Le guide touristique JURA du Petit Futé : Nature

Nature

Paysage du Jura.
Paysage du Jura.
GéographieHaut de page

Températures moyennes : Le Jura bénéficie d'un climat semi-continental. Ses hivers sont donc froids mais peu enneigés, conséquence d'une altitude peu élevée. Les plaines sont recouvertes de 15 cm de neige en moyenne. Que les amateurs de sports d'hiver se rassurent, le Haut-Jura connaît des chutes de neige importantes, parfois jusqu'au mois de mai ! Les températures varient en fonction de l'altitude : surnommée " la petite Sibérie ", la Bresse peut battre des records de froid en hiver (-25 °C en 2010). Le reste du département est soumis à d'importantes variations thermiques. Les étés sont chauds et secs avec souvent 30 °C... à l'ombre !

Ensoleillement : Bien qu'étant un département pluvieux, le Jura a un taux d'ensoleillement supérieur à la moyenne du nord de la France. Les montagnes sont ensoleillées en hiver, tandis que les plaines sont souvent masquées par des brumes stagnantes. En revanche, la tendance s'inverse d'avril à septembre : l'automne offre de belles périodes d'ensoleillement à basse altitude, alors que les hauteurs en sont régulièrement privées.

Précipitations : Plus vous montez, plus vous serez arrosés ! En effet, le Jura est l'un des départements les plus pluvieux de France. Si, en plaine, la moyenne oscille entre 700 et 1 000 mm par an, les choses se gâtent en altitude : de 1 200 à 1 400 mm dans le massif du Jura, puis de 1 300 mm à 1 600 mm en petite montagne, pour atteindre jusqu'à 2 000 mm par an sur les plus hauts plateaux.

Vent : Préservé par son climat continental, le Jura est peu exposé au vent (à peine 20 jours par an au-delà de 57 km/h). Seule la fameuse bise, sèche et parfois glaciale, le traverse à toute époque de l'année.

Phénomènes naturels : Comme beaucoup de coins montagneux, les orages sont fréquents dans le Jura en été, et jusqu'au début de l'automne. Parfois, des tremblements de terre de faible magnitude secouent le département, comme ce fut le cas en janvier 2012 à Salins-les-Bains (légère secousse estimée à 2,3 sur l'échelle de Richter).

Les reculées. Comment s'explique la formation d'une reculée ? Par une série de phénomènes qui se sont succédés au cours des différentes ères géologiques... D'abord, à l'époque où le Jura est recouvert par la mer, des couches de sédiments plus ou moins durs se déposent les unes sur les autres. Des strates calcaires s'alternent avec d'autres plus marneuses. Puis, à l'époque glaciaire, des failles se forment sous l'effet du gel, plus ou moins étroites et plus ou moins profondes selon la nature des couches. Lors du dégel, les eaux s'infiltrent dans ces failles. Elles stagnent dans des grottes, se faufilent dans des trous, creusent des réseaux souterrains capricieux, entraînent sur leur passage pierres et sables qui érodent la roche. À certains endroits, elles ouvrent carrément une longue entaille dans le calcaire. Les bords s'effondrent. Les eaux souterraines ressortent à l'étage du dessous, continuant à creuser une longue vallée plus ou moins étroite, entre les falaises produites par l'effondrement. Parfois, comme à Baume, différentes résurgences, forment des " doigts " qui se rejoignent avant de se séparer vers la plaine.

Le karst. Le mot karstique vient de Karst, une région de plateaux calcaires de Slovénie, caractérisée, comme le premier plateau du Jura, par une forte circulation souterraine des eaux. Qu'est-ce que le phénomène karstique ? Il se produit sur un sol calcaire. Certaines parties sont plus dures et résistent à l'érosion, d'autres, plus tendres, sont dissoutes par l'action de l'eau et du gaz carbonique. L'eau s'infiltre dans la roche tendre, la dissout ou la creuse, de façon irrégulière, selon sa résistance. En surface, cela forme des lapiaz (des surfaces calcaires creusées de cannelures), des dolines (de petites alvéoles en dépression, comme des cuvettes). En profondeur, elle creuse des avens (gouffres plus ou moins étroits et profonds), des grottes... Tous ces phénomènes sont visibles sur le sentier karstique de Malrochers à Besain.

Paysages caractéristiques. Le Jura est composé de massifs de petites et moyennes montagnes, de plateaux et de vallées.

Cours d'eau et vallées. Le Jura est un pays de cours d'eau. L'Ain y prend sa source avant de rejoindre le Rhône, formant au passage, à Vouglans, un grand lac de barrage. Le Doubs traverse le nord du département. Plusieurs rivières ont façonné le paysage, fourni l'énergie hydraulique et permis le développement des activités économiques des vallées : la Bienne, le Suran, la Valouse dans le sud du département, la Cuisance à Arbois où le père de Louis Pasteur installa sa tannerie, la Furieuse à Salins... Plusieurs cours, cascades et plans d'eau sont classés en première catégorie pour la pêche. Pour le tourisme fluvial, le Val d'Amour et la Loue, peuplés de poissons, se distinguent dans le nord du Jura.

Géologie. Le sol du Jura est composé de karst, formé à partir de la circulation souterraines des eaux dans les roches calcaires, formant ainsi grottes, lapiaz (surfaces calcaires creusées de cannelures) et avens (gouffres). Sous l'effet de l'érosion, des failles ont favorisé les infiltrations d'eaux et des résurgences à la surface. Ce sont les reculées. Enfin, les marnes, des roches friables de couleur plus foncée que le calcaire, sont également bien présentes.

Plateaux. Le premier plateau du Jura se situe, entre 500 et 600 m d'altitude, au-dessus de Baume-les-Messieurs. Le paysage est celui d'un bocage : de grandes prairies, des routes sinueuses qui relient des villages ruraux. Les maisons y sont construites en pierres. Certains toits, à deux pans très inclinés, en sont même recouverts. On retrouve des pierres dans les murs qui longent les prairies et les cabanes de bergers qui les parsèment.

Ce plateau est en quelque sorte le " couvercle " des grottes et reculées de l'étage inférieur. Sa géologie et sa flore sont caractéristiques  : les roches dures sont restées en surface et les plus tendres ont été érodées par l'infiltration de l'eau. Celle-ci s'est faufilée jusqu'à l'étage inférieur, mais n'est guère abondante à proximité et, à défaut de fontaines, les habitants de ce premier plateau, avant de mettre au point des systèmes d'adduction, ont dû compter sur quelques puits et des citernes d'eau de pluie.

Plaines. Au nord du département, entre Haute-Saône et Bresse, la partie basse du Jura s'articule avec les plaines d'effondrement de la Bourgogne. C'est un pays de rivières, d'étangs, de cultures. Tout près de là, au nord de Dole, s'élève le petit massif de la Serre. Frôlant une altitude de 400 m, c'est un espace insolite dans le Jura calcaire  : son sol, reliquat de l'ère primaire contrairement au " jurassique " qui remonte au secondaire, est granitique comme celui des Vosges, avec des grès et des roches volcaniques. On y trouve des grottes et même d'anciennes carrières qui ont été exploitées, semble-t-il, dès le néolithique.

Sommets et cols. Qui dit Jura pense " jurassique " ! La formation du massif et sa géologie sont tellement caractéristiques que leur étude, aux XVIIIe et XIXe siècles, a servi de modèle pour comprendre toutes les formations des terrains de " l'âge jurassique ", à l'ère secondaire. Le massif du Jura s'étend sur plusieurs départements français et cantons suisses. Il a la forme d'un croissant, orienté nord-est / sud-ouest. Plus abrupt du côté suisse, il s'adosse aux reliefs alpins. C'est d'ailleurs la poussée des Alpes qui a provoqué sa formation. Du côté français, il s'étage sur plusieurs niveaux. Quelques sommets culminent à plus de 1 700 m, les plus élevés étant le Crêt de la Neige et le Reculet au sud du massif. À leur pied, le plateau du Haut-Jura s'étend à des altitudes comprises entre 800 m et 1 000 m.

Forêts et bois. La forêt occupe 47% du territoire du Jura. C'est donc l'un des premiers départements les plus forestiers de France. L'origine même du nom du " Jura " atteste de l'omniprésence de la forêt : il signifie " pays boisé ". La forêt est cependant très diversifiée, principalement selon l'altitude. En dessous de 300 m, les feuillus dominent : chêne, charme, frêne, merisier. La fameuse forêt de Chaux, entre Dole et Salins-les-Bains, en est un très bel exemple. Le sol atypique du massif de la Serre lui vaut d'abriter des châtaigniers, essence rare dans le Jura, ce qui explique l'existence d'une fête de la châtaigne qui a lieu en automne à Serre-les-Moulières.

Sur le premier plateau, à partir de 500 m et jusqu'à 800 m d'altitude, hêtres et érables se mêlent aux résineux (surtout des sapins). La forêt de Joux, au nord de Champagnole, est l'une des plus belles sapinières de France. Plus haut, les sapins se mêlent aux épicéas, de plus en plus présents à mesure que l'altitude augmente car ils aiment la forte lumière des pentes escarpées.

Lacs. Les glaciers n'ont pas seulement taillé dans les plateaux jurassiens de profondes reculées. Ils y ont aussi creusé des cuvettes, aujourd'hui devenus des lacs. Parfois gelés en hiver, pour les plus élevés et les plus ombragés, ils sont très prisés en été avec des eaux pouvant atteindre les 25° C. La région des lacs s'étale sur plusieurs niveaux : de 500 m à peine pour les lacs de Clairvaux et Chalain, à près de 800 m pour ceux des environs du Frasnois et de Bonlieu. Voire plus si l'on inclut le lac de l'Abbaye et les petits lacs de la région du Grandvaux. Cette dernière marque la limite entre le pays des lacs et le Haut-Jura. Leurs dimensions sont tout aussi diverses  : celui de Chalain s'étend sur 230  ha, 3 km de long pour un de large, tandis que les lacs de tourbières au nord de Saint-Laurent-en-Grandvaux sont entre 25 et 100 fois plus petits. La végétation et l'aspect des berges varient aussi. Sur les bords du lac de Chalain et de ceux de Clairvaux, facilement accessibles, des plages de sable ont été aménagées ainsi que des zones adaptées aux sports nautiques.

Les " Quatre lacs " du Frasnois attirent un tourisme tout différent. Pêcheurs, randonneurs, amateurs de pique-niques et de détente apprécient leurs rives ombragées et les sentiers aménagés sur leurs berges. C'est depuis le belvédère de la Chaux-du-Dombief ou celui du Pic de l'Aigle, qui culmine à 993 m, que l'on peut les contempler tous à la fois. La région des Quatre Lacs devient celle des Sept Lacs si on ajoute celui du Vernois, situé sur la commune du Frasnois, le petit lac du Fioget sur celle de Chatelneuf et le lac de Bonlieu, plus au sud, qui alimente le Hérisson et ses cascades. Le site des Sept Lacs et les cascades du Hérisson sont classés " Grand Site naturel ". Après son parcours en cascades, le Hérisson s'assagit et traverse deux lacs plus calmes : celui du Val et celui de Chambly, avant de rejoindre l'Ain. Un peu plus en aval, ce cours d'eau est retenu par un imposant barrage qui forme le lac de Vouglans.

Eau, calcaires et paysages

Sol calcaire et eau omniprésente caractérisent la géologie du Jura : plateaux, combes, crêts, cluses et reculées. Sous l'action du gaz carbonique dilué dans l'eau, le calcaire de surface se dissout. Cela se traduit par les phénomènes du karst comme les lapiaz. L'eau a aussi sculpté les profondeurs : les eaux de ruissellement qui s'infiltrent élargissent les fractures, formant un réseau souterrain qui creuse en permanence des anfractuosités, d'où des grottes et gouffres parfois spectaculaires.

Faune et floreHaut de page

Mammifères : Une grande diversité de mammifères est présente dans le Jura. Bon nombre de rongeurs peuplent les massifs et les plaines : lapins, écureuils, hermines, loirs, mulots... On y trouve également des chamois, des mouflons, des bouquetins, des chevreuils, des cerfs, des renards, des chats sauvages (dits "chats des forêts")... On y croise plus rarement le lynx, un animal assez peureux face à l'homme. Il est cependant le plus grand prédateur en France. Un autre prédateur a été aperçu près d'Arthenas (à 15 km de Lons) en octobre 2014 : un loup !

Reptiles : Lézards, couleuvres et vipères aspic constituent la majorité de la faune reptilienne du Jura. De nombreuses espèces d'amphibiens (salamandres et batraciens, entre autres) peuplent rivières et zones humides de montagne.

Oiseaux : On retrouve des rapaces classiques de la région comme la buse, le faucon, le milan noir, la chouette, et d'autres volatiles comme le coq de bruyère, le rouge-gorge, le bouvreuil ou la mésange. Près des rivières cohabitent hérons, aigrettes, bergeronnettes des ruisseaux, cincles plongeurs, martins-pêcheurs... Cette grande diversité est préservée grâce aux lacs et rivières présents sur le territoire, et aux parcs naturels et réserves, souvent classés zones protégées.

Poissons : Brochets, corregones, truites arc-en-ciel et farigo vivent dans les rivières et les lacs de montagne.

Insectes : Papillons, coléoptères et diptères, sauterelles, criquets et libellules sont présents dans le Jura, ainsi que diverses espèces d'araignées.

Grappe de raisin blanc
Grappe de raisin blanc

Arbres et arbustes : Recouvert à près de 50 % par des forêts, le Jura est marqué par une forte tradition sylvicole. On y trouve principalement du hêtre, le " foyard ", mais aussi des érables dans les vallées, tandis que frênes et tilleuls sont bien implantés dans les zones humides. Quelques merisiers sont également présents. On ne peut pas parler de forêt sans évoquer les sapins, et notamment l'épicéa, un sapin odorant aux parfums de cannelle et de clou de girofle, ainsi que divers résineux de montagne.

Fleurs et plantes rares : Qu'elles sont jolies les fleurs de montagne - et souvent rares ! Il suffit de marcher doucement et de se pencher délicatement pour repérer diverses variétés comme les orchidées sauvages, la gentiane jaune, le lys martagon, l'anémone, la centaurée des montagnes, la daphnée camélée, la saponaire, l'edelweiss... Rappelons qu'il faut se contenter de regarder pour préserver ce précieux patrimoine légué par la nature. Framboisiers et groseilliers sont aussi très présents dans le Jura.

Parcs et réserves naturellesHaut de page

Parc naturel régional du Haut-Jura. Vastes plateaux, grandes combes, forêts profondes et rude climat confèrent au Haut-Jura une grande partie de son charme sauvage. Quelques sommets dominent ce pays des grands espaces, qui offre en hiver des perspectives enneigées à perte de vue. Au printemps, la nature se réveille d'un seul coup et il n'est pas rare en mai d'avoir la sensation que l'on passe, en quelques jours, de l'hiver à l'été. S'étalant sur trois départements, la Doubs, l'Ain et le Jura, le Parc naturel régional du Haut-Jura contribue à la protection des milieux naturels, qu'il s'agisse des zones humides comme les tourbières, des bois et forêts, des prairies et " pelouses ", ou des secteurs rocheux. Il gère aussi la ressource des eaux et des rivières, nécessaire à l'équilibre des écosystèmes.

Réserves naturelles. Le Jura compte deux réserves naturelles régionales. L'une à Macornay et Lons : la côte de Mancy. L'autre sur la commune de Nozeroy : la seigne des Barbouillons. Mais le département abrite aussi deux réserves naturelles nationales : la grotte de Gravelle et l'île du Girard.

Réserves naturellesHaut de page

Le Parc naturel régional du Haut-Jura. Le territoire du Parc naturel régional du Haut-Jura s'étend sur trois départements : le Jura, le Doubs au Nord, l'Ain au Sud, et sur deux régions : Franche-Comté et Rhône-Alpes. Il intervient dans la protection des milieux naturels qu'il s'agisse des zones humides comme les tourbières, des bois et forêts, des prairies et " pelouses ", ou des secteurs rocheux. Documentation et animations permettent de mieux connaître la faune et la flore de ces différents espaces naturels : insectes et tritons dans les milieux humides, chevreuils, chouettes, mais aussi l'emblématique grand tétras dans les forêts, ancolies, campanules et gentianes dans les prairies, faucon, chamois et grands corbeaux dans les milieux rupestres. Sans oublier le lynx que l'on retrouve aussi parfois un peu plus bas.

Le Parc naturel régional gère la ressource en eau des lacs et rivières. Mais il préserve et encourage également les activités humaines et les savoir-faire traditionnellement liés aux richesses naturelles locales  : l'eau et son énergie  ; le bois, qu'il serve à fabriquer des jouets, des objets tournés ou les tavaillons qui protègent les façades exposées des maisons  ; et des produits alimentaires comme le miel. Quant à l'élevage, c'est très majoritairement celui des vaches montbéliardes dont le lait donne le fameux comté et les autres fromages jurassiens, grâce aux prairies des combes et plateaux qui caractérisent le Haut-Jura. La Maison du Parc, à Lajoux, met en scène ce pays du Haut-Jura et propose de le découvrir avec les cinq sens.

Du nord au sud du Jura, jardins en tout genre témoignent de l'attachement des Jurassiens à leur terre.

À Dole, ville d'art et d'histoire, ils occupent une place importante : jardins publics comme celui aménagé au XVIIIe siècle au cours Saint-Mauris, jardin botanique des Chevannes, ancien jardin des Carmélites... Rien d'étonnant à ce que la ville organise de nombreuses animations le 1er week-end de juin pour la manifestation nationale "Rendez-vous aux Jardins". Pour l'occasion, des jardins privés fort intéressants s'ouvrent aux visiteurs.

À propos de potagers, de légumes et de fruits, les initiatives jurassiennes sont multiples : formation à l'entretien du jardin dans le respect de la nature avec le centre permanent d'initiation à l'environnement du Haut-Jura (basé à Saint-Lupicin) ; recherche sur le patrimoine fruitier régional et sauvegarde des arbres locaux par l'association des Croqueurs de Pommes du Jura (à Mouchard et Saint-Hymetière).

D'autres initiatives contribuent à la valorisation du jardinage : expositions sur l'art végétal et atelier land-art organisés par l'association de la Petite Montagne (Adapemont).

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