Guide du Minas Gerais : Population et langues

Le Brésil, un pays qui " compte ". Il est difficile de parler de la population de Rio et du Minas sans parler de la population brésilienne dont les deux États sont une parfaite illustration. La population du Brésil s'est fortement accrue ces 50 dernières années : elle est passée de 70 millions d'habitants en 1960 à aujourd'hui plus de 200 millions ! Et ce malgré une maîtrise croissante de la fécondité (1,75 enfant par femme en 2017), qui devrait amener la population à se stabiliser prochainement. Le taux de natalité ne s'élève ainsi plus qu'à 14,1 ‰ en 2017 (contre 35 ‰ en 1970). L'espérance de vie a progressé, atteignant aujourd'hui 74 ans en moyenne ; mais la mortalité infantile reste très élevée : 17,5 ‰ en 2017 (3,4 ‰ en France). Environ 300 000 enfants n'atteignent pas une année, faute d'hygiène et d'alimentation correcte. La population reste très jeune, avec 22 % des habitants sont âgés de moins de 15 ans (contre seulement 14 % en France).

Le Brésil est le géant latino-américain d'un point de vue démographique, et le 6e pays le plus peuplé au monde. La population brésilienne représente plus de la moitié de celle d'Amérique du Sud. Pour continuer les comparaisons, la population brésilienne représente trois fois celle de la France ou encore celle de la France, de l'Italie, de l'Espagne et du Portugal réunis.

Malgré son poids démographique incontestable, le pays demeure, compte tenu de son immensité, largement sous-peuplé, avec un taux moyen de densité de 22 habitants au km² (110 pour la France). De surcroît, cette population est très inégalement répartie sur le territoire : l'État de Rio recense ainsi 350 habitants au km² quand l'État du Roraima (Amazonie) n'en compte que seulement... 2 !

Le " melting-pot " brésilien. La population brésilienne présente une palette de variations passionnantes autour du métissage " Indien/Africain/Blanc ". Le " type " brésilien n'existe donc pas (si tant est qu'un tel type puisse exister dans un quelconque pays), et les Brésiliens eux-mêmes tirent une certaine fierté de ne pouvoir être " identifiés " de prime abord par leur " couleur " ou leur morphotype. Par ailleurs, lors de la dernière enquête démographique menée en 2006, la question " de quelle couleur êtes-vous ? " avait été posée : il a été recensé plus de 140 expressions différentes en réponse (!), de café au lait à cuivre, de brun à crème...

De manière un peu schématique, on peut néanmoins considérer que les Blancs d'origine européenne restent très légèrement majoritaires, avec 50 % de la population " déclarée ". On trouve parmi eux, bien sûr, des descendants de Portugais, mais aussi des Allemands, des Italiens, des Espagnols ou des Polonais, issus des différentes vagues d'immigration qui ont eu lieu au fil des siècles. Suit de très près désormais la population métisse ou noire, avec 49 % des recensés. Quant aux Indiens " de souche ", ils ne représentent désormais plus qu'un petit 0,3 % de la population.

Laissons la parole à Stefan Zweig, qui écrivait en 1941 Brésil, terre d'avenir : " La formation de la nation brésilienne repose uniquement, et cela depuis des siècles, sur le principe du mélange libre et sans obstacles, sur l'égalité absolue des Noirs et des Blancs, des Jaunes et des Bruns... S'est créé un type qui n'a aucune des caractéristiques de " décomposition " que les fanatiques de la " pureté " des races dénoncent... il est difficile de rencontrer des femmes, enfants plus beaux que chez les métis. "

Même si depuis le gouvernement Lula, on assiste à l'émergence d'une classe moyenne noire et métisse, une étude de l'IBGE (l'INSEE brésilien) datant de 2004 montre ainsi que les 2/3 des 10 % des Brésiliens les plus pauvres sont noirs ou métis. À Rio, les habitants des quartiers chics d'Ipanema ou de Leblon sont en très grande majorité blancs. La couleur de peau tend à se foncer au fur et à mesure que l'on grimpe sur les morros où s'accrochent les favelas : ici, comme ailleurs, les inégalités restent tenaces.

Rio de Janeiro, une grande métropole. Rio de Janeiro est la deuxième ville la plus peuplée du Brésil, avec ses 6,5 millions d'habitants " intra-muros " (même si cette notion est toute relative, puisque la ville s'étend sur 45 km du Nord au Sud et sur 20 km de l'Est à l'Ouest !) et ses 11,8 millions d'âmes dans son aire urbaine. La population y a plus que doublé en 50 ans, puisque l'on comptabilisait 4,8 millions d'habitants dans l'agglomération de Rio en 1960. Cette explosion démographique, couplé à une géographie urbaine compliquée, explique le développement erratique de la ville et la forte croissance du nombre d'habitants dans les zones insalubres ou les favelas de l'agglomération. Aujourd'hui, on estime que plus d'un tiers des Cariocas filent dans les quelque 1 000 favelas recensées de la ville (chiffre officiel certainement en-dessous de la réalité). La plus célèbre, Rocinha, engoncée entre les quartiers chics de Leblon et São Conrado, compterait à elle seule plus de 120 000 habitants...

L'État de Rio, quant à lui, est avec ses 17 millions d'habitants le troisième le plus peuplé du pays après les États de São Paulo (44 millions) et du Minas Gerais (21 millions).

BH et le Minas, métropole et campagnes. BH (Belo Horizonte) est la troisième ville du pays, née de la vision moderniste des urbanistes brésiliens dès la fin du XIXe siècle pour remplacer Ouro Preto comme capitale, trop enclavée dans ses montagnes aurifères. C'est aujourd'hui une capitale moderne et dynamique où la production artistique est une des plus actives du pays. Son nom lui vient de la beauté du site où la ville a été construite. Ce n'est pas un lieu où les visiteurs s'arrêtent mais les habitants y sont courtois et les parcs souvent agréables. Une grande partie des " mineiros " sont également des ruraux dont les Paulistes et les Cariocas se moquent en les présentant comme des personnes un peu frustes. Peut-être est-ce dû au sentiment de supériorité que ressentent tous les urbains de la planète. Les mineiros ont certes une certaine retenue, loin de l'exubérance carioca, mais ils sont très loin des clichés que l'on aime véhiculer sur eux. À l'opposé, les Cariocas passent, aux yeux des sages mineiros, pour d'incorrigibles hédonistes.

Le Brésil, un pays dont l'unité est liée à son idiome unique. En 1498, le traité de Tordesillas sépare officiellement l'Amérique espagnole et hispanophone de l'Amérique portugaise, lusophone. Malgré la persistance des langues amérindiennes (dont malheureusement un grand nombre a aujourd'hui disparu), le portugais a été et est toujours le ciment du Brésil. Certes, certains vieux Allemands de Santa Catarina parlent encore un dialecte poméranien, mais la maîtrise relative du portugais ou de quelques mots seulement permet d'être compris dans ce véritable sous-continent. Les jeunes Brésiliens de deuxième ou troisième génération ont souvent perdu la langue de leurs origines et n'ont conservé qu'un prénom en souvenir de la terre d'origine de leurs parents (comme les Nissei japonais de São Paulo). Des nuances régionales peuvent cependant se percevoir à travers l'accent où certaines expressions. L'accent typique de Rio est plus chuintant, présence portugaise oblige lorsque la cour royale portugaise a fui l'invasion napoléonienne en 1808. Ils adorent jurer. Les Mineiros utilisent beaucoup d'expression faisant allusion à la religion.

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