Guide du Minas Gerais : Survol de Rio et du Minas Gerais

Géographie
<p>Cable car menant au Pain de Sucre.</p>

Cable car menant au Pain de Sucre.

L'État de Rio de Janeiro est un des États fédérés du Brésil, situé à l'est de la région Sud-Est. D'une superficie de 43 909 km² pour environ 16 636 000 habitants qui se regroupent sur le littoral, c'est un petit État qui offre cependant une remarquable diversité de paysages naturels et urbains. La forêt atlantique, Mata Atlântica en portugais, longe presque tout le littoral brésilien et représente 7,3 % du territoire du pays. Cette forêt tropicale humide concentre une biodiversité abondante. Au sud-est de l'État se trouve la formation montagneuse de la serra dos Órgãos, dont le point culminant est la Pedra do Sino (2 263 m). Cette zone est dorénavant protégée et forme un parc national riche en faune et en flore. Le fleuve Rio Paraíba do Sul arrose les États de Rio et du Minas Gerais et constitue la frontière naturelle entre les États de Rio et de São Paulo.

Des montagnes et des hautes terres se jettent progressivement dans la mer, créant des milieux aussi exceptionnels que fragiles, la pression anthropique étant très forte depuis près de cinq siècles désormais. Aux défrichements massifs pour la culture du café et de la canne à sucre ont succédé la forte demande de surfaces constructibles, tant sur les littoraux convoités car exceptionnels que dans les hautes terres, où les classes aisées et la famille impériale partaient en villégiature loin de la moiteur tropicale des littoraux.

Rio de Janeiro est la capitale touristique incontestée du pays. Elle possède le trafic aérien le plus dense du sous-continent américain et a bénéficié des Jeux olympiques organisés en 2016 pour subir un profond lifting et être encore plus attirante aux yeux des voyageurs du monde entier. En la découvrant, Rio de Janeiro provoque bien l'émerveillement que l'on en attend. Ville de contrastes, site exceptionnel vu d'avion, de bateau, d'un parapente ou d'hélicoptère, Rio est unique et merveilleuse. On flânera sur ses plages, on assistera peut-être à son carnaval et à un match de football au Maracanã. Pour se familiariser avec les goûts alpestres de Dom Pedro II, on visitera Petrópolis ou Teresópolis, dans l'arrière-pays fluminense. On longera la côte lumineuse de l'État de Rio, célébrée par Tom Jobim dans Aguas de Março et parsemée de plages et de criques magnifiques. On visitera la charmante et coloniale Paraty, la sauvage Ilha Grande ou la station trendy de Búzios. Enfin, on montera à bord du train-musée caféier pour une balade à travers les monts de la Mata Atlântica.

Le Minas Gerais est un État du Sudeste brésilien d'une superficie de 588 383 km² (France métropolitaine : 543 965 km²) pour environ 21 200 000 habitants. À la différence de l'État de Rio, ce n'est pas un État côtier, mais la présence des mines, qui lui ont valu son nom, explique sa mise en valeur précoce. Les trésors y sont naturels (montagnes culminant à près de 2 000 m et d'une grande diversité faunistique et floristique) et culturels, avec un grand nombre de villes baroques. Aujourd'hui, le Minas Gerais est un puissant État agricole, mais il possède également la troisième agglomération la plus importante du pays : Belo Horizonte. La modernité a su relayer l'histoire sans la détruire et les belles fazendas des seigneurs du café coexistent avec des fermes modernes et de dynamiques ensembles urbains.

Son climat est tropical avec une moyenne de température annuelle de 21 °C.
La traversée du Minas Gerais est la garantie d'un voyage dans l'histoire quadricentenaire du Brésil, depuis les riches cités coloniales d'Ouro Preto et de Diamantina, jusqu'à la découverte de Belo Horizonte, centre économique majeur et première ville " planifiée " du pays, sans oublier les sites naturels d'exception que sont les Serras da Mantiqueira ou le parc do Caraça.

Climat

Le Brésil et Rio de Janeiro se situant dans l'hémisphère Sud, les saisons sont inversées par rapport à notre hémisphère. Ainsi l'été s'étend de décembre à mars, et l'hiver de juin à septembre. Le climat va du tropical - le tropique du Capricorne passe à quelques milles au sud de Rio - au tempéré, plus au sud (État du Rio Grande do Sul). L'été est ainsi très chaud et humide, et correspond dans certaines régions à la saison des pluies. L'hiver est plus sec, plus frais, voire froid dans le sud du pays. Toutefois, sur tout le littoral, le climat est imprévisible et peut être pluvieux ou chaud toute l'année.
Dans la partie océanique : vers Rio, les étés (mais pas seulement) sont très chauds et humides (des 40 °C ne sont pas exceptionnels). Les hivers sont plus doux, parfois frisquets (pas trop quand même, il fait rarement moins de 20 °C) et, de temps à autre, pluvieux.
Dans l'intérieur : dans le Minas Gerais, le climat est plus continental et donc plus contrasté. Dans les montagnes, le temps est en général plus sec. La température est élevée mais supportable en été (il fait une moyenne de 30 °C à Belo Horizonte, par exemple) et les hivers sont frais (le thermomètre peut descendre en dessous des 10 °C à Teresópolis ou à Tiradentes en juillet-août).

Environnement – écologie

La Mata Atlântica (forêt atlantique) qui recouvrait une grande partie du territoire de Rio a disparu à plus de 90 % depuis le XVIe siècle, disparaissant sous les coups successifs de l'arrivée des premiers colons agriculteurs, du développement de la canne à sucre et du café ou de l'urbanisation galopante. La ville de Rio possède néanmoins encore aujourd'hui la plus grande forêt urbaine au monde, Tijuca, qui confère à cette cité balnéaire un cachet exceptionnel, mais fragile.
Au-delà, le Brésil dispose avec l'Amazonie de la plus vaste forêt tropicale au monde, véritable " poumon " de la planète et qui réunit en son sein près de 50 000 espèces de plantes ou encore plus de 2 000 espèces de poissons. Celle-ci n'a cessé à travers les siècles de subir les outrages de l'homme, jusqu'à aujourd'hui ou encore l'équivalent d'un département français est déforesté tous les 3 mois.
Cependant, une lente prise de conscience écologique se fait jour, mais se heurte aux impératifs du développement économique dictés par l'État fédéral ou par les gouverneurs locaux aux intérêts souvent opposés à la protection de la forêt : ainsi le gouverneur de l'État du Mato Grosso Blairo Maggi est-il également le PDG de la principale compagnie de culture de soja du Brésil... Bref, le chemin à parcourir est encore long mais Chico Mendes a fait heureusement de nombreux émules.

Les principaux " ennemis " de l'environnement brésilien

Nombreux sont les " agresseurs " du patrimoine naturel brésilien :

Les raffineries de pétrole, et les conséquences souvent désastreuses de leur exploitation en matière écologique ; les industries agroalimentaires, et en particulier la culture du soja, autres champions de la dévastation d'immenses écosystèmes.

Les chercheurs d'or et de pierres précieuses. Les garimpeiros, descendants des chercheurs d'or du XVIIIe siècle, abandonnent tout simplement les terres dans l'état où elles se trouvent (cratères, contamination des rivières au mercure, etc.) après l'épuisement des gisements.

Les industries du bois : recherchant des profits faciles, elles détournent la loi, en réduisant manu militari les oppositions des tribus indiennes dont elles envahissent illégalement le territoire.

Les promoteurs immobiliers : la spéculation effrénée favorise la réalisation de grands projets immobiliers, sans aucun souci de l'environnement.

L'agriculture industrielle : elle est responsable des brûlis des terres, de la dévastation des forêts et des invasions des terres.

Les paysans : ils sont " responsables " d'un bon nombre de brûlis et d'incendies de forêts. Il faut imputer ceci à la pauvreté des petits agriculteurs (qui attendent depuis toujours la fameuse " réforme agraire " et une meilleure redistribution des terres arables), au coût trop élevé des intrants et au manque d'aide gouvernementale et de formation.

Le gouvernement : il devient indirectement responsable de la pollution lorsqu'il ferme les yeux sur les exactions des grandes entreprises liées au secteur de l'exploitation minière, forestière et/ou agroalimentaire. Ou il peut être aussi plus directement blâmable lorsqu'il décide de construire une centrale hydroélectrique géante (Belo Monte, en projet) en plein coeur de l'État du Para... On se rend compte que la destruction de l'environnement est directement liée à l'activité économique. Que faut-il donc faire ? Empêcher les gens de travailler ? Leur proposer des alternatives ? Lesquelles ? Large débat mondial...

La protection de l'environnement au Brésil

Dans un pays où la présence de l'État n'est pas toujours visible dans les domaines essentiels de la vie sociale et la misère omniprésente, la politique de protection de l'environnement semble parfois secondaire. Toutefois, certains organismes disposent de moyens significatifs et accomplissent un travail de terrain efficace. Depuis quelques années, on assiste à une réelle sensibilisation à la nécessité de protection de l'environnement : à la suite de la dévastation des forêts, de la pratique des brûlis, de la pollution des sources des rivières ou de la contrebande d'espèces animales ou végétales rares ou menacées d'extinction, les autorités surveillent particulièrement certaines régions sensibles et mettent en place des programmes visant à la sauvegarde et la protection de l'environnement.

Le Ministério do Meio Ambiente. Le MMA (Ministério do Meio Ambiente ou ministère de l'Environnement) trace les grandes lignes de la politique nationale de la protection de l'environnement. Il dispose aujourd'hui d'un budget conséquent et de ministres-personnalités très médiatisés comme Marina Silva (candidate aux élections présidentielles de 2010 et 2014) ou Carlos Minc.

L'IBAMA. Cet institut, dit " de l'Environnement et des Ressources naturelles ", veille au respect de la législation environnementale par un travail d'éducation et par la répression des infractions à la législation.

L'Instituto Chico Mendes de Conservação da Biodiversidade (ICMBio). Cet autre institut, nouvellement créé (en 2007), est en charge de la gestion et de la protection des quelque 1 000 régions dites " protégées " du pays. On compte en particulier aujourd'hui plus de 70 parcs nationaux au Brésil, dont 5 dans l'État de Rio (en particulier la magnifique Serra dos Orgãos) et 7 dans celui du Minas Gerais (dont la très étendue Serra da canastra).

Les ONG : elles sont nombreuses à épauler l'IBAMA dans sa lourde tâche, parfois à son corps défendant (l'État brésilien étant assez réticent à perdre de sa " souveraineté " en matière écologique).

Mariana : une catastrophe écologique sans précédent

Le 5 novembre 2015, deux barrages de la mine Samarco à Mariana lâchaient brutalement, inondant la municipalité de Bento Rodrigues de boues toxiques emportant tout sur leur passage. Au-delà du drame humain, c'est un véritable drame écologique. L'environnement local a été contaminé à un niveau très élevé, tout comme le Rio Doce et même l'océan, car les boues se sont déversées à Espiritu Santo, après 800 km de cheminement le long du fleuve. Les poissons, les écosystèmes, les champs des agriculteurs, tout est pollué pour des décennies. C'est officiellement le plus grave accident écologique et environnemental qu'a connu le Brésil... La mine Samarco, une joint-venture entre Vale et BHP Billiton, a d'ores et déjà écopé d'une amende préliminaire de 60 millions de dollars. En février 2016, l'État a finalement décidé de réclamer 4,5 milliards à la multinationale pour la catastrophe de Mariana. Accusé de négligence coupable, le groupe savait dès 2014 que les barrages étaient dangereux et pouvaient engendrer une catastrophe. Les dirigeants sont poursuivis pour crime environnemental. Samarco a conclu un accord avec l'État brésilien sur les réparations et les dédommagements à prévoir.

Parcs nationaux

Depuis 1933, lors de la création de la première zone écologique protégée à Itatiaia à Rio de Janeiro, beaucoup d'autres réserves, unités de conservations et parcs ont vu le jour. Aujourd'hui plus de 1 000 unités privées, fédérales ou régionales existent sur tout le territoire national. Malheureusement, malgré les efforts des entités et les lois relatives à la protection de l'environnement, le statut qui devrait servir à protéger ces zones n'est pas toujours respecté et les ravages sont constants. Pourtant, certains milieux et biotopes sont uniques au monde et leur mise en danger peut avoir des conséquences irréversibles. Malgré une densité de population faible au Brésil, l'anthropisation est présente partout et les déserts verts (étendues peu peuplées mais mises en valeur de manière intensive par l'agriculture productiviste) sont destructeurs. Enfin, certains pesticides " agro-toxiques " interdits en Europe et aux États-Unis sont autorisés au Brésil, au risque d'engendrer de véritables catastrophes écologiques impactant les hommes, la faune et la flore. Cependant, l'éducation à l'environnement et la prise de conscience de l'importance et de la fragilité de la nature semblent porter progressivement leurs fruits. Il est pourtant indéniable que cette prise de conscience ne peut se diffuser sans un système éducatif performant et une amélioration générale des conditions de vie des plus démunis au Brésil.

Les parcs nationaux de l'État de Rio : Parque Nacional da Tijuca, Parque Nacional da Serra da Bocaina, Parque Nacional da Serra dos Orgãos et Parque Nacional do Itatiaia

Les parcs du Minas Gerais : Parque Nacional da Serra do Cipó, Parque Natural di Caraça, Parque Estadual di Ibitipoca.

Faune et flore
La faune

Si l'Amazonie est évidemment un bestiaire fabuleux (plus de 1 000 espèces d'oiseaux, 300 de mammifères, 2 000 de poissons, 500 de reptiles...), on pourra également rencontrer une riche faune dans la Mata Atlântica fluminense ou le cerrado mineiro. Dans la Mata Atlântica : de nombreuses espèces d'oiseaux, dont des toucans ou des colibris. De nombreux petits singes, dont des ouistitis (à Rio même, dans le quartier de Santa Teresa en particulier) ou des tamarins-lions (à Ilha Grande, Paraty...). Quelques cétacés, comme les dauphins communs, les dauphins au long bec, et même des baleines à bosses (avec un peu de chance et en hiver !). Dans le Minas Gerais : les serras du " Minas " abritent plusieurs espèces de canidés, dont les (de plus en plus) rares loups à crinière. De très nombreuses espèces d'oiseaux là aussi (plus de 700), dont des rapaces et le célèbre caracara à tête jaune, que l'on croise dans la serra da Canastra, en particulier.

La flore

En 1924, dans Feuilles de route américaines, Blaise Cendrars décrivait l'extraordinaire vigueur de la végétation tropicale qui obligeait les hommes à remettre toujours sur le métier le défrichage. Cependant tout n'est pas tropical au Brésil. On y rencontre quatre grandes zones de végétation ; les deux premières seulement se trouvent dans la région de Rio de Janeiro.

La Forêt humide atlantique ou Mata Atlântica représente aujourd'hui moins de 10 % de sa superficie originelle. Cette bande de 100 à 500 km de large longeait l'Atlantique et allait de l'extrême est, Natal, à l'extrême sud, Porto Alegre. Tom Jobim défendait cette forêt (Mata Atlantica), qui lui a inspiré Dindi, Matita Perê et Aguas de Março. On y trouvait des jaguars et des muriquis carnivores, des jacutinguas et, dans les rivières, le jiboa et le sucuri (à vos dicos !).

Les forêts à feuilles caduques, situées à l'ouest de cette Forêt atlantique. De Fortaleza à Iguaçu, le niveau des terres s'élève et fait place à une végétation traditionnelle des milieux plus tempérés.

La savane (sertão) et la forêt clairsemée, ou brousse (cerrado). Ces plateaux semi-arides situés au sud de l'Amazonie couvrent un grand quart central du pays et les États du Mato Grosso, de Goias, du Minas Gerais, du Maranhão et une majeure partie de celui de Bahia.

La forêt pluviale amazonienne. Elle compte 50 000 sortes d'arbres et de plantes. Les vents alizés humides, soufflant depuis l'océan Atlantique vers les Andes, y déversent une grande quantité d'eau, surtout vers l'ouest, favorisant, en dépit d'un sol pauvre en sels minéraux, l'exubérance et la variété des espèces d'une forêt qui se nourrit de sa propre production organique. On y trouve six fois plus d'espèces pour un même espace que dans les forêts tempérées. La marée pénètre profondément à l'intérieur des terres et entretient d'immenses mangroves, ces lagunes envahies de végétation où prolifèrent crabes, hérons et ibis. La forêt pluviale descend jusqu'aux limites du Pantanal, dans le Mato Grosso.

Adresses Futées du Minas Gerais

Où ?
Quoi ?
Ailleurs sur le web
Avis