Le guide touristique GERS GASCOGNE du Petit Futé : Patrimoine et traditions

Patrimoine et traditions

Terre fertile où le bonheur lui-même pourrait pousser si un Gascon tentait de le cultiver, le département crée des hommes à son image. Insolents, talentueux, fiers, créatifs, ils puisent dans les lumières et les couleurs qui coulent dans leur sang pour offrir au monde un peu de leur splendeur. Ecrivains, faiseurs de mots et de maux, peintres magistraux, bercés par des décors ancestraux que même le cinéma jalouse et porte à l'écran, ils ont laissé une empreinte aussi forte que les monuments à qui ils ont donné vie. Cathédrales majestueuses, vestiges de l'histoire, le Gers raconte et n'en finit pas de rapporter ces temps anciens où les châteaux défendaient avant de décorer, les thermes embellissaient le quotidien tout comme le bois, travaillé dans un art manuel, a empli les foyers de sa noblesse. Le département se chante et se danse, en français, en langue d'oc, sur un pas de bourrée ou de mazurka, il partage sa culture avec amour et humanisme, des collines aux crêtes, cet éventail-là n'est pas celui du tango mais bien des corridas : avec autant de facettes que d'étoiles, le patrimoine et les traditions illuminent le présent et lui donnent une force à jamais démentie.

Lectoure cultive le bleu du ciel

Au pays des melons, il est une petite fleur jaune qui sait se transformer en or bleu, éclatant en nuances garance et indigo. Ne cherchez pas une magie d'alchimiste dans cet éventail de couleurs, les feuilles du surprenant pastel, l'Isatis tinctoria, donnent vie à un pigment pur dont le bleu a séduit les plus grands de ce monde. Il marquait déjà les bandelettes des momies égyptiennes et Napoléon Ier lui-même l'avait choisi pour en parer tous les soldats de l'Empire. Malgré ce passé flamboyant, il ne survivra pas à l'arrivée des colorants de synthèse. Vers le milieu du XIXe siècle, les champs de pastels se raréfient et le bleu tombe dans l'oubli... Jusqu'à ce qu'en 1994, Bleu Pastel de Lectoure lui offre un nouvel avenir. Grâce à la passion des deux propriétaires de cet atelier, le pastel des teinturiers a retrouvé sa terre d'origine et, après les rois de France, il est la marque de nombreux textiles, écheveaux de laine et produits de beaux-arts. On cultive enfin à nouveau sa couleur inégalée, qui puise ses nuances dans le ciel gersois. Pour obtenir deux kilos de pigment pur, il faut une tonne de feuilles. Après des étapes très précises de macération, d'oxydation, de repos et de raffinage, l'indigo qui fit la fortune de la région resplendit. Avec une reprise de l'entreprise en 2016, un magasin dédié a vu le jour en centre-ville !

Patrimoine culturelHaut de page

Au pays de d'Artagnan, le patrimoine culturel est très riche. La littérature, la peinture, le cinéma se sont souvent inspirés des beautés du département. De nombreux écrivains sont tombés amoureux de la région, de Stendhal à Renaud Camus. Ils s'y sont installés et ont écrit de nombreux livres sur les beautés de la région. Des films ont également pris pour cadre le Gers (Milou en mai, Le Bonheur est dans le pré, Les Trois Mousquetaires, etc.). Et cela a participé à la renommée de la région.

LittératureHaut de page

A l'image de ses terres contrastées, qui hésitent entre dix couleurs et cent senteurs, les écrivains gersois ont souvent deux amours. Joseph de Pesquidoux en est un bel exemple car s'il occupa le siège 34 de l'Académie française, il n'en fut pas moins un nom incontournable dans la viticulture. C'est à cet écrivain aussi inspiré par le dogme de l'Immaculée Conception que Salomé et Ramsès que l'on doit de nombreuses innovations comme la plantation des vignes en lignes. Né en 1869 à Savigny-lès-Beaune, il est mort en 1946 en laissant des oeuvres comme Chez nous, Gascogne ou encore les trois volumes du Livre de la raison. On retiendra son attachement à la terre et à l'agriculture qui lui inspire ces mots : " Un champ qui tombe en friche, c'est une portion de la France qui meurt. " Un constat que l'écrivain et herboriste Maurice Mességué ne renierait pas ! Auteur de l'ouvrage Des hommes et des plantes, le Fleurantin est un des précurseurs les plus charismatiques de la phytothérapie. Ancien maire de Fleurance, il est l'auteur de nombreux livres sur le pouvoir de la nature sur la santé : Sauver la Terre pour sauver l'homme, Réapprenons à aimer ou encore Votre poison quotidien. Pour la petite histoire, il aurait soigné Mistinguett, Churchill ou encore le cycliste Raymond Poulidor. Raymond de Lacvivier oscille, lui, entre l'amour de la littérature et les mots du catalan. Ardent défenseur de cette langue qu'il a apprise de sa mère mais aussi de sa grand-mère maternelle, ayant lui-même pour grand-oncle le commandement de Villefranche-de-Conflent et châtelain de Vernet-les-Bains, il est né à Fleurance en 1852. Dans ses veines coule la même fougue que ses ancêtres chevaliers et comtes, à la fois gascons et languedociens, mais le combat est bien différent. Notaire, écrivain, propriétaire terrien et officier de réserve, il crée avec d'autres la Revue catalane, publication visant à développer les sciences, mais aussi la littérature et les arts. Assassiné en 1930 dans sa propriété d'Elne, il s'éteint sans jamais avoir vu le dictionnaire catalan dont il rêvait... l'autre bout du spectre politique, plume vigoureuse muée par un esprit anarchiste, Joseph Noulens s'est quant à lui entouré d'autres Gersois pour bousculer Napoléon III. Né à Condom en 1828, journaliste, auteur et poète, exilé puis emprisonné, il laisse en 1898 une oeuvre forte qui se termine par un recueil écrit en gascon Flahuto gascouno. Un gascon que manie excellemment Alcée Durrieux, notamment dans son ouvrage paru également en français : Belhados de Leytouro : les veillées de Lectoure, réédité en 2003 alors qu'il est mort en 1901. Nous pouvons encore citer l'astrophysicien et poète Michel Cassé, lui aussi fleurantin, dont la riche oeuvre tourne autour des relations entre l'univers et l'homme. Cet auteur contemporain se demande dans Les Trous noirs en pleine lumière si on peut calculer la brillance. Sans lui répondre, on ne peut qu'affirmer que son esprit l'est, lui, infiniment, tandis que l'adepte du noir roman, François Darnaudet, régale ses lecteurs de polars et de fantastique. Toutes ces plumes brillantes s'inscrivent dans la lignée de celles qui ont marqué les XVIe et XVIIe, parmi elles s'illustrent celles de Pey de Garros (Lectoure, 1525/1530 ; Pau, 1585), Guilhem Ader (Lombez, vers 1570 ; Gimont, 1638), Jean Géraud d'Astros (Saint-Clar, 1594-1648), ou encore Guillaume de Salluste (Monfort, 1544 ; Condom, 1590), connu pour son oeuvre maîtresse La Sepmaine ou Création du monde, et Blaise de Monluc (1502-1577).

« 100 ans de commerce à Condom-en-Armagnac »

" L'idée du livre 100 ans de commerce à Condom en Armagnac s'est imposée peu à peu, au fur et à mesure des photos reçues et des confidences d'anciens commerçants, témoins d'une vie oubliée, pas si lointaine. Il aurait été dommage de ne pas laisser de traces de la vitalité du commerce au XXe siècle à Condom. Car, qui prend le temps de raconter et d'écrire pour transmettre à nos enfants ? Passionnés ou curieux, découvrons ensemble cet ouvrage, bilan d'un siècle de commerce à Condom. Promenons-nous dans les rues de la ville et retrouvons un pan de l'histoire de ses quartiers, hier, si vivants et dont les commerçants et les artisans furent les héros. Laissons-nous porter par cette nostalgique et poétique évocation vantée par les réclames d'autrefois si riches en souvenirs. Comme pour un vin, plusieurs étapes ont été nécessaires à l'élaboration de ce livre :

Avec passion,

La sélection des articles et photos ;

Avec Amour,

Leur assemblage ;

Avec persévérance,

Quatre années de maturité ;

Avec solidarité,

La mise en page grâce à tous les partenaires ;

Avec soulagement,

La mise en bouteille (pardon, l'impression) ;

Avec joie,

À savourer sans modération.

Pour que la Mémoire Vive ! "

Le tome II est paru en décembre 2016 !

Superdupont : un héros made in Vic-Fezensac

S'il a collaboré à L'Echo des savanes et à Fluide glacial, Jean Solé est incontestablement pour le grand public le père de Superdupont, ce héros franchouillard par excellence. L'auteur incisif est né à Vic-Fezensac, il est le créateur de l'affiche du film culte Le Père Noël est une ordure et son trait unique continue d'enchanter les amateurs de bande dessinée grinçante. Dans un autre style mais dans le même esprit 100 % BD, Jean-Claude Pertuzé croque la Gascogne et ses contes !

PeintureHaut de page

Il suffit d'ouvrir les yeux pour que, de l'aube au crépuscule, l'émerveillement soit partout. Difficile d'égaler un département qui s'amuse à être artiste, offrant de purs moments de grâce à jamais changeants grâce à cette lumière si particulière qui berce ses terres. On pourrait imaginer que de tels panoramas inspirent les peintres et que les plus doués en saisissent la subtilité... Il n'en est rien. Si beaucoup s'essaient à égaler la nature, c'est dans les portraits que le plus illustre des Gersois a bâti sa carrière, et quelle carrière ! Jean-Paul Chambas n'est pas un paysagiste mais sûrement un des artistes contemporains les plus hypnotiques de sa génération. Passionné de la vie qu'il transpire par chaque goutte de couleur qui éclate les toiles, ce fou de corrida et d'humanité se joue des corps, des plis, des âmes et des célébrités. Du rêve de Jim Morrisson à Rimbaud qu'il sacre à travers différentes séries, des fresques théâtrales à Manolete, le surdoué de Vic-Fezensac a conquis le monde. L'Opéra de Paris, qu'il a fait vibrer, s'en souvient encore et du Gers, le peintre a gardé la violence de la beauté et un insaisissable talent. Presque une insolence et ce n'est pas l'oeuvre du comte de Galard qui la renierait. Ce caricaturiste est né en 1779 à L'Isle-Bouzon mais son trait incisif a rayonné bien au-delà du Gers. Véritable autodidacte et touche-à-tout, Gustave de Galard s'est essayé au portrait, à l'illustration, la lithographie ou encore à la miniature, art qui le fit vivre lors d'une longue période d'errance des Petites Antilles aux États-Unis. C'est pourtant en France qu'il égratigne l'image du roi Louis-Philippe et découvre que l'irrévérence conduit en prison. Libéré, il se consacre alors aux scènes de vie et la précision de son tracé leur confère une aura très particulière, à retrouver encore aujourd'hui au musée des Beaux-Arts de Bordeaux et à celui d'Aquitaine. Mario Cavagleri n'est pas lui un Gersois de naissance mais de coeur. S'il est né en Vénétie en 1887, c'est à Pavie qu'il s'est éteint en 1969. Installé dans la campagne gersoise depuis 1925, le peintre y trouve la liberté nécessaire à son inspiration flamboyante, qui puise dans la mythologie ou le nu féminin qu'il drape avec raffinement. Sa demeure est aujourd'hui classée monument historique et ses tableaux sont exposés au musée des Jacobins d'Auch. Christian Gardair, lui, ne s'est jamais enraciné dans le Gers où, enfant, il fut réfugié du côté d'Eauze. Mais le Girondin, né en 1938, le conserve chevillé au coeur et garde un tel souvenir de cet épisode de sa vie qu'il en a fait l'un des thèmes majeurs de son oeuvre artistique. " Jamais n'est mort en moi, l'enfant qui s'en allait à pied à travers champs apprendre à lire et à compter par pommes et allumettes interposées, dans l'admirable paix gersoise alors même que la Shoah faisait rage ", a-t-il écrit. Loin du drame, c'est dans les bâtiments religieux qu'il faut chercher la patte de Lasseran, un décorateur lectourois né en 1868, qui s'exerça au trompe-l'oeil mais à qui le style très académique n'assura pas une carrière faramineuse. On retient cependant les peintures murales qui ont orné les églises de Masseube, Goutz ou Castet-Arrouy.

D'autres grands noms de la peinture sont associés au Gers dont les Flamands Jacobs Smets (1680-1764) et son fils, Jean-Baptiste. Peintre officiel du corps consulaire, le premier a exprimé son talent dans plusieurs édifices religieux parmi lesquels la cathédrale d'Auch. Son fils est également très présent dans l'ornementation du patrimoine religieux gersois. Henri Borde (1888-1958), à qui l'on doit une superbe représentation du donjon de Bassoues, et le grand aquarelliste Gabriel Lettu (1797-1859) ont témoigné de leur plaisir d'avoir séjourné dans le Gers qui était encore tellement " nature ", " originel " à leurs époques.

Avec des décors naturels et des vestiges historiques qui sont déjà un dépaysement, le Gers ne pouvait qu'attirer en ses terres les oeuvres du septième art. Courts-métrages, documentaires, clips, pubs et fictions de télévision ont rythmé l'histoire cinématographique du département et la liste en fait un vrai festival ! Trop dense pour être détaillée, elle mérite d'être soulignée même si les tournages les plus marquants pour le grand public sont certainement les longs-métrages. Et pour mener à bien leurs projets, réalisateurs et producteurs ont trouvé un partenaire de choix : depuis 1992, les Régies de Gascogne, de l'association Ciné 32, mettent tout en oeuvre pour faciliter l'accueil des professionnels et les tournages. Un dynamisme qui s'illustre à travers des collaborations éclectiques où vallons et routes de crête se reconnaissent en fond d'écran, maisons médiévales et castelnaus permettent toutes les reconstitutions. Pour vous donner une petite idée des bijoux qui ont vu le jour ici, citons La Grande Boucle, tourné à Samatan comme Indigo, Un homme d'État, sorti en 2011, avec pour cadre Condom, Lectoure et Auch ou encore Expérience africaine avec les collégiens de Marciac en guest-stars. En 2006, c'est Trois amis avec Pascal Elbé et Mathilde Seigner qui met Frégouville en haut de l'affiche. Mais le réel démarrage de cette aventure fut en 1988 avec le fameux Milou en mai de Louis Malle qui a véritablement offert au Gers un rôle de premier ordre. Le plus grand succès commercial reste à ce jour l'ineffable Le Bonheur est dans le pré d'Étienne Chatiliez. Cette photo d'un département jovial où le quotidien rural, baigné de simplicité et de valeurs, a séduit plus de 5 millions de spectateurs. Mais difficile de parler cinéma sans évoquer le plus célèbre personnage gersois qui maintes et maintes fois a été porté à l'écran. Souvent imité mais jamais égalé lorsqu'il s'agit d'endosser cape et épée : nous pensons évidemment à l'incontournable d'Artagnan. Emblème des cadets de Gascogne, il continue d'inspirer de nombreux réalisateurs et on peut citer Les Trois Mousquetaires (Henri Diamant-Berger, 1921, George Sidney, 1948, André Hunebelle, 1953, Stephen Herek et Mickey Moore, 1993), ou encore La Fille de d'Artagnan (Bertrand Tavernier, 1994). Vous l'aurez compris, le Gers est un vivier inépuisable cinématographique et, pour qu'il perdure, le festival Indépendance et Création prolonge le travail de Ciné 32. Véritable fenêtre d'art et d'essai, ce rendez-vous est celui de la liberté de croiser les mondes parce que dans le Gers, le bonheur est aussi sur grand écran.

Patrimoine architecturalHaut de page

Département profondément rural, le Gers est très attaché à ses racines. Il a gardé des témoignages d'époques révolues, dont les bastides, gentilhommières et castelnaus, mais aussi les cathédrales, cloîtres et abbayes. Parmi les trésors architecturaux, la cathédrale Sainte-Marie d'Auch, le château de Lavardens ou le clocher hélicoïdal de Barran. Et ce n'est pas tout, car les beautés de son patrimoine architectural sont nombreuses.

Villes et villagesHaut de page
Maison en torchis
Maison en torchis

Au fil des routes, vous aurez l'impression que chaque village vous raconte une histoire. Les pierres s'en font l'écho, blanches en Lomagne, d'un rose puisé dans la terre rouge en Gascogne toulousaine, lisses comme les galets dans le val d'Adour, toutes rappellent qu'elles ont un passé et qu'elles voudraient farouchement vous le faire partager. Si la modernité est vivace, le Gers ne peut se mentir, ce sont bien des épopées qui ont fondés son urbanisme, bâti selon trois types d'architecture : les bastides, les castelnaus et les villages ecclésiastiques. Vu du ciel, c'est un festival de maisons qui se joue de la géométrie, en équerre, à parc, haute carrée ou carré simple, rectangulaire en pignon-façade ou façade en longueur, à auvent, elles forment un paysage aussi riche que surprenant. Ne vous fiez pas à leur nombre, il n'est pas rare qu'en pleine campagne, une ou deux habitations entourent un simple clocher, une église et une mairie. Ces villages-églises présentent une communauté de moins de 200 habitants et font partie du patrimoine tant archéologique à travers des mottes ou des fossés qu'architectural du XIXe. Lamazère, Cabas-Loumassès ou encore Caumont en sont de parfaits exemples. Mais pour mériter le nom de village, il faut que celui-ci abrite entre 15 et 60 maisons et dans le Gers, c'est souvent le Moyen Age qui les a vus naître. Modestes ou non, beaucoup méritent le qualificatif de remarquables. Et il a fallu que les esprits de l'époque le soient pour s'adapter à l'environnement. Si en plaine l'oeuvre était aisée, les hauts de collines et les flancs de coteaux ne les ont pourtant jamais arrêté... mais ont façonné leurs formes ! Aujourd'hui encore, les vestiges médiévaux s'inscrivent dans ces paysages et tours-portes, remparts et douves les marquent avec force. A Fources, la place centrale est ronde et donc rare pour un castelnau. Tour de l'horloge et maisons du XIIIe avoisinent celles du XIVe. A Bassoues, c'est le donjon de 43 m qui vole la vue tandis que Plaisance s'amuse à faire un grand écart entre 1322 et 1870, dates de la jonction de ses deux centres urbains. Sarrant, lui, est classé dans les plus beaux de France et son entrée se fait par une porte voûtée du XIVe siècle percée dans une imposante tour carrée. Les hautes maisons de pierre présentent des étages en encorbellement faits de torchis et colombages. Des toitures à la flèche de l'église, tout n'est qu'enchantement. La liste est trop longue mais on peut encore citer le pittoresque Castéra-Lectourois, Saint-Clar et ses deux places à cornières, Tillac et ses galeries formées de maisons sur piliers de bois ou encore Lavardens, qui occupe le sommet d'un coteau. Sur tout le département, les bourgs-centres vous attendent : Nogaro, Eauze, Marciac, bastide vivante dont la place est un carré parfait, Condom, Mirande... Vous l'aurez compris, les villes principales sont de la même verve. Auch rayonne au coeur du département dont elle est le fier chef-lieu, son imposant patrimoine représente l'identité gasconne et elle se distingue par une partie historique haute qui surplombe la vallée de 40 m et une basse, plus récente et commerçante. Les halles sont magistrales et nombreuses dans tout le Gers et elles témoignent d'une activité, non plus centrée sur l'église et le château mais bien sur la place principale. On dit souvent que le temps s'est arrêté en Gascogne, c'est faux, il s'attache à ces joyaux pour les faire vivre éternellement. Evoluer dans ses ruelles, qui forment un quadrillage parfait, c'est en faire partie pour quelques instants. De la bourgade perchée de Lectoure à Fleurance la magnifique, fondée sur un espoir de bonheur, vous repartirez avec la belle impression que les villes et villages du Gers sont un peu plus que de simples villes et villages.

ChâteauxHaut de page
Le château de Clermont-Savès.
Le château de Clermont-Savès.

D'abord défensif, le château devient peu à peu signe d'appartenance à une grande famille. Au XVIIe siècle, période faste pour le renouveau des châteaux en terre gersoise (nombreuses reconstructions et modifications), on tâche de donner une allure plus classique, massive et dépouillée à des bâtiments jadis constitués d'éléments militaires de facture médiévale. Des pavillons d'angles se substituent aux tours et des jardins sont aménagés au-delà des fossés. Le temps de grands chantiers commence alors. Parmi les exemples les plus significatifs, citons le château de Lavardens, au centre du département, de Rieutort à Roquelaure, de Caumont et de Cassaigne.

Pour la période des XVIIIe et XIXe siècles, le château continue de superposer deux niveaux, avec une sobriété toujours de mise. Le château de Latour (Samatan), de Camette, et d'Argentens (Sainte-Radegonde) en témoignent alors que le château de Saint-Blancard sort du lot en se parant d'un accent féodal normalement délaissé.

Dans la même veine des demeures dorénavant dites " de plaisance ", les chartreuses font leur apparition, offrant un accès de plain-pied avec la nature et témoignant d'une douceur de vivre de la haute société à la fin de l'Ancien Régime (chartreuse de Vacquier à Lectoure et celle de L'Isle-de-Noé). ll existe également des manoirs gascons et des gentilhommières, appartenant pour beaucoup d'entre eux aux cadets de Gascogne. Le Gers compte en son sein des centaines de châteaux, dont plusieurs se démarquent par leur site et leur attrait.

Architecture religieuseHaut de page

Avec plus de 1 200 chapelles, églises et abbayes, le patrimoine architectural gersois est dense, mais c'est surtout le territoire des mille et un clochers. De toutes les époques, ils marquent indifféremment l'art roman, gothique ou celui de la Renaissance même si les plus fréquents sont les clochers-murs, véritable caractéristique du département. Lectoure et la basilique Saint-Geny, du XVIIIe, en sont un bel exemple mais à Barran, c'est un clocher tors qui surplombe l'église tandis qu'à la chapelle Notre-Dame de Tonneteau, c'est un clocher pavillon du XIXe. L'église de Marciac présente, elle, un clocher kreisker, et celle de Solomiac, un clocher flèche... Sans oublier l'inclassable chapelle-abri de Gondrin qui a choisi un clocher en bâtière. Les amateurs aimeront le clocher en tour de guet de Sabazan et la singulière toiture de cette église mais nul besoin d'être un expert pour admirer les architectures de ces lieux de culte qui sont des joyaux patrimoniaux. L'art roman est présent dans tout le Gers même si quelques églises préromanes se distinguent par leur forme de rectangle allongé et à nef unique (église de l'ancien prieuré de Vopillon et abbatiale de Flaran). Certaines possèdent trois nefs (à Nogaro), où de belles séries de chapiteaux romans, avec palmettes, rinceaux et entrelacs, témoignent de liens avec l'Espagne. Les XIe et XIIe siècles sont marqués par des sculptures de qualité. Très répandu dans le Gers, le chrisme est un élément décoratif figurant les premières lettres du mot Christ en grec (église de Genens, Montréal).

Au milieu du XIIIe siècle, le gothique gersois fait son apparition. Il est notable dans des églises paroissiales de bastides comme Gimont, Marciac ou Cologne. La fin des guerres de Religion marque la construction des grandes cathédrales d'Auch (gothique septentrional), de Lombez, de Condom et de Lectoure. Sculptures et peintures murales montrent de beaux ensembles, comme à La Romieu. Le gothique flamboyant se répand généreusement (église de Castéra-Lectourois).

Au XVIe siècle, l'art de la Renaissance se fait une place, avec quelques églises et chapelles rurales témoignant de l'influence italienne, comme Barbotan, Flamarens, Miradoux, Saint-Blancard, et Toujouse. Retables baroques à colonnes torses, tabernacles en bois doré ou polychrome, caractérisent le mobilier religieux d'alors, à quoi s'ajoutent toiles et bas-reliefs. La cathédrale d'Auch illustre cette richesse artistique, avec un grand orgue qui figurait jadis parmi les plus prestigieux du Sud de la France. Et si la plus haute église est celle de Marciac avec ses 87 mètres et Casteron, perchée à 265 mètres d'altitude, celle construite le plus haut, la cathédrale d'Auch, est bien la plus grande du département. A noter que si vous aimez la peinture et les fresques, certains lieux méritent le détour, comme les peintures de Saint-Créac, la sacristie peinte de La Romieu ou l'église du Mont-d'Astarac et sa splendide fresque du Moyen Âge.

Architecture militaireHaut de page

Au XIIe siècle apparaît le castelnau, qui verra son nombre fortement augmenter au XIIIe siècle. Il dispose d'une enceinte plus ou moins solide, d'un château de taille variable, d'un bourg et, en principe, d'une église. Le Mas-d'Auvignon, Montesquiou et Larressingle sont des exemples de castelnau et de village médiéval incluant un système défensif. Les châteaux de ces castelnaus - ou châteaux gascons - possédaient autant une fonction militaire que résidentielle et affichaient une faible vocation protectrice. Il s'agissait alors plus de logis seigneuriaux que de réels systèmes défensifs. Le château de Sainte-Mère, résidence des évêques de Lectoure, datant du XIIIe siècle, illustre ce type particulier d'édifice.

Certains de ces châteaux s'imposent par leur caractère massif : c'est le cas du château des Termes d'Armagnac, construit au XIVe siècle et de dimension exceptionnelle pour la région. Mais là encore, qu'on ne s'y méprenne : malgré une tour maîtresse très élevée (36 m de hauteur), guère plus d'efficacité pour cet édifice qui, par son étendue, inspire pourtant le respect !

Egalement appelées " salles " dès le XIIIe siècle, ces maisons fortes continuent de garder cette dénomination jusqu'au XVIIIe siècle. A Bassoues, un donjon haut de 43 m et bâti en 1368, montre un exemple assez remarquable d'architecture militaire du XIIIe siècle. A Tillac, petit village fortifié, le visiteur remarquera deux anciennes portes de remparts datant de la même période et situées aux extrémités d'une rue unique.

Traditions et modes de vieHaut de page
Croyances, mythes et légendes

L'importance de la religion marque la vie paysanne dès le Ve siècle et les écoles dès le XVe siècle au moins. Au XXe siècle, le sud-est du Gers est le plus religieux. Pèlerinages (Cahuzac, Lourdes), processions (des rogations, de la Fête-Dieu, de l'Assomption, pour la Saint-Joseph en divers lieux...), rituels particuliers (Sainte-Croix, 3 mai), culte des saints (saint Roch le 16 août ou saint Martin et saint Vincent, patron des vignerons) et sources miraculeuses (Saint-Cérats, Saint-Fritz...) sont notables.

Le Gers s'inscrit dans l'aire de la langue gasconne et de la langue d'oc ou occitan. Le gascon, proche du languedocien, se distingue des autres dialectes par sa phonologie, sa morphologie, sa syntaxe et son lexique. Tout en sachant que le basque vient des Gascon... Mais, le gascon proprement dit, langue ou dialecte ? Le débat oppose...

Le gascon découle de la langue latine, comme toutes les langues romanes. La langue parlée par les Aquitains a favorisé cette évolution particulière du latin dans la région en se démarquant du langage des Gaulois.

La prononciation du gascon est marquée : on entend les consonnes finales (lo galòp, le galop, la libertat, la liberté), ainsi que le " s " des pluriels (cantas, tu chantes).

Cette évolution particulière du latin est ainsi caractérisée : le " f " latin devient " h " (fabrum : forgeron donne haure en gascon), le " n " latin chute entre voyelles (luna : lune donne lua), le " r " à l'initiale est redoublé et précédé d'un " a " (rosa : rose donne arròsa), les deux " l " deviennent " r " à l'intérieur d'un mot (gallina : poule donne garia), etc. Des chutes de consonnes entraînent des différences majeures entre gascon et français : gamba (jambe) donne cama.

Pour corser les choses, des sous-dialectes existent selon la situation géographique (partie orientale du Gers ou Armagnac noir et Condomois). Côté accent, le [in] et le [un] sont largement différenciés.

ArtisanatHaut de page

Pour avoir une petite idée de l'artisanat traditionnel gersois, si on vous dit qu'un des objets les plus honorifiques offert aux moments importants de la vie est le bâton gascon, vous aurez plus qu'un indice sur la matière favorite des petites mains ! S'il est personnalisé et fréquemment sculpté dans le minéral ou même les os, ce fameux agulha est le plus souvent en bois. Et, vous l'aurez deviné, celui-ci tient une place de roi dans l'artisanat local. Le plus bel objet reste encore aujourd'hui le suberjoet ou bejoet dont la sculpture quasi orientale est une oeuvre de pur art. En bois d'orme, de hêtre, de noyer, de charme, de cornier ou d'érable champêtre, il n'était pourtant qu'une simple bobine à l'origine. Ce joyau est à nouveau fabriqué et vous pouvez en admirer de magnifiques exemplaires au musée d'Art campanaire de L'Isle-Jourdain. Ce travail du bois se perpétue et les ébénistes sont nombreux à renouer avec la tradition. Il faut souligner que le fait main en est une et le mobilier d'antan puisait dans le hêtre ou l'ormeau pour les tables, les bancs, les chaises paillées mais aussi les pelles de boulanger, l'incontournable horloge de la cuisine, le moine (ossature de bois qui soutenait la casserole emplie de braises pour chauffer le lit) et des limandes, typiques armoires gasconnes à la façade sculptée. Ces dernières, de toutes tailles, ont remplacé les bahuts et les coffres dès le XVe siècle. Elles contenaient les vêtements et le linge du trousseau des jeunes mariés. Et dans l'art vestimentaire, le trousseau représentait à merveille le talent des couturières gersoises qui confectionnaient, à la main, châles, coiffes et tabliers. Le musée des Jacobins présente par ailleurs une superbe exposition de ce savoir-faire à travers des éléments de costumes de mariage, des robes de baptême ou bonnets d'enfant. La vaisselle en terre cuite ou en cuivre, acier et faïences décorées avec des motifs floraux était également fréquente dans la région. Le musée paysan d'Emile à Simorre vous dévoile 2 500 objets et ustensiles qui mettent en lumière l'art de vivre en Gascogne rurale. Fonctionnels, ils sont surtout un travail artisanal de qualité, sans signe de luxe ostentatoire. Autrefois, on trouvait le maréchal-ferrant, le charron, le tonnelier, le meunier, le boulanger mais aussi le tisserand, le tailleur d'habits, le sellier ou le cordier, le rémouleur, le ramoneur et des maçons et charpentiers : autant de corps de métiers artisanaux qui rythmaient la vie des villages. Au XVIIIe siècle, des artisans paysans cumulaient les fonctions : à la fois paysans, charpentiers ou maçons par exemple, les petits artisans ruraux ont ainsi progressivement forgé l'âme du Gers.

Musique – DansesHaut de page

Musiques et danses traditionnelles ont rythmé la vie des Gascons durant des siècles et jusqu'au début du XXe. Après une perte de vitesse après-guerre, la culture gasconne trouve une nouvelle jeunesse dans les années 1970 grâce à toute une génération de jeunes gens désireux de retrouver leur racine culturelle et de faire perdurer la tradition au travers des chants, des danses et de la musique notamment. Nous est ainsi parvenu un large répertoire de danses traditionnelles et populaires, dont certaines typiques du grand Sud-Ouest (bourrées, branles...) ou d'autres régions françaises (sardane, sauts béarnais, rondeaux...) et d'autres importées d'autres pays (polka, scottish, mazurka...). Mais pour accompagner ces danses encore fallait-il des instruments. Là encore, la culture populaire a donné naissance à une ribambelle d'instruments à vent, à percussion ou à cordes destinés principalement à accompagner la danse. On trouvera ainsi toute une collection d'accordéons (diatoniques), de hautbois, de flûtes et de cornemuses, de tambours et autres percussions mais aussi le violon, la vielle à roue et bien d'autres encore.

Sports et jeux traditionnelsHaut de page

Corridas, courses landaises et jeux traditionnels animent le pays et rapellent que les Gascons sont cousins des Ibères ! La course landaise (course de vaches avec écarteurs et sauteurs) est l'un des aspects les plus anciens de la tauromachie méridionale puisqu'elle se pratique ici depuis toujours : Estang, arènes classées et construites au début du XXe siècle, et Nogaro, avec sa piste de 40 mètres de long, sont les places fortes de ces pratiques dans le Gers. Au son des bandas, orchestres de musique de fête, le frisson y est toujours au rendez-vous. Pas moins de deux cents courses ont lieu pendant la temporada, saison de mars à octobre.

La corrida fait partie intégrante de la culture gasconne et donc gersoise. Les arènes de Vic-Fezensac, pendant la feria de la Pentecôte, et Eauze réunissent ainsi les aficionados, sans oublier Aignan à Pâques et quelques novilladas çà et là. Il y a même des élevages de taureaux de combat dans le Gers : le Lartet et l'Astarac notamment ! C'est en septembre 1851, pour la fête de la Saint-Matthieu, que la première corrida espagnole a eu lieu à Vic-Fezensac, soit dix ans avant Bayonne ! Ruiz Miguel et Nimeño II, toreros de légende, s'y sont illustrés, ainsi qu'El Fundi plus récemment.

Les jeux anciens et de quilles (jeu autrement appelé " palet gascon ", lo quillou), dont il existe une fédération nationale, sont également profondément ancrés dans les traditions du pays et très pratiqués en été. Le palet en métal a remplacé le palet en pierre, plus lourd.

Ailleurs sur le web
Rejoignez la communauté Petit Futé en 1 clic
Suivez-nous sur
Participez
à la communauté