Patrimoine et traditions

Ce pays audois, terre de soleil et de vent, a vu naître des hommes célèbres : René Iché, sculpteur célèbre par son oeuvre La Déchirée, symbole de la Résistance, offerte au général de Gaulle lors de son exil à Londres. Joë Bousquet recevra tous les grands noms de la vie artistique de ce siècle : Paul Eluard, Paul Valéry, André Gide, Magritte... et sera chroniqueur de poésies aux Cahiers du Sud ; Jean Eustache, cinéaste connu pour son film polémique La Maman et la Putain, obtenant le prix du Jury au Festival de Cannes ; André Héléna, auteur de romans noirs, qui fut l'un des rares auteurs policiers français à être traduit aux Etats-Unis ; Philippe Fabre d'Eglantine, acteur, dramaturge, poète et homme politique français, connu par sa chanson Il pleut, il pleut, bergère ; Pierre Reverdy, magicien du verbe, qui, de tous les poètes de sa génération, est celui qui a subi le plus directement l'attrait de la peinture cubiste ; Benjamin Crémieux, intellectuel brillant, grand critique littéraire, qui collabore à la prestigieuse NRF ; Charles Trenet, figure légendaire du music-hall français ; René Coll qui animera avec son orchestre Champs Elysées, Sacrée Soirée... et plus récemment le réalisateur Yves Jeuland, documentariste né à Carcassonne, le chanteur lyrique Martial Andrieu, la chanteuse Olivia Ruiz et le champion de natation Camille Lacourt !

Notre-Dame du Pont

L'édicule de Notre-Dame du Pont (statue de la Vierge Marie portant sur son bras droit l'Enfant Divin) sur le quai rive droite symbolise l'ancien pont Sainte-Catherine, où la statue était placée au milieu du pont. Elle était jadis vénérée par les Narbonnais, les marins et les patrons des barques. Une lampe brûlait de nuit et de jour dans sa niche. Elle était la reine de la ville. Elle était si adulée que, même aux heures les plus redoutables de la Révolution, elle fut respectée. Ici ce trouve la copie, l'originale étant à la cathédrale Saint-Just, adossée à la clôture du choeur dans le déambulatoire, face à la chapelle des morts. Tous les 25 novembre, à la Sainte Catherine, une messe y est célébrée en sa mémoire : "Vierge du pont, ô notre mère, Nous sommes à toi pour jamais, Sur ton coeur, ô Reine si chère, Garde toujours les Narbonnais".

Patrimoine culturel

Le saviez-vous ? La célèbre contine Il pleut, il pleut bergère ! est originaire de l'Aude ! Philippe François Nazaire Fabre d'Eglantine en est l'auteur, il est né à Carcassonne en 1750 dans une famille de marchand drapier. Durant sa jeunesse Fabre d'Eglantine fit ses études à Limoux et à Toulouse, où il était considéré comme un brillant élève. Pendant la période révolutionnaire, il a été le secrétaire et un proche de Danton. Son implication dans la liquidation de la Compagnie des Indes lui attirera, entre autres, les foudres de Robespierre et il sera exclu des Jacobins. Il est arrêté et guillotiné avec d'autres dantonistes, le 6 juillet 1794, à Paris.

Ce Carcassonnais à la vie controversée est également l'auteur du calendrier révolutionnaire, Calendrier de la République française.

Littérature
Henri Gougaud

Né d'un père cheminot et d'un mère institutrice, Henri Gougaud, voit le jour en 1936 à Carcassonne. Il est à la fois un écrivain, un conteur, un poète, mais aussi un artiste qui chante en français et en occitan. Occupant une place privilégiée dans le coeur des Audois, Henri Gougaud a rencontré les plus grands artistes de sa génération à partir des années 1950, alors qu'il quitte le Midi pour s'installer à Paris. Son talent séduit Juliette Gréco, Serge Reggiani, Jean Ferrat, Gribouille et bien d'autres, pour lesquels il écrira des textes. En 1969, avec quelques amis, il crée une maison d'édition qu'il appelle Bélibaste, comme un hommage au dernier parfait cathare, Guilhem Bélibaste, brûlé en 1321 à Villerouge-Terménès, et auquel il consacrera un roman publié aux éditions du Seuil en 1982. Une grande partie de son travail d'auteur est dédié à sa terre natale, aux troubadours et à l'histoire des cathares, avec des titres tels que L'Inquisiteur (Seuil, 1984), L'Expédition (Seuil, 1991), Les Cathares et l'éternité (Bartillat, 1997) et bien d'autres... Romancier, conteur, auteur de nouvelles fantastiques et de légendes, les yeux grands ouverts sur le monde qui nous entoure, Henri Gougaud a également participé à plusieurs reportages et documentaires. Il représente, à lui seul, tout un pan du patrimoine littéraire audois... A découvrir avec bonheur !

" L'importance d'une parole se mesure à la place qu'elle prend durablement en chacun d'entre nous, à ce qu'elle fait bouger en nous, à la terre intime qu'elle remue et fertilise. " Henri Gougaud

Charles Cros

Charles Cros est né à Fabrezan le 1er octobre 1842. Petit‑fils d'un professeur de belles lettres et fils d'un docteur en droit et philosophe, Charles Cros est passionné de littérature et de sciences. Bachelier à 14 ans, étudiant le sanscrit (langue indo- européenne) à 15 ans, c'est un scientifique de haut niveau. Il est un temps professeur de chimie à l'Institut des sourds‑muets à Paris. Il partage le goût de son temps pour le progrès et, en 1865, projette la construction d'un télégraphe au Pérou, dont il expose un modèle de télégraphe automatique lors de l'Exposition universelle de 1867. Il rencontre de jeunes artistes en marge dont beaucoup se rallieront à la Commune. Verlaine, Rimbaud, Jean Richepin et Germain Nouveau sont de ses amis. Il travaille sur un projet de reproduction des couleurs, des formes et des mouvements. Ce visionnaire pressent le cinéma, le journal parlé. En 1869, il publie La Solution générale du problème de la photographie des couleurs et, en 1876, il réalise les premières épreuves de photographie en couleur. Charles Cros est aussi un poète reconnu : il a écrit entre autre L'Artiste en 1869, Le Fleuve en 1874, Les Dixains réalistes en 1876. En 1878, Charles épouse Mary Hjardemaal dont il aura deux fils. Le Coffret de Santal, qui lui vaut le prix Juglar, paraît en 1879. Sa vie de bohème et l'absinthe rendent sa santé précaire. Il meurt le 9 août 1889. Aujourd'hui, on retient surtout de lui la célèbre récitation Le Hareng Saur, étudiée à l'école : " c'était un grand mur blanc - nu, nu, nu. Contre le mur une échelle - haute, haute, haute. Et, par terre, un hareng saur - sec, sec, sec... "

Pierre et Maria Sire

Indissociables dès leur union le 2 août 1919 à Coursan, Pierre et Maria Sire ont longtemps vécu dans la Cité de Carcassonne, d'abord près du Grand Puits, puis, face au château comtal. Auteurs de trois romans et de nombreux articles, ils ont profondément marqué le milieu littéraire et intellectuel carcassonnais dès le début des années 1930. Tous deux enseignants avant leur mariage, ils commencent leur carrière commune à Port-La-Nouvelle, avant d'obtenir un poste double à Cailhau, dans le Razès, au début des années 1920. Leur premier roman, L'Homme et la poupée, paraît en 1931. En 1932, Pierre Sire est nommé à Carcassonne, au Cours complémentaire du Bastion où il enseigne le français et l'espagnol en classe de 4e. L'année suivante, il intègre le Petit Lycée en tant que professeur de 8e. Maria Sire, de son côté, est nommée à l'Ecole de la Cité en 1934. En 1935, leur second roman Le Clamadou est édité. En 1941, elle devient directrice de l'Ecole d'appplication de l'Ecole normale des filles. La Deuxième Guerre mondiale les éloigne un temps de la Cité dont tous les habitants sont expulsés par les Allemands qui s'installent dans la ville médiévale de mars à août 1944. Alors installés jusqu'à la fin de cette année dans la Ville Basse, rue de la Rivière, ils continuent à écrire ensemble. jusqu'au décès de Pierre Sire, le 11 mars 1945. Leur troisième roman, Marthe et le village, paraît dix ans après la disparition de Pierre Sire.

Pierre Sire fut par ailleurs le fondateur du Comité des intellectuels de l'Aude, sous la présidence du poète Joe Bousquet, comité qui réunissait autour de ce dernier des écrivains tels que René Nelli, ou encore le philosophe Julien Benda.

On retrouve dans la famille de Maria Sire, deux autres auteurs nés dans l'Aude et qui ont marqué leur temps. En effet, son grand-père, Charles-Louis Eugène Stublein, météorologue, a consacré de nombreux articles aux caprices de la météo, publiés à l'attention des agriculteurs dans Le Courrier de l'Aude, articles qu'il signait Stublein des Corbières. Il est également l'auteur d'un ouvrage intitulé Description d'un voyage aux établissements thermaux de l'arrondissement de Limoux, sorte de petit guide édité en 1877. Il y évoque des villes comme Alet-Les-Bains, Rennes-Les-Bains, Quillan ou encore Escouloubres.

Par ailleurs, l'un des neveux de Maria, Henri Tort-Nouguès, professeur de philosophie et de littérature, et Grand Maître de la Grande Loge de France à partir de 1983, est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés à la franc-maçonnerie tels que L'Idée maçonnique, Lumière et secret de la franc-maçonnerie, L'Ordre maçonnique, ou encore Figures de francs-Maçons de la Grande Loge de France.

Peinture

L'Aude a inspiré de nombreux peintres. La diversité des paysages, la lumière irisant les couleurs sur les murs de pierre sèche de la garrigue, la vigne inondant plaines et collines, les pinèdes verdoyantes ou la douceur des plages de sable fin de la Méditerranée, n'en finissent pas d'offrir aux artistes une palette de thèmes à décliner dans leurs oeuvres. Qu'ils soient audois ou viennent d'autres horizons, les peintres trouvent dans l'Aude toute la générosité nécessaire à l'épanouissement de leur talent.

Jacques Gamelin (1738-1803). Né à Carcassonne en octobre 1738, Jacques Gamelin est le fils d'un marchand drapier de Carcassonne. Son père, espérant qu'il ferait une carrière commerciale, l'envoie à Toulouse pour qu'il apprenne la comptabilité chez le baron de Puymaurin, propriétaire de manufactures royales. Mais Puymaurin, voyant la passion de Jacques Gamelin pour la peinture, l'inscrit à l'Académie royale de peinture de Toulouse, où il commence son apprentissage auprès du chevalier Pierre Rivalz. C'est ensuite à Paris qu'il continue sa formation, avant de s'installer en Italie où il prend pour femme une aristocrate du nom de Julia Tridix. Après 9 ans en Italie durant lesquels il côtoie de nombreux artistes, il rentre en France, rappelé par son père mourant. Ce dernier lui lègue sa fortune, que Jacques Gamelin consacrera jusqu'au dernier sou à la réalisation des planches de son Recueil d'ostéologie et de myologie, lequel ne rencontre pas le succès escompté. Cet échec cuisant l'oblige à peindre des oeuvres qui lui sont commandées, telles que des compositions religieuses, ou encore des portraits qu'il a le plus grand mal à se faire payer. A la Révolution, il devient membre de la Société Populaire des Sans-Culottes de Narbonne où il est installé depuis 1783. Dès 1792, il se bat pour que soient préservées de nombreuses oeuvres d'art conservées dans des édifices religieux, et propose même la création d'un musée dans le Palais des Archevêques, proposition qui restera sans suite, malgré l'accord initial qui lui avait été donné. Nommé professeur à l'Ecole centrale de l'Aude le 9 juin 1796, il se retrouve à Carcassonne, dans sa ville natale, où il décède le 12 octobre 1803. Jacques Gamelin a laissé une oeuvre abondante dont on retrouve la majeure partie dans les musées de Carcassonne, Béziers et Toulouse.

Marie Petiet (1854-1893). C'est au château de la Bezole, situé près de Limoux, que Marie Petiet voit le jour en 1854, dans une famille ayant le goût des arts. Elle se forme en copiant les grands peintres, avant d'être l'élève Jean-Jacques Henner à Paris, de 1877 à 1883. Sous son influence, elle se spécialise dans la représentation de portraits. Ses toiles, empreintes de réalisme, traduisent la sensibilité de l'artiste qui peint les femmes qu'elle côtoie, qu'elles soient bourgeoises ou ouvrières, toujours avec tendresse et une touchante authenticité. En 1886, elle épouse à Paris le peintre Etienne Dujardin-Beaumetz, également homme politique de la IIIe République qui fut député, puis sénateur de l'Aude. Marie Petiet décède en 1893, sans descendance. Un musée lui est dédié à Limoux, bel hommage à cette artiste qui sut immortaliser dans ses toiles des scènes de vies émouvantes de son temps, comme dans son tableau Les Blanchisseuses qui reste sans doute sa toile la plus célèbre.

Achille Laugé (1861-1944). Né en 1861 à Arzens, dans une famille paysanne, Achille Laugé est destiné à devenir pharmacien, selon le souhait de ses parents. Envoyé à Toulouse pour y faire ses études, Achille Laugé y fréquente l'Ecole des beaux-arts où il fait la connaissance du sculpteur montalbanais Emile-Antoine Bourdelle, avec lequel il restera lié toute sa vie. En 1881, après avoir convaincu ses parents de sa vocation pour la peinture, il s'inscrit cette fois aux Beaux-Arts à Paris où il travaille dans l'Atelier d'Alexandre Cabanel et celui de Jean-Paul Laurens. Il rencontre également Aristide Maillol dont il restera un fidèle compagnon. Il revient dans l'Aude en 1888, et 3 ans plus tard, épouse Marie-Agnès Boyer avec laquelle il a quatre enfants. Son style, sa technique pointilliste ou par hachures sont vivement critiqués par les Carcassonnais qui le considèrent comme un " barbouilleur " original et sans talent. A la mort de son père, il s'intalle à Cailhau où il aide un maçon à lui construire une modeste maison qu'il appelle L'Alouette. C'est là qu'il trouvera une de ses principales sources d'inspiration, allant jusqu'au motif avec une " charrette-atelier " qu'il fabrique lui-même et qui lui permet de peintre en extérieur. Il reçoit en 1898, les Palmes Académiques, des mains de son ancien maître, Jean-Paul Laurens, lors de grandes fêtes organisées à Carcassonne. Cette récompense est la seule reconnaissance officielle qui lui sera rendue.

Qualifié de " peintre du point, de la ligne et de la lumière ", Achille Laugé s'éteint à Cailhau le 2 juin 1944, la même année que son ami Maillol.

Jean Camberoque (1917-2001). L'artiste carcassonnais Jean Camberoque commence à peindre à la veille de la Deuxième Guerre mondiale. Très tôt repéré par le poète Joë Bousquet, il illustre notamment pour l'écrivain Le Meneur de lune et Papillon de neige. Ainsi, chez son ami, il rencontre les Surréalistes et des intellectuels comme Eluard et Aragon. Jean Camberoque consacre la majeure partie de son oeuvre à la culture audoise qu'il met en scène dans des toiles aux couleurs chatoyantes. Il exerce également ses talents artistiques en dessin, céramique ou encore en sculpture. On lui doit de belles fresques en céramique que l'on retrouve dans plusieurs villes de l'Aude, Limoux, Carcassonne, Narbonne... Il s'éteint le 2 juin 2001, dans sa ville natale.

Zanda, peintre et musicien carcassonnais

Philippe Abizanda voit le jour à Carcassonne en 1956. Il fréquente les Beaux-Arts à Toulouse de 1976 à 1979, puis passe ensuite par les Beaux-Arts de Montpellier. Depuis les années 2000, il consacre ses créations aux couleurs de l'Occitanie, et expose partout en France et à l'étranger. Alep, Londres, Amsterdam ou encore Barcelone ont accueilli ses oeuvres au cours de ces quinze dernières années. Zanda peint à l'encre mélangée à du mortier, ce qui donne à ses oeuvres leur plasticité. Le rouge, le jaune et le noir sont les couleurs qu'il utilise pour peindre notamment des éléments majeurs du patrimoine audois, de l'architecture de la Cité de Carcassonne et des châteaux du Pays Cathare, aux meilleurs crus de ce terroir, en passant par le Festival de Carcassonne pour lequel il a réalisé certaines affiches. Autre source d'inspiration, son ami le chien Kuikui, rencontré à la SPA, et que l'on retrouve dans plusieurs toiles et sur les objets dérivés. L'artiste a par ailleurs créé L'espace Zand'Art en 2005, dans la Ville Basse de Carcassonne, une galerie où il expose ses oeuvres et accueille celles d'autres artistes lors d'expositions ponctuelles.

Parallèlement à sa carrière de peintre, Zanda reste fidèle à sa première passion, la musique, à laquelle il consacre également une grande partie de son temps. Il débute la guitare à l'âge de 12 ans, joue également de la basse, compose et chante, talents reconnus par la BBC qui a produit son album Le Temps de rien.

En 2018 : Zanda exposera en juin et en juillet à Leipzig, et on le retrouvera également à l'Espace Zand'Art au mois de novembre pour une exposition dirigée par le Graph (Groupe de Recherche et l'Animation Photographique).

Pour en savoir plus :

www.zandart.fr

Espace Zand'Art - 6, square Gambetta 11000 CARCASSONNE

zand.art@orange.fr ✆06 41 91 02 66

Cinéma

Philippe Noiret

Entre deux tournages ou pièces de théâtre, Philippe Noiret aimait s'isoler au Domaine de Turcy, sa propriété située près de Montréal, dans l'ouest audois. Il mettait à profit ces rares moments de détente pour arpenter les environs à cheval.

Noiret est engagé au TNP en 1953, et joue pendant sept ans sous la direction de Jean Vilar. Après avoir donné des centaines de représentations, il apparaît pour la première fois au cinéma, en 1956, dans un film d'Agnès Varda, La Pointe courte. Il renouvelle l'expérience en 1960, à la demande de Louis Malle qui le dirige dans Zazie dans le métro. En 1962, il épouse Monique Chaumette, elle-même actrice ; ils resteront mariés pendant 44 ans. Pendant quelques années, il se contente de seconds rôles avant de percer à nouveau, en 1966, dans La Vie de château de Jean‑Paul Rappeneau. C'est alors qu'il crève littéralement l'écran dans Alexandre le bienheureux d'Yves Robert, avec une interprétation magistrale de son personnage de paysan rêveur et bucolique. En 1969, on le retrouve dans le rôle d'un économiste, Henri Jarret, dans L'Étau, d'Alfred Hitchcock, où il est entouré d'autres comédiens français comme Claude Jade ou Michel Piccoli. Noiret choisit alors définitivement le cinéma : il enchaîne avec brio des films comme La Vieille Fille, 1971 et La Grande Bouffe, 1973. C'est avec plaisir qu'on le retrouve en Monsieur Tout‑le‑monde, crapule au coeur tendre ou bourgeois inquiétant dans une bonne série de films de Bertrand Tavernier, d'Yves Boisset ou de Philippe de Broca. En 1976, il obtient le César du meilleur acteur pour sa bouleversante interprétation dans Le Vieux Fusil, de Robert Enrico, film inspiré du massacre d'Ouradour-sur-Glane. Acteur incontournable des comédies françaises dans les années 1980 à 1990, il est l'inspecteur René Boisrond dans la série de trois films Les Ripoux de Claude Zidi, aux côtés de Thierry Lhermitte. Il reçoit un deuxième César du meilleur acteur en 1990, pour son rôle dans La Vie et rien d'autre de Bertrand Tavernier. En 1997, Bertrand Blier lui donne l'opportunité de remonter sur les planches, avec Les Côtelettes.

Philippe Noiret tire sa révérence en 2006, emporté par un cancer. Le souvenir de sa simplicité et de sa gentillesse reste gravé dans le coeur de nombreux Audois.

Yves Jeuland, réalisateur

Le Président, Un village en campagne, Parts de Marchais, Les Gens du monde ou encore Bleu, Blanc, Rose sont quelques-uns des 22 documentaires signés par le réalisateur carcassonnais Yves Jeuland depuis 1997. Plusieurs de ses films ont été récompensés, en France et à l'étranger, comme Camarades, consacré aux communistes français, Paris à tout prix, sur les élections municipales de 2001, ou encore Il est minuit, Paris s'éveille qui nous transporte dans le Paris des années 1950 et 1960, dans l'ambiance des cabarets de la rive gauche. Avec des documentaires comme Comme un Juif en France, film également primé, le travail d'Yves Jeuland a traversé l'Atlantique pour être présenté dans de nombreuses villes telles que Richmond, San Francisco, New York, Washington, Chicago, Atlanta, Sydney, Montréal ou Melbourne... Plus récemment, Un temps de Président, tourné à l'Elysée pendant 40 jours, entre le mois d'août 2014 et le début 2015, dans les coulisses du pouvoir, a été diffusé sur France 3. Le réalisateur a filmé dans ce dernier documentaire, à la manière d'un portraitiste, l'exercice du pouvoir, celui d'un président à l'épreuve du temps et des temps forts qui font l'Histoire : remaniements, réunions de crise, entourage du président au travail, six mois de présidence vus de l'intérieur.

Né à Carcassonne en 1968, Yves Jeuland se passionne très tôt pour la politique et lui consacre plusieurs documentaires. Chacun est comme une page d'histoire, un des éléments composant un portrait de notre société. Son travail conjugue cinéma direct et images d'archives, faisant du spectateur le témoin d'évènements marquants de son époque. Outre la réalisation dont il a fait son métier, et la politique, Yves Jeuland s'intéresse également au théâtre, à la chanson, et aux artistes, auxquels il rend hommage dans le film Il est minuit, Paris s'éveille, qui a obtenu le prix du Syndicat français de la critique comme meilleur documentaire. Présenté à Carcassonne, en décembre 2014, en sa présence et ainsi que celle du conteur et écrivain Henri Gougaud, le film a été salué à l'unanimité par le public. Du succès de cette projection est née l'idée d'un festival du film documentaire, le festival Contrechamps, initié par Yves Jeuland, parrain de cette manifestation culturelle, et Laurence Gasc, conseillère déléguée, chargée du Tourisme. Contrechamps ouvre depuis lors chaque été, le festival de Carcassonne, et propose des projections, des rencontres et des débats.

Si la plupart des documentaires réalisés par Yves Jeuland ont été diffusés sur France Télévisions, Canal Plus et Arte, deux d'entre eux, Les Gens du monde, et Le Président ont été réalisés pour le cinéma.

Le cinéma dans l'Aude

Parmi les nombreux films tournés en partie dans l'Aude, on peut citer :

Le Miracle des loups, d'André Hunebelle, en 1961, à Carcassonne.

Le Corniaud, de Gérard Oury, en 1964, à Carcassonne.

Le Lion en hiver, d'Anthony Harvey, en 1968, à Carcassonne.

37,2° le matin, de Jean-Jacques Beineix, en 1986, à Gruissan.

La Passion Béatrice, de Bertrand Tavernier, en 1987, à Puivert.

Robin des bois, prince des voleurs, de Kevin Reynolds, en 1991, à Carcassonne.

Les Visiteurs, de Jean-Marie Poiret, en 1993, à Carcassonne.

La Couleur du mensonge, d'Hugues de Lagardière, en 1994, à l'Abbaye de Fontfroide.

L'Enfer, de Claude Chabrol, en 1994, dans le Lauragais.

Le Destin, de Youssef Chahine, en 1997, à Carcassonne.

La Neuvième Porte, de Roman Polanski, en 1999, à Puivert.

Labyrinthe, de Scott Free, en 2011, à Carcassonne.

Les Hommes du feu, de Pierre Jolivet, en 2016, à Montlaur

... Et bien d'autres !

Patrimoine architectural
La route de la Glace

Des cavités naturelles, sur les pentes du Pic de Nore, appelées " trous à neige ", servaient à conserver la neige pour la saison chaude. Dès le XVIIIe siècle, on construisit des glacières le long du canal du Midi, quelques vestiges sont encore visibles : au Somail, à Ouveillan, à Cuxac‑d'Aude ou à Vinassan. Les hommes, les " glaciers ", creusaient les glacières en forme de puits circulaires, au bord d'un ravin, d'un chemin ou d'un canal, afin de permettre l'évacuation de l'eau des fontes. Sur les côtés, un remblai isolait les murs de l'air extérieur. Ces glacières assuraient la conservation de la glace jusqu'au mois de septembre ou octobre. Les glaciers ramassaient la neige au Pic de Nore. Les femmes chargeaient la neige sur des civières et la transportaient vers les glacières de Pradelles. Des hommes la réceptionnaient et l'étendaient en couches d'une vingtaine de centimètres, la tassaient, y apposaient des feuilles de hêtre ou de châtaigner. La glacière était remplie lorsque la glace arrivait au niveau du sol. Pour une bonne conservation, les hommes disposaient à la surface un épais matelas de feuilles. En 1887, on comptait à Pradelles bien 10 artisans glaciers, quatre-vingt ouvriers et ouvrières, un forgeron et des charrons. Pour la livraison, on entaillait la neige durcie pour la déverser dans un moule où on la tassait. A la sortie du moule, la balle était prête à être enroulée dans de la toile de jute. Le charretier chargeait la précieuse marchandise, entre 25 et 30 balles de 50 kg. Deux charrettes, généralement, partaient de Pradelles entre minuit et une heure du matin. Du printemps à l'automne, les glaciers garantissaient jusqu'à cinq livraisons par semaine à leurs clients, essentiellement hôpitaux, bouchers, cafetiers, épiciers... Le dernier glacier cessa son activité en 1925. La route de la Glace descend des hauteurs du Cabardès, traverse les vignobles du Minervois, longe les berges du canal du Midi, traverse la plaine narbonnaise puis la Clape pour arriver au bord de la Méditerranée.

Villes et villages
La formation des villages dans l'Aude

Au Moyen Âge, les villages ont pris différentes formes en fonction des périodes spécifiques qui les ont vus naître.

Le village ouvert. Il apparaît à la période carolingienne, entre le VIIIe et le Xe siècles. Son plan est irrégulier et il ne présente aucune fortification. Il est par ailleurs dépourvu de château, et l'église est en bordure ou à l'extérieur de l'agglomération. On trouve ce type de villages plutôt dans les zones de montagne comme Villanière dans la Montagne Noire ou Villardebelle dans les Corbières occidentales.

Le village ecclésial. A la fin du Xe siècle, et au cours du XIe siècle, la Paix de Dieu, mouvement spirituel et social organisé par l'Eglise, définit un espace inviolable autour de l'église et de son cimetière, dans un rayon de trente pas. Cet espace est aujourd'hui appelé " enclos ecclésial ", il abritait des habitations villageoises. Certains de ces villages se protègent petit à petit par des remparts. On retrouve ce type de formation dans plusieurs localités audoises comme Loupia, Villegailhenc ou Carlipa, par exemple.

Le village castral. Ce type de villages est le plus répandu. Il adopte des dimensions variables, et apparaît surtout au cours du XIIe siècle en se déclinant sous plusieurs formes. Certains sont concentriques, comme Lasserre-de-Prouilhe ou Villemoustaussou. D'autres sont construits en gradins, s'adaptant au relief, comme Aragon. Tous sont subordonnés à un château seigneurial.

La bastide ou village neuf. A partir de la seconde moitié du XIIIe siècle, et jusqu'au XIVe siècle, on voit se développer quelques villages neufs, au plan en damier et possédant une place dédiée au marché. Jusqu'à la guerre de Cent Ans, ces bastides ne sont pas fortifiées. Le conflit franco-anglais amènera certaines d'entre elles à se protéger de remparts, de tours et de fossés. Dans l'Aude, on peut citer la Ville Basse de Carcassonne fondée vers le milieu du XIIIe siècle, ou Labastide-d'Anjou, dernière bastide créée dans le Sud-Ouest de la France en 1373.

Le fort villageois. Dans le contexte de la guerre de Cent Ans, aux XIVe et XVe siècles, certains villages se dotent d'un réduit défensif qui, dans un premier temps, a tenu une fonction de refuge temporaire pour les biens et les personnes en cas de danger. Ces espaces sont de petites dimensions et se trouvent le plus souvent autour des églises ou des châteaux seigneuriaux. Ils représentent l'unique quartier fortifié du village. Marseillette et Ventenac-Cabardès ont possédé des forts villageois.

Le mythe des " circulades ". Le nom de circulade a parfois été donné à des villages de forme ronde, qu'ils soient nés autour d'une église ou autour d'un château. En réalité, ce terme est dépourvu de sens sur le plan historique, et a fait naître un mythe : celui qui consiste à penser que ces villages auraient été créés par la haute aristocratie régionale pour en faire des agglomérations au plan pré-établi. Les villages circulaires ne sont que les versions les plus régulières des localités fortifiées, apparues aux XIe et XIIe siècles.

Traditions et modes de vie
Croyances, mythes et légendes

La grenouille de Saint-Paul

Dans l'église de Saint-Paul-Serge de Narbonne, à l'entrée à droite, une petite grenouille est taillée dans la masse, au centre d'un bénitier. Elle a donné naissance à une bien étrange légende : " granouïo de Narbouno ", reprise en vers languedociens par le chansonnier narbonnais Hercule Birat.

" Un vieux sculpteur de Nancy envoie son fils faire le tour de France et lui recommande de s'arrêter à Narbonne. Le jeune homme voyage pendant plusieurs années et suit avec exactitude les instructions de son père en toutes choses. Quand il revient à Nancy, à la fin de son périple de compagnon, son père lui demande de lui raconter son voyage. Quand il s'aperçoit que son fils a oublié de rendre visite à la grenouille de Saint-Paul, il le force à refaire son tour de compagnon. Furieux de cette mésaventure, le jeune homme de retour à l'église Saint-Paul-Serge, à la vue du bénitier, frappe violemment avec son ciseau de compagnon et aussitôt l'eau bénite est changée en sang, un bruit effrayant se fait entendre, le jeune homme épouvanté meurt foudroyé ".

 

Or, aujourd'hui, on peut constater que la partie antérieure de la patte de la grenouille est manquante...

Langue
L'occitan

Le département de l'Aude se trouve dans l'aire historique de la langue occitane ou langue d'Oc, plus précisément dans la zone d'un de ses dialectes : la languedocien. Comme tous les parlers romans, les diverses formes de l'occitan (des Alpes aux Pyrénées, et du Limousin aux Corbières), sont apparues pendant le haut moyen âge, basées essentiellement sur le latin qui était parlé dans le sud de la Gaule. Dans le domaine littéraire, les pays d'Aude ont donné naissance à plusieurs troubadours, comme Raimon de Miraval, poètes des XIIe et XIIIe siècles qui ont illustré la langue d'Oc dans leurs célébrations de l'amour courtois. Après la Croisade contre les Albigeois, la fin du XIIIe siècle voit le déclin et la disparition de ce genre littéraire : c'est le Narbonnais Guiraud Riquier qui est considéré comme l'un des " derniers troubadours ". Jusque vers la fin du XVe siècle, l'occitan est la langue courante utilisée dans les administrations locales. Puis, comme dans la majorité des pays d'Oc, le français, langue du roi, va concurrencer et finalement éclipser l'occitan dans la plupart des usages écrits. Mais la majorité de la population reste exclusivement occitanophone ; seules les élites aristocratiques, puis les grands bourgeois, adoptent l'usage parlé du français. Au moment de la Révolution française, la langue d'Oc n'est désignée que par le terme dévalorisant de " patois ". Pour les notables carcassonnais qui diffusent les nouvelles idées révolutionnaires, la langue française doit se répandre, au nom d'un meilleur contrôle social : " Le peuple serait alors plus civil, plus doux, et moins libre dans ses propos. "

Ainsi, la francisation par le biais de l'école va progresser pendant tout le XIXe siècle. On voit malgré tout émerger un mouvement de défense de la langue occitane appelé Félibrige, d'origine provençale. Ce mouvement se développe dans l'Aude à partir des années 1870, sous l'égide du félibre Achille Mir, poète audois, et dans la voie déjà ouverte par Frédéric Mistral en Provence. L'occitanisme moderne naît en 1945, avec la fondation de l'Institut d'études occitanes à laquelle participe l'écrivain carcassonnais René Nelli. Au cours du XXe siècle, la transmission naturelle et familiale de la langue s'est considérablement affaiblie, ce qui n'empêche pas l'occitanisme de trouver un public élargi dans les années 1970, notamment par le biais de la chanson avec des auteurs-compositeurs comme Claude Marti. L'occitan reste aujourd'hui un vecteur de l'identité régionale et un support de productions culturelles. L'enseignement de la langue s'est développé durant ces dernières années, il existe aujourd'hui dans l'Aude pour le primaire, six écoles associatives Calandretas, dont une dans la Cité de Carcassonne, et quelques classes bilingues de l'Education nationale.

L'occitan à l'honneur en 2017 à Carcassonne ! Du 14 février au 30 juin, les Archives Départementales de l'Aude organisent, en collaboration avec l'Institut d'Etudes Occitanes de l'Aude, une exposition ainsi qu'un cycle de conférences, des projections et des récitals (Mans de Breish, Claude Marti, Canti Canta...) sur le thème " Occitan, Occitanie ", du moyen âge aux années 1970. L'exposition permettra de découvrir des documents originaux, des tracts, des photographies, des affiches...qui retracent l'origine et les usages de la langue. Entrée gratuite.

A noter : Si le vernissage de l'exposition a lieu le 14 février, une première projection, Le Midi viticole, première partie du film de Yannick Séguier, aura lieu le 24 janvier à 20h30 aux Archives Départementales de l'Aude.

Pour plus de renseignements : Archives Départementales de l'Aude - 41, avenue Claude Bernard, 11000 Carcassonne. ✆ 04 68 11 31 54. Site : audealaculture.fr

Artisanat
La Manufacture des Possibles et la valorisation des artisans locaux

La Manufacture des Possibles est le projet de la Toulousaine Anne Grauby. L'idée est simple rassembler le savoir-faire des artisans de l'Occitanie pour créer une boutique en ligne et mettre en avant le "made in France". C'est un succès et des artistes Audois ont rejoint l'aventure, c'est notamment le cas de Alain Illamola, un chapelier installé à Montazels, un petit village médiéval près de Limoux qui confectionne avec une minutie inégalable des chapeaux depuis 1971 ! Découvrez aussi Laurie David, une jeune céramiste narbonnaise qui n'hésite pas à proposer des répliques de bénitiers résolument modernes et chic. On s'imagine y glisser nos clefs, nos stylos ou même s'en servir de pots de fleurs. Vous ne nous croyez pas ? Rendez-vous sur le site internet ou sur la page facebook de la Manufacture des Possibles. Différentes pièces de papeterie aux couleurs de l'Aude sont disponibles, ainsi que des bougies, des bijoux et même des parfums, les premières amours d'Anne Gaubry.

www.manufacturedespossibles.com

Musique – Danses

Martial Andrieu

Aujourd'hui installé à Limoges, Martial Andrieu est un artiste lyrique qui voit le jour à Carcassonne en 1971. En 1990, il intègre les classes de chant et d'art dramatique du Conservatoire national de région de Toulouse où il restera pendant quatre ans. Au cours de son service militaire, il fait partie du Choeur de l'Armée française, placé sous le commandement de la Garde républicaine. En 2003, Martial Andrieu obtient la médaille d'or de chant lyrique du Conservatoire national de région de Limoges. Il est par ailleurs biographe du symphoniste carcassonnais Paul Lacombe auquel il a consacré un livre paru en 2013. Auteur régionaliste, Martial Andrieu a également rédigé plusieurs ouvrages sur Carcassonne.

Paul Lacombe (1837-1927). Né le 11 juillet 1837 à Carassonne, Paul Lacombe est un brillant symphoniste français qui composa près de 150 oeuvres. C'est auprès de sa mère qu'il apprend le piano, avant d'être élève de François Teysseyre à qui l'on doit la création de la première école municipale de musique de Carcassonne. Paul Lacombe suit alors des cours de chant, fugue, contrepoint et harmonie. Afin de parfaire ses connaissances musicales, il communique, dès 1866, avec Georges Bizet qui accepte de corriger ses compositions. Bizet, conscient du talent de Paul Lacombe ne cessera de le soutenir et de valoriser son travail de compositieur. Le 25 février 1871, la Société nationale de musique est créée à l'initiative de Camille Saint-Saëns et de Romain Bussine, et Paul Lacombe en sera membre dès les premiers temps. En 1887, le ministère des Beaux-Arts récompense Paul Lacombe qui reçoit le prix Chartier. En 1902, le symphoniste reçoit la Légion d'Honneur du ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts. C'est en 1927, dans sa ville natale, que Paul Lacombe s'éteint, à près de 90 ans, des suites d'une pneumonie. Longtemps méconnu du grand public, le symphoniste est aujourd'hui honoré par son biographe, l'artiste lyrique Martial Andrieu, lui-même carcassonnais.

Pour en savoir plus : Paul Lacombe - Le testament musical d'un grand symphoniste français

Martial Andrieu, Editions Musique et Patrimoine, 2013

Olivia Ruiz

C'est sous le soleil du Midi, à Carcassonne, qu'Olivia vient au monde le 1er janvier 1980. Elle grandit dans un environnement familial baigné de musique, puisque son papa, Didier Blanc, est musicien et chanteur, aujourd'hui responsable du Hangar Musical à Narbonne. A 15 ans, avec ses amis de Comigne, un petit village de l'Aude, elle forme le groupe Five. En 2001 Olivia participe à la première Star Academy où son non-conformisme et son atypisme la font remarquer par les professionnels de la chanson ainsi que par le public. Aujourd'hui Olivia Ruiz a trouvé sa " voix " ; loin des standards de l'émission qui l'a propulsée, elle cartonne dans la cour des grands. Plusieurs fois nominée aux Victoires de la Musique, elle remporte en 2007 et 2010 la Victoire de la Meilleure Artiste Interprète Féminine. Après avoir vendu plus de 2 millions de disques, l'artiste sort en 2017 son 5e album, participe au troisième opus du conte musical Le Soldat Rose, dont les chansons sont écrites par Alain Souchon et ses fils, Pierre et Charles. Aux côtés de Zazie, de Jean-Louis Aubert, de Calogero, de Sandrine Kimberlain, de Laëtitia Casta, ou encore de Renan Luce, le Soldat Rose, Olivia Ruiz interprète de rôle de la Ballerine. Cette fois-ci, le Soldat Rose vous transporte dans une fabrique de jouets où l'on apprend - enfin ! - pourquoi le Soldat Rose est.. rose ! On devrait retrouver toute la troupe du Soldat Rose en tournée en 2018, et si vous avez apprécié les deux premiers épisodes de ce conte poétique, cette troisième et dernière partie de l'histoire vous séduira, tant par ses textes que par ses décors qui nous ramènent à l'enfance.

On loue Olivia pour son engagement à faire connaître encore son département audois (www.olivia-ruiz.com).

Charles Trenet

Le 18 mai 1913 naît à Narbonne Louis‑Charles-Augustin‑Claude Trenet. Dans les années 1930, il découvre le jazz, monte à Paris, et le poète perpignanais, Albert Baus, lui présente Jean Cocteau et Antonin Artaud dans le Paris du Montparnasse... La Seconde Guerre mondiale et l'appel sous les drapeaux l'obligent à quitter le duo Charles et Johnny, qu'il avait formé avec Johnny Hess. Des succès innombrables, des tubes planétaires, de nombreux titres de ses chansons sont éternels. De Je chante, 1937, au Jardin extraordinaire, 1957, en passant par Le Soleil et la Lune, 1939, ou Fidèle, 1971, ses poésies ont traversé le siècle avec légèreté, enchantement et humour. Le rêve constant dans ses textes et dans sa vie lui permet de garder toute sa jeunesse et sa fraîcheur. La nostalgie du passé, les joies et les blessures sont décrites dans ses chansons, de la séparation de ses parents dans son enfance, à ses nombreux déménagements de Perpignan à Berlin. Après avoir parcouru le monde, comme ses chansons, le Fou Chantant a souhaité revenir à Narbonne pour l'éternité, ses cendres contenues dans un globe à l'image du monde reposent près de sa mère. En novembre 2000, la maison natale de Narbonne devient un petit musée, située dans l'ancienne rue de Nancy, devenue avenue Charles Trenet. Par malice, né en 1913, il demanda que l'on change la numérotation en chiffre 13. Souvenirs, objets, chansons, la promenade plonge le visiteur à la fois dans son parcours artistique et dans la vie familiale de Trenet, évoquant en particulier sa mère, dernière résidente du lieu. Le dixième anniversaire de sa mort a été marqué par la publication du livre de Jacques Pessis, Trenet, le philosophe du bonheur, et par la parution d'un coffret de 60 titres de ses chansons les plus célèbres.

Claude Marti, chanteur et poète occitan

Né à Carcassonne en 1940, le chanteur Claude Marti commence à jouer de la guitare à 17 ans, sur une guitare que son grand-père lui avait offert. Il habitait alors le centre ville de Carcassonne : " j'ai appris avec les gitans de mon quartier, on jouait du flamenco languedocien, comme aux Saintes-Maries de la Mer... " En 1970 il enregistre son premier disque. C'est le début d'une longue carrière qui mènera cet auteur-compositeur occitan, aux textes engagés empreints de poésie, sur toutes les routes d'Europe : l'Italie, l'Allemagne, l'Espagne et le Portugal, la Hollande ou la Belgique... autant de pays qui ont accueilli Marti et ses chansons en langue d'Oc qui nous parlent de cette terre d'Occitanie si chère à son coeur. Il se produit le plus souvent seul sur scène jusqu'à sa rencontre avec Gérard Pansanel, Pierre Peyras, Olivier Chabrol, puis avec Antonello Salis, musicens de talent aux influences diverses. Ensemble, ils écrivent notamment la musique du film Conte d'Automne, d'Eric Rohmer (1998), ainsi que la musique de deux films réalisés pour la télévision, Un été albigeois et Ces grappes de ma vigne.

Marti est également conteur, et auteur de plusieurs ouvrages, dont le premier, Homme d'Oc, est publié en 1974. Il a mené, avec une même passion, sa carrière d'artiste engagé et sa carrière d'instituteur jusqu'à 1997, date à laquelle il prend sa retraite. Il se consacre aujourd'hui entièrement à la musique et à l'écriture, et participe activement à plusieurs projets culturels.

Sports et jeux traditionnels
Le rugby dans l'Aude

Si le rugby, venu d'Angleterre, fut d'abord pratiqué à Paris, il a ensuite séduit toutes les régions françaises à la fin du XIXe siècle. L'Aude devient vite le pays de l'Ovalie, et la petite ville de Quillan, située dans la Haute-Vallée de l'Aude, obtient même en 1928 le titre de Championne de France. Narbonne et Carcassonne se distingueront également au fil des années. A XIII ou à XV, le rugby rassemble, fédère et passionne les audois, il est un marqueur culturel essentiel de l'identité du département.

Comité Départemental de Rugby de l'Aude : Avenue Hubert Mouly - BP 50314 - 11100 Narbonne. ✆ 04 68 32 56 86. Site : www.cdauderugby15.com

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