Guide du Minas Gerais : Politique et économie

L'histoire et l'économie brésilienne ont été marquées par des phénomènes récurrents de croissance et de crises, et d'alternance entre les régimes démocratiques et autoritaires. L'histoire économique du Brésil a longtemps été caractérisée par une succession de cycles, plus ou moins importants et plus ou moins brefs, qui ont coïncidé avec l'hégémonie ou le décollage d'une région donnée. Ces théories ont souvent séduit les géographes et les économistes, friands de principes " mécanistes ", et même si cette apparente simplicité est remise en cause partiellement aujourd'hui, elles permettent une bonne lecture des phénomènes spatio-historiques de la construction du pays. Le bois de braise qui donna son nom au pays (pau brasil) inaugura l'ère des cycles. Ce fut ensuite le tour du sucre, puis du café, du caoutchouc et de l'or, pour ne citer que les principaux. Après l'ère du sucre, esclavagiste et nordestine, la découverte des métaux précieux dans la future région des Mines Générales entraîne le premier grand bouleversement économique et démographique et préfigure la réorientation politique interne du pays. Après l'affirmation de la suprématie des régions du sud du pays au détriment d'un Nordeste en déclin et d'un Nord encore peu exploré, le cycle du café va inaugurer la toute puissance de São Paulo, métropole postmoderne. À la fin du XIXe siècle, l'abolition de l'esclavage et - déjà - la chute des cours internationaux entraînent une crise du café et la chute du roi.

Politique
Structure étatique

La République fédérale du Brésil est constituée d'un ensemble de 26 États indépendants et d'un district fédéral (la capitale Brasilia) ou D. F. A l'image des États-Unis, les structures de l'administration et de l'État sont fortement décentralisées. Les pouvoirs sont distribués en plusieurs niveaux largement autonomes : le niveau fédéral ou État central, les communes et les États.

Le niveau fédéral s'occupe des sujets d'intérêt national (diplomatie et relations internationales, directives pour le développement urbain, les télécommunications).

Le niveau des États fédérés gère les décisions relatives au patrimoine, à l'environnement, la santé publique, la culture, l'éducation - décisions prises par chaque États.

Les communes délibèrent et interviennent dans de nombreux domaines de manière autonome.

 

Les pouvoirs politiques

Le pouvoir exécutif. Élu pour un mandat de 4 ans, le président de la République est le représentant fédéral du pouvoir exécutif. Étant donné que le Brésil est doté d'un régime présidentiel, la séparation des pouvoirs exécutifs et législatifs est respectée et le président possède à la fois des attributions de chef d'État et de chef du gouvernement. C'est le président de la République qui nomme les ministres d'État. Il a également le pouvoir de les destituer à sa convenance.

Le pouvoir judiciaire. La mise en place des lois et leur application est à la charge du pouvoir judiciaire. Étant donné l'organisation particulière de la République brésilienne (États indépendants), la constitution brésilienne de 1988 prévoit l'existence de juges d'État et de juges fédéraux. Le pouvoir judiciaire est attribué aux institutions suivantes : tribunal fédéral suprême ; tribunal supérieur de justice ; tribunaux régionaux ; tribunaux spécialisés : tribunal électoral ; tribunal du travail ; tribunal militaire.

Le pouvoir législatif est exercé par le Congrès national. Celui-ci est constitué de la Chambre des députés et du Sénat fédéral. Le nombre de députés et sénateurs présents au Congrès national est déterminé de la façon suivante : les députés sont élus pour un mandat de quatre ans et leur nombre est proportionnel aux populations des États. Ainsi, la Chambre de députés est composée de 513 membres. Les sénateurs sont élus pour un mandat de huit ans. Chaque État et le District fédéral ont le droit d'élire trois sénateurs.

Au Brésil, le vote est obligatoire. Les Brésiliens âgés de 18 à 70 ans sont obligés de voter. Le vote n'est facultatif que pour les Brésiliens âgés de 16 à 18 ans ou ayant plus de 70 ans, et pour les illettrés.

Partis

Après une éclipse de plus de 20 ans, le Brésil a renoué avec la démocratie et le pluripartisme. Les élections y sont toujours l'objet d'un intérêt populaire majeur. Avec le Japon et les États-Unis, le Brésil apparaît comme le pays dont les dépenses pour les élections sont les plus importantes et où les partis politiques sont les plus nombreux, même si la durée de vie de certains de ces partis ne dépasse pas le temps d'une campagne électorale. Actuellement il existe environ une trentaine de partis politiques au Brésil. Les plus importants, c'est-à-dire ceux qui sont représentés par les gouverneurs, sénateurs et le président (aujourd'hui Michel Temer), sont le parti du mouvement démocratique brésilien (parti de l'ancien président Sarney), soit le PMDB, le parti de la sociale démocratie brésilienne de Fernando Cardoso (le PSDB) et le parti des travailleurs (PT) de Lula et de l'ex-présidente Dilma Roussef. Actuellement, le gouverneur de Rio est Luiz Fernando Pezão du PMDB, celui du Minas est Fernando Pimentel du PT.

Le PT a été fondé en 1980, pendant le gouvernement militaire, à São Paulo. Pour les démocrates de gauche, il fallait opposer aux deux partis " officiels " de la dictature une nouvelle structure indépendante et socialiste. Ce nouveau parti, relais des résistances syndicales et populaires de la société civile, allait dès ses origine affronter avec ses dirigeants charismatiques historiques, Lula et Olivio Dutra, la répression des militaires. Il apparaissait comme un défi au sectarisme. Parti de masse, démocratique et socialiste, il cherchera une voie alternative à celle des démocraties populaires ou des sociales démocraties. Consacré par quatre élections successives (Lula par deux fois puis Dilma Rousseff deux fois), le parti a réussi à faire reculer la pauvreté avec entre autre sa politique sociale de " bourse familiale "... mais le chemin vers une société égalitaire est encore long pour la sixième puissance économique du monde. Des scandales (comme celui des Mensalão ou énormes salaires) ternissent l'image d'un parti qui se veut celui du peuple, tout en respectant la logique d'une économie capitaliste. La destitution de Dima Roussef de son poste de présidente par le Sénat le 31 août 2016, pour maquillage de comptes publics, et la condamnation et l'emprisonnement de Lula en avril 2018 constituent un véritable coup d'arrêt pour le parti. Une grande frange de la population soutient malgré tout encore Lula, qu'elle considère emprisonné à tort.

Le PMDB apparaît dès ses origines comme un parti d'alliance regroupant des conservateurs, des libéraux de gauche, des libéraux, des nationalistes et même d'anciens guerrilleros marxistes du MR-8. José Sarney a été le seul président issu de ce parti de 1986 à 1990 (Tancredo Neves étant mort avant son investiture en 1986), mais il possède un nombre important de députés, de sénateurs et de gouverneurs. Son poids dans la vie politique brésilienne est incontournable, même si, en 2006, le PMDB prit la décision de ne pas présenter de candidat à l'élection présidentielle pour être libre de former les coalitions de son choix au niveau des élections des députés et gouverneurs.

Le PSDB est un courant social démocrate créé en 1988. Il était le principal parti d'opposition pendant les présidentielles de 2002 et 2006 remportées par Lula. Aujourd'hui, 8 États sont gouvernés par le PSDB.

Enjeux actuels

Réduire les inégalités. Après 8 ans de gouvernement Lula, le président le plus populaire et charismatique de l'histoire du pays, le Brésil a entamé une nouvelle ère avec la présidence de Dilma Rousseff, réélue de justesse en 2014 après un scrutin serré la confrontant à Aécio Neves. Si celle-ci a été destituée de ses fonctions en 2016, les enjeux de la démocratie et de la politique brésiliennes résident toujours dans la réduction des inégalités sociales et une certaine redistribution des fruits de la croissance de ce pays qui s'affirme comme un géant, aux pieds d'argile de par les poches de pauvretés que les différentes politiques de Lula n'ont pu que réduire de manière trop partielle. Le consensus établi entre les politiques et les milieux capitalistes et industriels ralentit la lutte contre la pauvreté. Certaines lois vont apparemment à l'encontre d'une vision durable du développement, comme la nouvelle loi sur l'environnement qui assouplit l'exploitation des forêts et des milieux naturels. Enfin, la corruption des hommes politiques (scandale Petrobras en 2015) limite la confiance des Brésiliens envers leurs élites dirigeantes.

Sortir de la récession. Les manifestations qui ont précédé la Coupe du monde de football en 2014 ont été les premiers symptômes d'une période de récession dans laquelle le Brésil est entré en 2015, pour la première fois depuis 2009, pénalisé par le prix des matières premières dont elle est dépendante. Face à ces résultats, la présidente a remanié son gouvernement en octobre 2015, réduisant le nombre de ministres de 8 postes et leurs salaires de 10 %, ainsi que 3 000 postes de fonctionnaires pour réduire les dépenses de l'État. La venue des J.O. à Rio en 2016 a néanmoins dynamisé l'économie un certain temps. L'inflation en 2017 a plongé le pays dans une crise économique et a contraint de nombreux établissements à la fermeture.

Réduction de la violence. Aujourd'hui, le taux de pauvreté est de 22 %. L'ancienne classe moyenne inférieure, appelée " classe C ", représente désormais la moitié de la population du pays. Des millions de Brésiliens ont bénéficié de l'ascenseur social sous les gouvernements Lula. Cependant, si 53 millions de Brésiliens ont échappé à la pauvreté cette dernière décennie, le Brésil est toujours plus violent. Ainsi le pays a enregistré 56 337 homicides en 2012, un record depuis 1980, soit quinze fois plus qu'en France en nombre d'homicides par habitant. Peu après le carnaval de 2018, Michel Temer, le président en poste, prend des mesures drastiques face à la flambée de violences dans la ville et confie le commandement de la sécurité à l'armée. L'insécurité croissante de la mégalopole brésilienne est un sujet particulièrement sensible. Le 14 mars 2018 l'activiste des droits de l'Homme et politicienne Marielle Franco est assassinée à Rio. Sa mort provoque une véritable onde de choc dans la ville, dans le pays mais aussi à l'international.

L'arrivée du virus Zika, transmis par le moustique-tigre responsable des épidémies de dengue à Rio, risque de perturber durablement l'économie du pays, notamment pendant les JO. Depuis la Coupe du monde 2014, ce virus s'est propagé à grande vitesse dans le pays et tout particulièrement à Rio. L'armée a été désignée pour nettoyer les zones de prolifération du moustique et limiter la propagation du virus, qui, semble-t-il, provoque des cas de microcéphalies chez les nourrissons. Une démoustication intense de Rio a été opérée pendant le carnaval en février 2016, mais la nouvelle inquiétude sur la cause des microcéphalies chez les nourrissons, liant l'apparition de cette malformation à un insecticide développé par Monsanto pour justement éradiquer le moustique-tigre, ne rassure pas les observateurs internationaux. Mais depuis début 2017 le virus Zika enregistre un recul massif, tout comme les cas de dengue et de chikungunya.

En 2018 on note cependant une recrudescence alarmante de cas de fièvre jaune dans les États de Rio et du Minas Gerais.

Élections présidentielles de 2018. Lula a été condamné en avril 2018 pour corruption et blanchiment d'argent et ne pourra pas se représenter, sauf retournement de situation invraisemblable. La gauche, qui manque de candidats fiables pour se substituer à Lula, est alors bien mal partie. Cela pourrait faire l'affaire de Jair Bolsonaro, qui passerait alors en tête des sondages. Bolsonaro, député fédéral de Rio de Janeiro et membre du Parti social-chrétien, se rapproche des franges extrémistes par ses prises de position en faveur de la peine de mort, contre le mariage gay, et propage des théories racistes sur les peuples indigènes... Le Brésil, qui se veut un pays progressiste, pourrait alors faire un bond en arrière.

L’affaire Petrobras : un scandale de corruption au niveau national

Le Brésil est secoué par un scandale politico-économique sans précédent qui a placé la lutte anti-corruption au sommet de l'agenda du président actuel Michel Temer. Cette affaire concerne l'entreprise étatique pétrolière Petrobras et les géants du BTP qui collaborent avec elle sur des chantiers pharaoniques, notamment dans la création de plate-formes pétrolières pour exploiter les réserves de pétrole découvertes au large du Brésil en eaux profondes.

Tout commence en 2014. Les entreprises du bâtiment auraient formé un cartel pour se partager le marché et surfacturer les devis, le tout avec la bienveillance des partis de la coalition centre-gauche au pouvoir depuis l'élection de Lula en 2003, moyennant des pots de vin faramineux en contrepartie. Des dessous de table qui ont notamment servi à financer des campagnes électorales, mais aussi participé à l'enrichissement personnel de dirigeants d'entreprises et hommes politiques. Dans ce scandale, c'est l'ampleur de la corruption qui donne des vertiges : toutes les entreprises du BTP sont concernées (OAS, Odebrecht, Camargo Corrêa, Mendes Junior, Galvão, Lesa, Engevix, UTC/Constran, etc.), ainsi que tous les partis politiques et leurs dirigeants, le PT de Lula et Dilma à gauche, comme le PMDB au centre et le PP à droite. En deux mots : " tous pourris " !

Dilma Roussef, la présidente du Brésil au moment des faits, n'est néanmoins pas citée par le procureur général de la République dans la liste des personnalités suspectées d'avoir touché des commissions. Si Dilma, avec son passée de guerillera qui a résisté à la torture, a une réputation d'incorruptible, elle a mis longtemps avant de demander la démission de Graça Foster, la présidente de Petrobras, impliquée dans le scandale. Dilma était au moment des faits... ministre de l'Énergie, le ministère de tutelle de Petrobras, puis chef de cabinet du président Lula. À ce titre, elle présidait le conseil d'administration de Petrobras.

La vaine tentative de Dilma de protéger Lula de la justice en le faisant entrer au gouvernement en mars 2016 n'a pas contribué à clarifier les choses et les opposants au régime sont descendus en masse dans la rue pour demander la destitution de la Présidente. Le 31 août de la même année, le Sénat destitue finalement Dilma qui voit Michel Temer, un membre du PMPD, lui succéder. En avril 2018, Lula est condamné à 12 ans de réclusion pour son implication dans l'affaire Petrobras (il est accusé d'avoir créé un système de pots-de-vin pour financer le Parti des Travailleurs). Lula estime qu'il est victime d'un complot " des élites ", dans la continuité du " coup d'État " de la destitution de Dilma. Il était auparavant en tête des intentions de vote pour les élections présidentielles de 2018...

Le préjudice s'élèverait à plus de 3 milliards de reais (700 millions d'euros). Une somme astronomique dans un contexte de crise économique et de coupes budgétaires. Le feuilleton judiciaire, qui semble enfin se terminer, a déstabilisé l'économie nationale déjà en récession : les entreprises du CAC 40 brésilien ont vu leur cours chuter, les investissements ont été suspendus dans un climat attentiste instable et la majorité parlementaire reste sous tension.

Économie
Principales ressources

Le Brésil est aujourd'hui la septième puissance économique de la planète. Avec ses 207,6 millions d'habitants en 2017 et ses immenses ressources naturelles, le Brésil a depuis longtemps dépassé l'économie du sucre et du café et produit des voitures, des avions (Embraer est le second constructeur d'avion léger au niveau mondial). À l'image des autres BRIC, ce pays émergent s'affirme comme concurrent des grandes nations occidentales. Son industrie puissante et diversifiée, ses services performants attirent chaque jour un peu plus les IDE (investissements directs à l'étranger) car les investisseurs y trouvent des avantages comparatifs (main d'oeuvre nombreuse et moins payée à compétence égale, présence de matière première, vaste marché intérieur, environnement professionnel favorable) qui garantissent la compétitivité de la production brésilienne.

Néanmoins, cette affirmation du Brésil comme puissance économique moderne ne doit pas occulter le dualisme de ces structures économiques et sociales. Certaines régions et certaines classes sociales peinent à franchir les pas qui mènent au bien-être et au développement. Les États de Rio et du Minas font assurément partie de ce Brésil dynamique et composent, avec l'État de São Paulo, la région Sudeste du Brésil, la plus puissante économiquement et la plus peuplée du Brésil. Avec seulement 8 % de la population brésilienne (18 millions d'habitants), l'État de Rio produit 13 % du PNB brésilien. Le Minas en produit un peu plus d'1/6e pour 20 millions d'habitants. En 2015, le pays est entré en récession avec un PIB en chute de 0,7 % au premier trimestre et de 1,9 % au deuxième trimestre.

État de Rio : avec une population de 16,6 millions d'habitants en 2017, un PIB supérieur à 626 milliards de R$ (environ 140 Mrds €) et un PIB/habitant de 31 000 R$ (6 907 €), l'économie de l'État de Rio se situe entre celle de la Colombie et celle du Venezuela. C'est le deuxième marché du pays, après São Paulo. On est bien loin d'un État économiquement " spécialisé " comme il a pu l'être dans le passé avec l'agriculture ou les services. Le secteur industriel et les services sont très développés dans l'État de Rio. Le rôle économique important du Brésil dans le cadre du Mercosur et plus généralement de l'économie mondialisée s'explique par la diversité et la forte compétitivité des industries brésiliennes. C'est aujourd'hui le quatrième pays producteur d'avions. On est bien loin du pays raillé, certes affectueusement, par Charles de Gaulle en 1970. Grâce à l'exploitation de nombreux gisements d'hydrocarbure offshore, la croissance est tirée par l'activité pétrolière puisque ce secteur est responsable depuis 2006 de la moitié de la croissance du PIB de l'État. La construction navale et automobile (Peugeot à Resende) est également très développée. On peut admirer les plates-formes pétrolières en construction près d'Angra dos Reis.

Le tourisme est une activité primordiale de la ville, et a connu un dynamisme historique avec la Coupe du monde de football en 2014 (+13 %) soit 5,4 millions de touristes étrangers en 2014. L'organisation des JO de 2016 ont boosté un temps l'économie carioca, et ont permis de pérenniser de nouvelles structures urbaines, notamment dans les transports en commun et l'aménagement d'espaces et de nouveaux musées. S'il n'y a eu aucun accroc majeur lors de l'événement, les retombées positives se sont rapidement estompées. En 2017, les nouvelles installations sportives du parc olympique sont pour la plupart dans un état d'abandon et le Vélodrome a été en partie détruit par un incendie. Le tourisme a chuté drastiquement et la ville fait face à une nouvelle flambée de violence dans les favelas. Faire face à la crise économique et à la violence endémique sont les enjeux majeurs des élections présidentielles fin 2018.

État du Minas Gerais : avec en 2017 une population de 21,1 millions d'habitants (le 2e État le plus peuplé derrière São Paulo), un PIB de 487 milliards de reais (108,4 milliards d'euros) et un PIB/habitant de 17 931 R$ (3 992 €), le Minas est le 3e État brésilien en terme économique. Ses industries sont performantes (aciéries et surtout agro-alimentaire). L'État apparaît comme un pôle d'excellence en agronomie et agro-alimentaire. La présence économique française est ancienne. Les implantations françaises dans le Minas Gerais sont diversifiées (Arcelor, Areva, Groupe Danone, Lafarge, Eurocopter, Thales...). Le dynamisme économique et culturel de Belo Horizonte procède ici des performances de ses entreprises pré-citées, liées à l'industrie sidérurgiques, aux hautes technologies et au secteur agro-alimentaire qui permet au Brésil de s'affirmer comme " géant vert " et épouvantail de l'UE dont la PAC (politique agricole commune) doit permettre le maintien de la compétitivité de l'agriculture européenne dans le cadre de l'OMC, c'est-à-dire une politique sans protectionnisme.

Place du tourisme

Le tourisme occupe une place primordiale dans l'économie de l'État de Rio et est également un fournisseur d'emplois important dans le Minas. Le pays a battu tous les records historiques puisque près d'un million de touristes de 203 pays sont venus assister au Mondial de football en 2014 et a vu bondir sa fréquentation annuelle de 14 % ! Les J.O. ont quant à eux attiré 1,2 million de touristes !

Tous les types d'emplois sont disponibles, du manager formé dans les grandes universités du top ten du classement de Shanghai, aux emplois qui ne nécessitent aucune classification. C'est souvent une source d'emplois " communautaires " qui permettent aux habitants des favelas de participer économiquement à la vie de la Cité et d'échapper en partie à la précarisation qui caractérise encore trop souvent les conditions d'existence du petit peuple ! Les villes spécialisées dans le tourisme (Buzios, Ouro Preto, Petrópolis, Paraty...) ont par définition une grande partie de leurs activités économiques qui dépend de ce type de services. Il n'y a qu'à s'aventurer dans ces lieux en fin de semaine pour comprendre l'insistance déployée dans cet ouvrage pour inciter à réserver les hébergements.

La Ville merveilleuse, qui connaissait un déficit de structures hôtelières, a vu de nombreux nouveaux hôtels sortir de terre qui devraient combler cette pénurie. Malheureusement la crise économique qui frappe le pays depuis 2016 a contraint nombre d'établissements à fermer leurs portes et l'insécurité galopante dans la mégalopole contribue à effrayer les touristes potentiels.

Enjeux actuels

Si aujourd'hui, le Brésil s'inscrit dans le groupe encore assez fermé des pays émergents avec les autres " BRIC " et dispose à la fois d'une économie moderne et compétitive, le pays connaît une récession depuis 2015 qui s'est accentuée jusqu'en 2017, malgré l'apport économique des J.O. de 2016, en raison de la chute des prix des matières premières dont le pays est dépendant, de la conjoncture politique instable et de la lutte anti-corruption. Michel Temer, l'actuel président, a mis en oeuvre de grandes réformes libérales impopulaires et a aussi essayé de séduire les investisseurs chinois pour redresser la barre de l'économie. Les privatisations massives pourraient éponger l'énorme déficit public.

L'inflation galopante est retombée en 2017 (2,95 %) notamment en raison de la baisse du prix des aliments suite à des récoltes exceptionnelles. Elle devrait se stabiliser en 2018.

Les défis actuels consistent à réduire les dépenses étatiques et éviter une surchauffe économique et le développement sélectif du pays. Ce développement inégal laisserait une partie des Brésiliens en dehors du processus de croissance, alors même que les avantages comparatifs à la base d'une partie de la croissance sont liés aux différentiels de salaire par rapport aux pays hautement industrialisés de la Triade.

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