Guide de Bali : Politique et économie

Politique
Structure étatique

La Constitution indonésienne de 1945 est basée sur cinq principes (appelé le pancasila) : l'Indonésie est un Etat unitaire, humaniste, démocratique, social et monothéiste (ce qui signifie que toutes les grandes religions monothéistes sont à pied d'égalité).

Le président de l'Indonésie est élu par le parlement (MPR) pour une durée de cinq ans. Il est secondé par un vice-président, qui peut être amené à le remplacer comme ce fut le cas à deux reprises.

Le système législatif est composé de deux chambres : le DPR, la Chambre des représentants (500 élus) et le MPR, le Congrès du peuple (200 députés). La plupart de leurs membres sont élus au suffrage universel. Un certain nombre de militaires (38) sont appelés à remplir cette fonction sans passer par les urnes.

Organisation territoriale

Bali fait partie des 33 provinces que compte l'Indonésie. Chacune d'entre elles est à son tour divisée en kabupaten avec à leur tête le bupati (gouverneur), et en kotamadya (municipalité) dirigée par un walikota (maire). Outre ses neuf districts, Bali est également composée de 51 sous-districts, 565 villages et près de 3 500 banjars.

Bali comprend 9 districts (8 kabupaten et 1 kotomadya) : Jembrana (dont la préfecture est Negara) à l'ouest, Buleleng (Singaraja) au nord, Tabanan (Tabanan) au centre-ouest, Badung (Denpasar) au centre, Gianyiar (Gianyar) et Bangli (Bangli) au centre-est, Klungkung (Semarapura) et Karangasem (Amlapura) à l'est. Ces kabupatens correspondent aux anciens royaumes de l'île. Denpasar est, quant à elle, la seule municipalité de Bali. Les gouverneurs de province sont élus par la chambre régionale de députés balinais pour cinq ans. Depuis 2008, I Made Mangku Pastika est le gouverneur de Bali (jusqu'en 2013).

La structure administrative la plus visible au quotidien, et celle à laquelle vous aurez certainement à faire, est celle du village (desa) ou quartier (kampung). Le village élit pour quatre ans un lurah ou un kepala desah (chef de village). Il est à la tête d'un système d'entraide et de soutien. Il tient un registre de la population présente dans son village et des nouveaux arrivants. Lorsque vous voulez résider dans un village, c'est à lui que vous devez demander l'autorisation. Dans les kampungs, la sécurité est assurée par le Rukun tetangga (RT). Dans les grandes villes, le soir, les quartiers sont fermés par des barrières tenues par une milice qui contrôle les entrées et les sorties.

Korupsi Kollupsi Nespotisme (KKN)

A Bali, la corruption est structurelle et le salaire des fonctionnaires, très bas, y est sans doute pour quelque chose. Alors, il faut savoir qu'en cas de problème, même a priori insoluble, beaucoup optent pour l'enveloppe. Elle est bien souvent incontournable d'ailleurs, l'Indonésie étant régulièrement classée parmi les Etats les plus corrompus au monde. Le régime de l'Ordre nouveau de Suharto avait en effet vu une explosion de la corruption et de ce que l'on a appelé le " capitalisme des copains " (crony capitalism), basé sur les détournements d'argent public et le népotisme généralisé.
Pendant son règne, Suharto, sa famille et ses proches (le " clan ") ont amassé des fortunes fabuleuses en s'appropriant les richesses du pays : on estime que de 15 à 25 milliards de dollars auraient disparu entre les mains du clan. D'où une culture politique très empreinte de cet état d'esprit. La corruption s'est également généralisée après le mouvement de décentralisation amorcé à la fin du XXe siècle : en multipliant les échelons de responsabilité, elle a aussi multiplié les possibilités de bakchich. Auparavant, seule la famille de Suharto s'en mettait plein les poches, soupirent certains : maintenant il faut payer tout le monde...
Susilo Bambang Yudhoyono, élu président en 2004 et réélu en 2009, avait promis lors de sa première campagne électorale que la lutte contre la corruption serait le premier de ses défis : quelques mois après son accession au pouvoir, il avait commencé à impulser des arrestations et des procès, comme celui d'un ancien gouverneur de la province d'Aceh, considérée une des plus corrompues. Une commission d'éradication de la corruption a aussi été mise en place.

L'actuel président Jokowi avait également fait de la lutte anti-corruption son cheval de bataille. Mais le combat est difficile, car la corruption est monnaie courante et vraiment ancrée dans les moeurs. Il a été peu convaincant jusque-là mais il a tout de même remis ce thème en avant lors de sa dernière campagne électorale.

Partis

Les principaux partis politiques sont en Indonésie :

le PDI (Perjuangan : Partai Demokrasi Indonesia), celui de Megawati et du président Jokowi.

le Parti Demokrat, dont est issu le président actuel Susilo Bambang Yudhoyono.

le PAN (Partai Amanat Nasional) dirigé par Amien Rais, leader de la " Muhammdiyah ", une des associations musulmanes les plus importantes du pays.

le Golkar (Golongan Karya), l'ancien parti au pouvoir, dirigé aujourd'hui par Akbar Tanjung.

le NU (Nahdatul Ulama) dirigé par Abdurrahaman Wahid, ancien président débouté et célèbre leader charismatique de cette même organisation musulmane.

Enjeux actuels

Depuis l'indépendance du Timor, les relations se sont envenimées avec l'Australie. Canberra avait envoyé des troupes à la frontière entre les deux Timor, sous le drapeau des Nations unies : un geste vu comme une insulte par l'Indonésie qui se méfie de la puissance de l'Australie. Les relations se sont encore plus tendues après les attentats de Bali. Le 12 octobre 2002, 202 personnes, majoritairement des jeunes Australiens, périssent dans une attaque à la bombe contre une discothèque de Kuta. En octobre 2005, ce sont principalement des Indonésiens qui sont victimes des bombes touchant simultanément un hôtel et des restaurants de Jimbaran, faisant une vingtaine de victimes. Les choses se sont ensuite calmées et les Australiens reviennent en force à Bali même si les relations diplomatiques entre les deux pays se sont détériorées en 2015. Deux ressortissants australiens ont été exécutés pour trafic de drogue en avril 2015. Le gouvernement australien a rappelé son ambassadeur, suspendu les visites officielles et coupé de 40 % le budget d'aide annuel à l'Indonésie, soit 150 millions d'euros.

Mais le temps du boycott est bel et bien révolu pour l'île hindouiste, qui peut se targuer aujourd'hui de voir sa haute saison s'allonger de plus en plus. Dans le sud, hôtels et restaurants affichent désormais complets dès les premiers jours de mai et Bali connaît une affluence de tourisme record.

Économie
Principales ressources
<p>Battage du riz.</p>

Battage du riz.

Jusque dans les années 1980, l'économie balinaise resta principalement agraire. Depuis plusieurs années, l'industrie touristique a explosé pour couvrir maintenant plus de 50 % des revenus de l'île. Non seulement l'hôtellerie a accru le nombre de lits offerts dans toutes les catégories, mais les activités qui s'y rattachent directement ou indirectement ont été multipliées par dix en quelques années. L'industrie textile, aux mains de quelques babas cool dans les années 1970, représente maintenant des milliers d'emplois. Les objets touristiques, sculptures en bois et peintures, ont désormais laissé la place aux industries du meuble qui ont connu un démarrage foudroyant.

Le riz, la richesse de l'île

Le riz constitue la culture prépondérante de l'île. Les Balinais ont cultivé et transformé le paysage afin de renforcer la culture de cet aliment de base. Les terrasses ont été aménagées en gradins avec une science sans pareille de l'irrigation. Le padi, ou la tige sur pied, est une véritable religion du riz. La culture en gradins nécessite une organisation efficace pour que les propriétaires des rizières situées en amont ne puissent empêcher l'irrigation des rizières en aval. Il faut donc une association, constituée par les différents villages de l'amont et de l'aval, qui puisse garantir la permanence de l'irrigation et la gestion méticuleuse de l'eau : c'est le subak. Après la moisson, diligentée par les femmes, la rizière est labourée plusieurs fois. A présent ce travail est entièrement motorisé par des machines japonaises. On ne voit plus les kerbaus, ou buffles d'eau, qui accomplissaient autrefois ce travail, sauf dans certaines régions reculées comme Tirtagangga. On ferme une rizière où l'on plante les jeunes pousses. Jusqu'à une taille raisonnable, cette opération est menée uniquement par les hommes. Le vert tendre des pousses contraste avec le vert profond du riz qui croît alentour. Puis on dépique délicatement les pousses pour les replanter une à une dans les rizières labourées et inondées. On attend la maturité du riz et ce temps est l'objet d'un certain nombre de cérémonies, avec des danses accompagnées du gamelan organisées par les subaks et les banjars de chaque village. Le riz a néanmoins changé de nature. Dès les années 1970, une nouvelle variété fut introduite afin d'améliorer la productivité. L'IR 36, nouvelle mouture conçue par des organismes de développement scientifique, permet trois récoltes par an, mais il demande une plus grande et intense utilisation de pesticides. La qualité a diminué au point que les Balinais eux-mêmes se plaignent de la faible qualité nutritive du riz et de son goût insipide. Malgré ces remarques, la production du riz a pris une vitesse de croisière qui néglige l'aspect cérémoniel de sa culture et les rites manuels. Ces rites, qui gardaient le contact entre la plante et celui qui la travaille, tendent à disparaître et ont fait place aux " décortiqueuses " mécaniques.

Place du tourisme
Histoire du tourisme à Bali

On aurait tort de croire que le tourisme est un phénomène récent à Bali. Il a débuté dans les années 1920, mais, paradoxalement, il a failli mal commencer. Pour les Hollandais, Bali représentait un peuple sauvage, belliqueux, perfide, soumis au trafic d'esclaves et aux fumeries d'opium. Ce n'est que dans les années 1930, après le massacre et le suicide collectif des rois et de leurs sujets au cours des puputan qui eurent lieu en 1906 et en 1908, que Bali devint une destination touristique. En fait, le tourisme à Bali a connu plusieurs phases :

Celle qui a débuté dans les années 1920 et qui se termina par la Seconde Guerre mondiale.

Celle du tourisme indonésien dans les années 1950, entièrement dominée par la figure charismatique et légendaire du président Sukarno et qui se termina par le coup d'Etat de 1965.

Celle des années 1970, développée par les hippies et les voyageurs indépendants qui passaient l'hiver à Goa et l'été à Bali.

Celle du tourisme de masse qui s'est développé dans les années 1980 avec les gros porteurs, Boeing 747 vomissant chaque jour son lot de touristes venant du monde entier.

Curieusement, l'image du paradis ne fut pas immédiate, elle ressemble plutôt à un montage lent et méticuleux. Bali a vu défiler son lot de présidents, d'anthropologues, d'acteurs de cinéma, de peintres, de journalistes et de photographes, bref un aréopage de bonnes âmes qui se sont empressées d'en faire un puits de clichés et d'images composées. Ces derniers n'ont fait que parfaire ce qu'avaient commencé leurs aînés dans les années 1920, à savoir nourrir l'idée que Bali est l'image idéale d'un paradis tropical.

Le développement du tourisme

Dans un premier temps, après l'indépendance, le tourisme s'est ouvert à nouveau timidement et l'infrastructure est demeurée désuète et bon enfant. Les hippies affluèrent, prenant des champignons hallucinogènes qui poussaient localement au petit matin sur les bouses de vache et fumaient des pétards de ganja, cultivée à Sumatra. C'était encore l'époque des petits losmen sans électricité pour voyageurs roulant leur bosse autour de la plage de Kuta, chambres à 250 Rp et langoustes à 200 Rp, tandis qu'à Sanur, les tour-opérateurs commençaient à organiser le tourisme de riches. Pour le gouvernement de Jakarta, il fallait équilibrer les ressources de l'Indonésie trop techniquement dépendante du pétrole. Il incita au développement du tourisme d'abord pour remédier à l'image de tortionnaire qui lui collait à la peau depuis le coup d'Etat. C'est curieusement à une société française que l'on confia le soin de faire l'analyse et de proposer un plan de développement du tourisme de masse à Bali en 1969. La SCETO (Société centrale pour l'équipement touristique d'outre-mer), financée par les Nations unies et sous la responsabilité de la Banque mondiale, préconisa un développement du tourisme dans la péninsule de Bukit et en même temps son isolement, afin de ne pas corrompre les habitants par un contact trop rapproché avec les touristes.
Dès 1978, le gouverneur balinais, Ida Bagus Mantra, mit l'accent sur l'exploitation à grande échelle des ressources culturelles balinaises : musique, danse, fêtes religieuses, sculpture et peinture qui venaient s'ajouter au formidable déploiement des infrastructures. On agrandit l'aéroport, on construisit des hôtels de grand luxe et des plus modestes pour satisfaire un éventail plus large de touristes, on assécha des rizières et on créa des adductions d'eau dans les régions les plus défavorisées. D'un tourisme de gagne-petit, on arriva à l'ère des stars venant se marier à Sanur ou aux ministres français passant leurs vacances au Club Med de Nusa Dua.

Enjeux actuels

Le tourisme représente aujourd'hui une part non négligeable de l'économie indonésienne : il est le deuxième poste d'entrée de devises étrangères après le textile. D'ailleurs, l'Indonésie vient de supprimer les visas de tourisme pour 30 pays dans l'espoir d'attirer " un million de touristes étrangers supplémentaires chaque année ", selon le ministre du tourisme.

En 2001, avant la bombe qui a déchiré Bali, 5,15 millions de touristes visitaient l'archipel, rapportant 5,4 milliards de dollars en devises. Pendant le seul mois d'août, Bali recevait alors en moyenne 1 million de visiteurs ! La crise a frappé fort à Bali, où 90 % des habitants vivaient, directement ou non, de l'industrie touristique : des serveurs de restaurants aux conducteurs de taxi en passant par les pêcheurs ou les paysans dont la production alimentait principalement les grands hôtels et les restaurants, ou les artistes qui vendaient leurs oeuvres aux touristes... Mais les conséquences de la bombe de 2002 ont montré (et à quel prix) les dangers d'une économie basée uniquement sur un secteur aussi versatile que celui du tourisme. Pendant un an, les rues de Kuta furent vides, et le nombre de chômeurs s'est multiplié - créant d'ailleurs des tensions entre les Balinais et certains Javanais, venus à Bali pour y trouver un travail dans l'industrie touristique. Aujourd'hui, après les deuxièmes attentats en 2005, Bali diversifie ses sources de revenus, en encourageant par exemple les entreprises de service à y installer leurs quartiers. Quoi de plus alléchant pour un cadre que de s'installer à Bali, où, après tout, l'on n'est qu'à une heure et demie d'avion de la capitale Jakarta ? Mais le tourisme demeure au coeur de l'économie balinaise et, depuis une année 2008 sans précédent (près de deux millions de visiteurs, une première) les touristes sont bel et bien de retour sur l'île. Le nombre de visiteurs continue d'augmenter et a même atteint un nouveau record en janvier 2016 estimé à 4 485 137 de touristes d'après l'Agence Centrale de Statistique. Pour l'année 2018, malgré l'éruption d'Agung et les séismes à Lombok, le gouvernement a dénombré 14,8 millions de visiteurs en Indonésie, dont 42 % se sont rendus à Bali.

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