Guide du Minas Gerais : Arts et culture

Architecture

Les États de Rio et du Minas Gerais n'ont pas tout à fait l'épaisseur historique des Etats du Nordeste brésilien, mais l'architecture s'y décline entre baroque et modernisme.

L'architecture coloniale de Rio. Malgré les importantes transformations urbaines qu'a subi Rio depuis ses origines, il reste encore des édifices baroques du XVIIe siècle (comme le monastère São Bento ou celui de Santo Antônio) et du XVIIIe siècle (église Saint-François de la Pénitence ou São Francisco da Penitencia, l'aqueduc qui constitue aujourd'hui les arches de Lapa a été construit en 1768). Les gouverneurs puis la cour portugaise qui fuyait les invasions napoléoniennes en 1808 vont s'installer au coeur d'un ensemble urbain sis aujourd'hui autour de la praça XV (Rio antigo, Arc de Telles). C'est l'élégant Paço Imperial entouré de belles églises dont celle de Mãe dos Homens (Mère des hommes).

Le Minas Gerais baroque-rococo, religieux et civil. Le Minas est une étape incontournable dans le tourisme culturel brésilien. Le développement de l'art baroque, d'une profusion exceptionnelle, est ici le fruit conjoint du rôle majeur de l'Église catholique et des richesses issues des mines d'or. Les églises surchargées, aux drapés et bois sculptés caractéristiques, vont être décorées de manière somptueuse, les ordres et les confréries rivalisaient entre eux à travers l'opulence des atours de leur paroisse. Le système des corporations a ainsi permis aux apprentis talentueux mais désargentés de développer leur art auprès de maîtres, chose qui ne sera plus possible une fois que les Français ont institué les académies des Beaux-Arts, accessibles aux seules personnes issues des classes privilégiées. La lourdeur de certains décors tranche avec l'expression presque naïve des personnages peints ou sculptés comme ceux par exemple du chemin de croix de Congonhas, d'une finesse rare. Deux noms vont marquer l'architecture baroque : le sculpteur Aleijadinho et le peintre Athaide. Leurs burins et pinceaux vont sculpter et peindre les chapiteaux en pierre à savon et les plafonds en bois des plus belles églises du Minas. Ouro Preto, Tiradentes, Diamantina, Sabarà ou Mariana sont quelques-unes des villes où les monuments religieux et civils expriment la richesse du XIXe siècle.

Courant néoclassique à la française et éclectisme. Au XIXe siècle, le positivisme fait la part belle à l'art et à l'architecture français et aux bâtiments imposants. Une mission culturelle française est invitée à Rio par João VI dès 1816 pour développer l'enseignement des Beaux-Arts et transformer Rio en un petit Paris : sous la houlette inspirée du peintre Jean-Baptiste Debret, Granjean de Montigny et Levasseur les architectes, cette mission laissera une indéfectible empreinte. On va raser des morros pour remodeler et désenclaver des quartiers et construire des immeubles " à la française ", comme la maison France-Brésil ou le Palacio de Catete. Le néoclassicisme va inscrire dans la pierre une touche définitivement française. Bon nombre de palais de style éclectique sont érigés dans la lignée, mêlant influence gothique, néoclassicisme et Renaissance italienne à grand renfort de colonnades massives et dorures impériales. On peut citer le Théâtre municipal, par exemple, très fortement inspiré de l'opéra Garnier de Paris, et le musée des Beaux-Arts, une autre des merveilles architecturales du Centro, tout comme le Palácio D. João IV devenu le nouveau musée MAR ou le Copacabana Palace.

Le courant Art déco et moderniste à Rio et Belo Horizonte. Au XXe siècle, Rio voit son centre prendre une verticalité américaine, influencée par la vague de construction de gratte-ciel Art déco et modernistes qui sortent de terre aux États-Unis. Cet art nouveau va enrichir la ville des verrières de la célèbre Confeitaria Colombo et de la désormais célèbre gare Central do Brasil immortalisée par le film de Walter Salles. Le Cristo Redentor du Corcovado reste l'exemple le plus édifiant de la vague Art déco à Rio.

Puis Le Corbusier, Gropius et Mies von der Rohe inspireront le plus grand architecte brésilien de l'époque, Oscar Niemeyer (né en 1907), qui jouera un rôle majeur dans la conception architecturale de nombreux bâtiments de Rio comme le palais Capanema et bien sûr le MAC de Niteroi aux lignes pures et futuristes, mais aussi le quartier de Pampulha à Belo Horizonte. Si quelques édifices remarquables ont été détruits car ce courant est quelque peu contesté pour son esthétique, il reste le fabuleux édifice du musée MAM ou encore l'aéroport Santos Dumont. La cathédrale métropolitaine et son modernisme brutaliste, dans le quartier d'affaires de Rio, détonne encore dans le paysage.

Tout dernièrement, on peut citer le projet pharaonique de rénovation urbaine de Porto Maravilha, dans le Centro, avec l'inauguration de deux nouveaux musées, le Museo de Arte do Rio (MAR) et l'impressionnant Museu do Amanhã, signé par Santiago Calatrava.

Grands architectes de la région

L'Aleijadinho, maître du baroque mineiro. Aleijadinho est l'artiste le plus fameux du baroque brésilien. Fils d'un architecte portugais et d'une esclave affranchie, Antonio Francisco Lisboa (1738-1814) est surnommé l'Aleijadinho (le petit estropié) parce qu'il est atteint à 40 ans d'affections rhumatismales, comparables aux effets de la lèpre, mutilant ses mains et ses pieds. Il travaille les dix-huit dernières années de sa vie en se faisant attacher ses outils à ses membres. Dès son enfance, son père l'a associé à son travail d'architecte et il participe au projet de l'église des Carmes à Ouro Preto. Les Minas Gerais comptent, au milieu du XVIIIe siècle, moins de 40 000 Blancs pour plus de 100 000 Noirs. Ainsi que le suggère F. Cali (L'Art des Conquistadores) : " Peut-être ne peut-on mieux définir humainement le baroque colonial, art adultère, art métis ou mulâtre, que par cette douloureuse rencontre entre deux races sur un troisième continent. " Aleijadinho est l'une des grandes figures de la sculpture et de l'art baroque du Minas Gerais ; il a participé à la construction et à la décoration d'une cinquantaine de sanctuaires et donné au Brésil son premier manifeste architectural ; mais, homme de couleur, coupable d'infamia mulato, il lui est interdit de signer un contrat. Il finit sa vie pauvre, sans titre de maître d'oeuvre. On remarquera ses façades des églises São Francisco, à Ouro Preto (1766) et de São Joao del Rei (1774), sculptées en stéatite, et les statues des douze prophètes décorant l'escalier en terrasse de l'église du Bom Jesus de Matazinhos à Congonhas do Campo, ainsi que l'ensemble des statues en bois polychromes des sept chapelles de la Passion. Les 70 figures de ce chemin de croix sont remarquables d'expressivité et la simplification de leurs formes annonce déjà l'impressionnisme.

Oscar Niemeyer. C'est le plus grand et le plus célèbre architecte brésilien. Oscar Niemeyer fut le concepteur des principaux monuments publics de la ville de Brasilia, nouvellement fondée en 1960. La cathédrale municipale, le congrès national, le Théâtre national, le Palais de justice sont autant d'édifices imaginés par le génial Niemeyer. Quelques années auparavant, l'architecte avait déjà pu faire ses preuves à Belo Horizonte en réalisant plusieurs édifices modernistes, notamment dans le quartier de Pampulha. Communiste convaincu, il dut s'exiler dans les années 1970 et se réfugia en France, où il conçut le siège du Parti communiste français, place du colonel Fabien à Paris, entre autres. Revenu au Brésil, il poursuivit ses travaux et réalisa le superbe musée d'Art contemporain (MAC) de Niterói, ainsi que les autres édifices qui composent aujourd'hui le Caminho Niemeyer dans cette ville située face à Rio. On trouve aussi plusieurs de ses réalisations à São Paulo, dans le Parque Ibirapuera. Il est décédé le 5 décembre 2012, à 105 ans, dans sa ville de naissance, Rio de Janeiro, sur l'Avenida Atlântica, dans un immeuble qu'il a lui-même conçu !

Que rapporter de son voyage ?

Un voyage à Rio et dans le Minas ne peut s'achever sans l'achat de cachaça locale, que l'on pourra acheter dans les engenhos (distilleries artisanales). À Ouro Preto, devant l'église San Francisco, un marché de pierre à savon propose une gamme étendue de produits faits à partir de cette pierre lisse et agréable au toucher. Les artistes locaux excellent dans les peintures et les sculptures de style art naïf, certains, comme Zizi Sapateiro à Mariana, sont reconnus bien au-delà des frontières du Minas Gerais. Une visite à Tiradentes (Bixinhos) pourra également se conclure par la visite de l'atelier de Toti où des apprentis locaux, tels Aleijadinho autrefois, ont pu parfaire leur art et en vivre. Des communautés indiennes et quilombolas (à Paraty par exemple) proposent également un artisanat traditionnel de qualité. Enfin, le marché hippie d'Ipanema et les boutiques de Santa Teresa regorgent de produits artisanaux originaux. Bien sûr, les Havaianas prennent peu de place et permettent de rapporter un peu de soleil brésilien dans ses valises, tout comme un maillot de la Seleção ou des plus grands clubs du foot de Rio. Le marché carioca de Saara est un étal gigantesque d'idées de cadeau en tout genre.

Cinéma

Après une période faste durant les années 1960 (le cinema novo incarné par les réalisateurs Carlos Diegues, Glauber Rocha ou l'initiateur du mouvement Nelson Pereira dos Santos et son oeuvre Rio, 40°, 1955), le cinéma brésilien semblait être rentré dans une profonde léthargie sur fond de régime militaire puis de crise économique. Une loi de 1993 favorisant fiscalement l'investissement dans la production et un organisme de la ville de Rio, Riofilme, ont redonné une vigueur nouvelle à la production cinématographique brésilienne. Des cinéastes talentueux ont émergé, comme Walter Salles (Central do Brasil, Ours d'or à Berlin en 1998, Carnets de voyage en 2003), Fernando Mereilles (La Cité de Dieu, sur la favela éponyme de Rio, qui a remporté un grand succès international, ou L'Aveuglement en 2008) et Karim Ainouz (Madame Sata, 2002), ou encore le controversé José Padilha, qui avec Tropa de Elite (2007, Ours d'or à Berlin également) a décrit avec un réalisme froid les méthodes des forces spéciales de la police carioca, tout comme Tropa de Elite 2 sorti en 2010. Si les films des années 2000 ont eu un écho international important, ces dernières années le cinéma brésilien a été peu prolixe, mais on peut noter néanmoins la sortie de Praia do Futuro (2014) de Karim Ainouz.

Central do Brasil, Walter Salles, 1998. Dora, ex-institutrice, gagne sa vie comme écrivain public, en aidant les migrants nordestins, souvent analphabètes, à écrire leur courrier. À la fin de la journée, lorsque Dora rentre dans son petit appartement de banlieue, elle fait le tri des lettres de la journée. Certaines sont envoyées, d'autres sont détruites et d'autres enfin sont conservées dans un tiroir. C'est ce qui arrive par hasard à la lettre de Josué. Josué demande à Dora de l'aider à retrouver son père après que sa mère décède dans un tragique accident. D'abord insensible, Dora finit par accepter de l'aider.

Cidade de Deus (La Cité de Dieu), Fernando Mereilles et Kátia Lund, 2002Dans la misère de la favela éponyme sortie de terre dans les années 1960, Buscapé (Fusée dans la version française) est un gamin noir, pauvre, qui rêve d'autre chose que d'un travail mal payé qui ne pourrait l'extraire de la misère. Rêveur et fragile, il semble bien loin de la violence qui l'entoure. Pour échapper à son quotidien, Fusée a un rêve : devenir photographe professionnel.

Zé Pequeno (Petit Dé), jeune garçon de onze ans, vit dans la même cité. Il rêve au contraire de " devenir le plus grand criminel de Rio ". Lui et Bené, son ami d'enfance, sont pleins d'admiration pour Cabeleira (Tignasse) et son gang, qui font les quatre cents coups.

A noter que ce film a conduit les réalisateurs à créer une série haute en couleur, La Cité des Hommes, suivie d'un long métrage du même nom, racontant le quotidien d'une favela d'aujourd'hui à Rio à travers le regard de deux jeunes amis.

Tropa de Elite 1, José Padilha, 2008. 1997 : les favelas de Rio sont contrôlées par des milices puissantes et sanguinaires qui s'accaparent le marché de la drogue. La police semble avoir abandonné le terrain et est gangrénée par la corruption. Les BOPE (Bataillon des opérations spéciales de police) sont livrées à elles-mêmes dans leur lutte sans merci contre les trafiquants. La lutte contre les trafiquants se fait quelquefois en utilisant leurs propres lois et en oubliant l'État de droit. Le capitaine du BOPE Nascimento n'est plus aussi convaincu de la justesse de son combat : il doit choisir et former son successeur, dans l'espoir de quitter cette vie de violence et de rester auprès de son épouse, qui s'apprête à donner naissance à leur premier enfant. Il devra choisir entre deux amis d'enfance, Neto et Matias : l'un n'hésite pas à tuer pour faire progresser l'État de droit, tandis que l'autre reste accroché à ses idéaux de justice.

Se Eu Fosse Você, Daniel Filho, 2009. Le plus grand succès du cinéma brésilien est une oeuvre plus mineure, Se Eu Fosse Você 2, du réalisateur de télévision Daniel Filho, et qui a en 2009 réuni plus de 6 millions de spectateurs dans les salles obscures du pays.

Praia do Futuro, Karim Ainouz, 2014. Ce film dramatique germano-brésilien raconte l'histoire d'un maître-nageur, Donato, qui part en Allemagne à la recherche de son amant allemand, Konrad, qu'il a sauvé de la noyade.

Tudo que Aprendemos Juntos (Le Professeur de Violon), Sérgio Machado, 2015. À São Paulo, Laerte, un jeune violoniste, rate le concours d'entrée de l'orchestre symphonique. Sans conviction, il accepte alors d'enseigner son art aux jeunes de la favela d'Heliópolis, la plus grande de la ville...

Littérature

On lit peu au Brésil : 13 % de la population (sinon davantage) est analphabète et la télévision (sans compter Internet maintenant) écrase tout. Pourtant, le pays a fourni à l'humanité un grand nombre d'écrivains, de poètes et de penseurs. La production littéraire contemporaine est à l'image du pays, riche et variée.

Les grands écrivains brésiliens et cariocas

Jorge Amado (1912-2001) est certainement l'écrivain le plus célèbre du Brésil. Il n'est pas de Rio mais son oeuvre est incontournable pour qui veut comprendre le Brésil et son évolution depuis près d'un siècle. Prolifique, il a écrit 30 romans, picaresques et carnavalesques, qui ont façonné une image exotique, forte et sensuelle du Brésil. C'est un enfant de Salvador de Bahia, dont il restitue à merveille les ambiances. Communiste convaincu, ses premières oeuvres restituent le combat pour une société plus juste (Suor, paru en 1934, ou Terre violente de 1943). Ses livres les plus connus (et les meilleurs) sont Bahia de tous les Saints (1938) et Dona Flor et ses deux maris (1966).

Joaquim Machado de Assis (1839-1908) est considéré quant à lui comme le plus grand nom de la littérature brésilienne. Premier président de l'Académie des lettres brésiliennes (en 1897), il est doté d'un style flamboyant et ironique. On lui doit quelques chefs-d'oeuvre de la littératue mondiale, comme les Mémoires posthumes de Bras Cubas (1880), L'Aliéniste (1881) ou encore Don Casmurro (1899).

L'un des plus grands poètes brésiliens est Carlos Drummond de Andrade (1902-1987), dont la statue trône sur le bord de mer de Copacabana. Sa poésie subtile démontre une profonde maîtrise de la langue portugaise.

Quant à l'histoire et la sociologie, ces disciplines sont représentées par deux maîtres brésiliens : Sergio Buarque de Holanda (1902-1982 - le père du grand chanteur Chico Buarque), dont le livre Racines du Brésil (1936) fait référence ; et Gilberto Freyre (1900-1987), qui a écrit avec Maîtres et Esclaves (1933) une oeuvre clé pour comprendre la constitution de la société brésilienne.

La scène littéraire contemporaine est dominée par l'omniprésent Paulo Coelho (né en 1947), que l'on ne présente plus, et qui obtint avec L'Alchimiste un colossal succès mondial en 1988. Citons également l'auteur - à succès - de romans policiers Rubem Fonseca (né en 1925), dont le meilleur livre est certainement Du grand art (paru en 1983).

Les enfants adoptés

Le très grand écrivain juif et viennois Stefan Zweig (1881-1942) s'échappa de l'Autriche dès 1934, fuyant un régime qui brûlait ses livres, puis en 1941 une Europe qui va bientôt sombrer dans le cauchemar de l'Holocauste. Réfugié à Rio, il tombe amoureux fou de la ville et du Brésil, qu'il considère comme l'antithèse de l'Europe décadente et perdue qu'il décrit dans Le Monde d'hier. Il rédige une véritable ode au Brésil en 1942, intitulée Le Brésil, terre d'avenir, que tous ses amoureux doivent lire, tant pour ses qualités littéraires que documentaires de l'époque. Peu de temps après, il met fin à ses jours à Petrópolis (avec sa femme Lotte), désespéré de l'évolution dramatique de son continent de naissance.

La mort de Claude Lévi-Stauss (1908-2009), en octobre 2009, eut un grand retentissement au Brésil. Cela témoigne de l'importance du précurseur du structuralisme dans les esprits brésiliens, lui qui occupa en 1935 et 1936 une chaire de sociologie à l'université de São Paulo, qui revint au Brésil en 1938 pour poursuivre ses travaux ethnologiques sur plusieurs peuples indigènes d'Amazonie et du Mato Grosso (Nambikwara, Bororo, Mbaya...). Il y rédige ce qui restera son livre le plus célèbre, Tristes Tropiques (1955), récit de voyage, oeuvre méditative s'interrogeant sur la civilisation et la destinée de l'homme. Il est élu à l'Académie française en 1973. Il publiera également en 1994 un livre de photographies sur son séjour brésilien entre 1935 et 1939, au titre évocateur de Saudades do Brasil (Nostalgies du Brésil)...

Médias locaux
Presse

Il est très facile de trouver des journaux : à Rio en particulier, des kiosques sont postés à quasiment chaque coin de rue !
Les principaux titres de presse quotidienne sont :

O Globo, édité par le groupe de médias éponyme, le plus puissant d'Amérique latine. O Globo est le quotidien de référence, à Rio en particulier. Le supplément du samedi Revista présente les principaux évènements culturels du week-end et de la semaine à venir. Très bon site Internet également (www.oglobo.co).

Folha de São Paulo (www.folha.uol.com.br), le premier quotidien du Brésil en tirage (plus de 1,4 million d'exemplaires vendus par jour). Très présent dans la capitale pauliste, naturellement.

Jornal do Brasil (www.jb.com.br) est le plus ancien quotidien du pays, mais il a beaucoup perdu de sa superbe (et des lecteurs) depuis une vingtaine d'années. Il édite néanmoins lui aussi un supplément culturel, le vendredi, baptisé Programa, de qualité.

À Belo Horizonte, le quotidien de référence est l'Estado de Minas (www.estaminas.com.br).

Enfin, pour les amateurs de football, la lecture de Lance (www.lancenet.com.br), L'Equipe du Brésil, est un passage obligé !

 

La presse magazine brésilienne est dominée par deux grands groupes :

Abril, qui édite une multitude de titres dans toutes les thématiques imaginables. Citons en particulier Veja (www.veja.com.br), le premier newsmagazine du pays et ses 1,2 million d'exemplaires vendus par semaine, qui édite un excellent supplément dédié à Rio (Veja Rio). Son parti pris conservateur et anti-luliste primaire peut néanmoins parfois agacer... Abril édite également un excellent magazine de voyages, Viagem (www.viajeaqui.com.br) ou Exame (www.exame.com.br), peut-être le plus complet des magazines économiques.

Globo (encore !), qui publie Epoca (www.epoca.com.br), un hebdomadaire concurrent de Veja, et bien d'autres magazines à centres d'intérêt (dont la version brésilienne de Marie-Claire !).

 

Télévision

La télévision au Brésil est une institution, le passe-temps favori de ses habitants, une véritable drogue nationale. Ses principales chaînes gratuites sont TVGlobo (la chaîne à la plus forte audience), Record !, Bandeirantes et SBT. Selon certains, le contenu de celles-ci est franchement indigent, telle de la TVGlobo qui fabrique des novelas dont les scénarios s'élaborent selon les thèmes du moment et que les gens regardent bouche bée. Selon d'autres, ses feuilletons peuvent être de qualité, inspirés d'écrivains d'envergure, comme Amado lui-même, dont on a adapté Tocaia Grande, en 1995. Les informations nationales penchent quand même franchement vers le sensationnel, dans un mélange de télé-réalité et de populisme de bas étage.
Certaines chaînes sont la propriété d'hommes publics, telle Record !, qui appartient à Edir Macedo, l'une des plus grandes fortunes du pays et accessoirement fondateur de l'Eglise universelle du Royaume de Dieu... Parfois, on donne un bon film en version originale. Avec cinq coupures de publicité, on a le temps d'avoir soif. Quant au football, c'est le dimanche à 16h. Goooooaaaaaaaaal ! Le réalisateur filme les deux vestiaires avant la rencontre ; on entend les instructions de l'entraîneur aux joueurs, en rond, main dans la main. On repasse les buts sous plusieurs angles à vitesse réelle et au ralenti. Le Brésilien est scotché à son poste, il y en a partout dans les bars, les restaurants, jusqu'aux pharmacies de quartiers qui affichent fièrement leur telão (écran de TV) !

Radio

La radio est également un média de forte écoute au Brésil, en particulier à Rio. Radio Tupi (FM 96,5 Mhz) est LA radio d'information de Rio, dont l'ex-émission phare, celle de Cidinha Campos (devenue depuis députée fédérale), écoutée par 400 000 personnes, pallia les insuffisances des pouvoirs publics lors d'une inondation en 1988 et renseigna les pompiers sur les lieux d'intervention. Les deux meilleures radios cariocas pour écouter de la musique brésilienne sont MPB FM (90,3 Mhz) et JB FM (99,7 Mhz).

Musique et danse

La musique est constamment présente au Brésil, elle s'insinue au sein de toutes les classes sociales, de toutes les races, et est une composante majeure du caractère brésilien. Les grands tubes de Samba (Vou Festejar, de Beth Carvalho) ou de bossa-nova (Garota de Ipanema, de Tom Jobim) sont connus par coeur par tout un peuple, appris à l'école et chantés quotidiennement. Pour tout savoir ou presque sur les genres musicaux du Brésil (samba, bossa-nova, MPB, axé et bien d'autres) le livre Le Son du Brésil, de Chris McGowan et Ricardo Pessanha, aux Éditions Lusophone (2000), est une référence.

Les principaux genres musicaux

L'historien Ferdinand Denis a écrit en 1824 à propos de la musique au Brésil : " J'ai vu des hommes accablés sous la servitude retrouver une sorte de liberté avec leurs chants. Les esclaves ne font rien sans chanter, ceux qui portent des fardeaux règlent leur pas sur la mesure répétée d'un chant monotone et lent auquel se joignent des chansons dont les paroles sont presque toujours improvisées. " Le Brésil occupe dans la musique populaire contemporaine la même place que celle qu'occupe son football dans le monde du sport. Pas une soirée musicale sans bossa-nova ou samba. Après le jazz et le rock'n'roll, les rythmes brésiliens ont été l'innovation musicale du siècle.

Le samba (ici, ce mot est masculin) date du début du siècle. Son nom, d'origine africaine, est né dans le port de Rio, parmi les esclaves libérés du Nordeste, venus chercher du travail dans la capitale. Sa musique se caractérise fréquemment par un rythme à deux temps, avec un coup de grosse caisse (le tambour s'appelle le surdo), sur le deuxième, une exceptionnelle richesse de percussions, un chant collectif et extraverti, et la gaieté lumineuse de son thème. Ses principaux représentants sont le mestre Cartola, fondateur de Mangueira, la plus célèbre des écoles de samba, Beth Carvalho (qui chante l'hymne de la fête Vou Festejar), Paulinho da Viola (O som de Mangueira) ou encore Zeca Pagodinho (Verdade). La samba est évidemment omniprésente lors du carnaval de Rio.

La bossa-nova est née à la fin des années 1950. Pour la définir, disons que c'est une samba en plus intimiste et sophistiquée, avec des accords jazzy, toute en altérations. Les fondateurs en sont le compositeur Antonio Carlos " Tom " Jobim et le parolier Vinicius de Moraes, auteurs de l'hymne de la bossa-nova, Garota de Ipanema. Tom Jobim est le géniteur de quelques-unes des plus grandes chansons de la bossa, comme Aguas de Março (Les eaux de mars, repris par notre Georges Moustaki national), Corcovado ou Agua de beber. L'autre monument de la bossa est l'irascible mais génial João Gilberto qui a composé et interprété avec un talent unique des merveilles comme Desafinado ou Chega de saudade. Avec la disparition de ses fondateurs, la bossa-nova a perdu de sa superbe. Elle semble figée dans le temps et peine à se renouveler. Son principal ambassadeur actuel, le merveilleux guitariste Roberto Menescal, a déjà 73 ans...

Le pagode est l'expression de la créativité et de la spontanéité brésiliennes. Un chant improvisé dans un café de quartier populaire ou dans une fête, qui commence avec le tintement d'une cuillère, l'inspiration d'un client un peu gris, des instruments surgis discrètement les uns après les autres, une guitare minuscule au son aigu (le cavaquinho), un tambourin, des maracas (de leurs vrais noms chocalho et ganzá), une sourdine... On l'entend partout, et sa version dansante, la baicana, est l'oeuvre de Daniela Mercury, Skan ou d'autres groupes éphémères.

Le forrò, originaire du Nordeste, se joue avec un accordéon et des percussions dont une grosse caisse (le zamia). On trouve également ce type de formation envoûtante à Saint-Domingue, où elle fraie avec la béguine. Le chanteur stéphanois Bernard Lavilliers, amoureux du Brésil et du Ceara en particulier, a composé en 1980 un album intitulé O gringo aux fortes influences de forro.

Le tropicalisme, aux influences de pop-rock de blues passés dans le shaker de la samba ou de la bossa-nova, est né à la fin des années 1960 en réaction à la répression militaire. Ses principaux représentants, Caetano Veloso (Canção de Amor) et Gilberto Gil (Toda Menina Baiana), furent contraints à l'exil dans les années 1970.

La MPB (música popular brasileira), c'est tout simplement la musique populaire brésilienne, née au milieu des années soixante. Cette appellation regroupe tous les styles non répertoriés, c'est la musique qu'on entend couramment à la radio. Les principaux noms sont Jorge Ben Jor (Pais Tropical, Taj Mahal), Chico Buarque (Essa moça 'ta diferente), Djavan (Pedro Brasil) ou encore la chanteuse actuelle la plus populaire du Brésil, Ivete Sangalo (Poeira), et de nos jours Seu Jorge.

Baile Funk. Simplement appelé " funk " à Rio, il s'agit davantage des musiques jouées lors des soirées dans les favelas qu'un style musical à part entière. C'est une musique minimaliste et électronique faisant souvent l'apologie des gangs, avec des textes à forte connotation sexuelle et quelquefois des revendications sociales (comme dans le rap US). C'est la musique la plus populaire chez les jeunes dans les favelas. Mais depuis peu, avec le succès phénoménal de certains artistes, comme la chanteuse Anitta, surnommée la " Beyoncé do Brasil ", ce style de musique sort de son ghetto.

Les instruments de musique

Le berimbau servait à l'origine à avertir les combattants de la capoeira des arrivées inopportunes, et aujourd'hui la rythme magiquement. C'est un instrument typiquement africain qui ressemble à un arc, où le fil tendu est relié à une calebasse. Frappé par de courtes baguettes, il sonne comme une guimbarde, et résonne au moyen d'une calebasse ou d'une noix de coco évidée, dont on fait varier le son en appliquant l'ouverture sur le ventre et en faisant varier la longueur de vibration de la corde en y appliquant une pierre plate. Le grand Baden Powel en a tiré une chanson du même nom, sur les mêmes notes, reprise par Claude Nougaro (Bidonville), merveilleusement accompagné par Eddy Louis.

La cuica est un instrument en forme de bidon, raclé à l'intérieur avec un bâton : il imite le rire. Infernal pour relancer la samba. Spectaculaire démonstration dans le disque de Baden Powel Tristeza on guitar.

Le cavaquinho, petite guitare à quatre cordes, s'il offre un son parfois trop " pincé " n'en est pas moins un instrument clé de la musique traditionnelle brésilienne, notamment dans la samba ou le chorinho.

Les grands musiciens brésiliens

Antonio Carlos Jobim, dit Tom Jobim (1927-1994). Compositeur, pianiste et flûtiste. A commencé adolescent à jouer du piano dans le garage de la maison familiale du quartier de Tijucà à Rio, au 634, rua Conde de Bonfim, aujourd'hui détruite. Autodidacte, il associait les notes sans interdit et créa des harmonies neuves. Le succès vint vers la trentaine, avec Se todos fossem iguais a você, Bim Bom, en 1956, Chega de Saudade, en 1958, marquant l'entrée fracassante de la bossa-nova dans le monde de la musique, après un concert au Carnegie Hall de New York, en 1962. Tom Jobim a composé 500 chansons, dont, en 1964, Girl from Ipanema, la cinquième la plus diffusée au monde, exécutée 13 millions de fois dans 200 versions différentes, et dont les paroles sont de Vinicius de Moraes.

Le café Véloso porta alors le nom de la chanson. La rue Montenegro devint, elle, rue Vinicius de Moraes. L'avenue Vieira Souto, le long de la plage, devait prendre le nom de Tom Jobim, mais la décision du maire de l'époque ne fut pas approuvée. Tom a composé d'autres merveilles, dont Aguas de Marços, que Leonard Feather, le redouté critique d'art du Los Angeles Times, salua comme une des meilleures chansons de tous les temps. " E pau é pedra é o fim do caminho, é um resto de toco é um pouco sozinho... " Corcovado (Quiet Nights : " dans un coin, une guitare... du calme pour penser... du temps pour rêver "), Agua de Beber, Modinha, So dança samba, Samba de una nota so, Retrado em branco-e-preto et Wave, chantée par Sinatra.
A felicidade est la mélodie du film Orféu Negro, de Marcel Camus, Tristeza nao tem fim... " La tristesse n'a pas de fin... Le bonheur du pauvre, c'est l'illusion du carnaval, on travaille toute l'année pour un moment de rêve, dans un costume de roi, de pirate ou de jardinière, et tout se termine le mercredi. " Tom reste célèbre pour ses panamas, ses cigares et son combat pour la forêt atlantique. Il est décédé d'une complication cardiaque après une opération à New York.
Parmi les interprètes des oeuvres de Jobim, citons :

Astrud Gilberto. Une des voix les plus célèbres de la bossa-nova, belle, limpide, légère, onirique. Disques recommandés : ceux où figurent Agua de Beber et Corcovado.

Stan Getz. Saxophoniste, il jouait merveilleusement sa bossa. Disque recommandé : le fameux Stan Getz, Joao Gilberto, Tom Jobim Verve, où figure l'hypnotique O Grande Amor.

Tania Maria. Superbe voix d'alto. Disque recommandé : celui où figure A felicidade (Tristeza).

Vinicius de Moraes (1913-1980). Figure réjouissante, généreuse et poétique, ambassadeur du Brésil, il recevait dans sa baignoire et est mort dedans. Fut un excellent et prolifique parolier de la bossa-nova, compositeur, collaborateur de Baden Powel (Cansado do Amor Ausente) et Tom Jobim bien entendu. Il aurait pu figurer à la rubrique littéraire, avec ses Cinco Elogias, que l'on déclamait dans les bars, et d'autres romans, ou à la rubrique cinéma, car il fut critique et élève d'Orson Welles. Ce touche-à-tout s'est marié neuf fois ! Il a été banni par les militaires. Son fils est un photographe de renom.

Baden Powel (1937-2000). Baden Powel fut un virtuose de la guitare, né dans l'État de Rio. Techniquement, le néophyte se demande, comme pour Hendrix, où est le deuxième guitariste. Chaque corde joue son contre-chant - c'est également un interprète de Vivaldi. Baden est un virtuose, mais là n'est pas l'essentiel. Ses phrases musicales sont celles de la beauté espérée, de l'être aimé qui vous attend ; elles se répondent et se relaient comme des pluies d'été. Combien de fois est-on déçu, chez d'autres, par une composition sans intérêt, un machin technique ne chantant pas ? Ici, chaque note parle, est nécessaire. Après l'exposé d'un motif, on entend la suite que l'on rêvait, et plus encore ; de somptueux inattendus se découpent en architectures chaudes et lumineuses. Powel ne mesure ni la justesse ni la générosité lyrique de ce qu'il échafaude. Il sait ménager des silences faisant rebondir l'intrigue, respectant l'émotion de chaque morceau, à la manière d'un Thelonious Monk, dont il interprète d'ailleurs Round Midnight. Comme le piano de Chopin, le bandonéon d'Astor Piazzola ou la voix des Beatles ou de Jim Morrison, la guitare de Powell emporte et déchire. Cansado do Amor Ausente, c'est l'innocence indienne perdue, la misère des favelas, les jardins secrets de chacun. Tout ce qui bouleverse et était enfoui nous revient à la surface en quelques mesures d'une richesse ahurissante. Powel, le métis pauvre, et Jobim, le petit Blanc, tous deux cariocas, sont, avec Pelé, les plus grands ambassadeurs du Brésil. Son meilleur disque est Tristeza on guitar, où figurent Canto de Xango, Tristeza, O Astraunote. Un monument.

João Gilberto (1931-). Un des créateurs de la bossa-nova. Poète, introverti, solitaire : mauvais caractère mais arrangements parfaits. Voix superbe et railleuse, ne se donne jamais beaucoup. Fut le mari d'Astrud, et est le père de Bebel Gilberto, deux des très belles voix de la bossa-nova. Disque recommandé : Eu sei que vou te amar, ao vivo. Enregistré en public, accompagné d'une simple guitare et d'applaudissements. Simplement sublime.

Chico Buarque de Holanda (1944-). Compositeur, chanteur et écrivain, il est né à Rio, mais a grandi à São Paulo. Chico Buarque a composé de nombreux standards brésiliens : Pedro Pedreiro, A banda, Construcao, O meu Amor, Apesar de Você, Samba de Orly et le Essa moça 'ta diferente popularisé dans les années 1990 par une célèbre marque de soda ! A également écrit des pièces de théâtre et des romans (dont Leite derramado - Lait renversé, le best-seller de l'année 2009 au Brésil), des opéras pour enfants, des scénarios de films (Quando O carnaval chegar), et le bel Opera do Malendro, adaptation de L'Opéra de quat'sous de Brecht. Voix chaude et chansons de haut vol.

Il est l'auteur également de O que sera (Que va-t-on devenir ?), reprise par Claude Nougaro (Tu verras). Une merveilleuse utilisation de la langue brésilienne et des violons. Et des textes d'anthologie à valeur sociologique : " Que va-t-on devenir ? On soupire, mais c'est de désespoir, on allume des cierges dans les ruelles. Les défilés de mutilés sont cachés par les déguisements des malheureux. Les bandits en profitent, plus rien n'a de sens. Les cloches et les hymnes sonnent pour les malhonnêtes. Dieu s'il revenait serait déboussolé le pauvre, et bénirait tout le monde. C'est le chaos. "
Deux ans après Embrouille, son premier roman, il remporte, en 1993, avec Budapest, la plus prestigieuse récompense littéraire brésilienne, le prix Jabuti. En 2006, il sort Carioca, son 53e disque. Ses fans regrettent la trop grande rareté sur la scène brésilienne et internationale de ce chanteur-compositeur apprécié et reconnu.

Heitor Villa-Lobos (1887-1959). Compositeur au style assez unique, il mêla avec brio le classicisme de ses maîtres (Bach en tête) et les sonorités du nouveau monde. Ce talent hors norme a dit de son oeuvre : " Ma musique est naturelle, comme une chute d'eau " ou encore " Un pied dans l'académie et vous êtes déformé ". Il voyagea pendant huit ans dans les régions les plus reculées du Brésil, sillonna l'Amazonie et vécut en Europe (à Paris), avant d'entamer une belle carrière pédagogique (il organisait l'enseignement musical dans les écoles). Il a laissé pas moins de 12 symphonies, 17 quatuors à cordes, des opéras, des ballets... Son oeuvre la plus réussie s'intitule Bachianas Brasileiras. On pourra visiter le petit musée qui lui est consacré dans le quartier de Botafogo.

Seu Jorge (1970-). Musicien, chanteur et acteur né dans la banlieue de Rio. Il est découvert sur le tard et sort plusieurs albums solo salués par la critique : Samba Esporte Fino, Cru, et surtout América Brasil o Disco, qui connait un succès retentissant grâce aux tubes Burguesinha et Mina do Condominio. Il a tourné entre autres dans Cidade de Deus (La Cité de Dieu), et dans le film de Wes Anderson La Vie Aquatique, où il reprend les titres de Ziggy Stardust de David Bowie en acoustique. Il enchaîné ensuite les albums (Músicas Para Churrasco Vol.1 & Vol.2) et les tournées internationales. LE musicien populaire des années 2000.

Top 10 de la musique brésilienne

Forcément subjectifs et ô combien incomplets, nos 10 coups de coeur :

Garota de Ipanema - Tom Jobim.

Desafinado - João Gilberto.

Brasil de meu amor - Ary Barroso.

Mais que nada - Jorge Ben Jor.

Fina Estampa - Caetano Veloso.

Vou Festejar - Beth Carvalho.

Essa moça ta diferente - Chico Buarque.

Aquele abraço - Gilberto Gil.

Agua de Marzo - Elis Regina & Antonio Carlos Jobim.

Samba de Rosa - Vinicius de Moraes et Toquinho.

Et un site Internet pour en savoir plus : www.arara.fr - rubrique musique.

Peinture et arts graphiques

La peinture hollandaise. Au XVIIe siècle, suite à l'invasion hollandaise dans le Nordeste, plusieurs peintres flamands se rendent au Brésil. Le plus réputé d'entre eux est Frans Post, qui réalise une série de tableaux dans la tradition hollandaise des paysages, représentant notamment la faune et la flore de la région. En plus de sa beauté esthétique, son oeuvre a aussi valeur de document historique. Huit de ses tableaux sont exposés au Musée des Beaux-Arts de Rio de Janeiro.

Le romantisme brésilien. Ce sont ensuite les Français qui seront les inspirateurs d'une peinture brésilienne académique romantique, où l'exubérance de la nature et la lumière auront une place prépondérante. Ainsi la " mission artistique française " fait venir des peintres sous la houlette de Joaquim Lebreton en 1816, notamment Nicolas-Antoine Taunay, Jean-Baptiste Debret ou François-René Moreaux. En grand amateur d'art, l'empereur Don Joao VI est à l'origine de cette initiative à son retour du Portugal, mais se heurte aux partisans de la tradition baroque. Cette nouvelle Academia Imperial de Belas Artes (AIBA) créée en 1826 à Rio fait émerger dans la deuxième moitié du XIXe siècle une scène picturale propre au pays. Des artistes talentueux comme Victor Meirelles (Panorama de Rio, 1890) ou Pedro Americo (Batalha de Avai, 1879) formeront une pinacothèque consistante aujourd'hui exposée avec les oeuvres des maîtres français au musée des Beaux-Arts.

La vague moderniste. Le modernisme brésilien est un mouvement clé de la culture artistique du pays. Dans l'Europe d'avant-guerre, les courants d'avant-garde tels le futurisme, le dadaïsme ou le cubisme secouent la création artistique. Au Brésil, leur influence se fera sentir dans les années 1920. Ainsi des artistes brésiliens ont " succombé " au modernisme.

Les Brésiliens ne se contentent pas de copier ces courants, ils veulent créer un art s'appuyant sur des éléments de leur propre culture, ce mélange de leurs racines africaines et indigènes. Une véritable rupture pour l'époque. Le modernisme brésilien se veut un mouvement " anthropophage ", où on se nourrit des influences étrangères, on les avale pour mieux les régurgiter dans un style national ensuite. Les arts plastiques et la littérature sont les principaux champs d'expression.

Ses principaux représentants sont Lasar Segall (d'origine lituanienne) et le Carioca Emiliano Di Cavalcanti, célèbre pour ses originales peintures de métisses. Dans l'oeuvre de la peintre Anita Malfatti et du sculpteur Victor Brecheret, précurseurs du mouvement, on verra la manifestation des valeurs expressionnistes. Tarsila do Amaral et Vincente do Rego Monteiro, tous deux peintres, puiseront dans le courant cubo-futuriste. Plus récemment, Candido Portinari (1903-1962) s'est avéré être un peintre néoréaliste talentueux et prolifique (plus de 5 000 oeuvres). L'universalité de son oeuvre lui a valu plusieurs commandes, parmi lesquelles les peintures murales du siège des Nations-Unies à New York. Tous ces artistes sont aujourd'hui à l'excellent MAM, le musée d'art moderne de Rio, qui compte de nombreuses toiles de chacun d'entre eux.

L'art contemporain. Le MAC, le musée d'art contemporain de Rio situé à Niterói compte une belle collection d'artistes brésiliens contemporains. Un musée récent, le Museu de Arte do Rio (MAR), place Mauá, propose des collections temporaires d'art contemporain ou d'autres thématiques (photo notamment). Près de Belo Horizonte, les passionnés d'art contemporain se rendront dans le magnifique parc d'Inhotim.

L'art naïf. Le Brésil, à l'image de nombreux pays d'Amérique latine, est une terre où l'art naïf s'est affirmé comme expression du peuple, à l'opposé de l'art des Académies. Cet art né dans la rue et qui fleurit dans les petits ateliers ou sur les murs de la ville, que l'on utilise alors comme palimpsestes de l'histoire écrite par le peuple, a cependant acquis ses lettres de noblesse dans la Ville merveilleuse. Malheureusement le musée international d'art naïf de Rio, le MIAN, à Cosme Velho, a définitivement fermé ses portes en décembre 2016 face aux difficultés financières rencontrées pour maintenir la structure.

Adresses Futées du Minas Gerais

Où ?
Quoi ?
Ailleurs sur le web
Avis