Jejudo est la plus grande île coréenne. Elle est aussi la plus au sud de la Corée. Autrefois intégrée au Jeollanam-do, c'est désormais une province indépendante. Ile volcanique isolée au milieu de l'océan, elle bénéficie, grâce aux courants marins chauds qui la bordent, d'un climat océanique quasi subtropical. Il y fait très beau et chaud l'été, doux l'hiver, même s'il neige sur le mont Hallasan (1 950 m), la plus haute montagne du pays. L'été, elle devient l'une des destinations touristiques privilégiées des Sud-Coréens malgré les fréquents typhons. C'est aussi la destination préférée des couples en lune de miel, qui arrivent par dizaines, chargés de corbeilles de fruits. La plupart des touristes se rendent vers le sud, à Jungmun, le reste de l'île est moins fréquenté.

L'île de Jeju est en effet présente dans tous les guides touristiques coréens, elle se situe au sommet des destinations conseillées aux visiteurs. Pourtant, en dehors de ceux qui resteront en Corée pour plusieurs semaines et voudront découvrir ses traditions folkloriques ou ceux qui résident en Corée et auraient par là-même besoin et envie de plages calmes pendant l'été, Jeju n'est pas une destination indispensable pour les touristes. La réputation de Jeju, en dehors de l'aspect folklorique subsistant de ses traditions issues de Mongolie et de l'utilisation au quotidien de la lave, réside surtout dans l'histoire du pays, dans son enfermement. Les Sud-Coréens ne peuvent voyager librement à l'étranger que depuis une vingtaine d'années. Jusqu'au début des années 1990, Jeju était donc perçue comme leur lieu de dépaysement. Outre la lave et le mont Hallasan, la présence de palmiers permettait aux Coréens de s'imaginer un instant à Hawaï. D'où son surnom d'Hawaï coréenne. Pourtant, les touristes habitués aux côtes européennes, aux plages atlantiques ou méditerranéennes, ne trouveront rien de plaisant à celles de Jeju. Loin de là. La déception risque d'être grande, malgré la gentillesse des locaux, d'autant que l'avion, s'il n'est pas très coûteux, oblige néanmoins à prendre un aller-retour, ce qui n'est pas sans conséquence sur les budgets serrés. Les tarifs des hôtels à Juju ont également explosé ces dernières années, bien plus que dans le reste du pays.

Ceci dit, voici en quelques lignes ce pourquoi Jeju pourrait valoir le détour culturellement, pour ceux qui ont du temps lors de leur voyage et rechercheraient une culture très différente de celle du reste du pays.

Outre ses paysages uniques en Corée et bien préservés, Jeju possède une culture bien à part. Longtemps isolée du continent et du reste du pays, l'île Tamna, comme elle était autrefois appelée, fut le bastion de la résistance coréenne face aux invasions mongoles du XIIIe siècle.

Les Mongols réussirent cependant à vaincre les derniers insurgés et à s'installer sur l'île. Du fait de son isolement, la culture de Jejudo est restée jusqu'à maintenant imprégnée de cette présence mongole. La langue, tout d'abord, diffère sensiblement du coréen continental : le dialecte local n'est ainsi absolument pas compréhensible par les continentaux. Le vêtement traditionnel serait une survivance des habits mongols et les chevaux semi-sauvages qui peuplaient autrefois ses pâturages sont les descendants des petits chevaux mongols si célèbres pour leur robustesse. Ces chevaux sont désormais élevés pour le plaisir des touristes.

On aurait même retrouvé des descendants des Mongols sur l'île après des analyses de sang, peut-être des descendants des colons qui seraient restés après la chute de leur dynastie en 1368, ce qui semble fort probable. Les moeurs de Jeju sont aussi bien particulières, chose normale pour une culture insulaire. Le phénomène le plus étonnant : les femmes pratiquent la pêche sous-marine. Elles auraient décidé de se mettre à plonger pour ramasser coquillages et crustacés afin que leurs maris ne partent plus sur cette mer dangereuse qui, trop souvent, les faisait disparaître. Maintenant encore, ces femmes robustes (haenyeo) qui portent des combinaisons noires, un masque et des flotteurs, plongent par presque tous les temps et vendent sur le port le produit disparate de leur pêche. Le sol est volcanique et, pour lutter contre le vent qui détruit les cultures, des murs de pierre ont été érigés autour des champs et des maisons, comme en Irlande ou en Ecosse. Autour des tombes, ces murets servaient aussi à tenir à distance les animaux mis en pâture. Les maisons elles-mêmes sont construites en pierre de lave et leurs toits de chaume sont retenus par un filet de cordes lestées de pierres. Il reste plusieurs de ces maisons dans différentes parties de l'île. C'est ce qui a donné l'expression samdado qui définit Jeju : " l'île aux 3 abondances ", c'est-à-dire les femmes, les pierres, le vent (une expression similaire désigne " les 3 manques " de l'île : pas de mendiants, pas de voleurs, pas de portes).

Il y a cependant bien plus à Jeju. Le sol n'est pas partout érodé par le vent et il y a de belles forêts d'arbres toujours verts. A l'est surtout, on peut voir des plaines vallonnées aux riches pâturages et partout des champs de mandariniers, la spécialité de Jeju. Les statues de lave dolharubang, sortes de grands-pères aux yeux protubérants dressés à l'entrée des villages, qui protégeaient les habitants, représentent une autre particularité culturelle de l'île. Ils ne sont pas sans évoquer les statues de l'île de Pâques, en plus petit, bien qu'il n'y ait a priori aucun rapport entre les deux.

En plus des beautés naturelles, Jejudo possède un très bon village folklorique, un temple unique, de belles plages, de nombreuses grottes volcaniques. Bref ! Un petit bonheur pour le voyageur. Et pour ne rien gâcher, la nourriture à base de poissons est excellente (spécialités de soupe de crustacés, ttukbaegi, de soupe de moules, jonbokjuk, et de poissons grillés, oktom gu-i et les gens très sympathiques. Pour la petite histoire, c'est à Jejudo que le marin hollandais Hendrik Hamel et son équipage firent naufrage en 1653. Transféré à Séoul, Hamel restera 13 ans en Corée avant de rapporter en Europe la première description du royaume ermite.

Nous conseillons le circuit suivant pour ceux qui ont peu de temps et ne sont pas trop intéressés par les plages (sans aucun intérêt d'ailleurs si ce n'est celui d'être vides alors que celles de Busan sont toujours bondées) : de Jeju-ville, faire la côte est jusqu'à Seogwipo, puis remonter vers Jeju-ville par le centre (Hallasan, San-gumburi). Ceux qui n'ont pas non plus beaucoup de temps, mais qui veulent plutôt profiter des plages, feront le chemin inverse de Jeju-ville à Jungmun par l'ouest.

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