Guide de Vendée : Patrimoine et traditions

Patrimoine culturel
Littérature

Depuis des siècles, la Vendée a abrité de grands esprits. Et particulièrement, Fontenay-le-comte, une ville qui a accueilli de grands écrivains à commencer par François Rabelais (1494‑1553). Avant de devenir l'immortel père de Gargantua et de Pantagruel, le jeune François entre au couvent des Cordeliers de Fontenay. C'est là qu'il découvre l'Humanisme ; et l'immensité de son truculent et gai savoir doit beaucoup au frère franciscain Pierre Amy et à sa correspondance avec le savant helléniste Guillaume Budé. Suite à ses démêlés avec les frères franciscains, il part chez les moines bénédictins à l'abbaye Maillezais en 1523, sous la protection du père abbé et évêque Geoffroy d'Estissac. C'est encore dans cette ville que Michel Ragon, né en 1924 dans une famille paysanne vendéenne, a passé toute son enfance, avant de passer son adolescence à Nantes où il découvre la peinture au Musée des Beaux-Arts. C'est en 1945 qu'il monte à Paris où il vivra de différents métiers, lui permettant de publier différents romans et poèmes, mais aussi des articles et des essais sur les thèmes qui lui sont chers : la littérature prolétarienne, l'anarchisme, l'art abstrait, l'architecture... C'est ainsi qu'il devient, dans les années 64 un critique et historien de l'art et de l'architecture moderne renommé. Suite au décès de sa mère en 1976, il se recentre sur ses racines. A travers différents romans, comme Les Mouchoirs rouges de Cholet, La Louve de Mervent, Le Marin des Sables, mais aussi des essais comme 1793. L'Insurrection vendéenne et les malentendus de la liberté, Michel Ragon met l'histoire méconnue de la Vendée à l'honneur. C'est également à Fontenay-le-Comte, que Georges Simenon, cet écrivain belge d'une fécondité exceptionnelle, qui est notamment le père des " Maigret ", a vécu à Terre‑Neuve entre 1941 et 1943 où il écrivit de nombreux romans et y reçut ses amis : Jean Tissier et le peintre Maurice de Vlaminck. Personnalité à part également, Jean Yole, de son vrai nom Léopold Robert, qui a adopté comme pseudonyme le nom de cette barque à fond plat utilisée comme moyen de locomotion dans le marais breton d'où il est originaire. Médecin, écrivain et homme politique né à Soullans en 1878 (mort à Vendrennes en 1956). Outre son engagement politique envers le maréchal Pétain et sa nomination par ce dernier au Conseil National en 1941 (il sera d'ailleurs déclaré inéligible après la Libération par un jury d'honneur), c'est un écrivain de la terre qui a souvent abordé le monde paysan et ses problèmes dans ses romans, ses pièces de théâtre avec La Servante sans gages (1934) ou ses essais comme : Le Malaise paysan (1929), La Population et l'habitation rurale (1929), La Vendée (1936), Le Marais de Monts en Vendée (1938). Enfin, un auteur contemporain qui cartonne : Yves Violier. Né en 1946, il a fait sa carrière en tant qu'enseignant de français au Poiré-sur-Vie. Parallèlement il est critique littéraire à La Vie, un hebdomadaire chrétien. C'est un écrivain du terroir populaire, se rattachant à la nouvelle école de Brive, un courant contemporain du " roman de terroir ", remplaçant l'école de Brive, cette dernière ayant disparu. En 2001, il a reçu le prix Charles Exbrayat pour Les Lilas de mer. Plusieurs de ses ouvrages font bien sûr références à la Vendée comme Quatre saisons en Vendée (édité chez un éditeur régional, Siloë, à La Roche-sur-Yon). Son dernier ouvrage paru en août 2011, La Mer était si calme, fait référence à la tempête Xynthia qui a frappé sévèrement les habitants de La Faute-sur-Mer en février 2010. Dernier ouvrage en date, une bande dessinée Et Napoléon créa La Roche-sur-Yon, créée par le scénariste Jean-Blaise Djian et Damour, dessinateur. Sortie en novembre 2013 aux éditions Vagabondages, elle illustre l'évolution de la cité entre 1804 et 1870. Cette BD raconte cette période de la Roche-sur-Yon à travers la vie d'un illustre personnage, Jacques-Philippe Gozola. Né dans les années 1 770 à Alexandria, ce Piémontais est maître cordonnier au 31e régiment d'infanterie légère. Il deviendra successivement soldat, tanneur, conseiller municipal et, surtout, éminent homme d'affaires. En y achetant une maison en 1808, il fera de la ville de Napoléon son lieu de résidence et d'ascension sociale. La tannerie Gozola emploiera quarante ouvriers et sera l'établissement le plus important de la ville. Voici donc 66 années parcourues et 7 changements de noms illustrés en 32 planches pour découvrir ou redécouvrir l'histoire de la Roche-sur-Yon.

Peinture

Terre riche de contrastes et de paysages, à la lumière particulière, c'est sans doute l'une des sources d'inspiration des nombreux peintres célèbres originaires de Vendée ou y ayant posé leurs valises. Voici, d'hier à aujourd'hui, quelques uns de ces artistes.

Paul Baudry (1828-1886). Peintre du second Empire, décorateur de l'Opéra Garnier, d'une partie du Panthéon et du château de Chantilly, il est né le 7 novembre 1828 à La Roche-sur-Yon. Il fut l'un des plus célèbres représentants de la peinture académique sous le second Empire. Fils d'un sabotier, Paul Baudry entre aux Beaux-Arts à seize ans grâce à une bourse municipale. Reçu Grand Prix de Rome en 1850 comme William Bouguereau, il s'intéresse à la peinture du Corrège. Il fut principalement un peintre muraliste, bien qu'il ait peint aussi des portraits et des compositions historiques. Napoléon III lui confie le décor du foyer de l'Opéra Garnier. Il réalise le décor de l'hôtel Fould en 1854, de l'hôtel Galliera [2] en 1863 et de l'hôtel de la Pava. Il participe aussi au décor du château de Chantilly. Il voyagea en Orient et mourut avant d'avoir pu exécuter son projet de décoration du Panthéon de Paris sur Jeanne d'Arc. Paul Baudry est décédé à Paris le 17 janvier 1886, il repose au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Charles Milcendeau (1872-1919). Est un peintre français. Fils d'aubergistes de Soullans en Vendée, il fit ses études à la Roche-sur-Yon puis à Nantes. Il travailla ensuite dans l'atelier de Gustave Moreau à Paris. Il se lia d'amitié avec Rouault et Matisse. C'est dans le Marais breton, dans sa propriété de Bois-Durand, sa commune natale, qu'il mourut brutalement à l'âge de 47 ans en 1919. Un musée lui est consacré dans sa commune de Soullans.

Paul-Emile Pajot (1870-1930). Né à la Chaume, sa peinture fut remarquée par Jean Cocteau. Il obtient la consécration artistique à Paris en janvier 1925, puis en 1927 avec Foujita. De 1896 à sa mort, son oeuvre fut considérable. Ses tableaux sont recherchés par les grands musées français et par les collectionneurs avertis. Marin-pêcheur à l'âge de 11 ans pour subvenir aux besoins de sa famille, Paul-Emile Pajot est devenu par ses dessins et ses aquarelles le chroniqueur attitré du milieu de la pêche. Louée par Cocteau et Marquet, l'oeuvre du peintre est entièrement dédiée à sa patrie, La Chaume, et à ses navires qu'il a couchés sur ses toiles de son coup de pinceau naïf. D'ailleurs Cocteau disait de lui : "Il est un homme qui peint des bateaux. Il ne peint pas des bateaux pour les gens qui aiment la peinture, mais il est un peintre pour les gens qui aiment les bateaux" - Jean Cocteau, 1925, préface à l'exposition parisienne de Paul-Emile Pajot.

Benjamin Rabier (1869-1939). Dessinateur. Il compose pour les enfants des histoires illustrées dont les héros sont des animaux. Outre ses illustrations des Fables de La Fontaine, il est aussi le créateur d'une fameuse Vache... qui rit !

Gaston Chaissac (1910-1964). Peintre. Né en 1910 en Corrèze, il a vécu en Vendée, de 1943 à sa mort en 1964, dans trois communes où son épouse était institutrice : à Boulogne de 1943 à 1948, à Sainte-Florence de 1948 à 1961 et à Vix les trois dernières années de sa vie. Regardé par la plupart de ses contemporains comme un marginal - pensez donc, il paraît même qu'il a utilisé de la bouse de vache pour certaines de ses oeuvres -, Gaston Chaissac, dont l'oeuvre a fait l'objet de nombreuses monographies, est aujourd'hui considéré comme un artiste ayant marqué son temps. "Picasso en sabots égaré dans le Bocage vendéen" - Bonnenfant -, sa tenue vestimentaire, sa bonhomie reflétaient peut-être un souci d'intégration au milieu rural, mais il s'agissait plutôt d'une sorte de déguisement camouflant l'étendue de sa culture, sa sensibilité d'écorché vif et l'acuité de son regard. Ses oeuvres qui, à première vue, semblent marquées par une gaucherie quasi infantile, voire un brin de folie, sont en réalité volontairement dépouillées. Par contre, quelle diversité dans les techniques utilisées ! Dessin, gouache, huile, graffitis, collage, utilisation de déchets... En fait, ses créations sont le fruit d'une permanente recherche personnelle enrichie par une réelle connaissance de l'Histoire de l'art. Ajoutez à cela le ton ironique et la truculence qui caractérisent ses écrits - lettres, articles, poèmes - et vous aurez le portrait d'un homme attachant à l'indéniable talent. Exposé à Beaubourg, très présent au musée de Sainte-Croix des Sables-d'Olonne, il mérite bien votre attention. Et pour mieux appréhender le personnage, rendez-vous à l'Espace Gaston Chaissac inauguré en 2005 dans l'ancienne école laïque de Ste-Florence, qui jouxte la mairie.

Henry Simon (1910-1987). Né à St-Hilaire de Riez de parents instituteurs, il commence à peindre à 8 ans et entre à l'école des Beaux-Arts de Nantes en 1928 où il suit les cours d'Emile Simon, Alexis Lesage et Patay. En 1930, il reçoit le prix Decré qui récompense un jeune artiste, puis à Paris, en 1932, le prix Conté. Dans la ville lumière il fréquente de nombreux ateliers : Fougerat, Troncet, Cannictioni. Il rencontre Derain. Il participera à son premier salon cette même année, tandis que sa première exposition personnelle aura lieu à Croix-de-Vie en 1933. De retour en Vendée, en 1934, il se consacre à la peinture au Pays. De 1950 à 1960, Henry Simon réalise des travaux de décoration d'édifices publics : fresques du casino municipal des Sables d'Olonne, peintures du casino de Saint-Jean-de-Monts. Pendant 60 ans, il a été le témoin de son temps et s'est exprimé à travers de nombreux thèmes et dans différentes techniques (huile, gouache, pastel, aquarelle, dessin, encre...) sans oublier la poterie, sur des thèmes qui lui tenaient à coeur comme les marins, la jeunesse, la danse,... au travers de scènes régionales et de portraits. Il a été nommé chevalier des Arts et des Lettres en 1978. Henry Simon est inscrit au Bénézit (dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs), il est répertorié dans le dictionnaire des arts plastiques et contemporains édité chez Gründ. A St-Gilles-Croix-de-Vie, son ancien atelier a été entièrement restauré par l'une de ses filles. Situé dans une bourrine, Les Rimajures c'est bien plus qu'un lieu d'exposition et de mémoire, c'est un voyage au coeur de l'oeuvre de cet artiste peintre céramiste et décorateur. On y retrouve l'atelier et la galerie de l'artiste, ainsi qu'une boutique avec des produits dérivés de son oeuvre.

Régis Delene-Bartholdi. Peintre. Le petit-fils de Frédéric Bartholdi - le sculpteur de la statue de la Liberté - est né en 1956 à La Roche-sur-Yon. Il suit dans les années 1975-1980 des cours d'art plastique et d'art appliqué à la photo et à l'audiovisuel avant d'exposer à Nantes aux côtés de grands noms comme Bernard Buffet, Georges Matthieu ou Yves Brayer. Mais ce sont ses voyages qui ont le plus inspiré son oeuvre à la fois abstraite et figurative, à commencer par le premier, New York - entre 1985 et 1988. C'est en parcourant le bassin méditerranéen et l'Afrique qu'il introduira dans ces oeuvres des matériaux comme le sable, le papier, l'écorce et plus récemment la soie. Toutes les oeuvres de ce nomade de l'absolu sont le fruit d'un travail sur la matière et le sens de la vie.

Cinéma

La Vendée fut le théâtre de nombreux plateaux de tournages de films, en voici quelques-uns :

Un flic, tourné à Saint-Jean-de-Monts, par Jean-Pierre Melville avec Alain Delon en 1972.

La même année, de nombreuses scènes de César et Rosalie de Claude Sautet, avec Romy Schneider et Yves Montand furent tournées sur l'île de Noirmoutier.

Le Manège enchanté, de Serge Danot, fut tourné au moulin de Plessard à Cugand, sur les bords de Sèvre, dans un studio installé dans ce lieu qui fut auparavant moulin à blé, usine électrique puis filature

La Terre qui meurt - 1936 - de Jean Vallée avec Pierre Larquey

La Ferme du pendu de Jean Dréville - 1945 - fut tourné à Montournais, avec Charles Vanel et Bourvil

Les Vieux de la vieille - 1950 - de Gilles Grangier avec Jean Gabin, Pierre Fresnay et Noël-Noël, fut entre autres tourné à Apremont ; des scènes dans l'église et dans l'ancien café du village, aujourd'hui un restaurant au nom du film.

Maléfice - 1962 - de Henri Decoin avec Juliette Gréco

Les Créatures - 1965 - d'Agnès Varda avec Michel Piccoli et Catherine Deneuve

Lancelot du lac - 1970 - d'Eric Rohmer avec Fabrice Lucchini

Vent de Galerme - 1989 - de Bernard Favre sur les guerres de Vendée

Olivier-Olivier - 1991 - d'Agnieska Holland avec Brigitte Roüan

Vases sacrés - 1991 - de P. Garguil : remarquable travail sur la baie de l'Aiguillon et l'avifaune

La Révolte des enfants - 1991 - de Gérard Poitou-Weber avec Michel Aumont - île d'Yeu

L'Arbre, le maire et la médiathèque - 1993 - d'Eric Rohmer avec Arielle Dombasle et Fabrice Lucchini - Saint-Juire-Champgillon.

Petite anecdote : la crêperie Valparaiso, aux Sables d'Olonne, a servi de décor au film tiré du roman de Michel Houellebecq Extension du domaine de la lutte, avec José Garcia - 1999.

En février 2011, une partie du film de Cédric Kahn, Pour une vie meilleure (2012), avec à l'affiche Guillaume Canet et Leïla Bekhti, a été tournée en Vendée, notamment au Château-d'Olonne dans le restaurant Cayola, aux Sables-d'Olonne, à Jard-sur-Mer et Longeville et Olonne-sur-Mer.

En Solitaire (2013), de Christophe Offenstein avec Francois Cluset, Guillaume Canet, Virginie Effira, a été tourné en partie aux Sables d'Olonne, durant le dernier Vendée Globe.

Le Général du roi (2013), de Nina Companeez avec Samuel Le Bihan et Louise Monot. Pour son nouveau téléfilm inspiré du roman de Daphné du Maurier : Le Général du roi, Nina Companeez a choisi la Vendée. La réalisatrice a décidé de situer l'action du roman de la Britannique Daphné du Maurier pendant les guerres de Vendée et non pendant la guerre civile anglaise. Le film a été tourné en partie au Logis de la Chabotterie, mais aussi à La Rabatelière, à Grasla et à Saint-Hilaire-de-Riez.

Lulu femme nue, avec Karin Viard, a quasiment été entièrement réalisé au printemps dernier en Vendée, à Saint-Gilles-Croix-de-Vie entre autres.

Les Vacances du Petit NicolasToujours en 2013, c'est le tournage intégral de la seconde partie des " Aventures du Petit Nicolas " qui s'est déroulé sur l'île de Noirmoutier et notamment sur la plage des Dames dans le quartier du Bois de la Chaize, dont les cabines de plage avaient revêtu pour l'occasion des couleurs acidulées de bleu turquoise et de jaune citron.

La Chambre bleue, de Mathieu Amalric, d'après l'adaptation du roman de Georges Simenon. C'est aux Sables-d'Olonne, ville chère au coeur de Simenon, que Mathieu Amalric a commencé à filmer les premières séquences de son film, avant le tournage de nouvelles prises de vue du côté des Lucs-sur-Boulogne, dans la maison d'un particulier. Trente jours de tournage au total pour une oeuvre policière transposée dans un contexte contemporain. Sorti en avril 2014.

Patrimoine architectural
Villes et villages
<p>Ruelles de Noirmoutier-en-l'île.</p>

Ruelles de Noirmoutier-en-l'île.

La Vendée abrite plusieurs types d'architecture. Ainsi le sud du département, autour de Fontenay-le-Comte affiche déjà les belles pierres blondes de la Charente, tandis que la côte est marquée par l'architecture balnéaire, les petites maisons de pêcheurs. Le bocage est lui aussi riche d'histoire, de châteaux et de logis, et les marais abritent encore quelques rares habitations typiques, les bourrines. Pour résumer, quatre types d'habitations sont couramment observés en Vendée : la maison de pêcheur, la borderie, la métairie et la bourrine.

La maison de pêcheurs. C'est une petite maison basse de plain-pied à façade blanche et aux volets peints - généralement en bleu. Elle comprend une cuisine avec une cheminée et une ou deux chambres. C'est dans les venelles du centre de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, à La Chaume - aux Sables-d'Olonne - et sur l'île d'Yeu que l'on trouve le plus de maisons de pêcheurs. Avant le XIXe siècle, le mobilier était généralement constitué de coffres - à linge - le plus souvent disposés au pied du lit.

La borderie. Contrairement au littoral, le Bocage offre une architecture plus ancienne. Le type d'habitation le plus fréquent du Bocage est la borderie : petite maison de pierre ou d'anciens logis en schiste ou granit. C'est une " maison bloc " qui réunit toutes les activités sous un même toit : habitation, parcage des animaux, stockage des récoltes. Mais cela n'exclut pas dans certains cas l'existence de quelques bâtiments annexes comme une galerie ou une remise ou le stockage en plein air de combustible - foin, bois.

La métairie. C'est une maison de structure éclatée. On distingue un corps d'habitation et plusieurs bâtiments spécifiques parmi lesquels on trouve la grange. L'importance de son volume correspond à une superficie exploitable plus étendue. On retrouve, entre autres, ce genre de configuration dans la plaine.

La bourrine. La vie maraîchine se déroule autour de la bourrine, construction en terre au toit de chaume, aux murs blanchis à la chaux possédant une grange attenante avec vaches, cochons, poules et un potager. Elle se caractérise par des façades peu élevées et de petites ouvertures. Souvent orientée vers le midi, la bourrine était protégée, au pignon ouest, des vents dominants et des pluies par une toiture en croupe. La bourrine était construite en fonction de son contenu et le mobilier quasiment toujours configuré de la même manière : les lits à quenouilles placés perpendiculairement de part et d'autre du foyer. Le long de ces lits, un coffre marchepied, remplacé au XXe siècle par les poërons - petits bancs de maçonnerie. La table ou la maie était placée à la verticale de l'unique fenêtre de la pièce. Le sol est en terre battue. Le toit à deux pentes, sans plafond s'ornait parfois de nattes tressées. Concernant les habitants des marais, sans faire de généralités ni tomber dans les clichés, force est de constater que le maraîchin possède un caractère bien trempé - attention on n'a pas dit mauvais caractère ! Il faut dire que la dureté de la vie au début du siècle dans le marais endurcit et forge la personnalité. Les habitants du marais desséché sont appelés " marouins " et ceux du marais mouillé " maraîchins ".

Châteaux
<p>Le château de Terre-Neuve, à Fontenay-le-Comte</p>

Le château de Terre-Neuve, à Fontenay-le-Comte

La Vendée est certes avant tout connu pour son littoral mais saviez-vous qu'elle possède près d'une soixantaine de châteaux et logis, répartis sur tout le département. Certes la plupart d'entre eux se situent dans le bocage, mais vous verrez que la côte possède des sites de grand intérêt. En tout une petite soixantaine de sites que l'on peut classer selon différentes époques, entre les châteaux médiévaux ou féodaux, les châteaux Renaissance, les châteaux et logis du XVIIe siècle, ceux érigés aux siècles suivants.
Sans doute le plus connu de Vendée, le château de Tiffauges, est l'un des plus beaux exemples de château à l'architecture militaire. Tiffauges est la dot de Catherine de Thouars qui épouse Gilles de Rais en 1420. C'est le château où ce dernier aurait perpétré ses atrocités, d'où le surnom de " Château de Barbe Bleue ". Autre bel exemple de château féodal, le château de Noirmoutier, dont les premières traces apparaissent en 830. Il servait à défendre les moines du monastère Saint-Philbert contre les Vikings, et sur une autre île, celui de l'île d'Yeu, construit par Olivier IV de Clisson pour assurer la sécurité des islais en cas d'invasion. Château qui fut occupé par un corsaire anglais durant 37 ans, avant d'être repris lors de la conquête du Poitou. Le Château de Talmont, forteresse édifiée au XIe siècle, dont Richard Coeur de Lion, devenu duc d'Aquitaine, pris possession en 1169 est lui aussi l'un des plus visités de Vendée. L'été, des animations pour les enfants et spectacles s'y déroulent. Même s'il fut remanié au XVe siècle sur les bases d'un château construit vers l'an mil, avec ses fossés, son enceinte polygonale, ses tours, son chemin de ronde entièrement couvert sur mâchicoulis, ses archères-canonnières typiques, sa charpente originale, ses latrines... le château féodal de Sigournais constitue un des meilleurs exemples d'architecture militaire du Moyen Age en Vendée.
Parmi les autres châteaux féodaux qui méritent le détour : les châteaux de Commequiers, La Garnache, La Flocellière, Les Essarts, Vendrennes, le château de Pouzauges, celui de L'Echasserie à La Brufière. A voir aussi le donjon de Bazoges-en-Pareds, la tour Mélusine à Vouvant et la tour de Moricq à Angles.

La Renaissance a été marquée par l'édification des châteaux suivants : Terre-Neuve à Fontenay-le-Comte qui a accueilli d'illustres personnages comme Nicolas Rapin, compagnon d'armes d'Henri IV et écrivain, Agrippa d'Aubigné, le duc de Sully mais également Georges Simenon. C'est un des plus beaux châteaux Renaissance de Vendée. Il est classé Monument Historique. C'est un château privé, habité. A voir aussi Le château de la Guignardière à Avrillé, le château d'Apremont, celui de la Grève à Saint-Martin-des-Noyers... Le château de Bessay possède une tour et un pigeonnier du XVIe siècle, le logis date quant à lui des XVIIe et XVIIIe siècles... Haut lieu de l'histoire de la Vendée, visitez le logis de la Chabotterie, lieu de l'arrestation du chef royaliste de Charette et qui mit fin à la Guerre de Vendée. En tout plus de 25 châteaux Renaissance à observer.

Parmi les logis et châteaux du XVIIe siècle qui méritent le coup d'oeil, le château de Beaumarchais à Brétignolles-sur-Mer, mais c'est une propriété privée.

Traditions et modes de vie
Coutumes

Le maraîchinage. La Vendée est pour beaucoup synonyme de pruderie, voire de puritanisme. Voici une coutume qui ne va pas vraiment dans ce sens. C'est le dimanche à la foire que l'on allait " pêcher le galant " ou " crocheter les filles ". Oui, mais après un brin de causette, difficile de conter fleurette : en ce plat pays, ni arbres ni fourrés pour se protéger. Alors on prenait, si elle acceptait, le grand parapluie bleu sans lequel ne sortait jamais la maraîchine, et on le posait près d'un étier où personne ne venait vous déranger, pas même le curé...

Les noces maraîchines. Après le maraîchinage viennent tout naturellement les noces maraîchines. Au début du XXe siècle, les noces maraîchines, en costume régional, offraient un spectacle où se mêlaient le sérieux de l'événement et la joie des participants. Pendant plusieurs jours, le maraîchin soutenait sans faiblir le rythme tant pour les chansons que pour la danse. La maraîchine, sorte de bourrée, est sa danse favorite. Les noces maraîchines obéissaient à des règles très anciennes que personne ne voulait transgresser. Venant du marais, tout le monde se réunissait dans une auberge de la ville ou chez un parent des mariés afin d'assortir les couples de noceurs. On se rendait alors à l'église pour la cérémonie puis on se dirigeait vers le lieu choisi, pour commencer la fête, en général un café. Au déjeuner, le placement des invités obéissait, lui aussi, à des règles ancestrales. La mariée était placée auprès de ses parents cependant que sa grand-mère devait lui faire face. Au XIXe siècle, après le déjeuner, les invités se rendaient à la ville en quête d'achats pour les jeunes mariés. Les cadeaux étaient des objets utiles à la vie future des jeunes mariés comme le berceau pour le futur bébé, de la vaisselle et l'inévitable balai, toujours sujet à plaisanteries. Autre objet indispensable, le vase de nuit traditionnel dont le premier usage était de servir la soupe à l'oignon aux nouveaux mariés, au cours de la nuit de noces ou le lendemain à l'aurore. Pendant ce temps, dans les cafés du bourg, chanteurs et danseurs signalaient au voisinage l'événement du matin qui ne pouvait pas passer inaperçu.

Langue

Si le parler vendéen a presque disparu dans la pratique courante, hormis chez certains anciens, un certain nombre de termes se sont intégrés au vocabulaire de la vie quotidienne. Ce parlange véhiculé oralement pendant longtemps n'est pas tombé dans l'oubli grâce aux efforts de chercheurs, de conteurs - dont les plus connus en Vendée sont Yannick Jaulin, Gérard Potier et Bernadette Bidaude - qui, seuls ou le plus souvent au sein d'amicales comme l'Aigail d'Aubigny ou d'associations comme l'UPCP - Union Poitou-Charente pour la culture populaire - ont collecté, enregistré et publié contes, chants, glossaires... Parmi les différents ouvrages permettant de s'initier ou d'approfondir ses connaissances, on peut en choisir deux différents mais complémentaires : Contes populaires de Vendée de Michel Gautier, Le Cercle d'or éditions UPCP-Geste paysanne et Le Dictionnaire poitevin-saintongeais de Vianney-Piveter, Geste éditions. " Le premier à fonctionner dans les deux sens poitevin-saintongeais-français et français-poitevin et à traiter les parlers entre Loire et Gironde comme auparavant à une même langue ", souligne Michel Gautier.

Quelques mots du « parler vendéen »

l'aigail : la rosée

anet : aujourd'hui

ine rantèle : une toile d'araignée

bérède : beaucoup

bétout : bientôt

ine borde : une arête

le bourié : les ordures, les balayures

ramasse-bourié : pelle à ordures

chétif, ve : souffreteux, méchant, malicieux

un dail : une faux

dret : droit, autorisation

à drète : à droite

in gressaïe : une tartine (beurre, confiture)

garocher : lancer, se débarrasser de

ine gnasse : une pie

ine gobasse : une coquille, une carapace

ine grole : un corbeau

guedai : rassasié

ine loubine : un bar (poisson)

un luma : un escargot

la mariennaïe : la sieste

un meuil : un mulet (poisson)

mogette : haricot blanc

ine oueille : une brebis

un parpillun : un papillon

pater, o pate : coller, ça colle aux dents (nourriture), aux chaussures, etc.

ine rabinaïe : demi-journée, matinée

le régent : l'instituteur

la since : la serpillière

sincer : passer la serpillière

les usses : les sourcils

vrimous, e : venimeux, qui peut s'infecter

zire : dégoût, horreur

me fé zire : ça me dégoûte

zirous, e : délicat, aisément dégoûté

l'est pas battu peur être trop fin : il n'est pas très intelligent

l'est dégourdi comme ine pochée d'sabots : il n'est pas débrouillard

l'est saoul comme la bourrique dau diable : il est ivre

l'a bouffé la balline : il est ruiné

le crotte menu : il mange peu

la pris sa tchulotte à manger de la viande : il a mis ses habits du dimanche

l'est mou comme ine veuze (cornemuse) : il n'est pas courageux.

Quelques dictons d’cheu nous

Ol ét pa de regardàe ine barique qu'un sét si le vin qu'ét deden ét bun : ce n'est pas en regardant une barrique qu'on sait si le vin qui est dedans est bon.

Ol ét den lés vieùs pots qu'un fét la boune soue : c'est dans les vieux pots qu'on fait la bonne soupe.

Quant o molle a la Sént‑Médard, o molle 40 jhours pu tard, mé quant o fét bea a la Sént‑Barnabai, o li cope le subllét : quand il pleut à la Saint‑Médard, il pleut quarante jours plus tard, mais quand il fait beau à la Saint‑Barnabé, cela lui coupe le sifflet.

Tenp rojhe au sér, le bea tenp vét nous oer, tenp rojhe au matin la pllue ét pr lés chemins : temps rouge le soir, le beau temps vient nous voir, temps rouge le matin, la pluie est par les chemins.

Tem callebotai queme fame fardàie at jha lunge duràie : temps caillé, comme femme fardée, n'a pas longue durée.

Un dicton utilisé à Longeville-sur-Mer : quand on voit l'île de Ré, c'est qu'il va pleuvoir, quand on ne la voit pas, c'est qu'il pleut.

Quant un voet l'ile de Ré a cllér, lendemén, o molle : quand on voit l'île de Ré distinctement ‑ toujours depuis Longeville ‑ le lendemain il pleut.

Un dicton utilisé par les marins de l'île d'Yeu  : Vent du nord  : marin, dors  ! Vent du sud  : marin, méfie‑tu  !

Pét de mojhète, parfum de moetai : pet de haricot, parfum de métayer.

Pour plus de renseigments, référez‑vous à l'ouvrage de Jean‑Loïc Le Quellec, chez Parlanjhe  : 593 Proverbes et Dictons de Vendée.

Artisanat

Comme beaucoup de départements, la Vendée possède des artistes artisans. Peintres, potiers, verriers, sculpteurs, marins pêcheurs... A côté de La Roche-sur-Yon, visitez le petit village d'artistes de Beaulieu-sous-la-Roche. Découvrez-y la galerie du peintre Delenne Bartholdi, qui nous fait, au moyen de ses oeuvres, le récit de ses voyages. Des huiles sur toile et des travaux plus originaux comme la craie sur papier, et aussi des techniques mixtes sur toile et sur papier ou sur verre. Certaines de ses oeuvres sont présentées dans divers musées et collections en Europe, Japon, Etats-Unis et en Amérique du Sud. Toujours dans ce village, Marie-Christine Grangiens travaille l'émail décoré et le grès, tandis que Chantal Charroy-Morhange - à Saint-Florent-des-Bois - travaille la céramique d'art et le raku. On aime aussi beaucoup les peintures gaies et colorées de Bernard Tessier dont l'atelier-galerie se trouve dans la rue commerçante de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Noirmoutier est aussi une ville qui expose ses artistes. Au Querry-Pigeon (commune de Talmont-Saint-Hilaire), c'est Jean-Michel Gauthier qui a installé sa verrerie d'art. De très beaux vases faits de pâtes richement colorées et travaillées, aux formes les plus diverses avec une esthétique réussie. Dans le Marais breton, il est un village d'artisans : Sallertaine. Divers corps de métiers sont regroupés autour de l'église : marqueteur, potier, souffleur de verre, tisserand ou tourneur sur bois ainsi que des produits du terroir. A Nieul-sur-l'Autise, dans le sud du département, Daniel Breillat est vannier, il travaille l'osier : un beau panier pour faire les marchés locaux, ça vous dit ? Vous ne le savez peut-être pas, mais la Vendée compte le seul tanneur de la région Pays de la Loire : Bruno Bocquier. Installé à Commequiers, sur la route de Saint-Gilles, Bruno fait visiter sa tannerie. Non loin de là, à Saint-Hilaire-de-Riez - rond-point du Gâtineau -, Anthony Oger, producteur du sel de Vie, raconte et explique le marais salant avec passion et propose sa production - gros sel, fleur de sel, nature et aromatisé - à la vente. La poterie de Nesmy, au sud de La Roche-sur-Yon, mérite aussi la visite. Daniel Gaborit, lui, c'est le cuivre qu'il travaille. Il est batteur de cuivre. Il crée des cuivres d'art et des objets en étain et laiton

Musique – Danses

La Vendée est un département fier de son histoire, de ses traditions, et ses danses folkloriques font aujourd'hui encore le tour du monde. C'est le cas du groupe folklorique Le Nouch - prononcé nouk -, créé par Léo David aux Sables-d'Olonne il y a cinquante et un ans. Sans doute le groupe de la région le plus connu, même à l'étranger. Un folklore portuaire, dépositaire des grandes heures de la marine à voile. Bérets, vareuses, coiffes et cotillons tourbillonnent au rythme de l'accordéon. Le Nouch dépasse les frontières de la Vendée, et son actuelle présidente, Laurence Charrier, perpétue l'oeuvre de Léo David en poursuivant la traversée mondiale du Nouch, d'Europe en Afrique en passant par l'Amérique. Avec des danses et animations comme la " Demande en mariage ", la " Valse des rubans ", la " Veuve, les Cotillons ", le Nouch est l'héritage d'un folklore trépidant (contact : 02 51 95 68 51). La mémoire des traditions sablaises en somme, l'âme des Sables. Un autre groupe existe depuis une vingtaine d'années, le " Joyeux Quadrille ", dont le folklore est le reflet du Bocage vendéen. Dans le marais, on danse la maraîchine - aussi appelée le branle -, la danse régionale la plus ancienne avec le groupe folklorique maraîchin Le Torr'Niquett. Des traditions qui se transmettent de génération en génération. Renseignements sur : www.lenouch.fr

Danses traditionnelles

Le pas d'été : Pratiqué les soirs de vendanges, les femmes dansent sur les barriques.

La guimbarde : Danse de garçons qui utilisent les aiguillons en bois qui servaient à conduire les attelages des boeufs.

Le moulinet : Danse qui remonte à l'époque de l'insurrection vendéenne où la position des ailes des moulins à vent servait à renseigner les armées vendéennes.

L'avant-deux : Danse du Bocage vendéen. Une fête retrace les traditions folkloriques maraîchines, il s'agit d'Autrefois Challans, les jeudis 16 et 23 juillet, 6 et 13 août 2009 à Challans. Chaque année, la deuxième ville du département est en ébullition. Cette manifestation gratuite est la première des Pays de la Loire. Une gigantesque fresque du passé présentant les us et coutumes de 1910, les animations d'une fête foraine à l'ancienne en plus. Vous découvrirez les costumes de cette époque, les tacots et métiers d'antan, vous assisterez à des danses folkloriques. On vous présentera la noce maraîchine et vous pourrez participer au repas de noce. Parmi les animations cette année : une foire à la volaille, au beurre, aux oeufs et aux cochons, le maréchal-ferrant, une école à l'ancienne... Une manifestation à ne pas manquer.

Sports et jeux traditionnels

Le Jeu du Palet. L'origine du jeu de palet en Vendée viendrait du sud des Pays de la Loire au Moyen Age. Il existe deux sortes de jeux de palet, le palet fonte et le palet laiton. La longueur du jeu, c'est-à-dire la distance entre le joueur et le bord avant de la plaque de plomb est de 2,80 m (avec des palets laiton) et 3,80 m (palets en fonte). La plaque de plomb mesure 45 cm de côté, et pèse 20 kg minimum. La particularité du plomb fait que le jeu est plus précis et reste plus silencieux. En terme de pratique, chaque joueur dispose de 2 ou 3 palets en doublette ou en tête-à-tête. En triplette, chaque joueur a 2 palets. On compte 1 point par palet placé près du maître et la première équipe rendue à 11 ou 13 remporte la mise. Chaque joueur possède son style de jeu. Jouer et lancer ces palets à l'endroit désiré nécessite de l'adresse et de la patience, mais aussi des qualités d'observation et de concentration, du calme, sans oublier le fair-play. Un jeu très convivial et comme dit la formule : de 7 à 77 ans (et plus).

Adresses Futées de Vendée

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