Patrimoine et traditions

Le célèbre chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle traverse le Lot en deux routes distinctes. Il promène le marcheur à la rencontre d'un patrimoine exceptionnel et de traditions bien vivantes. Le territoire lotois est autant disparate que complexe. Des traditions culinaires aux chansons occitanes, du petit patrimoine architectural aux grands personnages historiques, le Lot propose un éventail culturel si riche que même en arpentant chaque chemin, chaque ruelle... vous ne parviendrez jamais à en faire complètement le tour.

Patrimoine culturel
Littérature

De sa dernière demeure, à Seuzac (à quelques kilomètres de Cajarc), Françoise Sagan surplombe encore la littérature et impose le respect avec notamment Bonjour tristesse. En dehors de cette figure emblématique de la nouvelle littérature d'après-guerre, on ne trouvera pas d'écrivains aussi célèbres dans le Lot. Cependant, Jean-Pierre Alaux tire son épingle du jeu avec ses romans oeno-policiers et son héros Benjamin Cooker. L'action d'un de ses derniers livres, On achève bien les tonneaux, se déroule dans les vignes lotoises. Certains s'y reconnaîtront... Dans une autre série du même auteur mêlant enquête et patrimoine, le personnage principal, Séraphin Cantarel, est originaire de Cahors.

Au rayon bande dessinée, rendez-vous à Cajarc en septembre pour son festival de la BD. Riche d'une trentaine d'auteurs qui viennent sur place, l'événement attire par sa qualité. Parmi les auteurs de BD, un Lotois d'adoption, Joël Polomski, fait figure de star locale depuis la parution de son album Le Diable du Pont Valentré.

Pour les amoureux du terroir, un auteur sudiste se distingue, Philippe Absous, et son ouvrage de référence dans le Quercy, Elle voit des Kiki partout. Marthe, la soixantaine, élève chaque année un petit cochon pour le faire caver (comprendre : chercher des truffes). La spécialité de l'auteur : romancer l'histoire en témoignant de la vérité d'un terroir, le tout saupoudré d'un fin trait d'humour.

Peinture

La peinture lotoise est marquée par les paysages typiques de ce département : petit patrimoine, villages à flanc de falaise, paysage calcaire, etc. Les initiatives locales visant à encourager les artistes sont nombreuses et le Lot compte parmi les structures importantes la Maison Daura qui accueille des artistes en résidence à Saint-Cirq-Lapopie. Autre haut lieu de la peinture dans le Lot : La Maison des Arts Georges Pompidou à Cajarc expose toute l'année des peintres d'ici et d'ailleurs. Soutenue par ces institutions lotoises, la peinture est sans cesse valorisée et très appréciée sur tout le territoire. De nombreuses galeries fleurissent un peu partout et permettent aux artistes d'être vus. A noter que les travaux de rénovation du musée Henri Martin de Cahors ont débuté cette année. Installé en 1920 dans un ancien évêché du XVe siècle, il regroupe 11 500 objets répertoriés, dont les oeuvres du peintre post-impressionniste (1860-1943), qui termina ses jours dans un village du Lot, Labastide-du-Vert. Les travaux devraient durer deux ans, avec une réouverture du musée prévue en 2020.

Cinéma

Le Lot et le cinéma, c'est une histoire d'amour éternelle en témoigne les Rencontres Cinéma de Gindou qui chaque année, à la fin du mois d'août, rassemblent sous le ciel étoilé un public d'amoureux du 7e Art. Gindou, c'est une centaine de films projetés, des rétrospectives, des courts-métrages, des films inédits. Le Lot c'est aussi le cinéma à la campagne avec CinéLot, un cinéma itinérant qui rayonne sur tout le territoire et jusque dans les communes les plus rurales. Grace à cette action, ce sont près de 40 bourgs et villages qui bénéficient chaque mois d'une projection. Régi par la Fédération Départementale des Foyers ruraux du Lot, CinéLot s'inscrit dans une dynamique rurale importante pour la promotion du cinéma dans les campagnes.

Le Lot fait son cinéma

La promotion du département passe aussi par le cinéma, puisque le Conseil régional subventionne en partie le 7e art prenant pour cadre cette partie du Quercy : Le Boucher de Chabrol en 1969 à Cougnac, Lacombe Lucien de Louis Malle en 1974 (Figeac et Arcambal), Un amour de sorcière avec Vanessa Paradis dans le rôle principal en 1997 offre un plan parfait du Pont Valentré, Jeanne d'Arc de Luc Besson à Cahors en 1999, T'aime de Patrick Sébastien en 2000 à Martel et Rocamadour et Effroyables jardins en 2003 à Martel. 2004, Saint Jacques... La Mecque de Coline Serreau à fait irruption à Bouziès. Les frères Larrieu tournent fin 2008 leur film Les Derniers jours du monde à Cabrerets, précisément dans l'Hôtel des grottes, la place communale, les D13 et D41, le château de Montal et une partie à Toulouse. On y retrouve des figurants quercynois qui apportent fraîcheur et authenticité. Ce film apocalyptique a d'ailleurs transformé l'hôtel en un éphémère champ de bataille. Plus récemment, en 2010, Guillaume Nicloux a utilisé comme décor le château de Mercuès pour Holiday avec Jean-Pierre Daroussin et Josiane Balasko. Michaël Youn a tourné plusieurs scènes de Vive la France avec José Garcia en juillet 2012 à Saint-Cirq-Lapopie. Des scènes très rugby, plus vraies que nature, avec des figurants locaux qui se sont investis comme jamais. Enfin, Sauliac, réalisé par Edouard Giraudo et avec Jean-Claude Dreyfus, s'est tourné en mai 2013 dans différents lieux du département, notamment autour du château de Vaillac, dans le cloître de Cahors ainsi qu'à Espédaillac, Saint-Martin-de-Vers et Labastide-Murat et Goudou. En 2013, Meurtre à Rocamadour, mettant en scène le célèbre village, la vallée de la Dordogne, Padirac, Autoire et le tribunal de Cahors, autour d'un mystérieux crime ; à l'affiche Clémentine Célarié. L'été 2014, le tournage d'un épisode de la série Le sang dans la vigne avec Pierre Arditi au Château Lagrezette, au collège Gambetta de Cahors ainsi que divers plans dans le département ont été réalisés. À noter que l'un des auteurs des 23 romans dont a été inspirée cette série, est lotois.

Patrimoine architectural
Villes et villages
Château de Rocamadour
Château de Rocamadour

Riche de son passé rural et de par la pauvreté de ses sols en terre végétale, le Lot possède un nombre important de murets et de cazelles en pierre sèche. Il est aisé d'en trouver ça et là, au détour de routes et de chemins. C'est sur les causses de Gramat et Limogne-en-Quercy que l'on rencontre les plus beaux murs en pierre sèche servant à délimiter les différentes parcelles de pâturage ou le cas échéant de culture lorsque celle-ci est permise. Faisant partie intégrante du paysage lotois, la cazelle est une construction en pierre provenant de l'épierrage d'une parcelle afin de la rendre cultivable, les sols du Quercy offrant peu de terre végétale sur une roche quasi affleurante. La construction de ces abris est remarquable car ne faisant intervenir aucun mortier, un simple calage de pierres permet d'édifier le mur et le toit. Diverses formes sont envisageables et certaines peuvent atteindre plusieurs mètres de diamètre et de hauteur. De belles séries de cazelles sont même visibles comme le long de la D14 en remontant de Marcilhac-sur-Célé. Autres constructions appartenant au patrimoine rural du Lot : les pigeonniers. Ils ont une forme plus variées : à simple pan, à toit de lauzes, accolés au bâti ou construits seuls, à base carrée ou ronde, ou encore sur piliers, ils témoignent de la forte croissance économique et agricole qu'a connue le Lot au XIXe siècle. Avoir un pigeonnier était le gage d'une production de viande de pigeon et de colombine et marquait le pouvoir de son propriétaire.

Châteaux
Le château de Castelnau Bretenoux, Lot
Le château de Castelnau Bretenoux, Lot
Le château de Mercues

Ce château, en partie incendié et détruit par les guerres de religion et l'invasion anglaise lors de la guerre de Cent Ans a été reconstruit dès 1627 et transformé en domaine avec parcs et jardins en terrasses. Durant la Révolution, la totalité fut vendue comme biens nationaux.
Dominant la vallée du Lot sur les hauteurs de Mercuès, le château est racheté en 1861 et devient la propriété estivale des évêques de Cahors. En 1904, cette dernière est vendue, marquant la séparation de l'Église et de l'État. Appartenant ensuite à un particulier, le domaine est transformé en site hôtelier par ses héritiers. Racheté une nouvelle fois, il regroupe aujourd'hui un Relais & Châteaux 4 étoiles (24 chambres et 6 suites), un restaurant gastronomique, un bistrot, une piscine, un spa et le chai d'un domaine viticole produisant des grands vins malbec de Cahors.

Architecture religieuse
L'église Sainte-Marie - Souillac
L'église Sainte-Marie - Souillac
La cathédrale Saint-Étienne fêtera ses 900 ans en 2019 !

Située dans le coeur historique de Cahors, la cathédrale Saint-Étienne fait partie de la vie quotidienne des Cadurciens. En passant devant, en voiture ou à pied, en visitant le marché bi-hebdomadaire face à elle, les habitants saluent régulièrement l'édifice au fil de leurs journées. 
Sa construction date du début du XIIe siècle et marque les réalisations démesurées en patrimoine religieux. En effet, les deux coupoles qui recouvrent la nef sont les plus grandes du Sud-Ouest de la France. L'abside et le massif antérieur s'ajoutent, au XIIIe siècle, à la réalisation. Le style gothique entre alors dans la région suite à la croisade contre les habitants d'Albi. Ainsi, au XVIe siècle le cloître roman est remplacé par un nouveau de style gothique. Les décorations intérieures sont quant à elles réalisées en plusieurs étapes à la fin du XIIIe siècle et au XVIIe et XVIIIe siècle. 
Gardienne de la Sainte Coiffe qui enveloppait la tête du Christ, la cathédrale cadurcienne est classée au patrimoine mondiale de l'UNESCO depuis 1998. Cette dernière se visite, ainsi que son cloître, chaque jour de 9h à 19h.

Architecture militaire
Les bastides, ces joyaux du Lot

Créées dès le XIIIe siècle dans le sud-ouest de la France, les bastides sont des petites villes fortifiées avec une place forte structurée. Deux bastides, joyeux du patrimoine lotois, sont à découvrir dans le département.

Montcabrier. Fondée en 1298, elle s'organise autour d'une place carrée bordée de belles façades médiévales avec arcades et cornières en encorbellement. L'église Saint-Louis du XIVe siècle domine la place de toute la hauteur de son clocher. Vous pouvez encore admirer la maison de la cour de justice du XVIe siècle, l'ancienne maison de la jugerie avec sa fenêtre Renaissance, de même que des vestiges de l'enceinte, d'anciens remparts, une porte fortifiée et une tour d'angle.

Castelfranc. Bastide des évêques de Cahors fondée en 1280, ce site médiéval est situé sur l'ancienne ligne de chemin de fer de Monsempron-Libos et Cahors. L'église Notre-Dame, édifice du XIVe siècle, est surmontée d'un clocher-mur fortifié. Aux portes de la bastide se trouve l'oratoire Saint-Roch, petite chapelle réédifiée en 1840, qui protégea les habitants lors de la peste en 1508.

Traditions et modes de vie

Les traditions lotoises sont nées il y a bien longtemps, au temps où la ruralité n'était pas une mode mais une façon de vivre avec laquelle il fallait composer. Les marchés traditionnels, tournés autour de la truffe, de la production maraîchère et des spécialisés locales, sont tous issus de la composition rurale du territoire. Les traditions se sont construites dans les champs où l'on passait encore la majeure partie de son temps quand le Lot était encore à dominante agricole.

Croyances, mythes et légendes

Au coin de l'âtre, dans les vieilles maisons lotoises, on raconte encore des histoires peuplées de personnages mythologiques qui ont traversé les siècles jusqu'à nous. Des légendes ont parcouru les chemins de campagne pour nous raconter l'origine de cette terre.

La légende de l'épée de Roland figure parmi les croyances les plus anciennes et les plus connues dans le Lot. La mythologie médiévale raconte que Roland essaya de briser son épée Durandal sur un rocher pour la soustraire aux mains des Sarrasins. La légende dit que ce fut le rocher qui se brisa. Roland lança de toutes ses forces son arme à travers la vallée et elle vint se planter à Rocamadour où elle trône encore aujourd'hui.

D'autres histoires expliquent encore l'origine de certains lieux comme le Pont Valentré, oeuvre du Diable ou encore la fée de la rivière Ouysse. La légende de la chèvre d'or, transmise par les anciens aux jeunes générations, parle d'une chèvre perdue quelque part dans la forêt et qui rendrait riche quiconque la retrouverait.

Langue

Partie intégrante de l'Occitanie, terre où les patois locaux forment les branches de la langue d'oc, le Lot abrite encore aujourd'hui des locuteurs occitans. En traversant les villages ruraux du département, vous entendrez encore des réminiscences de dialectes locaux que seuls quelques anciens parlent encore couramment. Tradition oblige, des jeunes Lotois s'inquiètent de la perte de cette langue aux multiples visages qui contribue à la richesse du paysage lotois. On voit un peu partout des associations qui favorisent l'apprentissage de cette langue et son utilisation pour éviter qu'elle ne tombe dans l'oubli.

Artisanat
Porcelaine Virebent, un savoir-faire d'excellence

C'est l'histoire de la renaissance d'une vénérable entreprise spécialisée dans la céramique. Créée en 1924 à Puy-l'Evêque, la Maison Virebent est l'une des trois dernières manufactures de porcelaine de France. Pourtant, en 1999, elle doit disparaître définitivement. C'est là qu'intervient Vincent Collin, un designer parisien, pour lequel Virebent avait travaillé. Venu à Puy-l'Evêque récupérer du matériel, il ne peut se résoudre à la disparition de cette institution. Il plonge dans l'aventure et reprend l'affaire. En 2007, Virebent est consacrée Entreprise du Patrimoine Vivant, label qui récompense les savoir-faire d'excellence. Fait rarissime, la maison travaille en effet les trois terres, faïence, grès et porcelaine. Aujourd'hui, Virebent, forte de ses deux boutiques dans le Lot et à Paris, se porte bien, crée des services de table pour de grands restaurants (Troisgros, Le Petit Nice), des objets décalés pour la marque Tsé & Tsé et développe ses propres collections en arts de la table et mobilier. En 2017, la manufacture a créé sa boutique en ligne avec l'ensemble des collections et même des tote-bags, ces sacs en toile souple portés en bandoulière.

Plus d'informations : www.virebent.com

Musique – Danses
Le Quercy en chant et en danse

Fondée en 1985 par des musiciens, des danseurs et de défenseurs de la culture régionale, l'Association pour les Musiques de Tradition Populaire en Quercy (AMTP Quercy) met en avant les traditions musicales anciennes ou vivantes du pays quercynois. Les supports musicaux proviennent de la vieille génération lotoise ; soucieuse de faire perdurer cette richesse festive, elle a accepté de contribuer à cette grande collecte départementale. Celle-ci a été cédée aux archives départementales du Lot afin de conserver précieusement cet atout. 
En animant les fêtes de village, d'école et autres célébrations et en formant des futurs pratiquants et proposant des ateliers pédagogiques, cette association fait revivre les traditions anciennes. Comptant désormais 415 adhérents, individuels ou provenant d'autres associations, l'AMTP Quercy intéresse une grande partie du jeune public. 
Il est possible d'acheter les livrets et les CD de l'association en allant sur son site www.amtpquercy.com.

Sports et jeux traditionnels

Le jeu de quilles et la pétanque, traditionnellement ancrés dans les campagnes lotoises, ont diverti des générations pendant des décennies. Chaque village connaissait ses héros sur la place qui maniaient du cochonnet comme personne. Aujourd'hui encore, les anciens pratiquent régulièrement cette activité, surtout aux beaux jours. La jeunesse, pendant les vacances, se retrouve ou s'affronte lors des tournois organisés spécialement lors des fêtes de villages. On compte 70 clubs de pétanque sur le territoire, signe de l'existence encore bien vivante de ce jeu traditionnel du Sud de la France.
En 2016, la 16e édition du Trophée des Villes a été remportée par la ville de Cahors.

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