Rhône est aujourd'hui le troisième département le plus peuplé de France avec près de 2 millions d'habitants. Plus de 80 % de la population habite dans l'aire urbaine de Marseille et plus de 40 % dans la ville de Marseille même. La densité des Bouches-du-Rhône est trois fois et demie supérieure à la moyenne nationale. En 2009, 28 communes dépassaient les 10 000 habitants. L'arrivée du TGV a stimulé la région. Au cours des dernières années, avec Marseille Provence 2013 et la restructuration architecturale audacieuse de Marseille, c'est tout un dynamisme qui s'exprime. Ce département attractif et attachant se caractérise toujours plus par ses métissages et ses audaces.

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