Le guide touristique CHARENTE MARITIME du Petit Futé : Patrimoine et traditions

Patrimoine et traditions

Le pays de fort Boyard. Le bassin de Rochefort Océan regroupe 26 communes au patrimoine particulièrement riche et varié. Des sites prestigieux liés à l'épopée historique et l'aventure maritime du territoire comme le fort Boyard, la Corderie Royale, ou plus exceptionnel comme le dernier pont transbordeur de France, ou plus confidentiels mais tout aussi remarquables, comme la fontaine de Saint-Nazaire-sur-Charente ou les églises romanes rive gauche du fleuve Charente... Un territoire où l'eau se confond avec la terre, un territoire de marais où nature rime avec écologie. Découvrez les îles et presqu'îles, les réserves naturelles et sites naturels classés et animés par le Conservatoire du Littoral et la Ligue pour la Protection des Oiseaux... Au pays de fort Boyard, des paysages singuliers entre marais et terres hautes, des sites remarquables entre frange littorale et l'estuaire de la Charente.

Rochefort Océan – Le Pays de Fort Boyard

L'office de tourisme Rochefort Océan vous accueille en 7 sites : Rochefort, Port-des-Barques, Fouras-les-Bains, Echillais, Soubise et l'Ile-d'Aix. Plus d'informations sur www.rochefort-ocean.com ou en écrivant à rochefort@rochefort-ocean.com

Patrimoine culturelHaut de page
LittératureHaut de page

La Charente-Maritime inspira de nombreux artistes comme Zola, qui passa trois été à Royan. Picasso se réfugia également dans la cité balnéaire durant la guerre : l'histoire raconte qu'il trouva deux autres maisons pour sa femme et sa maîtresse, avec deux entrées distinctes, de sorte qu'elles ne se croisèrent jamais. Plus à l'intérieur des terres, la Saintonge et les bords de la Charente, comme le petit Port-Berteau, inspirèrent des peintres comme Courbet et Corot. Une randonnées pédestre part d'ailleurs à la rencontre de leurs paysages favoris, via le PR6 dit des Trois Moulins, dans les collines de Bussac. L'écrivain Pierre Loti eut un coup de foudre pour Rochefort et décida d'y installer son univers dans un grand hôtel particulier, devenu aujourd'hui un musée (actuellement fermé pour restauration). Plus tard, Jacques Demy fut séduit par cette même ville, en particulier sa place Colbert, alors qu'il cherchait un décor pour tourner ses Demoiselles de Rochefort.

La Charente-Maritime accueille chaque année de nombreux tournages de films et de séries télévisées. Dans les derniers en date, on peut notamment citer Irréprochable, un film de Sébastien Marnier avec Marina Foïs, tourné en 2015 en partie à Saintes. Le téléfilm Les Mystères de l'île, diffusé sur France 3 en début d'année 2017, a été tourné sur l'île d'Aix à la fin de l'été 2016. La série aux deux saisons Hôtel de La Plage (par Fabienne Lesieur et Lorène Delannoy) diffusée sur France 2 les étés 2014 et 2015, avec Bruno Solo, a été réalisée à Rochefort et à Ronce-les-Bains, où se trouve le fameux hôtel, redécoré spécialement pour le tournage. Le département accueille également sept festival de films, dont le Festival international du film de la Rochelle, début juillet, ou encore le Festival de la fiction TV en septembre, qui permet de découvrir en avant-première les séries de l'année à venir. Cette année, le Département a créé spécialement un Festival des festivals, qui se tiendra les 26 et 27 août. Objectif : projeter des nouveautés en avant-première ou des films récompensés dans les différents festivals annuels, et permettre des rencontres entre professionnels du cinéma et public.

Patrimoine architecturalHaut de page
Villes et villagesHaut de page

Le département recèle 13 villages remarquables, labellisés Villages de pierres et d'eau, entre océan, marais, étangs, fleuve... et au patrimoine particulier. Sur l'île de Ré, La Flotte est une escale reconnue pour son patrimoine architectural et culturel ; idem pour Ars-en-Ré, avec son église à la flèche haute de 40 mètres, servant de repère aux navigateurs, et ses 60 sauniers exploitant encore les marais du Fiers d'Ars. Il y a également l'île d'Aix, avec sa fortification de Vauban, au coeur du pertuis d'Antioche, entre l'île d'Oléron et Fouras. Sur l'île d'Oléron, Saint-Trojan-les-Bains est un petit port devenu station balnéaire réputée pour l'architecture de ses maisons, entre la forêt domaniale et l'estuaire de la Seudre. Juste en sortant de l'île, en allant vers Marennes et Rochefort, la citadelle de Brouage, ancien port du commerce du sel, célèbre pour ses remparts, vous emmène dans un voyage hors du temps, au coeur du marais littoral. Entre la Seudre et l'estuaire de la Gironde, Mornac-sur-Seudre est village médiéval au coeur du bassin ostréicole, sur la rive gauche de l'estuaire de la Seudre. En descendant plus au sud, Mortagne-sur-Gironde est étonnante, au milieu des falaises calcaires, avec ses reste d'habitats troglodytes et son port de pêche niché dans les falaises calcaires. Il faut s'arrêter enfin à Talmont-sur-Gironde, bastide médiévale, dont l'église romane dominant l'estuaire de la Gironde est devenue l'image de nombreuses couvertures de guides touristiques.

Moins connue, la Saintonge abrite aussi quelques beaux villages, comme Clion-sur-Seugne, entouré de rivières convoitées par les pêcheurs. Non loin de là, Crazannes et ses fameuses carrières de pierre de taille se dresse au bord de la rive gauche de la Charente. Dans le même secteur, Saint-Savinien domine la rivière depuis son éperon de roches calcaires, les fameuses falaises du Chail réputées pour leurs carrières de pierres de taille, transportées depuis le port. Un peu plus loin, Saint-Sauvant, le Rocamadour charentais, domine du haut de son éperon rocheux la vallée du Coran : c'est aussi une étape prisée du chemin de Compostelle. Sur la route du Cognaçais, Port-d'Envaux se distingue avec son passé fluvial et maritime dans le commerce du vin, du cognac et du sel, sur la rive gauche de la Charente.

ChâteauxHaut de page
Ouvrages d’artHaut de page

Les écluses. On trouve deux types d'écluses en Charente-Maritime  : les écluses fluviales, qui jalonnent la Seudre et la Charente, et les écluses de Ré et d'Oléron. Régies par un système de concession, la pêche y était soumise à des règles très strictes. Ces pièges à poissons, en forme de fer à cheval, ont fait leur apparition au Moyen Age. Leur construction datant de près de 1 000 ans, nécessitait entre 10 000 et 20 000 heures de travail, mais une fois les pierres ajustées, sans chaux ni ciment, elles s'avéraient d'une efficacité redoutable. Les prises étaient souvent généreuses (sols, mulets, merlans, dorades), suffisant ainsi à nourrir toute une famille sur plusieurs jours. Les pêcheurs n'avaient plus qu'à attendre que la marée descende pour capturer les poissons pris au piège et les jeter dans un panier en osier appelé " gourbeille ". Aujourd'hui, les écluses sont en désuétude et les pêches miraculeuses n'existent plus. Beaucoup ont été détruites au XIXe siècle, accusées de concurrencer les autres pêches et leur entretien s'est arrêté après la Première Guerre mondiale. Il n'en reste aujourd'hui que 14 sur l'île d'Oléron et 10 sur l'île de Ré. Ces infrastructures, témoignant d'un art de bâtir ancestral, sont désormais sauvegardées par les propriétaires locaux et les associations. Outre leur rôle pour la pêche, les tempêtes ayant frappé la Charente-Maritime ont montré l'intérêt des écluses pour protéger la côte de l'érosion. Désormais, une écluse à poissons située aux Sables-Vigniers est inscrite au titre des Monuments historiques.

Les sites gallo-romains. Vous serez sans doute étonnés par le nombre, la variété et la richesse des sites archéologiques gallo-romains que recèle la Région Poitou-Charentes (au nombre de 14, tous accessibles au public) et la Charente-Maritime en particulier. Parmi eux, citons la ville de Saintes (amphithéâtre romain datant de l'an 40 apr. J-C., le Musée archéologique, l'arc votif de Germanicus, les thermes, les remparts), le site du Fâ à Barzan (sur plus de 100 ha se trouvent les vestiges d'une ville gallo-romaine portuaire) et l'Archéoscope d'Aulnay (vestige d'un camp militaire romain entièrement en bois et en torchis sur 7 ha).

Traditions et modes de vieHaut de page

Si en 2007, le patois charentais, dit " saintongeais " était reconnu langue autonome au même titre que le breton, en 2014 la Charte européenne des langues de France l'a rétrogradé au rang de sous-catégorie du poitevin-saintongeais, au grand désespoir des héritiers de Goulebenèze. N'en déplaise à certains, le saintongeais se porte bien ! Et pour sauvegarder cette langue, les Charentais-Maritimes peuvent compter sur le magazine Xaintonge qui depuis trois ans propose une version régionale de Tintin. Après L'Île noire c'est Coke en stock qui a été traduit en saintongeais. Le patois charentais est bien plus qu'une langue, c'est une tradition, un véritable art de vivre. Par exemple, au niveau de la prononciation, le "h" entre les lettres "g"et "j" exprime l'accent charentais qui se traduit par une profonde expiration. Le "th" traduit la lettre "c". Il se prononce "chieu". Voici quelques exemples de mots usuels que vous pourrez entendre lors de votre séjour en Charente-Maritime.

Lexique

Cagouilles ou luma (en Saintonge et Angoumois) : escargots petit-gris.

Buffer  : souffler, respirer fort (se dit aussi du vent qui souffle)

Benéze ou beun'aise  : être bien, être à son aise

Les drôles (drôlesses ou drouillères, au féminin)   : les enfants.

Le tantôt  : l'après-midi  ; " Que fais-tu ce tantôt  ? ".

Prée  : prairie inondable.

Les baignassout's  : les touristes (principalement sur la côte).

Niger  : inonder, noyer

Un froid de cheun  : un froid de canard (de chien)

Qu'est'ô qu'te dis  ? Qu'est-ce que tu dis  ?

Arsouille : Ivrogne

O va  ? / Va-t-ô  ? Comment ca va  ? (répondre par "ô va beun" si ça va bien  !)

Sur la plage, on se grale, on bronze au soleil, comme on fait grâler des châtaignes  !

Ar'garder : Regarder

Goule : Bouche, gueule. visage

La since : la serpillère (passer la since = passer la serpillère)

La chocolatine : le pain au chocolat

La poche : le sac (pour faire les courses)

Le parlanjhe poitevin-saintongeais. L'originalité des parlers de cette région, c'est justement leurs nombreux traits communs avec l'occitan, la langue du sud, celle des troubadours qui inaugurèrent la première poésie lyrique dans une langue romane sur le futur territoire de la France. Et le premier troubadour connu fut Guillaume IX, comte du Poitou et duc d'Aquitaine. Le parlanjhe de Poitou-Charentes-Vendée a donc comme origine le latin articulé, déformé par les peuples gaulois des Pictons et des Santons. Et ce qu'on appelle aujourd'hui le poitevin-saintongeais eut d'abord plus à voir avec l'oc qu'avec l'oïl. Mais à partir de 1204, année de la mort d'Aliénor, la petite-fille de Guillaume IX, qui défendit jusqu'au bout son état féodal poitevin et aquitain, les rois de France vont conquérir progressivement ce vaste territoire. C'est la langue des rois de France, la langue du nord, qui va désormais être utilisée par les notables et les commerçants.

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