Le guide touristique AUDE - PAYS CATHARE du Petit Futé

Les immanquables

Le pays audois est marqué par son histoire, ses traditions et ses légendes : Grecs, Ibères, Volques, Romains, Wisigoths, Sarrasins, Francs... Chacun y a laissé son empreinte. La religion cathare a marqué le destin de cette terre de contrastes, faite de passions et de douleurs ! Vestiges, cités, villages, villes, cité, édifices ecclésiastiques, paysages, fortifications cathares, personnages célèbres... Nombreux sont les témoignages de ce passé médiéval occitan. Jadis terre de passage, aujourd'hui terre d'accueil aux mille trésors à découvrir !

Drapeau – blason

Les armes de l'Aude se blasonnent ainsi : " De gueules à la croix cléchée, vidée et pommetée de douze pièces d'or, à la bordure crénelée d'argent. " Cette croix d'origine chrétienne a traversé le temps et l'espace. Ses douze pommeaux expriment la maîtrise de l'univers et du temps et ses trois pommettes signifieraient la Sainte Trinité. Depuis l'an 2000, elle est le signe d'adhésion de toutes les appellations du Languedoc.

Carte d'identité

Numéro du département : 11.

Population : 369 503 habitants (INSEE 2013).

Population active totale : 126 850, dont 70 003 hommes et 56 847 femmes.

Densité : 59 hab/km² (2012).

Superficie : 6 139 km².

Préfecture - sous-préfecture : Carcassonne - Narbonne.

Nombre de communes : 438, dont 22 cités urbaines.

Région d'appartenance : Occitanie Pyrénées - Méditerranée.

Point culminant : Pic de Madrès (2 469 m).

Cours d'eau principal : l'Aude (183 kilomètres dans le département).

La cité médiévale de CarcassonneHaut de page
La Cité médiévale de Carcassonne

Inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1997, la Cité de Carcassonne enserrée dans ses puissants remparts est connue bien au-delà de nos frontières. Au pied de la Montagne Noire, à la croisée des routes, entre les Pyrénées et le Massif Central, " la Cité aux cinquante-deux tours ", riche de son passé de 2 600 ans d'histoire et de 1 000 ans d'architecture militaire, s'impose comme une curiosité majeure que vous ne pourrez oublier.

Un peu d'histoire...

Dès le VIe siècle avant notre ère : des hommes s'installèrent sur ce promontoire de 50 m au-dessus de l'Aude, un emplacement privilégié dans cette région où l'eau fait souvent défaut.

Au IIIe siècle avant J.-C., les Volques Tectosages, gaulois d'origine celte (de l'étymologie latine : ceux qui cherchent un toit) s'installent sur l'oppidum de Carcaso.

A la fin du IIe siècle avant. J.-C : l'agglomération de Carcassonne, qui conservera ce nom, est intégrée à la colonie romaine de la Narbonnaise fondée en 118 av J.-C.

A la fin du IIIe siècle ou au début du IVe siècle : sous la menace des invasions barbares, les Romains érigent le premier rempart jalonné d'une trentaine de tours.

Au Ve siècle : les Wisigoths occupent le site et renforcent les murailles.

Au VIIIe siècle : en 725, les Sarrasins s'y installent jusqu'en 759, avant d'en être chassés par Pépin le Bref. La Cité devient une ville placée sous une autorité comtale jusqu'au XIe siècle.

Du XIe siècle au début du XIIIe siècle : de mariages en traités, Bernard Aton Trencavel devient vicomte de Carcassonne. La dynastie des Trencavel constitue, de 1074 à 1209, une étape majeure de la Cité au Moyen Age. Elle commence avec Bernard Aton Trencavel et s'achève avec Raymond-Roger Trencavel. Au cours de cette période la ville s'embellit et connaît un rayonnement exceptionnel en s'affirmant comme un haut lieu de commerce. Sa ceinture de murailles est renforcée en utilisant tous les éléments architecturaux de défense connus à l'époque (poternes, barbacanes, échauguettes inaccessibles, hourds et mâchicoulis...), tandis qu'en cette fin du XIIe siècle, le catharisme s'implante en terres occitanes. Construction du château comtal (vers 1130) qui est une forteresse dans la forteresse.

Aux XIIIe et XIVe siècles : en 1209, au cours de la croisade contre les Albigeois connus aujourd'hui sous le nom de cathares, la Cité est prise par les croisés et confiée à Simon de Montfort, puis les rois de France l'annexent à leur royaume après en avoir fait une sénéchaussée royale. Ville frontière, la cité va subir de grandes transformations sous les règnes de Louis IX puis Philippe III Le Hardi et de son fils Philippe IV le Bel. Le rempart du Bas-Empire est repris en sous-oeuvre, et l'enceinte extérieure est construite. Suite à ces travaux, la Cité ne sera plus jamais prise par d'éventuels ennemis, ce qui lui vaudra dès le XIVe siècle le surnom de " Pucelle du Languedoc ". La forteresse a alors presque la même apparence que celle que nous pouvons contempler de nos jours. Le Bourg Neuf, appelé aujourd'hui Ville Basse est créé sur l'autre rive de l'Aude à la demande du roi Louis IX au cours de la deuxième moitié du XIIIe siècle. Cette " deuxième Carcassonne " se développe à son tour. C'est une bastide dont le plan en damier organise les pâtés de maisons (dits " carrons ") autour d'une place centrale. Elle connaît rapidement un bel essor grâce à une industrie drapière florissante dont les productions sont exportées jusqu'à Constantinople.

Du XVIIe siècle aux restaurations : le traité des Pyrénées, signé en 1659, rattache le Roussillon à la France, et, repoussant la frontière jusqu'à sa position actuelle, fait perdre à la Cité son importance stratégique. Progressivement, les ouvriers de l'industrie drapière, souvent très pauvres, s'installent entre les remparts de la Cité, dans les lices, utilisant les pierres du monument pour construire leurs masures, adossées aux remparts. Ainsi, 122 maisons, des jardins, des porcheries et des poulaillers occupent cet espace jusqu'aux restaurations de la ville au XIXe siècle. La Cité devenue un quartier pauvre, tombe lentement en ruine.

XIXe siècle : La Cité, place forte obsolète, est condamnée à être entièrement détruite, son entretien coûtant trop cher. Mais en 1839, Jean-Pierre Cros-Mayrevieille, un érudit local passionnément attaché à la Cité, fait une belle découverte lors de fouilles archéologiques dans l'ancienne cathédrale de la forteresse : le tombeau de l'évêque Guilhem Radulphe, première expression de l'art gothique dans la cité. Grâce à cette découverte exceptionnelle, il parvient à faire classer l'église en 1840, et demande à la Commission des Monuments historiques récemment créée (1837) de restaurer l'édifice. Il attire également l'attention sur l'importance de sauvegarder le monument dans son ensemble. C'est ainsi que l'architecte Eugène Viollet-le-Duc entre en scène, envoyé sur place par Prosper Mérimée. L'architecte évince rapidement l'archéologue local, récupérant alors toute la gloire et le prestige d'un sauvetage initié par un autre... Il transforme alors la Cité en ville médiévale idéalisée, selon l'image romantique que l'on attribuait alors à ce type de monuments. A son décès, c'est l'un de ses élèves, Paul Boeswillwald, qui terminera les restaurations...

Mais c'est bel et bien grâce au Carcassonnais Jean-Pierre Cros-Mayrevieille que deux millions et demi de visiteurs découvrent chaque année ce site tout à fait unique, grâce à son attachement pour la Cité et à sa persévérance...

Une si belle légende : la légende raconte que l'armée de Charlemagne était aux portes de la Cité alors occupée par les Sarrasins. Dame Carcas, la veuve de leur roi était à la tête de la Cité. Le siège dura 5 ans. Mais au début de la sixième année, la nourriture et l'eau se faisaient de plus en plus rares et aucune des ruses employées par la dame n'éloignait Charlemagne et ses troupes. Dame Carcas fit faire l'inventaire de toutes les réserves qui restaient pour voir combien de temps sa ville pourrait encore résister. Les villageois ne lui amenèrent qu'un porc et un sac de blé. Ils ne tiendraient plus longtemps encore avec si peu ! Elle eut alors l'idée de gaver l'animal du blé qu'on lui avait apporté, puis de le précipiter depuis la plus haute tour de la Cité, aux pieds de Charlemagne. Croyant que la cité débordait encore de vivres au point de gaspiller un cochon nourri au blé, celui-ci leva le siège. Voyant l'armée de Charlemagne quitter la plaine devant la Cité, Dame Carcas, remplie de joie par la victoire de son stratagème, décida de faire sonner toutes les cloches de la ville. Un des hommes de Charlemagne s'écria alors " Carcas sonne ! ", d'où le nom de la Cité.

Il est dit également que Walt Disney se serait inspiré de la Cité de Carcassonne pour dessiner son château de la Belle au bois dormant.

L'abbaye de FontfroideHaut de page
Programme de l'abbaye de Fontfroide 2017

Fêtes des Plantes et du Massif. les 6, 7 et 8 mai, de 10h à 18h.

In Situ patrimoine et art contemporain. Onze artistes ont été sélectionnés : Tjeerd Alkema, Marc Couturier, Daniel Dezeuze, Martine Feipel et Jean Bechameil, Bertrand Gadenne, Renato Nicolodi, Javier Pérez, Marie-Hélène Richard, Vladimir Skoda et le Collectif Time Maker's. du 1er mai au 17 septembre.

Fontfroide la Nuit. Déambulation, ambiance musicale et projections visuelles du mardi au vendredi, de 22 à minuit (hors soirs de concerts).

Le village médiéval. Démonstration et initiation à de vieux métiers et pratiques médiévales, en tenue d'époque.

Du 10 juillet au 25 août : les métiers des Convers.

Violoncelles à Fontfroide. Concert dimanche 9 juillet à 21h30.

Les voyages de Gustave Fayet. Concert Hommage à Gustave Fayet. Jeudi 7 septembre août à 20h.

12e Festival Musique et Histoire pour un dialogue interculturel. Série de concerts exceptionnels, sous la direction de Jordi Savall, avec la Capella Reial de Catalunya, Carlos Nuñez - L'ensemble Panagiotis Neochoritis. Musiciens invités d'Arménie, Bulgarie, Gèce, Israël, Maroc, Syrie, Turquie... du 15 au 19 juillet.

Journées européennes du patrimoine. Les 16 et 17 septembre de 10h à 17h30.

Orchidées à Fontfroide. Exposition et vente d'orchidées réunissant des producteurs du monde entier. Thème : Les ruines d'Angkor, les 7, 8 et 9 octobre, de 10h à 18h.

Festival Fontfroide a du choeur. Rencontre autour de la voix et du chant choral les 21 et 22 octobre de 10h à 18h.

Commémoration de la mort du Père Jean. 11 novembre : célébration d'une grande messe suivie d'une conférence ou d'un colloque.

Le Palais des archevêques de NarbonneHaut de page
Le gouffre de l'Oeil DouxHaut de page
Le gouffre géant de CabrespineHaut de page
Le canal du MidiHaut de page
La barque de Poste

La barque de Poste était un coche d'eau tracté par deux chevaux au trot, à une vitesse de 8 km/h en moyenne, depuis le chemin de halage. Mise en service par l'administration du canal, elle servait de transport postal et de transport de passagers. Le voyage entre Toulouse et Agde, au confort et à la sécurité jusqu'alors inconnus, durait 4 jours et on traversait pas moins de 25 écluses. La barque de Poste pouvait accueillir une cinquantaine de passagers qui se partageaient un espace assez restreint. Certains arrêts, appelés " dînées ", permettaient de prendre le repas du midi, et les étapes avec le repas du soir et l'hébergement pour la nuit étaient, elles, appelées les " couchées ". A chaque étape, on y trouvait auberges, écuries et chapelles. En 1858, la barque de Poste fut supprimée face à la concurrence de la Compagnie des Chemins de Fer proposant un service plus rapide et plus confortable.

La barque de patron

Au XIXe siècle et jusque dans les années 1950, environ 250 barques de patron circulaient sur la partie languedocienne du Canal du Midi où elles assuraient le fret. Ces barques étaient les bateaux de commerce du Canal du Midi. Au début du XIXe siècle, elles pouvaient porter 130 tonnes de marchandises avec une taille maximale de 27 x 5,40 m et un tonnage de 174 tonnes. Depuis, et jusque dans les années 1950, le fret de blé, de vin, d'huile, de sel, ainsi que des matériaux de construction était assuré par environ 250 de ces barques qui circulaient sur la partie languedocienne du canal. La Marie‑Thérèse, conçue pour transporter des barriques de vin, puis du sable et de la farine, est l'une de ces barques de patron. Après des années de bons et loyaux services, elle connut dans les années 1960 une deuxième vie comme boîte de nuit à Sète, puis comme restaurant routier en 1992, avant d'être livrée à la corrosion. En 1994, un sauvetage de la Marie‑Thérèse est entrepris grâce au Conservatoire maritime et fluvial des Pays narbonnais qui entame un travail de restauration. La mise à l'eau s'est faite le 3 juillet 2003 et, depuis, elle flotte à nouveau sur les eaux calmes de la Robine et accueille à Narbonne des expositions temporaires ou des animations.

Le Canal du Midi en quelques dates

Né à Béziers le 29 juin 1609, Pierre-Paul Riquet s'intéresse dès l'adolescence à un projet de canal entre l'Océan Atlantique et la Méditerranée. En 1630, il entre à l'administration des gabelles, et en devient Fermier général du Languedoc, du Roussillon et de la Cerdane. Il ne se contente pas de cette charge, et devient munitionnaire des armées du roi en Catalogne, et amasse une très grande fortune estimée à environ un million de livres qui sera engloutie dans son projet. A sa mort, en 1680, Pierre-Paul Riquet est ruiné...

1662 : Le 15 novembre, Pierre-Paul Riquet présente son projet à Jean-Baptiste Colbert, responsable de la gestion des finances de la France depuis un an. Colbert saura convaincre Louis XIV de l'importance d'une jonction entre les " Mers Océane et Méditerrannée ".

1665 : A la demande des commissaires auprès des Etats du Languedoc, et sur ses propres deniers, Pierre-Paul Riquet réalise un essai dans une rigole qu'il a fait construire pour vérifier le bon fonctionnement de l'alimentation du canal par les eaux de la Montagne Noire.

1666 : le 7 octobre, Louis XIV souhaitant marquer son règne d'une oeuvre impérissable, signe l'édit royal ordonnant la construction du Canal Royal de Languedoc. Par ailleurs, la même année, le Rroi érige le canal de Languedoc en fief, ce qui assure à Pierre-Paul Riquet une confortable fortune.

1667 : Les travaux commencent au mois de janvier et vont durer un peu plus de 14 ans.

1680 : Pierre-Paul Riquet décède à Toulouse le 1er octobre alors qu'il ne reste qu'une lieue du canal à construire.

1681 : La première inspection du canal et la mise en eau ont lieu le 15 mai.

1685 : Réception définitive des ouvrages du canal.

1686 à 1694 : Vauban effectue certaines modifications et complète les travaux.

1776 : Construction à Narbonne du canal de la Robine, branche latérale du canal du Midi, longue de 32 km et située dans l'ancien passage de l'Aude.

1810 : Inauguration du canal à Carcassonne, ville qui, dans un premier temps, avait refusé son passage.

1830 à 1856 : Construction du canal latéral à la Garonne, d'une longueur de 193 km.

1898 : L'Etat rachète la propriété du canal du Midi et en confie la gestion à l'Office national de la navigation.

1991 : L'Office national de la navigation est remplacé par les Voies navigables de France qui gèrent l'ensemble du domaine public fluvial.

1996 : Classement du canal du Midi au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

2016 : 20 ans après son classement, le canal du Midi voit passer près de 10 000 bateaux par an, soit, 28 000 passagers environ.

Quelques chiffres... Le canal du Midi mesure 241 km de Toulouse à l'étang de Thau. Environ 7 millions de m3 de terre ont été charriés pendant les 14 années nécessaires à la réalisation du projet. 328 ouvrages d'art ont été édifiés, dont le port de Sète, des ponts-canaux, des aqueducs, des barrages, 1 tunnel et des ponts, ainsi que 65 écluses comptant en tout 90 sas entre Toulouse et Sète. Le canal est bordé depuis le milieu du XIXe siècle par 42 000 platanes.

Pour en savoir plus : www.sudouest.vnf.fr

Les châteaux  du Pays CathareHaut de page

La racine en grec ancien du mot " cathare " signifie " pur ". Cette religion va se développer essentiellement entre le Xe et le XVe siècle, avec son apogée au XIIe siècle. C'est en Languedoc qu'elle trouvera sa terre de prédilection. Toutes les couches de la société étaient concernées. lls se se nommaient entre eux " Bons Hommes ", ils étaient souvent désignés par les adeptes sous l'appellation de " Tisserands ", car un grand nombre d'entre eux exerçaient cette profession. Ils ne remettaient pas en cause l'existence de Dieu, leur croyance était basée sur le christianisme, simplement ils n'adhéraient pas au culte catholique. Mais il ne faut pas oublier qu'au Moyen Age, la religion telle qu'elle est prônée par l'Eglise catholique était loin de faire l'unanimité. Nombreux étaient ceux qui se posaient des questions, non pas sur l'existence d'un Dieu unique, mais sur la façon d'assurer le plus certainement possible le salut de son âme dans l'éternité. Les cathares étaient des dissidents qui furent les malheureuses victimes de leur succès.

Leur croyance. Ils rejetaient l'Ancien Testament, et privilégiaient l'Evangile de Jean et les Epîtres de Paul. Ils avaient un respect inconditionnel de la vie et étaient de ce fait végétariens, les relations sexuelles étaient considérées presque toujours comme impures. Contrairement aux catholiques, ils ne recevaient qu'un seul sacrement dans leur vie - pas de communion, ni de baptême - par apposition des mains, " le consolament " donné à un âge de raison, aux mourants, et aux simples croyants désireux de devenir " parfaits ". Les églises n'étaient pas considérées comme des lieux particuliers de culte, car celui-ci pouvait être exercé partout et à n'importe quel moment. Ils devaient avoir une activité manuelle (tissage, agriculture...), ils voyaient le mal dans toute forme matérielle et refusaient la représentation de Jésus-Christ, ne croyaient pas en Marie, refusaient le symbole de la croix, il n'y avait pas de différences entre les hommes et les femmes, celles-ci n'étaient pas considérées comme " des êtres inférieurs " et, bien évidemment, interdiction formelle de tuer, voler, mentir.

Leur organisation. En 1167, un concile qui se tient à Saint-Félix-Lauragais organise l'Eglise cathare du Languedoc en quatre évêchés : Agen, Albi, Carcassonne et Toulouse. Chacun d'entre eux est divisé en " maisons " administrées par des évêques et des diacres. Les " parfaits " sont plus près de la population et ont un rôle de prélats. Ils prêchent par deux (de préférence du même sexe) dans les rues, vêtus d'un vêtement simple de couleur sombre.

En 1206, Rome commence à s'inquiéter, cette nouvelle religion prend décidément trop d'ampleur. Innocent III ne peut tolérer qu'une telle " hérésie " se développe en Pays d'Oc avec l'assentiment des seigneurs locaux, alors qu'il s'est imposé la mission de placer l'Eglise catholique en toute puissante au regard du monde. Dominique de Guzman y Aza (qui sera canonisé) vient voir ce qui se passe dans la région et reste affligé en constatant que le clergé vit dans l'opulence et ne respecte aucune des bonnes moeurs dictées par l'Eglise catholique. Il comprend mieux alors que la population se soit tournée vers une autre religion. Il tentera, en vain, de redresser la situation, mais il est déjà trop tard, les brebis égarées ne reviendront pas dans le " droit chemin ".

1208. Le prélat du pape, Pierre de Castelnau, est assassiné alors qu'il vient de rencontrer Raimond VI, comte de Toulouse tout récemment excommunié. Le prétexte est alors tout trouvé pour mettre fin à " l'hérésie cathare ". Il faudra une bonne année à Innocent III pour mettre en place sa croisade punitive. Pour ce faire, il doit convaincre les barons du Nord en leur promettant des possessions et aiguiser ainsi leur soif de " chrétienté ".

1209. L'armée si difficilement formée de près de 100 000 soldats descend vers le Sud en suivant la bannière d'Arnaud Amaury, on n'a pas lésiné sur les moyens. La guerre la plus meurtrière et aveugle de l'histoire occidentale de la chrétienté peut enfin commencer. Le 21 juillet de cette même année, la grande armée arrive sur Béziers, et comme la ville refuse de se livrer, le grand assaut est donné avec cette phrase de l'abbé de Cîteaux, Arnaud Amaury, qui reste gravée à juste titre ou non dans les mémoires : " Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ". La population biterroise est littéralement exterminée, les écrits font état de 20 000 morts.

Raimond-Roger de Trencavel a pu quitter Béziers avant la tuerie et prépare Carcassonne à l'inévitable assaut. Pourtant, la cité, en dépit de ses puissants murs de défense, ne résistera pas et sera la seconde à tomber le 15 août 1209, plus exactement elle ouvrira ses portes car la population n'a plus d'eau et meurt de faim. Dès l'automne, la chute de Carcassonne entraîne celle d'Albi, Castelnaudary, Fanjeaux, Montréal, Limoux... Les villes se rendent les unes après les autres.
C'est Simon de Montfort qui s'installe en Languedoc et poursuit avec pugnacité et sans répit sa conquête, alors que les autres comtes sont déjà repartis chez eux estimant qu'au final les terres gagnées ne seraient jamais complètement conquises.
Les cathares survivants qui n'ont pas fait " amende honorable " se réfugient dans des nids d'aigle perchés dans les Corbières en guise d'ultime refuge tels que : Aguilar, Coustassa, Peyrepertuse, Quéribus...

L'Inquisition naît en 1233. Elle n'aura de cesse de traquer, juger, torturer et brûler les hérétiques (hommes, femmes et enfants seront tués sans discernement). En 2014, une découverte d'envergure a été faite à Carcassonne, attestant de ce triste épisode. En effet, on retrouvait dans de nombreux témoignages écrits d'alors la mention d'une horrible geôle à Carcassonne - située à l'ouest de la forteresse, en dehors des fortifications, face au bourg - où étaient enfermés les hérétiques, ils l'appelaient " le mur " ou " la mure ", construite par Jean Galand, inquisiteur de 1278 à 1286. Elle était séparée en deux parties, le " mur large ", vaste prison collective où étaient regroupés dans une extrême promiscuité, dans des conditions tout à fait inhumaines, les hérétiques d'une grande région allant d'Albi à Montaillou, et le " mur strict " qui abritait des cachots où étaient mis au secret, dans des conditions guères plus enviables, puisque enchaînés, les têtes de file du catharisme. Aujourd'hui la présence de ce camp de l'horreur de près de 2 700 m² est une réalité archéologique, puisque deux chercheurs Carcassonnais, Fabienne Calvayrac et Dominique Baudreu, en ont retrouvé la porte au pied de la cité. L'acharnement sanguinaire et aveugle de l'Inquisition ne connaîtra aucun répit même après l'extermination pure et simple des derniers cathares retranchés qui périront au soir du 15 mars 1244 au pied de leur dernier refuge qu'était Montségur. Les quelques derniers hérétiques restants ou toute personne soupçonnée de l'être furent emprisonnés jusqu'à ce qu'à partir de 1329, on n'entendit plus parler de " Bons Hommes " ni de " Bonnes Femmes " en pays occitan.

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