Guide du Bas-Rhin : Histoire

Préhistoire

L'occupation de la vallée du Rhin par l'Homme ne date pas d'hier : en effet, on a retrouvé des traces humaines à Strasbourg remontant à 600 000 ans avant J.-C ! Pourtant, ce n'est que vers 1 500 avant J.-C. que des populations, principalement d'origine celte, s'installent durablement dans la région. Au IIIe siècle avant J.-C., une petite bourgade nommée Argentorate voit le jour : plus de 2 000 ans plus tard, nous la connaissons mieux sous le nom de Strasbourg !

Antiquité

Durant l'expansion romaine du Ier siècle après J.-C., l'Alsace ne fait pas exception au reste de l'Europe. En 58 avant J.-C., Jules César parvient à débarrasser la région des assaillants venus de Germanie, menés par le célèbre Arioviste. Argentorate la Celtique devient Argentoratum la Romaine et le Bas-Rhin intègre la Germanie supérieure, province de Rome. A l'époque déjà, la région s'impose comme un carrefour commercial incontournable en Europe, notamment grâce à des axes de communication bien développés et à une position stratégique indiscutable. Strasbourg/Argentoratum sert alors de base militaire aux troupes romaines et la population atteint déjà 10 000 habitants au Ier siècle. Mais dès le IIIe siècle, les incursions des Alamans percent l'infranchissable limès romain, désormais incapable de protéger l'Empire romain des invasions barbares. Strasbourg est plusieurs fois attaquée, pillée et abandonnée avant d'être complètement saccagée par Attila en 451. De ces invasions germaines, le Bas-Rhin et plus généralement l'Alsace gardent des traces linguistiques et culturelles indéniables, par exemple dans la terminologie des noms de villages qui s'achèvent en -ingen ou -heim.

Moyen Âge

Les Carolingiens. Charlemagne porte un intérêt tout particulier à l'Alsace qu'il visite à plusieurs reprises en 772 et 775. C'est alors que les abbayes obtiennent des pouvoirs croissants et surtout étendent leurs domaines : celle de Wissembourg compte alors quelque 22 000 hectares !

C'est d'ailleurs au coeur de cette prestigieuse abbaye qu'est rédigée par le moine Ottfried la première oeuvre littéraire en dialecte allemand, Krist, qui relate les épisodes marquants de la vie du Christ.

Après la mort de Charlemagne, son empire est déchiré entre ses héritiers. Les " Serments de Strasbourg " établissent une alliance entre deux de ses petits-enfants. Grande première : il n'est pas rédigé en latin, comme tous les textes officiels de l'époque, mais en tudesque (l'ancêtre de l'allemand) et en roman (l'ancêtre du français).

La dynastie des Hohenstaufen. A partir du XIIe siècle, la famille des Hohenstaufen domine la vie politique alsacienne. L'empereur Frédéric Barberousse fait construire un palais à Haguenau tandis que Rosheim, Obernai et Sélestat reçoivent des murailles et le statut de villes royales.

Mais l'oeuvre la plus monumentale de la famille Hohenstaufen reste sans aucun doute le château du Haut-Koenigsbourg, aujourd'hui célèbre pour sa tour carrée colorée par le cuivre vert-de-grisé.

L'Alsace aux XIVe et XVe siècles. Le XVe siècle marque un tournant en Alsace : les villes se multiplient sous l'impulsion des seigneurs, soucieux d'égaler le prestige de la famille Hohenstaufen. Nombreuses d'entre elles possèdent des remparts qui leur donnent le statut de places fortes et possèdent d'importants avantages économiques.

Certaines dépendent directement de l'Empire et sont placées sous sa protection. C'est le cas de Strasbourg qui va jusqu'à obtenir le statut de ville libre d'Empire dès le XIIIe siècle, puis c'est au tour de Sélestat et Haguenau au XIVe siècle. En 1354, les dix villes impériales alsaciennes, dont Wissembourg, Haguenau, Rosheim, Obernai, Sélestat dans le Bas-Rhin se regroupent sous le nom de Décapole afin de protéger leurs privilèges économiques et politiques.

La période qui court du XIIIe au XVe siècle voit également le triomphe de l'art gothique : la cathédrale de Strasbourg est achevée en 1439 et sa flèche, alors la plus haute d'Europe, atteint 142 mètres ! A cette même époque naissent les corporations qui regroupent les métiers au sein d'une organisation aux règles strictes. Dans certaines villes du Bas-Rhin, comme Haguenau, Sélestat et bien sûr Strasbourg, le pouvoir des corporations dépassent celui de la noblesse.

Mais cette période de rayonnement des villes bas-rhinoises correspond également à un siècle de calamités qui frappe la région. La peste noire qui fauche un tiers de la population européenne, touche l'Alsace en 1349. A Strasbourg, le nombre de décès est tel qu'il faut agrandir les cimetières ! On pense que 15 % de la population de la ville est décimée.

A ce fléau s'ajoutent les guerres continuelles entre seigneurs locaux qui touchent durement la population : famine, pillages, occupation par l'armée ennemie qui rendent la vie quotidienne très difficile.

De la Renaissance à la Révolution

L'Humanisme et la Renaissance. Dès le XVe siècle, l'Alsace s'impose comme terre d'humanisme. La région peut en effet se targuer d'avoir donné naissance à plusieurs grandes figures de ce courant de pensée qui prend alors racine partout en Europe. Geiler de Kaysersberg, Jacob Wimpfeling, Sebastian Brant et son chef-d'oeuvre la Nef des fous, Thomas Murner ou encore l'imprimeur Jean Mentel sont autant de noms incontournables à l'époque et tous originaires d'Alsace. Avec son école latine au rayonnement intellectuel international, Sélestat est l'une des clés de voûte de l'humanisme rhénan : la ville a vu naître Beatus Rhenanus, contemporain et grand ami d'Erasme, qui a légué à sa mort l'intégralité de sa bibliothèque à la ville. Ce véritable trésor est toujours visible à la Bibliothèque humaniste de Sélestat.

La révolte du Bundschuh. Au coeur de cet âge d'or humaniste gronde la colère des paysans. En 1525, de 30 000 à 40 000 hommes se soulèvent et se réunissent sous des revendications religieuses, politiques et sociales. Ayant comme emblème la chaussure à lacet, en opposition à la noblesse chaussée de bottes, la révolte prend le nom de Bundschuh. Mais la répression est rapidement organisée et se révèle sans pitié. Le 16 mai 1525, les rebelles sont écrasés lors de la bataille de Lupstein à côté de Saverne, puis à Scherwiller, où l'on assiste à un véritable massacre. Selon les estimations, entre 100 000 et 130 000 paysans ont été tués lors de cette " boucherie de l'Alsace ", soit un dixième de la population alsacienne.

La réforme. Tout comme elle a joué un rôle fondamental dans le rayonnement de l'humanisme rhénan, l'Alsace et le Bas-Rhin en particulier, sont au coeur de la Réforme protestante qui touche l'Europe au XVIe siècle. A Strasbourg s'impose la très forte personnalité de Martin Bucer, ancien Dominicain converti, et la ville devient officiellement protestante en 1529, la cathédrale recyclée en Temple. Ilot de tolérance au sein d'une Europe encore très répressive, Strasbourg devient rapidement une terre d'accueil pour tous les libre-penseurs et crypto-protestants tels Calvin, pasteur durant quelques années dans la capitale alsacienne. D'autres villes bas-rhinoises passent peu à peu à la Réforme, comme par exemple Wissembourg.

La guerre de Trente Ans et ses conséquences : l'Alsace française. Région stratégique au coeur des tensions européennes, l'Alsace est l'une des grandes victimes de la guerre de Trente Ans au XVIIe siècle. Elle sort littéralement effondrée de ces trois décennies de guerre quasi-constante : la moitié de la population rurale de la région a disparu, ravagée par la famine et la peste. 1648 marque l'arrêt des hostilités avec les traitées de Westphalie et le changement de main de la région qui passe du côté français. L'annexion de l'Alsace se complète sous Louis XIV et Strasbourg est quant à elle prise par la force en 1681 lors des sièges par les troupes françaises.

De la Révolution au XXIe siècle

Le siècle des révolutions : 1789-1870. Dès ses prémices, la Révolution est accueillie favorablement par les Alsaciens qui y voient le moyen de se défaire de l'emprise des seigneurs locaux. Dans le Bas-Rhin, en particulier à Strasbourg et Haguenau, des jacqueries s'organisent pour piller et chasser les nobles de leurs châteaux. L'année 1790 marque la création de deux départements : le Haut-Rhin et la Bas-Rhin dont Strasbourg devient la préfecture. En 1815 à la chute de l'Empire, s'il est d'abord question de rattacher l'Alsace au Wurtemberg, le Congrès de Vienne laisse finalement la région à la France. Du point de vue économique, le XIXe siècle en Alsace est une période très prospère. Dans le Bas-Rhin, ce sont les brasseries qui fleurissent à Strasbourg et Schiltigheim, la poterie à Betschdorf.

L'Alsace devient Reichsland 1870-1914. Lorsque le Second Empire de Napoléon III déclare la guerre à la Prusse à Bismarck en juillet 1870, la France est loin d'imaginer qu'elle la perdra en quelques semaines à peine. Avec l'armistice signé à Versailles le 18 janvier 1871, l'Alsace passe à l'empire germanique de Guillaume Ier. Bombardée durant la guerre, Strasbourg est reconstruite dans un style néo-classique. On retrouve des traces de cette architecture aujourd'hui encore dans le quartier de l'Université et sur la place de la République.

L'Alsace lors de la Première Guerre mondiale - 1914-1918. 1914 marque le début d'une nouvelle guerre entre la France, depuis peu une République, et l'Allemagne de Guillaume II. Pour éviter la fraternisation des soldats alsaciens de l'armée allemande avec les soldats français, nombre d'entre eux sont envoyés sur le front oriental, en Pologne ou en Russie. La région devient un enjeu majeur de cette guerre mais ce n'est qu'à l'armistice du 11 novembre 1918 que les troupes françaises pénètrent à Strasbourg dans l'euphorie populaire. C'est par le traité de Versailles de 1919 que la France récupère officiellement l'Alsace dans les limites d'avant 1871.

L'Alsace dans la Seconde Guerre mondiale - 1939-1945. Si la réintégration de l'Alsace à la France se passe sans heurt, la Seconde Guerre Mondiale éclate en 1939 et place à nouveau la région en situation de crise. En juin 1940, Pétain signe l'armistice avec Hitler et l'Allemagne annexe une nouvelle fois l'Alsace. Des Alsaciens sont alors enrôlés de force dans l'armée allemande pour combattre à l'Est, on les appelle les " Malgré-Nous ".

C'est à partir de novembre 1944 que les alliés pénètrent en Alsace, au nord l'armée américaine, au sud l'armée française. Malgré la redoutable contre-offensive nazie de l'hiver 1944 - 1945 au nord et au sud de Strasbourg, l'Alsace est définitivement libérée en mars 1945.

L'Alsace après 1945. Le problème des Malgré-Nous se pose dès la fin de la guerre, certains Alsaciens ayant appartenu à la SS. Cependant, une loi d'amnistie est votée pour les Alsaciens ayant revêtu l'uniforme allemand pendant la guerre. L'Alsace devient rapidement le symbole de la réconciliation franco-allemande et l'un des points de départ de la construction européenne. C'est donc tout naturellement que l'on retrouve à Strasbourg le siège du Conseil de l'Europe, de la Cour européenne des Droits de l'homme et du Parlement européen.

De nos jours

Aujourd'hui, l'Alsace, et plus spécifiquement le Bas-Rhin avec Strasbourg, tient une place de choix dans l'Union européenne. Strasbourg, capitale alsacienne, est devenue un carrefour et une capitale européenne qui vit au gré des sessions parlementaires et des manifestations culturelles transfrontalières.
Grande ville universitaire, elle accueille de nombreux étudiants européens. La BNUS, située au coeur du quartier impérial, est l'une des plus grandes bibliothèques universitaires mondiales : son fonds documentaire, mêlant documents français et allemands, constitue un véritable trésor.
Le Bas-Rhin connait un taux de chômage parmi les plus faibles de France (6,5 %) et le PIB moyen par habitant hisse la région Alsace au deuxième rang national.

En avril 2013, les Alsaciens répondent " non " au référendum de la collectivité territoriale unique d'Alsace qui visait à fusionner les conseils généraux des Bas-Rhin et Haut-Rhin.

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